Un biju n'oublie rien

par Noume


Le vent frais du matin s'engouffra violemment dans l'ouverture causée par la fenêtre entrouverte, brisant avec violence la fragile sérénité que Shikamaru tentait vainement de maintenir pour pouvoir travailler. La bourrasque venteuse se glissa sous un paquet de feuilles et les fit voleter vivement dans les alentours, au grand dam du hokage qui venait de finir de les trier. Shikamaru se fraya un chemin entre les feuilles virevoltantes et referma la fenêtre en grognant. Décidément, rien n'allait ce matin.

La charge d'être un hokage était lourde, Shikamaru savait très bien à quoi il serait confronté en acceptant un tel poste, mais les pensées ne sont jamais exactes à la réalité. Il y avait un immense fossé entre dire et faire.

Les jours qui passaient se ressemblaient, pigmentés des mêmes réunions et tâches administratives. L'esprit aiguisé et vif de Shikamaru lui permettait de travailler assidument et d'être productif, il n'aimait pas se l'avouer, mais il aimait ce travail. Bien que la culpabilité ait toujours une place importante dans l'esprit du jeune hokage, il osait se le dire, il trouvait qu'il travaillait bien et il appréciait ce poste important, qui lui permettait en outre de faire tenir debout son village natal. Supporter les regards accusateurs de certains et les montagnes de paperasses quotidiennes étaient la part la moins plaisante de son statut. Mais il y avait toujours une part négative dans les bienfaits de la vie. Shikamaru était tourmenté, tiraillé sans cesse entre la culpabilité et le bonheur, les regrets amers et l'aboutissement d'une vie.

Ce fut ce moment où, perdu dans ses pensées, l’hokage n’entendait plus rien que Sai décida d’entrer dans le bureau. Le jeune shinobi était préoccupé davantage par les parchemins qu’il tenait que par les états d’âme de son chef, il faut l’avouer. Le jeune homme à la peau pâle avait reçu le titre de conseiller et de bras droit du hokage peu de temps après la nomination de celui-ci. Shikamaru voulait s’entourer de têtes connues pour démarrer en tant qu’hokage à part entière. Voir tous les matins le sourire de Shoji, Hinata ou Sai tendait à le rassurer dans ses actions. Sai remplissait d’ailleurs la tâche de conseiller à merveille même s’il avait tendance à justement s’investir un peu trop dans son travail. Allant jusqu’à déranger Shikamru en plein sommeil pour qu’il signe un formulaire.

Le jeune shinobi ce matin-là ne souriait pas. Au contraire, il affichait une expression contrariée, voire apeurée en tendant la liasse de feuilles à son supérieur. Cela n’échappa pas à Shikamaru et il comprit rapidement que cette fois, cela ne concernerait pas un problème de voisinage.

- Il y a eu des altercations sanglantes entre des ninjas de Konoha et d’autres non identifiés. Il y a sur les cadavres de Konoha des preuves évidentes de torture. Lut Shikamaru à voix haute. Des témoins ? Des suspects ? Des idées ?

- Les assaillants qui s’en sont pris à eux ont fait en sorte qu’aucun de survive. Répondit Sai d’un air grave. Le seul indice que l’on a, c’est ça.

Doucement, Sai défit un paquet de toile qu’il tenait entre ses mains depuis le début de leur conversation, pour en sortir son contenu et le tendre à son supérieur.

Sous la lumière artificielle du bureau il découvrit un shuriken. Le petit instrument à quatre branches portait encore les traces de sang de sa dernière victime. Quelque chose vint interpeller les pensées de Shikamaru à la vue de cet objet, quelque chose de plus déconcertant encore que les récentes traces de mort.

Le shuriken était fait d’un métal que le hokage ne parvenait pas à identifier. C’était un alliage de fer noir très solide, qui rendait l’arme encore plus résistante que la pierre et pourtant, il était étrangement léger pour un ustensile de cet aplomb. Shikamaru fronça les sourcils en attrapant le shuriken entre ses doigts.

- Au moins on sait que ce sont des étrangers. Dit Sai en devançant les paroles de son hokage.

Shikamaru acquiesça doucement, il se concentrait pour essayer de se souvenir quel pays utilisait un tel alliage de métal. Son résultat fut peu concluant car il termina sur l’idée qu’aucuns des pays ninjas alliés n’utilisaient un tel fer. Ce qui ne le rassura pas du tout.

- Les traces de mutilations sur les cadavres stipulent clairement qu’ils voulaient des informations précises. Réfléchit à voix haute Shikamaru en se levant de sa chaise. Il faut découvrir quoi.

- Ce genre d’affaire arrive malheureusement souvent. Continua Sai. Le vol d’informations fait partie des ordres les plus données aux shinobis.

- En effet, mais la règle d’honneur est alors de ne pas laisser de traces, d’être discret et de ne rien laisser qui pourrait conduire à remonter jusqu’à soi. Or ils n’ont pas touché aux morts, n’ont pas cherchés à les dissimuler. Même ce shuriken, je suis prêt à parier qu’ils l’ont laissé là ostensiblement.

- C’était peut-être par inadvertance ou manque de temps…

- Non, je ne pense pas. Ils voulaient qu’on trouve les cadavres et le shuriken, qu’on cherche qui ils sont, qu’on le découvre. Ils ont visiblement un coup d’avance sur nous.

L’esprit de Shikamaru était en ébullition. Quand il était dans cet état, il se sentait capable de tout, surtout de l’impossible.

- Ce serait une sorte… d’avertissement ? Murmura Sai, perplexe.

- Non. Je dirais plutôt une déclaration de guerre.



***



Une bourrasque fraiche ébouriffa les cheveux de Sakura. La jeune femme grommela en les remettant péniblement en place. Une fois son champ de vision rétablie, elle remarqua que Kakashi l’avait devancé de quelques pas.

- Maître, enfin attendez-moi ! Glapit-elle en le rejoignant en trottinant.

À la place de s’excuser en rigolant comme tout il l’aurait fait, le shinobi aux sharingans resta plongé dans ses pensées, le regard perdu dans le néant, l’air concentré.

- Tu ne le sens pas ? Demanda-t-il sur un ton grave.

Après mûre réflexion, Sakura se tourna elle aussi vers l’origine des maux de son sensei et remarqua alors ce qui le préoccupait tant.

Des masses denses et puissantes de chakras remuaient à profusion dans l’horizon, comme si elles semblaient être en conflit. Cette force écrasante noua les tripes de la jeune femme, qui se rappela soudainement le but de leur voyage et ses dangers. Kakashi semblait être aussi à l’aise qu’elle, il le dissimulait juste mieux.

Ils avaient marché pendant presque une journée entière, à la recherche du lieu donné par l’hokage. Ils étaient presque à la frontière du Pays du Feu, dans un territoire sauvage et abandonné, connus pour être maudit à causes de nombreuses batailles qui s’y étaient déroulées. La nature avait repris ses droits partout, dans les rares villages abandonnés qu’ils eurent à traverser il n’y avait pas une seule âme qui vive et le lierre s’étendait sur les quelques bâtisses encore debout. Partout durant leur vouge, la terre était en friche, et une immense forêt, très dense, s’étendait sur leur chemin. Ils durent la traverser pour atteindre leur destination.

Quand ils furent assez proches pour entendre les grondements de fureur des bijus, ils surent qu’ils étaient arrivés à la fin de leur périple. Sakura eut secrètement l’envie qu’il dure plus longtemps à la vue des premières fourrures et lorsque la puissance des chakras devinrent palpable.

Ils se sentirent tout deux minuscules, quand Nibi le démon chat à deux queues et Gobi, celui à cinq queues, vinrent les accueillir avec moultes grognements.

- C’est pas fait pour les humains, ici. Gronda Gobi

- Ouais. Feula Nibi. Dégagez en vitesse si vous tenez à votre peau !

Les regards agressifs des deux démons firent tressaillir Sakura, qui regrettait déjà d’être venue. À ses côtés Kakashi restait étrangement calme.

Soudain, les deux démons pourtant sur le point de les égorger se résignèrent. Ils perdirent instantanément de leur superbe quand ils virent débouler à leurs côtés un blondinet au regard intrigué, visiblement tiré de sa sieste au vu de son air encore vacillant.

- Regarde ça, Naruto ! Cancanèrent les deux démons d’un air fier. Nous avons encore capturés des intrus.

- Ha. Naruto se frotta les yeux, aux prises avec encore quelques brides de sommeil. Mais ce ne sont pas des intrus, je les connais eux.

Les deux démons se regardèrent d’un air déçu. Naruto lui, souria discrètement.

- Saiken et Shukaku mènent le score avec cinq intrus arrêtés. Courage.

Voyant que Sakura était aussi pâle que le pelage de Gobi, Naruto les invita à les suivre. Kakashi continua à observer de loin les deux bijus qui apparemment étaient de nouveau de mauvaise humeur. Sakura elle, reprenait une respiration à peu près normale en fixant la nuque de Naruto avec insistance, pour être sûre de ne pas le perdre.

Ils étaient arrivés sur un plateau rocheux, après avoir traversé une petite forêt qui sentait fortement les ronces, et eurent une vue imprenable d’une plaine gigantesque, où l’horizon se perdait entre les collines touffus, les dédalles de pierres et les amas de pins. Cette terre balayée par un vent doux était quatre fois plus grande que celle destinée aux bijus près Konoha. Celle-ci était sauvage et immense, il aurait fallu deux jours pour en faire intégralement le tour.

- Woah. Dit simplement Sakura en voyant les rayons du soleil caresser le relief de la plaine.

- C’est gigantesque ! Continua Kakashi.

Naruto eut l’air fier de ces compliments, il souria doucement en plongeant son regard dans l’étendue de terre indomptée par les hommes.

- Dites-le à l’hokage. Les bijus sont bien ici, et ne menacent personne à part les gens trop curieux. Dit-il d’un ton sarcastique.

Ils les emmenèrent jusqu’à un cabanon qui devait lui servir de lieu de vie, ils s’y installèrent tandis que Kakashi regardait les environs avec suspicion.

- C’est donc ici que tu vis ? C’est…rustique.

Naruto s’étira nonchalamment et s’appuya contre un mur.

- Je n’y reste pas souvent. Avec les bijus dans les alentours, je suis plus souvent sur les routes à leur courir après pour qu’ils arrêtent de se crêper le chignon. D’ailleurs, qu’est-ce qui vous amène ?

- On vient aux nouvelles. Continua Kakashi.

Naruto eut un petit rictus moqueur.

- Ça fait près d’un mois que je suis parti et vous êtes ma première visite, je ne sais pas si je dois être rassuré ou déçu.

- Tout le monde est assez occupé. Répondit Sakura sur un ton défensif. On a tous eut un poste important dans Konoha depuis la nomination du 6e hokage : Hinata et Sai sont devenus les assistants de Shikamaru, Sasuke à reprit les missions, c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’est pas venu, je m’occupe du développement des unités médicales, Ino et Tenten sont chargées de l’entrainement des plus jeunes…

- Je suppose que c’est une bonne chose. Répondit sèchement Naruto.

L’effet espéré avec son discours ne fut pas celui attendu. Sakura pensait que Naruto allait se réjouir que le village et ses amis aillent bien. Et pourtant, il avait l’air de s’en ficher comme de la dernière pluie.

- Tu t’en sors avec les bijus ? Demanda finalement Kakashi.

Naruto eut l’air de prendre enfin au sérieux les questions qu’on lui posait. Il se redressa et prit un air beaucoup plus amical.

- La plaine est grande. Ils ont chacun leur coin, se battent par conséquent moins. Ils sont d’avantage rassurés d’être si loin des hommes. Ils auraient finis par déraper si on avait continué à les garder si près de Konoha.

- Qu’est-ce que tu veux dire ? Balbutia Kakashi, les sourcils froncés.

Naruto eut l’air presque heureux qu’il lui pose cette question.

- Je n’en ai parlé à personne, mais les bijus portent des ressentiments lourds envers les shinobis.

- Oui c’est normal. Je peux comprendre qu’après tout ce qui s’est passé, ils n’aiment pas les hommes. Acquiesça le sensei aux cheveux gris.

- Non, vous ne pouvez comprendre. Dit Naruto sur un ton cinglant. Personne ne peut imaginer le poids de la rancœur que chacun de ces démons porte. Vous pensez que la haine de Kurama était innée ? Que c’est le désir de sadisme de Shukaku qui le poussait à empêcher Gaara de dormir ?

Un silence froid s’installa entre eux. Naruto avait les poings serrés avec conviction, ses jointures étaient devenues blanches.

- Ils m’ont tout raconté quand je les ai libérés. Ce qu’ils ont ressentis, ce qu’il s’est passé autour d’eux à partir du jour où le Rikoudo Sennin est mort. La douleur ne plus faire qu’un, d’être séparé, la peur et la tristesse offertes par la disparition de l’ermite Rikoudo… Ils ont alors chacun pris une voie différente et ont tracé leur propre vie. Mais les hommes ne les ont pas laissé vivre en paix. Ils ont été attirés par leur puissance, et les ont mêlés à leurs conflits. Ils ont tous été brisés et enfermés. La haine des bijus vient uniquement des blessures qu’ils ont reçues à cause des hommes ! Chaque démon m’en a parlé. Ils ont tous subi les affres du scellement, de l’oubli, de la manipulation et des combats. S’ils sont aussi rancuniers c’est parce qu’un biju n’oublie pas. Le ressentiment s’amasse en eux, et ils ne deviennent que des blocs de haine pure quand le désespoir prend le dessus sur leur identité. Personne n’a jamais cherché à comprendre les bijus, à part les rares réceptacles qui s’intéressaient à eux. Alors ne venez pas me dire avec vos petits airs innocents que vous comprenez quoique ce soit à propos de moi ou des démons.

- Naruto… Murmura Sakura sur un ton à la fois épouvanté et désolé

- Mon rêve était de devenir hokage. Mais cela n’est pas possible. Je le sais maintenant. Je ne voulais pas voir la vérité en face avant, un réceptacle est lié aux bijus et en tant que tel, je ne peux choisir un autre chemin que celui de veiller sur eux. Et aujourd’hui, je suis le dernier… Killer Bee inclus, je suis celui qui a été désigné pour empêcher que la haine des hommes ne fasse encore des ravages chez les bijus et que ceux-ci ne s’en prennent à leur tour aux hommes. Je suis leur gardien.

Sakura compris que le sourire de bienvenu avait été un présent exceptionnel ; Naruto ne souriait plus qu’à de rares occasions à présent. A cette idée, le cœur de la jeune femme se serra, elle ne voulait pas que son ami change, pourtant il était bien différent maintenant. Elle n’avait pas remarqué son mal être les semaines précédentes, lui qui était toujours de bonne humeur, personne ne pouvait se douter qu’il allait aussi mal. Peut-être aurait-elle pu faire quelque chose si elle avait remarqué plus tôt les problèmes de son ami ? Il portait un fardeau immense sur les épaules, celui de protéger les bijus, de les protéger de leur propre haine. Il s’agissait de quelque chose qu’un humain normal ne pouvait supporter. Mais Naruto Uzumaki n’était pas n’importe qui.

Kakashi était resté silencieux et avait gardé une expression calme tout du long du discours de Naruto. Il cherchait quelque chose en son ancien élève qui aurait pu lui redonner de l’espoir à son sujet, lui promettre que l’ancien Naruto Uzumaki pouvait être encore là quelque part. Mais il ne vit rien, pas la moindre trace d’espoir dans les yeux bleus azurs du blond. La haine que les démons émettaient envers les ninjas ne l’avait pas laissé intact, il devait déjà en être très affecté dès la fin de la guerre même s’il n’avait rien montré. Après tout, il avait des années d’entrainement avec Kyubi. Le coup final de sa métamorphose avait dû être porté par son rêve de toujours qu’on lui avait refusé. Kakashi se sentit mal en voyant le regard bleu acier du blond, ces yeux étaient dénués de leurs éclats pétillant d’antan, ils n’étaient plus que deux prunelles ternes, tranchantes et déterminés.

Naruto les jaugeaient chacun leur tour, tandis qu’ils étaient plongés dans leurs pensées tumultueuses. Il ne savait pas trop pourquoi il leur avait dit tout ça. Peut-être parce qu’il fallait que ses amis comprennent enfin ? En tout cas, il se sentit légèrement mieux après avoir vidé son sac.



Des tréfonds de son sceau, Kyubi, le démon renard à la fourrure cramoisie, réfléchissait lui aussi. Le biju était déchiré entre deux sentiments opposés.

Il était assez enthousiaste à l’idée qu’enfin quelqu’un comprenne les dires et la douleur de ses frères et encore mieux, les défendent. La haine qui rongeait autrefois son cœur s’était diluée grâce à Naruto. Kyubi lui en était reconnaissant cependant un sentiment amer lui pesait sur la langue depuis qu’ils avaient quittés Konoha. Car le gardien des bijus étaient aujourd’hui un autre Naruto. Ce n’était plus le garçon agaçant d’autrefois, que Kyubi avait tant méprisé à ses débuts. Naruto avait changé, et Kyubi se demandait souvent depuis s’il avait fait autant confiance au gardien qu’au jeune Naruto. Aujourd’hui, Kyubi considérait Naruto comme son égal, comme un frère, un équipier, il avait pleinement confiance en lui. Cependant le démon renard s’était autrefois pris d’affection pour le petit blondinet hystérique qui venait lui demander du chakra pour ne pas perdre ses combats. Quelque part, c’était Naruto qui dépendait de lui, alors qu’à présent Kyubi avait presque l’impression du contraire.



L’attention de Naruto se focalisa soudainement sur les collines herbeuses, caressées par le vent, qui se situaient sur la gauche de la plaine. Le réceptacle tendit le cou et fronça légèrement les sourcils. Il finit par lâcher un soupir et se releva prestement.

Sakura et Kakashi furent tirés de leurs rêveries par les mouvements hâtés du blond.

- Le travail m’appelle. Dit-il sur un ton vif.

- Naruto ! L’interpella alors Kakashi.

L’intéressé stoppa sa course, et fixa son sensei avec une attention nouvelle dû probablement au ton sec de son interlocuteur.

- Ecoute-moi bien, je ne vais pas me répéter. Tu n’es pas seul à devoir porter un fardeau. Le tien est peut-être plus lourd, plus difficile, engage des enjeux plus importants que ceux des autres… Mais il faut que tu te rendes compte que même si ton destin est finalement d’être le gardien des bijus, tu n’es pas obligé de supporter cette tâche toute ta vie. Les bijus peuvent surement se débrouiller seuls, peut-être pas immédiatement, mais tu ne dois pas perdre de vue que le destin n’est qu’une notion abstraite, et qu’il peut être modifié avec de la volonté. Tu l’as prouvé toi-même par le passé.

- Beaucoup de gens sont prêts à t’aider si tu le souhaites, moi la première. Ajouta Sakura.

Une ombre passa sur le visage de Naruto, il ne s’attendait pas à ses paroles. Un fin sourire étira ses lèvres, mais ce fut très rapide.

- Je vois. Il ne faut pas perdre espoir, hein ?

Avant que ses amis en comprennent sa réponse, Naruto avait disparu de leur champ de vision. Ils sortirent tout deux du cabanon en trombe et purent apercevoir le saut de Naruto, du rebord de la falaise à la terre en dessous.

Il y avait une distance d’une bonne centaine de mètres entre le rebord de la falaise et le plateau en dessous, même pour un shinobi expérimenté cela pouvait être dangereux. Naruto se réceptionna en souplesse, la terre se fissura bruyamment autour de lui tant le choc de l’impact fut violent. Cet exercice n’était pas nouveau pour le réceptacle, la terre craquelée à de multiples endroits dans les alentours en attestait.

Sans se retourner, il s’élança vers les collines herbeuses, là où il avait remarqué le chakra bouillonnant de Yonbi et celui d’étrangers. Dans son dos, Sakura et Kakashi souriaient tristement. Ils reprirent silencieusement le chemin du retour et ne furent cette fois pas importunés par Nibi et Gobi, qui restèrent perchés sur leur à-pic en silence. Ils se contentèrent de les dévisager farouchement.