Chapitre 8 : La volonté de nouer des liens

par marin-chan

Chapitre 8 – La volonté de nouer des liens

 

 

 

Deux semaines plus tôt, Suna.

 

Dans le couloir, le jounin se dépêchait. Le Kazekage l'avait convoqué d'urgence et il se demandait bien pourquoi sachant qu'il allait partir pour Konoha quelques heures plus tard avec l'équipe de genin composée de ses enfants.

 

Il toqua et entra dès qu'il en reçut l'ordre. Il pénétra dans le sombre bureau de son supérieur et s'arrêta à un mettre du bureau. Le père de Gaara était assis dans son fauteuil et tournai le dos au shinobi de rang supérieur.

 

- Baki, j'ai un sceau à te remettre avant que tu ne partes.

- Kazekage-sama ?

- Il se trouve sur le bureau.

 

Le sensei des enfants du Kazekage s'approcha et prit en main le seul rouleau qui s'y trouvait.

 

- Tu es le seul homme que je connais réellement. Même si nous avons eu des différents, tu me disais ce que tu ne trouvais pas juste. Malgré tout cela, tu t'es toujours soumis à mes ordres. Tu n'es pas un hypocrite c'est pourquoi je te confies cette mission.

- Vous...

- Je ne pensais pas te dire cela, mais c'est la moindre des choses que je puisse faire. Tu as été mon ami.

- Que voulez-vous dire ? l'interrogea Baki après un court silence.

- Je ne suis pas fou pour attaquer Danzô.

- Que...

- Tu donneras ce rouleau à l'Hokage. Et cela quoiqu'il se passe.

- Mais...

- Assez. Va maintenant, tu dois partir avec Gaara, Kankuro et Temari dans quelques heures.

 

Voyant qu'il ne tirerait rien de plus de son dirigeant, Baki fit un salut militaire et se retira. Dans son bureau, bien que cela ne lui ressemblait pas, le Kazekage avait peur. Il espérait que ce ne fut pas la fin de Suna. Mais tout laissait à croire que le village caché du vent allait tomber.

 

oOoOoOoOoOo

 

Naruto faisait les cents pas devant les sources d’eau chaude. D’après Rin-sensei, la personne qui devait s’occuper de lui finirait par se pointer. Or, cela faisait bien deux heures qu’il poireautait. Il marcha dans une flaque, due à l’orage de la nuit précédente et grommela contre ce ninja qu’il ne connaissait pas. Il entendit soudainement un rire étouffé et vit un vieux redescendre des toits entourant les bains publics. Il était évident qu’il venait de regarder les femmes se baigner, le pervers. Il marmonnait d’étranges paroles et notait tout cela dans un petit calepin de cuir rouge.

 

- Eh, vous là-bas ! le héla Naruto. Vous n’avez pas honte d’épier les femmes nues à votre âge !

 

            Le silence le plus total se fit dans la rue, puis on entendit diverses plaintes et le vieux l’attrapa en fuyant. Certaines femmes qui étaient sorties du bain et les poursuivirent.

 

- Chuut ! Tu viens de me faire repérer !

- C’était un peu le but !

 

L’homme à la longue et épineuse chevelure blanche accéléra et sema leurs assaillantes.

 

- Vous allez me lâcher ! Et puis vous êtes qui d’abord ?

 

L’inconnu s’exécuta, arrangea son haori rouge et prit une pose théâtrale.

 

- Merci de me poser la question. Je suis l’ermite du mont Mobyoku, aussi appelé l’ermite des crapauds, souviens toi de mon nom… Ji-ra-ya !!!

- Hein ?!! C’est vous Jiraya le sannin ?!

- Lui-même.

- Mince alors, comment vous baissez dans mon estime !

- Comment oses-tu me parler sur ce ton gamin ?!

- Et vous comment osez-vous mater à votre âge ?! N’êtes-vous pas plutôt l’ermite des vieux puceaux ?

- Dis donc toi tu ne sais pas de quoi tu parles ! Je ne mate pas, je fais des recherches pour mes bouquins !

- Ah oui ? Quel genre de bouquin peut vous conduire à ce genre de délit ?

- Délit… Délit, tout de suite les grands mots ! Sache gamin que je suis l’auteur mondialement reconnu de la série Icha Icha !

- C’est vous ?!

- Ha, tu connais ? Ça t’en bouche un coin !

- C’est vous qui avez perverti Iruka-sensei ! Je ne vous pardonnerai jamais ! Et dire que c’est à vous que Rin-sensei a confié mon entraînement.

- Rin ?

- Je lui faisais confiance pourtant, soupira-t-il.

- Rin ? La gamine avec les deux pansements violets sur les joues ?

- Oui, Rin-sensei ! Et alors ? Vieux dégoutant…

- Je t’interdis de dire ça ! Je ne suis pas un vulgaire voyeur. C’est pour mes romans je te dis.

- Vieille excuse de merde, c’est honteux ! Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour mériter ça ?...

- Oh ! fit une voix de femme. Je vois que vous vous êtes rencontrés.

 

Les deux levèrent la tête vers le toit le plus proche et aperçurent Rin, leur souriant.

 

- Sale gamine ! Descends ici de suite qu’on s’explique !

- Oh, Jiraya-sama… Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Et moi qu’est-ce que j’ai fait pour que vous me confiez à ce pervers ? demanda Naruto.

- Attention, je suis un SUPER pervers ! Non mais…

- Naruto, Jiraya est le meilleur sensei que tu pourras avoir pendant ce mois, même si ses pratiques sont désolantes…

- Vous êtes sûre qu’il a été le sensei du Yondaime ?

- Je te l’assure. Quand à toi, vieux schnoque, tu vas entraîner Naruto Uzumaki mon élève.

- Pourquoi ça ?

- Parce que je t’ai sauvé la vie la dernière fois que tu as épié aux bains publics et qu’Anko Mitarashi t’a repéré.

- Mouais, c’est vrai.

- Autre chose Naruto, je t’autorise à utiliser le Sexy Jutsu contre lui. Ça t’aidera j’en suis sûre.

- Mais…

- Tout est réglé alors, je peux retourner entraîner Sakura ! A plus !

- Rin-sensei, non att...

 

Elle avait disparut dans un tourbillon de feuille.

 

- Bon, d’accord, je vais t’entraîner.

- Ça me réjouit pas vous savez…

- Et moi donc ! Cette sale gamine prend un malin plaisir à me manipuler. Suis-moi, on va voir ce que tu sais faire.

 

Ils marchèrent ainsi d’un bon pas jusqu’à atteindre la cascade qui se retrouvait en retrait du village. Jiraya savait qui était Naruto Uzumaki, le réceptacle de Kyubi. Rin, bien que sachant le lien qu’ils étaient sensés avoir et ne pouvant rien dire, s’était arrangée pour que leur rencontre semble naturelle. Un sourire fugace passa sur le visage de l’ermite. Cette petite avait décidément trop traîné avec Kushina.

 

- Bien, dit-il dès qu’ils furent installés. Dis-moi ce que tu sais faire.

- Je dois vraiment tout vous dire ? Je ne vous fais pas vraiment confiance.

- De toutes les manières je suis sûr que tu ne sais pas faire grand chose.

- Arrêtez de vous moquer de moi, j’ai tout de même été qualifié pour le tournoi final de l’examen chuunin.

- Humf, ça ne veut rien dire.

- Je sais utiliser mon chakra pour monter aux arbres sans les mains, marcher sur l’eau. Je suis d’affinité vent et maîtrise trois techniques : Kaze no ha, la lame de vent, ainsi que deux autres ne nécessitant pas de mudras incantatoires qui peuvent soit attiser les flammes ou les éteindre en provoquant un manque d’oxygène. La deuxième sert parfois aussi à asphyxier des ennemis. J’ai commencé récemment à étudier le fuuinjutsu et je suis plutôt doué. J’ai à mon actif plusieurs sortes de sceaux de rangement, un sceau d’entrave et quelques petits parchemins explosifs de mon crû.

 

Jiraya ne s’attendait pas à ce que Naruto soit aussi avancé. Mais il était plutôt content même s’il ne le montra pas. Rin savait y faire avec les gamins. Pourquoi n’en avait-elle donc pas avec cet imbécile d’Obito ? Ce que les gamins étaient chiants à se tourner autour sans faire avancer les choses ! Pourtant, un roman inspiré de leur histoire ferait un carton !

 

- Bon, c’est pas mal finalement.

- Au fait, Rin-sensei nous a dit que vous étiez un expert en fuuinjutsu.

- C’est exact.

- Et bah, je crois que votre ancien coéquipier, Orochimaru m’a apposé un sceau quand il nous a attaqué pendant la première épreuve.

- Orochimaru ?!

- Ouais. Je l’aurais bien enlevé ce fichu sceau mais il est pour l’instant à un niveau que je n’ai pas atteint.

 

Jiraya fronça les sourcils.

 

- Saleté de faucon, il ne m’a rien dit ! marmonna l’ermite.

 

Puis il reprit plus à haute voix cette fois-ci.

 

- D’accord, dans ce cas enlève tout et reste en caleçon. Puis, malaxe ton chakra.

 

Naruto s’exécuta sous le regard attentif du pervers.

 

- Et toi !

- Hn ?

- Tu sais que t’es trop ‘gnon en sous-vêtements !

 

Le jeune garçon faillit en tomber à la renverse.

 

- Err

- Ahem, se racla la gorge le vieil homme. Excuse-moi.

- Vous allez me rendre fou… soupira le garçon.

 

Il malaxa son chakra et un sceau apparu sur son ventre. Jiraya s’approcha pour l’observer de plus près. Puis un deuxième sceau apparut, entourant le premier.

 

- Le sceau des cinq éléments bloque le peu de chakra que tu recevais de l’autre. Le sceau impair au dessus de celui pair que le Yondaime a apposé provoque ta difficulté à mélanger ton chakra à celui de Kyubi.

 

Le vieillard examinait de la main le ventre du blondinet. Ce dernier commença à rire silencieusement.

 

- Ça chatouille arrêtez !

- Désolé. Bon, je vais l’enlever, ça risque de faire un peu mal.

 

Jiraya concentra du chakra dans ses doigts et les apposa brusquement sur le ventre du jinchuuriki. L’adolescent se plia en deux sous la douleur.

 

- Non mais ça va pas ? souffla-t-il.

- Je t’ai prévenu.

- Vous aviez dit un peu ! Mon œil, ça fait un mal de chien !

- Allez fais pas ta chochotte. Passons à autre chose, tu peux te rhabiller au fait…

- Tout ça pour ça, marmonnait le blondinet en remettant sa combinaison orange.

- Dis-moi, quels sont tes adversaires pendant le tournoi ?

 

Hinata qu'il combattait en premier, était une Hyuga. Par conséquent, elle utilisait le byakugan et le juken, style de taijutsu visant directement les points vitaux.

 

- Assez dangereux pour moi ça. J'ai plutôt intérêt à trouver un plan. Ensuite il y a la blonde de Suna, Temari je crois, qui utilise un éventail géant et le fuuton. Elle combat distance. Il y a aussi Haru, celle qui a battu Choji, et qui vient de Kumo. Je ne sais pas grand chose sur elle, à part qu'elle utilise le raiton. Shikamaru du clan Nara utilise les ombres. Je suis plus puissant que lui, mais c'est un génie et fin stratège. Sakura-chan je la connais assez bien, mais Rin-sensei va sûrement nous faire des surprises. Elle est donc à ne pas sous-estimer car en plus de cela elle est très intelligente. Reste maintenant Sasuke et un certain Shin. Mon coéquipier est très fort, cependant il néglige les astuces dont je suis capable. Pour lui, la surprise aura le meilleur effet. Shin vient de Kumo, il a l'air très fort. Et il est surtout très rapide, je n'ai pas pu le suivre des yeux lorsqu'il a attaqué soudainement lors des préliminaires. Enfin il y a Neji, génie de son état car il maitrise déjà tous les jutsus secrets de son clan. Et je les ai testé ça fait mal.

- Tu l'as déjà combattu ? s'étonna Jiraya.

- Oui, et j'ai perdu lamentablement. C'est un ami que j'ai rencontré il y a à peu près cinq mois. Il est sympa même s'il ne parle pas beaucoup et semble hautain aux premiers abords.

- Tu as d'autres amis de ce genre ? demanda le vieil ermite.

- Il y a Tenten. Elle est vraiment super et c'est la première qui a vraiment été gentille avec moi. Puis il y a aussi Lee. Et Obito est marrant. Il m'a appris le Rasengan d'ailleurs !

- Tu sais déjà faire le Rasengan ? Moi qui avait l'intention de te l'apprendre...

- C'est raté ! Bref, le dernier participant est Gaara. Ce type est franchement louche. Il utilise le sable et est plutôt dangereux je dirais. Faudra faire attention à celui-là.

- Je suis content de toi Naruto. Je ne pensais pas que tu retiendrais autant d'informations sur tes adversaires. Ça va nous faciliter la tache.

 

Le vieil homme réalisa quelques mudras et invoqua une grenouille. Majestueuse, celle-ci déroula sa longue langue et laissa Jiraya lui prendre un gros rouleau. L'ermite le déroula et le plaça à même le sol.

 

- Tu vas passer un contrat avec les grenouilles. Tu sais au moins ce que c'est ?

- Mais prenez moi pour un débile aussi ! Oui je sais ce que c'est. Dommage que vous n'ayez pas de lions en stocks...

- Ha... soupira Jiraya. Écris ton nom avec ton sang dessus.

 

Le genin blond s'exécuta et marqua son nom à côté de celui du Yondaime. Un sourire éclaira son visage.

 

- Pourquoi souris-tu d'un seul coup ?

- Je me disais que, même si vous êtes un méga pervers, j'avais de la chance de m'entraîner avec vous. Après tout c'est le Sandaime qui a été votre sensei, et vous avez été celui du Yondaime. Peut être qu'avec vous je serai le sixième Hokage !

 

Jiraya ne sut que dire. Ce gamin était surprenant. Parfois c'était le caractère explosif de sa mère qui ressortait et parfois, celui calme et confiant de son père. Il était étonnant. Le vieux sourit à son tour puis lui expliqua comment invoquer une grenouille. Naruto l'écouta attentivement puis reproduisit consciencieusement les signes nécessaires à l'invocation. Cependant, seul un têtard apparut. Jiraya eut un tic nerveux de la bouche avant d'éclater de rire.

 

- Et c'est toi qui maitrise le Rasengan ?! Un têtard !

- Vous moquez pas de moi ! Je m'y suis mal pris cette fois ! Et puis ça arrive à tout le monde de faire une bourde de temps en temps.

- Un têtard, un têtard, répétait l'ermite les larmes aux yeux.

- Mais vous allez arrêter ! Et ça ne remet pas en question que je sais faire un Rasengan !

- D'accord, j'arrêterai de rire si tu m'en montres un digne de ce nom.

 

Le jinchuuriki grogna, créa un Kage Bunshin et réalisa la fameuse technique. Il détruisit un arbre sous les piaillements mécontents des oiseaux perchés dessus. Puis, il se retourna et lança un sourire narquois au vieil homme.

 

- Bon, je dois avouer que tu sais utiliser la technique. Par contre tu as besoin d'un clone.

- Mouais, marmonna le garçon à cause de sa demi-victoire. En fait j'ai encore du mal à stabiliser la dernière étape. Le manque de précision est mon plus gros défaut. Mais ! Je suis en train d'y remédier. D'ici quelques semaines je pourrais l'utiliser seul.

- Comment en es-tu si sûr ?

- Lorsque je m'entraîne avec Yamato-sensei, je laisse toujours quelques clones travailler dessus. A la fin je récupère leur expérience et voilà ! C'est franchement pratique d'ailleurs. C'est comme ça que je progresse vite.

- Effectivement. Dans ce cas, c'est fini pour aujourd'hui. Reviens demain ici-même et on passera aux choses sérieuses. Yamato sera là.

- D'accord !

- Neuf heures et ne soit pas en retard sinon je risque de partir et...

- Et d'aller recueillir des informations je sais...

 

Jiraya sourit.

 

- T'as tout compris gamin !

- A demain ero-sennin.

- Eh ! Je ne te permets pas de m'appeler comme ça !

 

Mais Naruto était déjà parti, le sourire aux lèvres. Jiraya était peut être un vieux dégoutant, mais il deviendrait fort à coup sûr avec lui. Il passa chez Ichiraku, donna un ticket offert par Choji pour son anniversaire. Tout en préparant les plats, Teuchi le restaurateur discuta avec lui.

 

- Alors Naruto, cet examen chuunin, comment ça s'est passé ?

- Plutôt bien je dirais ! sourit le genin. J'ai passé la première et la deuxième épreuve sans problèmes ou presque…

- Et quand est-il de ma troisième épreuve ? demanda Ayame, sa fille.

- C’est un tournoi, répondit Naruto. C’est assez mal barré vu le niveau des neuf autres qualifiés, mais je suis plutôt confiant. J’espère que vous pourrez venir me voir. Je suis fort maintenant !

- Nous essaierons, promit la jeune femme.

- Je t’offre ton troisième bol pour te féliciter mon grand !

- Vous êtes le meilleur !

 

Trois bols, trois rations gratuites. Choji lui avait offert un cadeau en or.

Il quitta Ichiraku le ventre plein et le sourire aux lèvres. Le restaurateur et sa fille avaient été les premiers à l’accepter. Pas forcément par bonté au début, parce que c’était surtout le meilleur client, mais ils avaient appris à le connaître. Le genin rentra chez lui et prit le coffret de bois laqué offert par Tenten. Les deux adolescents l’avaient vu dans une vitrine une semaine avant l’examen chuunin. Naruto avait voulu l’acheter, mais ses finances étant au plus bas, il ne l’avait pas fait. Il souleva le loquet en argent et ouvrit la boîte. Assis à la table de son salon, il sortit un fin pinceau et de l’encre rouge. Il prit un morceau de parchemin, fourni avec le reste et essaya de tracer un sceau. Le pinceau, plus adapté, glissa sur la feuille et il termina rapidement la reproduction de son sceau d’entrave. Ce nécessaire à fuuinjutsu était décidément génial. Le résultat était bien meilleur. A tester lors d’un entraînement.

 

oOoOoOoOoOo

 

- Bon, tu peux faire combien de clones au maximum ? demanda Jiraya.

- Hum… Je dirais près de mille.

- Vraiment ? haussa-t-il les sourcils.

- Oui, mais après quand je récupère leur fatigue je suis limite mort.

- C’est compréhensible en même temps, commenta Yamato.

- On va remédier à ça de suite, sourit Jiraya. Lorsque ton entraînement prendra fin, tu laisseras environ cents clones pour récupérer la fatigue.

 

Naruto se frappa le front avec la paume de sa main.

 

- Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?!

- Parce que t’es qu’un gamin et que tu ne peux pas penser à tout. Pour le tournoi, il va falloir travailler différentes choses. La première, ton ninjutsu élémentaire. Deux au moins de tes possibles adversaires utiliseront le Raiton, donc si tu maîtrises le vent, ça te donnera un avantage considérable. Tu feras donc trois cents Kage bunshins qui travailleront sur ça. Ensuite, puisque tu es plutôt doué en fuuinjutsu, cent clones feront l’affaire. Ils devront apprendre de nouveaux sceaux sous ma direction. Reste cinq cent clones à répartir. Cent resteront pour atteindre la forme définitive du Rasengan, trois cents s’entraîneront à l’invocation et la dernière centaine se battra au taijutsu contre moi.

- Et l’original dans tout ça ? interrogea Yamato.

- C’est justement pour ça que j’ai besoin de toi. Je veux t’apprendre à utiliser le chakra de Kyubi. Dans le monde shinobi, tu n’es pas le seul à être un jinchuuriki. D’ailleurs, quand j’ai discuté avec Obito, hier soir, il m’a révélé que le concurrent de Suna, Gaara, est lui aussi l’hôte d’un bijuu.

- Vraiment ? s’étonna le jeune blond.

- Oui, acquiesça Jiraya. Ichibi aussi appelé Shukaku.

- Je vais pas devenir comme lui en utilisant le chakra de Kyubi, hein ?

- Aucun risque, répliqua-t-il. Le village caché du sable en a fait une arme depuis sa naissance. Et ce n’est pas ton cas.

- Si vous le dites. Bon, on y va. Taijuu Kage Bunshin no Jutsu !

 

Son entraînement commença alors. Jiraya réalisa également quelques clones qui prirent en charge la direction de l’entraînement des bunshin.

 

- Assied-toi en tailleur, ordonna l’ermite. Puis malaxe ton chakra et cherche au plus profond de toi un chakra plus sombre que le tien.

 

Le genin hocha la tête et s’exécuta. Une enveloppe d’énergie bleutée l’entoura, sous l’œil scrutateur de l’ermite des crapauds.

 

oOoOoOoOoOo

 

Un garçon brun passa la tête par l'entrebâillement de la porte d'entrée. Personne à gauche... Ni à droite. Il passa le haut de son buste à l'extérieur de sa chambre. Pas de mouvement suspect. Cette fois-ci, il sortit sa jambe gauche, puis sa jambe droite. Toujours personne. C'était le moment pour détaler sans se faire attraper par Koyuki. Shin, le genin de Kumo évitait depuis les préliminaires sa coéquipière. En effet, elle ne le lâchait plus pour savoir comment il avait réussi à progresser autant en secret. Étant secret de nature, il ne souhaitait pas répondre à ses questions. La jeune fille savait être indiscrète quand elle le voulait. Or, il ne tenait pas à de braquer - car il était sûr qu'il le ferait - et lui dire quelque chose qu'il regretterait ensuite. Surtout que même s'il faisait parti de cette équipe, il ne les appréciait pas plus que cela.

 

Shin sortit de l'auberge dans laquelle ils étaient logés et partit se promener dans le village caché de la feuille. Il dut bien admettre que ce village savait appeler les clients. Contrairement à Kumo, il était facile pour les civils d'entrer et de sortir du village. Les gérants des échoppes étaient très ouverts et s'il n'avait pas fait attention, le jeune genin aurait acheté sans s'en rendre compte une dizaine de bouquets de fleurs. L'Hokage Danzô, bien qu'il soit connu pour sa politique militariste avait fait en sorte que la prospérité du village explose aux yeux des visiteurs. Cet homme était vraiment intelligent. Shin comprenait mieux pourquoi le Raikage leur avait dit de bien faire attention à ce vieux faucon de guerre.

 

Il chercha ensuite un coin tranquille pour méditer et grimpa la falaise des Hokage. Le garçon de Kumo marcha dans le petit bois qui se trouvait là et finit par arriver près d'une cascade. Il remarqua que trois personne s'y trouvait déjà. Un vieillard aux longs cheveux blancs, un homme avec un casque qui descendait sur ses joues et un garçon blond qu'il reconnut comme un des participants.

 

Il se cacha sur une branche haute pour les observer et fut stupéfait de découvrir des centaines de clones s'entraîner sur divers domaines. Il vit l'un d'entre eux méditer, et distingua qu'il était entouré d'un chakra orangé qui lui fit froid dans le dos. Qu'était-ce donc ? Cependant, il ne pût observer plus longtemps les techniques de son adversaire car le vieillard - qui ne payait pas de mine - lui cria de venir les rejoindre. Shintô descendit de son perchoir et se présenta devant eux.

 

- Je te reconnais, dit Naruto (l'original) qui était sortit de sa méditation. Tu participes à l'épreuve finale.

- Oui, je m'appelle Shin. Tu es...

- Naruto Uzumaki ! le coupa le jinchuuriki avec un grand sourire.

 

Le brun haussa un sourcil.

 

- Tu accueilles toujours des possibles adversaires de la sorte ?

- Hahaha, rit Naruto. Je ne sais pas. Mais t'as l'air sympa alors...

- Naruto, les interrompit Jiraya, ça suffit pour aujourd'hui.

- Hein ? se fâcha le genin. Mais il n'est que quatorze heures !

- On est là depuis neuf heures, ce qui fait cinq heures d'entraînement. Ça suffit.

- Grr. Mais j'ai à peine eu le temps de...

- Tu n'as pas faim ? demanda Yamato dans le but de convaincre le garçon.

 

Son ventre gargouilla bruyamment. Les autres eurent un rictus moqueur tandis que le blondinet capitulait et annulait ses clones. Il faillit tourner de l'œil en raison de toutes les connaissances qui lui vinrent d'un coup. Naruto se massa les tempes, prit d'une soudaine migraine. Il ne se plaignit pas pourtant puisqu'il ne reçut pas de fatigue physique.

 

- Est-ce que ça va ? demanda Shin. T'es tout pâle...

- Ouais, je pète la forme ! Dis, t'as mangé ?

- Moi ?

- Bah oui, toi. Ero-sennin et Yamato-sensei connaissent déjà les ramène d'Ichiraku, alors je compte pas les inviter.

- C'est sympa merci ! se vexa l'ermite.

- Euh non... En fait, je viens de me réveiller... Aaaaaah !!!

 

Le garçon n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà, Naruto l'entrainait à travers le village. Il se demanda si ce garçon était sage de l'inviter à passer l'après-midi avec lui. Les deux genin entrèrent dans la fameuse baraque à nouilles et s'installèrent sur les tabourets.

 

- Alors Naruto, qui est ce garçon qui t'accompagne ? s'enquit Teuchi, le restaurateur.

- C'est mon nouvel ami Shin ! Il vient de Kumo.

- Ton ami ? s'étonna le brun.

- Bah ouais, ça te déranges ?

- Non c'est juste que... C'est un peu rapide.

- Vaut mieux qu'on soit amis qu'ennemis non ?

- Nous sommes amis donc, sourit discrètement Shin.

 

Ce blond semblait être un peu tête en l'air mais était si chaleureux qu'on lui pardonnait ce petit défaut.

 

- Dans ce cas, s'exclama joyeusement Ichiraku, les cinq premiers bols sont gratuits !

- Yataa ! cria le jinchuuriki de Kyubi.

 

Naruto en prit trois et offrit les deux autres à son nouvel ami.

 

- Et Kumo c'est comment ?

- C'est grand, répondit simplement Shin le regard rêveur. Les murs sont blancs ou crème. Les immeubles très hauts. Beaucoup plus haut qu'ici. La palais de l'Hokage est creusé à même la montagne et est suspendu dans le vide. Une large rivière serpente à travers le village. Les terrains d'entrainement sont dispersés au quatre coins de la vallée.

- Tu ailes beaucoup ton village non ? sourit Naruto.

- Oui. Mais j'apprecie aussi le tien qui est d'une certaine manière plus paisible.

- Hein ?

- Plus paisible dans le sens où on ne voit pas des ninjas armés jusqu'au cou à chaque coin de rue. J'ai vu peu d'ANBU alors que c'est monnaie fréquente d'en croiser à Kumo.

 

Naruto sourit, ce qui donnait une étrange image puisqu'une nouille dépassait de sa bouche. Un fin sourire s'étira sur les lèvres du genin brun tandis qu'il terminait son deuxième et dernier bol de ramens. Il devait bien avouer qu'ils étaient excellents, mais là, il commençait à caler.

 

- Et toi, tu aimes Konoha je suppose !

- Oui.

 

Naruto avait répondu d'une voix mélancolique ce qui surprit son nouvel ami qui se retourna vers lui pour l'observer. Son regard triste et lointain le firent frissonner. Comment pouvait-il passer de joyeux luron à type dépressif aussi vite ? Cet air absent lui rappela vaguement une jounin de son village.

 

- Je serai le sixième Hokage ! Le plus grand de tous ! se reprit rapidement le blond.

 

Son sourire revint et ses yeux bleus se remirent à pétiller. Il enfila trois bols supplémentaires sous le regard incrédule de Shin, paya et l'entraina à l'extérieur. Alors qu'ils marchaient - tranquillement cette fois - Shin remarqua les différents regards qui se posaient sur eux. Il pensa d'abord qu'ils lui étaient destinés, étant donné qu'il venait d'un autre village, puis il vit qu'ils étaient d'avantage tournés vers son nouvel ami. Qui était donc Naruto ?

 

- Shin ! les héla-t-on.

 

Les deux genin se retournèrent et virent Haru, la coéquipière du brun. Ses très longs cheveux blonds étaient nattés en une épaisse tresse qui lui tombait sur l'épaule. En voyant Naruto, la jeune fille se figea. Elle darda ses yeux bleus interrogateurs sur Shin.

 

- Haru.

- Qu'est-ce tu fais ?

- Mon nouvel ami Naruto me fait visiter son beau village.

- Ami ?

- Oui, lui au moins ne passe pas son temps à me rabâcher les oreilles avec son entrainement, le fait que je sois nul et pathétique... Résultat on a eu une longue conversation. Ce n'était pas son monologue contrairement à deux filles d'une certaine équipe de Kumo.

 

Acerbe, voilà ce que Naruto dénota dans sa réponse. Shin ne semblait pas particulièrement bien s'entendre avec ses coéquipières.

 

- Naruto ! entendit-on cette fois.

 

Ils se retournèrent encore et découvrirent Tenten. Elle était accompagnée de son père et ils portaient chacun de nombreux sacs de courses.

 

- Tenten ! Kenji-san, bonjour.

- Bonjour Naruto.

- Ça avance ton entraînement ? demanda son amie.

- Mouais. Je continue à travailler comme avec Yamato-sensei et l'ermite pas net me fait bosser sur un truc assez difficile.

- L'ermite pas net ?

- Jiraya.

- Alors c'était lui ce vieux avec toi ? s'étonna Shin.

- Oui, un pervers de première. Tsch.

 

Kenji éclata soudainement de rire. Jiraya qui entrainait Naruto ! Ça promettait.

 

- Bon, je vais te laisser Naruto, fit le genin de Kumo. Et si on ne se revoit pas avant le tournoi, bon courage pour ton entrainement.

- J'espère qu'on pourra s'affronter ! lui cria Naruto alors qu'il partait avec son équipière.

 

Son ami leva une main en signe d'assentiment et tourna dans une rue adjacente. Tenten lui proposa ensuite de passer le reste de la soirée avec eux, ce que Naruto accepta volontiers. Une fois chez eux, il les aida à ranger les courses puis suivit la kunoichi dans sa chambre. Elle avait un nouveau sceau à lui montrer. La jeune fille se dirigea vers des étagères qui lui servaient de bibliothèque et en sortit un rouleau.

 

- Regarde, dit-elle calmement en le déroulant. Il s’agit d’un fuuinjutsu qui permet de briser la vue de son adversaire.

- Ah ouais ?

 

            Le garçon de l’équipe sept analysa rapidement son contenu tandis qu’un sourire de trois pieds de larges s’étirait sur ses lèvres.

 

- C’est bien plus pratique qu’un genjutsu car seul ceux qui savent utiliser ce genre de sceaux peuvent les briser, expliqua Tenten.

- Très pratique lorsqu’on est aussi nul que moi dans ce domaine ! Tenten, t’es la meilleure ! Grâce à toi, je vais en surprendre plus d’un au tournoi !

- Hein ? Mais j’ai rien fait…

- Si au contraire ! lui répondit le blond en sortant. Je suis un peu pressé mais on se revoit avant l’épreuve finale !

 

            La jeune fille redescendit, troublée. Elle trouva son père bouquinant dans la cuisine et commença à préparer le dîner.

 

- Au fait papa…

- Hum ?

 

            Son père releva la tête de sa lecture.

 

- Tu n’avais pas un cadeau à donner à Naruto ? C’était pourtant l’occasion aujourd’hui.

- Ah, ça ! Bah en fait, c’est un peu tard maintenant. Je lui donnerai après le tournoi pour le féliciter.

- Tu peux au moins me dire de quoi il s’agit, non ?

- Pour que tu ailles le lui dire ?

- Mais non voyons !

- Tenten, tu le découvriras en temps voulu.

- Mais papa… Rah, et puis j’en ai marre de vos petits secrets. Vous les garçons vous êtes tous les mêmes.

- Naruto sait-il que ma petite fille cuisine comme un chef ?

- Papa !

 

oOoOoOoOoOo

 

            Naruto se trouvait dans un sombre couloir. C’était la deuxième fois qu’il se trouvait ici. L’hudimité avait provoqué de graves dégâts et le sol était inondé d’un ou deux centimètres d’eau. Un silence pesant régnait. Le genin entendit un grognement et se dirigea vers la seule pièce qu’il connaissait en cet endroit. Devant lui se trouvait une porte de prison immense. Derrière les barreaux se trouvait Kyubi, le démon renard à neuf queues.

 

- Qu’est-ce que tu fous ici gamin ?

- Ero-sennin m’a dit que je devais régulièrement te parler.

- Approche.

- Tu vas encore essayez de me taillader en deux comme la dernière fois ! Non merci !

 

            Le renard ricana.

 

- J’aimerais bien te réduire en charpie…

- Et me bouffer tout cru, oui je sais !

- Quel insolence ! Tu veux encore me prendre du chakra, petite bête ?

- Non. Mais j’ai une question à te poser.

- Une question à me poser ? sourit le bijuu. Haha, la bonne blague.

- Je suis super sérieux !

 

            Naruto soupira.

 

- Je me demandais si tu avais un nom…

- Quoi ? Et celui que tu m’as donné la dernière fois ? Kyubi, fit-il avec sarcasme. Il ne te plaît pas ?

- Si tu préfères que je t’appelle par ton statut de démon à queue comme tu veux ! se vexa le genin. Seulement je me suis dit que si on m’appelait Blond à tout bout de champs (à cause de mes cheveux) ça m’énerverait assez vite.

- On t’appelle monstre, souvent.

- Oui bah justement ! Dis-moi ton nom qu’on en finisse !

- Je n’ai pas de nom.

- Tu mens j’en suis sûr !

- Hm ! sourit Kyubi, dévoilant ses longs crocs. Oui je mens. Si un jour l’envie m’en prend – ce qui m’étonnerait fortement – je te dirai mon nom.

- Pourquoi pas maintenant !

- Je suis un bijuu ! Je fais ce que je veux, quand je veux. Alors déjà qu’on m’a enfermé contre mon gré il y a presque un siècle, qu’on se sert de mon quand j’en ai pas envie ! Taire mon nom est l’une des dernières libertés qui me reste. Je ne te le donnerais pas !

 

            Naruto fut sauvagement expulsé de son esprit et revint dans la réalité. Il ouvrit brusquement les yeux et regarda Jiraya qui haussa un sourcil en le voyant perturbé.

 

- Que s’est-il passé Naruto ?

- Bah rien… Je lui ai juste demandé s’il avait un nom parce qu’être nommé Kyubi à cause de son nombre de queue c’est pas terrible. Il s’est vexé et a refusé de me le donner. Pourtant j’ai fait mon maximum pour rester poli !

 

            Jiraya éclata de rire.

 

- Et bien dans ce cas, harcèle-le jusqu’à ce qu’il te le donne pour avoir la paix !

- Hn.

- Ça suffit pour aujourd’hui, du côté de ton colocataire en tous cas.

- La suite du programme ?

- Je vais aller recueillir des informations.

- Vous foutez pas de moi !

- Hehe, je plaisante Naruto. Tu m’as demandé de l’aide pour ce jutsu d’entrave, alors je me dois de t’aider. En tant qu’ermite des crapauds, c’est la moindre des choses !

 

oOoOoOoOoOo

 

            C’était la veille du tournoi. Et, malgré le fait que Naruto ait énormément progressé, le garçon stressait. Il marchait dans Konoha, se demandant s’il avait bien tout revu. Il ne lui manquait aucun shuriken, ni aucun kunai. Ses sceaux étaient parfaitement dessinés sur du papier de qualité. Le genin inspira fortement.

 

- Naruto ? fit une voix au-dessus de lui.

 

            Le blond remarqua alors que ses pieds l’avaient guidés jusqu’à la maison de Tenten. Il haussa les sourcils, surpris, car d’habitude, lorsqu’il marchait sans réfléchir, il se retrouvait dans sa clairière. La jeune fille lui faisait signe depuis sa fenêtre, mais il eut du mal à la reconnaître car ses cheveux étaient lâchés. Il ouvrit de grands yeux et se précipita dans la maison, dès qu’elle lui dit d’entrer. Il salua vaguement le père de son amie et entra dans sa chambre.

 

- Tenten ! T’as les cheveux super longs !

 

            La kunoichi rougit un peu et commença à se brosser.

 

- Oui, alors !

- Ça te va super bien ! Pourquoi tu ne les laisses pas comme ça ?

- Ça me gêne en combat.

- Mais tu ne combats pas vingt quatre heures sur vingt quatre…

- J’aime pas car quand je mange, ils tombent dans mon assiette.

- Ah d’accord.

 

            Naruto semblait gêné et se grattait la joue gauche avec son index. Tenten fronça les sourcils.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- C’est juste que… Je me demandais si je pouvais t’aider.

- M’aider ? fit-elle prise au dépourvu. Oui, pourquoi pas.

- Chouette !

 

            Le jinchuuriki s’empara de sa brosse et coiffa minutieusement son amie, dont le cœur battait la chamade. Elle avait d’abord pensé qu’il lui ferait mal – car elle avait de nombreux nœuds – mais il était si doux que cela la faisait rougir. Ses cheveux descendaient jusqu’à la naissance de ses hanches, ce qui prenait un temps fou pour les peigner. Voilà pourquoi elle préférait souvent les attacher.

 

- Pourquoi tu souris comme ça ? lui demanda-t-elle.

- C’est la première fois que j’ai le droit de m’occuper de quelqu’un. Konohamaru mis à part puisque c’est lui qui me colle. Tes cheveux sentent bon tu sais !

- Oui je viens de prendre une douche !

 

            Sa voix, un  peu trop haut perché, lui fit mal. Ça ne lui ressemblait pas pourtant de perdre ainsi les pédales.

 

- Voilà ! J’ai fini !

- Merci Naruto, souffla-t-elle en commençant à tresser deux nattes.

- Oh non, laisse les comme ça encore un peu !

 

            Cette fois-ci, Tenten décida de ne pas se laisser avoir pour rien.

 

- On va faire un marché. Si tu arrêtes de porter du orange pendant un mois, je laisse mes cheveux détachés à chaque fois qu’on se verra.

- Mais c’est ma couleur préférée !

- A toi de voir.

- Bon d’accord, maugréa le réceptacle de Kyubi. T’as gagné !

 

            Ils rirent de cette petite dispute.

 

- Naruto, tu avais l’air anxieux tout à l’heure. Tu crains les combats de demain ?

- Pour être franc, un peu oui… répondit-il, reprenant son sérieux.

- Tu ne dois pas, lui sourit la jeune fille. Tu sais, moi je te fais confiance. Tu t’entraînes des heures pour te surpasser.

- Mais est-ce que ça va suffire ?

- Je ne sais pas. Mais même si tu perdais, je suis sûre qu’avant tu aurais donné le meilleur de toi-même. Sans jamais abandonner. C’est bien ton nindô, non ?

- Tu as raison.

 

            Son air joyeux revint vite et il se décida à partir. Il sortit dans le couloir, son amie à sa suite. Puis, il se retourna vers elle, le feu aux joues.

 

- T’es la meilleure, Tenten.

 

            Il lui donna un baiser – extrêmement – rapide sur la joue, et s’enfuit ensuite à toutes jambes. Quelque chose de spécial venait d’être scellé.

 

 

 

« Tu t’es fait des amis aujourd’hui ?

- M’man, c’est pas en me faisant des amis que je surpasserai Itachi !

- Tu as tort Sasuke. C’est avec les autres que ton frère est devenu plus fort. Lier des amitiés est ce qui te permettra d’avoir quelque chose de spécial. »

 

Mikoto Uchiwa à son fils Sasuke