Chapitre 06

par MidieRose93

Chapitre sixième

 

 

 

 

La première chose que vit Sakura en ouvrant les yeux, le lendemain matin, ce fut Sasuke. Il était allongé à côté d’elle et dormait à poings fermés.

S’appuyant sur un coude, elle jeta un regard autour d’elle. Une faible lumière filtrait à travers les volets clos. Elle baissa les yeux vers sa montre et constata qu’il était près de sept heures. Elle se leva, s’habilla et sortit de la cabane.

Le soleil pointait derrière les arbres. La journée s’annonçait très belle ! décida Sakura en s’étirant avec volupté, avant de revenir sur ses pas. Comme elle s’apprêtait à pénétrer de nouveau dans la cabane, cependant, elle hésita. Elle appréhendait d’affronter Sasuke. Certes, elle ne regrettait en rien ce qui s’était passé durant la nuit. Mais lui ? Comment réagirait-il ce matin ?

Oui, elle assumait la responsabilité des événements. Elle s’était jetée dans ses bras, et il avait consenti à lui enseigner les choses de l’amour. Maintenant, elle devait se montrer capable de le regarder dans les yeux sans rougir.

Dans quelques heures, elle rentrerait à la maison, chez son oncle, et son aventure avec Sasuke se terminerait sans doute tout naturellement. Pour l’heure, toutefois, elle n’éprouvait pas le moindre regret. Grâce à Sasuke, elle avait découvert sa propre sensualité. Il lui faudrait à présent s’accommoder de ce nouveau savoir.

Faisant un effort sur elle-même, elle ouvrit la porte pour pénétrer dans la cabane… et tomba nez à nez avec Sasuke.

Embarrassés, ils se regardèrent un instant, puis Sasuke tendit la main  vers la joue de Sakura pour la caresser.

-        Avez-vous bien dormi ? demanda-t-il d’une voix douce.

-        Oui, merci, répondit-elle avec un léger tremblement dans la voix. Et vous ? Comment va votre épaule ?

Sans répondre à sa question, il l’attira contre lui et l’enlaça. Elle ne lui opposa aucune résistance. Pendant quelques instants, ils restèrent ainsi, silencieux, goûtant le bonheur simple de cette étreinte.

-        Je devrais probablement m’excuser pour cette nuit, déclara enfin Sasuke d’une voix rauque, trouver des circonstances atténuantes, incriminer la tisane de Maria. Mais je mentirais. Il y a des semaines que je rêve de faire l’amour avec vous.

Sakura eut un mouvement de recul.

-        Des semaines ? répéta-t-elle.

-        Oui. Depuis que j’ai vu votre photo dans le bureau de Mogami.

Elle appuya de nouveau sa tête contre le torse de Sasuke, n’éprouvant pas le besoin de parler… et ne sachant que dire. Elle se sentait heureuse, tout simplement. Et il le paraissait aussi.

-        Bonjour, mes petits !

La voix de Maria les fit sursauter et ils s’écartèrent l’un de l’autre, comme des enfants pris en faute.

 

 

***

 

 

Pendant le reste de la matinée, Sakura aida Maria à mettre en ordre la maison tandis que Sasuke, incapable de se rendre utile en raison de sa blessure, attendait avec anxiété la venue d’Antonio, le fils de Maria. Il ne souhaitait guère passer une autre nuit dans le même lit que Sakura, craignant les dangereuses conséquences de cette promiscuité.

Vers midi, on entendit au loin un bruit de moteur. Maria dressa l’oreille et sourit.

-        Antonio arrive, annonça-t-elle sur un ton rassurant. Je lui expliquerai votre problème.

Sasuke et Sakura suivirent la vieille femme au-dehors. Un homme grand et costaux descendit du pick-up qu’il venait de garer devant la cabane. Antonio, puisqu’il s’agissait à l’évidence de lui, jeta un regard impassible vers les visiteurs et embrassa sa mère. Celle-ci l’entraîna aussitôt à l’écart, puis se mit à parler très vite en ponctuant ses paroles de grands gestes.

Lorsqu’elle se tut enfin, Antonio revint vers Sasuke et de Sakura en souriant.

-        Ma mère m’a raconté votre mésaventure. Vous désirez que je vous accompagne en ville ?

-        Si cela ne vous dérange pas trop, acquiesça Sasuke. À combien d’heures de route se trouve la première agglomération équipée d’un téléphone ?

Pensif, Antonio fronça les sourcils.

-        Trois heures environ.

-        Je vous dédommagerai du temps que vous aurez perdu, avança prudemment Sasuke.

-        Il n’est pas question que j’accepte de l’argent, répondit Antonio sur un ton qui ne souffrait aucune réplique. Mais d’accord pour que vous payiez l’essence. Nous ne sommes pas riches.

Considérant à l’évidence l’affaire comme réglée, il se retourna vers sa mère et s’enquit de sa santé. Puis il lui demanda si elle avait besoin de quelque chose de la ville. La vieille femme lui donna une liste de courses qu’elle sortit de la poche de son tablier.

Enfin, Antonio se tourna de nouveau vers Sasuke et Sakura.

-        La route sera longue. Nous partons tout de suite.

Sakura rentra dans la maison et rassembla leurs affaires. Ils remercièrent tous deux Maria pour son hospitalité. Sasuke essaya bien de glisser un billet dans la poche de son tablier, mais la vieille femme protesta avec véhémence.

Quelques minutes après, ils montaient dans le pick-up. Sakura s’assit entre les deux hommes. Pour laisser à Antonio la possibilité de manœuvrer le levier de vitesse, cependant, elle dut rester serrée contre Sasuke.

Les secousses de la route aidant, elle ne tarda pas à s’endormir.

Sasuke passa alors le bras autour d’elle afin de la maintenir, pour qu’elle ne glisse pas du siège. Il se sentait plus troublé qu’il ne voulait l’admettre au contact de ce jeune corps, plein de sève, contre son torse. Un  corps qu’il avait étreint la nuit précédente, et qu’il ne s’accordait plus le droit de toucher.

Le soleil se couchait lorsqu’ils atteignirent la ville, bien plus petite que Sasuke ne l’avait imaginée. Antonio, pourtant, assura qu’ils trouveraient un téléphone dans l’unique hôtel du lieu.

Sakura se réveilla alors qu’ils faisaient le plein à la station-service. Sasuke paya le pompiste, et ils remercièrent chaleureusement leur chauffeur. Il faisait nuit lorsque celui-ci les quitta.

L’hôtel, situé à la sortie de la ville, ne rassemblait en rien au palace dans lequel ils étaient descendus à Mexico. Et si Sasuke n’aimait pas l’idée que Sakura dorme dans un tel endroit, ils n’avaient guère le choix.

Il s’adressa au serveur, qui se tenait derrière le bar. Celui-ci le renvoya au propriétaire, un homme obèse, aux cheveux gras, occupé à disputer une partie de cartes avec quelques clients.

Sasuke saisit fermement Sakura par le bras et s’approcha de la table.

-        Nous désirerions une chambre.

L’homme leva le nez de ses cartes et regarda Sasuke, puis déshabilla Sakura des yeux.

-        Pour une heure ou pour toute la nuit ? Pour la nuit, c’est plus cher.

Sakura frissonna en sentant sur elle le regard du propriétaire de l’hôtel. D’instinct, elle se rapprocha de Sasuke.

-        Ma femme et moi passerons la nuit ici. Nous souhaiterions aussi téléphoner.

Le sourire du gros homme s’effaça aussitôt tandis qu’il baissait de nouveau les yeux vers ses cartes.

-        Vous demanderez la clé de la chambre au serveur. Le téléphone se trouve sur le comptoir.

-        Merci.

Sasuke entraîna Sakura jusqu’au bar. Il saisit le téléphone et composa le numéro de l’oncle de la jeune femme.

Mogami décrocha dès la première sonnerie.

-        Allô ? interrogea-t-il d’une voix fiévreuse.

-        Votre nièce est saine et sauve, le rassura aussitôt Sasuke. Nous avons subi une avarie, et j’ai dû poser l’avion en catastrophe dans les montagnes. Nous rejoignons tout juste la civilisation.

-        Dieu soit loué ! J’étais mort d’inquiétude. Sakura se trouve avec vous ? Passez-la-moi !

-         Sans un mot, Sasuke tendit le combiné à Sakura. À l’évidence, Mogami Haruno ne se calmerait tout à fait que lorsqu’il aurait entendu la voix de sa nièce adorée.

-        Tout va très bien, Mogami, le rassura-t-elle à son tour. Grâce à Sasuke. Ne t’inquiète pas pour moi.

-        Sakura ! Mon ange ! J’ai failli mourir d’angoisse. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je t’aime tant, ma chérie. Même si je me suis montré un peu brutal, la dernière fois, au téléphone…

-        Je t’aime aussi, Mogami. Mais sois tranquille, Sasuke prend bien soin de moi.

-        Très bien, très bien. Cela me rassure de le savoir avec toi. Repasse-le-moi, s’il te plaît.

-        À bientôt, mon oncle.

Sakura tendit de nouveau le combiné à Sasuke.

-        Où vous trouvez-vous ? lui demanda Mogami sans attendre.

Sasuke lui donna leur position.

-        J’envoie un hélicoptère demain matin. Mon Dieu ! J’imagine la terreur de cette pauvre enfant lorsque l’avion a piqué du nez…

-        Elle n’a pas bronché, Mogami. Vous pouvez être fier d’elle.

-        Oui, oui. Quand elle rentrera à la maison, en tout cas, je ne la quitterai plus des yeux ! Et l’avion ? Récupérable ?

-        Je pense, mais il faudra le remorquer. Il manque une aile. Nous avons accroché un arbre à l’atterrissage.

-        Vous n’êtes pas blessé, au moins ?

-        Pas vraiment. Une épaule démise. Presque rien.

-        Tant mieux. À demain donc. Et reposez-vous en attendant.

-        J’y compte bien. Au revoir, Mogami.

Après avoir raccroché, Sasuke paya la chambre au serveur et ce dernier lui remit une clé. Prenant Sakura par le bras comme s’ils formaient un vieux couple, il se dirigea vers l’escalier. Il ne la lâcha que lorsqu’ils eurent refermé la porte de la petite chambre, meublée seulement d’un lit et de deux chaises.

-        Pourquoi leur faire croire que nous sommes mariés ? demanda Sakura, amusée.

-        Simple question de sécurité. La clientèle de ce genre d’hôtel… ne se montre pas toujours très respectueux envers les dames. Pour ne pas parler du patron lui-même. Avez-vous remarqué comment il vous dévorait des yeux ? Vous pensant mariée, ils se méfieront.

Sasuke alla jeter un coup d’œil par la fenêtre. Elle donnait sur une rue déserte. Au loin, se profilait la montagne. Lorsqu’il se retourna, Sakura assise sur le bord d’une chaise, paraissait embarrassée.

-        Ne craignez rien, mon ange. Je ne profiterai pas de la situation. Prenez le lit, et je…

-        Non ! l’interrompit-elle. Je ne suis plus une enfant. Nous partagerons le lit.

-        C’est bien parce que vous n’êtes plus une enfant que je préfère dormir par terre. Et puis… nous prendrions des risques, vous savez ? Je… j’imagine que vous ne prenez pas la pilule ?

-        Il est un peu tard pour vous en préoccuper…

-        Mieux vaut tard que jamais. Je descends pour vous laisser la chambre. Fermez la porte derrière moi et n’ouvrez à personne. D’accord ?

Elle acquiesça, et Sasuke sortit.

Sakura poussa un long soupir. Le petit pincement qu’elle ressentait chaque fois qu’il la quittait, ne fût-ce qu’un instant, lui montrait assez la place qu’il occupait désormais dans son cœur. Quelle imprudence ! Sasuke Uchiwa était visiblement un solitaire. Pas étonnant qu’il ne travaille que depuis peu pour son oncle. Un homme comme lui ne devait s’éterniser nulle part.

Dès le lendemain, ils retourneraient à Hanawa. Elle redeviendrait alors la nièce du patron, et lui un simple employé dont la mission serait terminée.

Ils ne passeraient donc plus qu’une nuit ensemble. Choisirait-elle la prudence, ou bien profiterait-elle une dernière fois de la situation ?

 

 

***

 

 

En sortant de la chambre, Sasuke descendit l’escalier et se dirigea vers le bar pour y vider quelques verres. Cela laisserait assez de temps à Sakura pour se mettre au lit et s’endormir.

Le seul moyen de protéger la jeune femme consistait à partager sa chambre. Même si, pour lui, cela signifiait une nuit blanche. Il commanda une bière et observa d’un œil distrait la partie de cartes qui se déroulait à la table d’à côté.

Épuisé, il perdit peu à peu la notion du temps. Il surveillait cependant en permanence l’escalier afin de s’assurer qu’aucun homme ne montait à l’étage sans motif. Quand les joueurs de cartes se levèrent de table, il sut qu’il lui serait impossible de repousser plus longtemps le moment de rejoindre Sakura dans sa chambre, et il se leva à son tour.

Il introduit avec précaution la clé dans la serrure. Aucune lumière dans la pièce. Il referma la porte et attendit que ses yeux s’adaptent à l’obscurité.

-        Sasuke ? murmura alors une voix ensommeillée.

-        Oui, répondit-il. Tout va bien. Dormez.

-        Je vous attendais. Je voulais…

Elle s’interrompit au milieu de sa phrase, et Sasuke pensa qu’elle s’était rendormie. Il s’assit sur une chaise et retira ses bottes, puis sa chemise. Il garderait son pantalon.

Car il n’abuserait pas de la situation. Ça non ! Sakura le haïrait déjà assez lorsqu’elle découvrirait la vraie raison de sa présence chez son oncle…

Il s’étendit sur le lit, sans toutefois se glisser entre les draps. Il se sentait si fatigué qu’il s’endormirait sous peu.

De fait, il sombrait presque dans le sommeil lorsqu’une bouche sensuelle caressa ses lèvres.

Ouvrant tout grands les yeux, Sasuke aperçut Sakura dans la pénombre. Elle était penchée sur lui, sans même une chemise de nuit pour couvrir sa nudité.

-        Ce n’est pas du jeu ! grogna-t-il.

Il tendit la main vers elle, pour la repousser, mais ne parvint pas à s’y résoudre. Au lieu de cela, il l’attira contre lui.

Avec l’impression vertigineuse que tous ses sens s’éveillaient à la vie, Sakura l’étreignit, s’agrippa à lui, se soumit à lui.

Elle ne voulait pas le perdre. Jamais.

Leur baiser n’en finissait pas. Les lèvres de Sasuke allaient et venaient des lèvres de Sakura à ses joues, à son nez, à son cou, à la naissance de sa poitrine. Il lui prit les seins en coupe, avant de les baiser, de saisir leurs pointes durcies entre ses dents et de les taquiner du bout de la langue jusqu’à ce que Sakura se mette à frémir et à gémir.

Les doigts tremblants, elle entreprit de lui déboutonner sa chemise. Lui, d’un geste plein d’assurance, glissa une main entre ses cuisses et la caressa, jusqu’à atteindre le cœur de sa féminité. Sakura cria tant cette caresse, si douce pourtant, était intime et violente.

S’arrêtant un instant, Sasuke lui prit les poignets et les lui maintint au-dessus de la tête, comme pour l’empêcher de s’échapper, pendant que son autre main revenait au creux de ses cuisses. Une sensation formidable prit son essor dans les profondeurs du corps de Sakura. Secouée par des vagues de plus en plus violentes, elle se raidit soudain, avant de se laisser emporter par une formidable lame.

Lentement, elle se sentit revenir vers Sasuke, comme sur un nuage. Elle rouvrit les yeux et lui sourit.

-        C’était bon ? lui demanda-t-il.

-        Mmmm…

Il lui prit la main, alors, déposa un baiser sur la paume, puis la fit lentement glisser le long de son torse, pour descendre plus bas, encore plus bas, vers la preuve palpitante et brûlante de son désir.

Avec un gémissement étouffé, Sasuke se laissa aller à la renverse, les yeux  fermés. Il semblait presque souffrir. Sakura se demandait comment le soulager de cette tension et, en même temps, elle se concentrait sur les caresses qu’elle lui prodiguait avec une audace grandissante.

Soudain, d’un mouvement brusque, il pressa les hanches contre les siennes, le ventre contre le sien, comme s’il voulait lui faire sentir la force absolue de son désir. Balbutiant des paroles incessantes, il lui baisa de nouveau les lèvres, puis les seins et poursuivit sa route plus bas.

Quand il glissa le visage entre ses cuisses pour l’embrasser, Sakura crut de nouveau défaillir.

-        Sasuke !

Il s’empara alors de ses mains et les immobilisa.

-        Non. Laisse-moi.

Sakura abandonna. Elle ne chercha même pas à l’arrêter, tout comme elle renonça à faire taire les sensations formidables qui, de nouveau, jaillissaient en elle… Et pour la seconde fois, cela arriva. Les yeux fermés, tout entière concentrée sur ce plaisir qui montait en elle, Sakura se sentit enfin exploser.

Cette fois, Sasuke n’attendit pas qu’elle revienne à elle. D’un mouvement vif, il s’insinua aisément en elle. Les pensées de Sakura, alors, se brouillèrent. Seule comptait la présence de Sasuke en elle. Toujours plus profonde, plus brûlante…

Alors, une troisième fois, Sakura chavira.