L'heure est à la sincérité...

par Shitema

Chapitre 26 : L’heure est à la sincérité…

 

-« Alors ? »

En s’inclinant légèrement, elle lui répondit humblement.

-« Cela a été fait selon tes désirs. »

 L’homme n’afficha aucunes émotions, et sans se retourner vers elle, murmura :

-« Bon travail… Konan… »

Sauf que ce qu’il ne soupçonnait pas, c’est que l’élimination de Karin ne serait qu’une action complètement inutile.

En effet, Ibiki était particulièrement doué dans son domaine…

 


 

Ibiki Morino était excellent dans son domaine,  la récolte d’information, cela personne ne pouvait le nier. Mais en cette matinée ensoleillée, il ne s’attendait pas, en effectuant sa ronde des cellules des prisonniers, à trouver sa dernière « victime » morte égorgée. Une fois l’étonnement passé, il se décida à aller prévenir L’Hokage et il en profiterait pour lui communiquer les dernières informations qu’il avait pu arracher à sa défunte prisonnière.

Heureusement qu’il l’avait interrogée la veille, sinon les informations auraient été définitivement perdues. Cette femme ne méritait tout de même par une mort aussi sanglante et douloureuse, elle avait longtemps résistée face au Morino. Pour cela, il l’avait respecté, même si cela fut court.

Il sortit donc sans précipitation de la prison du village, et se dirigea vers le bureau de la Godaime.

Il fallait qu’elle sache qu’un personne s’était probablement introduite dans le village avec la mission d’éliminer leur toute nouvelle prisonnière. Restait à savoir qui avait bien pu faire cela…

Mais cela n’était pas de son ressort, il allait juste lui exposer toutes les informations portées à sa connaissance, elle seule prendrait les décisions qui s’imposent.

 

***

 

Une dizaine de minutes plus tard, le Morino se tenait face au chef du village. Elle allait être mise au courant de ce qu’il avait pu apprendre de Karin avant que celle-ci ne succombe mystérieusement.

 

-« Cela a été assez difficile de lui soutirer ces informations, mais j’y suis quand même parvenu. Elle ne connaissait pas les détails des objectifs de l’Akatsuki, mais en revanche elle détenait des informations plutôt intéressantes. »

 

-« Lesquelles ? »

 

-« Sasuke Uchiwa aurait quitté l’organisation. Et celle-ci aurait prévu d’attaquer Konoha afin de récupérer le démon renard, dans un délai de quatre mois environ. »

 

La Godaime prit un air très soucieux. Ce n’était pas vraiment des nouvelles très réjouissantes que lui rapportait son expert en interrogatoire. Seulement quatre mois pour se préparer à une attaque de cette envergure, cela allait être vraiment difficile, voire impossible. Mais étant le chef de ce village, elle ne pouvait pas se laisser aller, elle fallait qu’elle agisse au plus vite. Si elle se laissait envahir par la crainte, alors le village était définitivement fichu. Tout reposait sur ses épaules : La sécurité des habitants, la sauvegarde de sa cité, et la mise aux arrêts de ces criminels… Parfois, elle n’aimait vraiment pas son rôle d’Hokage…

Quant à ce qu’Ibiki avait dit sur le sort du plus jeune des Uchiwa… Elle ne savait pas quoi en penser. Alors il avait quitté ces malfaiteurs ? C’était assez inattendu à vrai dire, elle ne s’y attendait vraiment pas. Mais alors, que devenait-il ? Quel but avait-il décidé de poursuivre désormais ? Aucunes réponses ne lui venaient à l’esprit. Mais après tout elle avait plus urgent à penser. L’ainé des Uchiwa passait bien après la sécurité du village. Elle aurait tout le temps d’y penser plus tard.

C’est alors qu’une pensée lui vint à l’esprit… Que dirait Naruto s’il apprenait que son meilleur ami avait déserté le camp des criminels ? Il partirait probablement rapidement à sa recherche, poussé par le désir de le ramener au village… Mais le problème, ce que Konoha avait trop besoin de lui en ce moment, il ne pouvait partir poursuivre ses buts personnels. Tsunade prit alors une lourde décision… Peut-être lui en voudrait-il, mais elle savait qu’elle agissait pour le bien de chacun…

Elle ne lui dirait absolument rien.

C’était l’unique solution qui s’imposait à son esprit. Il ne fallait pas que le réceptacle de Kyubi ne se laisse déborder par ses sentiments vis-à-vis de l’Uchiwa, il fallait qu’il ait les idées claires et concentrées sur leur seul objectif… La protection du village.

 

-« Ibiki, je souhaiterais que tu ne dises rien à Naruto en ce qui concerne Sasuke Uchiwa. Jusqu’à nouvel ordre, tout du moins. »

 

-« Très bien, je ne lui dirais rien. »

 

Elle hocha légèrement la tête, celle-ci posée sur ses mains liées, plus sérieuse que jamais auparavant. Ibiki prit cela comme une permission pour quitter le bureau. Il salua respectueusement sa supérieure, comme tout bon ninja, puis disparut par la porte, s’apprêtant à retourner à son poste.

 

-« Shizune… J’aimerais que tu demandes au Kazekage de venir dans mon bureau. Il faut que je m’entretienne avec lui. Et va aussi me chercher Shikamaru Nara, je vais avoir besoin de ses compétences. »

 

Devant le ton réfléchi de Tsunade, Shizune réalisa alors que la situation semblait vraiment critique si même la blonde ne prenait même plus le temps pour une pause ou un bon verre de saké. Elle exécuta donc les ordres, anxieuse.

 

***

 

Quelques heures plus tard, dans le même bureau de l’Hokage, la Godaime s’entretenait en privé avec le représentant de la nation du vent, Gaara.

Bien entendu, seule Shizune avait été disposée à assister à cette réunion. Même Kankurô avait été empêché d’y aller pour assurer la protection de son frère, celui-ci lui en donnant l’ordre. Seul le Kazekage avait acceptée que sa sœur ainée ne l’attende à l’extérieur du bureau, juste au cas-où. Elle préférait être près de son frère. Après tout, elle était là pour cela, et uniquement pour cette tache. Et elle prenait sa fonction de kunoichi très au sérieuse, aucune bavure n’allait apparaitre à son état de service, elle y veillerait.

Elle patientait donc devant la porte du bureau, assise sur un fauteuil prévu à cet effet, attendant que la réunion entre les deux dirigeants ne s’achève. De quoi pouvaient-ils bien discuter depuis tant de temps ? Elle commençait à perdre patience. La patience n’était pas sa qualité principale, loin de là. Elle qui aimait tant être active, restée assise dans un couloir triste à regarder le peu de personnes défiler, ne l’enchantait guère. Mais elle faisait ça pour son frère. Alors elle mettrait son sang-froid à contribution.

Deux réunions en deux jours, cela ne présageait rien de bon. Elle sentait que quelque chose de grave se profilait, et elle n’aimait vraiment pas ce sentiment de menace qui ne la quittait plus depuis quelques temps. Depuis l’annonce des mesures prises par les deux villages alliés, ainsi que de leur situation plus que précaire, elle ne se sentait pas tranquillisée. Ni même en sécurité.

Elle avait un mauvais pressentiment…

Et elle avait appris avec le temps à toujours les prendre au sérieux…

Son instinct ne la trompait que dans de rares cas.

 

***

 

Le jeune héritier Nara marchait tranquillement dans les rues du village sous ce merveilleux soleil d’après-midi.

Que pouvait donc bien lui vouloir la Godaime en le convoquant ainsi ?

Il soupira.

Il était si bien sur son toit préféré, jusqu’à ce que Shizune ne l’interrompe brutalement dans sa contemplation du ciel. Quelle plaie. Etre obliger de se lever de sa douce léthargie pour aller affronter le vieux dragon qui leur servait d’Hokage… Mais malgré qu’il prenne tout cela à la légère, une petite voix dans sa tête lui soufflait que quelque chose n’aller pas. Et les petites voix dans sa tête, instinct si vous voulez, il les écoutait attentivement la majorité du temps. Enfin, je dis bien la majorité du temps. Parfois il aurait mieux fait de les écouter plutôt que d’écouter ses pulsions primaires… S’il n’avait pas été aussi irrationnel, il ne se retrouverait pas dans cette situation avec la princesse des sables… Quelle galère celle-là aussi…

Il soupira plus lourdement.

Il avait pourtant beau la critiquer, lorsqu’il se retrouvait face à elle, son petit monde étriquer semblait s’illuminer. Et c’était loin de lui être désagréable.

Maintenant, il fallait juste trouver une de ses brillantes idées pour que la Sabaku ne daigne lui parler à nouveau comme avant, qu’ils puissent s’expliquer sincèrement, entre quatre yeux. Faire tomber définitivement leurs masques. S’expliquer enfin. Mettre leur situation au clair. Il avait plus qu’envie qu’elle comprenne que ce qu’il avait fait dans cette forêt n’était pas simplement dû à un instinct primaire, mais bel et bien une preuve de l’amour, et une conséquence de la frustration qu’il ressentait depuis si longtemps.

Il sentait que cela serait bien plus facile à dire qu’à faire…

C’est qu’elle était têtue la Sabaku quand elle s’était rentrée une idée en tête…

 

***

 

Quelques minutes plus tard, après autant de bâillements à s’en décrocher la mâchoire, le Nara arrivait finalement au palais de l’Hokage.

Il marchait tranquillement dans le couloir lorsqu’il aperçut une personne qui était déjà assise devant le bureau de Tsunade. Il la reconnut immédiatement. Il aurait pu reconnaitre ces cheveux blonds entres milles. Son cœur sembla acquiescer à sa déduction puisqu’il commença à battre précipitamment dans sa poitrine. Cette femme galère allait finir par le tuer un jour…

Se doutant qu’il ne pourrait de toute manière pas l’éviter, et sentant que c’était sa chance d’enfin lui parler, il reprit sa marche vers elle. Elle ne semblait pas l’avoir encore remarqué.

En la regardant, il la trouva vraiment belle ainsi assise la tête penchée en arrière contre le mur, les yeux fermés. Elle respirait la sérénité et la douceur. Sous ces airs de garçon manqué, il savait parfaitement qu’en réalité elle était comme toute femme. Dotée de douceur, d’un charme fou, d’une joie de vivre qui vous fait voir la vie plus belle, et son sourire… Combien de fois s’était-il surpris à sourire bêtement lorsqu’elle lui adressait ce fameux sourire si enjoué ? Il se trouvait un peu ridicule. Elle le manipulait à sa guise, et lui il se laissait sottement faire… Il n’y pouvait rien, c’était comme ça après tout. Pourquoi chercher à lui résister ? Cela lui demandait bien trop d’efforts.

Il se rapprochait toujours. Elle ne l’avait toujours pas vu, perdue dans ses pensées.

Il prit une posture décontractée, les mains dans les poches, et s’éclaircit un peu la gorge. Il voulait être un minimum présentable tout de même. Il s’approchait toujours mais à quelques mètres d’elle, une personne lui barra le passage.

 

*Oh non, manquait plus qu’elle… * Pensa le jeune Nara, blasé.

 

Shiho.

 

La jeune casseuse de codes de Konoha se tenait face à lui, portant toujours ces énormes lunettes et ces vêtements peu gracieux. Elle se triturait les mains, et baissait un peu la tête, gênée. Cependant elle était heureuse de se retrouver face à l’homme dont elle était tombée amoureuse des années auparavant.

 

-« Bon-Bonjour Shikamaru… » Le salua t-elle d’une voix légèrement chevrotante.

 

Shikamaru ne semblait pas particulièrement partager sa joie, mais il n’était pas du genre à se conduire comme un goujat avec les femmes. C’est pour cela qu’il se décida à se montrer poli envers elle, mais sans pour autant lui laisser trop d’espoir sur une possible relation amicale, ou plus… Il en frissonnait rien qu’à y penser.

 

*Je suis foutu. Il faut que j’arrive à me libérer d’elle… *

 

-« Quelle surprise. Bonjour Shiho. »

 

Le brun vit du coin de l’œil que leurs échanges de voix avaient sortis la princesse des sables de sa rêverie. Elle avait désormais les yeux grands ouverts, et les fixait d’une façon qu’elle pensait discrète. Un sourire en coin, amusé, prit place sur les lèvres de Shikamaru en voyant la réaction de Temari. Elle avait beau jouer l’indifférence, on pourrait dire que la jalousie faisait partie de son vocabulaire. Ou la possessivité, au choix.

Il s’aperçut trop tard que ce micro sourire avait été bien mal interprété par Shiho. Celle-ci avait atrocement rougie, et avait d’autant plus baissé la tête. Oups, elle allait se faire des idées, il avait fait une énorme gaffe. Une double gaffe plutôt, puisque Temari avait trop vite détourné le regard pour que cela soit naturel. Elle s’était renfrognée, même si elle tentait de faire comme si cela ne l’atteignait pas, qu’elle s’en contrefichait royalement. Elle était bien mauvaise comédienne dis donc, remarqua le manipulateur d’ombres. Cela le fit davantage sourire.

Ne songeant décemment plus à la femme qui se tenait face à lui, il fixait Temari du regard par-dessus l’épaule de Shiho, oubliant toutes les autres personnes qui pouvaient bien l’entourer. Jamais rien ne comptait lorsqu’elle était dans son champ de vision. Seule elle et ses magnifiques yeux verts…

Il reporta, bien malgré lui, son attention sur Shiho lorsque la demoiselle commença à vouloir communiquer en bafouillant quelque peu.

 

-« Hum… Tu… Sh… Tu… Acc-Accepterais… de… hum… Tu sais… Diner avec moi… ? »

 

Shikamaru posa son regard sur elle, un peu absent. En vérité, il n’avait rien écouté à ce qu’elle venait de lui dire. C’était involontaire bien sûr. Mais il ne semblait pas se préoccuper de la spécialiste en décodage. Cela avait toujours été le cas bien entendu. Il avait parfaitement compris que depuis leur première rencontre lorsqu’ils leur avaient fallu collaborer sur un quelconque projet, qu’elle était tombée sur son charme. Quoiqu’il n’avait jamais rien fait pour, d’ailleurs…

 

-« Excuses-moi Shiho, mais je dois voir quelqu’un. C’était sympa de te revoir. A la prochaine. » Dit-il avant de commencer à rejoindre la blonde.

 

Shiho le regardait un peu perdue… Et son rendez-vous alors ?!

Mais elle finit par partir vers le boulot qui l’attendait surement de pied ferme. Elle n’était même pas outrée de l’attitude de Shikamaru, il avait toujours été ainsi. Tout du moins avec elle.

 

Shikamaru s’approcha de Temari jusqu’à se poster à coté d’elle. Ne la voyant montrer aucun signe encourageant, il s’assit sur le fauteuil à ses cotés. Et là, un long silence s’installa. Un silence plus gênant qu’autre chose. Après tout, c’était la première fois qu’ils se retrouvaient seuls tous les deux depuis cette nuit dans la forêt. Que devait-elle faire ? Pourquoi son cœur devait-il battre ainsi ?! Ce genre de silence ne la mettait jamais en confiance, bien au contraire. Elle les détestait. Et la présence du brun si près d’elle ne l’aidait en rien.

Et lui dans tout ça, il ne savait pas s’il devait ou non aborder le sujet ou bien parler de la pluie et du beau-temps. Mais laisser cette situation de doute s’installer n’était pas la meilleure des choses à faire. C’est pour cela qu’il tourna son regard soucieux vers elle, et qu’il se décida à aborder enfin le sujet épineux.

 

-« Temari, tu sais… »

 

-« Non, ne dis rien s’il te plait. »

 

Shikamaru la regarda fixement, cherchant à lui faire comprendre qu’il tenait plus que tout à lui expliquer. Lui dire que ce n’avait pas été un jeu pour lui. Non. Qu’il était plus que sérieux pour une unique fois dans sa vie.

 

-« S’il te plait, écoute-moi. » Lui répondit-il, avec une voix suppliante.

 

La Sabaku faisait tout pour ne pas le fixer dans les yeux. Elle savait qu’à la vue de ces prunelles sombres, elle craquerait. Et il ne le fallait pas, pas tout de suite. Alors, elle regardait droit devant elle, fuyant le moindre contact avec lui.

Voyant qu’elle ne lui répondrait vraisemblablement pas, le brun se décida à lui exposer sa façon de voir les choses, même si elle ne souhaitait pas les entendre.

 

-« Dans tout ce que je t’ai dis, j’étais sérieux. Ce n’était pas un jeu pour moi. Je ne t’ai pas menti… » Lui dit-il en se penchant sur son accoudoir pour se rapprocher d’elle.

 

Elle ne voulait pas entendre cela. Elle ne savait plus du tout où elle en était. Elle voulait fuir, ne plus avoir à subir la brulure de ce regard sur elle. Son cœur battait vite, trop vite. Elle souhaitait simplement être seule en cet instant, avoir la liberté de réfléchir clairement à toute cette histoire. Comment leur relation avait-elle pu déraper autant… ? Mais n’étais-ce pas ce dont elle rêvait au fond d’elle ? L’entendre, cet homme, prononcé une telle déclaration ? C’est plutôt cette constatation qui lui fit peur.

N’ayant pas l’impression qu’elle ait saisit tous les signaux cachés qu’il lui envoyait, il dût se résoudre à mettre son égo de coté, et à enfin lui avouer la vérité qu’il taisait depuis si longtemps…

Son regard sombre se fit incertain, tendre. C’était son cœur qui parlait, et non plus sa tête. Il était grand temps qu’elle sache.

 

-« Je…, hésita t-il, Temari, je n’ai jamais voulu jouer avec toi, non. Alors pardonne-moi. Je sais que je me suis peut-être un peu laissé emporter cette nuit-là, mais admets au moins que si tu ne l’avais pas voulu, tu m’aurais immédiatement repoussé… Tu ne peux pas me regarder dans les yeux et me dire que ce n’était qu’un accident… Moi, je sais que ce n’en était pas un… »

 

A ces paroles si honnêtes et inattendues, la belle de Suna avait inconsciemment toujours son regard vers celui de son interlocuteur. Elle était effarée par la sincérité dont il faisait preuve en cet instant, et la lueur particulière qu’elle n’avait jamais vu briller dans ses yeux. Elle voulait croire en ces paroles, croire qu’il n’était pas comme tous ces hommes méprisants et vicieux. Croire qu’il pouvait être l’homme qu’il lui fallait, celui pour qui elle pourrait tout abandonner, à qui elle pouvait en toute confiance se donner corps et âme. Elle voulait vraiment qu’il la laisse y croire…

Enfermés dans leur bulle, le Nara se sentait comme perdu dans un océan de vert, égaré au fond des yeux de la jeune femme. Celle-ci l’était également dans les yeux de son vis-à-vis. Peu à peu, leurs visages se rapprochaient inconsciemment et dangereusement, leurs cœurs battants à l’unisson, voulant retrouvés la force de la passion qui les avait consumés entièrement cette fameuse nuit de pleine lune…

 

-« Temari… » Murmura le brun dans un doux soupir.

 

Quelques millimètres les séparaient encore, chacun ayant les yeux à demi-fermés, prêts à savourer pleinement ce moment. Il voulait tant retrouver la saveur de ces baisers. Elle, voulant retrouver la fougue et la passion qui se saisissaient d’eux inconsciemment lorsque leurs êtres étaient en contact.

 

Le bruit d’une poignée de porte les fit revenir brutalement à la réalité.

Tous deux sursautèrent et se redressèrent, essayant d’éviter d’être pris sur le fait, dans une situation embarrassante. Mais heureusement personne ne sembla remarquer leur position précédente. Gaara sortit dignement du bureau de la Godaime, commençant à se diriger vers la sortie comme s’il n’avait pas remarqué sa sœur. A cela, Temari se releva précipitamment, presque terrifiée, et courut rejoindre au plus vite son frère, désirant mettre le plus de distance possible entre la tête d’ananas et elle.

Celui-ci n’avait pas bougé de son fauteuil et fixait le couloir par lequel Temari s’était échappée. Pourquoi le fuyait-elle ? Il n’y a même pas trente secondes, ils avaient été sur le point de s’embrasser… Alors pourquoi faisait-elle cela ?

Les sentiments de la kunoichi ne pouvaient tromper ses yeux experts. Elle l’aimait autant que lui pouvait l’aimer. Alors, pourquoi se refusait-elle à s’abandonner… ?

Se levant, il entra, d’un pas encore plus lent que d’ordinaire, dans l’antre de Tsunade.

 

Décidément, il ne comprendrait jamais rien aux femmes…

 

***

 

Un peu plus tard, le crépuscule tombait déjà sur le village.

Naruto sortait tout juste d’une entrevue qu’il avait eu avec Tsunade. Entrevue à laquelle chacun de ses amis avaient été conviés d’ailleurs. Elle leur avait exposé les nouvelles informations qu’Ibiki avait obtenues de Karin. Il ne préférait même pas savoir comment…

Pendant son « discours », elle ne précisa pas, comme prévu, la désertion de Sasuke de l’Akatsuki. Mais elle n’oublia pas de dire qu’ils avaient prévu d’attaquer Konoha dans quatre mois dans le but de capturer Kyubi.

L’atmosphère de la pièce avait immédiatement changée. L’Akatsuki allait mettre à sac tout le village, uniquement pour cette saleté de démon ? Il ne laisserait jamais faire ça, ça c’était sur.

Vu qu’aucunes des personnes n’osaient parler, et qu’elle n’avait plus rien d’autre à leur annoncer, elle les congédia.

Naruto était sorti le premier, ne voulant pas supporter les regards remplis de compassion de ses plus proches amis. C’était la dernière chose qu’il souhaitait voir. Se sentant trop amer pour rentrer tout de suite chez lui, il prit la direction de son lieu de prédilection : la falaise des Hokage.

 

Il ne vit pas cependant qu’une jeune héritière l’avait vu partir et avait, sur une impulsion, décidé de le suivre…