Sanglante nuit

par Hinata-et-Compagnie

Le silence. C'était un peu comme le calme avant la tempête. L'océan qui se retire pour revenir ensuite encore plus fort. Un tsunami. Ce que le village vivait en ce moment était comparable à cette catastrophe naturel à la force incommensurable. Tout était si beau, si calme. La vie était agréable et le temps assez clément en ce début d'hiver. Alors, ce revirement de situation, c'était assommant. Minato n'en revenait pas. Il n'avait entendu qu'un cri, un hurlement de détresse. Tout avait commençait de là. Ce moment où il s'était précipité à la rescousse de cet homme, oubliant sa propre sécurité et essayant d'ignorer l'image de sa famille qui l'attendait au chaud dans leur petite maison de bois.
Arrivait aux portes du village, au Nord, le Namikaze était en proie à d’incontrôlable tremblement de colère. Ren, le gentil garde de nuit n'était plus. Un corps sans vie était allongé sur le sol sous une flaque importante de sang, laissant le passage ouvert aux intrus. Sous cette lumière faible qu'offrait la lune, Minato ne voyait pas bien loin. Mais les nombreuses traces de pas sur la terre était plus qu'éloquente. Ils étaient déjà rentrés.


Prenant soin de fermer les yeux de son ami, le blond lui promettait silencieusement de venger sa mort tout en pensant à la famille qu'il laissait derrière lui. Un instant d'égoïsme lui traversait l'esprit, se faisant la réflexion que cela aurait pu être lui.

Suite à cela, Minato partait le plus vite possible sonner au petit clocher de l'église du village. Le son de la cloche alerterait tout le monde, les prévenants du danger et réveillerait les hommes. Pour ne pas se faire avoir, et ne sachant pas la nature des attaquants ni même leur nombre, il prenait les ruelles les plus discrètes se cachant parfois afin d'examiner. Et c'est accroupi derrière un baril vide, qu'il pouvait apercevoir pour la première fois de sa vie un humanoïde aussi moche et petit. Son grand nez était fourchu, sa peau était grise et ses mains grandes aux ongles noirs et aiguisés. Il portait des loques. Un vieux débardeur plein de sueur et un pagne en guise de pantalon. Le petit monstre surveillait la ruelle suivante de ses yeux noirs dépourvus de pupilles. Il lâchait de temps en temps quelques grognement qui laissaient entrevoir des dents ravagés et pointues. Entre ses mains une lance confectionnait de façon primitive le protégé d'une éventuelle attaque.


Minato, en homme sage, préférait l'éviter et le contourner. C'est donc accroupi et en serrant la mâchoire de frustration qu'il faisait demi-tour. Il trouverait bien une autre ruelle à emprunter, même si cela lui prendrait plus de temps. Poussant sur ses jambes, les mollets bien chauds, le blond essayait de faire son possible. Il avait peur qu'une éventuelle victime ne s'ajoute sur le tableau de chasse. Il ne se le pardonnerait pas, dans ce petit village chaleureux chaque vie était précieusement et tout le monde se connaissait. Il y aurait toujours des pleurant et des pleurés.

Cependant, au détour d'un croisement, le père de famille tombait nez à nez sur une de ces étranges créatures. La bête, prise de surprise laissait échappé un cri gras tout en postillonnant son halène putride sur lui, et dans un geste de réflexe mécanique, il prenait sa dague fétiche d'un mouvement rapide et tranchait net la gorge du hideux. Du sang giclait sur le sol terreux et sur son manteau. Le bruit du liquide chaud sortant du corps encore chaud se faisait entendre ainsi que des bruits de pas non loin de lui.



Ne prenant même pas le temps de nettoyer sa dague colorée d'hémoglobines, Minato se mettait à courir le plus vite possible à travers le village. De là où il était, il avait vu sur la petite église et plus il s'en rapprochait et plus son cœur battait plus fort. Toujours son arme en main, il n'hésitait à trancher la chair face à l'ennemi dans le passage, transperçant les cœurs et les poumons.

Ses forces commençait à l'abandonner, quand, comme un coup de pouce venant du ciel, la cloche si lourde se mit à vibrer sous les coups. Quelqu'un d'autre avait la même reflexion, quelqu'un d'autre avait vu l'envahisseur et de suite, les cris horrifiés commençaient à se faire entendre dans le village. Tout ces éclats de voix brisaient le silence de la nuit dans une frigorifiante mélodie macabre. La chair de poule glissait sur la peau du blondinet tandis qu'il pensait à son foyer. Il devait les rejoindre, passer cette horde de petits monstres armés pour sauver les siens. Il savait sa femme et son enfant fort mais … Il se devait d’être avec eux. Alors qu'il allait changer de direction, il observait au loin cette personne qui sans le vouloir lui avait volé la vedette et était surpris de constater qu'il s’agissait d'un des fils de Fukaku. Devait-il lui venir en aide ? Avoir alerté le village et sonné la cloche avait ramené pas mal de monde aux alentours. Le jeune ne s'en sortirait pas seul, surtout si l'ennemi l'avait dans sa ligne de mir, plein de haine.

Soupirant, il suivait la raison au détriment de son cœur, et grimpait la colline de l'église.

Poussant la lourde porte avec son épaule, Minato entrait dans ce lieu sain les mains couvertes de sang et courrait afin de monter les escaliers quatre à quatre. Le souffle court il arrivait face à une scène pour le moins des plus choquantes.


Itachi, le fils ainé Uchiwa tenait son père en respect par le col de son manteau une main sur son épée avant de lui trancher la gorge avec lenteur et haine. Les yeux de celui-ci ne montraient aucune tristesse, aucune compassion, ni même de regret. Le sang coulé à flot sur le parquet et glissait entre les planches. Dans cette nuit très froide, la chaleur du liquide s'évaporait dans les airs et donnait un visage encore plus fantomatique à l'adolescent, il y a peu encore enfant. Gravées sur le visage du défunt, des larmes de tristesses s'étalaient sur la peau déjà blanche arrachant le cœur du blond qui voulait bondir sur le brun.


Dans des gestes calculés, Itachi esquivait toutes les attaques de Minato avant de finalement prendre la parole.



Le ton si fatigué et faible de Itachi avait calmé les hardeurs du blond. Un peu perplexe suite à cette révélation, il relâchait sa garde tout en gardant de vue le jeune homme. Essayant de comprendre la situation, il se pinçait l’arête du nez en fronçant les sourcils.



Et cela avait était l'effet d'une bombe. N'en revenant pas, Minato se laissait quelques secondes pour digérer l'information et laisser planer son regard dans le vague. Comment un membre si important du village et de la sécurité avait-il pu faire cela ? Comment n'avaient-ils rien vu, lui et ses congénères ? Comment pouvait-il vendre des informations relevant de la sécurité quand ses enfants étaient eux aussi touchés par cet acte irresponsable et vénal ? Il lui fallait s'assoir, là tout de suite. Seulement, la situation ne lui permettait pas et dans un regard sombre, il s'adressait une nouvelle fois au garçon en entendant des bruits venant de l'étage d'en dessous.



Comme pour lui faire comprendre qu'il lui faisait pour le restant de la soirée confiance, Minato decidait de faire équipe avec le jeune homme et lui tendant un autre poignard. Selon lui, une grande épée dans un si petit lieu n'était pas la meilleur solution. C'est donc en binome qu'ils descendaient les escaliers avec prudence, grinçant des dents à chaque craquement de la part des planches. Les gobelins avaient pris possession de l'église et étaient une petite dizaine. Rien d'impossible pour eux deux, grands combattants, mais tout de même dangereux.


Il ne leur avait fallu que d'une œillade pour s'entendre et d'un seul homme, ils s’élançaient à la défense de leur village, faisait leur propre justice. Ce qui revenait à dire la mort, même dans ce lieu saint.


La nuit fût très longue et éreintante. Beaucoup de blessés étaient à déplorer et quelques morts à enterrer. Les dommages auraient pu être plus grands mais grâce au courage des hommes du village et a la vigilance des familles, c'est avec un cœur moins lourd qu'il n'y pensé que Minato s'écroulait de fatigue à même le sol. Ses vêtements étaient bon à jeter, tant les taches s'étaient imprégnés mais surtout tant l'odeur du fer était présente. Son épouse ne voudrait jamais le laisser rentrer ainsi vêtu.

Itachi, qui ne l'avait pas quitté de toute la nuit, se permettait de faire la même chose à ses cotés. Son épée rempli de sang n'était plus vraiment utilisable, du moins pour l'instant. Sans réfléchir, il s'attelait à la tache de l'essuyer sur son pantalon, l'esprit loin.


Sarutobi Hiruzen, en vieille homme brave, avait tenue a cœur défendre ses sujets mettant ainsi sa vie déjà fébrile en danger. Ils n'avaient de ce fait, pas encore eu de moment pour converser avec lui de la trahison du père Uchiwa. Néanmoins, le jour s'étant levé depuis un moment, il fallait maintenant faire ce fâcheux rapport. Dans un soupir de fatigue et de désespoir, Minato se levait, invitant Itachi à en faire de même.



Le visage si angélique du brun ne laissait une fois de plus rien paraître. Son regard mystérieux et sa démarche droite et implacable laissait pensé que pour lui, tout cela, tout ce massacre n'était rien de plus qu'une insignifiante anecdote. Un vieux souvenir dont l'évocation ne le faisait même sourcilier. Itachi était un homme, aux premiers abords, dépourvu de sentiments. Du moins, c'est ce que la plupart des habitants de ce patelin pensaient. Il en était pourtant tout autre. Oui, Minato savait que derrière se masque de glace se cachait un adolescent au grand cœur, qui aimait les siens et possédait une main chaleureuse.


Sans un mot de plus, le jeune Uchiwa suivait le blond sur plusieurs rues avant de finalement s’arrêter devant ce qui était la maison de leur chef. La battisse était solide, aussi pas une seule égratignure n'était visible de l’extérieur même en cette période de trouble. Elle était, dans un sens, comme le vieux croulant qui les dirigeait ; à la volonté de fer.


Toquant à la porte en bois armé, Minato n'avait pas eu longtemps à attendre avant que la sublime Tsunade ne lui ouvre la porte. Son visage montrait son anxiété et sa fatigue dû à la nuit courte. A son cou pendait un joli pendentif où une pierre bleu turquoise y était accroché. Elle ne quittait jamais ce grigri et parfois même aimait le tenir dans ses mains, avait constaté le père de famille.



Suite à cela, la blonde laissait entrer les deux messieurs tout en leur indiquant l'endroit fétiche de son mari ; en face de la cheminée. A croire que c'était ce qui lui apportait le plus de réponses ces jours. Face à eux, l'homme le plus agé mais aussi le plus respecté du village n'avait toujours pas enlevé sa tenue de combat. Celle-ci était sale, pleine de poussière et de sang séché. Un morceau de cotte de maille arrachée pendait d'un coté tandis que de l'autre de grandes griffures s’exhibaient. A n'en pas douter, malgré ses soucis de santés, le vieux bouc ne se laissait toujours pas faire. Et cela faisait sourire le blond, content de le retrouver en un morceau.


S'en suivie des salutations chaleureuse, oubliant les bonnes manières en ce jour quelque peu spéciale et macabre.



Comme un coup de poignard. Hiruzen, bien qu'il ai été toujours méfiant envers Fukuka, se sentie trahi et profondément blessé. Il venait de recevoir un coup de poignard dans le dos. Il avait placé une très grande partie de la sécurité du village entre les mains de cet homme et avait mis les habitants en danger. Une profonde tristesse prenait place sur son visage et il dû s’asseoir pour mieux encaisser la chose. Une main venait cacher ses yeux quelques secondes et de profondes inspirations soulevaient son corps.

Le plus sage se remémorait différents souvenir en compagnie de cet homme bien que sombre tout de même très serviable et fidèle. Il l'avait vu grandir et devenir fort, il l'avait vu se marier pour l'avoir uni à son épouse lors d'une cérémonie, de même qu'il l'avait vu pour la première et deuxième fois devenir père.

Hiruzen se levait de son siège, le visage complément changé. Le temps n'était pas au deuil, il lui fallait se reprendre et assumer son rôle. La flemme au fond des yeux, il regardait le plus jeune de la pièce afin d'avoir la suite des faits.



Minato, qui n'était pas au courant de tout les détails écoutait attentivement, le visage sombre. Sarutobi en faisait de même tout en hochant parfois la tête, signe qu'il comprenait et l’incité à continuer.



Le chef du village prenait son bouc en main, réfléchissant rapidement à la situation et à la solution qui devait suivre. Pour lui, il était hors de question de déserter leurs terres acquises au prix de durs labeurs. Il était aussi hors de questions de les offrir sur un plateau d'argent. Ils devaient s'armer et entraîner les plus jeunes. Faire des exercices de survies et une réunion d'urgence s'imposant avec les villageois. Ils avaient le droit d’être au courant de leur situation, des risques et mesures nécessaire. Avec un peu de chance, la prochaine attaque ne sera pas d'ici tôt, nombreuses créatures ont péris cette nuit.



Sur des salutations chaleureuses et respectueuses, les vaillants mais fatigués hommes s'en allés pour rejoindre leur foyer respectifs, laissant ainsi le chef du village à ses songes. Pour lui, la nuit allait être une fois de plus courte car, en bon stratège, il lui fallait réfléchir et choisir à l'avance les mots adéquates pour l'entrevue demain. Il se doutait que les Hyuga attendaient sa venu, ils avaient toujours eu un sixieme sens que beaucoup de gens les enviers. Néanmoins il se tâtait, devait-il tout de même envoyer un faucon ? Peut-être cela serait-il plus courtois ? Mais et si le messager se faisait intercepter entre temps ? La distance était mince entre leurs deux peuples mais l'ennemi était à leur porte. Sarutobi en attrapé en mal de crane et se prenait la tête entre les mains tout en laissant échapper un juron. Tsunade, spectatrice du mal de son époux venait à son secours en l'aidant à se déshabiller. Depuis l'attaque, le vieille homme n'avait quitté son armure.


Demain serait un autre jour, et la blonde priait ses dieux afin qu'un miracle puisse venir en aide au petit village qu'ils étaient.


Minato, exténué, passait la porte de sa maisonnette lourdement. Ses muscles lui criaient de s'écrouler, sa tête lui disait de penser, et son cœur le pressait de retrouver les siens. Les muscles et le cœur se livraient une bataille féroce dans laquelle il était tenaillait. Et l'amour avait gagné par la simple vu de sa femme accourant dans ses bras à chaudes larmes. Elle avait du avoir peur de le perdre, tout comme lui avait eu peur pour leur sécurité. Son étreinte était désespérée et forte. Kushina avait passé ses bras autour du cou de Minato et le serrait fort tout contre elle, secouée par des sanglots de joie et de frustration. Le blond, le cœur comblé par autant d'amour dès son arrivé, passait ses mains dans le cru des reins de sa femme tout en la serrant fort elle aussi. Ils avaient besoin de ce contact, ressentir la présence de l'autre. L’accolade durait le temps qu'elle devait durer, c'est à dire autant qu'il fallait pour se rassurer l'un l'autre.


Un petit bruit venant du salon leur faisait comprendre qu'ils n'étaient plus seules. En effet, Naruto s'étaient réveillé au son des pleurs de sa mère et à la vue de son père afin rentré, les yeux pétillants de bonheur et de tristesse, le blondinet courant pour sauter dans les bras de son paternel. De ses deux petits bras, Naruto tenait sa mère et son père contre lui, faisant rire à gorges déployées les parents. Et quiconque était spectateur de cette étreinte penserait qu'il avait ici, la famille la plus unie et aimante du village, ce qui était probablement vrai.


Une vingtaine de maisons plus loin, le climat était tout autre. Itachi rentrait seul dans le manoir familial vide de présence. Hoshi leur domestique n'était pas présente pour l'accueillir, les bougies étaient éteintes et les volets fermés. L'atmosphère était lourde et le silence de plomb. Itachi avait rarement peur, mais cette fois ci dérobé à la règle. Tuer son père avait était dur, mais perdre sa mère et son adorable petit frère serait pire que tout. Il ne le supporterais pas. Quatre à quatre, il montait les marches, laissant des traces de boues sur son passage sur le magnifique tapis rouge de l'entrée ainsi que son le carrelage. Son amure, bien que très légère faisait du bruit à chacun de ses pas, et pour plus de sécurité, le brun laissait poser une main sur la garde de son épée.

Itachi n'appelait pas, il ne criait pas leurs noms car il se contenait. Ses recherches frénétiques, bien que voulant être discret, devenait de plus en plus bruyantes. Les portes claqués, ses points frappés de frustrations et au final les affaires et objets volaient en éclats contre les murs de son foyer.


Personne. Itachi ne retrouvait personne. Les derniers membres de sa famille avaient disparus, ne laissant aucuns indices à ce pauvre adolescent qui fouillait frénétiquement les différentes pièces de la grande maison.