Le leader

par Keysapocalypses

Debout dans la salle des professeurs se tenaient les vingts anciens élèves d'Iruka. Ce dernier, ainsi que Kurenaï, Kakashi, Asuma, Gaï et plusieurs autres avaient été présent lors de la demande collective. Une personne de marque était également présente, aujourd'hui: il s'agissait du directeur Sarutobi. Celui-ci était un vieil homme entre soixante et soixante-dix ans. Ridé par le temps, il avait de courts cheveux blancs et une barbichette de la même couleur. Son regard restait toutefois vif et perçant. Il avait dans la main un pipe allumée et restait près de la fenêtre (bâtiment non fumeur oblige), à coté d'Asuma qui en faisait autant avec sa cigarette. Le directeur avait donc écouté la requête des élèves.

- Si j'ai bien compris, résuma le vieil homme, vous désirez tous, sans exceptions, recevoir l'immunité face au Conflit. C'est bien ça ?

Naruto s'apprêta à dire quelque chose, mais fut vivement interrompu par Ino et Sakura qui avaient instinctivement mis une main chacune devant sa bouche

- Oui c'est ça ! confirma Kiba, bien que l'effort de prononcer ces mots fut évident, tant il souhaitait prendre part au Conflit. On ne se sent pas encore à la hauteur. Nous préférons ne pas nous précipiter.

- Hmmm... Sage décision ! Il n'y aurait aucun intérêt pour vous à vous retrouver à l'infirmerie dès votre second jour. Très bien ! Je laisserais un message sur la pancarte aux défis afin de signaler votre non-participation.

Kiba inspira profondément, pour ne pas commettre de boulette, puis répondit rapidement:

- Merci sensei !

Tous les élèves imitèrent le dresseur de chien puis sortirent de la classe, à l'exception de Naruto. Choji et Kiba le remarquèrent.

- Tu ne viens pas ? s'inquiéta le premier.

- Non... Pas tout de suite. J'ai quelque chose à faire avant.

- Ne va pas tout gâcher, prévint le maître d'Akamaru.

- T'inquiète !

- Justement.

- J'en ai pour deux minutes et j'arrive.

- On t'attend dehors, afin de nous en assurer.

Et ils sortirent à leur tour, laissant un Naruto pleurnichant sur le manque de confiance de ses camarades. Lorsque la porte se referma, Naruto se tourna vers le directeur.

- Aurais tu une question à me poser ?

- Eh bien oui. A vrai dire, il s'agissait...

Et il se baissa brusquement. Une masse noire passa au dessus de lui en criant avant de s'étaler au sol. Un garçon d'environ huit ou neuf ans se releva dans un "Yaah" bruyant, avant de se retourner vers Naruto. Il était le portrait miniature du directeur en beaucoup, beaucoup plus jeune. Ses cheveux étaient courts et châtains et il portait une immense écharpe dont les extrémités touchaient presque le sol. Avec un nouveau cri, l'enfant se jeta sur le blond, qui posa sa main sur le front du petit bagarreur, l'obligeant à stopper sa course. Dépité, le garnement faisait de grands mouvements avec ses bras pour tenter de frapper Naruto, sans succès.

- ... De lui, acheva le blond, à la fois amusé et fier de lui.

- Tu es vraiment fort Naruto-sensei, déclara le gamin. Mais je t'aurais la prochaine fois.

- Rêve !

- Konohamaru, soupira le directeur.

A l'appel de son nom, l'enfant se retourna vers le propriétaire de l'institut, incarnation de l'innocence.

- Oui grand-père ?

- Pourrais-tu éviter ce genre de comportement envers Naruto à l'avenir ? Depuis son entrée au collège, il est soumis à certaines règles qui lui interdisent de se battre avec toi, même pour jouer.

- Non, s'horrifia le primaire.

- Dommage, ironisa le blond avant de se baisser et de murmurer à l'oreille de Konohamaru: Mais on a le droit hors de l'école.

Le directeur soupira, il avait parfaitement entendu. Parfois, Naruto savait faire preuve de discernement... Pour faire des bêtises ! Le pire, c'est que cela n'allait pas à l'encontre des règles, il ne pouvait donc pas intervenir. Naruto s'adressa ensuite à son principal:

- Je n'ai plus de question. Puis-je y aller ?

- Oui, vas-y, et Konohamaru aussi. Tu sais qu'Ebisu te cherche partout ?

- Pas moyen qu'il me trouve, il est loin du niveau de Naruto-sensei.

Et les deux enfants sortirent. Une fois que leur bruit de pas cessèrent dans le couloir, le directeur Sarutobi parla:

- Que de rebondissements, cette année. N'est-ce pas Ibiki ?

- En effet ! confirma l’interpellé, un homme balafré au visage et dissimulant son crâne par un épais bandeau. Cela faisait presque trente ans qu'aucune classe n'avait comprit le véritable but des vingt-quatre heures. En fait, personne depuis que j'ai intégré l'institut.

- Oh, je suis sûr que si vous étiez arrivé deux ans plus tôt, il y aurait eu un précédent.

Le directeur avait dit ça en regardant les portraits de ses prédécesseurs et de lui même. Il y en avait quatre. De gauche à droite, il s'agissait du premier au dernier directeur. Sarutbi lui même était le troisième. Il avait prononcé cette phrase en observant d'un air songeur le dernier portrait, celui de son successeur malencontreusement décédé prématurément, dans des circonstances douteuses, l'obligeant à sortir de sa retraite. Il s'agissait d'un homme qui ressemblait étrangement à Naruto...

De retour dans la salle de classe, la discussion sur la suite des événements commença, enfin façon de parler. Sasuke et Shino étaient muets comme des carpes. Shikamaru dormait sur son bureau. Choji se contentait de manger un paquet de chips. Hinata était bien trop impressionné par les autres pour y placer son grain de sel. Quand aux autres élèves de la classe, ils semblaient peu enclins à participer à la conversation. En définitive, Seul Naruto, Sakura, Kiba et Ino tentaient de mettre en place quelque chose de concret.

- Pas moyen, s'écria Sakura. Ce ne sera pas toi, Naruto.

- Mais pourquoi ? s'exclama celui-ci. Si n'importe qui peut le faire, je peux bien y arriver.

- Mais tu n'es pas n'importe qui, pouffa Ino. Tu es le pire élève de notre promotion. Donc, désolé mais pas moyen.

- Il n'y a pas trente-six solutions, intervint Kiba. Si on veut mettre tout le monde d'accord, il suffit de faire un tournoi, le gagnant devient le leader.

- Procédé de brute pour désigner la pire brute de toutes, marmonna la rose. Bah, au point ou on en est...

- Bon alors c'est décidé, s'écria joyeusement Naruto. On fait un tournoi pour désigner le leader. Qui participe ?

Mais à la surprise générale, le silence s'installa. En dehors des neufs cas de la classe, personne ne voulait prendre la responsabilité de devenir leader de la classe.

- On sera donc neuf... dit Kiba. C'est pas si mal !

- Sept, rectifia Choji. Je ne suis pas intéressé. Et connaissant Shikamaru, il ne voudra jamais s'encombrer de responsabilités.

- Six... déclara Shino d'une voix monocorde, presque indifférente.

- Pas moyen que je traîne avec une bande de bons à rien ! soupira Sasuke, avant de dire tout haut: Ce sera sans moi.

- Euh, je cr-crois que je vvvais laisser ma place, articula difficilement Hinata en rougissant. "Je serais incapable de me battre face à Naruto, pensa-t-elle."

Le silence se réinstalla. Kiba regarda chaque élève, en finissant par les derniers en course.

- Quatre, laissa-t-il tomber, dépité.

Les deux filles se regardèrent avant de lever les mains devant elles.

- Eh doucement, notre objectif c'est le club de médecine, dit Ino très rapidement. On aurait jamais le temps de s'occuper de la classe. Désolé, mais ce sera sans nous.

- Absolument, confirma Sakura.

Et elles retournèrent s'asseoir, laissant les deux derniers concurents debout seuls, devant le bureau du professeur. Kiba, était mortifié. Un adversaire ! Sur dix-neuf opposant, une seule personne restait pour s'opposer à lui. Et quelle personne ? Naruto Uzumaki, le cancre insouciant de la classe ! Cela ne serait même pas considéré comme une vraie victoire. Il soupira en secouant la tête. Tant pis, il ferait avec.

- Super, s'exclama Naruto. Comme ça on n'y passera pas la journée. Le combat va être court.

"Je te le fais pas dire, pensa Kiba."

Ils réveillèrent Shikamaru qui leur expliqua de mauvaise grâce la procédure à suivre pour faire le combat sans perdre leur immunité.

- Ah oui, sachez aussi, bien que cela n'a pas vraiment de rapport, qu'un leader bénéficiant de l'immunité peut la transférer à n'importe lequel de ses hommes. Pas que cela risque de vous être utile, mais bon...

Et il retourna à sa sieste. Rapidement Kiba et Naruto se présentèrent une nouvelle fois devant la salle des professeurs. Après avoir signalé la demande de duel officiel entre les deux élèves à l'un des surveillants, celui-ci les conduisit dans une des arènes prévues à cet effet. Il se positionna au centre et fit un rappel des règles:

- Ceci est un duel officiel entre Kiba Inuzuka et Naruto Uzumaki. En tant que tel, moi, Hayate Gekkô, serait votre arbitre. Je serais libre de faire cesser le combat à n'importe quel moment, si je juge que cela devient trop dangereux. Mon jugement sera impartial et irrévocable. Le résultat de ce duel ne pourra donc, en conséquence, être contesté. Cela vous convient-il ?

- Oui sensei, clamèrent les deux opposants.

- Bien ! Mettez vous en place.

Ils s'exécutèrent. Des clameurs dans les gradins les firent tourner la tête. Leur classe était présente presque au complet. Il ne manquait que Sasuke. Retournant à leur adversaire, ils se tirent prêt.

- Commencez !

Et aussitôt, Kiba s'élança sur son adversaire. Il tenta d’agripper ses vêtements, mais Naruto esquiva et tenta une contre attaque. Kiba fit un bond en arrière et attira le regard du blond sur lui. Profitant de la distraction occasionnée, Akamaru sauta sur Naruto, le mordant profondément l'épaule gauche. L'inuzuka profita de ce moment pour attaquer, mais il frappa dans le vide. Il regarda devant, à gauche et à droite, mais il ne vit pas son opposant. Un aboiement étouffé le fit se retourner.

L'Uzumaki se tenait plusieurs mètres devant lui, accroupi et tentant de faire lacher prise au chien, tout en se frottant la main droite sur son pantalon. Kiba resta un court instant interdit. Comment le blond avait-il réussi à passer derrière lui sans qu'il s'en rende compte ? Dans les gradins, des murmures venaient commenter cette action:

- C'était quoi ça ? s'interrogea Ino.

- Galère, mais c'est qu'il se défend bien le bougre, bailla Shikamaru.

- ... affirma Shino.

- Je te le fais pas dire, dit choji. Ca se passe de commentaire.

- Naruto-kun est trop fort ! s'exclama Hinata, avant de rougir en se rendant compte qu'elle avait parlé à voix haute et que tout le monde la regardait.

- Mais ce qu'il a fait... commença Sakura.

- Il faut beaucoup de souplesse pour réaliser une telle figure, analysa shino, une souplesse sauvage !

Tout le monde se retourna vers lui, mais le combat se poursuivait et, pour ne rien en perdre, ils reportèrent leur regard dessus. Naruto s'était libéré de la morsure d'Akamaru et l'avait jeté sur Kiba. Puis, sans perdre de temps, il lui fonça dessus et plongea tête la première contre sa poitrine. Kiba, distrait ne vit pas le blond s'approcher et se prit le coup de plein fouet, l'éjectant violemment en arrière, le soufle coupé. Il s'écrasa sur le sol sablonneux, Akamaru dans les bras, tandis que le blond avait pris appui sur ses mains pour réaliser un salto avant et ainsi atterrir sur ses jambes, comme si de rien était. Il eut toutefois une grimace en santant ses paumes incrustés de petits cailloux et de sable. Il se les frotta négligemment sur ses vêtements en attendant que Kiba se relève. Ce qu'il fit avec difficulté, tant le souffle lui manquait. Naruto lui laissa le temps de reprendre son souffle, mais la douleur persistait, Kiba devait avoir plusieurs côtes fêlées.

Le dresseur de chien révisa son jugement sur le blond. Finalement, ce serait plus compliqué que prévu, pour ne pas dire carrément impossible dans son état actuel. Il avait sous-estimé son adversaire, il allait perdre le duel. Kiba se ressaisit, non, il lui restait encore un espoir. Laissant Akamaru faire une nouvelle attaque, il décida de distraire une nouvelle fois Naruto. Titubant plus que nécessaire, il s'éloigna du petit chien, et l'Uzumaki le suivit du regard, en s'approchant. Le blond avait cessé de sourire depuis le début du combat, trop concentré sur sa cible. Shino, n'avait pas tort, quelque chose de sauvage émanait de ses mouvements. Akamaru ne tarda pas à lancer une nouvelle offensive, mais le jeune Uzumaki ne s'y laissa pas prendre. En tournant sur lui même, il attrapa le petit chien d'une main, avant de le renvoyer une nouvelle fois sur le pauvre Kiba, qui le réceptionna tant bien que mal avant de le poser par-terre.

Naruto lui fonça dessus une nouvelle fois. L'Inuzuka sourit, cette fois, il pourrait le frapper. Personne ne pouvait s'arrêter assez vite pour éviter un contre, surtout avec une telle vitesse. Il tourna sur lui même pour frapper d'un coup de pied circulaire. En réponse, Naruto esquissa lui aussi un sourire. Il était temps de recommencer le petit tour de tout à l'heure. Au moment ou la jambe allait le toucher, il se mit en position accroupi et, emporté par son élan, se jeta dans sur le coté, l'angle mort du dresseur de chien, évitant par la même occasion Akamaru qui avait tenté une nouvelle fois de mordre. Prenant ensuite appui sur ses mains, il absorba sa propre vitesse en faisant un saut de coté en roulant sur lui même, se retrouvant dans le dos de Kiba. Il se réceptionna une nouvelle fois sur ses mains, puis fit une ruade digne d'un cheval. Le pauvre Inuzuka fut une nouvelle fois éjecté et s'écrasa sur le ventre sans comprendre ce qui lui arrivait, manquant d'écraser son précieux compagnon à poil.

Sans se presser, l'Uzumaki s'approcha de Kiba et attacha ses bras dans son dos avec le bandeau frontal de son adversaire, avant de prendre un Akamaru mal en point dans ses bras et de le caresser doucement, sans se soucier des grognements de protestation.

- Le duel est terminé ! s'exclama l'arbitre. Moi, Hayate Gekkô, déclare Naruto Uzumaki vainqueur.

Puis, il s'approcha de Kiba et fit une rapide inspection de son état. Il ne lui afllut pas longtemps pour considérer comme indispensable son passage à l'infirmerie. Aidé de Naruto, Hayate aida le blessé à s'y rendre. Depuis la fin du combat, les spectateurs étaient devenus silencieux.

- Ben ça alors, marmonna Ino.

- Je te le fais pas dire, s'exclama Sakura, tout aussi surprise du résultat.

- ... dit Shino.

- Bi-bien joué Naruto, murmura Hinata, rouge comme une tomate, mais heureuse.

- Quel galère, soupira Shikamaru. Et moi qui croyait qu'il faisait partie du groupe des losers... Comme moi.

- Bof, répliqua Choji. Si tu le voulais, tu serais capable de faire comme lui. A ce propos, je crois que Naruto voulais te parler. Il t'a fait signe de le suivre au moment de partir.

- Oui je sais... Galère...

Et ce fut avec un pas traînant qu'il se dirigea à son tour vers l'infirmerie, à peine curieux de ce que pouvait bien lui vouloir le blond.