Chapitre 10

par Kyubi-san

L’héritier

Chapitre 10

            - Tu es sûr de ce que tu avances Jiraya, déclara le Troisième Hokage à son ancien élève.

            Le parrain de Naruto, et accessoirement ermite des crapauds, regarda son maître avec un rare sérieux.

            - Mon informateur ne se trompe pas Sarutobi-sensei, il m’a confirmé qu’une faction d’Iwa avait pour but d’attaquer le village de Konoha. Même si le Tsuchikage n’est pas l’un de nos meilleurs amis, il possède tout de même un certain sens de l’honneur. Il n’est pas homme à attaquer par traîtrise. Je suppose donc que son émissaire a pour but de le renverser en détruisant Konoha, afin de prouver sa force. Le Tsuchikage est puissant et retors certes, mais il est homme d’honneur.

            Le Sandaime Hokage fixa son élève en fumant sa pipe, réfléchissant aux dernières informations. Même si une faction d’Iwa voulait attaquer Konoha, il était certain que leur effectif ne serait pas égal à celui du village. Mais il devait tout de même être assez conséquent pour oser s’attaquer à l’un des grands villages ninjas.

            - Jiraya, déclara Hiruzen, puis-je savoir de combien d’hommes disposent cette faction ? Et l’identité de ton informateur, si cela est possible ?

            - D’après mon contact, déclara le Sannin, nos ennemis sont compris entre mille deux cent et mille cinq cent hommes. Il est possible qu’ils soient plus le jour de l’attaque, mais je ne pense pas que leurs effectifs augmentent de manière trop brutale. Si je devais donner une prévision, je dirais que nos adversaires seront un minimum de mille trois cent pour attaquer le village, avec une réserve d’à peu près un tiers de la force initiale pour venir nous balayer en cas de résistance prolongée.

             Le vieil Hokage réfléchit pendant quelques instants aux paroles de son ancien disciple. Ce dernier, malgré ses occupations douteuses, possédait un réseau d’information très étendu, et surtout très pratique pour être au courant des intrigues dans le monde ninja. Même si Jiraya usait de méthodes peu conventionnelles, elles avaient fait leurs preuves, puisqu’il était ainsi au courant des secrets de nombreux villages et personnes, sans avoir eu à interroger par lui-même les personnes mentionnées.

            - Bien, finit par dire le Sandaime. Je vais prendre les mesures nécessaires à la protection du village. Mais tu n’as toujours pas répondu à ma question sur ton contact Jiraya. Qui est-ce ?

            - Je ne peux le dire, maître Hiruzen, je le lui ai promis.

            -  Bien, bien, déclara le vieil homme. Je ne vais pas te forcer à rompre ton serment. Tu peux te retirer. Je dois désormais préparer l’examen chûnin de cette saison, qui se déroule à Konoha. Je suppose que nos ennemis nos attaqueront à ce moment, donc, il vaut mieux que nous réglions les problèmes le plus rapidement possible.

            Jiraya salua son vieux maître, et décida de partir rejoindre son filleul qui devait certainement s’entraîner au manoir de ses parents à cette heure-ci, puisque Kakashi avait demandé une semaine de repos pour son équipe, afin de les entraîner. Enfin, entraîner surtout Sakura et Saï, Naruto étant largement capable de s’entraîner seul, et Sasuke recevant l’aide d’Itachi. Le Sannin soupira, les Uchiwa, fiers comme ils étaient, souhaitaient sûrement que Sasuke parvienne à vaincre Naruto, afin de bien montrer que personne ne pouvait se mesurer au pouvoir de leurs pupilles. Tout en se dirigeant vers le manoir Namikaze, Jiraya réfléchit aux derniers évènements, qui commençaient à arriver de plus en plus vite.

            Tout d’abord, les mouvements d’une étrange organisation, qui avait d’obscurs buts. Ensuite, la préparation d’une attaque sur Konoha par une faction belliqueuse d’Iwa. Enfin, le fait que les membres de la Racine commencent à désobéir aux ordres de Danzo, malgré les sceaux placés pour assurer leur obéissance. Cela devenait vraiment étrange. Danzo semblait préoccuper par le fait de faire de Naruto le futur Hokage, d’après ce qu’il avait pu savoir par ses informateurs de la Racine. Même si cela était moins stressant que le fait qu’il veuille en faire son arme, le fait restait quant même assez dangereux pour conserver un œil sur le blond. Alors que Jiraya poussait le portail d’entrée de la demeure de Naruto, il eut la surprise de voir trois personnes dans le jardin, en plus de Naruto. L’une des trois aidait le blond dans son entraînement, et lorsque l’ermite des crapauds eut reconnut celui qui entraînait son filleul il poussa un cri de joie.

            - Nagato, cria t’il. Je suis heureux de te voir.

            L’homme aux cheveux rouges eut à peine le temps de se retourner, qu’il se trouvait déjà dans les bras de son maître. Rendant l’étreinte au vieil homme, il fixa ses deux compagnons de voyage d’un air blasé. Après que Jiraya eut salué ses deux autres anciens apprentis, il s’assit avec eux, afin de savoir ce qu’ils faisaient à Konoha. Naruto vint se joindre à eux, curieux d’en savoir plus sur ses invités.

            - Nous sommes venus à Konoha dans le but de faire connaissance avec Naruto, expliqua Konan, la seule femme du groupe.

            - Je suppose que vous n’allez pas rester définitivement au village ? demanda Jiraya d’une voix lasse.

            - Hé bien si, répondit Nagato. Nous avons décidé de nous installer ici. Naruto s’est gentiment proposé de nous héberger quelques temps, et nous pensions voir ce qu’était la vie dans ce village, avant de décider de nous y installer ou non. Mais, vu qu’un manoir voisin de celui de Naruto a tapé dans l’œil de Konan, je pense que nous allons devoir rester ici un long moment.

            - Nagato ! s’exclama la jeune femme. Tu exagères ! Ce n’est pas parce qu’une petite maison est jolie, de mon point de vue, que je vais absolument vouloir rester ici !

            Nagato regarda son maître avec un faux air sérieux.

            - Qu’est-ce que je vous disais sensei, se moqua t’il. Konan a décidé de rester ici, et je vais être obligé de lui acheter le « petit manoir » qui se trouve en face de celui de votre filleul. Il n’empêche que cela va me coûter très cher, fit-il semblant de se plaindre.

            Pour toute réponse, il reçut un verre plein d’eau sur la figure, de la part de la jeune femme aux cheveux bleus. Un sourire amusé apparut sur le visage de Yahiko, pendant que Naruto et Jiraya partaient dans un fou rire incontrôlable. Lorsqu’ils se furent enfin calmés, Naruto se décida à parler.

            - En fait, déclara l’enfant blond, vous n’aurez pas besoin d’acheter le manoir. Il se trouve que j’ai découvert de nombreux titres de propriétés dans le bureau de mes parents. Et j’ai découvert que tout le quartier appartient aux Namikaze et aux Uzumaki. Vous n’aurez donc qu’à me verser un loyer, très bas, puisque vous êtes des amis de parrain, et puisque vous devrez entretenir la demeure et ses dépendances.

            Un sourire amusé apparut sur le visage de Yahiko, alors que Konan affichait une mine d’enfant ravie.

            - Naruto, déclara Yahiko, tu as bien dit que tout le quartier était à toi, non.

            L’enfant blond acquiesça.

            - Dans ce cas, poursuivit le jeune homme aux cheveux oranges, pourrais-tu me louer un autre manoir que celui de Konan et Nagato, parce que je n’ai pas envie d’être réveillé par le bruit qu’ils vont faire toutes les nuits dans leur chambre.

            Aux paroles de leur ami, les deux concernés avaient rougis, sous le regard à la fois intéressé, et amusé, de Jiraya, qui se mit à la bombarder de questions. Les deux jeunes adultes ne cessaient d’éluder les questions de leur maître, jusqu’à ce que Naruto, ayant sondé leurs pensées, ne parle à son parrain.

            - Ils sont bien ensemble parrain, déclara le genin. Et si ils sont revenus à Konoha, c’est parce qu’ils souhaitent se marier dans cette ville. De plus, je peux t’affirmer que ton ancienne élève donnera bientôt naissance au fruit de leur union.

            Alors que la surprise se lisait sur le visage de Nagato, Yahiko et Jiraya, celui de Konan devint rouge de honte. Mais cela ne dura pas longtemps, puisque Nagato enlaça son amante en s’exclamant tout fort qu’il allait être père.

            - Je plains l’enfant, se moqua Naruto, il devra grandir dans un quartier de grands ninjas. Son père étant un porteur du Rinnegan, sa mère possédant une technique héréditaire, et son « oncle » étant un ninja capable de tenir tête à un porteur de Dojutsu.

            - Dis-moi, Naruto-san, dit Nagato. Comment peux-tu être au courant de mes pouvoirs, ainsi que de ceux de Konan et Yahiko ?

            - Je possède un Rinnegan plus développé que le tien, Nagato, répondit simplement le blond. D’après ce que j’ai appris, il existe trois moyens d’activer le Rinnegan. Le premier consiste à l’activer sous le coup de la colère, permettant de posséder la plupart de ses pouvoirs, comme le tien. Le deuxième est de faire comme pour tous les Dojutsus, injecter du chakra dans ses yeux pour activer la pupille. La troisième solution est de se faire offrir l’œil par un porteur du Rinnegan.

            - Je suppose que la troisième solution s’applique à toi, n’est-ce pas ?

            Un léger sourire récompensa la perspicacité du porteur de la légendaire pupille. Alors qu’il allait poser une nouvelle question à Naruto, ce dernier se leva afin de retourner s’entraîner aux techniques laissées par Zabuza, mais Nagato se proposa de l’entraîner à la maîtrise de la gravité offerte par le Rinnegan. Intéressé par une telle proposition, le blond accepta l’offre. Nagato et lui allèrent donc s’entraîner au pouvoir primaire du Dojutsu légendaire.

            - Dis-moi Naruto, s’interrogea Jiraya, pourquoi t’entraînes-tu donc autant ? Tu es déjà pourtant assez fort pour ton âge.

            - Kakashi-sensei n’est pas assez protecteur envers ses pensées, répliqua le blond. Et j’ai donc découvert qu’il avait l’intention de nous inscrire à l’examen chûnin, qui commence la semaine prochaine. Il vaut donc mieux que je sois bien préparé à cet évènement, surtout que les épreuves peuvent être mortelles d’après ce que j’ai entendu dire.

            - C’est vrai que l’examen peut sembler dur à ceux qui ne sont pas assez préparé, mais je suis sûr et certain que tu réussiras cet examen haut la main, décréta Jiraya.

            - Rien n’est jamais assuré d’avance parrain, décréta le blond. Même les situations qu’on croit stable peuvent entrer dans une période de mouvements. Alors, il ne faut pas rester engoncer dans notre certitude et aller de l’avant en acceptant le changement.

            - Cela n’empêche pas que tu restes le meilleur genin de ta promotion.

            - Peut-être, répondit le blond, mais d’autres peuvent me mettre en difficulté, et les genins des autres villages sont aussi forts que ceux de Konoha. Il me faut donc être préparé le mieux possible à cet examen, ainsi, je pourrais y survivre, sans m’en remettre à la chance.

            L’argumentation de Naruto finit par clouer le bec du Sannin, qui décida de ne plus rien dire. Après tout, si Naruto voulait s’améliorer, c’était son droit, mais il finirait par se bloquer de lui-même un jour, et ne pourrais plus progresser pendant un moment, pensa t’il. A ce moment là, Jiraya allait en voir de toutes les couleurs. Il laissa donc son filleul s’entraînait en compagnie de son premier élève, celui qui avait inspiré son premier roman, Chroniques d’un ninja intrépide. Alors qu’il allait s’emparer d’une bouteille de Saké qui traînait sur la table, cette dernière s’envola, suite à la fureur de Konan lorsque Yahiko avait fait une remarque sur son futur tour de taille lors des derniers mois de sa grossesse. Le jeune homme s’enfuyait en riant, poursuivit par les shurikens de papiers projetés par une Konan hors d’elle, et qui semblait décidé à étriper son ami d’enfance. Avec un soupir nostalgique, Jiraya repensa à sa rencontre avec les trois orphelins, lors de la Troisième Grande guerre ninja. A cette époque, les enfants souhaitaient simplement pouvoir vivre dans un monde en paix, et Jiraya voyait bien que leur rêve était encore vivace, puisqu’ils étaient venus au village de Konoha afin de pouvoir vivre en paix.

           

Plus tard dans la nuit, alors que tous dormaient dans la demeure de Naruto, quatre silhouettes pénétrèrent dans le quartier des Namikaze. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que l’endroit était protégé par de nombreux sceaux, qui bloquaient les intrus et alertaient les occupants du quartier de l’intrusion. Ces derniers se précipitèrent pour voir qui avait osé s’introduire dans le quartier des parents de Naruto. La stupeur de voir les personnes qui avaient essayés d’entrer en douce dans le quartier cloua les quelques habitants du quartier sur place.