Vie de Naruto auprès de son"grand-père"

par Kyubi-san

L’héritier

Chapitre 1

                Cela faisait désormais six années que le démon Kyubi avait été vaincu. En cette journée du dix octobre, les habitants du village de Konoha s’apprêtaient à fêter la victoire du Quatrième Hokage sur le démon. De la fenêtre de son bureau, le Troisième observait la préparation des réjouissances pour la fête de cette nuit. Il se détourna de la fenêtre uniquement quand un homme aux longs cheveux blancs pénétra dans la pièce.

            - Alors Jiraya, lui demanda l’Hokage, as-tu trouvé une piste qui nous mènerait à Naruto et l’inconnu qui l’enleva il y a six ans ?

            - Je n’ai rien trouvé, maître ! lui apprit l’ermite des crapauds. C’est à croire que cet homme qui l’a emmené n’a aucune existence sur cette terre.

            - Et pourtant, un homme aussi puissant doit pourtant laisser des traces de son passage. Il se balade avec un enfant en bas âge, donc les gens doivent l’avoir déjà croisé.

            - J’y ai déjà pensé, maître. Mais même les ermites-crapauds du mont Myoboku ne détectent pas sa présence.

            - C’est tout bonnement incroyable, murmura Hiruzen Sarutobi.

 

            Loin de Konoha, dans une forêt, un petit garçon s’entraînait à la maitrise du chakra en marchant aux arbres. Cet enfant était blond et portait un kimono blanc cousu de fils dorés. Plus loin, un vieil homme le regardait faire l’exercice qu’il lui avait demandé d’accomplir. Il repensa à cette terrible nuit où la vie de l’enfant avait irrémédiablement changée. Et cela même le jour de sa naissance, pauvre enfant, songea t-il une nouvelle fois. Soudain un grand cri de triomphe le sortit de ses noires pensées. Le jeune garçon était finalement parvenu à atteindre le sommet de l’arbre et redescendait le plus vite possible afin d’aller voir l’homme qu’il considérait comme son grand-père. Ce qui n’est pas tout à fait faux d’une certaine manière, pensa le sage.

            - Grand-père, s’exclama l’enfant, tu as vu, j’ai réussit ce que tu m’as demandé de faire !

            - C’est très bien Naruto, lui répondit son maître. Nous allons nous arrêter là pour aujourd’hui et nous reprendrons demain.

            - Pourquoi ? demanda l’enfant d’un air contrarié.

            - Sais-tu quel jour nous sommes aujourd’hui ? lui répondit le vieil homme avec amusement.

            - Nous sommes… le dix octobre ! s’exclama Naruto. C’est mon anniversaire !

            - C’est exact mon petit, tu as six ans aujourd’hui ! Et voilà ton cadeau, lui dit-il en lui tendant un paquet allongé.

            Le jeune enfant s’empressa de déballer son cadeau et un grand sourire éclaira son visage en voyant un magnifique sabre. Il s’empressa de sauter au cou de son bienfaiteur pour le remercier de son présent. Le vieil homme lui rendit son étreinte. Cet enfant était vraiment un rayon de soleil dans les dernières années de sa vie. Il repensa à tout ce qu’il avait vécu depuis sa naissance. L’échec de l’éducation de ses fils qui s’étaient entre-déchirés. Ses combats pour la paix qui avaient échoués. Pourtant, il sentait que cet enfant pouvait réaliser son rêve, celui d’une paix pour le monde des shinobis. A seulement six ans, il comprenait déjà les problèmes dont souffrait le monde et lui avait déclaré quelques mois plus tôt qu’il souhaitait apporter la paix au monde. Le vieil homme s’était isolé du monde pendant des années, ou des siècles selon son point de vue, mais il était revenu pour éviter à cet enfant les visions qu’il avait eues de son avenir si triste.

            Il avait entrepris de lui apprendre tout ce qu’il savait dans les arts ninjas et dans bien d’autres domaines, afin que l’enfant puisse réaliser leur rêve à tous deux. Le sage considérait Naruto comme le fils qu’il avait toujours souhaité avoir et Naruto le traitait comme son grand-père, n’hésitant pas à lui faire des farces, mais écoutant avec respect tout le savoir que lui enseignait son professeur durant les leçons. L’enfant savait ce qu’il y avait en lui, le sage n’étant pas homme à cacher une telle vérité à un enfant. Il l’avait même aidé dans son dialogue avec le démon, aidant ce dernier à faire confiance à l’enfant. Mais Kyubi les avaient tous deux prévenus que c’était la dernière fois qu’il accordait sa confiance à un humain. Naruto avait donc entrepris de lui rendre la foi dans l’espèce humaine depuis l’âge de quatre ans. Et le renard commençait à se laisser convaincre par le jeune enfant, mais il restait tout de même méfiant.

            Pourtant, Naruto ne démordait pas de ses positions et tenaient souvent au démon. Deux têtes de mule qui se sont bien trouvées, pensa le tuteur de Naruto. Il savait même que le démon tenait autant à Naruto, que l’enfant adorait son ami à poil roux. Et pourtant, aucun des deux n’auraient jamais consentis à reconnaitre ceci. Le vieil homme sourit une dernière fois et rentra dans la cabane qu’il avait construite pour les abriter, lui et l’enfant. Pendant que Naruto inspectait son cadeau sous tous les angles, le vieil homme entrepris de préparer leur plat préféré, des ramens. Il avait découvert que le jeune garçon raffolait autant de ce plat que lui-même.

            Dans le même temps, Naruto entreprit de méditer afin de discuter avec son ami aux neuf queues.

            - Salut Kyu-san, lui lança Naruto en arrivant devant le démon, dont la cage était toujours grande ouverte désormais.

            - Tiens, mais c’est mon ami le renardeau, constata le renard en faisant apparaître devant lui un jeu de shogi.

            Naruto prit place face à lui et ils commencèrent à jouer en discutant. Au bout de trois parties, dont une partie nulle et une victoire de chaque côté, le renard déclara à l’enfant qu’il était temps pour lui d’aller rejoindre « le vieux », comme il aimait l’appeler pour manger. Naruto sortit de son état de méditation et rejoignit son tuteur pour manger. Durant le repas, aucun des deux ne parla, profitant de ce moment pour savourer leur plat préféré. Après celui-ci, le sage ressortit, sous l’insistance de Naruto, afin de montrer à l’enfant quelques passes d’armes. Naruto était tellement excité que l’entraînement se poursuivit jusqu’à la tombée de la nuit. Voyant cela, le vieil homme envoya Naruto se nettoyer à la rivière, puis ce fut son tour. Ils dinèrent ensuite, et pendant le repas, l’homme fit réciter à l’enfant les leçons qu’ils lui avaient apprises la veille.

            Le lendemain, Naruto se réveilla très tôt et après s’être lavé et avoir préparé le déjeuner comme chaque matin, il entreprit de faire ses exercices physiques habituels, malgré les plaintes du renard qui aurait préféré continuer à dormir. Malheureusement pour lui, son hôte était un fou du travail et le renard ne cessait de lui rappeler que son corps avait des limites. Ce qui n’empêchait nullement Naruto de continuer à s’entraîner. Deux heures plus tard, le vieil homme se réveilla et appela son élève et fils adoptif pour venir déjeuner avec lui. Le jeune garçon ne se fit pas prier et se précipita vers la table après s’être débarbouillé.

            Après avoir mangé, les deux personnages allèrent s’entraîner au maniement du sabre, sous l’insistance du gamin qui voulait absolument tout savoir de cet art. Le vieil homme entreprit donc de lui enseigner tout ce qu’il savait dessus, comme pour chaque chose qu’il apprenait au petit garçon. L’après-midi fut consacré à la maîtrise du chakra et aux leçons sur le monde des ninjas. L’enfant écoutait religieusement son professeur, mais n’hésitait pas à l’interrompre pour obtenir plus d’informations sur tel ou tel point. La fin de l’après-midi fut réservée à l’art du Fuinjutsu, domaine dans lequel le garçon possédait de grandes facilités. Le vieillard n’en était pas plus étonné que cela, connaissant l’ascendance du petit. En revanche, il se promit de lui donner plus de cours sur le Ninjutsu médical, art très utile dans de nombreuses situations.

 

            Pendant les six années suivantes, le quotidien de l’enfant et du sage fut rythmée par des entraînements, des leçons et de nombreuses farces. Naruto s’entraînait durement, afin de rendre fier son professeur. Dans le même temps, il entreprit de maîtriser le pouvoir du démon renard. Un jour, alors qu’il faisait appel à la puissance de celui-ci, deux queues de chakra apparurent soudainement dans son dos. Paniqué, Naruto tenta désespérément de reprendre le contrôle du chakra du démon qui commençait à envahir son corps. Usant de toute sa volonté, il parvint à repousser l’influence maléfique de ce chakra, mais s’écroula à terre, épuisé par l’effort fourni. Il ne se réveilla que quelques heures plus tard.

            - Tu es enfin réveillé ! lui dit le vieil homme. Qu’as-tu donc fait pour épuiser ainsi tout ton chakra ?

            - J’ai voulu essayer de contrôler le chakra de Kyubi, mais j’ai libéré deux queues d’un seul coup, expliqua le petit garçon en baissant les yeux.

            - Deux queues ? s’étonna l’adulte. C’est impressionnant, mais ne fais plus jamais ça. Ton corps n’est pas encore prêt à subir l’utilisation d’une telle puissance. A petite dose, il peut le supporter, mais à plus forte utilisation, ton organisme n’a pas le temps de s’adapter. Au vu de ton niveau, tu ne peux pas dépasser le stade de la première queue. Cela te fournira largement assez de puissance.

            - D’accord ! approuva l’enfant, heureux qu’il ne se fasse pas gronder.

 

 Les journées du vieil homme pendant ces années d’insouciances, étaient illuminées par le sourire et le rire de l’enfant blond. Pourtant, il sentait que sa longue vie approchait de sa fin. Un jour, il appela l’enfant auprès de lui.

            - Naruto, lui dit-il, il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre…

            - Ne dites pas ça, le coupa l’enfant avec les larmes aux yeux.

            - Ecoutes-moi mon petit, reprit le sage avec un faible sourire. J’ai plusieurs choses à te dire. La première est de ne pas t’inquiéter pour moi, car lorsque je mourrais, je deviendrais un esprit et je veillerais à tout jamais sur toi. La deuxième est que tu dois rejoindre le village de Konoha. C’est là-bas que tu es né, et je souhaite que tu deviennes un ninja afin de réaliser notre rêve à tous deux.

            - C’est promis, grand-père, dit l’enfant de douze ans avec une voix tremblante.

            - Lorsque tu seras là-bas, ne dis à personne ce que tu as en toi, l’enfant acquiesça à ces paroles. Enfin, je voulais te dire qui étaient tes parents. Ta mère se nommait Kushina Uzumaki, elle est morte en te mettant au monde, mais ce n’est pas de ta faute, un homme retira Kyubi de son corps et elle utilisa ses dernières forces pour que tu naisses.

            - Et mon père ? l’interrogea l’enfant d’une petite voix.

            - Ton père s’appelait Minato Namikaze et il était le Quatrième Hokage de Konoha. Il n’eut pas d’autre choix que de sceller en toi Kyubi, j’espère que tu ne lui en veux pas, murmura le sage.

            - Pas du tout maître, je le respecte même plus que tout, puisque ce choix ne dut pas être facile à prendre. Je regrette seulement de ne pas avoir pu les connaître.

            - C’est bien, cela prouve que tu as un grand cœur. Maintenant, Naruto, j’ai deux cadeaux pour toi. Le premier est mon rouleau où je range toutes mes possessions, tu le trouveras derrière l’armoire. Le deuxième, murmura t-il, il faut que tu t’approches de moi pour cela.

            Naruto se rapprocha de lui et se pencha sur son maître. La main de droite de son professeur se posa sur les yeux de l’enfant, tandis que sa main gauche se posait sur ses propres yeux. Une lumière éclatante se forma autour des mains du vieil homme pendant quelques secondes, puis elle disparut.

            - Je t’ai transmis mon Dojutsu, lui apprit son « grand-père » d’une voix faible. Tu te rappelles ce que je t’ai appris sur les Dojutsus ?

            - Oui. Vous m’aviez dit que les plus puissants étaient le Byakugan, le Sharingan et le Rinnegan.

            - Exact, mais ce que je ne t’ai pas dit, c’est que je possédais le Rinnegan parfait. Celui que possède un autre homme est en parti perverti, puisqu’il ne peut pas en utiliser toute la force. Tu es désormais la seule personne qui possède le pouvoir d’apporter la paix au monde mon petit Naruto. Mais je voudrais que tu me promettes quelque chose.

            - Quoi donc ? lui demanda le petit garçon.

            - Promets-moi, que tu n’utiliseras ton Rinnegan que pour te défendre, toi ou tes amis, ou pour apporter la paix dans ce monde cruel. Promets moi également que tu feras en sorte que les jinchûrikis soient considérés comme des êtres humains et non comme des armes.

            - je vous le promets, maître, murmura le petit garçon.

            - Alors je peux partir en paix, je sais que ce monde ne connaitra plus la guerre u jour, et tout ça grâce à toi, déclara le vieil homme avant de rendre son dernier soupir et de disparaître en fumée.

            - C’n’est pas que je sois un grand sentimental, déclara le renard dans l’esprit de Naruto, mais il va me manquer le vieux.

            - A moi aussi, lui répondit le petit garçon.

            - Bon, on ne va pas rester là pendant des mois, réagit soudain le renard. Prends donc tes affaires, le rouleau de l’ancêtre et en route pour Konoha !

            - D’accord !

            Quelques minutes plus tard, Naruto quittait la cabane où il avait grandi et vécu pendant ces douze dernières années. Puis en se retournant plusieurs fois, il se dirigea vers le village caché de la feuille, sous les directives du renard aux neuf queues qui lui indiquait le chemin.