Encore écarté

par Elerosse

Chapitre 4 : Encore écarté.

 

 

 

Le jour suivant, ils durent se rendre sur le terrain attitré de leur équipe, Naruto fut surpris de voir Sakura arriver avec un sabre d’un mètre de long attaché au dos.

 

-           En prévision de ma future possession, expliqua-t-elle.

 

Naruto acquiesça, il serait dommage d’acquérir d’une arme dont on ne connaît pas le maniement.

Kakashi et Sasuke étaient déjà sur place et discutaient, enfin Kakashi discutait, le Uchiha écoutait le monologue du juunin, des conseils par rapport à une nouvelle technique comprit Naruto lorsqu’il fut à portée de voix.

 

-           Vous deux, dit Kakashi d’un ton peu aimable.

-           Oui ?

-           On m’a dit que vous avez terminé vos missions mercredi, est-ce vrai ?

-           Oui ! répondit Naruto en sentant la réprimande arriver.

-           Et pourrais-je savoir pourquoi vous n’avez pas été en demander d’autres à faire ? demanda l’épouvantail sur un ton de mépris.

-           Parce qu’on a passé la fin de la semaine à faire du tricot, répliqua Naruto avec ironie, le maniement des aiguilles n’a plus aucun secret pour nous.

-           Naruto, chuchota Sakura, arrête de le provoquer.

-           Je déteste les fainéants, la prochaine fois vous saurez ce que vous aurez à faire…

-           Passer à la couture ? Non, attendez, du macramé, c’est dur ça…

-           Tu as dit t’être entraîné ? demanda Kakashi en écartant mentalement la provocation, Voyons ce que donne ton entraînement, Sasuke, tu utiliseras la technique que je t’ai apprise.

 

Le brun qui était de dos à ses compagnons sursauta et se tourna vers eux puis chercha Kakashi des yeux, une balafre lui marquait la joue.

 

-           Mais c’est une technique de…

-           Ne discute pas, vois ou t’as mené ton manque de réaction.

 

Sasuke caressa sa cicatrice puis recula.

Naruto se mit en garde et tira un kunai, il regarda Sasuke faire trois signes et constata avec effarement le chakra s’accumuler autour de la main de l’Uchiha.

 

-           Si je me prends ça de plein fouet, je suis mort, qu’est-ce qui passe par la tête du prof, songea Naruto.

 

Propulsé par chakra, Sasuke vint rapidement sur Naruto prêt à frapper, le blond imagina la silhouette de Sanjirô qui l’avait attaqué aussi furieusement ses derniers jours.

 

 

Flash-back :

 

-           Vraiment… soupira le père de Sakura, ton taijutsu est à chier, ce n’est que mouvements lourds et bourrins…

-           Les professeurs de l’académie n’ont jamais pris le temps de m’apprendre un truc correct.

-           T’excuse pas, je t’apprendrais un style plus technique plus tard, là on n’a pas vraiment le temps alors ouvre bien tes oreilles, voici mon code de survie rapide en deux règles, attaques-moi.

 

Naruto courut à toute vitesse grâce à sa maîtrise du chakra nouvellement acquise, il sauta et envoya un coup de pied vers la tête du géant qui l’attendait les bras croisés.

 

-           Règle n°1 : L’esquive.

 

Le corps de Sanjirô s’aplatit vers le sol, le genin fut surpris qu’une telle masse puisse se tasser ainsi, une jambe fléchie, l’autre tendue avec l’appui d’une main pour l’équilibre.

 

-           Le plus souvent, expliqua Sanjirô pendant que Naruto retombait, ton adversaire t’attaquera à la taille ou au visage, se rapprocher du sol est une bonne idée quand tu n’as pas le temps de voir l’adversaire arriver et évite l’attaque frontale mais ça ne l’empêchera pas d’essayer de continuer l’assaut, c’est là qu’intervient la règle n°2 : La contre-attaque.

 

Sanjirô tourna sur lui même, la masse et les couleurs se fondirent dans un tourbillon compact qui se stoppa net quand l’adulte, les mains jointes frappa les côtes de Naruto, l’envoyant valser avec force et douleur.

Le blond se releva en tremblant, un filet de sang coulait sur son menton.

 

-           Waouh, tu es le second gamin dont je m’occupe qui arrive à se relever après ça ! Mais je dois dire que le premier, le petit Zabuza était un cas… mais passons, tu as compris le truc ?

-           Ouais, sourit Naruto le visage déformé par la douleur.

-           Tant mieux, maintenant concentre toi car c’est moi qui attaque et toi qui te défend.

 

Sanjirô se positionna comme un sprinter sur le départ et s’élança.

 

Fin du flash-back.

 

 

Naruto se tourna dos à Sasuke, le brun visait l’épaule de son camarade, c’était une technique d’assassinat mais il ne voulait pas le tuer, il ne comprenait pas l’ordre de son sensei.

Là, Sasuke ne comprenait pas non plus la réaction du blond à lui tourner le dos, le crissement de la foudre dans sa main l’empêchait de réfléchir convenablement.

Naruto se baissa alors empêchant la rencontre de la technique de Sasuke et son corps.

Sasuke était surpris, il ne s’attendait pas à ça, il amorça son bras pour suivre le mouvement mais trop tard, le blond envoya son pied en l’air de toutes ses forces, le Uchiha reçut le coup dans le ventre et fut repoussé violemment.

Le faux jinchuuriki se redressa et attaqua à son tour, son kunai pénétra dans la paume électrifié de Sasuke qui gémit de douleur, le blond passa une jambe derrière celles de Sasuke et le poussa vers le sol où il y épingla la main de son coéquipier.

Naruto leva sa main libre qu’il ferma et s’apprêta à frapper le visage effrayé du soit disant génie.

Kakashi apparut, kunai à la main et s’apprêta à taillader le visage du blond, par réflexe, Naruto baissa la tête, la pointe de la lame crissa contre le bandeau frontal, gravant un trait à la diagonale sur le symbole de Konoha.

Sakura, katana à l’air libre, surgit dans le dos du professeur et tenta de le sabrer, le juunin réagit à la vitesse de l’éclair et repoussa facilement, d’un coup de pied retourné, il refoula Sakura et Naruto.

 

-           Sakura, je ne t’ai pas donné l’autorisation d’intervenir ! la réprimanda le juunin en retirant le kunai qui clouait la main de Sasuke à terre.

-           Vous non plus vous n’étiez pas censé intervenir ! s’exclama la rose, excédée par l’attitude du sensei.

-           Passons, Sasuke et moi allons partir deux mois hors de Konoha…

-           Tsss, il a bon dos l’esprit d’équipe, ne put se retenir de commenter Naruto.

-           Et je suppose qu’on va encore se payer une liste de missions de faible envergure ? continua Sakura dégoûtée.

-           Silence ! On ne discute pas mes ordres ! Peu importe, pas la peine de vous expliquer, vous ne comprendriez pas et ne cesserez de gueuler, vous ne savez faire que ça…

 

Il fouilla sa poche et lança un rouleau à Sakura qui le regardait avec ahurissement, Kakashi posa une main sur l’épaule de Sasuke et ils disparurent dans un souffle de vent et de feuille.

 

 

 

Naruto et Sakura se rendirent au commerce du père à la rose, tous les deux déçus et en colère.

 

-           Il est hors de question que je fasse une seule de ces saloperies de missions, exprima Sakura mécontente.

 

Sanjirô releva la tête, il était en train d’aiguiser un kunai grâce à une meule accroché sur le bord de son comptoir.

 

-           Qu’est-ce qu’il se passe encore ? demanda-t-il au deux jeunes.

-           Kakashi est parti avec l’autre fils à papa pour une mission de deux mois et nous, on se paye ça !

 

Elle envoya le rouleau à son père qui l’attrapa au vol et le déroula.

 

-           Deux mois, y’a le temps d’en faire des choses…

 

Sanjirô sonda les alentours du magasin, il perçut un groupe de Anbu dans le quartier, cela le fit sourire.

Il tira un parchemin censé perturber la perception du chakra dans un zone de sous le comptoir et l’activa.

A peine dix secondes plus tard, un groupe de quatre hommes en uniforme entra dans la forge.

 

-           Bien le bonjour, je peux vous aider ? Lame à aiguiser ? Achat de shuriken ou création d’arme personnalisé ?

-           Pas maintenant, on est en mission, ces deux gamins ont des missions à accomplir, Kakashi-sempaï nous a demandé de vérifier qu’ils ne se la coulaient pas douce.

-           Quatre membres des services spéciaux pour surveiller deux genins ? Vous n’avez pas mieux à faire ?

-           C’est que… Kakashi a encore de l’autorité…

-           D’après vous, le Hokage servait-il ravi de voir son élite gâcher son talent à de la surveillance de deux gamins ?

-           Pas vraiment, répondit le chef du groupe, penaud.

-           Sakura, Naruto, allez-y, montrez à ces types que vous ne vous la coulez pas douce.

-           Oui monsieur/papa, répondirent-ils en chœur.

 

Les deux genins sortirent de la boutique en vitesse, suivis de quatre Anbu qui eux partirent pour une occupation plus sérieuse.

 

-           Vous pouvez sortir, dit Sanjirô.

 

Naruto et Sakura se levèrent de derrière le comptoir.

 

-           Comment avez-vous fait ?

-           Clonage aqueux plus un genjutsu de confusion pour pas que ces types sentent mon chakra dans mes clones.

-           Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Sakura.

 

Sanjirô créa un troisième clone.

 

-           Mes clones vont faire vos missions les plus proches, plus ils s’éloignent de moi et plus il me faut consommer du chakra pour les conserver, aujourd’hui, mon troisième clone vous donnera un programme d’entraînement, vous ferez deux semaines de missions pour satisfaire ces connards de dirigeants puis vous vous attellerez à mon programme, okay ?

-           Ça marche.

 

 

Une semaine après l’engagement, Naruto paraissait de plus en plus fatigué, pourtant il ne faisait pas plus d’effort que Sakura, ni moins.

Cela se traduisait par des crampes, de petites douleurs articulaires ou des vertiges.

Les missions de rang D devenaient un vrai cauchemar pour le blond et Sakura commençait à s’inquiéter.

Naruto alla voir un med-nin mais celui-ci ne trouva rien d’inhabituel mais vu que c’était un médecin approuvé par le Hokage, Naruto doutait de son jugement.

La seconde semaine se termina péniblement.

Malgré sa faiblesse, Naruto alla chez Sakura pour commencer le programme d’entraînement, il avait des cernes sous les yeux qui faisaient peur à voir.

 

Sanjirô observait le blond, celui-ci clignait de yeux trop souvent, baillait à s’en décrocher la mâchoire.

 

-           Sakura, laisse nous seul, lui demanda son père.

 

La rose fit mine de protester mais le regard sévère de son père la fit changer d’avis.

 

-           Que t’as dit le toubib ?

-           Rien, tout va bien dans le meilleur des mondes…

-           Connerie… déshabille-toi.

-           Hein ?

-           Allez ! Sakura est remontée et on est entre hommes, dépêche.

 

Naruto se déshabilla alors, il ne resta que son caleçon que l’ancien sabreur de la brume l’autorisa à garder.

 

-           Malaxe ton chakra, demanda Sanjirô en grattant sa barbe.

 

Le blond s’exécuta, il malaxa dans le vide de longues minutes pendant lesquelles Sanjirô tournait autour de lui en quête du moindre détail insolite.

Cinq minutes plus tard, Naruto tomba à genoux, essoufflé comme s’il avait courut un marathon.

 

-           Tu as mal quelque part en particulier ? demanda l’albinos d’un ton compatissant.

-           Non… partout, c’est un vrai supplice.

-           Serre les dents, dit-il en sortant un senbon.

 

Il le planta dans le haut du dos juste à la limite entre les vertèbres cervicales et thoraciques.

 

Naruto cria et s’écroula complètement par terre.

Il commençait à reprendre son souffle.

 

-           Tu te sens mieux ?

-           A part là où vous m’avez frappé, la douleur semble se dissiper.

-           Sais-tu ce que j’ai fait précisément ?

-           Non, quoi ?

-           J’ai endormi tous les nerfs qui sont placés le long de ton système circulatoire de chakra.

-           Comment ça ?

-           C’est ton chakra qui brûle tes nerfs, ce qui a pour effet de te blesser quand tu l’utilise, de plus, cela fatigue ton corps et ton esprit.

-           Je suis guéri ?

-           Non, je ne peux pas rectifier à l’aveugle et je n’ai pas le matériel nécessaire pour trouver l’emplacement exact de ce qui perturbe ton chakra. Je vais retirer mon senbon, la douleur va revenir, prévint Sanjirô avant de s’exécuter.

 

Comme prévu, la souffrance revint mais moins dense qu’avant.

 

-           Qu’est-ce qui peut me faire ça ?

-           Un sceau probablement, le truc, c’est qu’il est dissimulé convenablement et comme je l’ai dit plus tôt, je ne peux pas aller au hasard.

-           Et puis vous êtes nul en fûinjutsu.

-           En plus, en convint Sanjirô tout sourire.

-           Que puis-je faire là ?

-           Limiter ton utilisation du chakra jusqu’à ta guérison.

-           Mais je ne peux pas ! Et mon entraînement !

-           Fais comme tu le sens, évite le maintien du chakra comme marcher sur l’eau, préfère les techniques à faible consommation du chakra ou le taijutsu, c’est ton déplacement rapide par chakra qui à du te fatigue jusque là.

-           Taijutsu, hein ? On a du temps là !

-           T’es franchement incroyable, gamin, déjà, trois jours de repos minimum, après on verra si on peut te faire faire des efforts ou prolonger tes vacances.

 

Naruto soupira mais Sanjirô faisant figure d’autorité, il dut se plier à sa demande.

Une semaine s’écoula tranquillement pendant laquelle Naruto ne fit aucun effort, le temps lui paraissait long et il ne pouvait que tenir compagnie à Sakura pendant qu’elle s’entraînait au sabre.

Lui, pendant ce temps là, il créait des parchemins allant des sceaux explosifs à ceux d’emprisonnement.

Comme il ne pouvait pas user de beaucoup de chakra, leur capacité serait limité mais ce n’était pas tellement grave, certains ninjas achetaient de parchemins à très faible pouvoir explosif, pour une mission d’infiltration par exemple, faire sauter une serrure étant moins dangereux que de faire sauter une porte ou une partie de couloir.

 

La semaine suivante, il commença l’entraînement au taijutsu de Sanjirô, un style dit souple mais qui n’avait rien à voir avec le style des Hyuuga, de plus, ce style était rapide à apprendre, pour preuve, il prenait pour base les deux règles de survies de l’ancien épéiste, esquive et contre-attaque.

Il en bava car le père de Sakura ne lui faisait aucun cadeau et il dut apprendre très vite s’il ne voulait pas ressembler à un tas de chair pleins d’hématomes.

Quand il commença à assimiler le style, Sanjirô le mit face à la lame de sa fille, si Naruto s’appliquait bien, aucun de deux genins ne serait blessé.

Et le mois s’écoula ainsi…

 

 

Sanjirô descendit dans la salle d’entraînement, il était accompagné d’un homme d’une quarantaine d’années dont le visage était dissimulé sous une capuche.

Pendant que Sakura se musclait comme tous les matins, Naruto était en train de finir de compter ses parchemins explosifs avant de les enfermer dans une mallette, il se tourna d’ailleurs vers le père de sa partenaire.

 

-           La livraison de la semaine, dit-il en tendant la mallette à Sanjirô.

-           Tu exploites les gamins maintenant ? C’est nouveau ça, Sanjirô.

-           La ferme Ryuumaru, on a un contrat, expliqua-t-il en prenant la mallette, Sakura, arrête-toi et viens par ici.

 

La rose arrêta l’effort et se rapprocha des hommes.

 

-           Donnez-moi votre liste de mission.

 

A peine, le rouleau reçu, il le tendit à Ryuumaru puis il se dirigea vers l’armoire où était enfermé son ancien katana.

 

-           Nous allons quitter le village, faire un petit stage d’entraînement, tous les trois.

-           Sérieusement ! crièrent les deux genins.

-           Ouais, mon vieil ami de Taki no kuni ici présent, dit-il en désignant Ryuumaru, va se cloner et revêtir vos apparences pour faire vos missions, quant à moi, je vais à un rassemblement de forgerons pour apprendre de nouvelles techniques de forges, enfin, c’est ce que les grosses têtes de Konoha croient.

-           Et c’est quoi le but du stage ? Moi… demanda Naruto effrayé de devoir user intensivement de chakra.

-           On va à la limite nord-est du pays du feu pour te faire soigner.

 

Naruto écarquilla les yeux, heureux de cette nouvelle, il se voyait déjà poursuivre son entraînement, apprendre et utiliser des techniques qui demandaient des quantités de chakra sans avoir peur que la douleur ne se réveille.

 

-           Nous partons immédiatement, laissez vos bandeaux ici et prenez une autre apparence.

-           Mais je n’ai pas mes affaires, ni de matériels, se plaignit Naruto.

-           Et pour la bouffe ? On ne peut pas prendre d’argent ? demanda Sakura.

-           T’as tes kunai, Naruto ?

-           Oui.

-           T’as besoin de rien d’autre, pour la nourriture et l’argent, oubliez. On dort à la belle étoile et on chasse, d’autre question ? Non ? Parfait, en route.

 

Naruto et Sakura échangèrent un regard entendu et suivirent le sabreur.