Défaite ?

par T-twix

Shinjima regarda devant lui. Le fidèle nuage caché. Ces immeubles montant à une altitude surprenante, surpassant même par endroit certaines bâtisses du mont Ura. L’homme aux cheveux grisâtres regarda alors celui qui venait personnellement accueillir le descendant d’une lignée perdue.

-          Quel honneur, Yondaime Raikage, déclara l’Ura dans un sarcasme.

-          Shinjima Ura, salua le frère de feu Jinchûriki de Hachibi.

-          Oh, tu me connais ? s’étonna Shinjima. Qui t’as mis au courant de mon existence ? demanda l’ancien meilleur ami de Minato Namikaze.

-          Yondaime Hokage.

-          Je m’en doutais que cet idiot avait prévenu du monde en descendant dans le monde d’en bas, soupira l’homme aux cheveux gris.

L’air autour de Shinjima changea. Il se fit plus violent, sauvage, assoiffé de sang. Les yeux du Yondaime Raikage s’ouvrirent en grand quand il constata les alliés de l’Ura. Une armée de mercenaires, aussi assoiffés qu’une meute de loup dans un troupeau de brebis, fonçait sur le village des nuages. Tous les mercenaires disposaient d’armure blanches comme la neige, couvrant presque en intégralité leurs corps.

-          Que le combat commence, monde d’en bas, déclara gravement Shinjima.

 

Chôji sentit ses jambes s’alourdir. Que se passait-il ? Il baissait son regard, le faisant couler sur son corps, avant de constater sa blessure. Son ventre avait été empalé par la lance de pierre que Giriko avait lancée quelques instants plus tôt. Le liquide écarlate coulait paresseusement de son ventre jusqu’au sol, s’écoulant sur jambe.

-          Chôji ! Hurla la voix affolée de Shikamaru.

L’Akimichi, ses jambes trop engourdies pour le tenir debout, tomba en arrière. En regardant derrière lui, il vit Sakura grimacer de douleur. Avait-elle été touchée également ? Il constata la blessure au ventre de Sakura. Elle avait été touchée, pas trop profondément, mais si elle survivait, elle garderait sans doute une cicatrice à vie. Le futur chef du clan Akimichi fronça les sourcils, avant de regarder Giriko, qui sourit à la situation devant lui. Chôji sentit l’hémoglobine couler sur son ventre, sortir de sa bouche. Il n’avait plus le choix… Il allait mourir. Mais il devait aider ses amis jusqu’au bout, c’était là sa flamme de la volonté. Il devait les protéger jusqu’au bout !

-          Chôji ! Ne fais pas… commença le génie du clan Nara.

-          Tais-toi ! cria une voix.

Shikamaru regarda Hinata, les yeux grands ouverts. La Hyûga pleurait, et elle avait pourtant ordonné au Nara de se taire, laissant Chôji faire silencieusement ses adieux. L’Akimichi se tourna vers la brune, et lui sourit, appréciant sa sollicitude. Puis se reconcentrant, il porta sa main à sa poche à outils ninjas. Une pilule rouge finit par être rapidement ingurgitée, gonflant sensiblement les réserves de chakra de l’ami de Shikamaru.

-          Que fait-il ? se demanda Giriko.

Etonnamment, Chôji se déplaça lentement vers Giriko, chargeant son chakra dans son poing. Cet ennemi de Konoha allait payer pour ce qu’il avait fait. Saccager le village, tuer des dizaines de ninjas, tuer l’Hokage, Kakashi… Cet homme-là allait payer, foi d’Akimichi.

-          Tu veux que je t’achève, c’est ça ? Merci de me laisser te tuer de mes mains, sourit le Shin Gogyou.

L’homme à la peau noire tendit son poing, avant de le lancer sur l’Akimichi. Celui-ci frappa le poing de Giriko avec le sien, rempli de chakra. En guise de résultats, tous ouvrirent leurs yeux, étonnés. La peau noire de Giriko se brisa sur tout son bras gauche, et son épaule. La puissance de Chôji avait été suffisante pour briser cette défense absolue. Seigi et Furuo furent surpris, et arrêtèrent de sourire, la situation de Giriko devenant préoccupante.

-          Qu’est-ce que t’as fait, connard ?! s’exclama Giriko d’une voix remplie de haine.

-          Giriko, derrière ! hurla Seigi.

Trop tard. Deux index touchèrent la peau découverte de l’homme de la Terre. Il ne sentit aucune douleur, mais pourtant, sa seconde peau se détacha de lui, tombant au sol dans un fracas hallucinant. Hinata et Neji venaient de frapper. Giriko haussa un sourcil, avant de tomber à genou. Sa technique, commune aux Shin Gogyou, le drainait de toutes ses forces une fois outrepassée. Le regard agressif des Hyûga qu’il put voir par la suite le fit légèrement trembler.

Soudainement, quelque chose passa dans l’air, s’écrasant sur un rocher quelques mètres après tous les ninjas s’affrontant. Tous s’arrêtèrent immédiatement, pour voir Naruto se relever assez difficilement, du sang s’écoulant légèrement de sa bouche. Le blond était passablement énervé. L’attaque de Nishina l’avait littéralement expulsé au loin. Il avait traversé la moitié du village, en une seule attaque.

Le regard de Naruto analysa la situation. Rapidement il comprit la majorité. Chôji sur le point de mourir, le regard perdu, vitreux, le ventre empalé par une lance de pierre. Sakura au sol, blessée au ventre et en train d’être soignée par Hanabi. Konohamaru essoufflé, tandis qu’Hinata et Neji était derrière le géant des Shin Gogyou. Dans le silence de la situation, la voix de Naruto, suffisamment grave pour réveiller un mort, s’éleva.

-          Neji, Hinata, écartez-vous, ordonna le blond.

Mjöllnir apparut dans sa main, et ses cheveux repartirent une énième fois en pics et ses yeux dorés. Un instant plus tard, il était devant Giriko, prêt à frapper, mais un sabre l’arrêta. Des éclairs bleus s’opposaient aux éclairs jaunes autour de Naruto. Le regard de Naruto s’intensifia, observant son adversaire face à lui.

-          Seigi.

-          Cette fois, tu as l’air d’être un challenge, expliqua Seigi.

Les deux ninjas disparurent dans deux éclairs, s’affrontant dans le ciel. Les coups du marteau divin sur le sabre de Seigi firent légèrement trembler celui-ci. Mais ce tremblement rendit le jeune homme aux cheveux blancs encore plus hargneux. Après un autre échange, la voix de Seigi s’éleva.

-          Enfin ! Enfin quelqu’un qui peut rivaliser avec moi sur la foudre ! s’exclama Seigi, un sourire s’étalant sur son visage.

Mais tandis que les deux combattants commençaient à retomber au sol, une épaisse et puissante lame de vent se dirigea rapidement vers eux, ou plus précisément en direction de Naruto. Le blond frappa la lame de vent à l’aide de Mjöllnir, ce qui la brisa. Seigi regarda vers la personne qui avait envoyé la lame de vent.

-          Nishina, se contenta-t-il de dire. Dommage, j’aurais bien aimé continuer notre combat, Naruto. Mais si elle est là, c’est que l’on doit finir notre travail.

Au sol, Furuo protégeait Giriko, qui était totalement épuisé suite à la destruction de sa technique. Nishina s’approchait, tandis que Naruto et Seigi atterrirent  aux côtés des autres ninjas présents. La voix de la Namikaze s’éleva, prévenant toute précipitation. A ses côtés se tenait l’enfant blond.

-          Ninjas de Konoha, arrêtons-nous là pour aujourd’hui, déclara la blonde. Soit vous vous battez et vous perdez, soit vous nous laissez ce que l’on veut de vous et vous laisse vivants pour le moment, expliqua-t-elle.

-          Que voulez-vous ? demanda Sakura, haletante.

-          Nous voulons Naruto. Et que vous nous laissiez quitter le pays. Si vous respectez ceci, alors on ne fera pas plus de dégâts.

-          Naruto, c’est à toi de choisir, décréta l’élève de feu Godaime Hokage.

-          La question ne se pose pas, je vais accepter leur proposition, déclara le blond.

-          Bien sûr. C’est une part du plan. Dès qu’un ninja à une relation avec une civile, cela devient dangereux pour lui. Mais rassures-toi, aucun mal ne lui sera fait, et une fois au mont Ura, elle sera réveillée et tu pourras lui parler.

 

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de Konoha, Karin marchait. Elle avait dû s’arrêter à cause de sa blessure qui menaçait de s’ouvrir à nouveau. Tandis qu’elle s’avançait, un sifflotement se fit entendre, et sonna comme une douce mélodie aux oreilles de Karin. Soudainement, elle sentit quelqu’un apparaître derrière elle, et elle se tourna directement.

-          C’est vrai que tu es jolie, sourit la personne derrière elle.

Devant elle se trouvait un homme très grand, aux alentours d’un mètre quatre-vingt-dix. Des cheveux noirs en une queue de cheval haute, des yeux perçants, un rictus amusé sur son visage. Il devait être âgé de vingt-cinq ans, peut-être légèrement plus, ou légèrement moins. D’une main il tenait un kiseru, une fine et longue pipe en bambou. Il était vêtu d’une tenue de judoka bleu pâle avec les outils ninjas dans son dos et sur sa cuisse gauche, avec des protections aux poignets et aux chevilles, ainsi qu’un long sabre accroché à sa hanche. Il était musclé, mais à juste mesure.

-          Que… commença Karin.

-          C’est ce que Tanjiro-san m’a dit, sourit l’homme devant elle.

-          Tanjiro, tu veux dire mon frère ? demanda Karin, agacée malgré les joues légèrement rougies par le compliment de cet homme.

-          Je vais t’accompagner à Konoha, je dois également m’y rendre. Et avec moi, tu seras en sécurité, expliqua l’homme.

-          Et tu es ? demanda la rousse.

-          Appelles moi Iori, mais tu peux aussi m’appeler l’homme parfait, si tu veux, sourit-il à l’Uzumaki. Rassures-toi, je ne suis pas un ennemi. Je suis contre les Shin Gogyou et les Huit Juges du mont Ura.

Karin soupira. Encore un énergumène. Elle ne sentit aucun mensonge dans le chakra du brun face à elle, mais elle compta bien le tenir à l’œil. Après tout, on ne sait jamais. Les deux se mirent à marcher vers le village de la feuille.

-          Tu connais mon frère. Je veux savoir comment.

-          Oh, Tanjiro-san et moi, c’est une longue histoire. J’ai été élevé aux arts ninjas avec lui, après la destruction du village où vous étiez, expliqua Iori.

-          Et qui vous a entraîné ? demanda la rousse.

-          Question dont tu dois te douter de la réponse : Minato Namikaze, bien sûr, sourit l’autoproclamé homme parfait.

Karin ouvrit les yeux, étonnée. Elle commençait à se dire que les Namikaze étaient vraiment au centre de cette histoire. En partie, cela inquiétait l’Uzumaki, concernant le blond de Konoha. Iori tira sur son kiseru, avant de souffler négligemment la fumée en l’air.

Iori regarda en l’air, et il put apercevoir au loin, une gigantesque lame de vent être lancée sur deux ninjas se battant en hauteur. Il maugréa, avant de reprendre la parole.

-          Accroches-toi à moi, il faut se dépêcher, tes amis sont en danger.

Karin haussa les sourcils, ses yeux montrant son affolement. Arrivait-elle trop tard ? Voyant son manque de réaction, Iori attrapa l’épaule de la rousse, avant de faire un mudra. Les deux ninjas disparurent instantanément.

 

-          Alors allons-y ! s’exclama Nishina, heureuse. Giriko, fait le chariot, ordonna-t-elle.

Néanmoins, Giriko ne répondit pas. Il était encore à moitié inconscient suite à la mise en déroute de sa forme finale. La blonde soupira, le frappant légèrement au visage avec son pied. Alors qu’elle jura, deux personnes arrivèrent. Tous haussèrent les sourcils. Naruto regarda les bandages sur le corps de Karin.

-          Karin ? demanda-t-il.

Nishina dégagea son chakra, faisant trembler les plus jeunes, soit Konohamaru et Hanabi. Naruto se rendit compte de la puissance de la Namikaze, qui avait désormais une expression de haine collée sur le visage.

-          Iori. Le voleur de techniques. Que fais-tu ici, misérable vermisseau ? demanda la blonde d’un air autoritaire.

-          Je suis ici pour vous empêcher de repartir avec Naruto, expliqua le brun, sa pipe rangée.

-          Tu sais très bien que tu ne peux rien si je dispose de Gram, n’est-ce pas ? J’ai été entraînée pour maîtriser cette arme, expliqua-t-elle.

-          Et ? Tu n’es pas la seule à disposer d’une telle arme, sourit-il. Après tout, Minato-san m’a également attribué une arme mythique, je te rappelle.

Aussitôt, la puissance d’Iori se dégagea, également celle de Nishina. Celle-ci regarda Seigi et Furuo, et leur donna un ordre.

-          Réveillez Giriko, faîtes le faire le chariot, ordonna la blonde. Prêt à mourir, Iori ? demanda Nishina.

-          Accorde-moi ta dernière danse, Nishina-chan, sourit Iori.