Le dédale des Uzumaki - Second Verset (4/5)

par T-twix

Les Anbu étaient sur leurs gardes. Jamais auparavant ils n’avaient entendus parler de ce genre de techniques. Ils devaient être très prudents. C’est alors qu’un brouillard sortit de la bouche de Mei, enveloppant tous les ninjas sous une fine pellicule de brume. Les Anbu étaient désormais plus rassurés, tous pensaient qu’elle venait simplement de réaliser un Kirikagure no jutsu, tandis qu’en réalité, il s’agissait bien plus que d’un simple brouillard. Un des Anbu constata le pot aux roses en voyant sa tenue fondre, et décida de disperser le brouillard. Il exécuta une technique Fûton qui dispersa le nuage, tandis que Mei et Kyômi purent sentir leur dernier espoir de fuite s’arrêter là. Les Anbu rirent en voyant la jeune femme qu’était Mei trembler de fatigue, tant son chakra fut épuisé.

-         T’auras essayé Mei, sourit Kyômi. Je t’en veux pas…

-         Tais-toi… commença à dire Mei. Je suis pathétique si je ne peux pas sauver mes amis !

-         Toi, tais-toi ! Je ne suis qu’une expérience de laboratoire, et ces années avec vous tous m’ont rendues plus heureuse que je ne l’ai jamais été ! cria Kyômi.

-         Ca y’est, fini vos jérémiades ? demanda celui qui semblait être le chef des Anbu.

C’était fini. Le couteau de l’Anbu força sur la gorge de Kyômi, laissant d’abord une légère entaille, non suffisante pour tuer. Mei trembla de peur pour son amie, tandis que Kyômi parvint à sourire malgré la peur de mourir.

-         T’as pas peur de la mort ? Tu devrais, conseilla l’Anbu.

-         Et toi, t’as peur de la mort ? demanda une voix derrière l’Anbu.

-         Bien sûr que non, et puis qui… commença l’Anbu.

-         Tu devrais, lâcha simplement la voix.

Aussitôt, la tête du chef des Anbu roula au sol, tranchée proprement et nettement. Le coup avait été d’une vitesse incomparable. Qui avait fait cela ? Les Anbu, Mei et Kyômi purent voir l’instigateur de la phrase, et du meurtre de l’Anbu en chef. D’un seul coup, les Anbu entourèrent l’inconnu, tandis que celui-ci sourit. Ses cheveux gris foncés mouillés étaient collés à sa peau, ses yeux bleu-pale étaient emplis d’envie de s’amuser, et sa tenue était étrange : un simple débardeur noir moulant son corps musclé, et un pantalon noir. L’inconnu avait également un chapeau en bambou sur la tête, et une lame dans son fourreau à sa ceinture.

-         Qui es-tu ?! grogna un des Anbu.

-         Appelez-moi Shinjima Ura, ou bien…

« Vidar, le dieu du silence »

Shinjima Ura

Shinjima disparut en un instant, et réapparut en plusieurs images, chacune à côté d’un Anbu. Une seconde plus tard, l’Ura était revenu à son point de départ. Tous les Anbu s’écroulèrent simultanément. Mei et Kyômi n’en revenait pas. Cet homme avait réussi l’impossible. Il avait battu plusieurs Anbu en une seconde. Mais qui était-il ? Mei lui cria dessus pour savoir de quel côté il était, ce à quoi il répondit :

-         Quel côté ? Je ne fais que chercher un voleur.

 

Mei et Kyômi s’élancèrent ensemble sur Manabu. Celui-ci se concentra, avant de faire quelques mudras. Si sa puissance était déjà hors du commun sans mudras, qu’est-ce qu’il en serait avec ceux-ci ? L’Uchiha prit une grande bouffée d’air, avant de souffler une énorme boule de feu blanche.

Kofûjutsu – Hodenki

Kofûjutsu – Grande Flamme

Le lieutenant de Shinjima se décala sur sa droite, emportant Mei avec elle. La rousse enchaina rapidement les mudras, avant de s’écrier, une fois l’Uchiha en vue, le nom de sa technique : Katon – Karyuu Endan. Le dragon sortit de nulle part pour aller frapper l’Uchiha qui, étonnamment, prit l’attaque de plein fouet, l’éjectant sur la paroi la plus proche. Se relevant assez lentement, Manabu regarda les deux femmes, avant de prendre un regard meurtrier, son aura s’accordant avec. Le brun ouvrit la main droite, et une boule de feu bleu apparut. Il était temps qu’elles subissent la colère de Manabu Uchiha.

Kinjutsu – Kazan no Yaiba

Kinjutsu – Lame des volcans

Une lame bleutée se forma à la place de la boule de feu qui se trouvait dans la main de Manabu. L’Uchiha allait leur montrer qui était le véritable ninja. Car on ne se bat pas avec un Uchiha impunément. Un instant plus tard, le brun avait Mei devant lui et Kyômi derrière lui. Quand on se bat contre un Uchiha, à deux contre un, toujours un pour faire une feinte. Mei fonça sur l’Uchiha, lequel pensa qu’elle était un leurre et ne fit que se défendre, avant de sentir Kyômi surgir dans son dos. Il avait raison, Kyômi était celle qui attaquerait. L’Uchiha se tourna pour sentir une force le tenir.

-         En fait, j’étais le leurre, commenta Kyômi.

Yôton – Youkai no Jutsu

Yôton – Dissolution mortelle.

Mei Terumi, Godaime Mizukage

Une main traversa son corps de part en part, au niveau du cœur. Un coup mortel, en effet. Mais seulement pour les vivants. L’Edo Tensei avait cette superbe faculté de pouvoir maintenir en vie les morts pendant des temps faramineux, et surtout même avec des blessures mortelles. L’Uchiha sourit, tandis que les deux kunoichis ne purent que le voir rire comme un fou.

-         Alors, pas mal comme technique ? demanda l’Uchiha.

-         Pas mal, en effet, sourit Kyômi.

FûinjutsuInryoku no Fûin

Sceau gravitationnel

L’Uchiha sourit. Si ce combat devait se finir ainsi, alors qu’il en soit ainsi. Le corps se décomposa rapidement, et l’Uchiha ne put s’empêcher de regarder Kyômi avec un sourire. Le combat avait été bref, et pourtant, les deux kunoichi avaient réussi à le stopper ainsi que son incroyable contrôle du feu.

 

-         Tu ne m’attaques pas ? demanda l’homme.

Karin resta de marbre face à l’homme. Ces cheveux roux, identiques aux siens, étaient la marque de fabrique des Uzumaki. Elle savait qu’il faisait partie du clan. Depuis Naruto, elle n’avait pas vu un seul membre de sa famille. Tsunade lui avait indiqué que le peu de survivants devaient se cacher du monde, pour ne pas être traqué. La peau d’un Uzumaki se vendait cher au marché noir des mises à prix. Et pourtant, malgré les combats se déroulant dans la grotte, Karin n’avait pas esquissé le moindre mouvement à l’encontre de l’homme en face d’elle. Malgré ce qu’elle pouvait en dire, elle avait tant de questions à lui poser. L’homme en face ne pouvait que deviner son désarroi. Il était de l’ancienne génération, et elle de la nouvelle. La rousse pensait être la seule survivante avec Naruto. Une question brulait les lèvres de Karin, mais elle n’osa pas la poser. Cependant, l’homme sembla lire dans ses pensées et prit la parole.

-         Je suis le seul Uzumaki présent ici, ne te fais pas d’illusion, prévint-il.

Les doutes étaient passés, et Karin se sentit… soulagée ? Etonnamment, le roux en face d’elle l’invita à prendre la parole, à poser les questions qu’elle voulait. La rousse, de nature crieuse, ne se gêna pas pour le faire.

-         Que s’est-il passé pendant l’attaque d’Uzushio ? demanda-t-elle.

Cette question surprit l’homme, et ce ne fut pas peu dire. Les mains de celui-ci s’étaient refermées violemment pour former deux poings. Après une dizaine de secondes dans cet état, l’homme se relâcha, décidant de raconter d’expliquer en un seul coup, pour qu’elle comprenne sans aucun détour.

-         Le mont Ura a lancé la dernière offensive.

-         Quoi ?! s’exclama Karin.

-         Mes parents me l’ont raconté. Nous allions gagner, finir cette guerre. Les renforts de Konoha n’étaient guère loin de notre village. Mais c’est à ce moment-là qu’ils sont venus. Ils n’étaient que huit. A huit ils ont rasé le village, tuant toute personne sur leur chemin.

-         A huit, ils ont rasé Uzushio… murmura Karin, dépassée.

Le mont Ura n’était donc pas à prendre à la légère. Si à huit ils avaient réussi à raser tout un village, alors ils pourraient faire la même chose à Konoha, puis aux quatre autres pays de l’Alliance Shinobi. Karin regarda l’homme, avant de lui demander autre chose.

-         Dans quel camp es-tu ? demanda-t-elle.

-         Aucun, je ne fais que remplir mes promesses envers une connaissance de longue date de mon père, expliqua l’homme.

-         Et qui donc ? demanda Karin, curieuse comme à son habitude.

-         Minato Namikaze, le Yondaime Hokage.

Quoi ? Mais pourquoi tout était relié aux Namikaze ? Karin n’y comprenait rien, et l’homme commença à lui expliquer la situation.

-         Minato a trahi le mont Ura, volant les quatre artefacts sacrés empêchant l’éveil du Ragnarök. Il a dû cacher les armes, et qui mieux qu’un Uzumaki pourrait l’aider ? sourit l’homme.

-         Attends ! Tu as donc scellé les armes ? questionna la rousse.

-         Non, mon père n’a pu sceller que celle-ci, déclara le roux en face de Karin.

Dans sa main se tenait une épée dans son fourreau. La lame était courte, semblable à un ninjatô en longueur, mais les deux cotés devaient être tranchants. Le fourreau noir empêchait de voir la lame en détail, mais Karin tremblait déjà. Si une arme aussi puissante se tenait devant elle, alors l’homme pouvait la tuer à tout instant.

-         Il s’agit là de l’épée Dainsleif. Cette lame tue tout ce qu’elle touche. Si tu la veux, tu sais ce qu’il te reste à faire… Karin-chan.

Elle s’était assurée de ne pas lui dire son nom, alors comment le connaissait-il ? Avait-il eu une relation avec les parents de la rousse. Non, il semblait trop jeune pour ça. Il devait avoir trente ans au maximum, c’était tout simplement impossible.

-         Tu ne te souviens pas de moi ? sourit l’homme. C’est assez méchant, je sais que l’on ne s’est pas vu depuis que tu avais trois ans, mais quand même.

-         Quoi ? demanda Karin.

Soudainement, les yeux de la rousse partirent pour un bond dans le passé, à la recherche de cet individu. Elle n’avait pas beaucoup de souvenirs de sa toute jeune enfance. Elle avait beau essayer de trouver une trace de cet homme, rien à faire. Le roux sourit, avant de lui parler.

-         Je vais t’aider un peu en te disant comment je m’appelle, expliqua l’homme. Je m’appelle Tanjiro Uzumaki, mais tu peux m’appeler… commença-t-il.

 

Shíjiān accéléra une nouvelle fois. Elle était presque à sa vitesse maximale, et pourtant son ancien maitre la suivait avec aisance, la conseillait même pendant le combat. Elle en avait marre de cette attitude provocatrice dont son sensei était fourni. Il fallait mettre le paquet, pour en finir avec ce personnage du passé.

Un coup de pied dans la nuque, suivi d’une myriade de coups de poings dans le ventre firent reculer Kioshi. Il sourit, tandis que Shíjiān lui asséna un puissant coup de genou dans le nez, brisant immédiatement celui-ci. Soudainement, Kioshi parut infiniment plus sérieux. Il prit le sang qui sortait de son nez avec sa main droite, avant de tendre celle-ci en direction de Shíjiān.

Chiton – Ketsueki Dama

Art du sang – Bombe de sang

Shíjiān ouvrit ses yeux en grand. Elle avait entendu le nom de cette technique de la part de Shinjima. L’avertissement de l’Ura avait été on ne peut plus clair avec la kunoichi la plus rapide. Cette technique fut créée pour tuer sans discernement. La brune se concentra, et son chakra s’accumula rapidement dans ses jambes. Il était temps d’y aller à fond ! Kioshi sourit, avant de s’adresser à la brune, tandis qu’une boule rouge sang se forma dans sa main.

-         C’est inutile, tu ne pourras pas l’esquiver, prévint Kioshi.

Shíjiān ne l’écoutait plus, elle réfléchissait à l’unique moyen qu’elle avait pour l’empêcher de revenir dans le monde des vivants. Et elle savait qu’elle n’avait qu’une seule technique de Fûinjutsu pour cela. Mais cela lui laissait un douloureux choix : esquiver et continuer de se battre, ou encaisser la bombe de sang pour avoir une chance de le sceller…

-         Qui ne tente rien n’a rien, murmura Shíjiān.

Kioshi regarda son élève avant de lancer son attaque. Tout ce qui se trouvait devant lui fut englouti par une lumière rouge sang. Dix secondes plus tard, l’attaque était terminée. Shíjiān était au sol, sa tenue à moitié déchirée, tout son corps secoué de spasmes et en sang. Mais cette fois-ci, il ne s’agissait pas du sang de Kioshi, mais bel et bien du sang de la brune. Le Namikaze s’approcha jusqu’à se trouver juste au-dessus de la brune.

-         C’était bien tenté, ma petite Shíjiān, mais t’as pas encore le niveau pour… commença le blond.

-         Ah ouais ? demanda Shíjiān d’une voix faible.

Elle venait de saisir la cheville de son maitre, l’empêchant de s’éloigner. Et vu qu’elle avait établi le contact, le combat était terminé…

FûinjutsuKokuou jikan no Fûin

Sceau du roi temporel

Un instant plus tard, Kioshi était au sol, cloué par trois pics noirs. Sur ces pics tenait en équilibre une horloge blanche comme la neige. Une aura empêcha le Namikaze de bouger. Il sourit à son élève, avant de se mettre à parler.

-         C’est bien. Tu as su déjouer mon attaque en encaissant le maximum. Ta vitesse t’a permis de relâcher les bons muscles pour subir le moins de dégâts. Je suis impressionné, complimenta Kioshi.

-         Sensei…

-         Vas-t-en ! Tu sais très bien que l’on se reverra, ordonna le blond. Après tout, le Kokuou Jikan no Fûin n’est que temporaire. Mais j’espère pour toi que je ne sortirai pas d’ici avant longtemps. Car la prochaine fois, je ne serai pas aussi clément, prévint le frère ainé de Minato Namikaze.

 

Karin ne bougeait plus. Complètement tétanisé par l’ampleur des choses, elle réalisa que le conflit entre l’Akatsuki et les pays ninjas, plusieurs années auparavant, n’était en réalité qu’un petit combat comparé à ce qu’ils les attendaient. Tanjiro Uzumaki, les Huit Juges, les Shin Gogyou, Naruto Uzumaki, Kioshi Namikaze, Minato Namikaze, et Shinjima Ura. Les pièces maitresses de la guerre. Du moins pour le moment. Lentement mais surement, Mei s’approcha de la jeune Uzumaki, posant une main sur son épaule.

-         Nous allons le battre, ensemble.

-         Parce qu’il s’agit d’un ennemi prioritaire, je vous aiderai. Mais après je vous tue, compléta Kyômi.

-         Tant que je peux tuer Naruto Uzumaki après, ça me va, termina Shíjiān, également essoufflée et blessée.

Tanjiro Uzumaki haussa un sourcil. Quatre contre un ? En comptant leur fatigue et leurs blessures respectives, les quatre kunoichis ne pourraient sans doute pas tenir tête au roux. L’Uzumaki prit alors la garde de son artefact ancien en main, et récita :

Ragnarök, second verset,

En des temps perdu, les quatre se soulèveront,

Et domineront le Temps d’une main de fer,

Et malgré leur unicité,

Ils finiront tous… par disparaitre…

 

Omsluttet Verden, Dainsleif

Engloutis le monde, Dainsleif

Tanjiro Uzumaki

 

 

 

 

« Où suis-je ? »

???