Le dédale des Uzumaki - Retrouvailles (1/5)

par T-twix

C’était en début d’après-midi que la pluie s’était mise à tomber à flot. Pourtant, Karin et Mei n’avaient pas bronché, et avaient continué de traverser les nombreux marécages du pays. C’est après environ quatre heures de trajet qu’elles arrivèrent à leur destination. Un véritable canyon, traversé par des rivières, se dressait devant elles. L’Uzumaki scruta le ravin profond d’une cinquantaine de mètres, avant de déglutir.

-         C’est ici ?

-         Oui, j’en suis certaine. Nous avons devant nous…

« Le dédale des Uzumaki »

Mei Terumi, Godaime Mizukage

Les deux kunoichi restèrent quelques minutes sous la pluie, à contempler le canyon à travers s’écoulait une rivière aussi fougue qu’indomptable. Mei Terumi ressentit cette fois encore le frisson provoqué par une telle vue, tandis que Karin était tendue : c’était là la première fois qu’elle se trouvait aussi proche d’une relique des Uzumaki.

-         Comment savez-vous ?

-         Comment est-ce que je sais quoi ? demanda Mei en retour.

-         Tout. Ce dédale, sa relation avec les Uzumaki, la situation de Naruto, ce qu’il cherche à avoir, les ennemis, énuméra Karin.

-         Je connais la situation de Naruto, et donc ce qu’il cherche, grâce à Hokage-sama. De ce fait, je sais aussi que les habitants du mont Ura sont très dangereux. Enfin, je connais ce dédale car Shodaime Mizukage était marié à une Uzumaki. Elle le lui a fait découvrir, et de ce fait, il a préféré garder note pour les générations futures.

L’explication était claire, nette et précise, et donc elle ne méritait pas que l’on revienne dessus. Karin sourit avant de faire signe à la Mizukage qu’elles devaient descendre, au lieu de rester à parler sous la pluie. Elles descendirent le ravin avec une facilité déconcertante, grâce au chakra qu’elles diffusaient dans leurs plantes de pied. Au pied de la rivière se trouvait l’ouverture d’une grotte qui s’enfonçait dans la roche. Les deux kunoichis avancèrent d’un pas assuré après s’être munies de torches.

Les squelettes jonchaient le sol, faisant preuve des horribles batailles qui s’étaient déroulées en ce lieu sacré des Uzumaki. Ce clan désormais presque éteint était-il si puissant à l’époque. Soudainement, un courant d’air majestueux sembla réciter une mélodie, tandis qu’une voix grave s’éleva dans les galeries.

-         Vous n’avez rien à faire ici, disparaissez !

Soudainement, les deux kunoichis se firent entourer de squelettes. Quel était ce maléfice ? Les morts d’autrefois se levaient face à ses deux impertinentes qui osaient souiller le sol sacré des Uzumaki. Mei Terumi sourit, avant de se lancer dans sa série de signe.

-         Yôton, Youkai no Jutsu (Art de maitriser la lave, technique de la dissolution monstrueuse) !

La belle Mizukage cracha un véritable tsunami de lave derrière elle, détruisant les squelettes tout entier. Un bruit de lame entrechoquée retentit à son oreille, et la dirigeante du pays de l’eau put voir que Karin avait bloqué une énorme hache à l’aide de son ninjatô. Karin força sur la lame de son ennemi et le repoussa.

-         Mizukage, faîtes attention.

Ce n’était pas quelque chose pour réprimander la Mizukage, mais seulement pour l’avertir. Le chakra circula tout autour du corps de Karin, semblable à la gangue de chakra des Bijû. La rousse se mit en position de garde, avant d’annoncer sa technique.

-         Kinchoukan (Nervosité).

La belle Uzumaki engagea un combat au corps à corps puissant et expéditif. Elle cassait les os de ses adversaires à chaque coup donné, mettant tous les squelettes hors d’état de bouger. Une fois son assaut fini, la cousine de Naruto s’éloigna pour rejoindre la Mizukage qui exécuta à nouveau sa technique de lave pour détruire ce qu’il restait des squelettes. Aussitôt la technique terminée, il ne restait que de la terre calcinée. Mei adopta un sourire carnassier, tandis que l’attitude de Karin était plutôt suffisante.

-         Utiliser le Kinchoukan directement ?

-         Tout le monde n’a pas une affinité aussi terrifiante que le Yôton, répondit Karin avec un sourire charrieur.

Un applaudissement retentissant se fit entendre. Karin et Mei attendirent une nouvelle fois la voix qui s’était faîte entendre auparavant, et cela ne tarda pas.

-         Bravo, vous avez passé la première épreuve !

-         Combien y a-t-il d’épreuves ?

-         Je vous laisse le découvrir…

La voix arrêta de répondre. Karin proposa à la Mizukage d’avancer, et la belle brune acquiesça aux paroles de l’Anbu de Konoha. Que se passait-il ? Pourquoi les morts se relevaient pour se battre contre Mei et l’Uzumaki ? Trop de choses n’étaient pas nettes dans cette histoire. Qui est-ce qui connaissait ce lieu tenu secret des dernières générations ? A la surprise de Mei, Karin se mit à avancer à vive allure. La rousse réfléchit à toute allure. Elle ne voulait pas envisager la solution que quelqu’un extérieur aux Uzumaki n’aie investi les lieux. Après plusieurs minutes de course effrénée, Mei attrapa le bras de la rousse, la faisant s’arrêter.

-         Reprends-toi ! ordonna la Mizukage.

Mais rien à faire, Karin était définitivement affolée. Son visage montrait sa tension extrême. Mei savait à quoi pensait la rousse, et tenta de la rassurer d’une voix douce.

-         Je sais à quoi tu penses, et si c’est le cas, nous devrons tuer cette personne, qui est sans doute du clan Uzumaki.

Karin regarda Mei avec une sorte d’inquiétude dans la voix. Puis elle se mit à souffler avant d’expliquer à la Mizukage pourquoi elle s’était emportée de la sorte.

-         Si jamais cette personne est vraiment du clan Uzumaki, nos chances de survie sont de zéro pour cent.

-         Et toi, tu fais pourtant partie du clan Uzumaki, non ?

-         Oui, mais je n’ai aucune connaissance relative sur mon clan, à part le peu disponible dans les archives de Konoha.

Mei soupira. De toute façon, elles devaient trouver cette personne, quelle qu’elle soit. Puis au moment d’ajouter quelque chose, un tremblement de terre épouvantable survint. Celui-ci s’arrêta quelques secondes plus tard, mais souleva beaucoup de questions pour les deux kunoichi.

 

-         Comment est-ce possible ?

-         De quoi ?

-         Ramener les morts à la vie sous forme de squelette.

-         C’est important ? Non.

Les squelettes invoqués étaient redevenus poussières en quelques secondes. Les quelques secondes nécessaires à Shíjiān pour détruire cet amas d’os. Kyômi regarda la jeune femme avec l’air d’approuver ce qu’elle disait. Néanmoins, quelque chose lui taraudait l’esprit. L’Edo Tensei ramenait le corps de la victime, mais aussi l’esprit de celle-ci, alors comment était-il possible de ne ramener le squelette ? Peut-être une technique de manipulation de patins comme le font les maîtres du domaine de Suna.

-         Shíjiān. Pousse-toi.

La brune obéit aussitôt aux ordres, tandis que Kyômi repoussa sa chevelure noire en arrière avant de tendre une main devant elle, droit sur une des parois, avant de respirer profondément.

« Jûdaiton, Suishinryoku – Art de la gravité, Force de poussée »

Kyômi

La paroi explosa sous la puissance de la technique. Shíjiān siffla d’admiration, tandis que Kyômi traversa la paroi. Elle voulait finir son travail au plus vite. Savoir qu’un Uzumaki était encore en vie, en dehors de Naruto, l’exaspérait au plus haut point. Shíjiān, intriguée, souleva la question qui la torturait tant depuis quelques minutes.

-         Comment sais-tu qu’il s’agit d’un Uzumaki ?

-         Cette technique… il s’agit d’un arcane des Uzumaki : Keikai no Hengoku.

-         La vigilance des limbes ? Drôle de nom, se contenta de dire Shíjiān.

-         Ce n’est pas une technique dangereuse contre des ninjas de haute volée, néanmoins elle fait des ravages pendant les guerres. Les Uzumaki se sont longuement battus avec cette technique lors de l’assaut d’Uzushio.

-         Je vois, se contenta de dire Shíjiān.

-         Mais le pire reste à craindre. Si on ne reçoit cette technique rien qu’en entrant, je n’imagine pas la suite…

 

-         Namu Amida butsu… namu abida butsu… namu abida butsu…

Une personne avec des cheveux courts roux en bataille était devant une statue de bouddha. Vêtu d’un kimono blanc, l’homme se releva et se tourna. Devant lui se trouvait une salle immense, dont les murs étaient couverts de crâne de squelettes.

-         Allez-y, mes guerriers d’outre-tombe !

« Kinjutsu, Edo Tensei ! »

???

Deux soldats, vêtus d’armures complètes rouges et blanches, se montrèrent devant l’homme. Le premier avait des cheveux noirs qui descendaient en une queue de cheval jusqu’au bas du dos. Le second avait des cheveux blonds plaqués en arrière.

-         Vous faîtes partie de mes plus puissants guerriers. Et c’est vous qui les arrêterez !

-         A tes ordres !

 

Mei et Karin avançaient lentement dans le dernier couloir qui se montrait à elle. Depuis un long moment, elles n’avaient pas eu à affronter qui que ce soit, et cela était inquiétant. Après quelques mètres de plus, une grande porte en fer s’imposa à elle. D’un accord commun elles l’ouvrirent, avant de se retrouver dans un grand hall, dont les murs étaient composés de crânes de squelette. Mais plus stupéfiant. Devant elles, de l’autre côté de la salle se trouvait une autre porte ouverte. Deux autres kunoichi s’y trouvaient.

-         Cette gamine, à gauche, elle ressemble à la fille décrite par Naruto, expliqua Karin.

-         Ça veut dire qu’il s’agit de nos ennemies.

Les deux duos s’avancèrent, préparant leur combat mortel, avant qu’une voix ne s’exclame. La voix était celle d’un homme, mais elle était joueuse et cela s’entendait.

-         Ne gardez pas tout l’amusement pour vous, mesdemoiselles.

Les quatre kunoichi regardèrent à gauche, et purent voir deux ninjas en armure en avant, ainsi qu’un autre en arrière. Celui qui avait parlé était un homme blond avec ses cheveux plaqués en arrière, ainsi qu’avec des yeux bleu saphir. Celui à ses côtés avait deux yeux noirs comme la nuit, et des cheveux noirs tombant en une longue queue de cheval. Karin et Shíjiān étaient étonnées de voir la ressemblance entre Naruto et le blond qui se trouvaient devant elle.

-         Laissez-moi me présenter… commença le blond.

-         Non !

Shíjiān avait crié, de toute son âme. Elle ne voulait pas y croire. C’était impossible, il ne pouvait pas être ici. Elle cria une nouvelle fois, avant d’entendre le blond finir sa phrase.

« Je suis Kioshi Namikaze, l’ombre sanglante. »

Kioshi Namikaze

Shíjiān serra ses poings de toutes ses forces, avant de s’avancer vers le blond qui venait de se présenter. Il était bien celui qu’il avait toujours été. Il détestait sa famille, et avait ordonné à son élève de massacrer jusqu’au dernier les membres de son clan.

-         Kioshi-sensei, m’avez-vous oubliée ?

-         Bien sûr que non, Shíjiān. Je ne t’ai jamais oubliée. Tu es mon élève après tout, sourit le blond. Tu penses pouvoir me battre ?

-         Non, je ne pense pas. Je le sais !

Kioshi se téléporta devant Shíjiān, tandis qu’une lame rouge sang apparut dans sa main. Il tenta de frapper la jeune femme, mais celle-ci s’était littéralement téléportée derrière lui, un kunai en main. Elle toucha le dos de son ancien-sensei. Celui-ci avait tout de même un sourire accroché aux lèvres, avant de murmurer pourquoi.

-         Chiton, Ketsueki no bakuhatsu (Art de maitriser le sang, Explosion de sang) !

Le sang sortit de son corps, avant de produire une explosion. Shíjiān était passée au-dessus de son maître, avant de prendre un coup de pied dans l’estomac. Son maître, comme l’on pouvait s’y attendre, avait réussi à suivre sa vitesse effrénée. La brune aux yeux verts se fit enchaîner en l’air, tandis que les autres ninjas se faisaient face. Karin n’avait pas bougé. Elle fixait l’homme qui s’était mis en retrait. La Godaime Mizukage avait bien compris que l’Uzumaki se posait bien des questions, et avait décidé de se mettre en travers de la route des deux autres ninjas.

-         Mei Terumi, Godaime Mizukage… ça faisait longtemps.

-         Kyômi… oui, ça fait un bail. Et qui es-tu ? demanda la dite Mizukage en regardant le troisième ninja.

-         Oh, un homme parmi les dieux, rien de plus, rien de moins, sourit l’homme aux cheveux noirs.

-         On pourrait peut-être savoir ton nom ? demanda Mei.

-         Manabu, répondit l’homme.

Les trois ninjas se lancèrent simultanément dans le combat. Mei lança une boule de lave sur Kyômi, laquelle, grâce à son contrôle de la gravité, la renvoya sur Manabu. Celui-ci, étonné par un tel début de combat, esquiva paisiblement l’attaque en passant au-dessus de la boule de lave. L’homme aux cheveux noirs fit subitement apparaître une faux blanche comme la neige dans sa main gauche, d’environ deux mètres. D’un mouvement habile il trancha l’air, et la boule de lave derrière lui fut tranchée avec aisance. Ce simple mouvement avait calmé les ardeurs des deux kunoichis.

-         Calmons-nous, mesdames. Nous avons tout notre temps, n’est-ce pas ? demanda Manabu d’une voix sombre.

Les deux kunoichis se demandèrent quelle fût cette technique. Comment Manabu pouvait trancher aussi aisément de la lave, alors qu’il est impossible d’en couper en temps normal ? Manabu n’en dit rien et se mit à faire une série de signes.

-         Katon, Shiroi Honoo.

Deux grandes boules de feu blanches tentèrent sans succès cependant, de toucher les deux kunoichi, qui avaient toutes les deux esquivés l’attaque sur le côté. Elles eurent donc l’occasion d’observer les dégâts qu’avaient produits les boules de feu blanches. Les parois avaient littéralement fondues, de fond en comble, laissant apparaître deux véritables tunnels. Mei déglutit un peu. Il s’agit là d’une technique comparable à de la lave. Manabu sourit, avant de prendre la parole :

-         Je suis un véritable dieu… vous pouvez aussi m’appeler :

« Manabu Uchiha, dit Loki, le Dieu du Feu »

Manabu Uchiha