Le début d'une histoire...

par T-twix

« Laissez-moi vous raconter une histoire, les enfants. »

???

Plus de trente ans auparavant, dans le village du mont Ura, se tenait, dans une maison, un véritable rituel pour les enfants du même village. L’ancien du village leur racontait une histoire par semaine. Les enfants, aux alentours d’une quinzaine, écoutait le vieil homme, à chaque fois fascinés par ses histoires. La pièce était sombre, le parquet, tout le temps froid comme de la pierre, était couvert par des couvertures et des oreillers pour les enfants. La lumière de la pièce était produite par une lampe à huile posée sur la table qui se trouvait à côté du vieillard, qui se tenait sur une chaise.

-          Racontez-nous l’histoire du mont Ura ! demanda un des enfants.

-          Ah, l’histoire de nos terres, se contenta de prononcer lentement le vieil homme.

Le vieil homme prit une bouffée d’air avant de se gratter le menton. Les enfants ne voulaient pas un cours d’histoire sur leur nation, mais un récit les faisant rêver.

-          Tout commença il y a fort longtemps…

 

Shinjima cligna des yeux. Encore un souvenir de cette époque. Cette époque pendant laquelle il était si ignorant quant à son rôle sur cette terre. Cette même époque pendant laquelle Minato Namikaze était un compatriote. Mais Minato craignait Shinjima, tout comme Shinjima craignait Minato. Ils étaient les deux plus valeureux et talentueux ninjas de leur génération. Pourquoi a-t-il fallu en arriver là ?

-          Minato, j’espère que tu comprends tes erreurs, car c’est ton fils qui va payer pour toi, murmura Shinjima.

 

Naruto avait laissé de l’argent à Kanon pour qu’elle puisse aller s’acheter des vêtements pour le temps qu’elle resterait à Konoha. Pendant ce temps, le blond s’était dirigé vers l’hôpital de Konoha. Une fois arrivé à l’accueil, il regarda la secrétaire, avant de lui exprimer le pourquoi de sa présence.

-          J’aimerai le voir. Est-ce possible ?

-          Bien sûr Naruto-san, mais éviter de le toucher, on ne sait jamais.

-          Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas dans mes intentions, sourit Naruto.

La jeune femme qui tenait l’accueil donna une clé à Naruto. Celui-ci la saisit et partit en direction des escaliers. Il descendit ceux-ci pour arriver au premier sous-sol : la partie de l’hôpital réservée aux prisonniers ayant besoins de soins. Même s’il s’agissait de prisons d’hôpital, le milieu était clairement celui d’un hôpital, avec des murs blancs et du carrelage.

Le blond s’arrêta devant une porte blanche comme la neige. Une serrure noire comme la nuit se trouvait en son centre. Le blond y glissa la clé donnée plus tôt par la secrétaire, avant d’ouvrir la porte doucement. Naruto entra dans la pièce avant de refermer la porte. Une lumière était produite par des néons, illuminant la salle avec une faible lumière. Un lit se trouvait au fond de la pièce, avec toute une pléiade d’instruments, ainsi qu’une chaise, positionnée à côté du lit. Naruto prit la chaise avant de s’asseoir dessus. Elle n’avait pas bougé depuis la fois précédente.

-          Salut Sasuke.

Le corps de Sasuke Uchiha, fils de Fugaku Uchiha, était étendu sur le lit, un masque l’aidant à respirer et une couverture couvrant la quasi-totalité de son corps. Le blond était désolé de voir son frère de cœur dans cet état, mais il ne pouvait rien y faire.

-          Tu sais, je me sens pitoyable depuis que je n’ai plus Kurama. Je suis dans un pétrin sans pareil. J’ai des assassins surpuissants à mes trousses, je dois réussir à ouvrir un coffre qui serait en rapport avec mon père mais je ne sais pas comment faire…

Le blond laissa le silence s’immiscer dans la pièce pendant plusieurs minutes. Il ne réfléchissait même pas. Naruto ne pensait à rien. Après quelques minutes, Naruto rit doucement, avant de briser de nouveau le silence.

-          Je sais, on pourrait croire que j’ai encore Kurama et que c’est l’Akatsuki à mes trousses. Malheureusement, je n’ai plus de démon pour m’aider. Que ferais-tu à ma place ?

Le silence répondit à Naruto pendant une autre minute. Suite à cette minute, Naruto rit plus fort.

-          Je sais bien que je dois devenir plus fort. Mais j’ai déjà deux éléments, en plus d’avoir le Senjutsu et le taijutsu de Gai-sensei. La seule chose que je pourrais apprendre serait……

Naruto laissa sa phrase en suspens, avant de se lever d’une traite. Il courut vers la porte, la refermant précautionneusement, et la verrouillant. Il continua de courir, sortant du sous-sol, rendit la clé à la secrétaire, puis se dirigea vers un lieu qu’il côtoyait bien souvent : le bureau de l’Hokage. S’il y avait une chose à apprendre, il devait bien lui demander à elle.

 

Karin fixa l’Hokage. Celle-ci lui donnait une mission de rang A. Elle partait pour Kiri le plus tôt possible, et en tant qu’Anbu. Son aptitude à briser les sceaux était fortement demandée dans le monde. Elle et Naruto, les deux derniers Uzumaki encore vivants…

-          Tu devras aller consulter la Mizukage pour l’ordre de mission précis. Mais je tiens à te tenir au courant.

-          De ? demanda Karin.

-          Cette mission est sans doute reliée à Mjöllnir, ainsi qu’au mont Ura. De rudes combats seront sans doute à prévoir. N’oublie pas que l’on ne connait ni l’adversaire, ni sa puissance.

-          Oui, Hokage-sama. Néanmoins, j’ai une question…

-          Quelle est-elle ?

-          A propos de Naruto. Vous voulez vraiment le mettre au repos ?

-          Non, j’ai une bien meilleure idée.

L’Hokage sourit en disant cela. Elle préparait déjà quelque chose pour le blond, et cela l’occuperait assez longtemps pour laisser Karin faire sa mission sans être inquiétée pour son cousin éloigné. La rousse sourit avant de disparaître dans une explosion de fumée.

-           Naruto, je sais ce que tu fais à la fenêtre, pas la peine d’essayer d’être discret.

La fenêtre s’ouvrit d’un coup, et une ombre rentra dans la pièce. Naruto avait un visage troublé. Il était tout de même inquiet quand Karin partait à l’étranger. Il s’agissait tout de même de sa dernière famille.

-          Que veux-tu ?

-          Je voudrais devenir plus fort, à défaut d’avoir Kyûbi, il faut que je devienne un ninja d’exception.

-          Oh, monsieur se prend en main ? sourit Tsunade. Je savais que tu viendrais un jour, mais je te le donnerai qu’à une seule condition.

-          Et qui est ?

-          Envoie une dizaine de clones à la bibliothèque pour avancer tes recherches, idiot.

Naruto souffla avant de faire deux clones. Ceux-ci sortirent immédiatement de la pièce, laissant l’original avec la petite-fille du Shodaime Hokage. Celle-ci haussa un sourcil, montrant sa perplexité au jeune homme.

-          Je n’ai plus autant de chakra qu’avant. Je ne peux pas tenir dix clones pour une journée.

-          Je comprends. Reviens ici dans deux heures, le temps que je trouve ce dont tu as besoin.

Le blond s’éclipsa après avoir remercié la Godaime Hokage du village. Celle-ci se leva, puis se posta à la fenêtre de son bureau. Le mystère s’épaississait de plus en plus. Les évènements récents allaient perturber toute la péninsule ninja. Après tout, Mjöllnir n’apparaissait que dans des légendes.

 

Les clones de Naruto étaient déjà en train d’inspecter les rayons de la bibliothèque de Konoha, cherchant la moindre trace de Mjöllnir. S’ils pouvaient avoir le moindre indice concernant l’arme ou comment ouvrir la boîte scellée, ils devaient le trouver le plus rapidement possible, pour en faire part à l’original.

-          Sensei ?

Un des clones se tourna pour voir la petite-sœur de Sakura Haruno, Reiko Haruno, accompagnée par Sakura. L’ancienne coéquipière de Naruto avait changé, autant sur le plan physique que moral. Désormais, ses cheveux étaient coiffés en une queue de cheval lui arrivant au-dessus des omoplates. Elle était vêtue d’une tenue de Jounin normale, avec par-dessus celle-ci une blouse de médecin. Sakura observa attentivement le clone de Naruto avant de rire légèrement.

-          Naruto ? C’est rare de te voir ici !

-          Je ne suis pas Naruto…

-          Un clone, oui je sais.

Reiko fixa sa sœur avec surprise. Peu de personnes arrivaient à comprendre aussi rapidement s’il s’agissait de Naruto ou non. La sœur de Reiko sourit, avant de s’avancer vers le blond.

-          Que fais-tu ici ?

-          Je cherche des indices, ou une quelconque piste à suivre.

Sakura soupira, avant de prendre un livre et l’examiner rapidement.

-          Tu vois, tous les livres entreposés dans cette partie de la bibliothèque ne sont pas très vieux. Ils ont au maximum vingt ans, donc ne t’attend pas à avoir une quelconque aide comme ça.

-          Tu nous préconises quoi ? demanda le second clone qui venait d’arriver.

-          La section classe S, uniquement réservée aux Anbu et à l’Hokage.

-          Hors Naruto n’est pas Anbu, rétorqua le clone.

-          Mais il n’empêche que tu pourras rentrer, puisque Tsunade à donner une autorisation exceptionnelle pour toi.

Les deux clones partirent en courant, laissant Sakura et Reiko seules. L’ancienne équipière de Naruto savait que le blond était mentalement dans une impasse. Il devait franchir ce mur si difficile. Tsunade le lui avait dit d’elle-même. Elle le pensait et en était sûre…

« Naruto pourra dépasser son père »

Tsunade

-          Allons continuer ton entraînement, Reiko.

Reiko acquiesça aux ordres de sa sœur, avant de la suivre dans les méandres de la bibliothèque du village caché de la feuille. Néanmoins, la petite sœur de Sakura n’était pas rassurée quant à l’état mental de Naruto. Le fait qu’il soit perturbé ainsi était définitivement mauvais pour lui. Voyant cela, Sakura prit la parole.

-          Ne t’inquiète pas. Naruto est fort, il est juste dans une mauvaise passe.

-          Comment cela ?

-          Pleins de choses se sont passées, il n’est plus à son apogée, et cela le travaille. Il aimerait encore progresser, mais sa marge de manœuvre est faible par rapport à la majorité des ninjas du village.

 

-          Minato ! Arrête cette folie !

-          Shinjima, je veux arrêter la folie du mont Ura, ne te mets pas sur mon chemin !

Shinjima fixait Minato, et vice-versa. Ils étaient au lieu destiné aux luttes mortelles… la vallée de la fin, avoisinant la fôret de Konoha, protégée par les hordes d’Anbus. Shinjima tenait une épaisse lame bleutée. Minato tenait un grande masse en pierre, soutenu par un manche noir autour duquel une corde en or s’enroulait.

Les deux se mirent en garde. Encore un duel qui changerait le futur du monde. Un duel destiné à dévoiler au monde la folie du mont Ura, et qui pourrait peut-être la terminer.

« Disparais avec ta folie ! »

Minato Namikaze/Shinjima Ura

 

Shijima cligna des yeux. Il faisait décidément beaucoup de mauvais rêves ces temps-ci. Ce combat avec Minato… c’était un combat décisif, mais il n’avait pas réussi à vaincre le traître du mont Ura. Il avait mis six longues années pour guérir des blessures qu’il avait subi. Les blessures étaient tellement importantes qu’il faillit y passer.

L’homme prit un livre posé sur une table, l’ouvrit et le parcourut jusqu’à la dernière page. Il se mit à lire le texte à voix haute, de manière claire et nette.

-          Ragnarök, aussi appelée la fin du monde… un tel changement est radical…

-          Shinjima-sama, vous m’avez convoquée ? demanda une voix.

Shinjima se retourna pour voir sa fidèle lieutenant, Kyômi, quelques mètres derrière lui. Elle était vêtue d’une longue cape de voyage. Shinjima sourit, il était temps pour que les pièces bougent sur cette partie d’échec. Il était le roi, et il devait mener son équipe vers la victoire.

-          Kyômi, tu vas te rendre dans les terres de Kiri avec Shijian. Vous devrez localiser et récupérer le second artefact ancien.

Kyômi acquiesça aux ordres de son supérieur, Shinjima Ura, le seul ayant survécu à la folie de Minato Namikaze. Le seul des familles Ura et Namikaze ayant survécu à la traîtrise du Yondaime Hokage. La femme se dirigea vers la porte, avant que Shinjima l’interpelle.

-          Je ne tolérerai pas un second échec de Shijian. Cette mission est capitale.

Kyômi se contenta d’acquiescer à l’avertissement de Shinjima. Elle savait bel et bien que Shijian misait sa vie à chaque retour de mission, selon sa réussite, surtout après son échec face à Naruto Uzumaki.

 

Quinze ans plus tôt, dans une maisonnette en bois, Shijian était allongée sur son lit. Il ne s’agissait à l’époque que d’une enfant avide de savoir un nombre fou d’histoires plus impressionnantes les unes que les autres. Elle était déjà destinée à appartenir au sommet du monde ninja.

-          Je veux une histoire ! quémanda-t-elle.

Un homme, avoisinant le mètre quatre-vingt, se posta sur le lit, avec un livre en main. L’homme avait des cheveux blonds coiffés en une queue de cheval, et des yeux bleus comme l’océan. L’homme sourit à la gamine.

-          Encore ? Tu sais pourtant que je suis malade… j’ai besoin de me reposer.

L’homme lui raconta cependant une histoire, mais n’ouvrit pas le livre. Il était obligé de lui raconter, car un jour elle devrait réaliser sa volonté.

-          Il était une fois deux amis, vivant au sein du même village. Leur amitié dépassait l’entendement. Ils étaient aussi très forts. Ils étaient tellement courageux que les dieux leur donnèrent à chacun une de leurs armes. L’un eu le marteau de la foudre divine, et l’autre eu l’épée du passé. Cependant, celui avec le marteau trahit son village. Il prit jalousement les armes des dieux, toutes cachées dans le temple du village, avant de s’enfuir.

L’homme marqua une petite pause pour observer la jeune Shijian, qui était complètement absorbée par le récit. Mais elle ne savait pas encore que ce récit était réel.

-          Tout le village le poursuivit, mais le traître fut tellement fort qu’il les battit tous, sauf son meilleur ami. Tous deux s’affrontèrent dans une longue lutte qui dura plus d’une journée… Cependant le traître battit son meilleur ami au terme d’une lutte sans pitié. Malheureusement pour le vainqueur, son meilleur ami était encore en vie, mais il ne le sut qu’avant de mourir, bien des années plus tard, tué par un monstre géant. Mais le traître n’avait que faire de mourir, au final. Il avait réussi ce pour quoi il avait trahi tout son village.

Shijian regarda l’homme, avant de s’autoriser un bâillement. Même si l’histoire n’était pas terminée, elle était fatiguée, telle l’enfant qu’elle était. Le blond la regarda avant de l’embrasser sur le front.

-          Dors bien, ma petite Shijian. Je te raconterais la suite de l’histoire une prochaine fois.

 

Shijian était plongée dans ses pensées. Assise sur son lit, elle se demandait pourquoi elle n’était pas allée jusqu’au bout avec le Namikaze. L’instinct ? Peut-être que ce n’était pas encore une nécessité pour le groupuscule des Huit Juges. Shinjima n’a pourtant fait que la réprimander légèrement, alors qu’elle s’attendait une nouvelle fois à… Non, elle ne devait plus y penser. Désormais, elle était une kunoichi dévouée à Shinjima, celui qui lui avait fourni cette puissance pour se venger.

-          Kioshi-sensei… dire que je n’étais pas loin de vous venger. Le dernier Namikaze encore en vie…

Kyômi entra dans la pièce, qui était ouverte. Elle observa quelques secondes la jeune femme aux cheveux courts. Elle semblait être déboussolée, perdue par sa situation, ce qu’elle devait faire. Kyômi comprenait tout cela, malgré son dévouement sans faille envers le dernier des Ura. Elle comprenait que Shijian était en proie au doute, qu’en quelque sorte… elle se cherchait elle-même.

-          Shijian, on y va.

-          Où ? demanda celle-ci sans se soucier de qui était son interlocutrice.

-          Kiri.

Shijian releva soudainement la tête. Shinjima calculait-il tous ses coups de cette manière ? Il savait bien que la jeunette détestait Kiri. Tout dans ce pays la répugnait, que ce soit le brouillard, l’humidité, ou encore sa population. Elle détestait ce pays au plus profond de son être, autant, si ce n’est plus que les Namikaze.

-          J’arrive, soupira Shijian.

Les deux femmes sortirent du véritable manoir de leur groupuscule. A l’extérieur, les choses étaient moins plaisantes. Peu de maisons étaient encore debout, et de nombreuses tentes étaient déployées. Malgré le fait qu’il soit midi passé, le froid était glacial, et les nombreux feux allumés en étaient la preuve. Shinjima avait commencé de recruter des mercenaires en cas de besoin, et ceux-ci semblaient avoir du mal à supporter le froid extrême de la montagne. Shijian les regarda sans faire attention à eux. Elle avait une mission à accomplir avec Kyômi, et elles ne devaient pas faillir, sinon les foudres de Shinjima seraient terribles.