La conclusion du Sharingan

par clems17

-       Protège Konoha !

 

Naruto avança lentement, réduisant la courte distance qui le séparait de l’Uchiha.

Arrivé à deux mètres de lui, il sentit un léger poids sur son épaule. Le corbeau venait de s’y poser. Son étrange Sharingan toujours actif.

Le blond soupira. Quelle étrange situation. Non qu’il n’eut rien prévu pour cette rencontre inévitable, mais là…..

Un dojutsu imparable destiné à Sasuke et se déclenchant uniquement en présence de ses yeux. Un oeil qu’il avait en sa possession sans même le savoir. Cet Itachi de son époque était vraiment un cas particulier. Pendant un instant, le jeune Uzukaze en vint à se demander si ce n’était pas l’Uchiha qui avait voyagé dans le temps pour être à ce point omniscient.

Non. Il ne l’était pas complètement. Il n’avait pas prévu que son frère se remplirait à ce point de Haine. Il n’avait pas envisagé que Sasuke apprenne l’horrible vérité. Il est mort en croyant avoir ramené l’ordre dans le cycle des Uchiha. Itachi, je tiens aujourd’hui l’occasion de finaliser l’œuvre de ta vie. Je ne vais pas la manquer.

 

Inspirant longuement, rassemblant ses pensées, Naruto fit un ultime pas en avant.

Derrière lui, Shisui et Itachi le dévisageaient. Qu’allait-il faire ? En tant qu’Hokage, et au vu de la situation, il pouvait logiquement en finir avec Fugaku. C’était dans ses prérogatives. Mais son expression triste prêtait à confusion.

-       Fugaku. Fit Naruto. Je crois que la discussion que nous aurions dû avoir depuis que je suis revenu doit se faire maintenant. Il n’est plus temps de tergiverser.

Le chef du clan Uchiha ne dit rien. Des pensées contradictoires bataillaient dans sa tête. Un mélange de découragement et de haine. Pour se laisser le temps de reprendre contenance il décida d’écouter ce que l’Hokage voulait lui dire. Il serait toujours à temps de réagir plus tard. D’autant qu’ils étaient entourés par des dizaines d’ANBU qui avaient déjà neutralisé ses hommes.

Naruto se retourna vers ses troupes. Ce qu’il voulait faire devait se dérouler sans trop de témoins gênants.

-       Ninjas. La situation est sous contrôle. Vous pouvez rejoindre vos baraquements. Regroupez les membres du clan Uchiha dans un lieu suffisamment grand. Qu’ils soient bien traités. Et que personne ne s’attaque à eux, civil ou ninja. Nous statuerons plus tard sur ce qu’il convient d’en faire. Komori et Kaeru. Je veux que vous établissiez un périmètre autours d’ici. 50 mètres de diamètre. Empêchez quiconque de s’y aventurer. Ordre de l’Hokage. Si Sandaime-Sama demande ce qu’il en est, dites-lui que la procédure temporelle suit son cours. Il comprendra.

 

Les ANBU disparurent dans un nuage de fumée. Alors que les trois jeunes Uchiha allaient les imiter, Naruto les retint.

-       Stop vous trois. Il se trouve que cette conversation vous concerne  plus ou moins directement. Restez.

Puis enfin, il se tourna vers le chef de clan.

-       Bon, entre nous, je te cache pas que la situation est grave. A l’instant où nous parlons, je suis prêt à parier que les trois quarts du Village voudraient vous voir morts toi et les tiens. Sandaime-sama et ses Conseillers finiraient par se ranger à leur avis.

Il soupira une nouvelle fois, ses trois interlocuteurs étaient suspendus à ses lèvres attendant le verdict.

-       Mais il n’est pas question d’en arriver là. Car, bien que tu ne le saches sans doute pas, toute cette histoire fait partie d’un tout beaucoup plus grand.

-       Qu’est-ce que tu racontes, Uzumaki ! Cracha l’Uchiha. Si tu crois que je vais accepter ta pitié…

Il y eut un bruit de craquement lorsque le poing du Yondaime s’écrasa sur sa pommette.

-       Bon écoute, monsieur je me la pète, tu vas arrêter de me les briser. Si je suis encore là, c’est pour te sortir de la merde où tu es. Rien, tu m’entends, rien ne pourrait m’empêcher de te tuer ici et maintenant. Alors maintenant, tu la ferme 40 secondes !

Ça suffira Kyubi. Je ne tiens pas à le tuer.

Tu es trop faible !

Tais-toi ! Toi plus que quiconque, tu ne devrais jamais oublier à quel point je suis capable d’aller au bout des choses lorsque je suis décidé. N’est-ce pas, « démon » renard à neuf queues ?

 

-       Fugaku. Reprit le blond doucement. Il y a une unique raison pour laquelle j’agis de la sorte. Quelque chose que tu sembles avoir oublié.  Je viens du futur. Et je suis né trois mois après Sasuke. Association d’idées. Je connais le devenir de ton clan. Je connais le sort horrible qu’il t’est arrivé ainsi qu’à Mikoto.

L’Uchiha le regarda pour la première fois avec une certaine hésitation. L’argument semblait l’avoir touché. Naruto en eut conscience.

-       Malgré ce que le commun des mortels pourrait penser des Uchiha, je sais que tu les aimes. C’est la raison de ma présence. Alors, Uchiha Fugaku, laisse-moi te conter l’histoire sanglante du légendaire clan fondateur auquel tu appartiens. Tu seras libre d’en tirer toutes les conclusions nécessaires après.

 

 

Quelques mètres plus loin

 

Le Village était sans dessus-dessous. En fait pour être honnête, le Village n’avait « physiquement » rien. L’agitation venait des ninjas courant dans tous les sens.

Ce n’était pas tous les jours qu’un clan tentait un coup d’état contre le pouvoir en place. Quoiqu’historiquement ce ne soit pas sa première fois.

L’indignation collective avait poussé diverses personnalités à se manifester contre ce « clan de dégénérés congénitaux ». Plusieurs d’entre eux tentèrent d’ailleurs de s’en prendre physiquement à leurs membres dès qu’ils furent amenés à passer par la rue principale.

Mais les ordres du Yondaime étaient très clairs. Et chaque fois, un membre des Forces Spéciales du Village s’interposa.     

Les hués ne cessaient de s’intensifier. Le peuple voulait la mort de tout un clan. C’était une première depuis des décennies. Et très peu s’en souvenaient encore.

Tout ce petit monde fut conduit dans une salle particulièrement grande, le sous-sol de l’Hôpital général. Les soins pourraient ainsi être apportés aux plus nécessiteux.

Puis, les Forces Spéciales s’établirent autours des issues. Les gardant, tant pour leur sécurité que pour celle des autres.

Mais pour autant, le Village ne s’était pas calmé. Pire que tout, des torches commençaient à apparaitre ici et là. Tous se dirigèrent vers l’orée du Village, lieu du quartier Uchiha.

De leurs fenêtres, les Conseillers virent passer ce cortège rouge de colère. Ils furent partagés entre crainte, soulagement et remords. Car il apparaissait clair que tous les membres du clan allaient être tués. Femmes et enfants compris.

Un autre ninja assista à la scène. Il comprit rapidement qu’elle pourrait être l’issue. Une issue macabre. Une vengeance.

Alors il agit. Devançant la foule, il se plaça devant l’entrée principale du quartier. Face aux dizaines de revanchards.

-       Stop ! Arrêtez-vous !

Tous dévisagèrent cet inconscient et notèrent qu’il portait la tenue de Jonin.

-       Vous n’avez pas le droit de les attaquer de la sorte ! continua ce ninja inflexible en se tenant aussi droit que la Justice elle-même. La décision revient au Yondaime Hokage.

Des cris indignés retentirent.

-       Ils veulent détruire Konoha !

-       Nos enfants sont en danger !

-       Tu es avec eux ! Traitre !

 

Le ninja composa plusieurs signes de mains/

-       DOTON : Mur de Boue !

 

Une paroi de terre surgit du sol, barrant le passage  à l’émeute.

-       Vous condamnez des innocents ! Que faites-vous des femmes et des enfants, des gens qui n’ont rien à voir avec l’attaque ! Et moi, Kakashi Hatake, Jonin de Konoha, je ne cautionne pas ça.

D’autres ninjas surgirent à ses côtés. Kurenai, Asuma, Gai, Hiashi, Shikaku, Inoichi, Chozâ et bien d’autres.

Tous avaient mis leurs familles à l’abri et étaient revenus prêter main forte.

Hiashi comprenait la volonté de Naruto. Lorsqu’il se tourna vers les bâtiments du clan Uchiha, il vit de nombreux enfants en bas âges et des vieillards les observant avec craintes. Il secoua la tête, sa résolution plus forte que jamais.  Lui non plus n’avait jamais apprécié de s’en prendre à des innocents.

-       Villageois. fit Shikaku. Kakashi-san a raison. Il ne serait pas raisonnable de s’en prendre ainsi à des personnes innocentes. Naruto-sama ne le voudrait pas. Il nous a formellement interdit de nous en prendre à eux jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les derniers évènements.

Certains plus emportés que les autres se jetèrent en avant. Aussitôt les ombres se mirent à croitre pour les entraver et finalement les immobiliser.

-       Les responsables seront punis ! Maintenant, cessez cela et rentrez chez vous.

 

 

Quelques centaines de mètres plus loin.

 

Naruto et Fugaku s’observaient yeux dans les yeux sous le regard de trois jeunes Uchiha. Ils sentaient inconsciemment que l’Histoire était en train de s’écrire devant eux.

-       Les Uchiha étaient un clan redoutable né il y a environ deux-cent ans, mais dont les origines remontent à 3000 ans. Ils descendent du fils ainé de l’homme qui a inventé le Ninjutsu : le Rikudo Sennin en personne. Un véritable Dieu qui est à l’origine des esprits à queues. Il vécut durant très longtemps. Pourtant, même lui n’était pas immortel et sa vie arriva à son terme. L’ermite, sur son lit de mort, devait trancher entre ses deux fils pour lui succéder. L’ainé disposait de pupilles redoutables, bien au-delà du sharingan. Pour lui, on ne pouvait triompher sans imposer la force. De l’autre côté, son cadet possédait une énergie vitale ahurissante ainsi qu’un corps à toute épreuve. Lui pensait qu’il fallait unir les peuples dans la fraternité. Rikudo Sennin trancha en faveur du cadet. Mais l’aîné refusa que le pouvoir lui échappe ainsi. Il provoqua son frère en duel.

Naruto soupira.

-       On ne sait pas qui gagna cet affrontement, mais les frères devinrent des ennemis mortels.  C’est là que commence le drame qui nous conduit à aujourd’hui. Car leurs enfants continuèrent à s’affronter  au fil des siècles. Les descendants du fils ainé devinrent les Uchiha et ceux du cadet les Senju.

Fugaku afficha pour la première fois une mine surprise. Mais il se ressaisit immédiatement.

-       Tu mens. Ça ne peut pas être ainsi.

Mais son temps montrait qu’il ne croyait pas à ce qu’il disait lui-même.

Naruto se contenta d’acquiescer silencieusement.

-       Tu sais au fond de toi que cette lutte Senju/Uchiha venait de très loin. Faisons un bond dans le temps jusqu’aux origines de Konoha. Là où le clan Uchiha commença à faire véritablement parler de lui. A cette époque, il n’y avait pas de Villages ninjas. Tout juste quelques clans de mercenaires vivaient ici dans des campements nomades. C’était une sombre époque. Il n’y avait aucune pitié, aucune compassion. Le sang coulait à flot. On envoyait des enfants combattre, comme de la chair à canon. On avait coutume d’en faire le plus possible pour renouveler la main d’œuvre. Voilà ce qu’était un ninja : un combattant sans sentiment ni appartenance. Voilà ce qu’était un enfant : une perte envisageable. Les parents ne s’y attachaient pas. Ils pouvaient mourir d’un jour à l’autre, alors quel intérêt ? C’est à cette époque que naquit un homme que nous connaissons tous bien. Un certain Madara, avant dernier d’une fratrie Uchiha. Il vécut dans cette ambiance sanglante, et grandit avec la haine comme camarade de jeu. Nul ne sait comment il devint l’homme qu’il est aujourd’hui.

Toujours est-il qu’il devint une menace pour tous, les Senju et même son propre clan : ton clan. Les Uchiha eurent peur de ses idées extrémistes. Ils finirent par s’en méfier. Madara furieux devint incontrôlable et déchaîna le pouvoir du Kyubi sur Konoha. Il voulait détruire le clan qui l’avait trahi. Et c’est à cet instant que commença la peur des Uchiha dont l’attaque d’aujourd’hui n’est qu’un acte parmi tant d’autres.

Il prit le temps d’inspirer longuement avant de reprendre.

-       Parce que tous ne pardonnèrent pas aux Uchiha, même à ceux qui combattirent le danger aux côtés du reste des villageois. Tant qu’Hashirama Senju le Shodai Hokage vécut, vous furent épargnés. Mais à sa mort tout changea.

-       C’est à cet instant que Tobirama nous a mis à l’écart. Cracha Fugaku.

-       En effet. Mais sa raison dépassait la seule marginalisation ou la cruauté gratuite. Tobirama Senju a subi un terrible traumatisme à cause de Madara. Outre les fois où ce dernier l’a vaincu sur le champ de bataille, Madara a surtout tué de sa main les gens qui lui étaient chers. Nidaime avait une peur terrible qu’un jour un autre Madara voit le jour parmi les Uchiha, et se remette à commettre des atrocités. C’est pour cela qu’il vous a trouvé un poste où vous seriez constamment sous le feu des projecteurs. Ce fut une erreur monumentale.

 

Le récit en arrivait maintenant à l’époque présente, et Naruto pouvait voir que l’intérêt de Fugaku se ravivait. Assurément, l’Uchiha attendait de voir quel serait le point de vue sur ces événements

-       Vous mettre à l’écart fut une terrible erreur. Car, ce faisant, il contribua à la naissance de sa crainte la plus importante. Ceux qui contrôlent le crime ont tendance à se faire détester. Et l’autorité que vous avez reçu vous a rendu imprudents. De plus, sous prétexte que vous aviez la tâche de surveiller les criminels, les habitations du clan se sont éloignées du cœur du Village. Une véritable prison. C’est là que vous avez commencé à vous rebeller contre Konoha.

 

De leur côté, Itachi, Shisui et Ayami suivaient la conversation sans dire un mot. Ils connaissaient évidemment l’histoire de leurs clans, mais certains éléments étaient une véritable découverte. Des décennies de non-dits, de frustration et de haine.

Pourtant, jamais ils n’auraient pu s’imaginer ce qui viendrait ensuite.

 

-       Fugaku. Je comprend parfaitement ce qui vous a poussé à vous rebeller contre Konoha. Non…disons que je l’ai compris très récemment.

-       Qu’est-ce que ça change, Uzumaki ? Tu prétends connaître notre histoire et tes déductions sur nos raisons sont justes. Si tu penses de cette façon, pourquoi soutenir les gens qui nous ont mis à l’écart.

-       Ne te crois pas exempt de fautes ! fit Naruto sévèrement. Je ne cautionne pas le fait d’agir de la sorte. Mais tu sembles avoir sauté une partie de mon récit. Je vais te le dire plus explicitement. Je suis venu changer l’Histoire. Parce je sais quelque chose que tu ignores. Si aujourd’hui je vous ai empêché de commettre un coup d’état, cela n’a pas été le cas à l’époque d’où je viens.

 

Il inspira une nouvelle fois. Il y était. Le changement le plus important de son voyage dans le temps allait se jouer maintenant.

Désolé Itachi….

-       Tout était prêt. Vous aviez mis au point le même plan qu’aujourd’hui. Mais, quelques jours avant cette date, Konoha a été informé de vos malversations. Ils avaient un espion qui leur a tout dis. Ils ont alors mandaté un ANBU particulièrement doué pour lui donner une mission de rang S. Une terrible mission. Anéantir le clan Uchiha dans son intégralité.

Fugaku sursauta et poussa un cri. C’était la première fois que Shisui et Itachi ( relativement anxieux au fur et à mesure des explications de Naruto) le voyaient à ce point surpris. Très vite la colère reprit le dessus.

-       Chiens de Villageois ! cria le chef de clan. Et tu oses me demander d’être tolérant.

Naruto poursuivit sans tenir compte de l’interruption. Le plus dur était à venir.

-       Ce ninja a mené sa mission. Il tua l’intégralité du Clan Uchiha. Verrouillant ses sentiments, il assassina tout le monde. Parents, cousins, amis, compagne…car c’était un membre de ce clan…

-       QUI ?

-       …mais il échoua en partie. Car il ne put tuer la personne qu’il aimait le plus au monde. Ce ninja qui avait étouffé ses propres sentiments, ce ninja au mental d’acier, ne put tuer son petit frère qui tenait plus que tout. Et oui…Itachi Uchiha ne parvint pas à tuer Sasuke Uchiha.

Le froid s’abattit sur le périmètre. Tous se tournèrent vers le jeune homme qui venait de perdre son masque d’impassibilité.

-       Je les ai tous tués ? marmonna-t-il en tombant au sol.

Shisui et Ayami eux, retenaient également la précision de Naruto : « il assassina tout le monde. Parents, cousins, amis, compagne ». Cette phrase était pour eux.

Quant à Fugaku il n’y croyait pas.

Mas Naruto n’avait pas fini.

-       Itachi, conscient de l’horreur de son geste, chercha un moyen de payer son crime. Il convainquit Sasuke qu’il avait agi par pur sadisme. Il n’avait qu’une seule idée en tête.

Itachi releva brusquement la tête. La suite logique lui venait naturellement.

-       Se faire tuer par Sasuke pour que l’honneur du clan Uchiha demeure intact. Dirent Naruto et Itachi en même temps.

Naruto fit un signe de tête et poursuivit seul.

-       Itachi, pour ce service, a été déclaré meurtrier, déserteur de rang S tuable à vue. Sasuke était mon ami à cette époque. Je l’ai vu sombrer dans les ténèbres. Il n’a vécu que pour la vengeance. La destinée sanglante du clan Uchiha a ressurgi. Il a déserté à son tour pour s’améliorer en compagnie de gens peu fréquentables. Puis il a retrouvé Itachi et l’a combattu vaillamment. Ce dernier a poussé Sasuke dans ses derniers retranchements. Puis, il est mort, usé prématurément par les conséquences d’une longue maladie incurable. Le Clan était « vengé ».

Le chef de clan buvait maintenant ses paroles. Il n’en revenait pas.

-       Que s’est-il passé ensuite ? demanda-t-il sans plus se soucier de maitriser ses sentiments.

De son côté, Itachi, dévasté s’était rapproché d’eux, suivi par ses cousins eux-aussi sous le choc.

-       Les choses auraient pu s’arrêter là. Reprit Naruto. Sasuke serait revenu au Village, auréolé de gloire et serait probablement devenu Hokage par la suite du fait de ce geste incroyable et de l’admiration que les villageois portaient aux Uchiha sans l’avouer vraiment. Mais….son chemin a croisé celui d’une personne.

Il souffla un instant.

-       Ce jour-là, Sasuke rencontra Madara.

-       Non ! firent Fugaku et Itachi en serrant le poing d’un même mouvement.

Naruto sourit légèrement.

La simple mention de Madara le fait frémir. On dirait bien que ce Koto Amatsukami fait effet.

-       Si. Madara lui raconta tout. Il lui expliqua que le Village s’était servi d’Itachi, que Konoha haïssait les Uchiha et qu’ils ne cherchaient plus qu’un moyen pour les éliminer. Sasuke l’a cru. Toute la haine qu’il avait portée à son frère il l’a reportée sur Konoha. A cet instant, il t’a dépassé dans la haïne Fugaku. Toi tu voulais reprendre le Village. Lui voulait le détruire, l’annihiler pierre par pierre, tuer chaque personne du Pays du Feu qui avait profité de la Paix due à l’absence de coup d’état. HENGE.

Un instant plus tard il avait pris l’apparence d’une autre personne

Une personne que tous reconnurent sans aucun peine.

Grand, cheveux noirs, sharingan : Sasuke âgé de 16 ans. Mais il n’avait plus rien du petit garçon grognon qui s’amusait avec son grand frère. Son visage était glacé, ses yeux remplis d’une terrible haine. Il était habillé d’une longue tenue noire et d’une capuche. Dans son dos, un long sabre.

-       Sasuke….

Fugaku serra les dents.

-       Reconnais-tu ton fils, Fugaku ? fit Naruto avec la voix de Sasuke. Tu as devant toi un authentique Uchiha de l’Ancien Temps. Un Uchiha qui, tel Madara, aurait pu vivre il y a 80 ans. Un ninja sans la moindre pitié qui ne vit que pour faire couler le sang. C’EST VRAIMENT CE QUE TU VEUX POUR TON FILS !!!!

-       Es-tu en train de me dire que c’est à cause de moi qu’il est devenu comme ça ?

Naruto se calma et se détransforma.

Maintenant, c’est quitte ou double. Tant pis, je vais arranger les choses à ma sauce.

-        Tu es sans aucun doute lié de près ou de loin à cette transformation Mais ce n’est pas tout. Car Madara a délibérément menti à Sasuke. Il l’a manipulé pour qu’il puisse détruire Konoha à sa place. Ce serait sa propre vengeance. Un Uchiha qui détruit Konoha. Quelle belle provocation envers son clan et son village. Ce qu’il n’a pas dis à Sasuke, c’est que c’est lui qui s’est allié avec les Conseillers du Village pour les convaincre du bien-fondé de détruire les Uchiha.

-       Non….

-       Il est venu à Konoha et convainquit Danzo de faire cause commune. Danzo, héritier du Nidaime, détestait les Uchiha. De plus, vous connaissiez certains de ses secrets les plus noirs. Madara l’a bien compris. Et tu sais quoi ? C’est pour cette raison qu’il est venu il y a quelques jours au Village, le jour où je l’ai affronté. Ce jour-là, il devait retrouver Danzô pour lui soumettre son plan. Mais je l’en ai empêché. Voilà pourquoi l’ordre de mission n’a pas été donné à Itachi. Voilà pourquoi vous avez pu arriver au jour de votre coup d’état sans être inquiété par le Village. Et voilà pourquoi je t’ai empêché d’agir aujourd’hui, Fugaku. Ce n’est pas le Village que je protégeais de vous. C’est l’inverse.

-       Comment as-tu su tout ça, Uzukaze Naruto ? demanda Fugaku d’une voix atone. Tu as dit un jour que tu n’étais que Genin. Comment un aspirant a-t-il appris une telle affaire.

Il a dit Uzukaze. Cool.

-       D’abord, Sasuke était mon meilleur ami. Il m’a raconté le « massacre du clan Uchiha » plusieurs fois. J’ai vu sa haine s’accroitre, et je me doutais que ça aurait des conséquences graves. Mais je n’étais pas conscient de l’étendue. Puis, des années plus tard, j’ai appris qu’il  avait tué Itachi, mais il ne revenait pas. J’ai un jour croisé Madara qui m’a dit à demi-mots qu’il avait rencontré Sasuke. Pour autant, je ne savais pas grand-chose avant de revenir dans le temps parce que je ne croyais pas en ce que disait ce terroriste. J’ai finalement compris de quoi il en retournait en regardant objectivement les choses. Les Uchiha étaient mis à l’écart. J’ai également vu le vrai visage des conseillers, j’ai commencé à émettre des hypothèses.

 

Itachi songea alors à ce que lui avait dit Naruto lors de son retour de voyage il y a quelques semaines.

« Je pense que nous aurons l’occasion de discuter tranquillement un de ces jours. Fit Naruto. En attendant, je te souhaite bonne chance pour la suite. Permet moi de te donner toutefois un petit conseil. Fais bien attention aux Anciens du Village et aux missions remplies de haine qui pourraient en découler.».

-       Puis, un jour, tous ces éléments se sont assemblés. Les Conseillers ne pouvaient confier leur mission qu’à un homme. Un Uchiha, pour lui permettre d’entrer dans les quartiers du clan. Un ANBU tellement doué qu’il puisse venir à bout de combattants chevronnés. Quelqu’un dont on ne doutait pas de l’aptitude à maîtriser ses sentiments. Mais même un génie comme Itachi ne pouvait tuer son petit frère adoré. C’est pourquoi il monta son plan. En faisant de Sasuke un sauveur, il lavait votre clan de sa souillure. J’ai donc compris qu’Itachi avait toujours eu l’intention de mourir de la main de son frère afin que ce dernier obtienne ensuite le Mangekyou Sharingan. Et par extension, tout a coulé de source.

-       Et j’aimerai également savoir pourquoi tu fais tout ça. Intervint Shisui qui parlait pour la première fois depuis longtemps.

-       Comme je l’ai dis, Sasuke était mon meilleur ami. Le voir plonger dans les ténèbres m’a fait douter. J’ai essayé de comprendre ce que voulait dire la haine. Sans résultats. Mais lorsque je suis arrivé à cette époque, j’ai découvert le clan Uchiha. J’ai découvert la notion de famille. J’ai alors pris la décision d’essayer de changer le destin de mon ami. Afin qu’il ne vive pas ce cauchemar. C’est également pourquoi j’ai déclaré à tous les villageois que vous n’étiez pour rien dans l’attaque de Kyubi d’il y a huit ans. J’espérais qu’ils cesseraient de vous marginaliser. C’est également pourquoi j’ai fait un discours sur la Haine hier. Mais c’est lorsque j’ai affronté Madara que j’ai réalisé la noirceur de cet être. J’ai compris qu’il en voulait à tous, Uchiha ou non. Et ça je ne le veux pas.

Il s’avança vers le chef de clan. De sa poche, il sortit un rouleau de parchemin.

-       Toi et ton clan vous êtes libres. Toutes les charges pesant contre vous ont été annulées. Et par ma main. Je te le donne.

Le chef de clan le prit avec perplexité.

-       Fugaku, la question se pose maintenant. Que vas-tu faire ? Vas-tu suivre la voie d’un psychopathe en puissance qui vous tuerait toi et les tiens sans le moindre remord ? Vas-tu jeter tes enfants dans la Haine et la vengeance ? Comme je te l’ai dis, je n’ai pas l’intention de laisser les responsables de ce drame agir plus longtemps. Les Conseillers seront punis. J’en fait le serment. J’ai suffisamment de documents à charge pour les inculper sérieusement. Fugaku, le clan Uchiha peut renaître. Vous n’êtes plus des dangers. Vous n’êtes plus des meurtriers en puissance. Vous êtes le clan fondateur de Konoha. Vas-tu te joindre à moi et en finir avec tout ça ? FUGAKU ! REND SA GLOIRE AUX UCHIHA ! FAIS EN LE CLAN LE PLUS PUISSANT ET RESPECTE DE KONOHA ! FUGAKU UCHIHA MET FIN A CETTE HISTOIRE SANGLANTE ! NE DONNE PAS RAISON A CE MALADE ! PROUVE-LUI LA NOBLESSE DE VOTRE SANG ! PROUVE-LUI QU’IL SE TROMPE !

Puis, sur un ton mêlé de douleur et de volonté il prononça une dernière phrase. Une décennie de recherches pour comprendre et sauver son ami se retrouvaient résumées en quelques mots. C’était l’apothéose de toute cette tristesse. Enfin. Enfin, il tenait le moyen de tenir sa promesse par-delà l’espace et le temps.

-       Protège Konoha et sauve Sasuke !

Et alors, chose inimaginable, Fugaku posa un genoux à terre sous les yeux ahuris de Shisui, Ayami et Itachi. Le chef de clan, indomptable et ombrageux, s’inclinait respectueusement devant le Yondaime.

C’était un geste incroyable. Ce faisant, le fier guerrier s’engageait aux côtés de ses anciens opposants contre un adversaire commun. Il changeait le destin des Uchiha.

Et Naruto était bien conscient de toute la portée de ce geste.

-       Relève-toi Fugaku. Relève-toi et marchons ensembles. L’avenir vient de complètement changer. Le clan Uchiha est destiné à perdurer.

-       Il reste le Conseil. Fit remarquer l’Uchiha. Ils pourraient très bien mandater un autre agent. Et ce serait la guerre car nous nous y attendrons et ne laisserons pas ça impuni.

-       Je suis heureux que tu fasses la distinction entre les Conseillers et moi. Quant à cela….

Sa mine se fit soudainement féroce.

-       Il n’est pas dit que tout ça aurait pu se passer sans l’intervention de Madara. Mais je ne vais prendre aucun risque. Je vais m’occuper de leur cas. Retournez dans vos quartiers (provisoires car nous allons les remettre à leur place initiale). Rassurez vos femmes et vos enfants. J’y vais, ‘ttebanio.

Puis, lentement, il se dirigea vers le trio de jeunes Uchiha qui contemplait la scène avec un mélange d’effarement, de curiosité et de joie.

Naruto s’approcha du plus jeune des trois, mais non le moindre. Cet homme qu’il avait d’abord haï avant de comprendre l’étendue du fardeau qu’il avait porté sur ses épaules.

-       Itachi. Cela faisait bien longtemps que je voulais te parler de tout ça. Pardonne moi de ne pas t’avoir révélé ce secret. J’ai également  refusé sciemment de dire à Fugaku le nom de celui qui les a espionnés. Il ne m’appartenait pas de trahir cette information. Fais en ton profit.

Le jeune homme le remercia respectueusement de cette initiative. Même aux côtés de Konoha, son père ne lui aurait pas pardonné le fait de les avoir espionné. Un jour peut-être il pourrait s’en délivrer. Un bien léger fardeau, toutefois, comparé à celui qu’il aurait pu porter en ayant tué son clan.

Naruto lui sourit. Puis à son tour, il s’inclina.

-       Je te rends hommage, Uchiha Itachi, Ninja de Konoha jusqu’à ta dernière heure. Je rends hommage à ton intelligence. Je rends hommage à cette volonté de protéger Konoha jusqu’à ta mort. Je sais que tu dois ressentir une horrible sensation à l’idée d’avoir assassiné les membres de ton clan. Tout du moins d’avoir été à quelques doigts de le faire. Mais laisse-moi t’apporter un soulagement. Je te l’ai épargné. Tu ne vivras jamais cette mission horrible.

Il lui tendit un rouleau scellé.

-       Voici un parchemin de ma main qui garantit que cette mission est interdite, sauf si j’en fait la demande. Et je ne la ferais jamais.

Itachi s’en saisit avec reconnaissance et surprise.

-       Autre chose. Madara a essayé de te corrompre, mais tu as retourné son plan contre lui. Non seulement en lui interdisant de toucher Sasuke. Mais également en t’intégrant dans son organisation Akatsuki pour le tenir à l’œil. C’est toi qui m’as donné l’œil de Shisui afin que je l’utilise contre Sasuke si celui-ci venait à attaquer Konoha. D’ailleurs…

Il attrapa le corbeau d’une main et le tendit à Shisui qui s’en empara maladroitement. L’homme et le volatile partageant le même œil se dévisagèrent avec perplexité ne sachant pas vraiment quoi faire.

Naruto se tourna vers lui.   

-       Quant à toi, noble Shisui. Apprend que tu n’es pas mort de la main d’Itachi. Tu t’es suicidé peu avant le massacre après avoir essayé de les arrêter avant qu’ils ne se rebellent. Tu as confié tes rêves à ton meilleur ami. Aussi je te rends cet œil que d’une certaine manière tu as perdu à cause de moi. Puisque c’est le tien, il sera aisé de le greffer.

-       Merci, Naruto-sama.

Naruto se tourna vers Ayami.

-       Quant-à-toi, je ne sais pas grand-chose sur ce que tu es devenu. Peut-être es-tu toujours vivante à mon époque. Ou pas. Toutefois, puisque le futur a changé, j’espère pouvoir te compter à mes côtés pour tuer Madara une bonne fois pour toute.

-       Oh oui, Naruto-sama. Vous le pouvez. Il tient le corps de mon frère. Je veux le récupérer d’une façon ou d’une autre.

Puis Itachi, la voix étonnamment enrouée et les sourcils froncés, conclut cet accord solennel.

-       Il ne l’a peut-être pas fait ici, mais je garde en mémoire le fait qu’il ait corrompu Sasuke. Et ça, il devra en répondre.

-       Bravo !

Bigre. Un Itachi en colère. Je n’aimerai pas en être l’objet.

 

-       Je crois, reprit Naruto, que votre clan mérite de recouvrer la liberté. Portez donc cette missive aux gardes à l’entrée. Voyons, où est-elle ?

Il commença à sortir divers rouleaux de ses poches.

-       Subventions pour Ichiraku, non….maison de retraite, ça c’est pour après….facture de 1500000 ryos en frais de vêtements, évidemment….attend….1500000 ryos ! QUOI !!!! Mais j’ai jamais acheté autant de vêtements de toute ma vie ? c’est impossible ! Non…Tsunade, espèce d’avare. Tu utilises mon propre compte en banque ! C’est pas du jeu, ‘ttebanio ! Tu vas voir le châtiment que je te réserve !

 

Les Uchiha sourirent devant l’air désespéré de leur Hokage. Lequel baissa les bras.

-       Soit. Je m’en occupe moi-même.

Il s’éloigna dépité par ce coup bas.

 

Pendant ce temps….

 

-       AAAATCHOUM

-       A vos souhaits, Tsunade-sama.

-       Snif…merci

Le Sanin sortit un grand mouchoir de sa poche et entreprit de se dégager les sinus.

-       Ça, c’est quelqu’un qui parle de moi, et en mauvais termes.

 

Elle soupira et observa la grande pièce où elle se trouvait actuellement. Après l’ordre de Naruto, elle s’était rendue à l’hôpital accompagnée d’Hazuki en attente d’éventuels blessés.

Et heureusement, il y en avait fort peu. Pour ne pas dire quasiment aucun. Des blessés légers souffrants de quelques echymoses tout au plus. Le coup d’état avait été arrêté à temps. Et évidemment il n’était pas vaiment dur de savoir par qui.

Pendant qu’Hazuki l’aidait en faisant l’inventaire du matériel, la blonde observa pensivement les environs de sa fenêtre.

Elle repensait à cette conversation qu’elle avait eue avec Naruto il y a quelques jours.

 

Quelques jours auparavant

 

La salle où Naruto leur avait donné rendez-vous, à elle et Jiraya, était étroite et froide. Naruto leur avait paru vraiment marqué ce jour-là. Il arborait une mine sérieuse, ce qui présageait de mauvaises nouvelles.

Le blond était entré dans le vif du sujet sans prendre de gants.

-       Pour ce soir-là, le soir où nous avons été attaqués, j’ai de nouvelles informations. J’ai diligenté ma propre enquête à l’aide de certains moyens en ma possession.

-       De quoi s’agit-il ? avait demandé Jiraya.

-       L’affaire est beaucoup plus compliquée que je ne le pensais. Et j’ai bien peur que les choses n’aillent en s’empirant.

Devant la mine interloquée de ses deux vieux amis, il avait précisé ce qu’il entendait.

-       Ces hommes qui nous ont attaqués l’ont fait sur l’ordre d’une personne. Quelqu’un qui nous voulait du mal, ‘ttebanio. Une personne prête à tout pour faire triompher ses intérêts.

Il s’assit sur une chaise, ayant l’air d’avoir soudain pris 10 ans en quelques secondes.

-       A mon époque, je ne me rappelle pas qu’il ait été aussi virulent. Peut-être est-ce la conséquence de mon voyage dans le temps, bien qu’honnêtement je ne puisse pas vraiment prétendre l’avoir souvent côtoyé.

-       Est-ce que nous parlons bien de la même personne ? demanda Tsunade qui tapotait nerveusement la table.

Naruto acquiesça.

-       Bien entendu. Il n’y a qu’une seule personne qui est derrière tout ça. Il s’agit de….

 

Bureau de l’Hokage

 

Cela faisait près d’une heure. Une heure qu’Hiruzen Sarutobi réfléchissait aux derniers évènements.

Mais une chose en particulier retenait son attention. Depuis qu’il était entré dans son bureau, il avait sorti sa boule de cristal afin de pouvoir observer le déroulement de la confrontation entre Naruto et Fugaku Uchiha. Ce qu’il avait entendu n’était pas pour le ravir.

 

« Tout était prêt. Vous aviez mis au point le même plan qu’aujourd’hui. Mais, quelques jours avant cette date, Konoha a été informé de vos malversations. Ils avaient un espion qui leur a tout dis. Ils ont alors mandaté un ANBU particulièrement doué pour lui donner une mission de rang S. Une terrible mission. Anéantir le clan Uchiha dans son intégralité ». Avait dit Naruto.

 

Oh, il n’y avait pas à se fourvoyer. Il le savait très bien. Depuis quelques temps, Danzo et ses deux Conseillers faisaient des allusions de moins en moins subtiles sur cette possibilité.

Il  n’ignorait pas non plus la plupart des éléments du récit de Naruto concernant le clan Uchiha au cours du dernier siècle. Il en avait vécu certains.

Itachi était un ninja brillantissime, le genre de génie qui n’apparaît qu’une fois dans toute une vie. Il serait parfaitement acquitté de sa mission. Il s’en était parfaitement acquitté.

Et quel en avait été le résultat ?

Il avait surtout entendu ce qui était arrivé après l’apprentissage de la vérité par Sasuke. Le jeune Uchiha s’était retourné contre Konoha, il avait été manipulé.

En ayant accepté un tel massacre, il avait créé une haine inimaginable.

Ce n’est pas ça qui était prévu. Je commence à me dire que cette solution est beaucoup trop radicale.

 

Ses pensées se détournèrent vers Naruto.

Tu le savais, n’est-ce pas ? Tu as deviné le rôle que j’y avais joué. C’est pourquoi tu as ainsi pris les devants.

Il soupira.

Je ne sais pas quoi en penser.

 

La porte s’ouvrit brusquement sur Kakashi. Son visage marqué attira son attention.

-       Que se passe-t-il ? La révolte aurait-elle repris ?

Le Jonin eut un signe de négation.

-       Naruto-sama vous demande. Il a dit que vous deviez venir voir quelque chose de la plus haute importance.

Le Sandaime eut un mauvais pressentiment.

-       T’a-t-il dit de quoi il s’agissait ? demanda-t-il avec précipitation.

-       Vous comprendrez en venant. Se contenta de répondre Kakashi toujours le visage fermé.

 

Guidé par Kakashi, Hiruzen Sarutobi se rendit donc dans une salle immédiatement reconnaissable. La salle où avait eu lieu la discussion à propos de la nomination ou non de Naruto au poste d’Hokage.

Lorsque la porte fut ouverte, le vieil homme eut un mouvement de surprise indéfinissable.

Il n’a quand même pas….

 

Quelques instants plus tôt

 

La salle était secrète.

Personne d’autres qu’eux trois ne la connaissaient. C’était là qu’ils discutaient, hors de l’enceinte du Village, de certaines mesures officieuses à mettre en œuvre.

C’était une sécurité. Un moyen d’agir pour Konoha…sans que Konoha ne le sache.

Le propre du shinobi…

 

Et c’est de shinobi dont on parlait actuellement.

D’un clan de shinobi aux yeux rouges.

 

-       La révolte a-t-elle abouti ?

-       Je ne pense pas. Les troupes se seront défendues. Et les Uchiha n’ont pu y résister.

-       Et en ce qui concerne…

La voix vieillissante fut noyée dans le bruit d’une explosion lorsque la porte fut soudain détruite.

Un homme seul s’avança.

Jeune, cheveux noirs et tenue d’ANBU. Deux yeux d’un rouge profond. Un Uchiha.

-       Par ordre de Naruto Uzukaze, Hokage Daiko de Konoha, je vous arrête. Veuillez me suivre sans résistance.

Trois individus se levèrent brusquement de leurs sièges.

-       C’est une plaisanterie, jeune homme ?

-       En aucun cas. Coopérez prestement, je vous en prie.

-       Il n’est pas question que….

Le jeune Uchiha dégaina son sabre. Aussitôt pas moins de deux dizaines d’ANBU apparurent autours des trois accusés.

-       Ce n’était pas une requête, mais un ordre, Conseiller Homura. Amenez-les.  

Bien encadrés, Danzô Shimura, Homura Mitokado et Koharu Utatane furent conduits dans une pièce souterraine où on les assit sur des bancs. A l’examen du lieu, ils constatèrent que tous les chefs de clans (dont Fugaku Uchiha) étaient présents ainsi que deux représentants des civils de Village, Tsunade et Jiraya. Un conseil extraordinaire.  

-       Que faisons-nous ici ? s’enquit Koharu. De quel droit vous permettez-vous de…..

-       C’est moi qui aie ordonné à Itachi, ici présent, de se saisir de vos personnes.

Le jeune homme qui avait arrêté les Conseillers s’inclina respectueusement.

Naruto venait d’entrer dans la pièce. Il avait troqué son habit de fête pour sa tenue de Yondaime. Sur son visage nulle trace de compassion. Tout son être exprimait la froideur.

-       J’ai également demandé à Sandaime-sama de venir. Poursuivit-il. Quant à la raison…elle viendra bien assez tôt.

Comme pour lui donner raison, la porte s’ouvrit pour laisser passer Hiruzen. Il eut un mouvement de recul devant cette scène irréaliste.

-       Vous tombez bien. L’interpella Naruto en s’inclinant devant son prédécesseur. Veuillez pardonner cette convocation cavalière, mais l’affaire qui nous réunit ici m’a paru des plus urgentes.

-       Et de quoi s’agit-il ? demanda le Sandaime.

Naruto se retourna vers les trois conseillers qui le dévisageaient encore stupéfiés de l’affront.

Ils le furent encore plus devant la phrase sans pitié qui tint lieu de réponse. Des paroles aussi tranchantes que le fil d’un sabre.

Levant un doigt accusateur, tel la Justice elle-même, Naruto parla d’une voix glacée.

-       J’accuse ces trois-là du crime de trahison envers le Village de Konoha ! S’ils sont ici c’est pour répondre de ces lourdes accusations devant les représentants du Village.  

Il y eut un moment de flottement.

 

Pendant ce temps-là….

 

Alors que de terribles évènements se déroulaient dans le Palais Hokage, la vie du Village reprenait petit à petit son cours. Les Uchiha avaient été libérés de leur lieu de résidence forcée.

Si, au début, la foule s’était montrée véritablement réticente, l’arrivée des deux Sanins avait changé les choses. Ils avaient rapidement expliqué que c’était par ordre du Yondaime Hokage, qu’un procès allait avoir lieu dans les heures à venir et qu’enfin tout leur serait expliqué par l’Hokage lui-même au terme de ce procès.

Les Uchiha, de leur côté, ne s’attendaient pas à une telle situation. Ils étaient rentrés chez eux quelque peu ahuris (ce qui ne se voyait pas sur leurs visages impassibles évidemment). A leur arrivée, ils avaient trouvés le chef de clan, Fugaku, qui leur avait demandé de rentrer chez eux et d’attendre de ses nouvelles.

-       Je crois bien que l’histoire des Uchiha va bientôt s’illustrer d’un nouveau chapitre. Un chapitre en rupture avec les précédents. Avait-il seulement précisé.

Puis, il était parti à la réunion extraordinaire du Conseil du Village organisée par Naruto en un temps record.

 

Dans chaque domaine des chefs de clans c’était peu ou prou la même chose. Les événements étaient d’une extrême importance. Alors il fut décidé à la hâte que l’Académie soit ouverte aux enfants pour qu’ils puissent rester ensembles en toute sécurité. Mais également ( et surtout) pour qu’ils n’apprennent pas la teneur des décisions à venir.

C’est ainsi que toute la nouvelle génération se retrouva dans les jardins du somptueux bâtiment qu’était l’Académie Ninja sous la garde d’Iruka et quelques autres chunins enseignants.

Pour autant, et malgré toutes les précautions prises, les discussions allaient bon train. Et en premier lieu des chunins eux-mêmes qui n’avaient pas vraiment eu d’informations.

Pendant que les plus jeunes étaient regroupés dans un périmètre à la vue des adultes, nos jeunes étudiants à l’Académie avaient intelligemment pris position dans un endroit moins exposé.

Parmi eux, Shikamaru, Ino, Choji, Sakura, Kiba, Hinata, Neji, Shino, Sasuke ( un peu à l’écart) et bien entendu Hazuki.

Après l’incident lors de la fête, elle avait été amenée par Tsunade loin du tumulte ambiant. Mais la Sanin l’avait rapidement laissée, du fait de son poste à l’Hôpital, après lui avoir fait promettre de ne pas se mettre en danger. Par précaution, elle avait ordonné à Iruka de ne la laisser sortir sous aucun prétexte.

La jeune Uzukaze était le centre de l’attention pour une raison plus qu’évidente. Elle était la sœur d’un Hokage, et dans l’imaginaire des enfants, cela faisait d’elle une source de renseignements sur les événements en cours. Tous pensaient d’une façon ou d’une autre que Naruto lui avait raconté.

Aussi dut-elle passer plusieurs minutes à expliquer qu’elle n’était, en réalité, au courant de rien du tout. En fait elle se révélait toute aussi surprise que les autres.

Il faut dire que les rumeurs les plus ésotériques circulaient. D’aucuns prétendaient assidument que le Village avait été attaqué par une armée de Samurais. D’autres affirmaient de source de sure que le Palais Hokage était tombé aux mains de commerçants en colère.

Mais notre rouquine, quant à elle, pressentait quelque chose de beaucoup plus important. Bien que consciente que cela la dépassait complètement et que ce n’était pas ses affaires, elle se sentait tendue, inquiète.

Pourquoi j’ai mal à l’estomac, ‘ttebayo ? J’espère que Naruto va bien….  

Elle n’avait plus trop envie de jouer aux ninjas avec les autres. C’est pourquoi elle coupa court aux discussions.

-       Je vais aller m’asseoir un peu plus loin. Je reviens plus tard.

Elle partit sous le regard un peu déçu des amateurs de potins.

Son regard fut attiré par un jeune garçon lui aussi assis loin de l’agitation, l’air songeur. Elle le reconnut comme Sasuke Uchiha.

-       Je peux m’asseoir ? demanda-t-elle en désignant la souche d’arbre.

-       Si c’est pour être lourde ou parler tissus, tu peux partir.

Hazuki s’enflamma. Elle se retint de lui faire manger son poing à la dernière seconde. A la place elle plissa les yeux et haussa le ton.

-       Non mais c’est bon, faut pas se gêner, ‘ttebayo !  C’est quoi cette façon te répondre ?

Sans attendre sa permission elle s’assit sur la souche en le poussant légèrement. Sasuke la regarda éberlué. Les autres filles n’agissaient pas comme ça d’habitude.

-       Juste pour te signaler un truc. Je ne suis pas comme ces filles qui arrêtent pas de glousser et qui veulent te faire des bisous sur la bouche. Si je viens ici c’est pour être tranquille. Comme toi, non ?

-       Si…

Devant la réponse courte, Hazuki soupira mais eut un micro-sourire.

-       J’aime bien que tu sois silencieux. Toi, au moins, tu n’es pas en train de me poser plein de questions tout le temps.

Sasuke la regarda avec un peu plus d’intérêt.

-       Ah oui…Hazuki Uzukaze. Pfff…quel intérêt de poser des questions puisque c’est bien connu que les frères ainés ne disent rien à leurs cadets.

Il eut une moue boudeuse. Hazuki sursauta.

-       Parce que toi aussi ? s’exclama-t-elle étonnée.

Le brun acquiesça lentement.

De l’autre côté de la cours, les yeux étaient écarquillés. C’était la première fois qu’on voyait Sasuke discuter avec quelqu’un pendant plusieurs minutes. Les murmures débutèrent et certaines filles verdirent de jalousie.

Inconscients de ces rumeurs, les deux enfants continuaient leur discussion.

-       C’est mon frère Itachi qui m’a parlé du tien. Reprit Sasuke qui perdait sa réserve petit à petit.

-       Moi aussi j’ai entendu parler de toi. Naruto m’a dit que tu deviendrais un très grand ninja.

L’un comme l’autre purent constater le ton avec lequel chacun parlait de son frère aîné. Un ton rempli de respect et d’adoration. Ils comprirent à quel point ils étaient semblables d’une certaine façon.

-       Bon bah, puisque nous frères se connaissent bien, pourquoi on ferait pas un pacte ? proposa Hazuki.

-       Un pacte ?

-       Oui. Je te promets de ne pas t’embêter et en échange tu viens discuter avec moi plutôt que de rester tout seul. 

Sasuke réfléchit un instant. Cette fille avait pas vraiment l’air trop énervante. Et d’un autre côté, elle aussi avait un frère ainé.

Elle aussi doit vouloir le dépasser pour devenir plus forte. On pourrait trouver un moyen de s’entendre.

Sa décision fut prise.

-       Alliés ?

-       Alliés.

L’entente fut scellée par une poignée de main.

Dans le Village de Konoha, une nouvelle étape fut franchie dans le changement.

 

Salle du Conseil

Le silence fut rapidement remplacé par un concert de protestations venant des trois inculpés.

-       Qu’est-ce que c’est que ce tissu de mensonges.

-       Pure calomnie.

-       Elle est belle la Justice.

 

Sans daigner leur répondre, Naruto s’adressa au Sandaime.

-       Hiruzen-sama. Si vous voulez bien prendre la direction du Tribunal extraordinaire créé ici. J’ai des preuves à apporter à mon accusation, et par principe je ne peux pas être juge et partie.

Encore un peu secoué, le vieil Hokage pesa le pour et le contre quelques instants. En aucune façon Naruto n’avait mis en doute sa probité. Alors qu’il devait se douter qu’une telle mesure était forcément passée par lui à un moment ou un autre. En lui demandant de présider la séance, il le mettait au-dessus de la mêlée. Il l’exonérait de toute responsabilité en lui donnant une chance de se racheter ainsi que la possibilité incroyable de se rattraper pour avoir oublié le principe de la Volonté du Feu.

Aussi, accepta-t-il dans la seconde.

-       C’est d’accord. Nara-san, Hyûga-san, si vous voulez bien me servir d’assesseurs.

Les deux chefs de clans acceptèrent également et vinrent s’asseoir au côté de leur Hokage. Naruto de son côté alla s’installer dans un coin de la salle de façon à avoir tout le monde en visuel.

Dans le même temps, un membre des renseignements s’assit devant une table pour prendre en note ce qui serait dis.

Sandaime s’éclairci un instant la gorge avant d’inspirer et de se lancer. Il devait faire son travail.

-       Un peu de silence, s’il vous plaît. Nous allons commencer immédiatement. La raison qui nous réunit ici tient en l’accusation proférée par Naruto, ici présent, envers les personnes de Danzo Shimura, Homura Mitokado et Koharu Utatane. Ce jugement sera rendu par moi, en ma qualité d’Hokage et après avis de mes assesseurs. Je me réserve, par ailleurs, le droit d’interrompre la séance à n’importe quel moment.

Il appuya son menton sur ses mains jointes.

-       Devant le caractère quelque peu précipité de ce jugement, il m’apparaît évident que les parties n’ont pas pu préparer leurs arguments convenablement. Cela sera pris en compte de façon impartiale. De la même façon, je subodore que vous ne ferez pas appel à un avocat.

Le silence tint lieu de réponse.

-       Voilà comment nous allons procéder. Nous débuterons par l’accusation, continuerons par les témoignages à charge puis entendrons la défense. Les questions pourront être posées par les membres du jury sous réserve de manières correctes. La séance est ouverte. Naruto Uzukaze, veuillez-vous lever et prêter serment.

Naruto se leva.

-       Moi, Naruto Uzukaze, Hokage Daiko de Konoha, jure devant cette cours de ne pas modifier la vérité des accusations que je vais ici porter.

-       Nous vous écoutons.

Le jeune blond inspira avant de se lancer.

-       J’ai plusieurs accusations à porter. En premier lieu, j’accuse ces trois individus d’avoir fomenté en secret la destruction du clan Uchiha. Ensuite, je les accuse d’avoir porté atteinte à l’intégrité du Village. Enfin, et de façon beaucoup plus personnelle, j’accuse Danzo Shimura d’avoir voulu éliminer ma sœur, Hazuki.

-       De sérieuses allégations, Uzukaze. Encore faut-il le prouv….

Danzo fut interrompu par la voix grave d’Hiashi Hyûga.

-       Accusé Danzô. La parole ne vous a pas été donnée. Vous êtes prié de ne pas parler sans autorisation. Uzukaze-san, veuillez étayer votre accusation.

-       Mes preuves sont sous diverses formes. En premier lieu, j’ai, à mon époque, eut la confirmation que le Village de Konoha avait contribué à la destruction pure et simple du clan Uchiha. Ensuite, j’ai assisté en personne à une réunion officieuse où ces trois-là ont évoqué ce projet.

Il se leva lentement avant de se diriger vers le centre de la salle.

-       Je suis parfaitement conscient que ce que j’avance peut être perçu comme insuffisant ou une déformation de la vérité. Aussi, je propose à Inoichi-san de venir inspecter le contenu de ma mémoire à propos de ces événements, d’une part, et de la façon dont je les ai appris.

-       La requête est acceptée. Fit Shikaku en faisant signe à son ami. Et ce mode de preuve ne souffre d’aucune possibilité de tromperie. Inoichi ?

-       Je m’en occupe.

Le chef du clan Yamanaka se leva  lentement avant de demander la permission à Naruto qui fit un signe de tête avant de s’asseoir et de laisser l’homme lui poser une main sur le front.

Depuis longtemps, Inoichi était curieux de mieux connaitre ce jeune Naruto. Et là, il allait pouvoir en apprendre sur lui et sa façon de penser. Bien entendu, il n’y avait aucun plaisir pervers derrière cette violation de pensée. La preuve, Naruto avait lui-même proposé cette solution.

-       Détendez-vous, Naruto-sama.

Un instant plus tard, il commença à dérouler le flot des souvenirs. Il en écarta certains qui ne le regardaient pas et qui n’avaient rien à voir avec l’affaire en court. Soudain, un « rouleau » de souvenirs se présenta à lui. Il lui apparut comme évident que Naruto le plaçait sciemment devant lui pour l’aiguiller.

Il l’ouvrit et découvrit….

Devant Naruto se tenait un membre d’un clan renommé, bien connu du Village de Konoha. Reconnaissables à leur peau blanche, leur cheveux d’un noir soutenu mais surtout…..

-          Ces yeux. Fit Jiraya en ouvrant une bouche effarée. Ce sont des…..Hyûgas ?

Tsunade étouffa un hoquet.  Hiashi et Hizachi auraient envoyé des assassins pour enlever ou tuer Hazuki. Impossible.

La voix de Naruto les tira de leurs hypothèses invraisemblables.

-          Ce n’est pas un Hyûga. Cet homme utilise un Henge no jutsu pour prendre l’apparence d’un autre…et ainsi rabattre les soupçons sur d’autres ninjas innocents.

Il relâcha la pression sur le cou de son adversaire et observa les autres assaillants attachés au mur.

-          Les autres également……enflures. Vous osez revêtir l’apparence d’un clan renommé et intègre pour accomplir vos desseins.

Il eut une grimace dégoutée.

-          Comment as-tu deviné, Naruto ? demanda Jiraya. Moi-même je ne les aurai pas démasqués.

-          Pour plusieurs raisons. Répondit Naruto. D’abord, j’ai déjà eu l’occasion de me frotter au dojutsu des Hyûga pour le reconnaître quand je le vois. Ensuite, leur chakra était légèrement perturbé. A peine, mais suffisamment pour me mettre la puce à l’oreille. Et enfin…..

Il inspira lentement. Enfouissant sa haine en lui.

-          Jamais…..jamais les Hyûgas ne s’abaisseraient au point de commettre un acte aussi minables. Misérables ! Je n’ose imaginer la honte de Hiashi-san lorsqu’il apprendra que son nom a été piétiné de la sorte. Quant-à-vous, enfoirés, vous venez de faire une erreur monumentale. Hiashi et Hizashi Hyuga ont une dette envers moi pour avoir sauvé l’héritière d’un sort terrible. En aucun, je dis bien aucun, cas ils n’auraient imité ainsi leurs assaillants.

Son chakra prit une densité encore plus importante et noircit légèrement.

-          Mais vous avez également tenté de commettre un crime terrible. Vous avez tenté de vous attaquer à la personne que j’aime le plus au monde. En cela vous allez me le payer très cher, ‘ttebanio !!

 

-          Toi, répond à ma question. Qui vous a envoyé ? Est-ce Fugaku ?

L’autre se contenta de lui tirer la langue. Le geste en apparence puéril apportait un élément essentiel. Car sur l’appendice il y avait….

-          Un sceau. S’exclama Jiraya.

-          Le sceau de la Racine. Confirma le blond. Je l’ai vu, à une époque, sur un ami à moi. Il empêche la personne qui le porte de divulguer des informations. Peut importe le moyen utilisé.

Il inspira longuement.

-          La Racine. Répéta le Sannin. Cette affaire prend des proportions monumentales. Danzô serait aussi impliqué ?

-          Probablement. En attendant, nous sommes dans une impasse.

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Un homme d’un certain âge, habillé de noir et de blanc, observait de son œil unique le contenu de la missive qui venait de lui être transmise.

Danzo-sama

Avons échoué dans l’entreprise demandée de supprimer la personne demandée.

Avons été démasqués. Tiko, Naki, foroti et Huma ont été appréhendés

Attendons ordres.

 

Le nommé Danzo grommela de mécontentement. Ces incapables venaient d’échouer à capturer la fille Uzukaze.

Pire encore, ils avaient été démasqués et le sceau de la Racine qu’il avait apposé était brisé. Ce qui veut dire qu’Ibiki serait capable de les faire parler.

Or, c’était lui, Danzo, qui avait donné des ordres stricts. On pouvait donc remonter jusqu’à lui.

-          Heureusement qu’ils ne l’ont pas tué. Déclara-t-il à voix basse. J’ai besoin d’elle vivante. En attendant, le fait qu’ils aient été capturés me pose un grave problème. Il faut que je me débarrasse de ces gêneurs. Ces Uchiha sont de plus en plus dangereux de toute façon. Ce n’est pas la première fois qu’ils me trahissent. Je vais devoir régler le problème à la source. Et pour cela il n’y a pas beaucoup de possibilités.

C’est à cet instant qu’on frappa légèrement à la porte. Le chef de la Racine s’empressa de dissimuler le feuillet dans son habit.

-          Entrez ! fit-il sèchement.

Homura et Koharu les deux Conseillers de Konoha entrèrent. Ils s’assirent autours de la table en acajou qui constituait le centre de la pièce.

-          Vous nous avez fait demander Danzo ?

-          Oui. Je viens de recevoir un rapport de mes espions, des mouvements suspects verraient le jour du côté du clan Uchiha. J’hésite encore sur les suites à donner à cette affaire.

-          Nous en avons déjà parlé. Ce ne sont que des rumeurs.

 

-          Vous savez Danzo que Fugaku a été de notre côté pour un certain nombre d’affaire délicates. Tenta de minimiser Koharu. Ne peut-on pas les laisser agir à leur guise ?

 

 

-          Non ! s’ecria Danzo. Ne voyez-vous pas le problème justement ? Fugaku et tous ces Uchiha, dans leur folie révolutionnaire pourraient dévoiler ces affaires de rang S. Dès lors qu’ils se seront rebellés, qu’est-ce qui les retiendra de nous trahir ?

Les deux autres le regardèrent d’un air coupable. Ils n’avaient pas pensé à cette perspective-là. Chacun songea à tous ces lourds secrets dans lesquels avaient trempé le clan Uchiha. Des secrets menaçant l’intégrité de leur fonction de Conseiller, et potentiellement celle du Village.

-          Que suggérez-vous, Danzo ? Demanda Homura.

-          La solution radicale. Nous devons les éliminer.

-          Vous exagérez ! s’indigna Koharu. Ce sont des villageois de Konoha tout de même.

Danzo eut un air dégouté.

-          C’est votre idéalisme dégoulinant de bons sentiments qui est pitoyable.  Cracha-t-il en les pointant du doigt. Lorsqu’une branche d’un arbre est malade on la tranche sous peine de voir s’étendre le mal au reste, et ainsi condamner l’ensemble. Pour que Konoha prospère, il faut se débarrasser de ces ninjas qui complotent dans notre dos pour renverser l’ordre établi. Un clan aussi fier qui, depuis quelques années, n’accomplit plus le pourquoi de son existence, à savoir défendre Konoha,….ne nous ait plus d’aucune utilité.

Les deux conseillers furent bouleversés par ce discours enflammé.

-          Faites comme vous voulez, danzo. Capitula Homura.

-          Devons prévenir le conseil ? interrogea Koharu.

-          En aucun cas. Rétorqua le chef de la Racine. Si nous votions à la majorité, ils n’accepteront jamais, pétris qu’ils sont dans leur logique de faiblesse. Nous avons juste à convaincre Hiruzen du bien-fondé de cette mission. S’il faut je m’en occuperai personnellement.

-          Nous ferons selon vos plans.

 

Sur ces derniers mots les deux conseillers s’en allèrent. Dès qu’il fut seul, Danzo s’autorisa un micro-sourire.

-          Je fais d’une pierre deux coups. Jubila-t-il légèrement. Non seulement je me débarrasse de témoins gênants des plans que j’ai monté contre la famille Uzukaze, mais encore je pourrai, ce faisant récupérer nombre de sharingans qui me serviront pour mon bras droit. Je gagne sur tous les plans.

 

Inoichi reprit conscience avec la réalité. Comme conformément à la procédure du Village de Konoha, il se dirigea vers le jury et, à tour de rôle, leur fit passer le souvenir. De même qu’au Sandaime et à ses deux assesseurs.

-       Moi, Inoichi Yamanaka, atteste que ces souvenirs sont en parfait état. Leur déroulement ne peut pas être remis en cause.

Les réactions furent variables. La plupart des chefs de clan eurent une mimique blasée, comme si cela confirmait ce qu’ils craignaient. Shikaku murmura « exactement comme il l’avait dis ». Hiashi affichait un air mauvais avec multiples menaces de représailles pour avoir usurpé l’identité de membres de son clan.

De leur côté, Jiraya et Tsunade demandèrent la parole. Qui leur fut accordée.

-       Nous témoignons de la véracité de cette attaque. Elle s’est déroulée exactement comme montrée dans ce souvenir.

Sandaime soupira. Dès l’instant où la preuve de cette attaque contre Hazuki avait été établie, il avait su que Naruto irait jusqu’au bout pour obtenir la réparation de ces actes.

Mais les faits étaient là.

-       Les faits d’atteinte à l’intégrité du clan Uchiha sont donc retenus, en l’attente de preuves contraires. Naruto, pourrais-tu, je te prie, détailler davantage tes deux autres allégations ?

Naruto acquiesça.

-       En ce qui concerne l’attaque, il m’a fallu du temps pour rassembler tous les morceaux. En effet, ce soir-là, j’ai vraiment été pris au dépourvu. Tout d’abord, je tombe sur de faux membres du Clan Hyûga qui se sont révélés être des membres de la Racine. Mais tout cela me semblait beaucoup trop ambigu. C’était évidemment trop facile que des types m’attaquent de façon aussi bruyante et désordonnée sachant que, sans me vanter, je ne suis pas complètement impotent dans les arts ninjas. D’autant que, comme vous l’avez vu dans mon souvenir, ce ninja m’a tiré la langue, si je puis m’exprimer de la sorte, avec une expression qui m’a mis la puce à l’oreille. Par la suite, lorsque j’ai découvert que ces attaquants étaient en réalité des membres du clan Uchiha, j’ai été encore plus décontenancé.

Fugaku bondit de son siège.

-       Comment ça des membres du clan Uchiha ? Qu’est-ce-que c’est encore que cette histoire ?

-       Restez assis, Uchiha-san. Tempéra Shikaku. Laissez-le donc s’expliquer.

Naruto fit un signe de tête affirmatif avant de continuer.

-       Or, le contexte actuel était, en effet, particulièrement adapté à des représailles du clan Uchiha. L’après-midi même, Fugaku-san et moi-même avons eu quelques mots malheureux. L’occasion était splendide. La revanche du clan Uchiha. Tout était prévu. On s’attendait à ce que, furieux, je les extermine sur place. Voire que j’aille en personne détruire la totalité du clan. Possibilité en effet. Mais cela semblait trop évident. L’occasion était trop belle. Alors, pendant la nuit, j’ai examiné les corps des individus qui nous avaient attaqués. C’étaient effectivement des membres du clan Uchiha accompagnés d’un individu haut gradé de la Racine. Ces Uchiha étaient sous le coup de sceaux extrêment puissants ( et bien dissimulés) qui leur ont ôté leur libre arbitre. La présence du gradé de la Racine s’expliquait probablement par le besoin de maintenir le contrôle sur eux. Voilà pour ma troisième accusation.

Pause d’un instant.

-       Là j’ai commencé à me dire que les choses ne tournaient vraiment pas rond. J’ai commencé à mener ma petite enquête qui a débouchée sur le souvenir que vous avez vu. Ce qui a confirmé mes pires craintes. J’ai alors conclu que c’était une machination pour incriminer le clan Uchiha. Pour autant, je me doutais bien que c’était insuffisant pour inculper sérieusement une personnalité aussi puissante que ne l’était Danzo. J’ai décidé alors de faire un petit tour dans les quartiers de la Racine, comme mon statut d’Hokage me l’autorise légalement.

Danzo eut une mine contrariée l’espace d’un instant. Même Koharu et Homura le regardaient maintenant.

-       Ce que j’y ai vu, m’a convaincu.

Il sortit un rouleau de sa sacoche avant de composer quelques mudras pour faire apparaître une liasse de documents. Documents qu’il apporta à la table du jury.

-       Voici, dit-il, la liste non exhaustive des objectifs de la Racine. Avec, entre autre, s’emparer de divers membres des clans ninjas pour en étudier les spécificités. Et voici d’ailleurs le nom de tous ces enfants que j’ai retrouvés au cachot ou dans des conditions physiques déplorables. Tsunade et les équipes de l’Hôpital vous confirmeront leur passage. Voilà ce qui concerne ma deuxième accusation. Car ceci n’est pas la Volonté du Feu créée en même temps que Konoha.

Tsunade confirma la venue de blessés depuis quelques jours.

Certains, selon ses dires, avaient été brisés psychologiquement et/ou garderaient des séquelles irréversibles à vie.

Il y eut quelques échanges de paroles à voix basses entre les membres du jury. Puis le Sandaime reprit la parole.

-       Bien. Nous allons passer à la défense. Si vous voulez bien parler.

 

Danzo se leva.

-       Je réfute totalement les accusations qui portent contre moi. Ce ne sont que des mensonges purs et simples. A aucun moment je n’ai ordonné une telle attaque. De la même façon, que j’ai toujours contribué aux objectifs de Konoha.

-       En revanche, tu n’as pas l’air de te disculper pour ta dernière accusation. Cracha Tsume. Est-ce donc une façon implicite de dire que tu es effectivement derrière le génocide du Clan Uchiha ?

Elle fut interrompue par Hiashi.  

-       Nous y viendrons par la suite, Tsume-san. Examinons une accusation à la fois. Danzo, puisque tu sembles être la voix de la défense nous allons t’écouter. Premièrement, tu affirmes n’être pour rien dans l’attaque visant la famille du Yondaime Hokage.

-       Absolument. Une telle idée ne me serait jamais venue à l’esprit. Pourquoi voudrais-je supprimer une gamine, quitte à encourir la vengeance d’un Hokage.

Une voix s’éleva à sa droite.

-       Je vais te le dire, Danzo. Déclara Fugaku avec une voix remplie de menaces.

Lui non plus n’appréciait pas de voir toutes ses machinations contre son clan.

-       La raison pour laquelle tu as attaqué la famille Uzumaki a déjà été évoquée. Rien n’était censé montrer que la demande venait de toi. Le Sceau de la Racine est suffisamment discret pour passer inaperçu devant quelqu’un qui ne le connaît pas. De plus, en utilisant des membres de mon clan, tu as semé le doute et les graines de la discorde. Le tout pour pouvoir ensuite justifier de nous anéantir.

 

-       C’est totalement faux. Nia Danzô. L’action de la Racine ne porte en aucun cas sur ce genre de choses.

 

 

-       Danzo-san, vous comprenez aisément que, devant la preuve irréfutable de l’utilisation du sceau de la Racine, vous êtes le premier inculpé. Personne d’autres n’utilise ce sceau. Objecta doucement Shikaku.

 

-       Jouer la naïveté ne vous sauvera pas. Ajouta Shibi qui parlait pour la première fois.

 

 

-       Il y a quelque chose que vous avez omis de prendre en considération. Conclut Naruto. Fugaku n’est pas la seule personne avec qui j’ai réglé mes comptes lors de la séance du Conseil. Celui qui m’a traité d’ersatz, c’est vous.

Sandaime réclama le silence.

-       Messieurs, ne nous égarons pas. Danzo, les preuves de cette attaque sont suffisamment importantes pour t’inculper sérieusement. En ce qui concerne l’atteinte portée au Village, je crois que la question est ambigüe et mérite de plus amples approfondissements. Nous y réfléchirons plus tard. Passons donc à l’accusation principale. Celle qui évoque la destruction du clan Uchiha. Et cette fois, cela vous concerne tous les trois.

 

Homura et Koharu levèrent la tête.

-       Hiruzen. Tu étais au courant. Pourquoi nous accuser de la sorte, alors que la question a déjà été posée ? Et acceptée.

-       Alors c’était prémédité depuis longtemps….murmura Fugaku. Comme il me l’avait dit.

 

Hiruzen secoua la tête.

-       Je n’ai pas accepté. J’ai écouté vos arguments. J’avoue même avoir été tenté d’accepter. Mais j’ai entendu ce qui s’est déroulé par la suite. J’ai compris toute la Haine qui en découlerait. Et je ne cautionne plus un tel acte.

Danzo se redressa.

-       Voilà où nous mène ta logique de faiblesse, Hiruzen. Ne voies-tu pas que les Uchiha sont des manipulateurs, des traitres et des meurtriers. Ils ne visent qu’à détruire Konoha. Le coup d’état en est la preuve. Nous aurions pu être renversés. Souviens-toi des paroles de Nidaime-sama. Lui avait compris le danger représenté par ces gens-là.

Fugaku serra les dents.

-       Comment…oses-tu ?

-       Parce que c’est faux ? Non. Tu aurais fait ton coup d’état. Tu le sais parfaitement. Tu nous aurais tué, tous, sans le moindre remord. Il fallait agir. Et vous, chefs de clans, vous jouez les hypocrites en m’accusant de tous les vices, mais il n’y a pas trois jours vous détestiez les Uchiha, autant que moi.

-       Parce que nous ignorions tes manœuvres. Nous avons été abusés en ne nous fiant qu’aux apparences. Comment voulais-tu que Fugaku nous fasse confiance en se sentant trahi par tout un Village.

-       Vous n’êtes que des hypocrites, et je….

Il y eut un claquement de main. Puis deux. Naruto applaudissait ironiquement.

-       Bravo. Jolie mercuriale, mais arrêtes-toi là avant d’aggraver ton cas. Pour autant, je crois que vous passez au-dessus de l’essentiel. Oui, Fugaku Uchiha et ses hommes auraient fait leur coup d’état. Oui, les répercussions sur Konoha auraient été monstrueuses. Oui, les Uchiha ont démontré leur envie d’en découdre. Mais…..ce coup d’état, c’est vous qui en êtes responsables.

Il y eut un moment de flottement avant que Naruto ne continue.

-       Depuis l’ère de Tobirama Senju, les Uchiha ont commencé à susciter la méfiance. Mais, depuis quelques années, cette méfiance s’est accrue. Vous les avez rendus responsables de divers éléments dont l’attaque de Kyubi. Alors que j’avais précisé EXPLICITEMENT que ce n’était pas eux. Vous avez considéré que ce clan était rempli de Madara en puissance alors que ce n’était pas le cas. Pas du tout le cas. Vous les avez marginalisés et avez cherché à les maintenir sous contrôle. Mais, ce faisant, vous n’avez fait qu’attiser leur rancœur. Leur donner l’envie de se venger. Cette génération d’Uchiha n’avait rien des précédentes. Ils auraient été de bons Ninjas, sans attirer de problèmes. Mais ils sont nés haïs. Et cela les a rendus haineux. Mais pire. Toi Danzo, tu en étais parfaitement conscient. Toutes ces années tu n’as cherché qu’à les discréditer.  Mon souvenir le prouve. Tu estimais qu’ils en savaient trop. Toutes tes missions à la limite de l’illégalité, c’est à eux que tu les confiais, afin de pouvoir les accuser de traitrise et d’actes punissables s’ils révélaient tes secrets. Sous prétexte de protéger Konoha, tu les as poussés au coup d’Etat.

 

-       Mais pour quel intérêt ? demanda Jiraya.

 

-       Le Pouvoir. Répondit Naruto. Ces méthodes discrètes ne suffisaient pas pour les inculper sérieusement. Par un coup d’Etat, les Uchiha auraient prouvé aux yeux de tous qu’ils n’étaient que des sanguinaires et des dangers publics. Leur éradication aurait été logique. Evidente. De même, les Uchiha n’avaient pas les capacités militaires de venir à bout de tout un Village, surtout de quelques combattants dont moi. Ils auraient été tués jusqu’au dernier. Et c’est là que toi, Danzô, aurait pu prendre le pouvoir en ayant grâce aux yeux des villageois. Un plan parfait. Tu aurais argué que les Uchiha n’étaient que des traitres. Que le Village avait besoin d’une politique plus forte pour venir à bout des poches de résistances. Tu serais devenu Hokage. Ce coup d’Etat était pour toi. Pour ton propre bénéfice. Les Uchiha n’étaient que des pions. Tu les as accusés de manipulation, c’est toi qui les as abusés. Tu les as accusés de traitrise, mais tu as frappé dans le dos, et agit dans l’ombre pour ton propre compte. Quitte à détruire un clan entier. Tu les accuses d’êtres des meurtriers. Mais tu ne parles que de toi. Car tu as voulu tous les tuer. Tu n’es qu’un génocidaire et un criminel.

 

Les chefs de clan hochèrent la tête. Tout cela concordait. Fugaku était fou de rage et Sandaime déçu. Voilà pourquoi il avait ce mauvais sentiment qui le taraudait depuis qu’il avait entendu parler de ce plan visant à tuer les Uchiha.

Il consulta du regard ses assesseurs qui firent un signe de tête affirmatif avant de lui murmurer leur réponse au creux de l’oreille. Puis les membres du jury. Même signe de tête. Il y avait unanimité. Tout le monde avait compris, et les preuves étaient accablantes.

-       Danzo, tu es reconnu coupable des charges pesant sur toi. Les accusations de tentative de génocide et atteintes à la personne du Yondaime Hokage en la personne de sa sœur, Hazuki Uzukaze sont retenues. Pour ce qui est de la trahison…

Il soupira. Au fond de lui, il aurait voulu épargner Danzo. Car, c’était son ami et qu’il avait défendu les intérêts de Konoha dans certaines situations. Mais il était Hokage et devait être au-dessus.

-       Danzo….je sais que tu croyais en les paroles de Tobirama-sama. Il haïssait les Uchiha. Et tu sais bien pourquoi. Il t’a transmis sa haine et son sens du devoir. Mais tu en as beaucoup trop fait. Tu es passé dans l’illégalité. Danzo….Konoha doit fonctionner sur son modèle d’origine. Hashirama-sama voulait que la Paix règne entre les clans. C’était son Nindô. Il voulait éviter des guerres fratricides. Crois-tu qu’il aurait toléré qu’on s’en prenne aux Uchiha de la sorte ? Non. En aucun cas. Tu t’es écarté des principes que tu défendais toi-même jadis.

Il conclut enfin. D’une voix remplie d’émotion.

-       Pour de tels crimes, c’est la peine capitale qui est requise. Tu en es bien conscient.

Une larme coula. Une seule et unique larme. Personne ne dit rien. Pendant un instant, Hiruzen se revit enfant, courant aux côtés de Danzo, son premier ami.

-       Danzo Shimura, tu….es condamné à mort. Ton exécution aura lieu sur la place réservée au cœur de la forêt du Pays du Feu. Adieu,…mon ami. Amenez-le.

Puis il s’affaissa dans son fauteuil. C’était la première fois depuis la désertion d’Orochimaru qu’il ressentait une telle sensation de vide.

Des ANBU se saisirent de Danzo et l’amenèrent hors de la salle.  Mais avant de sortir, il se retourna légèrement et dis dans un demi-sourire.

-       Finalement, tu auras été capable d’une politique sévère Hiruzen. Bien joué.

Puis.

-       Adieu.

 

Il sortit de la salle entrainé par les gardes.

Restaient Homura et Koharu.

Hiashi prit la parole.

-       Le Jury a estimé que vous aviez été, vous aussi, manipulés par Danzo. Il apparaît évident que vous avez cru agir au mieux. Aussi, mis à part votre déchéance définitive du poste de Conseillers, vous n’aurez aucune sanction. Veuillez, à partir de cet instant, vous tenir loin de l’exercice du pouvoir. Vous pouvez partir.

Les deux ex-conseillers, se regardèrent avant de se lever et de disparaître par la porte. Ils avaient, eux aussi, besoin de penser à autre chose.

 

Le Conseil resta silencieux de longues minutes. Naruto, de son côté, se permit de souffler. Le Clan Uchiha était définitivement sauf. Mais il ne retira aucune satisfaction à avoir condamné Danzô. Il avait fait son devoir, c’est tout.

Ce détachement, est-ce ça être Hokage ?

Alors que les chefs de clan s’en allaient un par un, Tsunade l’interrogea alors d’une voix douce.

-       Naruto, après toutes ces péripéties aux réunions du Conseil, comment as-tu eu la volonté d’entamer le dialogue avec Fugaku Uchiha, celui-là même qui t’avait insulté de nombreuses fois ?

Naruto sourit tristement.

-       Fugaku….n’était qu’une victime. Il me prenait pour un de ses ennemis et voyait en moi un moyen de se venger du Village. C’est la terrible malédiction sanglante du Clan Uchiha. Il est vrai qu’il s’est montré blessant et provocateur, mais c’étaient ses seules armes. Il sentait que la situation lui échappait. Mais il n’y a pas que ça. J’ai mis longtemps à le réaliser, mais Fugaku m’en voulait pour autre chose. Regardez ce que j’ai trouvé, il y a quelques jours, en rangeant la maison.

Il sortit un rectangle de papier de sa poche. Une photographie. On y voyait deux jeunes garçons, côte à côte, riant avec une joie de vivre étonnante. L’un était blond comme les blés, et l’autre brun foncé.

-       Minato Namikaze et Fugaku Uchiha étaient amis. D’excellents amis. Ils sont restés très souvent ensemble, étant enfants. Mais, en grandissant, leurs chemins se sont séparés. L’un s’intégrait au système, l’autre apprenait à le détester. Ils sont devenus Jonin le même jour, et leurs épouses respectives étaient également les meilleures amies du monde. Malgré toutes leurs différences, et leurs oppositions, Fugaku m’a reproché d’avoir survécu à Minato. Il m’en a voulu d’avoir obtenu le chakra de mon père.

Tsunade et Jiraya ( qui était revenu) observèrent la petite photographie. Jiraya afficha un sourire entendu.

-       Je m’en souviens maintenant. Fugaku et Minato….ça m’était sorti de l’esprit pendant tout ce temps…

Naruto récupéra ses affaires avant de sortir à son tour de la pièce.

-       Au fait, Tsunade, je laisse à Jiraya-senseï le soin de t’expliquer ce que j’attends de toi.

 

Jiraya se frotta les mains.

-       Ah oui. Naruto a appris que tu piochais sans vergogne dans le coffre des Hokage pour financer tes achats et jeux d’argent. Il m’a donc mandaté pour le récupérer le plus vite possible.

-       J’ignore totalement de quoi tu parles. D’ailleurs, si c’était véritablement le cas, cela aurait été à lui de venir le récupérer.

L’Ermite eut un sourire éclatant, comme s’il s’attendait à la réponse.

-       Au contraire. Il a estimé que j’étais le mieux à même de te convaincre. Pour deux raisons. Premièrement,….

Il sortit une feuille pliée en quatre de sa poche.

-       Je soussigné Naruto Uzukaze, Hokage…blablabla….interdit par la présente l’entrée dans toutes les salles de jeux du Pays du Feu à Tsunade le « Pigeon Légendaire » pour cause d’escroquerie et détournement de fonds nationaux.

Tsunade pâlit.

-       Oh le rat ! C’est un véritable coup bas !

-       Et attend de voir la suite.

Il sortit un autre parchemin.

-       Au cas où ça ne suffirait pas. Naruto Uzukaze……autorise Jiraya à poursuivre ses recherches romanesques dans le bain des femmes pour une durée illimitée.

Il prit un air d’entrepreneur très sérieux sous le regard outré de Tsunade.

-       Et j’ajoute que Naruto t’a inscrite d’office dans une adaptation d’un de mes romans où tu joues le rôle principal. Celle d’une jeune vierge à la recherche d’un amour explosif dans une mare d’huile de crapaud.

-       Naruto….tu es ignoble.

Jiraya eut un sourire lubrique.

-       Ordre de l’Hokage. L’argent….ou la luxure, mouhahahahahahaha !!!!!

Pendant ce temps

 

Dans la forêt du Pays du Feu, Danzo était amené vers ce lieu, longtemps oublié, où on exécutait ( de façon officielle) les criminels. Il était accompagné de deux ANBU dont l’un portait un long sabre.

Aiguisé par une technique Futon, il devait trancher la tête en un seul coup.

Le vieil ANBU n’éprouvait aucun regret. Il avait fait ce qu’il avait à faire. Point.

Pourtant, alors qu’il s’avançait vers la Fin, il ressentait comme une pointe de déception et de regret. Mais avant qu’il n’ait pu mettre un mot dessus, il y eut un terrible bruit de craquement et ses deux gardes tombèrent au sol.

Un instant plus tard, un homme apparut devant lui. Encapuchonné, on ne distinguait rien de son visage.

-       J’ai tout entendu de ton procès. J’ai entendu ce que tu avais fait. Et cela faisait déjà longtemps que je voulais te rencontrer, à nouveau.

-       Qui es-tu ? demanda le prisonnier.

Il tenta de se délier, mais ses menottes anti-chakra l’empêchèrent d’y arriver.

-       C’est vrai que cela fait longtemps, mais je pense que tu me reconnaitras mieux ainsi.

Il enleva son capuchon et Danzo poussa un juron. Il reconnaissait cet homme. Il l’avait déjà vu. Longtemps, très longtemps auparavant.

-       Toi ! Comment est-ce possible ? Je t’ai vu mourir. Je suis allé  à ton enterrement. Tu ne peux pas être lui.

-       Et tu n’as pas complètement tort. Je suis celui que je parais être, sans vraiment être celui-ci. Ne t’avais-je jamais appris, à l’époque, que la branche d’un arbre peut repousser même après être tombée ?

-       Que vas-tu me faire ? J’ai agi dans l’intérêt de Konoha toutes ces années.

-       Ce n’est pas ce que j’ai entendu. Répliqua l’homme soudain sévère. Je m’attendais à mieux de toi, Danzo-kun.  Jadis, tu n’étais pas aussi rigide. Tu luttais avec des moyens honorables pour Konoha.

Il soupira et secoua la tête.

-       Mais je ne vais pas te tuer. Ce serait un meurtre inutile. Et j’ai horreur de la guerre et de ses conséquences. KAI.

Les menottes tombèrent.

-       Voilà. Tu es libre. Maintenant, va-t’en, et ne réapparait plus jamais à Konoha ni devant moi. Tiens, et puisque que j’y pense.

Sans crier gare il lui attrapa le bras droit. Sur celui-ci il y avait un revêtement métallique pour le protéger et le sceller. Quelques signes de mains plus tard, la protection tomba pour révéler un bras blanc. Trop blanc. Une greffe.

-       Est-ce comme cela que tu traites ton maitre, Danzo-kun ? se moqua l’homme. En fouillant dans sa sépulture ? Qui eut cru que cela intéresserait tant de gens à travers les âges.

Il posa sa main à plat sur le membre.

-       Je te les reprends.

L’ex-ANBU tenta de se dégager, mais la poigne était trop forte et les menottes lui avaient pompées tout son chakra.

Il y eut un horrible bruit de succion lorsque toute la matière du bras fut comme attirée dans la main de l’assaillant. Un instant plus tard, il ne restait qu’un bras normal, quoiqu’un peu maigre.

-       Ce sont les miennes, et tu en as déjà bien trop profité. Conclut l’inconnu. Allez, ouste !

Danzo ne demanda pas son reste et disparut dans l’épaisse végétation. L’homme restant remit sa capuche.

-       Il faudra que je vienne vous voir, Saru, Naruto-kun.  Nous aurons beaucoup de choses à nous dire.

Il sourit chaleureusement avant de disparaître dans un tronc d’arbre.