Incompréhension

par milla

Incompréhension

 

 

 

 

  Cela faisait deux jours que le combat s’était achevé. Deux jours que Tenten et Neji se s’étaient pas revus, récupérant chacun de leur côté. Deux jours que Kurenai cherchait Hinata et Shikamaru des informations sur les tueurs à gage du milieu.

                  

                  Kurenai se trouvait dans une rue sombre et froide, dénuée de toute chaleur affective, des mendiants ici et là, entourés de prostitués, tous se droguant avec différentes herbes, que ce pays paraissait faible et pauvre, une véritable catastrophe. Des gens s’enrichissaient, tandis que d’autres priaient pour ne pas se faire agresser ou violer la nuit et pour pouvoir se nourrir le lendemain, ce sont ceux-là que l’on appelle des « cas ».  

                   La jeune femme continua son chemin et aperçu une silhouette recroquevillée sur elle-même. Elle s’approcha de celle-ci et lui déclara :

-         Tu dors toujours dehors Hinata ? Il faut croire que tu n’as vraiment pas changé finalement.

L’interpellée releva légèrement son visage de sorte qu’on ne voyait que deux yeux de neige marqués d’une profonde solitude et quelques mèches de cheveux d’un bleu foncé, limite noir, sales.

-         C’est vous, Kurenai-sensei ? murmura timidement l’adolescente.

-         Oui, c’est bien moi, dit simplement Kurenai. Je suis venue car je connais une personne qui voudrait te rencontrer.

-         Un travail ? chuchota  l’ancienne Hyuga.

-         Non, c’est juste une personne qui veut tuer ton cousin et qui aimerait avoir un maximum d’informations sur lui, serais-tu d’accord ?

La jeune fille laissa apparaître son visage en entier ; un visage poussiéreux cachant une blancheur de neige et de doux et fins traits, le tout encerclé par de longs cheveux crasseux. Son expression avait changé, ses yeux s’étaient à présent ouverts en grand, comme deux lunes dans un ciel nocturne hivernal, reflétant une soudaine envie de sang.

-         La question ne se pose pas, bien sur que je suis d’accord…mais à une seule condition : qu’on me laisse admirer le meurtre de Neji Hyuga, imposa la jeune brune.

Kurenai se contenta de sourire, elle aimait voir son ancienne disciple avec cette attitude, c’était dans ces moments là  qu’elle s’avérait redoutable.

 

Etait-ce si dur d’obtenir des informations sur ces putains d’assassins ? Shikamaru s’allongea sur son lit. Il en avait marre, jamais il n’avait autant galéré sur ce genre de mission ; en même temps, c’était la première fois qu’il en faisait une de ce style, mais il n’aurait jamais cru que ce serait aussi compliqué. Bordel, dans quel foutoir s’était-il encore fourré ?

 

Tenten était couchée, pensive. Une excitation incontrôlable gagnait son corps, elle attendait tellement le moment où elle lui trancherait le cou, mais elle s’impatientait aussi pour sa rencontre avec cette Hinata Hyuga, elle avait hâte de voir comment elle était. Etait-ce une fille type bonne sœur ou un assassin aux airs de sainte nitouche ? Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle était quelque peu timide, mais d’après son histoire, elle pourrait en toute logique posséder une haine farouche contre sa famille, ainsi que contre son cousin. Un rire sonore et sadique s’éleva. Elle avait tellement hâte.

 

Hinata était maintenant aux côtés de son ancienne « professeur », marchant vers la femme qui voulait prendre la vie de Neji.

Neji Hyuga…cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus entendu ce nom-là, ce traître…

 

-         Je vous protégerai jusqu’à ma mort Hinata-sama ! Je vous le promets.

 

Tu parles ! Tout ce qu’il avait réussi à faire était de l’envoyer à l’hôpital pendant deux mois à cause d’hémorragies internes et externes, c’était un miracle si elle était encore en vie. Tout était de sa faute, c’était lui qui l’avait attaqué, qu’il l’avait blessée imprégnant toute sa haine et sa colère dans ses coups. Elle, elle essayait juste de le raisonner, de se défendre tant bien que mal contre lui, mais elle était trop faible. Lui était un être qu’on surnommait « génie » de naissance, quant à elle, c’était une minable et pathétique gamine. Pourtant, c’était lui qu’il la haïssait pour une raison dans laquelle elle n’y pouvait rien. Enfant, la Hyuga compatissait pour son cousin, même lorsque que lui voulait la tuer, mais depuis ce jour, il avait commis une grave erreur. A cette époque, il s’était passé trop de choses dans un court laps de temps, et lui avait joué le rôle de la « goutte qui fait déborder le vase ». Il l’avait rejetée, humiliée, bien pire que d’habitude, après tout ce qu’elle avait fait pour lui. Depuis ce jour, elle avait décidé de devenir plus forte pour le tuer, pour se venger, malheureusement, elle se rendait bien compte qu’elle n’était pas encore assez puissante. N’importe ! Quelqu’un voulait aussi la mort de son cher cousin, alors pourquoi ne pas l’aider si c’est elle-même qui vient lui demander, même si ce n’est que pour quelques informations.

Hinata afficha un petit sourire satisfait.

-         Que se passe-t-il Hinata ? demanda intriguée Kurenai.

-         Rien, rien, répondit dans un petit rictus l’interpellée, je pensais juste à quelque chose de très amusant.

Etonnée, l’adulte soupira. On ne pouvait jamais savoir ce que cette fille pensait.

 

Tenten était assise par terre, buvant une bière. Chaque gorgée était source de souffrance pénétrant ses entrailles, telle une coulée de lave sortie des enfers qui la brûlait de l’intérieur. C’était à cause de ses blessures qu’elle avait encore si mal. Elle avait déjà de la peine à respirer, alors manger et boire se transformait en un véritable calvaire. Ses poumons et son estomac avaient été surement touchés, il lui faudrait un peu de temps avant de se remettre, mais elle le promettait sur son honneur, elle allait tuer ce type, lui non plus ne devait pas être en forme.

Malgré tout, une sensation bizarre s’installait en elle lorsqu’elle pensait à Neji. Elle avait l’impression de percevoir de l’inquiétude et de la compassion, voire même…de la soumission. Non c’était tout bonnement impossible. Tenten ne faisait pas parti de ces foutus faiblards qui ne ressentent en eux que des sentiments futiles.

Furieuse par cette découverte, elle jeta sa boisson avec force contre le mur d’en face, la canette explosa sous l’effet du choc et le liquide se rependu sur le sol et la paroi, éclaboussant légèrement la jeune fille. D’un geste vif, elle s’essuya et s’écroula à terre dans un souffle las. Son esprit était confus, couvert d’une brume épaisse au milieu de la nuit, rien ne venait éclairer cet endroit, pas même une étoile et encore moins la lune. Soudain, on frappa à sa porte. La brune se releva difficilement, prit un poignard et se dirigea d’un pas lent et chancelant vers le bruit.

-         C’est bon Tenten, c’est moi, dit une voix derrière la porte.

-         Kurenai ? Entre, ordonna l’interpellée.

Tenten était plaquée contre un mur, arme en main. Ce n’était pas parce que cette voix ressemblait à celle de son « amie » que c’était réellement « elle ».

La poignée se tourna et l’on poussa la porte. Celle-ci laissa alors paraître Kurenai suivie d’Hinata. La propriétaire de l’appartement relâcha donc sa garde.

-         C’est donc bien toi, fit soulagée Tenten.

-         Tu te méfiais à ce que je vois, commenta la brune la plus âgée en jetant un coup d’œil sur le couteau.

La femme ferma l’ouverture derrière elle et se retourna vers la maitresse des lieux.

-         Tenten, je te présente Hinata, dit-elle.

-         Je serais ravie de vous aider à éliminer mon cousin, répliqua la Hyuga.

-         Moi de même, sourit l’autre, je sens que l’on va bien s’entendre.

-         Je le pense aussi, avoua l’adolescente aux yeux blancs.

 

Après ces courtes présentations, les trois femmes étaient assises autour d’une table.

-         Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins, souffla Tenten, que sais-tu de Neji Hyuga, Hinata-san ?

-         Ce type est quelqu’un d’arrogant…et d’extrêmement dangereux. Personne ne peut lui faire confiance, ceux qui se prétendent ses « alliés » ou « amis » ne sont que des imbéciles peureux.

-         Je suis bien d’accord, acquiesça son interlocutrice.

-         Quant à ses techniques, il est spécialisé dans les offensives et les défensives des Hyugas. C’est surtout cela qui fait sa force. Maintenant si vous le souhaitez Tenten-san, je vais vous montrer les points faibles et la combinaison de ces techniques. Ces méthodes ne peuvent être appliquées que par les Hyugas du fait qu’il faut avoir un corps « spécial » pour les pratiquer.

-         Je comprends, mais de toute façon, je n’avais aucune intention à vouloir apprendre ces techniques, ce n’est pas mon style, mais j’ai tout de même apte comment les vaincre.

-         Ca ne te dérange Hinata de dévoiler ces secrets ? demanda Kurenai.

-         Non, si ça peut à l’élimination de Neji, je suis prête à tout faire, même si je dois y laisser la vie, répondit-elle froidement.

-         A ce que je vois, nous avons l’air de le détester autant l’une que l’autre, ricana Tenten.

La concernée sourit sadiquement. Cette fille, qui avait combattu son cousin, elle était parfaite, on pouvait y lire l’aversion qu’elle portait envers lui dans ses yeux, et son visage, il reflétait toute la détermination qu’elle possédait. Elle était simplement sublime, rien que de l’imaginer couper le cou du garçon aux yeux bancs…Ses pensées donnèrent des frissons à Hinata, elle avait hâte de revoir son cousin désormais.

 

Cela faisait quatre jours que Neji attendait les nouvelles que devait lui rapporter Shikamaru, quatre jours qu’il n’arrêtait pas de penser à cette fille. Quand son attention était portée vers elle, il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, un mélange inexplicable s’emparait de son être, plusieurs sentiments totalement opposés se faisaient face et menaient une lutte infernale. Il ne savait plus où il en était, il ne comprenait plus bien ce qu’il voulait. Voulait-il la mort de Tenten ? La combattre à nouveau ? Ou simplement la revoir ? La dernière proposition le transforma en glace. Sous cette froideur se cachait en réalité une rage bouillonnante envers lui-même. Il se dégoutait, serait-il en train de devenir un de ces faiblards ? Il ne le savait pas, et c’était cela qu’il le rendait autant en colère.

Neji soupira, il ne savait que faire. Il ne pouvait pas s’entrainer, son corps ne le supporterait pas. Qu’allait-il donc pouvoir faire en attendant le Nara ? S’il continuait à réfléchir sur ces émotions, sur ce qu’il désirait vraiment, il allait finir par devenir complètement fou. Il lâcha un souffle d’ennui, cette situation l’emmerdait au plus au point. On toqua à sa porte et la personne qui se trouvait derrière l’ouvrit. Deux couteaux volèrent dans sa direction, mais il n’y avait pas âme qui vive dans l’entrebâillement de l’ouverture.

-         Je vois que tu me connais bien, Lee, sourit le Hyuga, tu ramènes Nara ?

-         Bah, ça semblait logique, connaissant ta réputation, avoua son ami.

-         Même cloué au lit, il faut quand même se méfier de toi, chapeau, lança Shikamaru qui venait d’apparaître.

-         Au lieu de m’admirer, dis-moi plutôt ce que tu as appris, rétorqua orgueilleusement Neji. 

-         Toujours aussi modeste, chuchota le Nara en s’asseyant, bien, je peux te dire que ça pas été facile, alors je pense avoir le droit de voir ma récompense.

-         Ok, s’indigna le jeune homme aux yeux blancs, Lee, montre lui.

L’interpellé se dirigea vers une pièce au fond de l’appartement. Il y entra et y sortit un petit sac qu’il déposa sur une table. Il l’ouvrit. Quelques armes et un sachet d’environ 500 grammes remplit d’une poudre blanche apparurent. Il y avait aussi un rouleau de papier.

-         Oh, vous avez fait fort à ce que je vois, félicita Shikamaru, bien, ça me suffit comme paiement, c’est plus que suffisant.

Lee braqua un pistolet sur la tempe de l’invité.

-         Ca va, calme, je vais vous dire ce que je sais, tranquille, s’énerva légèrement le menacé.

-         Alors vas-y, parle ! ordonna sèchement Neji.

-         Ok, ces fameuses sociétés dont vous extirper tout ce butin, elles ont toutes des tueurs gage indépendants, de vrais professionnels, ils ne dénonceraient jamais un client. Enfin normal jusqu’à présent, au fait, vous ne trouvez pas ça bizarre que la fille de l’autre soir nous espionne ? En fait, d’après mes informations, une société mafieuse a engagé un tueur à gage pour t’éliminer, toi, Neji Hyuga. Tu dois devenir trop dangereux pour elle. Sinon, l’assassin qu’elle aurait engagé serait un type très réputé dans le milieu avec comme style de combat les armes de toutes sortes.

-         Quel est le rapport avec la fille de l’autre soir ? demanda sérieusement Lee.

-         Comme si vous ne l’aviez pas deviné, ricana Shikamaru, cette fille s’appelle Tenten, elle est dans votre classe, c’est une professionnelle crainte dans le milieu et son passé est inconnu hormis le fait qu’on pense qu’elle a été entrainé plus jeune spécialement pour qu’elle soit une meurtrière, mais par qui, ça on ne sait pas.

-         Je vois, c’est tout ce que sais je suppose ? articula calmement Neji.

-         Est-ce dans mon habitude de trainer en blabla ? questionna le Nara, blasé.

-         Non, c’est vrai, affirma le brun aux yeux nacrés, c’est bon, prend ta paye et va-t-en.

Sans prononcer un mot de plus, le concerné fit les dernières paroles du blessé, il ramassa ce qui lui revenait et partit.

-         On dirait que cette fille peut-être une proie intéressante, fit Lee.

-         Je suis d’accord, si je la tue, ces foutus patrons assis tranquillement dans leur fauteuil trembleront de peur : ils se rendront enfin compte de ma puissance et de mon intelligence supérieures à eux. J’aurai abattu l’une de leur carte maitresse, ces imbéciles, souffla Neji.

Un mince sourire s’étira sur ses lèvres, exprimant son sadisme.

-         N’empêche, je me demande quelle société a engagé cette femme, se questionna l’autre.

-         Je n’en sais rien, il y en a tellement qui veulent ma tête, conclut le Hyuga, et puis, je ne peux pas remettre sur cette affaire Nara, s’il en sait trop, rien ne me dit qu’il tiendra son contrat avec moi et qu’il n’utilisera pas les informations intéressantes qu’il aura trouvé pour ses fins…Juste pour m’éliminer astucieusement, en complotant avec une société ou des contacts. Ce serait une terrible erreur de ma part. Il va falloir qu’on s’en charge tout seul Lee, Nara en sait déjà trop.

-         Ouais, je suis d’accord, mais on ne peut pas le tuer, réfléchit l’interlocuteur, il nous rapporte bien.

-         Malheureusement, murmura Neji.

-         Le plus simple, c’est de torturer et de tout faire avouer à cette fille, proposa le premier.

-         Ouais, mais je doute que même en souffrant à mort, qu’elle ne dise quelque chose, informa le propriétaire des lieux, maudissant cette sauvage qui avait presque réussi à mettre un terme à sa vie, rien que pour me faire chier.

-         Elle a du caractère, commenta le garçon à la coupe de bol.

-         Non, c’est juste une chieuse, une bonne mémère à ses patrons, rétorqua le deuxième, juste pour respecter ce foutu secret professionnel, quelle merde !

-         Bah elle aussi a des contrats, faut bien qu’elle vive, surtout qu’elle doit gagner bonbon, répliqua l’autre adolescent.

-         L’argent hein ? répéta l’homme aux yeux de neige, c’est vrai que c’est la principale motivation de ce milieu. L’argent, il n’y a que ça qui compte.

Neji fut alors soudainement envahie d’une paix intérieure. Pourquoi se posait-il toutes ces questions idiotes tout à l’heure ? Il connaissait pourtant la réponse. Ce qu’il voulait, c’était revoir cette fille pour l‘égorger pour deux raisons liées, pour son honneur, et pour l’argent, pour pas qu’elle ne le gêne dans son « travail ».

 

Tenten entretenait ses armes. Elle repensait à Hinata, à tout ce qu’elle lui avait appris, grâce à elle, le travail qu’on lui avait demandé allait être enfin terminé, de plus, sa vengeance pourra s’assouvir comme il se doit. Vengeance…c’est étrange, mais ce mot lui parut vide d’un coup, dénué de tout sens. Etait-elle vraiment obligé de le tuer par vengeance finalement ? Etait-ce qu’elle voulait ? Plus important, voulait-elle simplement l’assassiner ?

Elle passa sa main droite sur son visage et ricana, depuis quand se posait-elle se genre de question ? Même si elle ne voulait pas l’avouer, la frustration la gagnait. Elle s’efforça de ne pas éclater en sanglot, pour sa fierté ; malgré ses efforts, quelques larmes s’échappèrent se faufilant un passage sur ses joues pâles. Elle avait peur de faire le mauvais choix, comme par le passé ; elle avait peur de regretter son geste, elle avait peur de devenir aussi faible qu’avant, quand elle n’avait rien pu faire pour protéger son ami d’enfance, d’avoir été inutile auprès de lui. Le désespoir l’anéantit, elle ne savait que faire, quoi penser, ce qu’elle désirait, ce qu’elle ressentait au fond de son âme. Son cœur était empli de cet immense chagrin qu’elle croyait avoir réussi à oublier, mais son passé la rattrape, et il finira par la dévorer, terminant à jamais cet ancien scandale dans lequel elle avait été impliquée étant jeune. Sous le coup de l’émotion, elle lâcha l’arme qu’elle était en train de nettoyer et mit ses bras en croix, comme pour se réconforter, seule, comme elle l’avait toujours fait dans les moments durs. Le réconfort, cela était bien une chose qu’elle n’avait jamais eu. Elle ne vivait que dans la solitude de l’ombre des ténèbres, un endroit où on n’apercevait jamais un rayon de soleil, aussi brillant soit-il. Elle possédait pour seule compagnie ses outils de mort ; elle vivait recluse, cachée des autres. Elle venait apporter la mort à ses pauvres victimes, se nourrissant de leur sang encore chaud et de leur terreur. Elle menait une vie dans le péché le plus complet…mais elle souffrait plus que n’importe qui, une vérité effacée, oubliée, méconnue et ignorée de la mémoire des gens qui ne criaient que haine et malheur envers elle. Elle portait ce poids sur ses épaules qu’on lui avait affligé avec le temps. Elle fuyait les autres, les autres la fuyaient. Ils ne comprendraient pas, ils la rejetteraient sans aucune distinction comme un animal sauvage. C’était dur, très dur, trop dur pour un être humain. Elle pleura, laissant toute sa rage, toute sa rancœur, toute sa souffrance couler au gré des flots de ses pleurs. Ses petits yeux noisette étaient noyés dans un torrent de larmes. Elle aurait voulu crier de toutes ses forces, mais elle souffrit en silence. Qui allait bien pouvoir la sauver de cette douleur ? Qui ? Qui voudra-t-il bien d’elle ? Qui ? Une personne ayant souffert autant qu’elle ? Qui ? Hinata ? Kurenai n’avait pas été capable de combler ce vide intérieur, elle n’avait même cherché à le faire d’ailleurs. Qui pourrait l’aider ? Hinata avait l’air de porter une déchirure profonde dans son âme, mais l’aversion envers sa famille l’aveuglait de tout. Qui la sortirait de son enfer ? Elle avait à l’esprit une personne…elle ne savait même pas pourquoi ses pensées étaient tournées vers elle, peut-être parce qu’au fond, elle trouvait qu’ils se ressemblaient tous les deux…elle pensait à ce gars…Neji Hyuga. Il faudrait qu’elle éclaircisse ses sentiments à son égard, oui, il le devrait, mais pour le moment, elle contenta de se calmer et de s’endormir.

 

 

 

Un ptit com ?