Chapitre 1

par misslilie



Je le suiciderai d'un coup de couteau dans le dos



Avertissement: Cette fiction a été écrite selon les situations pouvant être trouvées dans les mangas (shojos en particulier) voilà pourquoi l'idée de départ peut paraître rocambolesque.

Cette histoire est censée être distrayante voire même drôle pour changer de toutes les histoires tragiques qui bien que intéressantes me dépriment complètement.

J'espère que vous apprécierez et que cela vous changera les idées.

Bonne Lecture à tous.






Chapitre 1


Je ne sais pas par où commencer.

C'est vrai quoi, comment se présenter décemment sans faire bimbo qui se la pète ou introvertie de service?



Bon, je vais commencer par les informations neutres.

Je viens de passer le cap des dix-sept années passée sur cette terre polluée et surpeuplée appelée autrefois «la planète bleue», je ne suis ni droguée, ni alcoolique, ni enceinte, ni suicidaire, ni dépressive... du moins pour le suicidaire et dépressif ça dépend des jours.

Forcément on a tous un coup de blues un jour où l'autre.


Pour certaines c'est quand leur chéri est partit avec une autre parce qu'il a, je cite:

« Passé une super soirée avec une nana géniale, elle est belle, drôle, et on s'entend super bien, c'est vraiment une perle tu sais, mais de toute façon on reste potes?»

C'est LA phrase qui tue, genre on va rester ami alors que toi tu lèches les amygdales d'une autre fille super canon (ou même pas).




Pour d'autres c'est parce que, habituées à avoir dix huit de moyenne dans toutes les matières, elles pleurent quand elles se retrouvent avec un malheureux quinze.

Pendant que toi tu plafonnes à six en bossant comme une dingue (en général ça agace).


Pour d'autres encore c'est parce que en ce moment elles ont leur petit problème féminin mensuel, ou qu'elles se sont disputées avec une, je cite de nouveau:

« Super pote, franchement c'est trop bête, mais ce n'était pas de ma faute! Si Anaïs n'avait pas dit à Chloé ce que Marie savait de Samantha alors Émilie n'aurait pas révélé à Hélène ce que Béatrice avait demandé à Elsa pour sa grande amie Aurélie.»

C'est clair comme de l'eau de roche vous ne trouvez pas?



Mais là je m'égare.


Bref, vous voici donc, très chers lecteurs égarés, transportés dans la trépidante vie de la fabuleusement banale Sakura Haruno.



Tout d'abord je n'ai pas eu une vie extrêmement malheureuse. Mes parents n'ont pas été dévoré par des escargots mutants pendant leur sommeil (même si je pense que ça aurait réglé quelques problèmes), je n'ai pas eu dans mon passé d'évènements traumatisants qui m'aurait empêché de vivre une vie aussi sereine que peut être la vie d'une adolescente de dix-sept piges.

Mais comme dans toute histoire un élément déclencheur va bouleverser cet équilibre.

Dans mon cas l'élément déclencheur est un groupement de plusieurs facteurs.

Ma mère en majeur partie, plus son nouveau petit copain, plus le baccalauréat, plus les jeunots qui se prennent pour des caïds et j'en passe sinon on va y passer la nuit.



Mon nom est donc Sakura Haruno, et là je vais vous raconter ma vie...

J'ai toujours su que j'étais une poissarde comme on dit dans le jargon, mais là je pense qu'il y a prescription.



Pour vous faire un bref résumé des épisodes précédents on va dire que mes parents se sont endettés pour trente-cinq ans dans une baraque qu'ils ont finalement décidé de vendre, parce qu'ils divorcent car mon père s'est trouvé une danseuse du ventre.


Tout le monde a compris?


Bref en ce moment vous devez être en train de vous demander pourquoi je vous fait tout un fromage d'une situation qui n'est pas extraordinaire.

Et bien tout simplement parce que même si à cette époque c'était pas la grande joie, ce n'est rien à côté de ma situation actuelle.


Après le divorce nous nous sommes installés, ma mère et moi, dans une maison de minimoys et je vois mon père un weekend sur trois, ce qui est largement suffisant de mon point de vue, mais malgré tout les petits ennuis quotidiens c'était plutôt gérable.

Non les choses ont commencé à franchement déraper quand ma mère s'est mise à ressortir et donc à se trouver des petits copains.


Et là je vous vois venir avec vos gros sabots, vous vous dites regardez moi cette empêcheuse de tourner en rond qui ne veut pas que sa mère retrouve l'amour avec un grand A, chaussure à son pied, l'homme qui lui fera toucher les étoiles, son âme sœur, sa seconde moitié... Je vous laisse le soin de trouver d'autres expressions parce que si je continue je vais vomir.


Bref vous pensez que je suis une chieuse.

En fait, moi j'étais plutôt pour qu'elle sorte et trouve l'Homme de sa Vie (remarquez les majuscules), sauf que je ne pensais pas qu'elle se trouverait un homme classe bébé.

Eh oui car si certaines femmes aiment les homme mûrs, ma mère c'est plutôt l'inverse elle aime les homme jeunes, trop jeunes, beaucoup trop jeunes.

Alors au début ça passait, ils avaient juste quelques années en moins qu'elle, puis une demie décennie en moins, puis une décennie, puis une décennie et un an, puis une décennie et deux ans, puis une décennie et trois ans, puis une décennie et quatre ans, puis une décennie et cinq ans...

Tout ça pour dire qu'on en est vite arrivé au moment où ma mère cherchait ses potentiels amoureux dans ma tranche d'âge, voire dans ma classe. Encore heureux, elle ne m'a jamais fait le coup de me piquer mon petit ami!

Ce qui, entre nous, ne lui demande pas trop d'effort vu que je suis seule comme un éléphant rose ailé dans le désert.


Mais arrêtons là les comparaisons riches en animaux pour nous centrer sur le problème d'à peu près un mètre soixante quinze et qui a l'insigne honneur d'être ma mère se trouvant dans notre salon.

Salon qui ne va pas tarder à ressembler à Hiroshima si ma mère ne me dit pas tout de suite que ce qu'elle vient de sortir n'est qu'une énorme blague pas drôle du tout de mon point de vue.


Et là vous soupirez de joie à l'idée que je vous dise enfin pourquoi ma vie est foutue, parce que soyons réalistes tout le monde adore les embrouilles, les ragots, les engueulades, et que là vous commencez à vous endormir sur votre chaise de bureau, mais restez vivant voici la fabuleuse nouvelle annoncée par ma mère quelques heures plus tôt.




Nous étions un dimanche, le temps était ce qu'il était, je dois dire que tout le monde s'en contrefiche, moi en priorité.

C'était l'aube, il était au moins onze heures du matin, et ma magnifique personne émergeait lentement devant son bol Mickey remplit à ras bord d'un chocolat bouillant. Après m'être brulé la langue au moins trois fois, j'étais toujours dans un coma léger, quand ma mère arriva dans la cuisine. Elle était comme d'habitude dans une forme olympique, très fatigante pour moi d'ailleurs, et me parlait de chaussures alors que mon cerveau essayait vainement de comprendre pourquoi j'étais levée.

Au bout d'une petite demie heure, après avoir migré comme une larve de la cuisine au fameux salon, j'écoutai enfin ce que me disait ma mère.

On était passées des chaussures à mon futur beau père.

Gneuh?

Stop, replay.



Eh eh eh! elle est gentille ma mère et surtout elle ne doute de rien. Je pense que la seule chose que je vais aimer chez lui c'est la taille de son portefeuille.

Minute, elle l'a rencontré à la sortie de la fac?

Pitié faites qu'il soit en dernière année de doctorat et qu'il ait redoublé pleins, pleins, de classes.



Dieu m'en veut personnellement.

Alors maintenant que toutes les puissances divines de l'univers se sont arrangées pour m'y mettre jusqu'au cou, il faut trouver un moyen de se sortir de cette panade. Et vite!



Moi, hypocrite, jamais. Je sauve juste le peu de peau qu'il me reste.

Tiens, bizarre, ma mère me regarde étrangement comme si j'avais loupé plusieurs saisons.


Bip... bip... bip... Votre correspondant n'est pas disponible momentanément veuillez réessayer ultérieurement.



Oui je sais je suis lente au démarrage mais faut toujours se renseigner avant de crier, ça peut éviter les erreurs de compréhension gênantes, du style:

«vous pouvez m'indiquez la mairie?»

Transformé en un:

«Vous pouvez me montrer votre kiki?»

ce que j'avais assez mal pris, le pauvre type a du se souvenir du pays.

Ma mère a un léger sourire, elle doit se souvenir de cet épisode elle aussi, puis elle se lance prudemment. Pas folle la guêpe!



Je rêve où je sert d'alibi?

Mais moi je veux pas que l'autre mioche ramène son postérieur dans ma maison de minimoys!

Calme, on se détend. Respire, inspire, respire, inspire.

Ma mère, cette traîtresse, m'a toujours dit que faire un sport de combat permettrait de m'aider à évacuer toute cette colère, et là je sens que je vais me mettre à la boxe. Mais pas besoin d'aller en club... le punching-ball arrive à domicile.

La technique de détente yoga ne marchant pas j'essaie donc l'extériorisation.

Trois...deux...un...feu!



Et voilà, c'est partit je hurle. les voisins vont encore râler.



Ma mère s'était figée, blanche comme un linge. Si je n'avais pas été autant en colère ça m'aurait presque attendri.

Mais là pas de pitié.

Non mais c'est vrai quoi, qu'elle refasse sa vie c'est bien, avec un gars de presque mon âge c'est déjà hard mais si en plus elle l'invite à vivre à la maison sans que je sois au courant c'est un peu trop. Faut pas pousser mémé dans les orties non plus!

J'allais reprendre mes hurlements stridents, après avoir ingurgité une bonne dose d'air pour repartir sur de bonnes bases, quand un soupir m'interrompit.


Crotte de bique en sucre, j'ai comme l'impression d'avoir un peu trop de public pour cette représentation privée.

On essaie de reprendre le self control...

Raté.

Je sais pas qui est là (et je suis navrée pour lui/elle d'ailleurs) mais on peut dire qu'il va entendre siffler la marseillaise en yougoslave.


Voyez-vous je ne suis pas du genre à reporter ma colère sur une tierce personne innocente et effarouchée mais à ce moment précis j'étais bien partie pour atomiser le suicidaire qui avait osé me couper dans mon élan.

Pour faire face à cet importun je fis un demi tour particulièrement réussi avec la classe naturelle d'une dame du monde. Une dame du monde en pyjama Dark Vador, avec la tête (et les cheveux) de quelqu'un ayant eu un réveil difficile, ajoutez à cet ensemble du plus bel effet une tête de rhinocéros après une lutte sauvage et vigoureuse pour une femelle à la saison des amours et vous obtiendrez mon image à cet instant précis.


Élégant non?


C'est ainsi que je rencontrai pour la première fois l'homme qui allait saccager ma vie, le diable en couches culottes, le suppôt de Satan, Lucifer en mode mannequin...

Bref le petit copain de ma mère.







Bravo à vous qui avez tenu jusqu'au bout sans exploser votre ordinateur ou vous endormir.

J'aimerai savoir ce que vous en avez pensé alors j'attends vos commentaires qu'ils soient bon ou mauvais.

Histoire de savoir si après avoir posté un chapitre je prépare un vase pour les fleurs ou un bouclier pour les poignards.


Un petit mot pour ceux passant le bac:

Courage! Certains reviennent vivants!

(je devrai être en train de réviser le français, honte sur moi)


Pour tous les autres je vous souhaite de très bonnes vacances.


Kiss Misslilie