Vengeance + épilogue

par Madl-y

Les pleurs de l’enfant résonnaient. Rien ne bougeait, aucun bruit, seulement ses cris augmentant, gonflant dans un crescendo que rien n’arrêtait. Elle ne l’entendait pas. Elle marchait dans ce monde parallèle, loin de la réalité : le néant où seul l’écho d’un son lointain et diffus se propageait. Un visage… Sasuke… Un cri… Kiyoshi

Le réveil fut brutal et un nom, unique, franchit ses lèvres :

« - Kiyoshi ! »

Hinata se leva brutalement et chancela légèrement. Qu’importe… Il n’y avait que lui qui comptait. Elle se précipita vers la chambre d’enfant et se retrouva rapidement devant le berceau du poupon larmoyant qu’elle s’empressa de cueillir avec douceur. Elle le berça tendrement contre son cœur, tandis qu’il se calmait progressivement.

« - Là, là ! Du calme ! shh ! Voilà ! Maman est là, Chéri ! »

Ses paupières lourdes de sommeil clignèrent sous l’effet de la fatigue, un bâillement, et il se rendormit paisiblement sous le regard chargé de tendresse de sa mère qui déposa un baiser dans le soyeux duvet qui recouvrait son crâne. Elle le déposa dans son lit, mais se figea, les yeux écarquillés. Elle sentit le tranchant d’une lame sur son cou découvert. Le cœur de Hinata accéléra instantanément, ses yeux emplis d’inquiétude posés sur Kiyoshi ronronnant dans son berceau.

Comment avait-elle pu ne pas se rendre compte de la présence de cet inconnu ? Elle se frappa mentalement d’avoir été à ce point incapable. Son seul souci restait désormais son fils, son bébé. La voix rauque de son agresseur railla à son oreille :

« - Ne bouge pas ou toi et le bébé mourrez tous les deux ! 

-       Ne… Ne lui faîtes pas de mal, je vous en prie !

-       Tout dépendra de ton comportement avec moi.

Il agrippa sauvagement sa chevelure et la tira en arrière. Elle laissa échapper un cri de douleur qu’il étouffa de sa large main, son autre main toujours agrippée à l’arme qu’il maintenait contre son cou.

-       Je t’interdis d’ouvrir la bouche pour alerter tout ton entourage, ou sinon… »

Elle préférait l’ignorer. Des larmes amères emplirent son regard de cristal. Hinata, totalement vaincue, se laissa emporter par l’inconnu. Ils se retrouvèrent rapidement dans le salon et l’homme la jeta contre le mur. Elle s’écroula. Elle tenta de se relever mais encore sonnée, elle s’effondra de nouveau. Les images étaient flou et face à elle se tenait un homme immense à la carrure robuste, un kunai à la main à la lame scintillant au clair de lune.

« - Qui… Qui êtes-vous ?

-       Ton pire cauchemar… Ou plutôt… Celui de Sasuke Uchiha.

-       SasuSasukeUchi…ha ? Je ne… compr… comprends pas.

-       Inutile de faire l’innocente. Sasuke Uchiha est célèbre. Tout le monde le connaît. Partout. À Konoha ou ailleurs. Et tout le monde sait une chose : Sasuke Uchiha a laissé sa fiancée, ici, dans son village natal. Sa fiancée : Toi.

-       Je ne suis plus sa…fiancée depuis longtemps. Que voulez-vous ?

-       Vois-tu ! Je sais que Sasuke t’aime toujours. Je sais qu’il ferait n’importe quoi pour toi. Je veux qu’il souffre comme j’ai souffert. Il a détruit tout l’Akatsuki et la femme dont j’étais amoureux se trouvait dans cette organisation. Il les a tous tués sans regret, ni remord. Il l’a tuée, Elle. Celle pour quoi ma vie avait un sens.

-       Je… Je suis désol

-       Tais-toi ! »

Elle se sentit projeter de l’autre côté de la pièce et s’écrasa lourdement contre un meuble. Une douleur lancinante brûla ses côtes. Cependant, ce n’était rien comparé à la peur qui lui rongeait les entrailles. Kiyoshi et elle étaient en danger. Il désirait se venger. Il fallait qu’elle réagisse, elle ne pouvait pas rester les bras croiser à subir toutes les attaques de son ennemi. Vibrant d’une détermination nouvelle, elle se releva malgré le mal qui la rongeait, elle fit face à son adversaire. Elle devait se battre, pour son fils… Elle plaqua ses mains brillantes de chakra contre ses plaies. Elle grimaça de douleur. Sa voix vibrante de fureur, elle déclara :

« - Je ne vous laisserais pas faire. Vous ne toucherez pas à mon bébé. Il est tout ce que j’ai, tout ce à quoi je tiens. Faîtes-moi souffrir si vous le désirez, mutilez-moi, vous pouvez me tuer si vous voulez, mais je ne vous laisserais jamais, au grand jamais vous approchez de mon fils. Jamais.

-       Morte, tu ne pourras plus protéger ton petit, et je pourrais le tuer lentement, avec délectation, chaque fois que j’entendrais ses cris.

-       Vous êtes un monstre.

-       Sasuke Uchiha est un monstre.

-       La femme que vous aimiez n’avait qu’à ne pas s’allier à un camp de brigands.

-       Je t’interdis de parler d’elle.

-       Et pourquoi donc ? »

 

Rouge de fureur, l’homme chargea. Le combat avait commencé : un combat à mort. L’homme était rapide et Hinata avait beaucoup de mal a arrêté ses coups. Le kunai de son agresseur entailla à de multiples endroits sa peau de porcelaine. Déjà malmenée auparavant, la douleur doubla et sa vitesse baissa légèrement. Son byakugan activé, elle savait qu’elle pouvait y rester, mais elle vivait avec cette certitude : elle ne devait pas abandonner… Elle n’en avait, tout simplement, pas le droit. Un ultime coup, le dernier, celui de tous ses espoirs, après quoi elle sombrerait. Une nanoseconde de concentration et elle voltigeait, tourbillonnait des fils de chakra coulant de ses doigts qu’elle envoya avec précision. Épuisée, l’attaque n’atteint pas sa cible et elle s’effondra. Ses paupières, humides de larmes de frustration et de déception, s’alourdirent. L’homme s’approcha, un sourire mauvais étirant ses lèvres, il dégaina son katana et elle sombra dans les ténèbres.

 

Une intense lumière… Des éclats de voix…

Hinata cligna des yeux après ce qu’il lui sembla être un très long sommeil.

« - Regardez, elle se réveille.

-       C’est impossible !

-       Mais si, mais si ! Je te le jure ! 

-       Voyons Kiyoshi

-       K…Kiyoshi !

-       Hinata ? »

La lumière l’aveuglait, puis s’apaisa rendant les images plus claires, les visages plus nets. Trois personnes l’observaient étrangement, cependant une seule attira son attention : un enfant, peut-être âgé de quatre ans, de sombre mèches encadrant un visage enfantin où scintillaient d’émotion deux orbes laiteuses. Une larme glissa le long de sa joue, une larme que recueillit instantanément Hinata, et le plus naturellement du monde, elle lui sourit, d’un sourire tendre et empli d’amour, le cœur léger. Elle ne pouvait pas se tromper, il était son enfant. Il était à Elle et à Lui à égalité, mais par pur égoïsme, il n’appartenait qu’à Elle seule.

L’enfant se blottit alors contre elle, et… elle respira de nouveau. Elle savoura l’air qui l’entourait, la chaleur de ce petit corps contre le sien. Elle se souvint soudain de la caresse de ses mots à son oreille quand il l’appelait « Maman » ou seulement son rire cristallin et joyeux qui tintait mélodieusement.

Les larmes aux yeux, elle le serra contre elle tendrement. L’enfant se redressa et déclara enthousiaste :

« - Tu sais, Maman ! Avec Papa…

-       Papa ? L’interrompit-il. Kiyoshi lui décocha un regard surpris et eût un léger froncement de sourcil. Le même que son père. Excuse-moi, Chéri. Continue. Il sourit.

-       Avec  Papa, on est venue te voir tous les jours. Sauf qu’on Papa partait très très très longtemps en mission. On venait avec Tata Sakura et Tonton Neji. Hein, Papa

-       Oui, c’est vrai Yoshi ! Mais là, ta maman a besoin de se reposer et toi aussi. Tu vas rentrer avec Tata Sakura… Non, inutile de me faire ce regard de chien battu… Si tu crois que je vais céder, il n’en est pas question.

-       Mais…

-       Kiyoshi !

-       D’accord. »

Résignée, il descendit du lit d’hôpital, après avoir enlacé sa mère, s’empara de la main de Sakura qui déposa un baiser sur le front de Hinata et ils disparurent tous deux derrière la porte, la laissant seule avec Sasuke. Un silence s’abattit dans la salle que chacun se refusait à briser. Il s’observait en chien de faïence. Regard de glace noyé dans les ténèbres. Il soupira et passa ses doigts dans ses sombres mèches. Elle sourit légèrement, il était gêné, elle le savait. Elle avait tant de questions à lui poser. Prenant son courage à deux mains, elle inspira et demanda :

« - Depuis combien de temps ?

-       Trois ans…

-       Trois ans ? si longtemps et Kiyoshi

-       Il a quatre ans, bientôt cinq. C’est un sacré bonhomme.

-       Ah ! »

De nouveau, un lourd silence s’installa entre les deux personnes. Elle soupira de nouveau :

« - Sasuke, je te… je te remercie… Pour tout. Pour Kiyoshi.

-       Il s’agit de notre fils. C’est tout naturel. Je ne pouvais pas le laisser seul.

Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure de remords.

-       Ce n’est pas ta faute, Hinata, mais la mienne. J’ai été si stupide de penser que lorsque je rentrerai au village, tout se passerait bien alors que je t’avais fait tant souffrir. Je croyais te protéger en refusant notre mariage et en accomplissant ma vengeance. J’avais gagné la gloire, la satisfaction d’un rêve réalisé, cependant, j’avais perdu la chose qui me tenait le plus à cœur : Toi, ton amour pour moi.

Quand je suis rentré à Konoha et que j’étais venu te rendre visite, tu m’en voulais tellement et je ne pouvais qu’avoir des remords. J’avais décidé de ne plus t’importuner, mais j’avais besoin de te voir, toi et notre fils encore une fois avant de disparaître de vos vies. Et lorsque je suis arrivé, j’ai senti une présence inconnue. J’étais furieux quand je le vis sur le point de t’exécuter. Il devait mourir pour avoir osé lever la main sur toi, et quelques secondes plus tard, il gisait dans son sang. Toi, tu étais si pâle, si fragile dans mes bras. Je croyais que j’allais mourir de chagrin, mais Kiyoshi était là, dans sa chambre. Il était vivant, il respirait. Il avait besoin de moi.

Tu avais utilisé du chakra à excès et Tsunade n’était pas certaine de te voir te lever un jour. Je refusais d’y croire. Tous les jours, sans exception, j’ai fait en sorte que Kiyoshi vienne te visiter. Le temps où je n’étais pas en mission, je venais avec lui, et Sakura l’emmenais quand il m’était impossible de le faire.

C’est un bon petit gars. Il te ressemble beaucoup, un vrai bout en train.

Hinata. Sache que je n’ai jamais, au grand jamais, voulu te causer du tort. Et sache que je n’ai jamais cessé de t’aimer. Il n’y a pas un seul jour qui ne passe sans que je ne pense à toi, et désormais, à Kiyochi aussi. Je veux former la famille dont j’ai toujours rêvé, à tes côtés et avec notre fils.

Avec douceur et tendresse, il s’empara de ses mains qu’il porta à ses lèvres. Elle rit, émue :

« - Sasuke Uchiha ! Je ne t’ai jamais entendu parler autant qu’aujourd’hui. Ça se fête, tu ne crois pas ? Un Sasuke sentimental, c’est du jamais vu. Ai-je vraiment affaire à Sasuke Uchiha ? »

Elle lui fit un clin d’œil. Hinata lui avait pardonné si facilement. Il la connaissait si bien. Heureux, il l’enlaça.

C’était le début d’une nouvelle vie. Un nouveau départ, une nouvelle chance.

« - Je t’aime, Sasuke ! »

 

Épilogue : Deux ans plus tard…

 

« - Tu te sens bien, Sasuke ?

-       Un peu stressé, Naruto… Mais ça va.

-       Tu ne peux pas te défiler cette fois, tu restes devant l’autel et tu l’attends.

-       Je ne vais pas m’en aller, voyons.

-       Avec toi, rien n’est jamais sûr. Alors Kiyoshi est content d’avoir bientôt une petite sœur ?

-       Une petite sœur ? Comment peux-tu être sûr qu’il s’agisse d’une petite sœur ?

-       En fait, je n’en sais rien. J’ai juste fait un pari avec Ino et j’ai parié qu’il s’agissait d’une fille. J’ai hâte de voir sa petite frimousse. Encore un mois et demi.

-       Hn. »

Son regard longea l’allée jusqu’à l’entrée que sa fiancée franchirait pour le rejoindre. Cependant, ce fut une Sakura paniquée qui parcourut la nef centrale et se précipita vers le futur marié. Elle chuchota à l’oreille du brun qui fronçait des sourcils petit à petit. Quand elle se fut écartée, le brun disparut dans un nuage de fumée, réapparaissant près de l’hôpital de Konoha. Il arriva bientôt près d’une salle et y pénétra.

« - Hinata ! »

La brune couchée sur le lit, tourna son regard vers le nouvel arrivant. Elle était écarlate de douleur et respirait par petite bouffée.

« - Sasuke. Que fais-tu là ?

-       J’ai promis de ne plus jamais t’abandonner et je ne t’abandonnerai pas aujourd’hui. 

-       Le mariage ?

-       Qu’importe le mariage. Le plus important, c’est que nous soyons ensemble.»

 

Elle sourit chaleureusement et tendit ses lèvres qu’il embrassa amoureusement.

Les heures s’écoulèrent et Konoha put accueillir, la petite Uchiha Yuki, paisiblement endormie dans les bras de sa mère.

Il n’avait aucun doute… Il était bien l’homme le plus heureux de la Terre.