Savoir rester sexy et irrésistible !

par plokijuh

 « Tu blagues, j’espère ? 

-          Si tu me laissais terminer, tu verrais qu’il n’y a rien de comique Sakura ! »

Bon d’accord, je me tais, de toute façon Neji a toujours le dernier mot, quoique c’est lui aussi qui signe mes chèques à la fin du mois. De plus, pas besoin de l’avoir rencontré plusieurs fois pour savoir qu’en rajouter ne donnait rien. Il obtenait de son respect non par sa carrure, plutôt svelte ma foi, mais de par son regard glacial. Il savait les réchauffés autour d’un verre de rhum, mais au boulot c’était un vrai bourreau.

« Mais je t’en pris, poursuit, me permis-je d’ajouter »

Si je me souviens bien, nous n’étions que le quatrième du mois, soit alors, j’ai largement le temps de me racheter d’ici la prochaine paye s’il advenait qu’il m’en veuille en ce moment. Il fit alors une moue renfrognée en passant sa main dans sa longue chevelure sombre que j’enviais plus que tout. Son teint habituellement pâle avait légèrement rougi lors de sa petite « crise » un peu plus tôt. Je vous jure, je n’ai jamais vue, ni entendu son rire et ce depuis les trois mois que j’étais ici, s’en était effrayant,mais tout autant intriguant.

Non que le boulot que je fais en est un de bureau comme la plupart de la population du trou perdu de Konoha. En fait, s’en est parfois même un peu gênant de le dire si ouvertement, mais j’ai bel et bien une carte plastifiée signée Sakura Haruno chasseuse de primes dans le fond de mon porte-monnaie. Excitant, incroyable, dangereux, amusant, tous des mots qui me sont passés par la tête avant de m’impliquer corps et âme dans ce boulot. Du haut de mes 24 ans, j’ai craché sur mes quatre années d’études collégiales pour cet emploi.

Pour faire simple, lorsqu’une personne se fait arrêté, pour je ne sais qu’elle raison, et qu’elle tient à obtenir une caution de libération jusqu’à  leur appel en cour, hey bien c’est vers Neji qu’ils se tournent. Ceux-ci s’arrangent avec le patron pour qu’il paie la caution pour ainsi obtenir des bénéfices par la suite. Il arrive, plus souvent que je n’aurais pu le croire, que certains de ces défauts de comparution - DDC, selon le jargon chasseur de primes – ne se rendent pas devant les juges le jour prévu. Dans ces cas-là, Neji a alors besoin de ses chasseurs de primes s’il tient à avoir le retour d’argents et ses bénéfices. Notre travail à nous, chasseurs de primes, est de retrouver ses DDC dans la nature pour les ramener par la peau des fesses avant leurs prochains appels en cour. La loi ne pardonne pas et il est encore plus difficile de ramener un de ces DDC lorsqu’ils ont déjà refusé de venir la première fois. 

Il faut parfois alors user soit des ses charmes ou soit de la force, dans mon cas je m’en tiens à la première option. Je dois alors, malgré un régime intensif à base de beignets, de pizzas et de hot dogs, d’un bonnet, d’une chemise de bûcheron et d’un jeans… Savoir rester sexy et irrésistible ! Cela peut facilement se faire dans mon cas avec mes mignons petits yeux verts, mon grand front lisse comme de la peau de bébé, des cheveux rose bonbon - fais, sur un coup de tête je vous dis - et de mes 60 kilos tout mouillés.

« Tu me retrouves Jiraya Abura avant le 25 de ce mois-ci Sakura et ce n’est pas négociable !

-          Hors de question que j’arrête Jay-Jay, non, mais as-tu seulement une idée de qui tu parles là ?

-          Je me fiche que ce soit le bonhomme sept-heure ou le nouveau pape, tu me le retrouves et tu le ramènes… en un morceau cela va de soi.

-          Ah, c’est arrivé qu’une seule fois ça, tu va me le rappeler combien de temps encore ? »

Jiraya Abura*, alias Jay-Jay pour le quartier dans lequel j’ai grandi. Ce vieil homme de 64 ans au long cheveu blanc - j’aurais juré argenté, mais ma mère adorait me répondre que non - et une verrue, à faire jalouser les crapauds, sur le côté gauche du nez. Il était connu par toute ma génération et celle plus vieillissante de ma mère. C’était le vendeur de glace du quartier, il était jovial en soi et adoraient jouer des tours aux petits enfants qui allaient le voir. Son magasin marchait à fond et les enfants ne se lassait jamais d’aller chez lui - moi de même enfant c’était l’endroit ou j’avais fait ma toute première overdose de sucre dans ses toilettes - je ne voyais alors pas du tout ce qu’il avait bien pu faire pour être un client de Neji.

« Qu’a-t-il fait au juste pour avoir besoin que tu paies sa caution ? Il a donné de la crème glacée au mauvais flic ? blaguais-je.

-          Port d’arme sans permis.

-          Pardon ?! M’étranglais-je.

-          Tu connais un certain Rock Lee , me questionne-t-il sans oser lever les yeux de sa paperasse.

-          Heu non ça ne me dit rien.

-          Justement. C’est un policier fraichement sorti de l’école qui par excitation n’a laissé aucune chance de rater une arrestation, que ce soit pour 5 km/h de trop comme ce fut le cas pour Jiraya.

-          Quel débile, me frustrai-je. Et après faut pas leur porter de jugement hâtif à c’est petits cons qui font la loi.

-          Enfin bref, l’agent Lee a rapidement remarqué l’anxiété du passager. C’est quand il lui a demandé ses papiers et que Jiraya s’est étiré qu’il a vu le flingue dépassé de sa ceinture.

-          Du coup il a demandé à Jay-Jay le permis pour son port d’arme et surpriseeee… Il n’en avait pas, terminai-je.

-          Exactement. De plus il devait être en cour hier matin à 11heure et il n’a pas daigné venir, conclut-il »

Je hochai de la tête. Je veux bien croire qu’aux yeux de tous Jiraya soit le père-noël de la crème glacée, mais il en revenait qu’il avait eu une arme sans permis sur lui. C’est un fait, mais pas de quoi vouloir éviter à tout pris d’aller en cour. Il aurait peut-être une petite tape sur les doigts et une amende, mais rien de gastronomique. Pas de quoi fouetter un chat, il a simplement dû oublier la date.

Je sortis donc du bureau de Neji et traversai le couloir vers la salle des « employés », soit deux bureaux sur chaque côté de la porte de sortie et trois chaises vacantes devant le bureau de gauche qui servait à Kin qui ne travaillait que la semaine. À celui de droite se trouvait Ino Yamanaka la secrétaire personnelle de Neji présente sept jours sur sept pour mon plus grand malheur. Elle avait de jolis yeux bleus à faire craquer tout le monde. Elle attachait toujours ses longs cheveux blonds dans un chignon bien serré rendant à son visage ses 25 ans. Je n’avais rien à l’envié, sauf peut-être ses longues jambes élancées qui lui permettaient de me dépasser d’un bon 10 cm.

« Je n’en reviens toujours pas qu’on a arrêté tonton Jay-Jay ! »

Ah oui et j’oubliais, c’est aussi la nièce de Jiraya.

« Puis Neji qui veut qu’on le retrouve à tout prit, j’espère sincèrement que tu n’as pas accepté Sakura, me demande-t-elle les joues rouges de frustration.

-          Mais il ne s’est pas présenté…

-          C’est stupide, tonton ne ferait de mal à personne, me coupe-t-elle. J’espère réellement que tu ne le retrouveras pas !

-          C’est mal ce qu’il a fait Ino, tentais-je.

-          Il a été accusé pour quoi ?

-          Port d’arme sans autorisation

-          Comme si c’était illégal, fit Ino

-          Mais C’EST illégal !!! »

Elle se renfrogna et retourna à son écran d’ordinateur. Intérieurement je bouillais. Que ce soit ma mère, mon copain – inexistant pour l’instant, mais je reviendrai là-dessus – ou mon chien, un DDC reste un putain de DDC ! Je ramenai Jiraya par tous les moyens et cela rien que pour clouer le bec à tout le monde, parole d’Haruno et de chasseuse de primes !

 

 

*Abura : Comme son nom de famille m’est inconnu, j’ai fait une petite recherche et l’idée m’est venue. Si vous vous rappeler bien, Jiraya portait un bandeau sur lequel un kanji y était représenté et qui signifiait : Abura (huile).