Chapitre 7

par Chichichi

- Irréversible attirance -


- Temari -


-Playlist -

Ben Howard - Promise


J'ai les yeux fixé sur le plafond de couleur crème . Par moment, l'air frais de mon ventilateur vient se perdre sur ma peau et entre mes cheveux. Je n'ai pas bougé de mon lit depuis que je me suis disputée avec Kankuro. Il est exactement quatorze heures de l'après midi, mes volets sont encore fermés et le plateau repas que m'a préparé Hinata est encore sur mon bureau, intacte. Je n'ai pas faim. Je n'ai envie de rien. Je ne suis plus vraiment en colère contre mon frère, je ne le reste jamais bien longtemps, mais je n'ai aucunement envie de le voir. De plus, je me sens terriblement coupable envers Deidara. Je n'aurai jamais dû réagir de cette manière avec lui. Il n'y est pour rien le pauvre. Je gâche vraiment tout. Je ne sers à rien.

J'ai envie de mourir.

Je me frotte frénétiquement les yeux avec la paume de mes mains et prends une profonde inspiration. Il faut que je me calme. Deidara n'est pas comme Kiba. Il ne va piquer une violente crise de colère, ne va pas renverser les meubles, m'hurler dessus jusqu'à m'en casser les oreilles, ni aller frapper le premier venu. Ils sont différents. Je le sais. Je l'ai senti.

Deidara me semble plus doux, plus attentionné. J'ai l'impression qu'il fait attention au moindre petit détails. Kiba a toujours été plus rude, plus rentre dedans. Et pourtant je l'ai aimé. Je l'ai aimé comme une folle.

Je l'ai peut-être trop aimé. Peut-être de la mauvaise manière.

J'expire longuement. Je ne suis peut-être pas faite pour l'amour. Je devrais sans aucun doute envisage une vie solitaire. Quelques coups à la porte me sorte de mon mutisme persistant . Sans que je ne l'ai invité à entre, Hinata passe la tête et me fait un tendre sourire.

-Je me demandais si tu désirais manger quelques cookie avant que Gaara ne les engloutissent tous ?

-Non merci.

Elle ne bouge pas et se mordille pensivement la lèvre inférieur.

-Temari, est-ce que tu veux..hum..en parler ?

Je n'ose même plus la regarder dans les yeux et je me remets à fixer le plafond. Je n'ai pas envie d'en parler. Je veux juste qu'on me foute la paix. Cependant lorsqu'Hinata vient s'allonger à coté de moi, je suis incapable de lui dire de s'en aller. Je sais très bien qu'elle veut juste me remonter le moral, m'aider et je n'ai pas à la rejeter. Il faut vraiment que je cesse de refuser l'aide des autres. C'est peut-être parce que j'ai toujours plus ou moins dû me débrouiller toute seule que je suis comme ça. Je n'ai jamais vraiment compté sur ma mère qui n'aimait pas trop perdre son temps avec moi.

-Tu sais, fait Hinata en s'allongeant sur le coté de sorte à ce qu'elle puisse me voir. Entre Gaara et moi il y a aussi des hauts et des bas...mais cela ne veut pas dire que l'on ne s'aime plus..bien au contraire.

-Je ne me suis pas disputé avec Deidara, je réplique aussitôt, il n'a rien fait...c'est juste moi...encore une fois...j'ai tout gâché.

Elle ne parle pas. Semble réfléchir un moment avant de me demander :

-Et qu'en pense Deidara ?

Je soupire sans quitter le plafond des yeux.

-J'en sais rien, je n'ai pas osé lui parler aujourd'hui.

-Tu devrais.

J'avale difficilement ma salive et me mord le creux de la joue. Je suis incapable de faire le premier pas. Je ne suis pas assez courageuse pour ça. Kiba me l'a toujours dit. C'est à cause de moi que cela ne marchait pas, je ne sais pas voir les signes, je suis trop gourde pour ça. Je suis juste bonne à rester toute seule dans mon coin.

-Et s'il ne voulait plus me parler, je souffle.

-Et si au contraire il n'attendait que ça, susurre t-elle.

-Il n'a même pas essayé de m'appeler aujourd'hui, je lui rappelle en penchant ma tête vers elle et en croisant ses yeux pâle.

Du bout des doigts elle se met à me caresser le haut du crâne dans un geste presque maternelle.

-Il ne veut pas te brusquer Temari, je crois qu'il a compris qu'il te faut toujours un peu de temps avant de te remettre de tes émotions.

-Tu crois que c'est une mauvaise chose ? Que je sois comme ça ? J'ose lui demander tout en ayant peur de sa réponse.

Hinata se contente de me faire un sourire en jouant maintenant avec les mèches blondes de ma franche.

-Non, je ne pense pas. C'est surement ce qui te rend aussi spéciale.

-Je n'en suis pas aussi sur, je décrète laconiquement.

-Et moi je te dis que si.

Nous nous regardons longuement dans les yeux avant que je décide de m'allonger sur mon coté gauche. Nous sommes maintenant face à l'autre. Je n'ai jamais vraiment eu beaucoup d'amie. La présence d'Hinata m'est devenu, sans même que je m'en rende compte, indispensable. C'est presque comme avoir une sœur. Et je dois bien avouer j'aime beaucoup ça.

-Tu me fais un peu penser à Gaara parfois, dit-elle doucement, vous ne le montrez pas mais je sais que quand vous aimez, c'est passionnément.

Je fronce les sourcils.

-Je t'assure que c'est la vérité, rajoute t-elle, je le vois bien. Vous préférez rester discret, ne pas vous épancher parce que vous pensez que l'autre comprends tout l'amour que vous lui portez. Vous pensez que les mots ne sont pas utiles tant que les gestes sont là...

Je reste silencieuse et l'écoute attentivement.

-Si cela n'a pas marché avec Kiba c'était parce qu'il était incapable de voir tout les efforts que tu faisais pour lui, de voir tout l'amour que tu voulais lui donner. Mais Deidara est différent Temari, j'en suis sure et certaine.

-Je le crois aussi.

-Alors si tu le crois, quand tu te sentiras prête, passe lui un coup de file ou va le voir, montre lui que tu es là...

Je baisse les yeux et tripote avec mes doigts une petite peluche qui traîne habituellement sur mon lit.

-Je trouve ça tellement effrayant...

-Tu y arriveras, me dit-elle avec conviction.

Je relève un peu la tête vers elle et esquisse un sourire.

-J'aimerai avoir autant de courage que toi.

Elle écarquille imperceptiblement ses prunelles et éclate de rire.

-Tu..tu trouves que je suis courageuse ? Me demande t-elle étonnée .

-Oui.

Elle me regarde un peu perplexe alors je rajoute sans hésiter :

-Pour avoir su sortir Gaara de sa carapace .

-Oh.

-Je ne pensais pas qu'il finirait par rencontrer une fille comme toi, une fille pour qui il serait prêt à tout. Il a toujours été tellement renfermé sur lui-même, il ne s'ouvrait même pas à nous, sa famille. Mais toi tu l"as changé, tu l'as transformé, tu n'as même pas été rebouté par son attitude et je trouve ça vraiment très courageux de ta part parce que moi je n'aurai jamais fait ça pour un homme. J'aurai baissé les bras...

Je n'ai pas le temps de continuer de parler qu'elle se jette dans mes bras. Elle me serre fortement contre elle , sa tête reposant sur le creux de mon épaule.

-Je t'aime Temari No Sabaku !

J'ai soudainement le cœur qui serre et les larmes me montent au yeux. Je n'ai pas l'habitude des démonstration d'affection ni que l'on me dise "je t'aime". Mais parce qu'il s'agit d'Hinata et parce que je me suis rendue compte qu'elle m'a autant sauvé qu'elle a sauvé Gaara je lui rend son étreinte.

-Moi aussi Hinata, moi aussi.

C'est en fin d'après-midi vers dix-sept heure que je décide enfin de sortir de ma chambre. Je croise Kankuro dans la cuisine qui se sert un grand verre de lait froid auquel il rajoute du sirop de grenadine . Il relève la tête vers moi .

-T'as soif ?

-Non ça va.

Ni lui, ni moi n'allons nous excuser. Ça ne marche pas comme ça entre nous. On est bien trop fière tout les deux pour ça. On se contente juste de faire comme si rien ne s'était passé. Je sais très bien que ce n'est pas la meilleur des solutions. Mais bon, nous sommes tellement compliqués, nous les No Sabaku...

Je m'assois sur le canapé alors que Gaara sort de sa chambre, torse nu, les cheveux en bataille et en se grattant machinalement le ventre. Hinata doit encore dormir. Elle est allée se glisser auprès de lui après m'avoir réconforter.

-Toujours à branler, lance Kankuro à notre jeune frére .

Gaara hausse les épaules.

-Les vacances c'est bien fait pour ça non ?

-En effet, admet Kankuro en venant s'asseoir à coté de moi et en s'emparant de la télécommande.

Gaara nous rejoint, en prenant place sur le fauteuil et on se met à regarder une émission un peu stupide. Kankuro se met à baver sur les participantes au physique avantageux, Gaara critique la portée intellectuel du TV Show, quand à moi je les écoute. J'ai presque l'impression de revenir trois ans en arrière lorsque nos parents partaient en voyage sans nous ou lorsqu'ils rentraient très tard du travail et que nous étions livré à nous-même. On restait jusqu'à pas d'heure à regarder la télévision, à mettre le son à fond, comme pour essayer de combler le manque que laisser nos parents. À l'époque , assise devant la télé avec mes frères, j'avais toujours cette même impression. Que notre famille, n'est composé que de trois personnes. Que de nous. De moi, de Kankuro et de Gaara.

Aujourd'hui c'est différent. Nous sommes toujours là, mes frères et moi, mais nous ne sommes plus seuls. Hinata est devenu un membre à part entière à notre famille et tout comme Gaara je veux qu'elle le reste indéfiniment.

Et puis je pense à Deidara, au fait qu'il pourrait très bien intégré notre famille. Est-ce que j'ai vraiment envie qu'il en fasse partie ?

Oui . Je le veux entièrement.

-Au fait, nous dit Kankuro , j'ai l'intention de manger en ville ce soir avec des potes donc inutile de m'attendre pour le repas.

Gaara qui a une bière à la main, se contente de la boire sans émettre d'avis. Moi, j'hoche la tête et me demande si Deidara va l'accompagner. J'ai un pincement au cœur à chaque fois que je pense à lui. Hinata a raison, il faut que je fasse quelque chose.

-Dis moi Kankuro, est-ce que tu pourrais me déposer chez Deidara ?

Mon frère suspend son verre à ses lèvres avant de me faire un sourire.

-Évidement, à quel heure veux-tu y aller ?

-Maintenant, si c'est possible.


J'ai demandé à Kankuro de me laisser seule. Je n'ai pas besoin de lui. Je veux juste me retrouver avec Deidara. Je lui dois bien ça après tout. J'ai les mains un peu moites alors que je sonne à sa porte. Mon cœur tambourine tellement fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma cage thoracique. Et s'il me rejete ? Et s'il ne veut plus me voir ? Et si Kiba a entièrement raison, si les choses vont mal c'est uniquement à cause de moi ?

Je recule d'un pas. Non Temari, reprends toi, il faut que tu restes. Il faut que je l'affronte. Je dois cesser de me morfondre. Je suis une No Sabaku après tout et les No Sabaku ne sont pas des lâches. Enfin ça c'est ce qu'aime répéter mon grand-père à tue-tête...

La porte s'ouvre et je fais face à un Deidara au regard fatigué. Je rougie considérablement lorsque je me rends compte qu'il ne porte pas de tee-shirt et que je découvre ses abdos. Nom de Zeux, ils sont...parfaits. Il penche la tête sur le coté, ses longs cheveux blonds glissent le long de son épaule, et plisse les yeux . Il est tellement beau et fascinant qu'il va vraiment me falloir tout le courage du monde pour assembler correctement les mots dans ma tête et pour pouvoir les ressortir sans bégayer comme une idiote.

-Temari ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je cligne plusieurs fois des paupières et prends mon courage à deux mains.

-Je, hum, je voulais m'excuser mon attitude .

Il se passe une main dans ses cheveux pour les ramener vers l'arrière sans me quitter de ses prunelles couleur océan.

-Je n'aurai vraiment pas du réagir ainsi avec toi.

Je baisse la tête parce que je me sens incapable d'affronter son regard pénétrant bien longtemps. Je me déteste tellement dans ces moments là. Il me fait vraiment perdre tout mes moyens .

-Donc si tu décidais de ne plus vouloir continuer quoique se soit avec moi, je comprendrais parfaitement...

Sans que je ne le vois venir, il soulève mon menton avec ses doigts. Le contact est doux, tendre. Mes joues doivent être cramoisie. Je dois vraiment être ridicule à regarder.

-Ne dis pas de connerie pareil.

J'entrouvre les lèvres pour lui répondre quelque chose mais il m'interrompt avec un sourire.

-Le jour où je ne voudrais plus continuer quoique se soit avec toi, Temari No Sabaku, n'est définitivement pas prêt d'arriver.

Et il se penche vers moi pour poser délicatement ses lèvres sur les miennes. Sans plus attendre, je glisse mes mains sur sa nuque , et perds mes doigts dans ses longs cheveux blonds. Ses mains se posent sur ma taille et me rapproche à lui. Je suis maintenant étroitement enlacé contre lui et nos lèvres ne se quittent que pour que nous puisons reprendre notre souffle.

-Alors, je murmure , alors tu veux bien encore de moi ?

Il esquisse un sourire en coin, et dépose un baiser dans mon cou. Ce simple geste à pour effet de provoquer un déferlement d'émotion en moi.

-Définitivement, murmure t-il en remontant le long de ma nuque pour me mordille le lobe de l'oreille.

Et là soudainement je le sens au plus profond de moi que je suis irréversiblement attiré envers Deidara. Ce sentiment ne m'effraie pas. Au contraire, j'ai l'impression de voler, de me sentir légère, vivante.

Je le serre un peu plus contre moi . Lui, je ne le quitterai pas. C'est décidé, il fera partie de ma vie, de ma famille. Je n'ai plus peur de l'avenir, je sais qu'il sera là maintenant. Tout ira bien.

-A quoi tu penses ? Me demande t-il en ramenant ses lèvres près des miennes.

Je l'embrasse tout doucement, tendrement, avant de déclarer sans aucune hésitation.

-A l'instant présent.