Chapitre 5

par Chichichi



- Irréversible attirance -


- Chapitre 5 -


Il s'approche doucement de moi tout en fermant ses yeux et je retiens ma respiration. Mon coeur s'emballe. Cette situation me rapelle bien trop de chose. Les souvenirs de ma précédente relation affluent en moi et l'amère goût de ce qu'ils en restent me rappelle pourquoi je ne veux plus de petit-ami. Alors sans lui laisser le temps de m'embrasser je me relève subitement.

-Temari ?

J'ignore complétement le regard de chien battu qu'il me lance et lui tourne le dos. Je dois partir. Maintenant.

-C'était une mauvaise idée...désolée.

Je marche rapidement vers la voiture, mais je ne désire aucunement rentrer là dedans. Je veux juste m'en aller . Je veux partir loin de lui, loin de tout ça. Je sais très bien ce qu'il attend de moi, je le sais depuis qu'il m'a demandé de venir avec lui, même si je ne voulais pas l'admettre. Je ne peux pas lui donner ce qu'il veut. Je ne peux pas me permettre de me perdre à nouveau. J'ai mis beaucoup trop de temps à me reconstruire, à redevenir celle que j'étais...enfin non, je crois qu'après Kiba je suis devenue une autre. Une autre moi. Différente, lointaine, intouchable.

-Temari !

Sa voix me transcende et je frissonne mais ne m'arrête pas pour autant de marcher. Je m'enfonce sur la route et longe la chaussée. Il fait de plus en plus sombre. Je n'aime pas ça, mais je n'ai pas le choix. Il ne mérite pas que je lui donne de faux espoirs. Il a l'air trop bien pour moi.

-Temari, attend moi, s'il te plait !

Je sursaute quand je sens sa main chaude m'enserrer le coude. Il me force à lui faire face mais je garde obstinément les yeux rivés sur le sol. Je ne veux pas le regarder. Je ne veux pas me perdre dans ses yeux. Ils sont trop bleus, trop beaux, trop lui. D'ailleurs en y réfléchissant ce n'est pas humain d'avoir des yeux aussi magnifique, c'est terriblement scandaleux !

-Lâche moi, je dis doucement alors qu'il resserre ses doigts autour de mon bras.

-Si je te lâche tu vas fuir une nouvelle fois, non ?

-Je ne fuyais pas !

Il ricane et tout ce que j'ose regarder c'est le coin de ses lèvres qui s'étirent en un sourire sans joie. Je me mords le creux de la joue, parce que je suis moi-même consciente de ma lâcheté. Mais j'ai fait ce qu'il fallait.

-Ouais c'est sur que partir aussi vite sans même me donner d'explication n'est pas de la fuite...

-Laisse moi tranquille !

Je tente de me dégager mais il me rapproche encore plus de lui. Son odeur mentholé m'enivre complètement et menace presque de me faire perdre pied.

-Écoutes Temari, je suis désole si ce que j'ai, hum, j'ai voulu faire t'as incommodé, mais s'il te plait ne t'en va pas.

Je suis presque collée contre son torse, je sens son souffle contre ma nuque et j'ai l'impression que je vais craquer. J'ai presque envie de me réfugier entre ses bras et de me laisser aller mais je ne connais que trop bien les aspects négatifs d'une relation. Tout finira par me retomber dessus. C'est encore une fois moi qui finira anéantie et je ne veux pas de ça. Je n'en veux plus.

-Deidara, lâche moi.

-Je ne veux pas que tu partes..., dit-il dans un souffle.

-Lâche moi , je, je ne vais pas m'en aller.

-Promets le moi.

Il glisse son doigt sous mon menton dans un geste doux pour me forcer à le regarder et je croise ses prunelles saphirs. Il a l'air dévasté. Je suis entrain de le détruire.

-Promets le moi, répète t-il doucement.

-Je te le promets.

Il me fait un faible sourire et détache sa main de moi lentement. Il continue de m'observer intensément et je détourne mon regard vers les arbres incapable de soutenir ses yeux azurs. Je sais qu'il attend une explication, que je sois la première à parler. J'avale ma salive et mes yeux me piquent férocement. J'ai envie de pleurer . J'ai terriblement envie de pleurer mais je ne le ferai pas. Je ne lui montrerai pas mes faiblesses. Je ne le laisserai pas entrer. J'ai dit que je ne laisserai plus personne. Plus personne. Alors il faut que je mette tout au clair, que je lui dise une bonne fois pour toute ce que je veux.

-Ça ne marchera jamais.

Je le sens se tendre à coté de moi, son souffle s'accélère soudainement.

-Pardon ?

Je ferme douloureusement les yeux, prend une profonde inspiration et les ouvre de nouveau mais toujours sans le regarder.

-Entre toi et moi, ça ne marchera pas.

Il reste silencieux et moi je n'arrive même plus à faire le moindre mouvement. Je voudrais m'en aller mais du ciment coule dans mes veines m'empêchant de faire un pas. Je voudrais qu'il s'en aille le premier, qu'il admette sa défaite, qu'il se casse, qu'il voit que je n'en vaux vraiment pas la peine.

-Qu'est-ce que t'en sais ? On n'a même pas essayé, dit-il durement. Tu ne peux pas déjà le savoir si tu ne nous laisses même pas une chance...

-Une chance ? C'est ridicule. On serait ridicule.

-Non ça ne l'est pas ! Je ne pense pas qu'on le serait.

C'est moi qui ricane maintenant. Parce que ce qu'il me dit me semble tellement absurde. Il ne me connait pas. Il ne sait pas que je gâche toujours tout.

-Je n'aurai pas dû accepter de venir, c'était vraiment une stupide idée et je suis vraiment désolée de t'avoir fait perdre ton temps. Tu t'attendais peut-être à ce que je réagisse comme toutes les autres filles mais je ne peux pas le faire, parce que ce n'est pas moi, je n'y arriverai pas. Si tu veux tellement te faire une fille tu n'as qu'à aller voir ailleurs.

-Alors c'est comme ça que tu me vois, dit-il froidement.

Il s'éloigne d'un pas, se passe une main dans les cheveux et soupire bruyamment.

-Je n'ai pas l'intention de faire ça avec toi, si ça peut te rassurer...

-Ah oui et pourquoi est-ce que tu voudrais sortir avec moi ?

Je le regarde dans les yeux et suis surprise de le voir soudainement renfrogné. J'ai tellement l'habitude de le voir de bonne humeur avec le regard pétillant que je me sens presque coupable d'avoir causé tant de colère dans son regard.

-Parce que tu me plais, dit-il comme s'il s'agissait d'une évidence. Tu me plais Temari.

Je me mords nerveusement la lèvre inférieur alors que mon cœur cogne contre ma cage thoracique comme s'il veut en sortir. Deidara s'approche de moi sans me quitter du regard et j'aimerai le repousser mais je suis complètement statufiée parce qu'il vient de me dire. Je lui plais. Moi Temari No Sabaku je lui plais.

-Tu me plais. C'est comme ça j'y peux rien. Tu me plais Temari et j'en ai rien à foutre du fait que l'on soit différent , je te veux c'est tout.

Il est beaucoup trop prêt. Ses mains entourent mon visage et je crois que je vais défaillir. Il ne faut pas qu'il fasse ça. Je ne veux pas que cela recommence...parce quand il apprendra à me connaitre il ne voudra plus de moi et il va juste me rejeter comme une grosse merde. Il va faire comme Kiba. Pourquoi serait-il différent de toute façon. Il faut que je le lui dise mais toute mon attention est concentrée sur ses doigts qui caressent légèrement mes joues. Oh mon dieu.

-C'est aussi simple que ça, murmure t-il en rapprochant ses lèvres des miennes.

Il ne suffit d'un geste, d'un seul pour que nos lèvres se trouvent, se cherchent, se caressent. Juste d'un geste pour me faire sombrer.

-Mais je ne suis pas parfaite.

C'est tout ce que j'ai pu dire. La vérité. Ses doigts caressant ma peau s'arrêtent brusquement. Il parait étonné mais finit par me faire un sourire attendrissant.

-Alors on formera un heureux couple de bras-cassé, je suis très loin d'être parfait moi aussi tu sais. Ça n'a vraiment aucune importance que tu sois maladroite ou imparfaite, tu...

-Deidara..

-...tu n'as pas la moindre idée de l'effet que tu me fais juste en étant toi.

En étant moi. Mais qu'est-ce qu'il en sait ? C'est la première fois que l'on se parle vraiment. Tout ce qu'il sait sont des banalités.

-Tu ne me connais pas.

-Alors j'apprendrais à te connaitre...

Je ne peux plus le regarder. Je veux qu'il cesse de me lorgner de cette manière. Je ne suis pas précieuse, ni particulièrement belle, ni véritablement étonnante. Je suis introvertie, brutale , terriblement mal dans ma peau. Je ne me sens pas bien. Je n'aime pas ce que je suis . Je n'arriverai pas à lui donner ce qu'il veut. Je n'y suis pas arrivée avec Kiba. Il me l'a très bien fait comprendre. Trop même.

-Ce n'est pas une bonne idée...

Ses doigts se retirent de mon visage et je peux enfin respirer. Mais mon cœur se serre indéniablement lorsque je croise son regard attristé. Deidara ne sourit plus. Deidara ne me semble plus aussi joyeux et plein de vie et tout est de ma faute.

-Pourquoi ?

Je fronce les sourcils alors qu'il redemande sèchement.

-Pourquoi cela ne serait pas une bonne idée ?

-Je...

-Tu ne peux quand même pas nier qu'il se passe quelque chose entre nous ! Tu le sais aussi bien que moi !Pourquoi me rejettes-tu autant ?

Évidement que je le sais, que je le sens. Depuis qu'il a posé ses yeux sur moi, j'ai essayé de repousser les sentiments qui grandissaient en moi pour lui. Depuis le tout premier jour...

-Parce que j'ai peur...

Ses yeux s'ouvrent imperceptiblement et il serre les poings.

-De moi ? Demande t-il d'une voix faible.

Je secoue la tête de gauche à droite. Je ne veux pas qu'il pense que j'ai peur de lui. C'est juste que...Je prend une profonde inspiration et essaye tant bien que mal de contrôler le tremblement qui s'empare de mes mains.

-J'ai peur de tomber amoureuse de toi. L'amour me rend complètement...différente...tellement faible.

Il entrouvre ses lèvres pour dire quelque chose mais je le devance car je n'ai pas envie qu'il cherche une quelconque excuse pour me rassurer. Il n'y en a pas.

-Je suis déjà tombée profondément amoureuse et la seule leçon que j'ai tiré de l'amour c'est que cela fait mal. Je n'ai jamais autant souffert qu'en amour et je préfère ne plus avoir à faire avec ça. Je ne sais pas si j'y survivrai une seconde fois et je n'ai pas envie de retenter l'expérience.

Son regard semble s'adoucir. Je baisse les yeux et triture nerveusement le tissu de ma robe. Pourquoi est-ce que j'ai écouté Hinata ? Je n'aurai pas du mettre de robe. C'est de ma faute aussi. Je lui ai transmis un mauvais message.

-Je suis sortie avec un garçon , Kiba, pendant deux ans. Il a été le premier. Je suis tombée amoureuse de lui avec naïveté. Je l'aimais tellement mais j'étais incapable de le lui montrer. Je n'ai jamais su comment faire. Il s'attendait à ce que je sois une petite-amie attentionnée, aimante et dévouée...mais je n'arrivais pas à être celle qu'il voulait. Tout a été de ma faute. Et parce que je suis moi une quelconque relation entre toi et moi ne pourra pas marcher. C'est aussi simple que ça. Kiba a entièrement raison, l'erreur c'est moi. Ça l'a toujours été.

Je sens ses paumes encercler mon visage et sans vraiment que je ne le réalise ses lèvres sont sur les miennes. Mes yeux s'ouvrent en grand et mon corps se paralyse automatique. Il est entrain de m'embrasser. Nom de Zeus. Deidara est entrain de m'embrasser ! Il se détache juste de quelque centimètre et pose son front contre le mien.

-Ne redis plus jamais ça.

Ma respiration est saccadée. Complètement détraquée.

-Je t'interdis de dire que tu es une erreure, tu n'es pas une erreur pour moi Temari, ce gars n'est qu'un crétin, il n'a rien compris.

Ses mains glissent sur ma nuque, mes épaules, mon dos et mes hanches. Mes hanches qu'il agrippe fermement .

-Ce n'est pas de ta faute si cela n'a pas marché, c'est juste qu'il n'était pas fait pour toi. Je ne te laisserai pas tomber, je te comprendrai, je saurai te voir moi.

Il plonge sa tête contre ma nuque qu'il embrasse tendrement et sans même m'en rendre compte je resserre mes bras autour de son cou.

-Je ne t'en voudrais pas de ne pas être une amoureuse transie d'amour ou mielleuse. Je te l'ai dit, je te veux juste toi. Toi et tes maladresses, toi et tes doutes, toi et tes défauts, toi et encore toi.

Je suis incapable de dire quoique se soit. Je ne peux même plus réfléchir correctement. Je ne sais plus ce que je veux. Il me faut même un certain temps avant de me rendre compte que mes joues sont humides et que mes larmes coulent d'elle-même. Elles dévalent sur mes joues, se fondent dans les cheveux blonds de Deidara.

Deidara. J'ai tellement peur de te décevoir, de ne pas être à la hauteur. Il me serre plus fortement contre lui et je me laisse totalement aller. Je déteste pleurer devant quelqu'un. Je n'aime pas montrer la Temari vulnérable, perdu. Mais cela me semble tellement naturel avec lui d'être moi. D'être celle que je n'aime pas. La Temari indécise, jamais sur d'elle, incapable de voir où se trouve le bonheur, celle qui fait toujours les mauvais choix, dit les mauvaises choses. C'est moi. C'est le monstre qui est en moi. C'est cette bête que je voudrais détruire, arracher de mon être, réduire à néant une bonne fois pour toute. Mais elle revient toujours. Sauf que là, elle est bercée par Deidara. Elle est entre ses mains. Je suis entrain de le laisser entrer. Je le laisse me voir. Je devrais trouver ça désagréable, je devrais l'éloigner, lui dire des atrocités mais je ne peux pas. Je ne peux plus. Je suis tellement bien là, avec sa chaleur qui me rassure, son parfum qui m'entoure, sa présence qui me soutient. J'ai presque envie que cela dure pour toujours. Je ne sais pas combien de temps on est resté là, dans les bras de l'un de l'autre. Je ne me rappelle même plus quand mes larmes ont cessé. Je sais juste qu'il est là avec moi. Je ne suis plus seule. Deidara est là. Et puis je les entends retentirent dans le ciel . Les feux d'artifice. Je les vois s'éclater de toute leurs force dans le ciel sombre.

-Tu veux qu'on rentre ? Me demande dans le creux de l'oreille.

Je me détache lentement de lui et hoche la tête. Son sourire est vraiment la plus belle chose qui m'a été donné de voir. Il pose une seconde fois ses lèvres sur les miennes et je répond timidement à son baiser. C'est tendre et doux. C'est rassurant , réconfortant. C'est Deidara tout simplement. Pourquoi est-ce que je me suis imposée ce mur entre lui et moi. Tout à l'air si facile avec lui finalement. C'est comme prendre une inspiration, une immense bouffée d'oxygène .

Ses doigts s'entremêlent aux miens et il me ramène de sa démarche nonchalante vers sa voiture. Les feux d'artifice continuent d'inonder le ciel . Il fait totalement nuit, mais je n'ai pas peur, parce que Deidara sert ma main dans la sienne. Parce que Deidara n'a pas fuit quand je lui ai dit que je valais rien . Parce que Deidara semble complètement se foutre de mes peurs de mes défauts. Je n'ai peut-être pas eu de coup de foudre, ce ne sera peut-être pas un amour aussi fort que celui que j'ai ressentie pour Kiba, mais ce qu'il me fait ressentir maintenant me convient parfaitement. Il me donne l'impression de pouvoir voler, déployer mes ailes.

-Deidara.

Il s'arrête et me regarde comme il a l'habitude de le faire, tendrement.

-Hum ?

-Merci.

Il fronce les sourcils un peu intrigué.

-Merci d'être là.

Je n'arrive pas à dire autre chose. Les mots se bloquent dans le fond de ma gorge. Je n'ai jamais été très douée pour ça. Et pourtant j'aimerai tellement lui faire comprendre que je suis contente qu'il ne m'ait pas abandonné, qu'il ait continué d'y croire, de vouloir de moi , alors que je suis une cause totalement perdu. Cependant il se penche vers moi avec un sourire et pose ses lèvres sur les miennes. J'ai l'impression que chaque baiser est unique. J'ai l'impression de perdre complètement la raison quand sa langue vient trouver la mienne et la caresse de la plus douce des manières. Il embrasse beaucoup mieux que Kiba c'est une certitude. Sa main glissa dans la mienne et il m'entraîne vers sa voiture.

Je n'ai plus de soucis à me faire. Il faut que je lui fasse confiance, voilà tout. Mais c'est tellement difficile de s'ouvrir , de se laisser aller, de laisser quelqu'un entrer. Deidara pourtant me semble tellement doux et prévenant. Il est différent de Kiba. Il n'est pas comme lui. Il ne le sera pas.

-Deidara.

-Hum ?

-Je n'ai pas tellement envie de rentrer.

Il arque l'un de ses sourcils, plisse les yeux et esquisse un sourire en coin.

-Où veux-tu aller ?

J'hausse les épaules. Je ne sais pas. J'ai juste envie de rester encore un peu avec lui. Ce mec est vraiment entrain de me changer, dire qu'il n'y pas quelques minutes de ça je voulais m'éloigner de lui et maintenant j'ai du mal à concevoir l'idée d'être loin de lui.

Merde...

Ça y'est . Je me perds. Je suis entrain de me perdre et étrangement cela ne me fait pas vraiment peur. Non je n'ai pas peur. Pas du tout.

-On peut rester là, sur ce banc, et hum, en reprendre là où on en était avant que je...

Son pouce tracent des cercles sur le dos de ma main et je perds complètement mes moyens. Comment ce simple geste peut me rendre aussi dingue ?

-Qu'importe, de toute façon la seule chose qui me comble entièrement c'est d'être avec toi.