Le départ

par Emma-chan



Prologue : Le départ



« Celui qui a le choix a aussi le tourment. »

Proverbe allemand



L’appartement était plongé dans la pénombre et seuls quelques halètements étaient perceptibles. Etendu sur son lit, un jeune blond semblait se débattre dans les méandres d’un sommeil tout sauf paisible. Il marmonnait des suites de mots inaudibles, entrecoupées de plaintes, tout en se tournant et se retournant dans ses draps humides de transpiration.

« Naruto… Alors tu es là toi aussi ? »

Il tressaillit soudain, s’agitant davantage, tandis que quelques gouttes de sueur glissaient le long de ses tempes et qu’un mot franchissait la barrière de ses lèvres.

« C’est pour cela que j’ai coupé ces liens. »

« Mon ‘‘lien’’ est tout autre. C’est la haine qui me lie à mon frère. »

« Ce jour là, si je t’ai laissé vivre… C’était par pur caprice. Tiens d’ailleurs, n’était-ce pas ton rêve de devenir Hokage ? Tu aurais mieux fais de t’entraîner au lieu de perdre ton temps à me courir après. Pas vrai Naruto ? Car cette fois-ci, par pur caprice, je vais t’ôter la vie. »



Le jeune homme se redressa dans un sursaut, essayant avec difficulté de retrouver une respiration régulière. Il déglutit péniblement tout en fixant les draps emmêlés, témoins de son sommeil agité, pendant que la dernière phrase de celui qu’il considérait comme son frère résonnait dans son esprit.

« Tu penses encore comme un gamin, Naruto Ma revanche signifie tout pour moi. Tant que je peux l’assouvir, je me fiche de ce qui pourrait m’arriver, à moi ou à qui que ce soit d’autre. »

Cela faisait maintenant une semaine qu’il avait revu son ancien coéquipier et chaque nuit il assistait de nouveau à la scène qui s’était jouée lors des retrouvailles tant attendues de l’équipe 7. Une semaine qu’il s’était isolé, demandant à ne voir personne. Une semaine qu’il ruminait, seul dans son appartement. Une semaine que les mots de Sasuke retentissaient dans sa tête, chaque jour un peu plus fort. Une semaine qu’il pesait le pour et le contre, essayant de prendre une décision, faire un choix qui lui semblait toujours aussi cornélien.

Car il était impossible de choisir l’un de ses coéquipiers, et cela au détriment du second n’est-ce pas ?

* * *

Une fois de plus, Naruto resta un long moment, assis dans une semi-obscurité, à regarder sans le voir le mur de sa chambre, tentant de tourner dans tous les sens le problème auquel il faisait face. Les rayons du soleil, qui traversaient la baie vitrée et les rideaux y étant suspendus, éclairaient considérablement l’appartement lorsque le jeune homme se leva brusquement. La lumière du jour révélait une modeste pièce à vivre, sommairement meublée mais néanmoins chaleureuse, dans laquelle régnait un joyeux chahut.

Naruto enjamba, avec une habileté attestant son expérience, les nombreux obstacles recouvrant le sol et atteint la salle de bains où il se passa un peu d’eau fraîche sur le visage. Une fois rasséréné, il regagna la pièce principale et se mit en quête d’un stylo et d’une feuille de papier. Cette fois, il avait pris sa décision.

Ce soir, il quitterait Konoha et partirait à la recherche de son déserteur de coéquipier. Restait à préparer ses affaires et écrire une lettre à sa coéquipière afin de lui expliquer les raisons de son départ. Il savait qu’elle allait lui en vouloir et serait blessée par sa désertion mais il avait fait son choix. Il ne pouvait pas rester là plus longtemps à ruminer leur cuisant échec et ne rien faire.

Il devait agir ; il avait besoin d’agir.

Et puis, après tout, c’était certainement le seul moyen de tenir la promesse qu’il lui avait faite 3 ans plus tôt alors elle comprendrait peut-être son choix.

* * *

Quelques heures plus tard, une ombre passa les portes du village avant de s’arrêter quelques secondes, observant pour la dernière fois avant un long moment les rues désertes de Konoha seulement éclairées par la lueur de la pleine lune. Après un soupir, chargé de regrets étouffés, l’ombre se remit en route, disparaissant dans les ténèbres avec l’espoir d’avoir fait le bon choix.



Pardonne-moi, Sakura.



* * *