02~Aide amicale, tu m’en dois une !~ Devenir honey-lover ?

par Aneno-K





Aujourd’hui, 18 août, la chaleur n’avait pas diminué depuis avant-hier. Dans une vieille petite maison qui faisait aussi petite librairie, on commençait à se réveiller.

 

« Naruto ! T’as touché à mon brouillon ! » cria Jiraiya, épouvanté.

 

Le garçon arriva, les cheveux en bataille et encore en caleçon et T-shirt. Il se frotta les yeux comme un petit garçon. Jiraiya le prit par le col, chamboulé.

 

« Qu’est-ce qu’y a ? demanda-t-il, mal réveillé.

 

-C’est quoi cette scène miteuse ?! Quand on est pas un expert comme moi on peut pas écrire des scènes comme ça !

 

-De quoi tu parles, le vieux ? demanda Naruto, amusé.

 

-Raaah arrête de m’appeler comme ça !!! »

 

Naruto regarda le vieil homme complètement paniqué tourner en rond, comme si c’était la fin du monde. Il leva un sourcil et prit le brouillon puis se mit difficilement à le lire, fallait dire que la lecture dès le matin était assez dure à entreprendre et que l’écriture de Jiraiya n’était pas des plus faciles à décrypter.

 

« Mais j’y ai pas touché du tout, c’est toi qui l’as écrit pendant que tu regardais « A fleur de peau » à la télé hier soir…

 

-Ah ! … Ah ? »

 

Naruto secoua la tête pour remettre en vain ses cheveux rebelles et donna le brouillon à Jiraiya.

 

« Vais manger mon petit-déjeuner…

 

-Il reste des œufs et du pain et… ben c’est tout, il n’y a que des œufs et du pain…

 

-Ok. »

 

Naruto s’en alla vers la petite cuisine pour manger. Jiraiya essayait toujours de comprendre comment lui, grand écrivain qu’il était, avait pu écrire une scène pareille.

 

« Quand on relit bien, c’est pas mal en fin de compte ! Ah ! Tout ce que j’écris est parfait ! »

 

Le vieil écrivain  était toujours en train d’essayer de trouver des points forts à son brouillon lorsqu’on sonna à la porte. Il posa le bloc-notes rapidement et alla ouvrir.

 

« Bonjour M. Jiraiya, Naruto est réveillé ?

 

-Oh, Shikamaru, entre. Désolé ça fait 2 semaines que personne n’a passé l’aspirateur alors ne fais pas attention à la poussière…

 

-…Ni aux toiles d’araignées, je sais », plaisanta Shikamaru.

 

Naruto arriva, un sandwich aux œufs brouillés à la main.

 

« Salut, dit tout simplement Shikamaru.

 

-Salut, t’es vachement matinal toi !

 

-En fait, il est midi et demi…

 

-QUOI ? » s’écrièrent en cœur Jiraiya et Naruto.

 

Shikamaru sursauta, un point effrayé. Jiraiya courut s’habiller le plus rapidement possible et redescendit, une pochette sous le bras. Il courut vers la porte et se retourna avant de la refermer.

 

« Bon je te laisse la boutique. Si tu sors, ferme bien la porte.

 

-Personne voudrait voler des livres comme ça…

 

-Aujourd’hui j’ai rendez-vous chez mon éditeur ! Naruto je vais enfin devenir célèbre !

 

-Depuis le temps qu’il le dit… », chuchota Naruto à Shikamaru.

 

Puis Jiraiya s’en alla, tout content. Naruto poussa un petit soupir amusé, son grand-père était d’une puérilité encore pire que la sienne. Shikamaru s’installa dans le petit fauteuil et Naruto s’assit sur le comptoir, en face de lui.

 

« La librairie marche bien ?

 

-Ça va ouai, on vend que les livres de Jiraiya donc tu vois, il faut être un connaisseur pour venir ici, si tu vois ce que je veux dire. »

 

Les deux rigolèrent. Évidemment, il n’y avait que des pervers qui venaient ici et la plupart de la clientèle était de vieux amis de Jiraiya.

 

« On va déjeuner au restaurant, ça te dit ? Je t’invite.

 

-Pff t’es pas obligé Shika, répondit Naruto en faisant un sourire gêné.

 

-Galère, vous êtes trop chiants vous les pauvres, dit Shikamaru d’un ton amusé.

 

-Si tu crois que vous les riches c’est mieux ! »

 

Les deux se sourirent. Ils s’entendaient bien, en fait, Naruto était de ceux qui se battaient puis qui se mettaient tout le monde de leur côté. On avait étrangement envie de lui faire confiance, et il en était digne. Il était un de ces garçons qui lorsqu’ils avaient un but, étaient bien résolus à l’atteindre en affrontant toutes les difficultés possibles.

 

« Au fait, pour les deux filles tu as trouvé ?

 

-Ah ouai, ma mère et mon père sont revenus, le truc trop chiant, et ils connaissent les Uchiha, enfin, mon oncle particulièrement, il connaît M. Fugaku.

 

-Qui ça ?

 

-Le ministre de la police du pays, Fugaku Uchiha.

 

-Putain j’y crois pas… tu connais des gens si haut placés ?!

 

-Sasuke Uchiha ça te dit quelque chose, demanda Shikamaru malicieusement.

 

-Eh, on parle bien des mêmes Uchiha là ? Sasuke, le gars qui était en maternelle et primaire avec nous ? »

 

À Konoha, contrairement aux collèges et lycées, les maternelles et les écoles primaires n’étaient pas faites pour un groupe social en particulier mais pour tous les enfants de la ville, ces écoles fonctionnaient par secteur et l’on allait à la plus proche. Mais ce principe ne tenait plus quand on entrait au collège où il fallait déjà déposer des dossiers, des demandes et toutes sortes de recommandations pour pouvoir entrer dans un établissement prestigieux. Mais tout cela, c’était le problème des riches, les pauvres, même les plus intelligents d’entre eux, se contentaient d’aller où ils étaient acceptés.

 

« Lui-même en personne et son cousin Sai, ils vont à Konoha no Gakuen. Mon oncle est leur médecin de famille, il leur a fait des vaccins hier. »

 

Naruto rigola, ces riches alors, toujours préoccupés par des maladies qu’ils n’attraperaient sans doute jamais ! Et en plus, ils payaient des fortunes pour s’assurer de ne pas être malades alors qu’ils n’avaient aucune raison de l’être.

 

« Mieux vaut prévenir que guérir, mes fesses ouai.

 

-Tsss… quand mon oncle est revenu, il m’a dit : « le chef Uchiwa recherche des protégés pour les héritiers Uchiwa qui veulent être honey-lovers, donc j’ai accepté de me charger de lui en trouver pour pas être mal vu, mais comme ça me fait chier, j’te refile le sale boulot Shika ».

 

-Ça tient de famille chez vous, la flemme, plaisanta Naruto.

 

-La ferme, si tu voyais ma mère tu dirais plus ça ! riposta Shikamaru.

 

-Et alors ?

 

-Ben voilà pour les deux filles…

 

-C’est cool ! Elles sont au courant ?

 

-Non et personnellement je pense pas que ces deux gars vont supporter ces deux hystériques bien longtemps…

 

-Tu parles ouai, Sakura est super sympa et Ino est canon !

 

-Reste le problème de leur rivalité, elles ont toujours été folles de Sasuke.

 

-Ah ouai, je m’en rappelle. C’était le vieux mauvais temps ça ! Elles ont dû changer depuis. Je me demande qui l’aura comme honey-lover. Je me rappelle plus trop de sa tronche d’ailleurs, c’est pas le mec qui fait la pub pour les fringues là ?

 

-Pff sans doute, perso j’m’en tape, si ça ne tenait qu’à moi j’irai dans un lycée quelconque finir mes études pour avoir un job puis enfin prendre ma retraite et mourir tranquille…

 

-T’es… très joyeux. »

 

Un silence s’installa dans la petite pièce, Shikamaru avait fermé les yeux et songeait à quelque chose que personne d’autre que lui ne pouvait ni comprendre ni ressentir. Il n’aimait pas la vie qu’il avait, en fait, il n’aimait pas la Vie tout simplement. Loin d’être suicidaire, il n’était pas non plus énergique comme l’était Naruto. Peut-être que c’était pour cela qu’il ne pouvait pas être brave et comblé moralement comme son ami. Il avait toujours eu ce qu’il voulait et à partir du moment où il avait compris ce principe, il ne voulait plus rien. Vivre pour lui était d’un ennui mortel. Malgré cela, il craignait la mort et se demandait si la vie n’aurait pas été plus intéressante s’il avait été quelqu’un d’autre. Ce monde était peut-être équitable finalement, être bête rend d’une manière ou d’une autre heureux et être intelligent rend directement malheureux… Lorsque l’on est intelligent, il est inévitable qu’on soit incompris et ennuyé par toute chose que l’on a compris de nous-même depuis longtemps alors que les autres viennent de découvrir  cette chose-là… Oui, le monde fonctionnait certainement de cette manière… Quelle merde…

 

« Au fait, Shikamaru… »

 

Naruto le réveilla de son sommeil éveillé, il s’était noyé dans ses pensées, ça lui arrivait trop souvent en ce moment et si ça continuait, Shikamaru allait vraiment tomber dans la dépression la plus totale.

 

« …Et pour moi ?

 

-Ah merde, j’aurais dû t’en parler en premier, je suis allé voir la Hyuuga, elle était malade j’lui ai apporté ses médoc pour la semaine et je lui en ai parlé.

 

-Et alors ?

 

-Elle veut pas.

 

-Ah…

 

-En fait, c’est son père qui ne le voulait pas…

 

-Je vois, putain mais j’y ai cru en plus ! Quel…

 

-Mais je sais pas pourquoi ni comment mais cette fille qui ne dit jamais rien, elle est arrivée devant son père et a presque pleuré lorsqu’elle lui a dit qu’elle voulait décider de ça elle-même. Puis son père est parti et elle m’a demandé comment t’étais…

 

-Ah, et tu lui as dit quoi ?!

 

-Que t’étais un gros gamin pervers et qu’il fallait faire gaffe avec toi parce qu’on ne savait jamais à quoi s’attendre…

 

-T’es un sacré salaud toi ! dit-il en rigolant.

 

-Si tu considères que le fait de dire la vérité est d’être un sacré salaud, alors ouai, j’en suis un. »

 

Naruto sourit, Shikamaru était vraiment fort pour ça, il avait toujours raison et jamais personne n’avait pu démontrer le contraire d’une chose qu’il avait fermement affirmée.

 

« Bref, elle a bien rigolé quand je t’ai décrit, la première fois que je l’ai vue rire d’ailleurs, et elle m’a dit de te dire qu’elle serait ta honey-lover officielle. Qu’est ce que c’est chiant à piger une meuf quand même !

 

-…Tout ça pour me dire ça ?

 

-Ouai…

 

-YEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES ! »

 

Naruto sauta dans toute la pièce, la mettant sans dessus-dessous, pendant que Shikamaru riait de la réaction de son ami blond. Lorsqu’il se calma, Naruto s’effondra au sol, au milieu de tous les livres qu’il avait éparpillés.

 

« C’est qui cette fille, que j’aille la remercier !

 

-Rêve pas, t’as aucune chance de l’approcher avant la rentrée. Elle est gardée par j’sais pas combien de gardes du corps et si elle reçoit trop de sensations d’un coup elle risque de lâcher… Et avec toi je crains le pire.

 

-Roh c’est bon ! Et puis d’abord, d’abord merci Shikamaru mon ami ! lui dit Naruto en souriant de toutes ses dents.

 

-Mouai, Hinata, elle s’appelle Hinata je crois. J’crois même qu’on a aussi été en primaire avec elle…

 

-Ça me dit rien mais t’as sans doute raison vu que t’as une mémoire d’éléphant ! »

 

 

 

Quelque part dans le quartier commerçant de la ville, on trouvait la boutique Yamanaka’s Flowers. À l’intérieur, Ino mangeait un sandwich qu’elle s’était préparé la veille, elle ne tenait pas à fermer la boutique pour prendre une pose de midi car il y avait déjà peu de clients alors il fallait les accueillir à tout moment. Elle soupira, ces vacances d’été étaient nulles ! Son père était parti à Suna pour acheter des graines de fleurs qui soi-disant ne se trouvaient pas à Konoha. Elle avait tenté d’expliquer à son père que si ces fleurs ne poussaient qu’à Suna, c’était qu’elles ne s’adapteraient alors pas aux conditions climatiques de Konoha, mais son père, aussi têtu qu’elle, était tout de même parti en fin de compte. Soudain, un client entra, Ino cacha rapidement son sandwich et alla l’accueillir.

 

« Bonjour. » 

 

Elle fit le sourire machinal de la bonne vendeuse. Le garçon qui lui faisait face lui rendit son sourire. Elle prolongea alors le sien et leurs yeux se croisèrent. Ceux d’Ino, si bleus et clairs se noyèrent ceux du garçon, si noirs et foncés. Elle rougit alors, sans s’en rendre compte, il l’avait mise mal à l’aise avec son regard si profond et son sourire presque insolant. Elle fronça les sourcils et décida d’arrêter leur échange silencieux.

 

« Je peux vous conseiller ? »

 

Il ne lui répondit pas et visita la boutique. Elle n’en revenait pas ! Quel malpoli ce mec ! Non mais il pourrait dire bonjour celui-là, ça ne le tuerait pas ! Elle n’allait pas se laisser faire comme ça !

 

« Eh j’ai dit bonjour ! »

 

Elle ne montra pas à quel point elle était gênée d’avoir été aussi malpolie avec un client, mais il l’avait bien mérité ! Il se retourna et la regarda, étonné. Sai n’avait pas l’habitude qu’une fille s’adresse à lui de cette façon. Généralement, elles tombaient toutes à ses pieds puis le suivaient en l’harcelant, soi-disant envahies par il ne savait quel sentiment. C’est vrai ça, c’était quoi finalement l’Amour ? Et puis pourquoi est-ce qu’il pensait à ça ici et maintenant ? Ah oui, ça lui revient. Il ne put y penser plus qu’Ino s’était mise face à lui, appuyant sa main sur le comptoir de la caisse et lui lança un regard interrogateur plus insistant.

 

« …Bonjour…

 

-…

 

-Je cherche des fleurs caractérisant l’Amour…

 

-Des roses rouges peut-être ?

 

-Oui pourquoi pas... »

 

Ino regardait Sai, il se moquait d’elle ? Sai regardait Ino, cette fille était décidément singulière. Ino partit vers un seau où des roses plongeaient leurs tiges pour ne pas faner en attendant d’être achetées. Elle sélectionna un bouquet de roses rouges et les mit sous le nez de Sai.

 

« Vous avez trois bouquets pour le prix de deux…

 

-Non, un bouquet suffira. »

 

Elle soupira, elle n’arrivait pas à conserver une attitude aimable avec les gens comme ce garçon, qui lui faisait face, ces gens qui, d’après elle, la toisaient de haut avec un air supérieur en se moquant intérieurement des autres gens comme elle. Et puis pourquoi est-ce qu’il ne prendrait pas trois bouquets ? Ce n’était certainement pas à cause du prix, il avait l’air riche, mais c’était pour l’énerver, oui, c’était sûrement ça !

 

« Prenez donc ces trois bouquets. Ces roses sont si jolies !

 

-Je trouve aussi…

 

-De plus, si vous en preniez trois vous pourrez offrir les deux autres à quelqu’un qui vous plait, ça lui fera plaisir j’en suis sûre !

 

-D’accord, j’en prends trois bouquets. »

 

Il ne savait pas trop pourquoi il avait cédé, de toute façon il n’avait personne à qui les offrir, non personne ne lui plaisait vraiment. Tant pis, pour passer à autre chose, il sourit à Ino. Cette dernière le prit mal. Encore ce sourire insolant ! Il se moquait d’elle ?! S’il voulait trois bouquets alors pourquoi ne pas l’avoir dit tout de suite ? Oh, et puis mince ! Sans savoir pourquoi, elle rougissait, d’énervement voulait-elle s’en convaincre.

 

« C’est pour quoi alors ? 

 

-Comment ça ?

 

-Ces roses sont donc pour offrir ?

 

-Non, pour une peinture.

 

-Donc je vous fais un emballage ?

 

-Non, pas la peine de faire un beau bouquet. »

 

Elle le regarda, fulminante. Ils ne sont pas beaux ces bouquets ? Elle interrogea vivement Sai du regard. Elle parlait d’emballage et lui, il lui avait fait comprendre que les bouquets qu’elles lui vendaient ne l’étaient pas et que ce n’était pas la peine qu’elle les refasse pour qu’ils le soient ! Il lui répondit par un sourire, il n’avait pas compris la même chose qu’elle. Trouvant le temps long, il regarda la pendule de la boutique.

 

« Excuse-moi mais j’ai mon cours de peinture à gérer. Les pinceaux vont sécher, tu peux te dépêcher ? »

 

Elle n’en revenait pas, ce mec la tutoyait et lui donnait un ordre en même temps ! Elle sourit gentiment pour reprendre son calme et se dépêcha sans le vouloir et lui tendit les bouquets en lui disant le prix. Il paya deux fois plus qu’il ne le devait et partit rapidement en lui faisant un dernier sourire. Ino resta là, l’argent toujours en main. Elle détestait assurément ces riches, excepté Shikamaru, bien sûr.  

 

« Quel con ! S’il croit m’avoir charmée avec son sourire ! » dit-elle à haute voix.

 

Soudain, le téléphone sonna. Une commande peut-être ? Ce serait bien ! Elle courut répondre.

 

« Oui allô ? Mon Shikaaa ! Qu’est-ce qu’il y a ? Ah tu vas manger avec Naruto ? Si je veux venir ? Non j’ai déjà mangé mon sandwich, non je suis pas au régime, et non c’est pas une question d’argent, oui je sais que t’es riche ! Quoi ? C’est vrai ?! Passe me voir l’après-midi ! Oui, oh merci mon Shika je t’aime si fort ! Non c’est vrai, non que ça ne dépend pas de quand ! Oui, oui, ok bon ben à tout à l’heure alors ! Bisou ! »

 

Elle raccrocha, toute souriante, toute sa colère s’était miraculeusement évaporée ! Ce que venait de lui annoncer Shikamaru était carrément mieux que ne pourrait l’être aucune commande.

 

 

 

Sai marchait rapidement dans la petite rue qui menait au centre de loisirs, les trois bouquets de fleurs à la main. Cette fille avait l’air énervée et il aurait bien aimé savoir pourquoi… Maintenant c’était du passé et il devait se dépêcher car ses « élèves » l’attendaient pour continuer leurs peintures sur le thème de l’Amour. Ce n’était évidemment pas Sai qui avait décidé du thème mais c’était le choix de ceux qui peignaient sous ses conseils d’expert. Sai n’avait jamais vraiment su ce que c’était que l’Amour, c’est pourquoi il n’aurait jamais décidé d’un tel thème, d’ailleurs, c’est ce qu’on pouvait reprocher à ses peintures : elles manquaient de ce sentiment qu’était l’Amour. Mais comment donner à une peinture un sentiment que l’on n’a jamais eu soi-même ? Question qui restait pour l’instant sans réponse pour Sai. Il avait essayé de s’inspirer de la relation qu’avaient Iruka et Hana mais il n’y comprenait rien, pourquoi fallait-il qu’Iruka offre des cadeaux et des roses rouges à la jeune fille et qu’ils se voient tout le temps ? Et leurs baisers ? Quel goût pouvait avoir un baiser ? Il conclut finalement que tout cela était inutile et bien dispensable…

 

« Sai ! »

 

L’interpellé se retourna pour voir un garçon l’appeler. Il était assez de loin de ce dernier qui ne semblait pas vouloir se dépêcher pour être à son niveau. Cependant, Sai ne broncha pas. Il resta sur place et sourit, tenant les roses dans ses bras.

 

« Qu’y a t-il Sasuke ? demanda Sai d’un ton neutre.

 

-Pourquoi est-ce qu’il y aurait quelque chose ?

 

-C’est juste rare de te voir te promener dans la ville alors qu’il fait si chaud.

 

-Hn.

 

-… »

 

Sasuke n’était pas bavard et Sai n’était pas du genre à engager une conversation. Les deux face à face ne donnaient qu’une ambiance pesante et un silence lourd. La plupart du temps, ces deux-là s’évitaient. Mais sans savoir pourquoi, Sasuke avait appelé Sai au moment-même où il l’avait aperçu sur le trottoir opposé. Il le regrettait presque.

 

« Tu vas les offrir à qui ? »

 

Sai suivit le regard de Sasuke et comprit que ce dernier parlait de ses roses. Il sourit encore, ce qui énerva Sasuke qui ne le montrait pas.

 

« Ce sont des modèles pour le cours, ils m’attendent depuis assez longtemps déjà.

 

-Je me disais bien que te voir toi sortir avec une fille était impossible…

 

-Apparemment cette impossibilité tient de famille. »

 

Sai sourit à son cousin qui n’avait lui non plus actuellement pas de petite amie. Sasuke garda son calme comme il le put, c’est pourquoi il ne répondit que par un grognement. 

 

« Je vais y aller. Tu veux venir voir ?

 

-…Pff j’ai rien d’autre de mieux à faire. »

 

Sur ce, Sai repartit, toujours le sourire aux lèvres. Sasuke le suivait. La distance entre eux tenait sur une grande avenue. Ils n’étaient pas amis et ne faisaient rien pour l’être. L’un était pour l’autre juste un membre de la même famille, cela s’arrêtait là.  

 

« Je hais ce mec ! pensa Sasuke.

 

-Sasuke est vraiment grincheux… pensa Sai.

 

-Sai n’est qu’un imbécile ! Tout comme tous ceux de la branche secondaire !

 

-Sasuke est vraiment arrogant comme tous ceux de sa branche, il se croit réellement supérieur.

 

-Bordel mais pourquoi je le suis comme un con ? Qu’est-ce que je fais ? Je trouve une excuse et je me casse ?

 

-Pourquoi est-ce que je lui ai dit de venir moi ? Oh et puis de toute façon il va trouver une excuse pour partir.

 

-Non, il doit certainement se dire que je vais me casser. Je vais lui montrer combien je suis…

 

-…orgueilleux, oui, il l’est tellement qu’il ne va pas partir et qu’il va…

 

-…aller voir son cours ! Je suis sûr qu’il est pas si doué que ça ! Il n’enseigne qu’à des…

 

-…nul, c’est nul ce qu’on est en train de faire là. Je vais…

 

-…m’approcher de lui et lui parler ! Pourquoi est-ce que…

 

-…il faut toujours qu’on joue les gamins quand on est ensemble. Je vais essayer d’être gentil et de…

 

-… ne pas le défier, de toute façon s’il veut se prendre des rides en souriant toujours c’est de sa faute ! Mais…

 

- J’aimerai bien qu’on arrive à parler normalement pour une fois ! » pensèrent les deux en même temps.

 

À ce moment-là, ils se regardèrent. Sans le savoir, ils venaient de faire toute une conversation commune chacun de son côté. Sai détourna en premier ses yeux.

 

« On n’arrivera jamais à se sentir. » conclurent les deux.

 

Il vit enfin l’entrée du centre et ouvrit la porte, laissant Sasuke passer devant. Sai montra du doigt l’escalier pour dire à Sasuke que la salle se situait au deuxième étage. Dans une expression accablée, Sasuke monta les grands escaliers, suivi de près par Sai. Une fois arrivés dans la salle, une douzaine de personnes qui peignaient soupirèrent de soulagement en voyant leur professeur revenir. Sai n’était pas employé officiellement mais donnait des cours par plaisir, ce qui arrangeait bien le centre de loisirs qui ne pouvait pas rêver mieux comme professeur d’art que lui. Par ailleurs, Sai avait convaincu son père de donner des fonds pour entretenir ce centre, qui était alors plus que reconnaissant envers le jeune garçon.

 

« Je suis là, désolé d’avoir traîné » dit Sai en souriant.

 

Tous lui répondirent, un brouhaha envahit alors la salle si silencieuse il y avait à peine quelques secondes. Sai posa les bouquets et revint vers Sasuke.

 

« Assieds-toi là-bas si tu veux. »

 

Sai lui désigna un pupitre inoccupé près de la fenêtre. Sasuke y alla en traînant quelque peu des pieds. Une fois assis, il regarda par la fenêtre. Il faisait si beau dehors. S’il avait été petit, il aurait pu aller jouer avec ses amis au bord de la rivière ou même se promener avec eux tout en mangeant une glace et en se racontant tout et n’importe quoi… C’était si simple lorsqu’on était petit, pourquoi fallait-il grandir et subir ce monde si cruel et si incompréhensible ? Les hommes sont vraiment les pires êtres pour ce qui est de se compliquer la vie. Sasuke se sentit soudain seul, il était riche, beau, intelligent et sportif mais il n’avait pas d’amis. Sasuke observa alors la salle. Il vit Sai sourire en parlant à certaines personnes du cours. Ce sourire changeait vraiment de signification selon les moments et la personne à qui il était adressé. Sasuke se demanda alors pourquoi Sai était si populaire et lui si seul ? Il connaissait très bien la réponse mais ne voulait pas l’admettre. Non, il n’admettrait jamais qu’il était insociable… Tout petit déjà, il avait des problèmes à s’intégrer dans la vie sociale et à jouer avec les autres petits enfants avec lesquels il était en maternelle, jusqu’au jour où il avait rencontré un garçon blond. Il se rappelait encore de cette période-là. Tous les deux se battaient et se chamaillaient toujours au début puis ils avaient fini par être liés comme deux doigts de la main… Mais Sasuke avait grandi, et puis on lui avait expliqué la différence entre un riche et un pauvre. Il n’avait pas décidé d’être riche, c’était ses parents, lui il n’y était pour rien alors pourquoi fallait-il qu’il vive dans ce monde de bourges coincés et qu’il se sépare de son ami ? Malgré tout, il se retrouva tout seul et restait toujours isolé et retiré des autres de son âge, puis remarquant ce problème, ses parents avaient fait venir son cousin Sai pour qu’ils aillent au collège ensemble, mais depuis tout ce temps, les deux Uchiha n’avaient toujours pas réussi à créer des liens entre eux. 

 

« Sasuke, si tu veux peindre, je te donne un pinceau. Qu’est-ce que t’en dis ? »

 

Sasuke détacha son regard de la fenêtre pour voir Sai qui lui souriait gentiment. Ce n’était pas un mauvais garçon, il le savait très bien mais il ne pouvait vraiment pas devenir son meilleur ami…

 

« Non, t’inquiète pas, occupe-toi des autres, répondit Sasuke.

 

-Ça termine bientôt…

 

-…

 

-On mange ensemble après, ça te dit ? 

 

-Ok. »

 

Sai sourit et repartit faire un tour dans la salle. Sasuke examina les gens, concentrés sur leurs œuvres. La jeune fille en face de lui n’avait rien dit depuis qu’il était entré, elle semblait si concentrée, assise derrière son chevalet, qu’elle n’avait sans doute même pas remarqué l’absence temporaire de Sai. Sasuke sourit soudain, cette fille lui était familière, elle ne se rappelait sans doute pas de lui. Il se pencha pour voir le  tableau qu’elle peignait mais impossible, ses cheveux bizarrement roses cachaient tout. Il piqua du doigt le dos de la fille. Elle sursauta et se retourna, un peu énervée par cette frayeur mais son air s’adoucit en voyant la personne assise derrière elle. Ce garçon était si beau ! Son visage lui disait même quelque chose, tiens…

 

« Tu es nouveau aussi ? demanda Sakura, étonnée.

 

-Pas vraiment.

 

-Je suis Sakura, dit-elle en souriant. Tu me dis quelque chose mais je n’arrive pas à me souvenir d’où j’aurai pu te connaître… Euh…

 

-Sasuke… Uchiha.

 

-Sasuke… Sasuke… Uchi… UCHIHA ? »

 

Elle avait hurlé, faisant sursauter toute la salle. Tout le monde se retourna dans leur direction, surpris.

 

« Euh, excusez-moi… dit-elle, rouge de gêne.

 

-Reprenez vos peintures, l’heure s’écoule vite », dit Sai pour relancer le calme.

 

Il alla ensuite voir Sakura.

 

« Qu’y a t-il Sakura ?

 

-Euh rien, je m’excuse, j’ai été surprise.

 

-C’est mon cousin, je l’ai trouvé ennuyé dehors alors je l’ai amené ici.

 

-Vous êtes des Uchiha tous les deux ?!

 

-Tu n’étais pas au courant ? s’exclama une fille dans la salle.

 

-Ben non ! Ça alors ! s’étonna encore plus Sakura.

 

-T’es nouvelle t’aurais pu au moins te renseigner sur la personne qu’est notre merveilleux prof Sai, dit une fille plus là pour voir Sai que pour peindre.

 

-C’es vraiment une paumée cette fille !

 

-Pff écoutes ça, elle savait pas que c’était Sasuke Uchiha ! 

 

-Une telle beauté ça se reconnaît.

 

-Trop drôle ! »

 

Des chuchotements et des rires retentirent dans la salle. Sakura se sentait plus mal que jamais. Sasuke remarqua alors que la salle était composée par une majorité de filles… Étrange… ou pas. Sai sourit à Sakura.

 

« Ton tableau est très beau. »

 

L’heure sonna. Sai se releva et alla sur l’estrade.

 

« Bien tout le monde, merci d’être venus cet été. J’espère que j’ai pu vous aider et que mes cours vous ont plu.

 

-Très ! répondit en chœur toute la salle.

 

-Bonne rentrée à tous ! »

 

Il leur sourit et tout le monde rangea ses affaires pour sortir. Sakura, en retard, ramassait ses pinceaux qu’elle avait fait tomber par terre. La jeune fille baissée, Sasuke en profita pour voir par-dessus elle son tableau. Il fit une grimace.

 

« C’est… moche. »

 

La jeune fille se releva, surprise. Elle resta bouche bée devant lui qui restait impassible. Elle n’arrivait pas à savoir quoi répondre… Elle réfléchit tellement longtemps qu’elle ne vit pas Sasuke sortir de la salle avec Sai, lorsqu’elle s’en rendit compte, elle était déjà toute seule. Elle soupira de désespoir, le vent qui entrait par la fenêtre fit flotter ses longs cheveux roses. Elle regarda attentivement son tableau.

 

« Il a raison… C’est totalement moche… »

 

Elle baissa la tête, toute déçue. Les mots de ce Sasuke se rembobinaient sans dans sa tête, étrangement, ce n’était pas vraiment les mots qui attiraient son attention mais plutôt la voix de ce garçon, oui, elle l’avait déjà entendue quelque part… Elle secoua la tête.

 

« C’est ridicule, comment est-ce que j’aurai pu connaître un garçon si riche ? Alors que moi… »

 

Elle soupira, prit son sac et partit en prenant bien soin de refermer la porte.

 

 

 

Naruto et Shikamaru venaient d’arriver dans le restaurant si réputé pour la qualité de ses grillades et de ses viandes. Ils étaient assis à une table collée à la fenêtre, le restaurant était en hauteur.

 

« Trouve-toi une petite copine ! »

 

Le jeune Nara considéra son ami, étonné par cette soudaine exclamation.

 

« De quoi tu parles ? »

 

Un silence passa, Naruto soutenait son regard en attendant une réponse. Shikamaru soupira le plus bruyamment possible.

 

« Le temps que j’m’en trouve une, j’serai déjà fiancé à une meuf que j’connais pas, c’est ça les gosses de riches, Naruto ! »

 

Naruto fut désespéré de la vision négative de son ami, lui qui essayait de mettre en place une ambiance sympathique… Tant pis !

 

« Et puis toi trouves-en toi une avant de le dire aux autres, dit en souriant Shikamaru.

 

-Je parie que j’en aurai une avant toi, provoqua Naruto.

 

-C’est d’accord. Pari tenu. »

 

Ils se tapèrent la main en se souriant avec défi. Naruto adorait ça, il aimait les défis et il aimait les remporter.

 

« Voulez-vous passer commande ? » demanda un serveur qui venait d’arriver.

 

Naruto et Shikamaru levèrent la tête pour voir la personne dont la voix leur était familière.

 

« Ça me fait plaisir de vous voir à mon restaurant, Naruto et Shikamaru !

 

-On s’est dit qu’on allait passer te voir, répondit joyeusement Naruto.

 

-Comment vas-tu, Chôji ? demanda Shikamaru à son meilleur ami.

 

-Bien, bien, je m’ennuie mais il faut bien travailler !

 

-Tu as mangé ?

 

-Vous êtes les derniers que je sers avant de prendre ma pause déjeuner !

 

-Installe-toi avec nous, l’invita Shikamaru.

 

-Très bien alors c’est la maison qui invite !

 

-J’ai les moyens de payer tu sais…

 

-J’insiste ! »

 

A ce moment, la mère de Chôji arriva à l’étage. Chôji Akimichi était l’ unique fils du couple Akimichi qui tenait un restaurant fameux pour servir des spécialités à partir de viande de bœuf. Ce n’était pas un restaurant extraordinaire mais les habitués étaient fidèles et on aimait bien aller manger ici. Chôji était donc classé parmi les « pauvres » de son âge. La mère de Chôji était une femme imposante de corps mais très gentille, s’il y avait un classement pour ça, elle ferait partie des meilleures mères de toute la ville.

 

« Chôji ! Tu prends ta pause déjà ?! dit la femme, la mine pas contente et les mains sur les hanches.

 

-Maman, y a Shikamaru et Naruto.

 

-Oh mon dieu ! »

 

La femme s’avança vers eux et prit Shikamaru dans ses bras. Elle le considérait comme un second fils car elle était sa marraine. Shikaku Nara, le père de Shikamaru, ayant autrefois sauvé gratuitement la vie du père de Chôji, le très pauvre Chouza Akimichi qui n’avait pas encore son restaurant, grâce à ses talents médicaux, les Akimichi avaient tenu à les remercier et avaient voulu à tout prix parrainer leur fils, qui à l’époque venait tout juste de naître en même temps que le leur. Bien que les Nara soient des gens riches et réputés maintenant, à l’époque ils étaient classés parmi les peu fameuses familles de Konoha, leur succès tout comme le restaurant des Akimichi était donc tout neuf et c’était un peu la naissance des deux garçons qui marquait le début de tout cela.

 

« Shikamaru ! Que tu as grandi en un mois ! Regarde Chôji, tu ne trouves pas qu’il a maigri un peu ?! Comment vas-tu ? Et ta mère, comment va Yoshino ? Et ton père ? Il faut absolument que…

 

-Maman arrête, tu l’étouffes ! réagit Chôji.

 

-Oh mon dieu ! Désolée mon Shikamaru.

 

-Ce n’est rien, ne t’en fais pas.

 

-Et toi Naruto, comment vas Jiraiya ? dit elle en prenant aussi le garçon dans ses bras.

 

-Bien, ça va toujours bien pour lui.

 

-Tu lui passeras le bonjour de ma part ! Allez les garçons, vous devez avoir faim ! dit la Akimichi en se relevant. Je vais vous préparer ce qu’il y a de meilleur et c’est la maison qui invite !

 

-Je peux payer… tenta Shikamaru.

 

-Hors de question ! »

 

Sur ce, la mère de Chôji descendit, toute contente. De là où ils étaient, les garçons pouvaient l’entendre hurler à son mari : « Chéri ! Y a Shika aujourd’hui ! Tu monteras le voir ! ».

 

« Les femmes ! pesta Shikamaru, amusé.

 

-T’as du succès n’empêche, taquina Naruto.

 

-Je lui ai toujours dit qu’il faisait craquer les filles », continua Chôji.

 

Les deux garçons rigolèrent sous un râlement amusé de Shikamaru. Chôji s’installa alors à leur table et ils se mirent à parler de tout et rien, c’était si bon de se voir entre amis ! Chôji était un garçon rond, châtain avec des yeux tous noirs. Il était grand et imposant comme sa mère mais aussi doux qu’un papillon. Il était gentil, et très généreux. Toutes les filles le repoussaient car il était plus gourmand que tout et il n’avait pas vraiment le style du mec cool qui faisait craquer. Aucune fille ne s’intéressait à lui, aucune fille n’était gentille avec lui, sauf Ino. Ino avait été la seule à accepter Chôji, elle l’avait un jour repêché de son gouffre de solitude. Ino, Shikamaru et Chôji avaient toujours été ensemble depuis la maternelle, c’étaient l’éternel trio, tous comme leurs trois pères qui l’étaient eux-mêmes depuis longtemps.  

 

« Tu as vu Ino aujourd’hui ?

 

-Elle tient la boutique, je passerai la voir tout à l’heure, répondit Shikamaru après avoir bu une gorgée d’eau.

 

-Tu vas entrer dans quel lycée, Chôji ? demanda soudain Naruto.

 

-Celui qui est au coin de la rue, au moins ce sera tout près de chez moi. Shikamaru m’a dit que t’allais à Konoha no Gakuen ?

 

-Oui, mais pourquoi t’es pas le honey-lover de Chôji, Shika ?

 

-Il n’a pas voulu, répondit tout simplement Shikamaru.

 

-Je préfère aller dans ce lycée là, à Konoha no Gakuen je n’ai aucune chance, dit en souriant Chôji.

 

-Je vois… Moi j’y vais pour réaliser mon rêve ! »

 

Ils se sourirent tous les trois quand deux garçons montèrent à l’étage. Ils passèrent près de la table des garçons, celui qui ne portait pas de bouquets de roses toisa Naruto qui le fixait depuis son arrivée.

 

« I’ m’cherche c’lui-là ou quoi ?! s’énerva Naruto.

 

-Calme-toi », dit Shikamaru tout en les fixant aussi.

 

Apparemment, Naruto avait oublié son amitié d’enfance, ou du moins, il ne voulait pas s’en rappeler. Les deux s’étaient installés à deux tables plus loin que les trois garçons et n’avaient plus fait attention à eux. Ils se parlèrent, attendant un serveur pour passer commande.

 

« Dis-moi.

 

-Mon père veut qu’on soit honey-lover.

 

-Ça n’a pas l’air si mal que ça.

 

-Tu parles Sai, t’as pas des milliards de filles qui se tueraient pour être ta protégée ! Si je m’en coltine une parmi celles-là, ça va être génial…

 

-Tu te vantes là, Sasuke, répondit en souriant Sai.

 

-Hn… grogna Sasuke.

 

-Tu as été un peu méchant tout à l’heure, je le trouvais joli le tableau de Sakura.

 

-T’as forcément mauvais goût, c’est pas possible. »

 

Sai se contenta de lui sourire. Une serveuse arriva, derrière elle, une jeune fille montait rapidement les escaliers, un tableau à la main. Elle se dirigea directement vers ce qu’elle cherchait. Elle s’arrêta, essoufflée, sous les airs interrogateurs des trois garçons assis à la table.

 

« Shikamaru, Ino m’a appelée et m’a dit que tu étais ici, alors je suis passée ! Alors comme ça tu nous as trouvé des honey-lovers ? Qui sont-ils ? S’il te plait dis-le moi !

 

-Bonjour Sakura, dit Naruto pour faire remarquer sa présence et celle de Chôji.

 

-Oh, désolée, bonjour les garçons », leur répondit-elle en souriant.

 

Du côté des Uchiha, curieux d’entendre des pas de course dans le restaurant, Sasuke s’était retourné pour voir Sakura debout à deux tables plus loin qu’eux.

 

« C’est moi ou elle nous suit ?

 

-Elle avait sûrement rendez-vous avec des amis à elle. Alors je prendrai des brochettes avec de la sauce de…

 

-Elle aurait dû jeter son tableau…

 

-Et un bol de riz. Moi j’aime bien son tableau. Et aussi du bœuf loc lac. Après tout c’est chacun son goût. Et des beignets à la banane. Mais je ne le trouve sincèrement pas moche.

 

-D’accord, et pour vous ? demanda la serveuse, un peu perdue.

 

-Je la croise beaucoup trop aujourd’hui !

 

-Vous prendrez quoi monsieur ? redemanda-t-elle.

 

 -Hn ? La même chose que lui, répondit Sasuke qui ne voulait pas réfléchir.

 

-Bien, merci de patienter. »

 

Sakura jeta un coup d’œil vers eux et croisa le regard de Sasuke. Elle rougit à la seconde et détourna rapidement ses yeux. Mince ! Encore lui ! Mais… son visage lui rappelait vaguement quelqu’un mais elle n’arrivait pas à s’en souvenir et cela la frustrait.

 

« Assieds-toi avec nous, je t’invite à déjeuner aussi.

 

-Non, aujourd’hui c’est la maison qui vous invite ! intervint Chôji

 

-Merci beaucoup les garçons ! dit Sakura en s’asseyant.

 

-Fais voir ce que t’as, Saku, dit Naruto en voyant son tableau.

 

-Oh non, c’est trop moche, dit-elle embarrassée en se ressouvenant des paroles de Sasuke.

 

-Pourquoi tu ne l’as pas jeté alors ?

 

-Chôji ! C’est méchant ! J’ai usé de la peinture pour ça ! Je vais le garder dans ma chambre.

 

-Bien profond dans un placard, pensa Sasuke en entendant toute leur conversation.

 

-Sakura, approche », dit soudain Shikamaru.

 

La jeune fille prit peur et fit un geste de recul, ce qui fit rire Naruto et Chôji.

 

« T’inquiète t’es pas mon type de fille, approche j’te dis ! »

 

Elle sourit d’embarras, elle avait eu une réaction idiote. Elle se colla à Shikamaru qui lui montrait du doigt deux garçons à deux tables d’eux.

 

« Tu vois ces deux-là ?

 

-Je sais, ce sont des Uchiha.

 

-Oui eh bien, un des deux est ton honey-lover.

 

-QUOI ?! »

 

Sakura et Sasuke s’étaient levés sous la surprise, le jeune garçon ayant failli s’étouffer en buvant. Un grand calme parcourut la salle, tout le monde s’était figé et les regardait, étonné.

 

« Désolé mon oncle était chargé de vous choisir des protégés… » s’adressa Shikamaru aux deux.

 

Sai sourit tandis que Sasuke contesta.

 

« Devenir honey-lover ? D’elle ?

 

-Mon dieu, tu es Sasuke Uchiha ! »

 

Toutes les filles de la salle se tournèrent alors vers Sasuke en entendant Sakura dire cela.

 

« Ça y est, je me rappelle de toi, on était en maternelle et en primaire ensemble ! »

 

Tout le monde fut désemparé, elle s’en fichait d’être sa protégée, ce qui soulageait le garçon, mais était juste contente d’avoir enfin reconnu qui il était.

 

 

 

Un peu plus tard, dans la gare de Konoha, un train s’arrêta. Temari avançait de mauvais pas en tirant son petit-frère Gaara qui entrait en première année de lycée à Konoha no Gakuen.

 

« Lâche-moi Tema !

 

-Y a du monde, tu vas te perdre.

 

-J’suis plus un gosse, répondit calmement Gaara en lâchant la main de sa sœur.

 

-Et c’est pour ça que je dois t’accompagner ici ?! lança-t-elle.

 

-… »

 

Temari s’en voulut d’avoir laissé échapper ses paroles. Elle souffla et regarda sa carte. Gaara observa autour de lui. C’était la première fois qu’il posait les pieds hors de Suna, exceptée la fois où il était sorti en classe de découvertes en primaire pour aller à Konoha, oui, il était déjà venu une fois dans cette gare.

 

« Maman nous a dit qu’on avait une famille d’accueil qui viendrait nous chercher ou j’sais plus quoi, maintenant faut les trouver.

 

-Pourquoi tu regardes ta carte alors ?

 

-Pour chercher où sortir de cette gare !

 

-Aucun sens de l’orientation. »

 

Il prit sa valise et se dirigea d’un pas assuré en direction de la sortie, sa sœur le suivit. Gaara était très beau, il avait un teint blanc et des yeux verts jade plus clair que ceux de sa sœur ainsi que des cheveux rouges comme ceux de son père. C’était un garçon silencieux, qui parlait peu, doué à l’école et réfléchi. Mystérieux était le mot qui le caractérisait le plus.

 

« Tiens, voilà la sortie, et sans carte en plus.

 

-Merci monsieur le petit génie ! Rah je déteste ça.

 

-Les petits génies ?

 

-Tiens, c’est pas eux là ? »

 

Les deux avancèrent vers le couple qui leur faisait des signes de la main. Temari donna un coup de coude à Gaara pour qu’il se force à sourire poliment comme elle mais il n’en fit rien et resta de marbre.

 

« Bonjour, nous sommes les Nara.

 

-Bonjour monsieur, madame. Je suis Temari et voici mon petit-frère, Gaara. »

 

Elle le regarda, il scrutait les Nara avec ses yeux verts d’un regard destabilisant. Temari le poussa.

 

« Excusez-le, il est fatigué d’un si long voyage, dit-elle en se forçant à rire.

 

-Je vois, le pauvre, il a des cernes !

 

-Ah ne vous en faites pas madame, il est comme ça depuis sa naissance, c’est un héritage de papa.

 

-Oh, je comprends…

 

-Bien, allons à la voiture, plus vite on sera arrivés plus vite vous pourrez vous reposer, dit Shikaku en souriant.

 

-Nous vous remercions beaucoup de nous accueillir !

 

-La famille du maire de Suna nous a apporté beaucoup de connaissances médicinales, c’est à nous de vous remercier, répondit courtoisement Yoshino.

 

-Votre famille est si prestigieuse, grand-mère Chiyo nous a beaucoup parlé de vous.

 

-Cette vieille pe… »

 

Temari coupa Gaara en lui donnant un coup de coude brutal, faisant rire les Nara.

 

 

 

En même temps, un autre train arriva. Un garçon en descendit, un sac à dos sur l’épaule droite et un sandwich dans la main gauche, il regarda tout autour de lui en mâchant.

 

« Konoha… »

 

Il posa son sac sur sa valise qu’il tira en avançant et en continuant de manger son sandwich. Ses yeux blancs firent le tour de la gare. Il avait oublié à quel point elle était grande. Cela faisait six ans qu’il n’avait plus vu sa ville natale et la revoir enfin ne l’ébranlait pas plus que ça. Rien n’avait changé ou presque, dehors on avait replanté de nouveaux arbres et fait construire un parking en hauteur pour refaire une route plus large. Neji Hyuuga était un garçon très observateur et intelligent, presque autant que l’était Shikamaru, un véritable génie.

 

« Taxi ! »

 

Un taxi s’arrêta, il y entra et fit savoir sa destination. Le taxi démarra. Neji était grand et très beau, presque autant que l’étaient Sasuke et Sai. On ne pouvait pas dire que c’était un garçon vraiment doux et gentil mais il était très protecteur et n’avait pas un mauvais fond, il avait juste une grande rancœur envers Hiashi, oui, il réglerait ses comptes avec le chef du clan et les choses se remettront au point ! Neji avait les yeux des Hyuuga et de longs cheveux bruns qu’il avait aujourd’hui attachés en queue de cheval haute. Il avait un air sérieux et triste, un peu comme l’air qu’on tous les orphelins. Neji n’avait pas connu sa mère, morte à sa naissance, et avait été élevé par son père jusqu’à ses quatre ans où son père fut assassiné, puis il avait été sous la garde de Hiashi qui l’avait envoyé le plus loin du clan dès qu’il l’avait pu.

 

« Salopard… »  

 

Soudain, une pensée vers sa cousine le saisit. Il avait hâte de voir à quel point elle avait changé. Elle serait certainement étonnée elle aussi en le voyant. Il sourit tendrement, il aimait sa cousine comme sa petite-sœur et ferait tout pour la protéger, même si cela voulait dire agir contre Hiashi le tout puissant. Neji s’inquiéta soudain de la santé d’Hinata, non, elle allait certainement bien, oui si un quelconque mal lui était arrivé il l’aurait su instinctivement.

 

« Hinata, j’espère que tu ne m’a pas trop attendu... »

 

Il se rappela du jour où il avait dû quitter la demeure principale, Hinata n’en avait pas été mise au courant car trop d’émotions l’auraient rendue malade, sensible comme elle l’était. Malgré tout elle avait tout fait pour pouvoir lui dire au revoir mais c’était trop tard et elle n’avait pu que le voir partir en voiture. La dernière image qu’il avait de sa cousine était celle d’une petite fille aux cheveux courts en train de pleurer toutes les larmes de son corps en hurlant : « Grand-frère Neji, ne pars pas ! ». Il se rappelait très bien qu’il lui avait promis ce jour-là au plus profond de lui de revenir, en se retenant de pleurer, en vain car les larmes coulaient sans qu’il n’ait pu les contrôler.

 

« …Je suis revenu. »

 

Neji regarda au loin par la fenêtre, il était déterminé.

 

 

 

Pendant ce temps, de retour à la gare, une jeune fille semblait perdue. Les cheveux attachés en deux chignons, elle cherchait quelque chose avec ses grands yeux marrons.

 

« Excusez-moi, vous n’auriez pas vu ce garçon ? demanda la jeune fille à un contrôleur en montrant une photo.

 

-Moi je l’ai vu, répondit un policier.

 

-Oh vous pourriez me dire où s’il vous plaît ?

 

-Il vient de partir en taxi je crois.

 

-Comment ça ? Il était convenu qu’il m’attende !

 

-Les petits amis de nos jours ne sont plus fiables, mais rassurez-vous mademoiselle, il n’était pas avec une autre, il est parti tout seul.

 

-Mais c’est justement ça le problème ! Il est partit TOUT SEUL ! »

 

La jeune fille fut désemparée. Elle se lamenta tant que le pauvre policier ne savait plus où se mettre.

 

« En plus c’est pas mon petit ami… Merci monsieur. »

 

Elle prit sa valise et alla s’asseoir sur un banc, le temps de réfléchir à une solution.

 

« Maman pourquoi m’as-tu dit que tout se passerait bien ? »

 

Elle prit sa tête entre ses deux mains et se recroquevilla sur ses genoux.

 

« Je suis fichue ! Fichue ! Fichue ! Fichue !

 

-Euh… excusez-moi… »

 

La jeune fille releva la tête pour voir une autre fille d’environ le même âge qu’elle. Elle écarquilla les yeux tant la beauté de celle-ci l’avait éblouie. Elle semblait si fragile et douce. Soudain, deux hommes baraqués se placèrent derrière elle. La jeune fille brune sursauta et prit l’autre fille dans ses bras.

 

« Attention !

 

-Kya !

 

-Mademoiselle Hinata ! s’écrièrent les deux hommes, croyant avoir affaire à un kidnapping.

 

-Ces deux mecs te veulent du mal ! cria la jeune fille brune en plaçant Hinata derrière elle et en faisant face aux deux gardes du corps.

 

-Euh… non, vous… vous vous trompez… ce sont mes deux gardes… Laissez-la, ordonna Hinata en toussant aux deux gardes qui avaient facilement saisi l’autre fille.

 

-Ah excuse-moi, je suis vraiment une idiote quand je le veux. Excusez-moi messieurs », dit-elle en se faisant reposer à terre.

 

Hinata se mit à tousser beaucoup, veillant à mettre sa main devant la bouche comme elle le pouvait, ses gardes s’approchèrent d’elle et lui donnèrent un verre d’eau avec des médicaments qu’elle but rapidement. Une fois que tout était redevenu calme, Hinata se reprit et sourit délicatement à la jeune fille.

 

« Tu vas bien ? s’inquiéta Tenten.

 

-Oui merci. Vous aviez l’air perdue alors je me demandais si je pouvais vous aider…

 

-Oh c’est très gentil de ta part, au fait je suis Tenten et toi ?

 

-Excusez-moi, je ne me suis pas présentée, je suis Hinata Hyuuga.

 

-Hyuuga ? Mais c’est toi alors qui devais venir me chercher ? demanda Tenten, contente d’être sortie d’affaire.

 

-Euh… non, je suis juste venue chercher mon cousin Neji…

 

-Ah oui, Neji, c’est ça ! Je me disais bien que c’était un garçon qui devait m’attendre !

 

-…Excusez-moi mais qui êtes-vous ?

 

-Tenten Xiomei, je suis la fille du PDG chinois de l’entreprise Buildings&co. »

 

Tenten était une jeune fille active, espiègle et gentille. Elle était douée en classe et en sport. Son éducation avait fait d’elle une fille très attachée à sa mère et seule lorsqu’il s’agissait d’être avec son père. Elle avait des cheveux mi-longs, attachés le plus souvent en deux macarons, d’une couleur marron tout comme ses yeux. C’était une fille assez excitée, vivante et très active.

 

« Oh oui, j’ai entendu parler de vous. Votre père a fait construire la grande tour TTX01, en lui donnant votre nom, et c’est la plus grande tour de toute la Chine.

 

-Oui, au fait, merci beaucoup de m’accueillir, j’en avais marre de mon ancien lycée, lui dit Tenten en faisant un clin d’œil.

 

-J’espère que vous vous plairez à Konoha, dit Hinata en souriant poliment.

 

-On pourrait se tutoyer ?

 

-Eh bien… C’est d’accord… Cherchons grand-frère Neji d’abord…

 

-Ton grand-frère est déjà parti. »

 

Hinata eut à peine le temps d’être déçue que quelqu’un se précipita en courant vers elle. Le bruit d’une valise qui tombait retentit en même temps que les plaintes des passants qui se faisaient bousculer. Hinata se sentit soudain enlacée dans des bras familiers, ceux où elle avait l’habitude autrefois de se blottir. Ses gardes ne réagirent pas, elle comprit que ça ne pouvait être que lui.

 

« Grand-frère Neji ! »

 

Elle l’enlaça le plus fort possible pour sentir sa présence, oui, il était vraiment là maintenant. Son départ avait été un déchirement pour elle et aujourd’hui il était de retour. Ils restèrent enlacés, les larmes coulaient des joues d’Hinata. Elle ne pouvait plus s’en empêcher, elle s’était promis de ne plus jamais pleurer après que Neji soit parti, et maintenant elle pleurait à nouveau, mais de joie cette fois-ci.

 

« Je suis tellement contente… »

 

Sa voix était emplie d’une grande émotion. Elle était heureuse comme elle ne l’avait plus été depuis ce jour-là. Son cœur battait plus vite qu’il ne le devait mais elle s’en fichait, rien ne pouvait lui arriver tant qu’il était là. Neji était tellement content de revoir celle qu’il avait toujours protégée qu’il ne pouvait rien dire. Sentir Hinata dans ses bras lui suffisait, il était rassuré, rassuré qu’elle aille bien après sa longue absence, rassuré qu’elle se souvienne de lui et qu’elle l’aime toujours autant qu’avant.

 

« Hi-Hinata… »

 

Tenten regardait la scène, surprise d’abord puis émue ensuite. Son cœur chavirait et elle ne savait pourquoi mais ce garçon l’avait attirée dès qu’elle l’avait vu arriver. C’était si beau l’amour qu’il consacrait à cette fille. Elle aurait voulu avoir elle aussi quelqu’un comme Neji avec Hinata. Quelle fille ne rêverait pas d’être à la place d’Hinata à cet instant-là ?

 

« Neji et Hinata sont si beaux ! On se croirait dans un shôjo ! dit Tenten aux gardes, toute émerveillée.

 

-Il faut être habitué, répondit un garde.

 

-On les connaît depuis leur naissance ces cocos-là », dit le second.

 

Neji et Hinata arrêtèrent difficilement leur étreinte pour s’éloigner un peu et se regarder, Neji gardant toujours les mains de Hinata dans les siennes. Ils étaient seuls, enfin réunis dans leur monde à eux, il n’y avait plus personne. Il la regarda, elle rougissait de bonheur. Elle lâcha une main pour lui toucher le visage.

 

« Tu es devenu si beau mon grand-frère adoré. »

 

Neji lui reprit la main et embrassa celle-ci tendrement.

 

« Et toi si belle avec tes cheveux longs. »

 

Ils se sourirent. Ils se parlèrent avec le regard longuement. Puis le bruit autour d’eux fit disparaître petit à petit leur monde, ils se retrouvèrent enfin dans le présent. Neji s’aperçut de la présence intempestive de Tenten.

 

« Tu t’es rappelé que tu devais m’attendre ? demanda Tenten en voyant que Neji la regardait.

 

-Qui c’est celle-là ? demanda Neji à Hinata.

 

-C’est une nouvelle amie… et sûrement ta protégée je crois.

 

-Enchantée, je suis Tenten Xiomei.

 

-Oui c’est bon, je m’en suis rappelé. Moi c’est Neji Hyuuga, ton honey-lover », répondit-il, froidement.

 

Tenten se surprit à rougir en entendant Neji prononcer « ton honey-lover ». Elle s’étonna encore plus de ce changement de comportement soudain, alors comme ça, il n’y avait que Hinata qui pouvait l’apprivoiser et le rendre doux ? Tenten soupira, cette année allait être géniale décidément ! Elle se considérait assez riche pour entrer à Konoha no Gakuen d’elle-même mais son père avait insisté qu’elle aille chez les Hyuuga pour soit-disant « entretenir de bonnes relations avec les meilleurs clients » ! Ainsi elle se trouvait à devoir supporter Neji comme honey-lover, ou plutôt, elle avait une chance inouïe d’être la protégée de Neji Hyuuga.

 

« Pourquoi es-tu revenu ici ? »

 

Neji regarda Hinata. Sans comprendre pourquoi, il avait dit au taxi de faire demi-tour, une sorte d’impression lui était apparue et il fallait qu’il revienne en arrière car elle était venue le chercher. Un lien vraiment fort unissait les deux cousins Hyuuga, contrairement aux cousins Uchiwa. Hinata sembla comprendre la réponse et lui sourit. Elle lui prit la main et se retourna vers Tenten.

 

« Tenten, rentrons tous ensemble, dit Hinata en lui souriant gaiement et en tendant son autre main.

 

-Avec plaisir », répondit Tenten en prenant la main d’Hinata.

 

Ils marchèrent tous les trois, se tenant la main, Hinata au centre. En voyant leurs ombres, Tenten pensa soudain à marcher seule avec Neji, sans Hinata… Elle secoua la tête pour faire partir cette pensée méchante inhabituelle pour elle. Hinata était vraiment gentille et elle ne méritait pas de subir… sa jalousie ? Cette dernière pensée la fit soupirer. Elle espérait au fond d’elle qu’un jour Neji soit aussi gentil avec elle qu’il ne l’était avec Hinata. Elle se trouvait ridicule à vouloir être aimée par ce garçon qu’elle ne connaissait même pas, mais son cœur palpitait déjà et parlait pour elle, elle était amoureuse.

 

 

 

Retour au quartier commerçant, à la boutique Yamanaka’s Flowers. La boutique étant tournée vers la bonne direction, Ino recevait tous les rayons du Soleil couchant. Elle aimait cet instant de la journée, sentir le Soleil sur son visage, voir les fleurs éclairées par ces filets de lumière orange. Elle sourit même si elle était aveuglée par l’abondante luminosité. Une personne entra dans la boutique mais elle ne s’en rendit pas compte et resta les yeux fermés, à profiter de la chaleureuse lumière. Une légère brise fit flotter sa mèche. Le garçon qui était entré la regardait en souriant.

 

« Je suis content que tu ailles mieux. »

 

Elle sursauta et ouvrit les yeux, trop soudainement car ses pupilles rétrécirent trop vite, ce qui lui fit mal aux yeux. Elle alla à l’ombre, le temps de réhabituer ces derniers.

 

« Ça vous arrive souvent d’arriver par surprise comme ça ?

 

-Désolé », dit-il en souriant.

 

Ino soupira, encore ce sourire ! Qu’est-ce qu’il lui voulait maintenant ? Comme s’il avait compris sa question, Sai regarda  la boutique. Elle était petite mais avait beaucoup de fleurs diverses et jolies.

 

« J’ai les moyens d’acheter toute ta boutique.

 

-Vous voulez me mettre à la rue, c’est ça ? »

 

Sai rigola, cette fille était trop drôle. Il n’avait rien dit de méchant et elle avait trouvé le moyen de tourner sa phrase pour qu’elle le soit. 

 

« Shikamaru ne passera pas, dit Sai pour changer de sujet.

 

-Génial, maintenant vous allez me faire croire que vous connaissez Shikamaru ! Vous êtes un… Vous êtes…

 

-Ton honey-lover.

 

-… »

 

Ino fut tellement étonnée qu’elle s’était figée sur place. Non, lui ?!

 

« Après mûre réflexion avec Sasuke, on s’est dit qu’il prendra Sakura et que moi je prendrai l’autre fille, toi.

 

-Sasuke Uchiha ? Vous êtes son ami ?

 

-Non. Son cousin. »

 

Ino dut s’asseoir, encore sous l’effet du choc. Son honey-lover était un Uchiha ?! Et tant pis si ce n’était pas Sasuke ! Oh mon dieu il fallait absolument qu’elle montre à quel point elle était reconnaissante envers Shikamaru ! Elle se refocalisa sur l’Uchiha en face d’elle. Il lui fit un sourire. Ce fut à partir de ce moment là qu’Ino Yamanaka commença à aimer le sourire de son honey-lover. Sai lui tendit trois bouquets de roses.

 

« Je te les offre, belle Ino. »

 

Sur ce, il tourna les talons pour sortir de la boutique. Ino regarda les bouquets qu’elle lui avait vendus ce matin. Ce garçon était trop…

 

« Trop mignon… »

 

Elle se leva rapidement et le rattrapa. Elle le retint par son T-shirt. Il se retourna. Elle s’inclina.

 

« Je suis Ino Yamanaka, fille du fleuriste Inoichi, je vous remercie de me protéger.

 

-Enchanté, je suis Sai Uchiha, fils du chef de la branche secondaire des Uchiha, Genfuke Uchiha, se prit au jeu Sai en souriant toujours.

 

-Je vous remercie infiniment !

 

-Prends soin de moi, car je serai ton honey-lover. »

 

Sur ce, Sai partit toujours en souriant et en faisant un signe d’au revoir de la main à sa protégée.