Je vis entre l'alliance, les ninjas, et l'Arc.

par Etsukazu

Il regardait ce ciel qui s’obscurcissait, alors que le soleil y descendant, il l’illuminait d’une vive couleur orange. La brise fraîche des régions du fer soufflait contre lui, alors que ses cheveux se soulevaient au vent. Les yeux perdus dans le vide, observant les immenses forêts et plaines s’étendant au loin, Naruto réfléchissait. Il n’avait pas froid. En harmonie avec la nature, la température n’était pas un défaut pour lui. Et il pensait. À tout, et rien à la fois. À ces temps qui allaient changer lorsque le monde serait mis au courant de la quatrième guerre, à son village, et à sa vie. À la prophétie.

 

Il s’assit alors, et continua d’observer le soleil couchant. Et, toujours, il ne cessait de penser à ce monde qui changeait, et ce rêve qu’il s’était fixé. A cette ambition qu’il nourrissait, toujours plus grande, toujours plus belle. La fin de la haine et des tristesses. Il avait été malheureux. Même si d’autres avant lui l’avaient été plus encore, il savait. Il connaissait le malheur, et c’était justement par idéal qu’il désirait agir pour préserver ceux qui ne le connaissaient pas encore, tout autant que ceux qui le connaissaient ou l’avaient connu. Un rêve, utopique, mais pas irréalisable. Tout était possible, même la plus grande des choses. Il fallait juste le vouloir. Car de l’envie naissait l’ambition. De l’ambition naissait le mouvement. Du mouvement naissaient les moyens, et des moyens naissaient les résultats. Il en avait toujours été ainsi.

 

Il était résolu. Et il accomplirait cet idéal, ou mourrait pour lui. 

 

- Naruto Uzumaki, sixième Hokage.

 

Naruto tourna la tête à sa gauche. Il n’avait pas fait attention à la présence de quiconque à ses côtés. Gaara venait de s’asseoir, et semblait tout autant perdu que lui à regarder le paysage. Il avait parlé, sans vraiment s’adresser à lui. Il regarda ensuite son ami blond dans les yeux, sans prononcer quoi que ce soit.

 

- J’ai été réellement surpris, dit-il. Pour être honnête, tu me sembles méconnaissable.

 

Naruto fit un sourire fugace. Malgré sa monotonie permanente dans l’expression verbale et émotionnelle, Gaara était une personne perspicace. Il parlait par énigme et sous-entendu, et bien à défaut de son jeune âge, il disposait d’une grande maturité. Il prétendait avoir été surpris, mais Naruto savait qu’il ne l’était pas autant.

 

- Je suis toujours le même, Gaara. Il s’est juste passé beaucoup de chose en peu de temps…

 

- Je m’en suis bien douté. Ce n’est pas tous les jours que les villages ninjas l’organisation des cinq nations élémentaires s’allie pour mobiliser une armée coalisée pour une guerre totale.

 

A cette réplique, ajouté au ton si détaché de Gaara, le jeune Hokage ne put réprimer un rire.

 

- Tu fais dans l’ironie maintenant ? C’est drôle, quand on pense qu’il y a trois ans, tu étais résolu à tuer le plus de monde pour prouver ton existence.

 

Gaara crispa son visage, les sourcils froncés. Ce temps-là était loin derrière lui, maintenant que non seulement résolu à ne plus agir sous la folie, il était libéré de son statut de Jinchuuriki. Oui, il fut un temps où le sceau à trois voie qui retenait Ichibi no Shukaku en lui le rongea jusqu’à l’en faire devenir fou. Oui, il fut un temps où ne penser qu’au sommeil était inacceptable. Oui… Il fut un temps où il fut aussi bas que le montra Sasuke Uchiha le jour précédent, durant le sommet des Kage.  Mais…

 

- Ce temps est loin derrière moi. Tu m’as donné espoir, et c’est quelque chose que je ne perdrais pas.

 

Silencieusement, Naruto se remit à regarder le paysage. Il ne se contenta que d’acquiescer et de se taire. Parfois, les mots étaient inutiles aux gens pour se comprendre. Et il n’avait bien sûr aucunement besoin d’en rajouter. Le soleil orange éclairait la contrée du crépuscule, alors que loin, les choses changeaient. Gaara et lui étaient restés au pays du Fer, mais seulement eux. Onōki, A et Mei, ainsi que leurs gardes respectifs, étaient aussitôt partis pour retrouver Bee.

 

Kumogakure avait envoyé un faucon messager au sommet, peu après le départ de Madara, qu’une vingtaine d’équipe de ninja traqueurs avait été mobilisée pour rechercher Bee. Bien sûr, Mei et Onōki avaient eux aussi envoyé des messages à leurs villages pour demander un effectif de recherche conséquent, mettant autant de moyen que possible pour retrouver le Jinchuuriki du Hachibi no Kyogyū. Naruto et Gaara avaient bien sûr fait de même. Le jeune blond avait demandé à Yugao de revenir avec Kakashi le plus rapidement possible à Konoha pour prévenir le conseil, et de mettre au courant le village des derniers évènements, Gaara imitant sa demande avec Temari et Kankurō.

 

Les quatre Jōnins avaient été fortement réticents à laisser leurs Kage sans protection, mais les deux jeunes garçons avaient insisté sur le fait qu’ils seraient en sécurité de toute attaque, tant qu’ils restaient en compagnie de Mifune et des forces de Tetsu no kuni. Et, ils s’étaient tous les deux retrouvés seuls. C’était bien sûr fait exprès. En tant qu’amis, ils avaient beaucoup de choses à dire, et beaucoup de choses à préparer.

 

- Donc, Naruto, que comptes tu faire ? Je sais pertinemment que tu ne resteras jamais au pays du Fer, et même s’il n’a rien dit, Mifune l’a bien senti lui aussi.

 

- Tss… Je suis prévisible hein ? questionna Naruto, une grimace d’amusement s’étirant sur ses lèvres. Et bien… Tu as raison. Je ne vais pas rester ici.

 

Voyant que Gaara l’observait avec un air non appréciateur, l’Uzumaki grogna et fit la moue.

 

- C’est bon Gaara ! Je te vois bien venir à me faire la leçon ! Je sais très bien ce que je fais…

 

Le rouquin accepta, cependant. Naruto n’était idiot et il était le premier de tous à le savoir aujourd’hui. Même s’il l’avait toujours caché et qu’il ne l’avait jamais semblé derrière ses airs excités, Naruto était un garçon responsable. Enfin, dans la mesure de son possible.

 

- Pour tout te dire… Amegakure est notre allié. Konan, par la mort de Pain, est devenue le leader du village de la pluie. Je compte aller en Amegakure.

 

- Pourquoi faire ? demanda alors Gaara, intrigué.

 

- Pour trois raisons, répondit Naruto, étrangement concentré. Tout d’abord, en tant que Hokage, je dois mettre au clair la relation qu’entretiendra Ame avec Konoha et donc l’alliance. Ensuite, il me parait évident que Madara risque de venir se venger de sa trahison à l’Akatsuki, et il est impératif que Konan reste vivante. Elle est une amie, et je m’en voudrais toute ma vie si je l’avais laissé tomber. Et la dernière raison…

 

Les yeux bleus de l’héritier du quatrième se changèrent en ses deux Rinnegan.

 

- Je dois apprendre à utiliser ces yeux. Si Konan est vaincue par Madara, Ame va non seulement dépérir, mais en plus, je vais perdre la seule piste possible pour moi d’apprendre à me servir de mes yeux. Je dois devenir encore plus fort. Aucun de nous n’est sûr d’être au niveau pour battre Madara, et si je pouvais obtenir les mêmes capacités que Pain… J’aurais une chance d’en finir pour de bon avec Madara.

 

Gaara acquiesça. L’explication de Naruto se tenait. Ils restèrent ainsi, sans parler, juste en contemplant l’horizon, pour presque une heure. Lorsque le crépuscule commença à se dissiper, le soleil déjà couché, les deux garçons pensèrent à partir. Le silence était total, le vent, froid, et le seul son qui venait à briser cet équilibre du silence était celui du champs des grillons et cigales, bien cachés dans les fourrés. Les deux Kage se regardèrent.

 

- Rentrons, prononça Gaara. Mifune nous attend au palais. En tant que seigneur, il nous a convié à dîner avec lui.

 

Quelques temps après, ce fut les trois seigneurs qui s’attablèrent dans l’une des salles du palais, alors que Urakaku et Okisuke étaient tous deux assis dans le coin de la salle. Les plats rapidement amenés, ils saisirent rapidement couverts, et commencèrent. En premier lieu dans le silence, le moment fit place à la discussion.

 

- La cuisine de mon palais est-elle à vos goût, Gaara-dono, Naruto-dono ?

 

- En effet, votre cuisine me plait, Mifune-dono, répondit Gaara.

 

Naruto les regarda, muet. Puis, posant les couverts sur la table, il trembla légèrement, sous l’étonnement de Mifune et Gaara. Puis, il se mit alors à rire. Un rire qui, d’abord légèrement retenu, se changea en un grand rire, sous la surprise de ses deux interlocuteurs, curieux de savoir pourquoi Naruto fut pris dans un fou rire. Moins de deux minutes après, Naruto stoppa son rire, de peur d’en venir aux larmes.

 

- Je suis désolé pour m’être emporté… C’est juste que vous voir parler cuisine, en sachant que nous sommes tous les trois des guerriers… C’était trop pour moi… dit-il, en s’essuyant les yeux.

 

Mifune et Gaara, à bien y penser, ne purent réprimer le sourire qui s’étira sur leurs lèvres. Le vieux samouraï laissa s’échapper un petit rire. En effet, la situation pouvait être amusante, à regarder trois militaires faire dans les bonnes manières juste pour un tantinet de conversation plate.

 

- Pour répondre à votre question Mifune-san, la cuisine de milieu aussi aisé que le vôtre est forcément délicieuse. Je ne suis Hokage que depuis peu, donc, je ne sais pas vraiment comment côtoyer les gens de haute classe. Vous savez, malgré mon titre, je reste quelqu’un de très modeste, s’exclama Naruto avec un petit rire. Mon alimentation se portait exclusivement sur du ramen, et je ne pense pas que je suis prêt à changer cette habitude ! Mais en tout cas je me suis régalé. 

 

- Vous m’en voyez ravi, Naruto-dono, répondit Mifune avec un sourire. Maintenant… Je dois avouer que vous et Gaara-dono avez fortement attiré ma curiosité. J’ai souvent entendu parler des légendes portant sur la puissance et la démence des Bijuus. Et bien sûr, j’ai souvent eu vent de la misanthropie chronique que témoignaient les… Jinchuuriki, continua Mifune, en cherchant ses mots. Et, vous voyant tous les deux, vous ne semblez pas différents des autres personnes… Ni rongés par la folie, ni plus remarquable que d’autres ninjas. J’aimerais en savoir plus sur ce sujet, si vous vouliez bien sûr en parler.

 

Suite à cette réplique, Naruto et Gaara regardèrent la table, ne levant pas le regard. Parler de leur vie, était toujours, toujours, difficile.

 

- Notre vie, Mifune-dono, n’a pas été différente des autres Jinchuuriki, déclara Gaara. Nous avons tous les deux été traités en parias par nos villages respectifs. Que ce soit pour moi ou Naruto, nous avons été victime de tentative d’assassinat. C’était… mon père, qui a scellé le Ichibi en moi lorsque j’étais encore dans le ventre de ma mère. J’ai été conçu dans l’unique but de devenir l’arme de mon village.

 

Naruto regarda Gaara avec un grand étonnement. Il allait sans dire que c’était la première fois qu’il voyait son ami du sable s’ouvrir à eux à ce point. Etait-ce l’intimité d’un repas entre trois guerriers, entre trois seigneurs ? Etait-ce entre amis ? Ou alors, Gaara sentait-il le besoin de se confier, en cette heure où le monde changeait à vue d’œil. Il ne le savait pas, il n’arrivait pas à le deviner. Mais, voir Gaara ainsi apaisé ne pouvait que le rendre heureux. Le moment n’était finalement pas encore à la guerre. Le répit leur permettait d’attendre.

 

- Gaara a raison, confessa Naruto. Notre vie n’a pas été facile. Mais, nous sommes toujours là pour en parler et pour se remémorer… Ce passé lointain. J’ai envie de penser que cette époque est loin derrière moi. La solitude, la tristesse, tout ça. J’en voulais à Konoha en entier, pour ce qu’il me faisait. J’ai eu envie, petit, de vouloir juste me venger. Car j’étais seul et perdu. La vie du Jinchuuriki est un calvaire. Mais, nous sommes tous les deux devenus Kage. Je suis aimé par mon village, aussi invraisemblable que ça puisse paraître.

 

- Je vois… continua Mifune, attristé pour les deux garçons.

 

Etant un homme d’honneur et d’idée, Mifune ne supportait pas le simple fait qu’un enfant soit traité en paria. Cette idée était juste écœurante, et il ne comprenait pas la mentalité des gens de vouloir punir par le malheur un enfant, innocent de surcroît. La peur faisait faire des atrocités.

 

- Et… Comment se sent-on ? Souffrez-vous physiquement, mentalement ?

 

- Oui. Nous souffrons, répondit Naruto. Gaara ne pouvait pas dormir, sinon il libérait son Bijuu. Il était atteint de folie et il était l’exemple le plus flagrant du Jinchuuriki. Moi… Je ne peux pas prendre le risque d’être en colère. Si je suis en colère, je peux être influencé par Kyuubi, et je peux le libérer. Si nous libérons nos démons sans contrôle, ce dernier se réincarne à partir de notre corps, et nous mourons.

 

- Vous avez dit que le Yondaime Mizukage et le frère de A-dono pouvaient contrôler leurs Bijuus, pourtant…

 

- Et ils le peuvent… réfléchit Naruto. Je ne connais pas le moyen… Mais je vais le découvrir, dattebayo ! s’esclaffa-t-il.

 

En effet, Naruto pensait à apprendre comment surmonter la puissance du Kyuubi et en faire la sienne. Dans des moments aussi sombre que la guerre, sachant qu’il y participait, il ne pouvait pas se permettre de laisser planer la menace d’une perte de contrôle du Kyuubi, de peur de causer des pertes de son propre camp.

 

- Je voulais aussi vous demander, Naruto-dono… Que projetez-vous de faire prochainement ? Le prochain sommet de l’alliance est situé à Kumo, dans deux semaines. D’ici là, je me doute bien que vous ne resterez pas ici en ma compagnie. 

 

Naruto regarda Mifune, légèrement étonné. Gaara avait raison. Mifune s’était bien douté qu’il avait des intentions secondaires à ne pas repartir avec Kakashi et Yugao à Konoha. Il soupira.

 

- Autant ne pas le cacher. Je ne voulais pas mêler quiconque de Konoha pour l’instant, d’où le fait que j’ai demandé à Yugao et Kakashi de repartir. Je vais me diriger en Amegakure.

 

- En Amegakure !? s’exclama Mifune, totalement pris de court. C’est inconscient de votre part, Naruto-dono ! Ame est un pays extrêmement hostile !

 

Naruto laissa s’échapper un petit rire.

 

- Plus maintenant Mifune-san. Plus maintenant. Le nouveau dirigeant du village de la pluie est une femme appelée Konan. C’est une alliée. Je vais justement lui rendre visite pour éclaircir la situation.

 

Le général en chef du pays du fer acquiesça, sans ne dire plus mot. Là, à la mention de Amegakure, il se rappelait encore le passé encore palpitant dans son esprit. Celui de la guerre, des batailles et des défis. Et celui de Hanzō. Oui, près de trente ans auparavant, le jeune rōnin courageux qu’il était avait affronté Hanzō, le légendaire leader de Amegakure. Hanzō la salamandre, celui dont on craignait le nom, que l’on ne voyait jamais, qui était aussi invisible et insaisissable que l’air. Et tout comme pour les Densetsu no Sannin, Hanzō lui avait laissé la vie pour qu’il raconte ses exploits de héros dans l’avenir, comme celui qui avait osé se lever et affronter Sanshouuo no Hanzō.

 

Beaucoup de souvenir.

 

- Bien. Je suis rassuré. Je vais me retirer, Naruto-dono, Gaara-dono. Peut-être nous reverrons-nous demain si vous n’êtes pas encore parti. Dans le cas contraire, soyez prudents. La guerre est officiellement déclarée, et nous devons nous attendre à une attaque de l’ennemi à tout moment.

 

- Exactement, prononça Gaara. Nous serons prudent. Bonne nuit, Mifune-dono.

 

- Bonne nuit, Mifune-san ! s’exclama Naruto. Attends, Gaara, comment ça « Nous » ?

 

Gaara ne put que sourire.

 

- Tu ne l’as pas encore compris ? Ne pense donc pas aller t’immiscer seul dans des problèmes, Uzumaki Naruto. Tu es un artiste en ce qui s’agit d’attirer les ennuis, donc cette fois, je serais là pour éviter ce genre de chose. 

 

Naruto se releva en grognant, et quittant la salle pour rejoindre ses quartiers. « Sale ingrat. Après tout ce que j’ai fait pour toi ! » maugréa-t-il, avant de disparaître dans les couloirs sombres du palais maintenant plongé dans la nuit. Gaara n’en sourit que d’avantage. Oui, plus mature ou non, Naruto Uzumaki restait Naruto Uzumaki.

 

***

 

 

         Deux jours après, Kakashi et Yugao arrivaient, aussi vite que possible à Konoha. Il ne leur avait fallu que deux jours pour couvrir la totalité du voyage. Ils ne s’étaient pas arrêtés, sachant que les nouvelles à apporter à la feuille étaient capitales, et que l’heure les forçait à accélérer. Ils savaient tous les deux que Naruto avait quelque chose à faire, et qu’il avait cherché à leur cacher. Aussi persuasif qu’il avait été pour les convaincre de partir sans lui, Kakashi avait facilement deviné des intentions cachées. Cette option le laissait frustré et inquiet pour Naruto, et il espérait qu’il serait en sécurité. Konoha n’avait pas besoin d’un Hokage éphémère, comme l’avait été avant lui son père.

 

Approchant de Konoha, des ANBUs arrivèrent sur les côtés, et continuèrent la route avec eux, en interception. Ce constat rassura tout de même les deux Jōnins, voyant que Konohagakure restait malgré l’attaque et la destruction de l’Akatsuki, relativement bien gardée. Ainsi, ils continuèrent à vive allure à travers les arbres. Ce ne fut que moins d’une vingtaine de minutes après qu’ils arrivèrent en vue de Konoha.

 

***

 

 

         Dans les profondeurs de Konoha, Danzō était terré dans son repère. La racine. « Ne ». C’était ainsi qu’était nommée son organisation. Organisation de l’ombre, qui supprimait les menaces de Konoha avant qu’elles ne prennent de l’ampleur. Une organisation de l’assassinat, des travaux les plus bas et plus pénibles dont un village ninja devait s’occuper. Depuis plus de soixante ans, les Ne avaient été une force non négligeable de la feuille, et aujourd’hui plus que jamais, Danzō pesait les pour et les contre de ce temps fallacieux.

        

C’était Tobirama Senju, le Nidaime Hokage, qui avait donné ses pouvoirs à Danzō. Sous prétexte de la volonté du Feu, de la volonté de la feuille et de la justice, le second Hokage avait formé la racine à partir des orphelins perdus de la guerre, plaçant Danzō à leur tête. Leur mission était claire et précise. Ils n’avaient qu’un seul objectif, qu’une seule vision : supprimer l’ennemi à la racine. Le frapper d’un coup létal pour le faire dépérir.

 

Depuis toujours, ce fut ainsi que Danzō eut agi. Il fit assassiner plusieurs familles nobles de Kumogakure, en déguisant ses ANBUs Ne de bandeau d’Iwagakure, lorsque le traité d’alliance entre Kumo et Konoha s’annula suite à la mort des Nidaime Hokage et Raikage de la main des unités Ginkaku et Kinkaku. Ainsi, Kumo devint vulnérable pour Konoha, trop occupée à régler ses propres problèmes avec le village de la pierre et les unités des cornes d’or et d’argent. De même, ce fut par les agissements de Danzō que Kirigakure déclara la guerre à Iwagakure. A l’instar de Kumo, plusieurs familles de haute noblesse furent sauvagement mises à mort par des ninjas aux bandeaux d’Iwa, et le Nidaime Mizukage en fit une affaire personnelle. La guerre fut déclarée, signant la seconde guerre des shinobis, et ce fut dans un duel épique que le Nidaime Mizukage périt avec le Nidaime Tsuchikage. Mu, l’ombre de la terre, se suicida lui et son ennemi, ainsi que leurs deux armées, en déclenchant le Genkei Hakuri no Jutsu qu’il avait enseigné à son jeune successeur, Onōki. Les trois villages se retrouvant sans Kage, Konoha put les vaincre et ressortir maîtresse, par traités de reddition, sans condition.

 

Une vingtaine d’années plus tard, sous le règne de Hiruzen Sarutobi, durant la troisième guerre shinobi, déclenchée par l’envie de vengeance des village vaincus, Danzō passait un accord avec Hanzō pour éliminer la très jeune organisation militante pacifiste de Amegakure, Akatsuki. Aux yeux de Danzō, l’organisation devenait gênante pour ses plans de déstabilisation de Amegakure. En effet, il était plus soucieux de l’Akatsuki que de Hanzō.

 

Encore quelques années plus tard, il piégeait le village Hannya. Ces derniers désiraient une alliance, ou par défaut un pacte de non-agression avec Konoha. Danzō, dans sa politique d’agressivité et de conquête, était réticent à accepter de tel compromis. Il avait alors tué les ambassadeurs du clan Hannya, et quelques jours après, en mobilisant ses troupes Ne, il mettait à sac le village du clan Hannya, n’épargnant personne. Ce fut l’un des massacres qui sonna la fin de la troisième grande guerre avec celui de Minato Namikaze à Kusa no Kuni.

 

La racine fut ensuite mise en étroite observation, durant le règne éphémère du Yondaime Hokage. Hiruzen Sarutobi ne supportant plus les actes barbares de Danzō, il demanda au démantèlement de la racine.

 

Pourtant, si les agissements de Danzō semblèrent alors terminés, aux yeux du monde et de Konoha, il en était tout autant. Les Ne n’avaient jamais disparus. Et, à cet effet, beaucoup de choses devenaient dangereuse pour ses objectifs.

 

- Danzō-sama. Sauf votre respect, pourquoi n’avez-vous pas demandé à agir concernant Tsunade Senju ? demanda un des trois ANBU Ne qui était agenouillé devant lui.

 

Danzō le regarda sombrement.

 

Tsunade était l’un de ses plus grands problèmes. Cette femme était une Senju. Elle avait comme tout ceux de son clan, la main mise sur le rouage de Konoha. Elle était au courant des agissements de la racine… Elle était au courant de chose extrêmement compromettante. Et, si elle n’avait pas agi pour le punir, la raison était simple. Il n’était pas le problème le plus important pour elle. Tenir Iwagakure loin de Naruto Uzumaki, ainsi que l’Akatsuki et de rétablir des bonnes relations avec Sunagakure. Mais maintenant que ces trois problèmes n’en étaient plus, si elle venait à se réveiller et à confier ses savoirs à son successeur, le Rokudaime Hokage, alors une guerre entre Konoha et les Ne serait inévitable.

 

- Réfléchis Torune… Tsunade Senju est malheureusement intouchable pour l’instant. Avec l’alliance ninja, il nous est impossible de masquer un assassinat avec des bandeaux étrangers, et je sais qu’il est impossible de masquer les bandeaux avec ceux d’Amegakure… Je soupçonne Uzumaki Naruto de cacher beaucoup de choses par rapport à Pain…

 

- Qu’allons-nous faire ? demanda l’ANBU à la droite du dénommé Torune.

 

- Nous allons attendre, Fuu. Nous allons attendre… L’ère de Tsunade viendra bientôt à son terme, je peux te l’assurer… En attendant, nous devons nous occuper de Sasuke Uchiha. Il y a des chances qu’il sache pour Itachi et le clan Uchiha… Ce garçon est trop dangereux pour qu’on le laisse vivre… Pas même Konoha ni Tsunade ne sont au courant de cet évènement. S’ils viennent à savoir…

 

Il laissa sa phrase en suspens, ne se contentant que d’adresser un regard clairement entendu à Torune et Fuu. Et les deux ANBUs avaient compris. Dans tous les cas, le seul vestige de ce clan Uchiha résidait en Sasuke, et il était de leurs devoirs d’en effacer jusqu’à la moindre trace.

 

***

 

 

         Au loin, alors que Kakashi était revenu à Konoha, Naruto et Gaara faisaient route rapide en direction du pays de la pluie. Bien sûr, il était inconscient et imprudent de leur part de faire une telle chose. Sans protection et moyen de retraite, ils étaient offerts à toute embuscade de la part de quiconque avait cette idée. Pourtant, ils n’en avaient cure. Naruto n’était pas le genre de personne à se soucier de sa propre sécurité, et Gaara était confiant que rien ne pourrait leur arriver. Ainsi, prestement, ils étaient prêts à rejoindre ce pays qui de tout temps, était baigné sous des pluies torrentiels.    

 

Amegakure n’était plus très loin. Au rythme où ils allaient, il ne faudrait pas plus de la journée pour y parvenir, et ils avaient de l’endurance. Les ninjas étaient rapides. Il ne fallait pas plus de cinq jours à allure de ninja normal pour franchir un pays, et ce, en comptant de long temps d’arrêt. À la vitesse des deux jeunes Kage, sachant qu’ils n’avaient compté aucun arrêt, ils avaient déjà franchi le pays du feu en une journée. Et Gaara ne s’était pas plaint. Autant dire qu’il était l’un des seuls à supporter la résistance de Naruto sans broncher.

 

Mais aussi rapides et furtifs pouvaient-ils être, ils n’étaient pas en sécurité. Loin de là. Alors que le soleil avait déjà amorcé sa descente dans le ciel, la lumière se dissipant petit à petit, Gaara sentait que quelque chose n’allait pas. Si Naruto n’y avait pas fait attention, lui, portait beaucoup plus sur la prudence.

 

- Quelque chose nous surveille, prononça-t-il de son ton habituellement plat.

 

Le jeune Uzumaki tourna la tête en pleine course, légèrement surpris que Gaara eut senti ce genre de chose. « Tu es sûr ? » dit-il, n’obtenant qu’un hochement de tête affirmatif en réponse. Semblant réfléchir quelques instants, pas plus d’une dizaine de seconde, il s’arrêta brusquement, et se laissa tomber au sol, suivi aussitôt de Gaara. Ils atterrirent sans bruit sur l’herbe de la clairière sombre dans laquelle Naruto choisit de s’arrêter.

 

Ils ne firent plus aucun geste, se tenant aux aguets. Prenant quelques minutes, le jeune Hokage rassembla ce qu’il put de Senjutsu, joignant les paumes de ses mains, les yeux fermés. Un halo blanc pâle apparut autour de ses mains, et après quelques instants de concentration, il se retourna alors. Il ouvrit les yeux, et regarda dans les arbres derrière, plissant les yeux de méfiance. Il le sentait aussi. Quelqu’un était là, en dépit d’être formidablement bien caché. Il n’eut cependant pas le besoin de demander à l’intrus de révéler sa présence, que ce dernier apparut.

 

Le manteau noir aux nuages rouges, et ce masque orange…

 

- Il est fortement imprudent pour deux jeunes Kage de se promener seul… Qui sait ce qu’ils pourraient rencontrer en chemin…

 

Le sable contenu dans la grande calebasse de Gaara sortit aussitôt pour l’entourer dans une sphère. Le mode Sennin fut détectable par les yeux maintenant jaunes aux paupières rouges brunes. Pris totalement par surprise, et sachant qu’il était inutile de penser à fuir devant cet adversaire ci, ils étaient prêts à se défendre. Serrant les dents de hargnes et énervé d’avoir été si facilement trouvé, Naruto espérait ressortir indemne de l’affrontement qui allait sans doute avoir lieu.

 

- Madara… Comment nous as-tu retrouvé ? demanda l’Uzumaki.

 

Stoïque, l’ancêtre des Uchiha ne daigna ni bouger ni répondre, se contentant de regarder droit devant lui, vers eux. « Ce fut très facile… » dit-il.

 

- Le comment n’est pas la question, enchaîna Gaara. C’est le pourquoi, que j’aimerais bien savoir.

 

- Y a-t-il une raison du pourquoi je voudrais rendre visite à mes deux petits Kage préféré… ? hasarda l’Akatsuki, d’un ton détaché, suintant l’ironie.

 

- Ne plaisante pas avec nous ! exigea Naruto. Qu’est-ce que tu veux !?

 

- Je sais où vous comptez aller… répliqua aussitôt Madara, prenant un ton beaucoup plus froid et menaçant. Vous pensez que vous pouviez arriver avant moi à Amegakure pour sauver cette gamine idiote… Mais c’est trop tard.

 

Madara ne put cependant continuer de parler, que Naruto passa au travers de lui, ayant tenté de le tuer d’un coup de kunai. « Toujours cette technique d’espace-temps ! » pensa avec colère le jeune blond. Il ne pouvait pas croire à ce qu’avait dit Madara. Il ne pouvait pas imaginer Konan morte si facilement. Il se retourna, alors que Madara le fixait avec amusement dans l’œil visible.

 

- Tu ne devrais pas te précipiter sans réfléchir sur l’ennemi, Naruto-kun… Tu risquerais de te blesser…

 

- La ferme !!! hurla le jeune Rokudaime. Je ne te crois pas ! Tu ne peux pas avoir tué Konan !

 

- Il semblerait pourtant que si… Elle s’est très bien défendue cependant… Elle méritait bien sa place au sein de l’Akatsuki en tant que ninja de classe S… Mais, elle a payé le prix de m’avoir trahi et de suivre une voie perdue et sans espoir…

 

Gaara s’avança, le sable tourbillonnant autour de lui, les bras croisés.

 

- Nous en avons déjà parlé, Madara, ou qui que tu sois. Ta perception de l’espoir est différente de la nôtre.

 

- Peu importe. Je ne suis pas là pour tergiverser avec vous… Vous avez fait l’erreur de venir à moi seuls… Et je ne vais pas rater l’occasion pour me débarrasser de vous…

 

Naruto revint aux côtés de Gaara dans un saut, alors que Madara ricanait à sa réaction. « Sois sans crainte Naruto-kun… Je ne vais pas te tuer, enfin, pas encore… Il me faut Kyuubi, après tout… » Mais le plaisir que ressentait le vieil Uchiha à la vue de son triomphe possible disparut rapidement, faisant place à la surprise et la curiosité lorsque Gaara et Naruto se mirent tous deux à sourire. Les deux baissèrent les bras, le Senjutsu et le sable se dissipant. « Je crains que ce soit pour une prochaine fois alors, Madara… ! » s’exclama Naruto, avant qu’ils n’éclatent tous deux en fumée.

 

L’Uchiha fronça les sourcils, alors que cette fois, ce fut la colère que l’on se soit moqué de lui qui transparut dans son aura. Les deux garçons qu’il pensait avoir attrapé n’étaient en fait que des clones. De simple Kage Bunshin ! Quelle humiliation… Dans une branche d’arbre dans un arbre à quelques mètres derrière ressortit Zetsu.

 

- Tu le savais ? demanda simplement Madara.

 

- Oui, répondit tout aussi simplement Zetsu. Gaara avait pressenti ta présence il y a une quinzaine de minutes, et Naruto l’a confirmé juste après. Ils ont décidé juste après de te leurrer avec des clones.

 

- Et tu n’as pas jugé utile de me prévenir ? Pourquoi ? demanda Madara, avec un ton qui laissa à Zetsu imaginer de futures représailles.

 

- Parce que tu aurais trouvé cela trop simple, répondit-il alors.

 

Il avait tout intérêt à ne pas provoquer la colère de Madara à ce sujet, or, il savait à quel point l’Uchiha était maître de soi. Il en fallait beaucoup. Konan avait été de ceux-là qui avaient vu la colère de Madara Uchiha. Il allait sans dire qu’elle était l’une des seuls. Madara se retourna alors vers l’ouest, dans la direction de Ame.

 

- Sont-ils loin ?

 

- Tu sais très bien qu’où qu’ils soient, tu peux les retrouver… proclama Zetsu, avant de se renfoncer dans la branche dans laquelle il était enfoncé.

 

Madara ne répondit pas. Bien sûr, il pouvait les rattraper, mais maintenant, il ne pouvait pas s’attarder à les capturer. Ils étaient importants, mais leur heure n’était finalement pas encore venue. Il avait vaincu Konan, et il possédait maintenant les Rinnegan de Nagato. Naruto pourrait bien attendre. Après tout, qu’importe serait la date de son combat, l’Uzumaki finirait toujours par perdre. Car les Uzumaki avaient toujours perdu, et perdraient toujours. C’était inéluctable.

 

Ils étaient destinés à mourir avant d’atteindre leur but le plus intime, ou de survivre dans la honte.

 

***

 

 

         Le jour suivant.

 

         Kakashi se trouvait au milieu de la salle du conseil. Impassible, l’épouvantail faisait tout pour ne pas se montrer intimidé, dérouté. Il faisait son rapport, ne négligeant pas un seul détail du sommet, alors que les membres du conseil, civils comme ninja, écoutaient, très intéressés. Certains points étaient extrêmement fâcheux, au contraire de certains autres qui étaient tout simplement très encourageant.

 

Le fait que Madara Uchiha, le fondateur de Konohagakure en partenariat avec Hashirama Senju, était ennemi de Konoha était terrible. Kakashi leur avait révélé ce qu’il avait su de sa discussion avec Naruto, donc, des morts du Yondaime Hokage et sa femme orchestrées par cet homme. Il avait révélé le fait que l’Akatsuki était en possession des sept autres Bijuus que Hachibi et Kyuubi. C’était là l’un des sujets les plus discutés durant la réunion. Il était déjà hors de question de tenter de tuer les Bijuus pour mettre un terme au plan de Madara. Et Shibi Aburame eut tôt fait de rappeler au conseil que dorénavant, ces questions ci devaient être traitée par le haut commandement de l’alliance et du conseil. Le fait que Kakashi était revenu sans leur Hokage attisa aussi le mécontentement du conseil.

 

Mais, bien sûr, en parallèle, un autre sujet fut celui qui captiva totalement l’attention du conseil prestigieux de Konohagakure. Un sujet fort peu attendu, pour ne pas dire, entièrement inconnu jusque-là.

 

- Qui aurait pu croire que Naruto Uzumaki était détenteur d’un tel dōjutsu… prononça Inoichi Yamanaka, encore sous la surprise que leur Hokage possédait le Rinnegan.

 

- C’est incroyable… souffla à son tour Tsume Inuzuka, bouché bée, depuis que Kakashi avait donné cette information.

 

- C’est inattendu, mais surtout fortement irresponsable de la part de Naruto de nous l’avoir caché ! rétorqua Homura.

 

En effet, maintenant, le conseil était au courant du don de Naruto. Un dōjutsu légendaire, le Rinnegan. Celui que possédait l’homme qui avait annihilé leur village en un seul coup. Et si ce pouvoir appartenait à Konoha, un pouvoir descendant directement du Rikudō-sennin lui-même, la puissance de Konoha allait devenir immense. C’était une immense aubaine.

 

- Pourtant, cela devient plausible dans un sens. Le véritable nom de Pain était Nagato… Uzumaki, précisa Kakashi. Ils étaient cousins. Ce pouvoir est à n’en pas douter un trait héréditaire.

 

- Vous voudriez dire que l’œil est un Kenkei Genkei, Hatake Kakashi… ? prononça lentement Danzō, et autant Kakashi n’aimait pas du tout l’homme et ses idéaux, autant il ne put réfuter cette affirmation masquée par une question.

 

La salle fut silencieuse un certain temps. Le temps qu’ils réfléchissent au fait que le Rinnegan et ses arcanes appartenaient maintenant à Konoha. Une très bonne nouvelle.

 

- Il faut mettre en fonction la loi pour la restauration des clans ! lança le conseiller Satochi Dangeki, comme si ce fut une évidence.

 

La plupart des membres du conseil acceptèrent d’un acquiescement. Cette loi avait été éditée lors du premier sommet des Kage. Konohagakure s’étant formée à la fin de la guerre des clans du pays du feu, et certain clan ayant disparu, la loi fut approuvée et tamponnée par le sceau royal et celui du Hokage Shodaime. Tout clan connu pour transmettre un don héréditaire, ne contenant plus qu’un héritier de sexe masculin, était demandé pour ledit héritier de prendre plusieurs femmes pour épouses, à la condition de leur donner descendance. 

 

Le conseil avait déjà prévu appliquer cette loi pour la réinsertion des Uchiha, avec Uchiha Sasuke, mais lors de sa désertion, la possibilité de mettre en œuvre cette loi avait été écartée. Mais là, ce fut une occasion immanquable. Kakashi fronça les sourcils, Shikaku tout autant. Ils n’aimaient pas du tout cette loi. Par là même, par l’acceptation de cette loi, le conseil venait de condamner la vie amoureuse de Naruto. Et aussi futiles purent paraître ces raisons, la morale était toujours là. La morale aux yeux de tous, mais la morale pour Naruto.

 

- Je propose de reconsidérer le vote d’application de cette loi, intervint Shikaku, le regard grave, alors qu’il attira l’attention de tous ses homologues. 

 

Ils ne répondirent pas de suite. Mais Hiashi finit par prendre la parole.

 

- Pour quelle raison je vous prie, Shikaku-san ? demanda-t-il avec respect.

 

- Réfléchissez bien à vos choix. En dépit du profit de notre village, vous sacrifiez ici la vie sentimentale de notre Hokage. Je vous demande de réfléchir attentivement à un tel choix. Jamais cette loi n’a été mise en application, mais vous comme moi savez que via cette loi, nous imposons des femmes à Naruto Uzumaki.

 

- La morale n’a rien à voir avec les problèmes politiques du village, Nara-san, répondit Danzō, impassible.

 

- Les problèmes politique ? coupa Shikaku, sous l’étonnement du conseil, voyant pour la première fois Shikaku Nara omettre le code de politesse. Les problèmes politiques concerne ici de près notre Hokage ! Nous…

 

- Il suffit, Nara-san, demanda alors Shibi Aburame. Je comprends très bien votre point de vue sur la question. Je pense que je ne suis pas le seul. Que nous le comprenions ou non, n’en fais pas un problème de grande gravité. Vous voulez reconsidérer le choix de cette loi lorsque le vote est presque unanime.

 

- Mais il ne l’est pas, rétorqua Shikaku. Je suis contre cette loi.

 

Certains des membres du conseil soupirèrent.

 

- Si Shikaku-san est contre cette loi, et vu qu’il est le seul, nous devons en venir à un compromis, s’exprima à son tour Aisha Kurama, alors que le conseil se tournait cette fois vers elle.

 

- Un compromis ? Quel genre de compromis, questionna Shikaku.

 

Et, il était intéressé. Car, il discutait de cette loi sur le plan de l’éthique, or, Aisha était justement une femme, et son avis était sans nul doute le plus important.

 

- Vous vous souciez de la moralité de cette loi, et c’est à votre honneur. Mais, comme le reste des membres de ce conseil, je pense que la transmission et la constitution du clan de possesseur du Rinnegan serait un atout majeur, pour ne pas dire, le plus grand depuis la fondation de notre village. À cet effet, je propose que Naruto-sama puisse choisir les femmes qu’il épousera. Ainsi, il pourra conserver ses droits sur sa vie relationnelle… C’est à prendre ou à laisser, Shikaku-san.

 

Le Nara était bien sûr en fondamental désaccord avec tous. Mais seul, sans même l’aide de ses amis Inoichi et Chōza, son pouvoir au sein du conseil s’en voyait fortement diminué. Il soupira de dépit, mais finalement, se calma. Il savait que Naruto pourrait prendre assez mal le fait que l’on ait dicté sa vie sans même qu’il ne soit là pour se défendre, mais il ne pouvait pas ne pas accepter, auquel cas, les droits de Naruto seraient encore plus réduits qu’ils ne l’étaient déjà. L’erreur eut été que Madara découvre son Rinnegan au sommet, alors qu’il était censé rester caché. Il regarda Kakashi, qui ne témoigna aucune émotion. Mais il savait qu’intérieurement, le ninja copieur devait être déçu.

 

- Très bien j’accepte, céda-t-il.  

 

Un ANBU apparut à la droite de Koharu, tenant un dossier que la doyenne s’empressa de prendre. Le ninja de la garde personnelle du Hokage disparut juste après, alors que Koharu sortit un formulaire du dossier. Le texte de loi et l’édit à signer avec le sceau du conseil.

 

L’affaire concernant donc l’insertion du nouveau clan Uzumaki de Konohagakure fut donc signée, au désarroi de deux ninjas dans la salle, et peut-être d’un Kage qui, loin d’ici, tentait de secourir une femme qui lui tenait à cœur.

 

***

 

 

 

         Ame no Kuni, le pays de la pluie. Là était bâtie Amegakure no satō, le village de la pluie. C’était un village n’ayant toujours vécu que dans la guerre et la tyrannie. Depuis sa formation, soixante ans auparavant, lors de la première guerre des shinobis, le village avait été dirigé d’une main de fer, dans la peur, quel qu’en était le leader. Hanzō avait été l’un d’eux. Ne permettant à personne de l’approcher, il avait commencé à faire tuer ses opposants les uns après les autres. À la naissance d’Akatsuki, ses membres avaient tous connu l’infamie du pouvoir en place : Trahis par Hanzō en partenariat avec des forces étrangères.

 

Alors qu’ils filaient droit en travers les plaines sinistrées du pays de la pluie, Naruto n’avait de cesse d’y penser. Madara ne les avait apparemment pas suivi, et il ne comprenait pas pourquoi. Mais, il allait sans dire que le choix de l’Uchiha de ne pas le faire les arrangeaient bien, lui et Gaara. Lui et son ami du sable auraient très bien pu le combattre, et peut-être perdre, si l’instigateur de cette guerre – et beaucoup avant elle – ne l’avait pas décidé. Fort heureusement, il n’était pour l’instant pas à la tête de sa liste. Mais ce constat ne rassura pas Naruto davantage. Loin de là.

 

Car si lui n’avait pas été en tête de liste, Konan elle, avait sûrement dû l’être. S’il en croyait Madara, ce dernier avait tué Konan. Et ça, il ne pouvait pas le croire. Konan, la kunoichi de classe S, la ninja de niveau Kage, la dirigeante de Amegakure, ne devait pas mourir ! Elle avait vécu trop mal et trop longtemps pour mourir de cette façon. Elle était l’une de ses amis, et elle avait le droit de vivre en voyant s’épanouir l’espoir pour la paix, son village et son pays. Cet espoir auquel elle disait rêver. Cet espoir pour elle.

 

Un espoir pour elle, jeune femme désespérée qui n’avait jamais connu le bonheur. Il voulait la voir sourire, voir la lueur scintillante du plaisir dans ses deux yeux dorés. Sentir enfin émaner d’elle l’apaisement, après une vie de labeur et de souffrance. Et il ne voulait pas qu’elle meure. Pas comme ça. Pas du tout.

 

- Plus vite Gaara ! s’exclama Naruto, extrêmement frustré.

 

- Nous y sommes déjà, répondit simplement le Kazekage, lorsqu’à leur vue se dévoila un paysage fendu d’une crevasse qui lentement, se referma.

 

Le blond le teint pour dit, sans pour autant ne répondre quoi que ce fût à son homologue de Sunagakure. Konan était quelque part, et il allait la retrouver, quel qu’en était le prix. « Tajuu Kage Bunshin no jutsu ! » lança-t-il suintant le chakra, tout autour de lui apparaissant des centaines de clone d’ombre pour lesquels il était connu. Tel un seul homme, les clones se dispersèrent dans toutes les directions, à la recherche de Konan.

 

Gaara fut tout autant étonné qu’il ne l’eut été au premier jour à voir ce jutsu de Naruto. Même lui, un Kage ancien Jinchuuriki, doutait d’avoir assez de chakra pour exécuter et maintenir ce genre de techniques. La quantité de chakra de l’Uzumaki était tout bonnement monstrueuse, même pour quelqu’un comme lui. A côté de lui, Naruto attendait qu’un de ses clones ne se disperse après avoir retrouvé Konan. Quelques minutes passèrent alors, et la pluie se mit à tomber comme elle semblait toujours le faire dans ce pays. Et Gaara détestait la pluie. En ninjutsu, cette dernière alourdissait considérablement son sable. Et ils restèrent ainsi, jusqu’à ce qu’enfin, se retournant vers le nord-est, Naruto s’élança sans rien dire à grande vitesse.

 

        

Non loin de là, elle créchait sur le sol boueux. Transpercée par deux fois au ventre et au poumon gauche, comateuse, agonisant, elle sombrait dans les limbes d’un monde lointain. Konan mourait. Elle mourait dans la défaite, le désespoir et les regrets, sans ne savoir que Naruto était sur le point de la trouver.

 

Elle avait vécu une vie horrible. Une vie sans vie. Née de famille modeste dans la banlieue d’Amegakure, elle fut orpheline à quatre ans lorsque ses parents furent assassinés par les ninjas d’Amegakure, soupçonnés d’être contre le régime en place. Les soupçons étaient bien sûr justifiés, ses parents étant bien opposés à l’autoritarisme meurtrier de la pluie. Livrée à elle-même sous les trombes d’eaux de ce pays maudit, elle assista à ce monde dégoulinant de l’effroi glacial et de la terreur destructrice de la guerre, interne et externe, qui symbolisait la base de ce pays.

 

De cinq ans jusqu’à quinze, elle assistait au massacre que son village menait sur ses habitants et les massacres commis sur les forces ninjas étrangères venue tout droit du pays du feu. Bien protégée et veillée par ses deux amis, Nagato et Yahiko, elle frôla plusieurs fois la mort, jusqu’à ses vingt ans, où son ami même, Yahiko, mourut pour qu’elle soit épargnée. Par la suite, Nagato se perdait dans la folie et la haine, voulant régler la vengeance par la vengeance. Elle ne le comprit pas. Elle n’avait jamais compris, n’allait jamais comprendre, se contentant simplement de fermer les yeux et de suivre le chemin.

 

Jusqu’à récemment, où elle s’était rendue compte qu’avancer les yeux fermés sur son passage ne résolvait pas les problèmes. Se rendant compte que, à trente ans maintenant, elle avait passé toute sa vie dans le déni et dans la cécité. Se rendant compte que sa vie n’avait servi à rien. Rien du tout. Que ses efforts avaient été vains, que ses souffrances avaient été inutiles, sans récompenses. Que devient de la vision de Yahiko, Nagato et elle s’étaient enfoncé dans la spirale de haine qu’ils cherchaient justement à effacer.

 

Résistant autant que possible au genjutsu que lui avait envoyé Madara, mais sachant bien que c’était vain, elle pensa à la troisième et dernière personne à qui elle avait donné et confié son cœur, son espoir. Ce jeune garçon lumineux. Ce visage ivoire, encadré d’une cascade blonde et ces deux grands yeux bleus rayonnant. Ce garçon pour lequel elle avait volontiers sacrifié sa vie. « Naruto… Ma fleur de l’espoir… »

 

Et, le murmure se taisant dans sa gorge, les larmes coulant de ses yeux dorés, cachées par la pluie du pays, elle se préparait sans doute à partir loin d’ici… Et, elle n’entendit que peu, parmi le son de la pluie, le cri incessant d’une personne qui l’appelait. Et, le noir. Le silence.

 

« Qui… était-ce… ? »

 

***

 

 

 

         Ainsi était Amegakure. Une immense citée de pont dressé à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, tournant autour de gratte-ciel tout aussi imposant. Des bâtiments faits de roche, de verre et de métal, surplombée par des immenses antennes paratonnerre et de multiples installations d’évacuation des eaux. La foudre tombait sur les bâtiments, absorbée, et l’eau partait dans les conduits en direction des lacs de la basse ville. C’était cette image qui s’offrait à Naruto lorsque celui regarda Ame depuis un bâtiment de sa périphérie.

 

La tête de Konan reposait sur son épaule, alors qu’elle était inconsciente. Il l’avait porté de plusieurs kilomètres à l’est jusqu’ici, priant qu’elle résiste assez de temps pour être soignée. Elle risquait de mourir d’un moment à l’autre, et le temps était compté. Si cela arrivait, jamais plus il ne pourrait avoir le courage de se regarder dans une glace. Ainsi, il sauta du bâtiment, et courut agilement parmi les rues désertes plus loin dans le village de la pluie.

 

Et alors que les deux Kage avançaient le plus rapidement possible, une vingtaine de shinobis les entoura, leur barrant la route. Silencieux, le kunai dégainés, les ninjas de la pluie étaient prêts à réagir rapidement à la menace qui venait s’infiltrer dans leur village. Ce fut jusqu’à ce qu’il ne remarque les chapeaux sur la tête des deux personnes, et qu’ils ne soient choqués à cette vue. Devant eux, se trouvaient sans nul doute les deux ninjas qui dirigeaient Konoha et Suna. Par précaution, un des Jōnins du groupe envoya un shinobi prévenir Amegakure que deux ninjas semblant être les Hokage et Kazekage étaient entrés dans leurs villages.

 

- Nous ne sommes pas là pour nous battre, prononça Gaara, brisant le silence.

 

Naruto s’avança alors sous la suspicion mêlée d’angoisse des Chuunins et Jōnins de Amegakure, qui ne savaient quoi faire lorsqu’il s’approcha d’eux. « L’un de vous sait-il où se trouve l’hôpital ? » demanda Naruto, alors que ses interlocuteurs acquiescèrent avec hésitation. Naruto se baissa alors, et intima à un des ninjas de Ame de s’approcher. Bêtement, ce dernier obéit.

 

- C’est… C’est Konan-sama !!! s’écria-t-il en reconnaissant la personne dans les bras de Naruto, alors que suite à cette révélation, tous les autres hoquetèrent sous le choc.

 

- Oui c’est elle, répondit Naruto, avant de la confier au shinobi devant lui. Moi et mon équipier sommes arrivés à temps pour la sauver, mais le temps est compté. Dépêchez-vous de l’apporter aux urgences !

 

Déglutissant, le ninja s’empressa de partir en courant en direction de l’hôpital, suivit aussitôt d’une dizaine de ninjas affolés et inquiets pour leurs leaders. Le reste des ninjas, tous Jōnins d’Ame, se rapprochèrent des deux Kage, le kunai à la main, pointé vers eux.

 

- Êtes-vous vraiment les… hésita un Jōnin en regardant les deux shinobis.

 

- Oui, répondit Gaara, les bras croisé. Je suis Gaara no Sabaku… Godaime Kazekage, et voici Naruto Uzumaki, Rokudaime Hokage.

 

Les Jōnins d’Amegakure baissèrent aussitôt leurs kunais.

 

- Es-tu réellement Uzumaki Naruto ? demanda un autre des Jōnin, qui se trouvait en face du blond, alors que le blond, retirant son chapeau, hocha affirmativement la tête. Konan-sama nous a dit que… Tu es un ami de notre village et de ne jamais te barrer la route. Bien que cet ordre me déplait à l’instant, nous nous devons de respecter la volonté de Konan-sama. Vous autres, rangez vos armes !

 

Le Jōnin vint devant Naruto et s’inclina légèrement, s’excusant ensuite de les avoir menacé, alors que Naruto avait un sourire gêné.

 

- Nous ne sommes pas ennemis de votre village, prononça le jeune Rokudaime. Avez-vous un conseil hiérarchique ?

 

- Depuis que Konan-sama est au pouvoir… Elle a autorisé à la formation d’une assemblée pour les anciens de notre village, certains chefs de clans ninjas et nos Jōnins les plus éminents, répondit alors le Jōnin.

 

- C’est parfait. Demandez-leur de se rassembler. Il faut que je leur parle.

 

Le ninja d’Amegakure regarda un moment Naruto, essayant de deviner les intentions du blond, mais ce fut vain. Il fut forcé d’accepter. Pour un ninja normal, demander à la réunion urgente d’un conseil était hors de question, pour ne pas dire ridicule, mais là, c’était le Hokage de Konohagakure no satō qui demandait à ce que les membres du conseil se réunissent. Et il était fortement déconseillé de refuser une telle demande. L’enjeu diplomatique était trop important. Il demanda alors à des ninjas du groupe d’accompagner Naruto et Gaara en direction du lieu où la réunion devrait se tenir, et de les faire patienter jusqu’à ce que le conseil soit disponible.

 

***

 

 

- Ainsi, vous êtes l’ami de Konan-sama, s’exprima l’un des doyens du conseil récemment formé de Amegakure.

 

Naruto acquiesça, alors que la table de conférence des conseillés l’entourait lui et Gaara, ce dernier en retrait derrière Naruto. Il était facile de voir que les membres du conseil, doyens, chef de clans comme Jōnins, étaient perturbés et hésitants. Cet organisme hiérarchique était débutant après tout, et c’était la première fois dans Amegakure qu’un autre que le leader de la pluie pouvait donner des initiatives de directions. Mais, les initiatives étaient dures à prendre, surtout lorsque c’étaient deux Kage qui leur faisaient face.

 

Ils ne savaient donc pas comment réagir. Konan avait prévenu tout Amegakure de ne jamais essayer de porter atteinte à ce « Naruto Uzumaki ». Elle avait dit qu’il était un ami de Amegakure et qu’il aiderait à son essor. Aujourd’hui, ils voyaient de premier regard le dénommé Naruto, en tant que Rokudaime Hokage. Naruto avait bien sûr expliqué les circonstances des blessures de Konan, et des raisons de leur venue ici. Il venait à Ame, en compagnie de Gaara, pour discuter de projet entre Ame et Konoha. Et, étant donné que ce dernier avait sauvé leur dirigeante bien aimée, ils ne pouvaient être que redevables.

 

- Que désirez-vous, Hokage-sama ? demanda l’un des doyens, alors que Naruto haussa un sourcils de questionnement. Oui, vous avez ramené vivante Konan-sama et vous venez offrir le soutient et l’amitié de votre village au notre, alors que nous avons autrefois été en guerre… Il serait naturel que vous désiriez une contrepartie.

 

- Pour l’instant, je désire seulement rester ici. Est-ce possible ?

 

Les doyens le jaugèrent du regard. Le Hokage avait l’air d’être honnête, malgré le fait qu’il semblait aussi leur cacher beaucoup de chose. Ils auraient aimé que Naruto ou Gaara ne les éclairent plus sur la situation, mais ils ne pouvaient se permettre de réclamer des informations si ces derniers ne désiraient pas leur répondre. Les offusquer était la dernière des choses à faire. Car non content d’être les deux dirigeant de grandes puissances ninjas, ils étaient aussi les seconds rois du pays du feu et du vent…

 

- C’est possible bien sûr. Suivez donc nos ninjas. Ils vous mèneront à des appartements convenables à votre séjour.

 

Acceptant, un des Jōnins présents guida donc Naruto et Gaara hors de la salle, sous les regards des conseillers. Lorsqu’ils fut partis, le silence resta un certain temps, aucun ne souhaitant parler. Ils étaient embêtés. Konan était entre la vie et la mort, et ils ne pouvaient pas compter sur son jugement.

 

- Pouvons-nous leur faire confiance ? C’est Konoha… dit tout bas un Jōnin du conseil.

 

- Nous n’avons pas le choix, répondit l’un des doyens. Konan-sama lui fait confiance… Et tenter quoi que cela soit contre lui pourrait amener Amegakure à sa perte… Nous allons attendre. Et réagir en conséquence. Soyez patients.

 

***

 

 

         Naruto regardait par la  fenêtre du bâtiment la pluie couler sur la vitre. D’ici, il voyait le village et ses grandes tours parmi le voile grisâtre de la lourde pluie du pays. Il réfléchissait sur tout et rien, concentré et frustré à la fois. Cela faisait maintenant près de deux heures qu’ils étaient, lui et Gaara, installés dans ces quartiers d’une de ces grandes tours de pierre et de métal. Il tourna la tête de l’autre côté de la pièce, où il voyait Gaara assis contre le mur, les yeux fermés et les bras croisés, alors que sa calebasse reposait à sa droite.

 

Quelques minutes auparavant, une femme était venue les voir pour leur dire que l’état de Konan avait été stabilisé, bien que Konan était toujours dans un état profondément comateux. Elle avait dit que les médecins n’étaient pas en mesure de savoir à quoi ce coma était dû, étant donné que Konan était censée s’en remettre dorénavant. Et Naruto savait que Madara y était pour quelque chose. Et c’était pour cela qu’il réfléchissait. Quelle avait été l’idée de Madara ?

 

- En quoi les Uchiha sont-ils doués ? demanda Naruto à personne en particulier.

 

- Ils sont doués dans les trois arts principaux… répondit Gaara. En taijutsu grâce à leurs yeux… En ninjutsu de feu… Et d’après ce que je sais sur Itachi Uchiha… Ils sont extrêmement doués en genjutsu.

 

Naruto hocha la tête. Lui aussi savait cette information. Gaara n’avait fait qu’appuyer les faits. Les Uchiha n’étaient pas bons en Fuuin jutsu. La science des sceaux était la spécialité de son père et de Jiraiya. Et il doutait que Madara avait apposé un sceau sur Konan, auquel cas Gaara où lui l’auraient vu rapidement. De plus, d’après ce qu’il savait du ninjutsu de Konan, elle s’appuyait fortement elle aussi sur le Fuuin jutsu. Le taijutsu n’avait pas pu garder Konan dans le coma, autant que le ninjutsu, car ils infligeaient tout deux des dommages exclusivement physique, exception faite des ninjutsu mentales du clan Yamanaka…

 

- J’ai compris… Le genjutsu… Ce salaud a infligé un genjutsu à Konan… C’est pour ça qu’elle reste endormie… dit Naruto, attirant l’attention de Gaara.

 

- Quand bien même ce serait un genjutsu, que pourrait-tu faire pour la réveiller ? Tu comptes essayer de la réveiller par la méthode classique ? Ne pense-tu pas que Madara n’a pas pensé à cette alternative ?

 

- Ça vaut au moins la peine d’essayer ! s’exclama le jeune Hokage en se levant prestement.

 

Il se dirigea vers la sortie de la salle, dans l’intention de partir pour l’hôpital, mais il se retourna quand il remarqua que Gaara ne le suivit pas. Au moment où il alla parler, Gaara se leva à son tour. Mais au lieu de venir à sa suite, il vint de placer à la fenêtre de la salle, et se contenta de regarder à son tour le panorama d’Amegakure.

 

- Tu ne viens pas ? demanda le blond, alors que Gaara hocha la tête négativement.

 

Il fit un petit sourire à la question, et se retourna vers Naruto : « Inutile d’être deux pour ce que tu comptes faire. Je suis venu ici pour te surveiller durant le voyage. Maintenant que nous sommes ici, je n’ai pas besoin de te suivre. Fais donc ce que tu comptes faire. De mon côté, je vais envoyer des messages à Konoha et Suna pour les prévenir de notre position et de leur transmettre les directives. »

 

L’Uzumaki acquiesça et quitta rapidement la salle. Oui, il était aussi venu à des fins politiques. Il voulait absolument tenir sa promesse envers Nagato et Konan. Il avait promis apporter la paix au pays d’Amegakure, et dans cet optique, le pays devait devenir un membre de l’alliance shinobi. L’alliance était toute nouvelle, et il savait que certains pays et village cachés allaient la rejoindre. Takigakure, alliée à Konoha, ou Hochigakure, allaient intégrer les rangs, il le savait. Mais, son but était d’intégrer le plus de nation et de village possible. Il voulait montrer à Madara que le monde pouvait être prêt à s’unir.

 

Quelques temps après, Naruto marchait parmi les couloirs du dernier étage de l’hôpital, accompagné du médecin chef assigné à la guérison de Konan. Le médecin l’avait prévenu qu’ils avaient tout fait pour soigner Konan, et que leur service de médecine était loin d’égaler celui de Konoha. Car, rares étaient les médecins et Eisei-nin qui se vantaient d’être à un niveau équivalent des Eisei-nin de Konohagakure et de Tsunade Senju.

 

Après s’être déplacé jusqu’à la chambre, le médecin devant lui, il entra alors dans la chambre dans laquelle se trouvait Konan. Refermant la porte derrière lui, il se retourna vers elle et la regarda. Il entendait dans le coin de la pièce le « bip » de la machine, alors que les pulsations de son cœur y étaient affichées. La salle était petite, le plafond bas, alors que le rideau à demi fermé, la lumière du crépuscule d’Ame filtrait à travers la fenêtre. Naruto prit un siège, et vint s’asseoir devant le lit en essayant de faire le moins de bruit possible.

 

Il regarda le médecin qui attendait dans le coin de la pièce. « Vous pouvez nous laisser. » décida de dire Naruto, libérant ainsi l’homme de sa tâche. Celui-ci s’empressa de quitter la salle, refermant sans bruit la porte. Et ainsi, Naruto fut laissé tout seul, avec pour seule compagnie une Konan endormie, et la machine qui donnait le rythme cardiaque de la jeune femme. Le blond soupira. Encore quelques jours auparavant elle était en pleine santé, à la différence de ce jour où elle semblait frôler la chute finale. Ses respirations étaient très basse, son souffle inexistant, et sa peau était très pâle. Elle avait l’air déjà morte, et il n’aimait absolument pas cette vue.

 

Il avait compris que Konan était prise dans un sortilège fourbe que lui avait jeté Madara, mais il allait faire ce qu’il pouvait pour l’en sortir. Elle avait, avant son arrivée, déjà commencé à changer Amegakure en bien, et elle ne devait pas mourir, encore pour une autre raison. Elle devait continuer sur cette voie de réforme de justice. Et ainsi, il resta là, à la regarder, la contempler, perdu dans ses pensées. Il lui prit la main gauche, et la serra entre les siennes. Sa main était froide. Petit à petit, il insuffla son chakra en elle… Tout d’abord à toute petite dose, bien qu’il avait du mal à le faire, il augmenta la quantité, jusqu’à y donner un débit important. Il ferma les yeux dans la concentration, et la jeune femme s’illumina, après quelques secondes, d’une aura lumineuse, d’un bleu clair.

 

Mais quand bien même il essayait, quel que fut le temps et l’intensité de la circulation de son chakra, de la chaleur de sa peau et de son énergie, il n’arriva pas à l’aider. Elle respirait toujours aussi peu, sa léthargie était toujours autant présente, et sa peau était toujours froide et pâle. « Konan… S’il te plait… Tiens bon. » L’inquiétude finit par le vaincre. L’inquiétude qu’elle ne se réveille pas, qu’il ne puisse arriver à la sauver… Et ce fut grâce à cette angoisse qu’il activa inconsciemment ses Rinnegans l’espace d’une seconde, tandis qu’il fit s’accumuler toujours plus de son chakra dans les réseaux de chakra de la kunoichi d’Amegakure.

 

Et, dans le vide, alors qu’elle dérivait parmi les ténèbres glaciales de l’oubli et du regret, Konan le ressentit. Elle ressentit cette vague de chaleur, cette vague de sensation… Elle ressentit la lourdeur dans sa gorge qui la força à avaler. Cette éblouissement sans lumière qui lui fit couler les larmes des yeux, ce changement d’atmosphère qui lui réchauffa les poumons… Et, elle l’entendit dans un écho lointain, cette voix qu’elle avait entendue avant de sombrer dans ce vide terne infini. « Réveil toi… Konan… » Elle crut délirer… Elle ne vivait juste qu’une illusion, et elle fatiguait de tout ceci. Elle voulait juste le calme. Le calme et le sommeil. Elle avait tellement sommeil. « S’il te plait, Konan… N’abandonne pas ! Tu mérites tellement plus que ça… ! » Et cette fois, cette voix, elle ne put que l’écouter… Car elle l’avait reconnu. Il n’y avait jamais eu qu’une seule voix avec ce timbre… Cette vivacité, émanant la confiance et la sûreté. Oui, elle connaissait une seule personne, une seule, avec cette voix…

 

- Na…ruto…

 

Naruto ouvrit les yeux, sous le choc. Bouche bée, il ne répondit pas à ce qu’il crut entendre quelques secondes auparavant. Il avait supplié Konan de se réveiller, sans ne penser un seul instant qu’elle n’allait l’entendre… Et pourtant celle-ci l’avait fait. Elle s’était réveillée ! Et les yeux à peine ouverts, elle le regardait de ses deux orbes dorés. Elle n’avait poussé qu’un tout petit murmure… Mais ce seul murmure avait paru aux oreilles du blond le plus grand cri qu’il ne put entendre à ce moment-là. Car, elle avait parlé…

 

- Konan… prononça-t-il tout bas alors qu’un radieux sourire s’étira sur ses lèvres.

 

Il avait défait le genjutsu de Madara sans même s’en apercevoir, sauvant Konan d’une mort cérébrale par la même occasion. Il était en joie, véritablement en joie ; infiniment rassuré de la voir vivante et ses futurs jours sans menace. Finalement les larmes se mirent à couler des yeux de Konan en observant le garçon lui sourire. Mais … Ces larmes ne témoignaient aucune tristesse. Elles témoignaient le renouveau qui frappait son ancienne vie, et l’espoir qui sonnait maintenant à sa porte. Elle se sentait revivre.

 

- Je suis… tellement… désolé… Naruto-kun… dit-elle tout bas.

 

Les yeux s’humidifiant, le jeune Hokage s’empressa de les essuyer avant de poser la main de Konan contre sa joue.

 

- Ne t’excuse pas… Tu n’as rien à te faire pardonner.

 

Mais Konan n’était pas de cet avis. Elle avait honte. Honte d’avoir été vaincue par Madara si facilement. Elle allait exécuter l’une de ses plus fortes techniques lorsque l’homme l’avait surprise d’une attaque éclair, la transperçant une seconde fois, et lui jetant cet affreux genjutsu qui l’avait plongé dans les ténèbres. Naruto avait été celui qui l’avait secouru, mais s’il n’avait pas été là, elle serait morte. Et elle détestait l’idée de représenter un fardeau, ne serait-ce qu’un peu. Car c’était sa faiblesse qui avait fait tuer Yahiko, et elle s’était promise de ne plus jamais être faible. Elle avait rompu cette promesse.

 

Cette fois, ce furent des larmes d’amertume qui coulèrent sur ses joues, alors qu’elle crispa son visage par tristesse et déception. Elle aurait continué à se morfondre si elle ne fut pas l’objet d’un acte pour le moins inhabituel. Deux bras l’entourèrent, et sans arrêter de pleurer, elle se retrouva serrée dans les bras de Naruto, qui tenta par-là de lui montrer qu’elle n’était pas seule. Même dans ces moments qui étaient méprisés du monde ninja.

 

Dans ce monde, les larmes étaient un mal, et il était toujours agréable et rassurant d’avoir une épaule sur laquelle pleurer. Aujourd’hui, après douze ans de solitude, Konan retrouvait de nouveau ce qu’elle pensait avoir perdu.

 

Les liens.

 

Il fut évident que, même en manque de force, elle répondit à l’étreinte de ce garçon à qui elle vouait la plus absolue des confiances.

 

Encore plus maintenant qu’il l’avait vu telle qu’elle était vraiment, brisée et seule.

 

***

 

 

- Ca me rappelle ma vie.

        

Konan venait de parler après non loin d’une heure de silence. Elle était sortie de l’hôpital ce matin, après avoir passé une nuit … Calme et chaleureuse. Elle avait dormi, pour la première fois depuis fort longtemps, dans la chaleur des bras d’un proche. Le matin, elle s’était réveillée apaisée et sans peur, sous les grands yeux bleus de Naruto qui l’observa fixement. Elle avait trouvé la sensation d’attention étrange, depuis que jamais une seule personne ne l’avait observé se réveiller comme l’avait fait Naruto.

 

Sous les avis et constats satisfaits des ninjas et médecins, ils étaient alors sortis de l’hôpital. Se sentant tout d’abord très faible lorsqu’elle mit les pieds à terre, il ne fallut pas un temps trop long pour quelle reprenne constance et qu’elle puisse marcher sans nécessiter l’aide de Naruto. Et ils s’étaient retrouvés ici. Ils avaient marchés, pour enfin monter sans rien dire dans la grande tour du autoproclamé « Kami no Ame ». A son sommet, assis, ils avaient alors regardé le village caché de la pluie depuis ces hauteurs indescriptible. Et Konan avait parlé.

 

- Tout ça me rappelle Yahiko et Nagato… Ce pourquoi nous nous sommes battus… Depuis longtemps, nous avons soufferts et nous avons risqués nos vies pour que ce village s’apaise. Hanzō était un monstre sans cœur qui s’est fait passer pour ce qu’il n’était pas. Depuis ce jour, Nagato et moi avions juré de ne jamais déroger à notre objectif. Mais nous nous étions trompés… Nous avons tué Jiraiya-sensei, et je ne sais même pas pourquoi tu as pris tant de mal pour me venir en aide en sachant ça… Je n’arrive pas à comprendre…

 

Naruto ne la regarda pas. Il reste là à regarder Ame. Il ne pleuvait pas. Etrangement, depuis que Konan s’était réveillé, il n’avait pas plu. Les nuages qui étaient habituellement lourds et noires n’étaient ici que de simple cumulus blanc laissant passer le soleil et le ciel bleu. L’humidité de l’air était toujours aussi présente néanmoins, gardant toujours ce climat d’un froid mordant, d’acier, d’autant plus à cette hauteur. Il fronça les sourcils, alors que son regard se fit dur.

 

- Il n’y a rien à comprendre. Comment aurait-je pu te laisser mourir, c’est absurde ! Je ne laisse pas les gens mourir, surtout quand je peux leur venir en aide. Ero-sennin serait sorti de sa tombe si je t’avais laissé mourir alors que tu cherchais à expier tes péchés. Nous sommes ninjas, mais nous n’en sommes pas moins humains. Je continuerais toujours à suivre le nindō que nous a légué notre maître. Même si j’en meurs, grogna-t-il en serrant le point.

 

Il ne savait pas pourquoi il était énervé à la pensée d’avoir abandonné la recherche de Konan, mais plus il y pensait, plus il se sentait indigné. Cependant, lorsqu’il sentit la main de Konan se poser sur la sienne, il cessa aussitôt sa crispation. Il tourna sa tête vers Konan, et aperçu le doux sourire de la jeune femme, qui le regardait avec amitié et gratitude. Il ne put réprimer le sourire qui s’étira sur ses lèvres – surtout qu’il n’en eu pas envie – lorsqu’il réalisa que Konan était bien. Elle était là, vivante et reposée, alors que s’il était arrivé trop tard, elle serait partie rejoindre ses coéquipiers et leur maître. Il posa sa main gauche sur celle de Konan, la refermant dans la sienne.

 

- Merci, Naruto-kun. Merci pour être toi.

 

Il émit un petit rire à ce remerciement. Cela sonnait si étrangement, après tout. Cependant, il arrêta, et inspira.

 

- Je suis content que tu sois sauve. J’ai vraiment eu peur du fait que Madara nous ait précédé. Mais il n’y a eu aucune perte, et c’est le plus important, non ?

 

- Si… Il y a eu une perte, proféra Konan, le ton très bas cette fois-ci. Madara était venu pour moi, mais surtout pour Nagato… Il en a profané son corps et c’est emparé de ses Rinnegan… Je ne sais pas ce qu’il compte en faire.

 

Le blond acquiesça. Konan n’avait pas l’air d’être au courant des ambitions dont avait fait part Madara, malgré qu’elle ait été de l’Akatsuki. Il poussa un soupir.

 

- Konan… J’étais aussi venu pour plusieurs choses à Amegakure. Je sais que tu t’en doutes. J’ai deux choses à t’annoncer et te demander. C’est très important… dit-il lentement, avant de continuer lorsqu’il vit le regard inquisiteur de Konan, l’incitant à continuer. Je suis venu ici pour me renseigner sur les pouvoirs du Rinnegan… Et ce, parce que je dois devenir plus fort que je le suis maintenant… Car la guerre a commencé, la quatrième grande guerre des shinobis…

 

Sous cette révélation, le visage de Konan en pâlit d’effroi, alors qu’une sueur froide coula dans son dos. La mention de la grande guerre lui rappela dans quelques flashs les évènements du passé, et elle savait que son village caché serait impliqué d’une manière ou d’une autre au conflit mondial.

 

- Ce n’est pas ce que tu crois, continua aussitôt Naruto, ne lui laissant pas le temps de répondre. Les cinq grands villages cachés ont formé pour la toute première fois une alliance militaire, pour en finir avec Akatsuki. Je suis venu ici pour te demander -

 

- De rejoindre l’alliance, le coupa-t-elle, le regardant dans les yeux.

 

- Exactement Konan. Je veux que Amegakure rejoigne l’alliance… Je sais que c’est difficile. Je sais que ton village déteste les grandes nations, je sais que ton pays a souffert à cause du mien, je sais tout cela… Mais je veux que cette ère change. Cette alliance a amorcé un changement de l’ère ninja, je veux juste que Amegakure sorte aussi de cette époque, que vous marchiez aux côtés de tous les autres. Pour que nous puissions détruire Madara.

 

La réaction de Konan fut alors la plus étrange des réactions. C’était là une réaction dont Naruto allait sans doute se souvenir toute sa vie. Konan l’avait regardé, surprise, légèrement bouche bée… Avant que des larmes ne coulent de ses yeux. Elle se mit alors à rire, tandis qu’elle se sécha les larmes du dos de la main. Naruto n’arriva pas à comprendre cette réaction inattendue. Et sous l’air stupéfié du blond, elle ne put calmer son rire. C’était un beau rire. Pas un rire nerveux, ni excité. Juste… Juste amusé et doux, détendu.

 

- Lorsque tu m’as dit que tu étais devenu le Hokage, j’avais du mal à le croire… Mais tu es devenu aussi beau parleur que tes prédécesseurs avant les grandes guerres… railla-t-elle, ironique.

 

- Konan ! Mes prédécesseurs n’ont jamais voulu la guerre tu le sais bien ! De plus je suis vraiment sérieux, ça aussi tu le sais… Je veux unifier ce monde tout autant que le voulaient Ero-sennin et Nagato !

 

- Je sais bien, Naruto-kun. Mais tu sais aussi que Amegakure fait partie de ces villages ninjas qui ont haï avec passion les grandes nations. Si Amegakure accepte de marcher aux côtés de l’alliance, ce ne sera pas forcément le cas pour d’autre pays et villages. Madara ralliera à sa cause des villages cachés désirant la vengeance. Des pays vous seront hostiles. Des armées vous barrerons la route, et vous devrez les tuer ! Saches-le ! Personne ne voit une guerre d’un œil plein d’espoir !!

 

- Ce n’est pas une simple guerre… ! Ce n’est pas une simple guerre ! rétorqua brusquement Naruto, alors que Konan se tue sous l’étonnement.

 

Les yeux de Naruto étaient devenus rouges, alors que la pupille fendue traçait verticalement l’œil. Le blond était en proie à une rage de vaincre et une multitude d’émotion. Penser à Madara le mettait toujours en colère, et par moment, il avait du mal à filtrer cet énervement grandissant. Ce même homme instigateur de sa vie de Jinchuuriki. Ce même homme qui désirait par pure folie asservir le monde.

 

- Cette guerre sera la dernière… Nous allons tuer Madara et unifier ce monde sous une seule bannière… Ou alors il nous tuera tous, et ce monde mourra ! Et je donnerais tout pour ne jamais voir ce monde sous le joug de Madara !

 

Sentant que le chakra du Kyuubi bouillait dans son sang, il arrêta aussitôt de se frustrer et d’angoisser, faisant cesser la diffusion de sa haine et sa rancune dans son être. Ses yeux reprirent aussitôt leur couleur azure, son souffle se faisant calme et serein. Et il ne demanda qu’une seule chose, tout bas, pour clore ce sujet. « Konan. Je tiens à ta participation dans cette guerre contre Akatsuki, à mes côtés. Vas-tu accepter ? »

 

Il attendit une réponse de Konan… Figée, il n’arrivait pas à lire ne serait-ce qu’un peu l’expression de la Ame-nin, ni même dans son regard doré. Allait-elle seulement accepter sa demande, sachant qu’elle avait vécu elle-même les crimes de Konoha ?

 

- J’accepte. Ame te suivra et suivra l’alliance.

 

- Merci, Konan. Merci. Je vais aider Ame, tu en as ma parole. Ca va commencer par l’entrée d’Ame dans l’alliance.

 

La kunoichi ne préféra rien dire. Son sourire parlait pour elle. Comment pouvait-elle seulement ne pas lui faire confiance ? Elle avait ce sentiment dans le cœur comme elle l’avait toujours ressenti en compagnie de Yahiko. Ce même sentiment qui faisait battre son cœur d’espoir et d’excitation. Naruto était tout comme lui, identique. Il parlait comme lui, avait les mêmes expressions, le regard sûr de soi et déterminé. Sa confiance et sa loyauté en lui ne firent que croître.

 

Qu’importait ce que lui réservait l’avenir. Elle pouvait mourir, souffrir, mais tant que Naruto vivait et brillait comme une bougie dans le noir, elle pouvait être sûr qu’elle mourrait le sourire aux lèvres.

 

- Non. Merci à toi. Merci encore, Naruto-kun.

 

« Naruto-kun… »

 

- Et… Et pour le Rinnegan ? demanda le jeune Rokudaime.

 

- Je ne pourrais pas t’aider. Nagato a appris à s’en servir progressivement durant notre vie. La plupart de ses dons lui sont venus instinctivement.

 

- Je vois… Et bien, j’aurais essayé. J’imagine que je devrais trouver moi-même comment utiliser ces yeux. Et si Madara les a aussi… Je dois apprendre le plus vite possible.

 

La kunoichi acquiesça à cette remarque. Ils se levèrent ensuite, et rentrèrent dans la tour. Gaara devait se demander ce que faisait Naruto, et ce dernier devait lui présenter Konan.

 

***

 

 

         Trois jours plus tard.

 

         Naruto et Gaara se trouvaient en périphérie d’Amegakure, au petit matin. Cela faisait déjà trop longtemps qu’ils étaient restés en Ame, pour des Kage. Même si leurs villages avaient été prévenus de leurs absences et de leur position, trois jours restaient néanmoins très longs, et il fallait qu’ils reviennent. La pluie n’était pas tombée ces derniers jours. Elle qui s’était déchaînée à leur arrivée ne s’était toujours pas manifestée depuis le réveil de Konan. Cette dernière se trouvait devant eux, seule.

 

Ces trois derniers jours, hormis les moments où Naruto et Konan étaient partis seuls discuter, ils avaient débattu sur la guerre qui allait frapper à leur porte. Sans surprise pour le jeune Kazekage, Konan avait offert son soutien militaire et tactique à l’alliance. Amegakure, qui comptait près de trois milliers de ninjas toute classe comprise, apportait en entièreté son aide. Naruto avait invité Konan à se joindre à la réunion qui se passait dans les dix jours qui suivaient à Kumogakure, où les troupes allaient être mobilisée.

 

La situation globale de cette quatrième guerre restait très floue. En effet, quand bien même l’alliance mobilisait une armée, aucun de ses membres ne savaient quels étaient les effectifs adverses. Car, il était évident que Madara avait mobilisé une armée, ou l’avait prévu. Le sommet qui allait se passer dans deux semaines était justement pour répartir les armées tactiquement sur la péninsule. Sachant que chacun des grands villages caché comptait près de quinze mille hommes, les forces armées de Tetsu no Kuni et Amegakure, ainsi les villages et pays qui se joindraient à l’alliance élémentaire… Les effectifs seraient immenses, et la guerre, longue.

        

Ils restèrent tout trois silencieux durant quelques minutes.

 

- Konan… Nous nous reverrons bientôt. Venir ici était déjà inconscient et irresponsable de notre part, nous ne pouvons rester ici plus longtemps. J’enverrais un message au Raikage pour les prévenir de l’adhésion du village de la pluie.

 

- Je sais, répondit-elle doucement.

 

Konan regarda Gaara, se saluant tout deux du regard. Voyant que rien n’avait à être dit entre eux, Gaara s’en retourna alors sans dire un mot, marchant pour s’éloigner d’Amegakure. Naruto le regarda partir, et connaissant certaines manies de Gaara, il savait que ce dernier ne l’attendrait pas pour rentrer – ajouté à cela qu’ils devraient se séparer pour rentrer chacun dans leurs villages respectifs. Il se retourna vers Konan, qui le fixait avec un petit sourire aux lèvres, presque indécelable. Il eut un petit rire, gêné.

 

- Sois prudente Konan… commença-t-il. Je sais que tu es très forte… Mais Madara peut revenir, et je doute être même au niveau… Tu es trop importante pour qu’il t’arrive quelque chose. 

 

- Je le sais aussi, dit-elle en souriant d’avantage.

 

Après cela, Naruto ne sut absolument pas quoi dire. Il ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt, se demandant pourquoi la trentenaire en face de lui le regardait avec ce sourire. Il se rendit compte alors que la phrase qu’il avait prononcé contenait en elle-même un double sens… Enfin, ce fut ce qui lui sembla le plus logique pour l’affichage de ce sourire.

 

- Konan nous… Je sais que je dois être un peu étrange de te porter une si grande amitié alors que nous ne nous connaissons que depuis peu de temps… J’ai tendance à donner beaucoup pour des fois pas grand-chose… Mais tu es une élève de Jiraiya-sensei et une amie de Nagato… Tu partages notre idéal de paix et tu es mon amie, une de mes précieuses personnes… Alors j’aimerais que tu sois prudente…

 

Pourquoi disait-il de telle chose ? Il ne savait pas. Pourquoi se sentait-il tellement lié à elle ? Cela faisait à peine plus d’une douzaine de jours qu’il l’avait rencontré, et elle était une ennemie, en plus. Pourtant, depuis que Nagato avait lancé cette technique sur lui, il se sentait proche d’elle. Au moment où il allait recommencer à parler, l’index de la main droite de Konan se posa sur ses lèvres. Elle s’approcha.

 

- Tu es quelqu’un de bien, Uzumaki Naruto-kun. Ne pose pas de question, dit-elle simplement.

 

Ensuite, il se passa la chose la plus étrange que l’Uzumaki put classer dans sa vie. La kunoichi posa la paume de sa main droite contre sa joue, et s’approchant, elle se mit sur la pointe des pieds. Elle déposa ses lèvres sur les siennes, l’embrassant alors. Ce ne fut rien de plus que cela, mais rien de moins… Un baiser, doux et chaste, alors que sous le souffle frais du vent, il sentit les lèvres chaudes et douces de Konan presser contre les siennes. Un frisson se répandit dans son corps, alors qu’il sentit le contact soyeux de la main de la jeune femme sur sa joue.

 

Mais alors qu’il ressentit un feu d’artifice de sensation par ce baiser que Konan lui donna, il ne comprit pas pour quelle raison elle eut fait une telle chose. Il ne prononça rien cependant, ne se contentant que de savourer cette émotion qui grandit à travers lui. S’ils avaient eu les yeux grands ouverts pour échanger un regard intense au départ, ils les avaient fermés ensuite. Plus d’une minute après, silencieux, sereins, ils se séparèrent, brisant cet étrange et chaleureux lien. Mais cette sensation de vide ne dura pas longtemps, Konan recollant aussitôt ses lèvres sur les siennes, pour l’embrassant de la sorte plusieurs fois, passant ses bras autour du cou de l’Uzumaki, qui, faute de choix, lui rendit l’étreinte.

 

- Pourquoi… ? demanda tout bas Naruto, regardant Konan dans les yeux.

 

Sa voix était rauque, grave… Son cœur battait à tout rompre sous l’émotion, et il ressentait quelque chose mêlant entre la confusion, la joie et l’euphorie. Il n’avait pas peur, il n’était pas indigné ni aucun sentiment négatifs envers ce geste téméraire… Il était juste pris de court, confus. Mais, il était surtout extrêmement flatté et joyeux. C’était son premier baiser, mais plus encore, le seul contact physique affectif qu’il n’eut jamais dans toute sa vie… 

 

- Ne pose pas de question, répéta Konan, alors que son nez titillait le sien vu leur proximité.

 

Elle posa par la suite sa tête sur son épaule, et ils restèrent ainsi enlacés quelques minutes. Le jeune blond n’osa rien prononcer, de peur de briser cette aura chaleureuse autour de lui, alors qu’il se rendit compte qu’avoir Konan dans ses bras lui procurait une sensation réellement jouissive. « Si Ero-sennin raffolait de ce genre de sensation… Alors je crois que je peux le comprendre… »

 

Lorsque Konan stoppa son étreinte, ils se séparèrent et se regardèrent.

 

- Tu es la lumière qui brille dans les ténèbres, tu es l’espoir qui grandit dans mon cœur, lança Konan poétiquement, ses yeux exprimant toute l’étendue de l’amitié qu’elle lui portait.

 

- Merci, Konan-chan.

 

Elle l’embrassa encore une fois, avant de finalement le repousser en arrière. « Va. » dit-elle, alors qu’il lui fit un grand sourire. Puis, il s’en retourna, et ne s’attarda pas. Plus vite il partait, mieux ce serait. Car s’il regardait en arrière, avec tous ces sentiments qui tourbillonnaient en lui, il savait qu’il n’allait pas pouvoir partir.

 

Un coup de foudre, un coup du destin… Il ne savait pas. Quelques jours auparavant, cette femme ne lui aurait rien signifié, il ne la connaissait pas. Mais aujourd’hui, alors qu’il se dévoilait un côté amoureux et romantique, Konan, la kunoichi d’Ame, semblait être un pilier de sa vie. Et encore une fois, parmi mille autres fois, il pensa à quel point cet évènement fut si étrange et magique. La vie venait de lui faire un cadeau exceptionnel qui celui de se savoir aimé… par une femme.

 

Il fut si déconnecté de la réalité qu’il ne remarqua pas de suite la présence de Gaara à ses côtés, qui lorsqu’il le remarqua, vit que ce dernier le regardait très étrangement, avec… amitié et joie dans les yeux. Il réalisa que Gaara avait vu ce qui venait de se passer, et ne préférant rien dire, ils filèrent tous les deux vers le sud, le rouge aux joues pour l’un. Cet « interlude » à Ame clos, ils devaient rejoindre leurs villages pour commencer les préparatifs de ce que le monde allait bientôt connaître sous le nom de quatrième grande guerre…

 

 

Après quelques heures de routes ensemble, en fin d’après-midi, les des jeunes Kage comprirent qu’il était temps pour eux de continuer seul. Konoha et Suna étaient à plus de deux centaines de kilomètres de distance, ce qui était difficilement discernable au vu de la rapidité avec laquelle les shinobis pouvaient se déplacer. Ils s’arrêtèrent sur l’une des nombreuses grosses branches d’arbres des alentours.

 

- Je suis déjà prêt à être réprimandé par mon village pour avoir disparu pour près de cinq jours, s’exclama Naruto. Je n’imagine même pas comment ça serait si Tsunade n’était pas comateuse.

        

- Tu ne serais déjà pas Hokage, et encore moins en dehors du  village, répondit Gaara, un sourire tissé sur ses lèvres. 

 

Naruto eut un rire à cette réplique. Gaara avait raison après tout. Mais quand bien même il avait tiré profit du coma de Tsunade, cela ne signifiait pas pour autant qu’il en était mieux ainsi.

 

- Le conseil de prudence que tu as donné à Konan-san vaut aussi pour toi, Uzumaki Naruto. Que ce soit durant le voyage de retour que pour après. On ne sait pas ce dont est réellement capable Madara, ajouté à cela les Rinnegan à sa disposition dont nous a parlé Konan-san, prononça avec insistance Gaara, sous le hochement de tête de son homologue Kage du feu, qui ne pouvait être plus d’accord.

 

- Je ferais attention, Gaara. Nous nous reverrons à Kumogakure, d’ici une dizaine de jours. Nous allons le faire Gaara. Unifier le monde sous une seule bannière.

 

Gaara acquiesça, avant de tendre la main, que Naruto s’empressa de serrer. « Et félicitation avec Konan. C’est un bon parti. Et très beau baiser. » taquina-t-il dans un sourire amusé, juste avant de partir, sous le bégayement subite du blond. Et bien sûr, complètement distrait maintenant qu’il repensait à la douce Konan de Amegakure et le baiser… Il ne remarqua pas Gaara partir.

 

Mais comment pouvait-on lui en vouloir, après tout ?

 

***

 

 

         Comment pouvait-on réagir à cette annonce de la feuille ? Comment pouvait-on simplement rester impassible ou détaché lorsqu’une importante nouvelle, un édit, était annoncée par texte de loi consultable à tout moment. Plusieurs fois, des lois étranges, à polémique, ou l’inverse, avait été votée dans l’histoire. La plus importante et la plus tabou, eut été la dernière qui avait été brisée récemment. Garder sous silence l’identité de Jinchuuriki de Uzumaki Naruto, où assumer son crime, et être exécuté pour trahison. Bien sûr, ce texte n’avait pas toujours été respecté.

 

Des personnes avaient été mises à mort pour avoir ouvertement révélé l’identité du jeune enfant déjà conçu pour le ninjutsu. D’autres, ne l’avaient pas été. Beaucoup, en fait. Hiruzen Sarutobi, celui qui avait édifié cette loi, avait bien compris qu’il n’était pas possible de faire taire tous les éléments séditieux à la seule loi qu’il eut donné lors de son second règne. Mais le jugement avait au départ été expéditif et sans seconde chance : plus de cinq cent personne, ouvertement opposée, avaient été tuées. Cet exemple avait fait taire tous les autres opposants, et plus personne n’eut le courage de faire parler du statut de Naruto en public… Mais la persécution en fut tout de même identique à celle d’avant, voire plus grande encore. 

 

Aujourd’hui, un nouveau texte de loi était mis en fonction, et à peine avait-il été décidé qu’il avait fait émule au sein de Konohagakure… De façon invraisemblable, le texte concernait entièrement la même personne qui autrefois avait été protégée par la loi. Uzumaki Naruto, pour la seconde fois de sa vie, était inclus lui, et uniquement lui, dans un édit. Et il fut sans dire que tous les potins eurent tôt fait de parcourir la feuille comme quoi, leur très récent mais pas moins lumineux Hokage Rokudaime, était soumis à une réforme le concernant individuellement. Au départ, personne n’avait su quelle était cette loi, mais tous trépidait simplement de la savoir. L’information détaillée arriva tout d’abord dans les familles ninja et clans prestigieux, pour circuler dans les moins connus, avant d’être disponible à la consultation par tous et toutes du village. Et maintenant, tous étaient stupéfaits d’être au courant que depuis près de quatre jours, il avait été décidé par le haut conseil de Konoha que Uzumaki Naruto, sixième Hokage, était soumis par la loi de restauration des clans de l’organisation élémentaire.

 

Cette loi vint avec l’information qu’en tant que dernier dépositaire du clan Uzumaki de Uzushio, clan partenaire des Senju de Konoha, le sixième Hokage avait pour devoir de prendre plusieurs femmes pour épouses et participer à la reconstruction de son clan… Pour certains, cette loi était une plaisanterie, pour d’autre, une loi fort étrange et impromptue. Et pour certaines, une occasion à ne pas manquer…

 

Car peu consultaient la loi dans son entièreté, et mise à part les clans ninjas et quelques shinobis, la majorité des habitants de Konoha n’avait jamais, au grand jamais, soupçonné l’existence d’une loi qui permettait – Obligeait – un homme à pouvoir disposer… D’un harem. La polygamie était un sujet dont on parlait peu. Parmi la population féminine de Konoha, c’était un sujet tabou qui semblait ternir l’image que les femmes et plus particulièrement les kunoichi, avaient cherché à revaloriser depuis si longtemps. Chez les hommes, le tabou était moins existant, mais le sujet restait peu conventionnel… Or, malgré cet univers de rapport de force masculin féminin, c’était le Hokage lui-même qui devenait maintenant la figure du débat.  Pourtant, lorsque justement les habitants de Konoha avaient voulu des réponses de la part du Hokage quant aux normes de cette loi, c’était justement à ce moment-là qu’il était absent. Ce n’était pas pour autant que leur confiance en lui avait disparu. Rien n’avait changé. Leur aimé sixième resterait comme tel, tous admettant son mérite à la place du Hokage. Ainsi, une fois de plus entre les murs de la feuille depuis ces derniers temps, l’atmosphère était à la polémique, aux débats et à la réflexion.

 

Mais par-dessus toutes les réactions que pouvaient avoir les habitants de Konoha quant à cette loi, certaines personnes pouvaient être plus touchées que certaines autres. Ainsi, ce fut sans nul doute que dans le clan Hyuuga, Hiashi fut très rapidement visité par sa fille ainée. Parmi toutes les personnes qui pouvaient se vanter de tenir à Uzumaki Naruto, Hyuuga Hinata pouvait cependant se vanter d’être l’une de celle qui portait le plus de sentiments envers lui. Et si non seulement l’annonce de cette loi l’avait bouleversé plus de raison, savoir que c’était son propre père qui en avait été l’un des auteurs ne l’indignait que plus. Assise en face de son père dans l’un des salons de leur maison, elle regardait son père entre la peine, la déception et la frustration.

 

- Père… Comment avez-vous pu… demanda-t-elle, cependant sans ne lever aucun ton.

 

- Je t’arrête de suite ma fille. Je sais très bien pourquoi tu viens ici. Ne va pas penser que c’était contre toi que j’ai approuvé cette loi. Après les évènements concernant Neji, tu sais à quel point j’ai fait des efforts pour m’occuper de toi et ta sœur, coupa-t-il aussitôt, en voyant très bien dans le regard de Hinata les questions qu’elle voulait lui porter.

 

- Mais… Vous savez… Vous savez que j’aime Naruto… Pourquoi donc ne vous êtes-vous pas imposé dans cette réunion pour l’intérêt de votre fille !! céda-t-elle alors, les sourcils froncés. J’aime Naruto, et savoir que vous avez participé à l’éloigner de moi me rend… Me rend… !!! 

 

Elle n’osait pas finir sa phrase. Par nature, Hinata était une jeune fille paisible, qui n’aimait pas la colère et l’impulsivité, exception faite de Naruto, qui restait par défaut, pour tout, sa source d’inspiration dans l’univers social. Comment pouvait-on simplement l’éloigner encore plus d’elle qu’il ne l’était déjà, elle qui brûlait d’amour pour lui. Hiashi vit très clairement la colère sourde de sa fille. C’était la toute première fois dans sa vie qu’il n’avait jamais vu une telle expression sur son beau visage blanc. Pour la première fois après seize longues années, presque dix-sept, la figure de sérénité et de douceur de son clan, Hinata Hyuuga, laissait son visage en proie à une fureur sourde – lui étant entièrement adressée -. Mais dans tout cela, et là aussi pour la première fois, sa fille faisait preuve d’un égoïsme, d’une vanité et d’une paresse à toute épreuve.

 

- Hinata. Il va falloir te mettre une chose à l’esprit. Tu me reproche le fait de manipuler la vie de Naruto quand tu me demande de faire de même pour ton intérêt. L’hypocrisie est ce défaut que nous nous efforçons à purger du clan Hyuuga, et je ne tolérerais pas une seule fois de plus un tel égoïsme de ta part, dit-il durement, alors qu’elle le défia du regard.

 

En voyant avec quelle passion dans le regard elle défendit sa position, il laissa un sourire se tisser sur ses lèvres.

 

- Nous pensons que tu es une jeune Chuunin brillante et intelligente. Astucieuse. Pourtant, lorsqu’il s’agit du jeune Naruto, tu deviens si retenue et aveugle. Tu désires te rapprocher de lui, tu rêves d’être sienne et qu’il soit tiens, et pourtant, tu restes tellement passive quand la situation nécessite justement ton active participation.

 

- Père… dit-elle, reconnaissant ses torts malgré son émotion.

 

- Je ne t’aiderais pas. Tu es grande. Bientôt, tu seras en âge de reprendre la direction du clan. Tu siègeras au conseil, tu seras parmi les personnes les plus importantes du village. Mais il te manque quelque chose qui te différencie de Hanabi. Hanabi n’est pas plus forte que toi dans les arts ninjas, ni dans le talent au combat. Non, tout cela c’est du passé. Là où Hanabi est plus forte que toi, Hinata, c’est dans la personnalité.

 

- Pourquoi me parler de Hanabi-chan, Père… ? demande Hinata, confuse.

 

- Hanabi a douze ans. Elle est brillante, responsable, dévouée, bien que très orgueilleuse et méprisante. Sache que le conseil de notre clan la préfère à la place du chef, et sache aussi, que si Hanabi était aussi intéressée que toi de Naruto, elle aurait déjà pris des mesures pour… « se l’approprier »… prononça-t-il, en choisissant ses mots pour montrer à Hinata que le problème était sa capacité de décision plus que la loi en elle-même.

 

- Vous essayez de mettre tous les problèmes sur moi, mais c’est vous qui avez voté une loi si odieuse ! Comment pourrais-je vivre l’amour que je veux avec Naruto-kun lorsque celui-ci ne pourras pas aimer de femme ! C’est odieux !

 

L’aîné Hyuuga soupira à cette revendication opiniâtre de sa fille. Fatigué de discuter à propos du jeune Hokage et de ses prétendus liens avec Hinata – et ô combien il connaissait le dévouement de Hinata qui était allé jusqu’à presque mourir pour lui. – il décida de clore cette entrevue avec elle sur une dernière réplique. Et sous l’étonnement de Hinata, il dit alors : « Que Naruto ait plusieurs femmes ne l’empêchera pas d’aimer. Si les relations amoureuses des ninjas sont généralement délaissées au profit du village, Konoha n’en est pas moins indulgente. C’est Naruto lui-même qui choisira ses femmes, et nous tous le connaissant, nous savons très bien qu’il choisira les femmes qu’il viendra à aimer dans un avenir plus ou moins proche. La loi est effective toute la durée de sa vie, donc, il n’est absolument pas obligé de l’appliquer au plus tôt, même si bien sûr, il recevra constamment les demandes insistantes du conseil de le faire. »

 

Il n’attendit même pas une réponse de sa fille. A vrai dire, il était intéressé de connaître sa réponse, paradoxalement à son envie d’écourter la conversation. En tant que chef de clan, il avait néanmoins des responsabilités et un devoir à remplir. Et dans ces conditions, il devait toujours prévaloir le besoin du clan, aussi futile fût-il, sur celui de sa fille. Hinata elle, resta seule dans la salle, à réfléchir sur ce qui avait été dit sur cette courte entrevue. Son père l’avait laissé à elle-même. Et elle ne savait absolument pas comment agir, bien entendu.

 

Depuis peu, sa flamme pour Naruto n’avait eu de cesse de grandir. Il semblait grandi, puissant et malin. Elle avait toujours voué une adoration pour lui, pour son charisme qu’elle était apparemment l’une des seules à voir. Il était courageux, persévérant, obstinés mais non bornés. Il était idéaliste et compréhensif. Bien sûr, il avait des défauts, mais tous les défauts qu’il pouvait avoir faisaient pâle figure à l’éventail de vertu qu’il exposait dans ses moments. Lorsqu’il combattait, lorsqu’il débattait, lorsqu’il riait, voire pleurait… Tout de lui l’attirait tel un amant. Une drogue. C’était obsessionnel, mais que pouvait-elle y faire. Pouvait-elle se reprocher, pouvait-on lui reprocher, d’être amoureuse d’un garçon ? Non. Encore plus maintenant qu’elle devenait de plus en plus sûre d’elle.

 

L’enfant avait mué en un jeune garçon talentueux, qui avait encore très récemment changé en un jeune homme tellement attirant. Rien que de penser à lui, à ce qu’il ressemblait encore plus maintenant que sa taille avait augmenté et ses cheveux poussé. Mais un problème persistait. Comment pouvait-elle l’approcher ?

 

***

 

 

         Comme l’espérait Naruto, durant cette dernière journée de voyage de retour vers Konoha, l’Akatsuki ne semblait pas préoccupée par sa capture. Par orgueil ou par autre problème, il n’en savait rien. Il savait – Il sentait – que Madara n’était pas un Uchiha aussi arrogant que les autres, qu’il exploitait les opportunités, et il se doutait que ne pas profiter d’occasion telle que celle-ci impliquait des obligations en parallèle. Après tout, Akatsuki ne pouvait pas être toute puissante, surtout après avoir perdu un grand effectif de leurs membres. Hidan, Itachi, Kakuzu, Deidara et Sasori étaient neutralisés. Il ne restait actuellement que Kisame, le dénommé Zetsu, et Madara lui-même… Sans oublier Taka.

 

Alors que le soleil était déjà couché, la nuit noire tombée sur la forêt, Naruto était assis devant un petit feu. Il n’allait pas continuer cette nuit. Il avait pris le rouleau dans son dos dans l’intention justement de s’en servir, mais il n’avait commencé à exploiter les mémoires techniques de Nagato qu’après son arrivée en Amegakure. Et entre ses discussions avec Konan et Gaara à propos de leurs villages et de sujets beaucoup moins conventionnels, il n’avait eu réellement le temps qu’une fois pour recopier quelques Fuuin jutsu… Il en avait parlé avec Konan. Et suite à ce tourbillon de sentiments qu’il avait ressenti après le baiser qu’elle lui avait donné, il avait facilement compris que Nagato n’avait pas fait que lui transmettre ses dons. La « transmission de l’âme » portait réellement son nom. Car il portait non seulement le ninjutsu de Nagato, mais aussi… « son cœur ».

 

Mais il ne voyait pas vraiment de problème à cela. Intentionnel ou non, Nagato l’avait aidé à devenir plus fort contre les personnes qu’il allait devoir bientôt affronter. Il cessa de penser à ça, et ouvrit finalement le rouleau qu’il avait emporté, se mettant alors à copier les sceaux qui lui occupaient l’esprit. Il n’était pas très doué en fuuin jutsu, ou du moins, ne s’y connaissait que peu. Jiraiya lui avait bien montré quelque sceaux, jusqu’à lui donner un rouleau d’apprentissage de la matière… Naruto ne l’avait jamais ouvert jusqu’à maintenant. Il avait très clairement exprimé à l’ermite qu’il n’était pas du tout intéressé… A l’époque, il était trop excité pour ne serait-ce que comprendre le potentiel de ce domaine.

 

Un jour, son maître lui avait dit : « Le fuuin jutsu est la science des grandes ninjas. Les meilleurs ninjas ont toujours été ceux doués en scellement. » Et il semblait avoir raison… Son père avait été dit le plus puissant des ninjas de son époque, Jiraiya et Orochimaru étaient eux aussi mondialement connus. Le Sandaime Hokage, reconnu comme le dieu des ninjas pour avoir été invaincu et craint, même seul contre une armée. Il se souvenait que Jiraiya lui avait dit que « les gens comme lui » étaient particulièrement réceptif à l’art des sceaux… Il ne s’était jamais douté que son maître faisait en fait référence à sa famille, sans vraiment la nommer. Le devoir de masquer ses origines obligeait.

 

Ainsi, alors que plusieurs de ses clones surveillèrent les alentours, le jeune Rokudaime s’occupa à dessiner les sceaux qui lui passèrent par la tête. Il en copia des compliqués comme des simples, chacun ayant une utilisation totalement différente. Il connaissait l’utilisation de tous ceux qu’il copiait. Le premier qu’il dessina était un sceau somme tout à fait quelconque… Un sceau d’explosion, plutôt courant. Le sien était juste un peu plus puissant et incendiaire… Donc plus dangereux pour l’utilisateur. Sondant les mémoires de Nagato, il se rendit compte que ce dernier n’avait jamais utilisé un seul sceau en combat contre lui à Konoha… Et vu le potentiel d’une telle connaissance, il ne pouvait pas s’empêcher de souffler de soulagement, sachant qu’il n’aurait pas fait long feu si l’envie avait pris à Nagato de recourir au scellement. L’un des seuls sceaux dont il avait connu l’existence avant l’attaque de Pain était bien le Goguō Fuuin apposé sur lui par Orochimaru, et dont il avait souffert. Jiraiya lui avait expliqué que ce sceau perturbateur de chakra servait normalement de support pour d’autres sceaux beaucoup plus gros, mais qu’il pouvait aussi être dangereux pour un Jinchuuriki étant donné que les sorties de chakra du corps étant bloquées, le pouvoir des Bijuus également…

 

Il avait aussi connaissance d’un sceau qui l’intéressait fortement, l’étrange Fuuinka Kōi. Il se souvenait clairement de l’utilisation de ce sceau par Jiraiya lorsque ce dernier, à l’aide d’un simple parchemin, avait scellé en lui les indomptables flammes noires d’Amaterasu. Cette technique-là, s’il l’apprenait, allait lui servir à coup sûr contre Sasuke ou Madara… Encore beaucoup d’autres Fuuin regorgeaient de potentiels incroyables car leurs utilisations étaient diverses, dévastatrices et parfois, inconnues. L’univers du Fuuin était un domaine méconnu par les ninjas car très peu accessible, et maintenant qu’il y repensait, il se trouvait vraiment bête d’avoir refusé l’offre de Jiraiya de lui enseigner… Mais il allait rattraper ce retard… Car il avait bien l’intention d’être à l’image de sa famille maternelle et de son père.

 

Un maître dans l’art du Fuuin jutsu.

 

Il continua donc, pendant quelques heures, à reproduire des Fuuin sur papier et prendre diverses notes, continuant le travail qu’il avait commencé deux jours auparavant à Ame. Car même si l’on connaissait le garçon dans sa forme la plus fougueuse voire turbulente, on connaissait beaucoup moins le garçon avide d’apprendre que seuls Jiraiya et Kakashi avaient eu la fierté de découvrir. Naruto n’était pas un génie. Il ne reproduisait pas le savoir sans mal comme un Uchiha. Non. Il faisait partie de cette catégorie de ninja qui vivait l’idéal, l’apprentissage au long terme, et persévérait pour parvenir au résultat. Tout comme Jiraiya, mais aussi, et c’était très peu connu, comme Hiruzen et son père. Car ces deux derniers non plus n’étaient pas des génies d’apprentissage. Ils avaient appris et endurés, tout comme lui. Mais, une fois passés maîtres dans leurs domaines respectifs, ils étaient devenus des génies de l’innovation et de la connaissance, créant techniques sur techniques via l’expérience qu’ils avaient acquis, les affinant, les exécutant. 

 

Jugeant qu’il en avait assez fait pour l’instant, fatigué, il referma le rouleau et le posa à côté de lui. Il créa alors trois Kage Bunshin surchargés de chakra qui s’occuperaient de veiller durant son sommeil, sachant que les quelques clones à proximité se dissiperaient une fois endormi. Ces trois-là, alors que déjà totalement durables, canaliseraient en plus le chakra de Senjutsu pour prendre un rôle capteur et appréhender toute intrusion. Se couchant dans sa cape, en face du petit, le sommeil ne tarda pas à venir le prendre. Lorsqu’il se réveillerait, il ne faudrait que quelques heures de ligne droite à travers la campagne pour arriver à Konoha.

 

***

 

 

 

         Et il se mit alors en route rapidement. Après être levé, il n’attendit pas pour partir. Une semaine était déjà suffisamment de temps, et il se demandait s’il avait été réellement nécessaire de s’arrêter la veille, sachant que s’il avait continué, il aurait déjà rejoint la feuille. Pas que la distance était grande de toute façon, étant donné que parmi les plaines qu’il traversait à grande vitesse, il discernait déjà au loin le relief de la vallée alentour de Konoha. Rejoignant la forêt, il ne lui fallut pas même une heure pour arriver en vue de Konoha, et soupirant, il atterrit alors sur la route qui rejoignait directement la porte de la feuille. Il pouvait marcher après tout. Il pouvait être endurant et inépuisable en tant que Jinchuuriki, mais lorsqu’il pouvait avoir une occasion de ralentir la cadence … Pourquoi la refuser ?

 

Il ne fut pas surpris lorsqu’à ses côtés, deux escouades d’ANBUs en garde atterrir et s’inclinèrent.   

 

- Hokage-sama ! s’exclamèrent-ils, le soulagement apparent dans leurs voix, après être assurés que le sixième était bien revenu.

 

- Le conseil commençait à fortement s’inquiéter, continua l’un qui semblait diriger l’une des deux escouades, et qui portait un masque de buffle. Il a certaine chose à vous annoncer.

 

Naruto se mit à rire à la rapidité avec laquelle l’ANBU l’avait informé. « Pas si vite… Laissez-moi déjà rejoindre le village… » s’exclama-t-il, à la fois amusé et déjà fatigué qu’on lui prenne la tête… Pouvait-il seulement s’en plaindre ? Il était Hokage après tout, ce n’était pas surprenant d’être informé à peine était-il arrivé. Les ANBUs en tinrent cependant compte, et ne dirent plus rien, ne se contentant que d’escorter leur leader jusqu’aux murs en surveillant les alentours durant leur calme avancée. Naruto sourit quand il aperçut les murs de la feuille au loin, comme il ressentait toujours un sentiment de joie mêlé à de la décontraction à chaque fois qu’il revenait de quelconque voyage en dehors du village.

 

Comme la plupart du temps, Kotetsu Hagane et Izumo Kamizuki étaient de poste de garde à la porte du village, lorsqu’ils aperçurent, franchissant la porte, deux escouades d’ANBU accompagnant LA personne qui avait fait figure de débat ces derniers temps. Aussitôt franchi la porte, la dizaine d’ANBU derrière leur Hokage disparut dans des Konoha Sunshin no jutsu. Naruto passa devant les deux Chuunins étonnés de la présence soudaine de Naruto, qui les salua d’un signe de main auxquels ils ne répondirent que par des hochements de tête. Ils regardèrent ainsi le jeune sixième avancer dans le village.

 

Konoha avait bien repris forme depuis l’attaque de Pain et son départ. Naruto était étonné de son nouveau visage. Encore beaucoup de bâtiments étaient en reconstruction, mais de sa position, il pouvait voir la citée descendre en contrebas vers le milieu du village, dans le grand cratère sur lequel on y avait déjà battis. La différence n’était en fait pas aussi grande qu’il l’avait imaginé. Juste le centre du village était touché par le cratère, là où il percevait nettement le dénivelé, autrement, le reste de Konoha était au même niveau qu’avant. Dans tous les cas, la reconstruction du village était très rapide et il n’oublierait pas de récompenser Tenzō pour les efforts qu’il avait fournis. Au fond du village, il aperçut bien sûr le palais du Hokage, qui avait été rebattis parmi les premiers immeubles. Absorbé par ses propres réflexions, il ne remarqua alors pas du tout les regards braqués sur lui et la raison de tous ces chuchotements. Aussi distrait qu’il était, il ne remarqua pas non plus toutes les dames qui penchaient entre l’indignation et… la convoitise. Convoitise particulièrement décelable aux rougeurs sur les joues de certaines d’entre elles. « C’est Hokage-sama… » 

 

Cependant, aucune personne ne pouvait-être autant distraite, et Naruto avait fini par remarquer qu’il était le centre d’attention sur son passage. Etant Hokage, il comprenait parfaitement qu’il était déjà bien plus populaire dans les rues qu’en tant que Genin mais… Il n’arriva pas à comprendre pourquoi la gente féminine, pour plusieurs d’entre elle, le dévoraient du regard. « Mon dieu ils nous regardent… » crut-il entendre. « Il est tellement mignon… J’aimerais qu’il me choisisse… » entendit-il par ailleurs. La seule chose qu’il comprit, c’est qu’on parlait de lui sur des relations… privées. Et la seule chose qui lui passa par la tête ce fut « C’est quoi ce délire ? » 

 

***

 

 

         « Q-QUOI !? » Ce fut ce qu’avaient entendu toutes les personnes qui s’étaient trouvées à proximité de la tour du Hokage.

 

Pour la plupart, ils avaient reconnu la jeune voix du Hokage Rokudaime et il était paru logique que ce cri mêlant colère et surprise avait concerné ce qu’il venait d’apprendre. Naruto avait bien sûr fait le chemin, gêné et intrigué jusqu’à son nouveau palais… D’abord curieux de redécouvrir le bâtiment, il avait été accueilli par tout le personnel administratif et les ninjas qui stationnaient à l’endroit. En bonne et due forme, joyeux, il les avait salué avant de finalement monter jusqu’au bureau où un mois auparavant il y rencontrait Tsunade. Shizune était bien sûr là, et après une gentille accolade, elle l’avait mené dans son bureau, où elle avait durant son absence, exécuté le tri des derniers rapports. Il s’était ainsi installé dans le gros fauteuil derrière le bureau, amusé, se rendant compte que très confortable, c’était la raison du pourquoi Tsunade s’y endormait si souvent… Sans compter le Saké…

 

Mais la quiétude et le repos n’avaient pas duré longtemps. Les trois doyens de Konoha, Koharu ; Homura et Danzō, étaient entré sans frapper à la porte, le surprenant vautré dans le fauteuil, les yeux fermés et un sourire détendu sur la figure. La vue du garçon pris en flagrant délit manqua de faire rire les deux premiers évidemment. Les trois restaient soulagés qu’il soit revenu sauf du voyage, n’étant pas crédule et sachant que le simple fait d’être hors du village mettait en grave danger le Hokage. Car les Kage, malgré leur niveau de combat et leur importance politique dans le monde, restaient dans le monde les plus grosse cible des chasseurs de prime. Même plus que les seigneurs féodaux. Les cinq Kage étaient toujours par défaut les cinq personnes les plus en vue dans le marché du crime, paradoxalement au fait qu’elles étaient aussi les cinq personnes les plus craintes pour avoir le pouvoir de canaliser le pouvoir d’un village caché au simple vouloir, sans jugement ni opposition. Ils étaient des chefs de guerre après tout.

 

Naruto s’était donc vite repris, penaud devant les trois doyens et émettant un rire gêné comme s’il avait été un enfant surpris de faire une bêtise. Il était peut-être Hokage, mais Koharu, Homura et Danzō restaient en quelque sorte ses intendants, ceux qui pouvaient se permettre de le juger, les plus proches de lui hiérarchiquement. Lorsque le Kage n’était pas là, les doyens d’un village, généralement d’anciens ninjas de classe S, avaient le devoir de diriger le village caché et de le superviser diplomatiquement. Les trois anciens prirent une chaise et vinrent s’assoir en face de Naruto, qui, les bras croisés bien enfoncé dans son siège, les regardaient. Etant revenu de Tetsu et Ame, même s’il savait que Kakashi et Yugao avaient dû faire leur rapport au conseil à propos de Tetsu, il lui restait à parler de Ame… Il devait après tous les prévenir qu’Amegakure était dorénavant en alliance avec le village.

 

- Bonjour Naruto-kun, prononça Koharu avec un petit sourire. Tu es en retard. Nous t’attendions depuis un certain temps.

 

- Je sais. J’ai eu plusieurs choses à faire en dehors du village, et j’ai plusieurs bonnes nouvelles à annoncer au village ! s’exclama-t-il dans un sourire sûr de soi.

 

Les trois doyens acquiesçant, Homura interrompit tout de même le jeune Hokage dans sa réplique.

 

- Naruto, c’était tout de même extrêmement irresponsable de ta part de renvoyer tes gardes et de errer hors du village seul ! On attend beaucoup plus de prudence de la part d’un Hokage. Si tu avais été attaqué, nous aurions eu de très gros problème. Aucun village ne peut se permettre de perdre un Kage fraichement nommé. Ce serait une catastrophe diplomatique.

 

- De plus Naruto-kun, le temps nous est compté en ce moment depuis que l’alliance élémentaire a été votée. Etant donné que tu es l’un de ses cinq commandants, ta disparition aurait pu faire échouer l’initiative de cette alliance, continua Koharu, avec le même regard sévère que Homura, et tout autant soucieux.

 

Naruto acquiesça silencieusement, comprenant aussi par-là que Kakashi les avait bien mis u courant des actes du sommet. Cela lui épargnait là un débriefing important. Il comprenait le jugement des deux aînés, comme ce qu’il avait fait pouvait être jugé fortement immature pour un Kage. Là encore, il avait eu de très bonne raison d’agir de la sorte. S’il était revenu à Konoha directement, Konan aurait été tué. La simplement idée de l’imaginer morte le rendait furieux contre Madara… Sachant qu’il semblait bien qu’ils avaient dépassé le stade ami entre eux. Il regarda Homura, puis répondit.

 

- J’avais de très bonne raison de faire ce que j’ai fait, et si j’avais laissé Kakashi avec moi, il se serait clairement opposé à le faire. Kakashi-sensei est un ninja qui prévaut la prudence et la retenue, réfléchissant d’abord. C’est louable bien sûr, mais dans ce cas, cela aurait été désastreux. Il faut parfois agir avant que les choses se passent…

 

- Nous sommes d’accord, mais malgré tout cela ne nous explique pas les raisons de t’éloigner de Konoha seul, Naruto-san… rétorqua Danzō d’un regard indifférent.

 

Naruto le jaugea du regard, avant de soupirer. De toute façon, il fallait le leur expliquer, donc autant le faire sans mâcher ses mots.

 

- Je vous ai caché quelque chose lorsque Pain a attaqué, dit-il sous l’étonnement des trois doyens.

 

Sous leur forte surprise ainsi que leur froncement de sourcils, les yeux bleu saphir du jeune homme changèrent pour deux Rinnegan, ces yeux froid et semblant sans vie. Omniscient et menaçant, inquiétant et glaçant. Et le rapport de Kakashi était vrai. Leur Hokage disposait sans nul doute du don le plus rare et puissant du monde shinobi. De quoi attirer l’attention du monde entier sur la personne qui dorénavant, ne cachant pas être le dépositaire du père des ninjas.

 

- D’après vous… Comment ai-je eu ces yeux… ? demanda-t-il, sous l’absence de réponse de ses interlocuteurs. Il était vrai qu’ils n’avaient jamais cherché à savoir comment Naruto avait obtenu le Rinnegan. Pain, de son réel nom Nagato Uzumaki, m’a légué son pouvoir après que nous ayons discuté sur la paix et notre détermination. En tant que élèves de Jiraiya, ce sujet nous portait tous les deux fortement à cœur. Je lui ai ouvert les yeux, et il m’a remercié en ramenant les morts à la vie et en me faisant cadeau de ces yeux. Mais Nagato n’était pas seul. Il y avait de présent Konan, l’une des deux autres élèves de Jiraiya. Elle faisait partie de l’Akatsuki elle aussi.

 

Naruto regarda Danzō d’une froideur qui cachait en tout point sa fureur, bien que appréhendée par les anciens, car palpable.

 

- Elle te connait Danzō-san… Ta visite en Amegakure il y a quinze ans leur a été gratifiante…

 

Ils ne répondirent pas, mais Danzō jura intérieurement. Le Rinnegan semblait sonder son âme au plus profond, comme si le blond savait…

 

- Vous me cachez énormément de chose vous trois… Des choses extrêmement noires… Que je n’ai absolument pas envie de savoir… Mais croyez-moi, le moment venu, vous parlerez. Est-ce bien clair ? demanda-t-il aux trois personnes devant lui, qui sans répondre, ne se contentèrent que d’acquiescer.

 

Il était normal que Naruto prenne mal ce qu’il avait sans doute découvert. Il découvrait des aspects très sombre et cachés de Konoha. Si la Konoha connue du monde était une feuille lumineuse, cristalline, sa face cachée elle, s’enfouissant dans la terre, était bien plus sale et écœurante que quiconque l’avait un jour imaginé. Konohagakure était un monument du secret, mais surtout, un monument du crime. Le crime permanent organisé par Konoha était sans nul doute bien plus grand encore que n’importe quel autre village caché. Et ses secrets dépassaient aussi l’entendement de beaucoup de personne. Il n’était pas dans les intentions de Naruto de mettre au grand jour les hontes et hantises de Konoha, mais, malheureusement, en tant qu’homme de justice, il allait être amené, forcé, à le faire un jour. Il ne savait pas s’il devait craindre ou non ce jour…

 

- Bien… soupira-t-il, ses yeux redevenant bleus. Konan était un membre de l’Akatsuki. Compagnon de Nagato durant toute sa vie, elle en faisait partie uniquement pour l’accompagner, partageant le même idéal de paix… Elle a cependant quitté l’Akatsuki à sa mort et voué hm… allégeance…

 

Il avait cherché ses mots alors qu’une petite rougeur apparut sans qu’il ne le veuille sur ses joues. Elle était tout de même la première femme qu’il avait embrassée et envers qui il éprouvait un attachement si étrange. Sa réaction ne passa pas inaperçue aux yeux des trois doyens, qui se doutèrent du type de liaison « d’allégeance » entre le jeune Hokage et la Ame-nin.

 

- Elle avait regagné Amegakure après la mort de Nagato… Mais même en Amegakure, je redoutais de la sécurité de Konan par rapport à… Madara Uchiha… continua-t-il sombrement, alors que les trois doyens eux aussi redoutaient ce nom. Après le sommet, les Kage se sont séparés. Le Raikage, la Mizukage et le Tsuchikage sont partis sans attendre à la recherche de Bee Yotsuki, le petit frère de A. Cependant, je suis resté en Tetsu no Kuni avec Gaara. Nous avons tous les deux renvoyés nos escortes ici et à Suna, et nous sommes ensuite partis le matin suivant pour Amegakure.

 

- Kakashi nous a aussi parlé de l’embuscade des ninja du pays du bois… intervint Homura.

 

- Je m’en doute. Ce n’est absolument pas important, Homura-san. Je vais m’occuper du clan Hannya moi-même, coupa Naruto. Je vais rattraper les erreurs de certaines personnes… Le clan Hannya désirait une immunité qui leur a été refusée par traitrise. Ce n’est pas une manière de faire.

 

- Et quelle serait la manière ? demanda simplement Danzō, avec un petit sourire provocateur, énervant Naruto.

 

- C’est simple Danzō-san, répondit-il avec le même sourire, je vais envoyer une lettre aux survivants de ton massacre, et leur demander une réunion officielle.

 

Les trois doyens haussèrent un sourcil. « Pour leur proposer quoi, une trêve ? » demanda Homura, amusé.

 

- Non… Pas une trêve, Homura-san, bien plus que ça ! En tant que sixième Hokage, je vais personnellement leur demander pardon au nom de la feuille pour les atrocités commise, et leur proposer de rejoindre Konoha, où ils seront traités par ma demande au même niveau que nos citoyens. Et ne dites rien là-dessus. J’y ai réfléchis depuis cette embuscade. Je m’occuperais moi-même de les convaincre… Mais nous dérivons du sujet… Je parlais de mon trajet vers Amegakure… Durant ce voyage, nous avons rencontré Madara… Nous l’avons appréhendé cependant. Il semblerait qu’il ait des problèmes en ce moment avec son organisation. Tel que je me doute qu’il est, il aurait profité du fait que je sois seul pour essayer de me capturer… Nous l’avons semé malgré tout.  

 

- Tu es donc allé en Amegakure ? demanda Koharu, sachant que le village n’avait jamais été facile d’accès.

 

Naruto acquiesça. Par la suite, il leur expliqua que Konan avait été presque tuée par Madara, d’où la nécessité de son intervention. Ils s’étaient rendu compte que si Naruto n’avait pas été présent, Konan aurait décédé suite à ses blessures. « J’ai alors convaincue Konan d’intégrer Amegakure à l’alliance élémentaire. » termina Naruto en souriant de fierté. Il pouvait l’être. C’était la première fois qu’Amegakure ouvrait totalement ses frontières.

 

Homura et Koharu s’échangèrent alors des paroles silencieuses, sachant qu’eux aussi avaient fort à dire au blond… Fort à dire n’était pas le terme approprié. Disons qu’ils avaient une nouvelle assez atypique à lui annoncer. C’est Koharu qui décida de parler.

 

- Naruto-kun, durant ton absence, il s’est passé aussi quelque chose…

 

- Hm ? Bah allez-y. Qu’avez-vous à me dire ?

 

Bien sûr, au lieu de répondre à son Hokage par la voix, la vieille doyenne avait préféré lui donner l’information par un moyen beaucoup plus simple et significatif. Elle avait sorti du classeur qu’elle avait apporté un document, qu’elle avait placé sous le visage de Naruto. Celui-ci à moitié intéressé, pensant que le sujet n’était pas si important, s’était alors mis à lire. D’une expression tout d’abord détachée et détendue, au fur et à mesure qu’il lut le texte, son expression se changea en gravité, avant de passer à la confusion, puis la surprise, et enfin le choc. Bouche bée, totalement ahuri, Naruto se mit à comprendre l’origine des regards soit outragés soit plein de luxure que la majorité des femmes dans la rue lui avait envoyé. Sous ses yeux, un passage écrit du document s’intitulé Uzumaki - ARC (Autorisation pour la Restauration des Clans.) défilait inlassablement dans sa tête.

 

« […] tout membre mâle d’un clan en extinction se verra dans le devoir de prendre plusieurs femmes pour compagnes, […] » « […] par conséquent, en tant que dernier légataire mâle du clan Uzumaki, Uzumaki-Namikaze Naruto est soumis à la loi internationale de restauration des clans. »

 

Les réactions de Naruto avaient alors été des plus comiques.

 

- Q-QUOI !? hurla-t-il totalement horrifié en observant le document. MAIS !!! Mais c’est une blague !! Vous déconnez là !?

 

L’expression ahurie du blond fit alors totalement céder Homura, qui se perdit dans un rire sans retenue. Koharu souriait malicieusement, et même Danzō ne put rester de marbre à l’expression du « vénérable » Hokage, un petit sourire se tissant sur ses lèvres. Il allait sans dire que la situation était vraiment drôle. Mais de quoi devait-il se plaindre ? Il allait réaliser là le fantasme d’un certain nombre d’homme… Un harem.

 

Et pour la seconde fois depuis une durée de temps réduite, Naruto ne pensa qu’une chose.

 

« Mais c’est quoi ce délire, ‘ttebayo ! »