Rokudaime Hokage, c'est moi.

par Etsukazu

Hokage

 

Ils ont saignés. Ils ont souffert. Ils ont désespéré, par moments… Mais ils ont persévérés à leurs façons. Deux Uzumaki, les deux seuls restants. L’un dans la pluie, l’autre sous les feuilles. L’un a abandonné sa raison pour la folie, il a choisi le raccourci, mais le second l’a remis dans le droit chemin, lui montrant qu’un sacrifice n’était jamais vain, jamais oublié, même dans le noir, et le désespoir. Les larmes… Ce fut ainsi qu’ils purent continuer. Verser tout deux leurs larmes pour les mœurs du passé, pour ce qu’ils avaient tout deux perdu, et sans doute, ce que tout deux gagneraient, une fois que le fléau passerait. Et tout deux se rencontrant, ce fut en affrontant la force de leurs volonté, qu’ils déterminèrent qui d’eux deux, fut le plus digne de continuer.

 

- Une fois que la paix sera revenue… Je ferais tout, pour la retenir.

 

C’était ce que Naruto avait dit, au bord de l’épuisement. Il savait qu’il ne pouvait plus rien faire que parler, alors il s’en était remis aux mots. Devant le dernier Pain, devant son cousin lointain, Nagato Uzumaki, il avait laissé son cœur parler pour lui.

 

- C’était les mots qu’Ero-sennin avait écrits dans ce livre. Il voulait changer le monde avec lui. A la fin de ce livre, il avait écrit un indice sur la personne qui l’avait inspiré, qui lui avait donné espoir… Ce nom, c’est le tiens, Nagato.

 

Suite à ces mots, le blond ne put réprimer une poussée de toux qui lui fit régurgiter un caillot de sang. Kyuubi ne le soignait plus, et ce n’était que par la force de sa volonté que le jeune Uzumaki tenait sur ses jambes. Son corps était brisé, son poumon droit transpercé, sa tête lui lançait d’affreuse migraine – Une commotion cérébrale.- Mais il ne bronchait pas.  

 

- Je… Je ne comprends pas, avait tout simplement dit Nagato, le regard perdu.

 

Konan, à sa gauche, observait, stoïque. Son regard passait de Nagato à Naruto, témoignant malgré son air impassible, une lueur d’inquiétude. Le doute s’était installé, depuis qu’elle avait vu, depuis la mort de Yahiko, la détresse et l’hésitation, dans les yeux de son ami. Pour la première fois depuis toujours, elle aussi, revoyait son jugement. Et elle ne comprenait pas.

 

- Il…

 

Naruto se remit à tousser de nouveau, il semblait à la limite de ses forces. Nagato et Konan l’observait curieusement, mais pas une seule fois dans leur esprit, n’était venue l’idée d’en finir maintenant, alors qu’ils en avaient largement les moyens.

 

- Il croyait en toi. Et il avait marqué ces mots… Les mêmes mots que tu avais dû dire, il y a longtemps. Je lèverais cette malédiction, et une fois que la paix sera revenue, je ferais tout, pour la maintenir !

 

Il toussa de nouveau, crachant toujours plus de sang. Les cernes sur ces yeux avaient grossi, et son regard devenait de plus en plus vitreux, reflétant la fatigue. La blessure dans son poumon tirait sur sa résistance.

 

- Mon nom est Naruto ! Le souvenir… Le plus précieux que j’ai d’Ero-sennin… Et c’est pourquoi je ne veux pas abandonner. Je n’ai pas le droit de souiller sa mémoire. Je n’ai pas le droit d’abandonner le rêve qu’il m’a confié. Je vais devenir Hokage, Nagato ! Je… J’apporterais la paix, une fois pour toute, en Amegakure, Nagato… Et c’est pour ça, que tu dois croire en moi !

 

Sa tirade terminée, il reprit son souffle saccadé, silencieux, le regard portant dans le vide, alors que son torse se soulevait difficilement. Il tenait toujours fortement le premier livre de leur maître dans ses mains. Nagato et Konan le regardaient toujours aussi impassible, jusqu’à ce que le shinobi d’Amegakure ne baisse la tête, plongé alors dans une intense réflexion. Naruto leva alors les yeux vers lui, et son regard croisa enfin celui du roux.

 

- Tout ce que j’ai dit précédemment sur toi et moi, et Jiraiya-sensei… Quand je disais qu’on pouvait se comprendre… Je mentais… dit-il, le timbre de sa voix témoignant une certaine émotion, alors que Konan à côté de lui, mordit sa lèvre dans l’inquiétude et la surprise. Tu es quelqu’un de particulier, Naruto… Je me vois en toi… Tu as choisi un chemin différent du mien. Tu as écouté la volonté de Jiraiya-sensei, ce que je n’ai pas fait. Je vois en toi un avenir différent, et je vois l’espoir. Je vais croire en toi. Uzumaki… Naruto.

 

Nagato fit un mudra, un simple mudra. Celui du bélier. Konan écarquilla les yeux de surprise, et de peur.

 

- Gedo rinne tensei no jutsu…  

 

- Nagato, ne fait pas ça ! C’est trop dangereux !

 

- C’est bon Konan… J’ai choisi de suivre à nouveau le chemin que j’ai laissé il y a longtemps… Je vais te ramener les mort d’aujourd’hui, Naruto… C’est la moindre des choses que je peux faire…

 

Bien que blessé et au bord de l’inconscience, Naruto observa, étonné, la technique de Nagato. Il se doutait bien la gravité d’une telle mesure. Nagato mourrait, il le savait. La vieille de Suna avait vaincu la mort et ramené Gaara au prix de sa propre vie. Il savait que ramener tant de mort de l’autre côté coûterait le même prix pour Nagato, et là, devant lui, il ne pu que ressentir un immense respect pour cet homme. Il se sacrifiait pour l’innocent, et même si c’était lui qui les avait tué, il aurait pu ne pas le faire. Naruto ressentit au loin une grande source de chakra, preuve que le jutsu mystérieux de son nouvel allié s’exécutait selon les normes… Et bientôt, au fil des secondes qui passèrent, les cheveux roux sombres du Ame-nin grisèrent, jusqu’à devenir proche du blanc, démontrant par là que sa force de vie avait presque totalement disparu.

 

- Nagato… murmura Konan, la  tristesse dans la voix.

 

- Je t’ai confié mon rêve Naruto… prononça-t-il au jeune garçon blessé devant lui. Je vais maintenant… Te donner mon cœur.

 

Naruto le regarda étrangement, ne comprenant pas ce que Nagato venait de lui dire. Konan était tout aussi confuse que lui. Nagato utilisa ses dernières forces pour faire de nouveau quelques mudras, la respiration haletante. Il les épela les uns après les autres, lentement.

 

- Tatsu, Nezumi…Hebi ! Gedo denshō reikon no jutsu

 

Soudain, son corps se mit à émaner du chakra à vue d’œil, et il fixa alors Naruto dans les yeux. Il cracha du sang, beaucoup de sang, et il ne prononça que trois mot. « Adieu, Naruto, Konan. » Puis, il exhala un amas blanchâtre qui alla s’écraser à toute vitesse contre le torse de Naruto. Et tandis qu’il ferma pour la toute dernière fois les yeux, l’amas de chakra intégra le corps de Naruto. Le blond tomba à genoux dans une douleur atroce, et se mit à tousser sans pouvoir ne s’arrêter quelques secondes. La toux se fit douloureuse, comme s’il toussa littéralement ses poumons, sa gorge le brûla, ses membres semblèrent s’étirer. Même ses cheveux le faisait souffrir, comme ci on les lui tirait. Son cœur battit à lui en faire mal. Mais le pire dans toute cette souffrance, ce fut la douleur de ses yeux. Il n’avait jamais connu une telle douleur. Il s’étala contre le sol, et d’abord gémissant, se fut des cris de douleur qu’il lança. Quelques minutes après, la douleur qui le tiraillait avait disparue, et il ouvrit alors les yeux. Et ce qu’il vit le laissa sans voix, presque horrifié.

 

Il voyait tout. Littéralement tout. Il voyait tout devant lui, sur plusieurs kilomètres. Il voyait même à travers les arbres. Un fond noir aux silhouettes blanches, dans les moindre détail. Puis tout redevint normal. Konan, devant lui, était stupéfaite. Le garçon avait grandit à vue d’œil, passant d’un simple corps d’adolescent à un corps d’adulte. Sa physionomie avait changé, son visage s’était aminci, sa taille avait augmentée, ses cheveux poussés, et ses yeux… Ses yeux s’étaient changés en deux Rinnegan, avant de redevenir bleus. Nagato lui avait littéralement transmis ses pouvoirs. Il avait vraiment cru en lui. Elle se retourna, bouleversée, vers le corps maintenant mort de l’héritier du sage des six chemins. Le Nidaime Rikudō-sennin était mort, en transmettant de nouveau son héritage. Elle ferma les yeux, et sereine, elle laissa l’arbre de papier qui les cachait se dissoudre dans une multitude de feuille blanche, laissant alors les rayons du soleil percer à travers les arbres, et illuminant dans un millier de joyaux blanc les feuilles qui tourbillonnaient autour d’eux trois.

 

 

         Konan et Naruto étaient tout deux devant les corps du Pain Tendō et de Nagato. Silencieux, ils les regardaient tout deux être lentement recouvert dans deux cocons de papier. Il n’y avait plus de tristesse, plus d’inquiétude. Il y avait de l’apaisement, au sein de la brise fraîche qui caressait leurs peaux. Konan regarda le blond qui observait, plongé dans ses pensées, les deux corps de ses deux amis défunts. Elle le regarda, dans ses yeux d’un bleu profond. Il était misérable, dans cette tenue d’haillons orange, et son corps était encore meurtri par les combats, mais il avait changé. Il ressemblait beaucoup au quatrième Hokage. Surtout avec ses cheveux blonds en bataille, et ses yeux bleus. Elle se concentra alors à recouvrir le corps de Tendō, sous les yeux attentif de l’Uzumaki.

 

- Tu emportes aussi celui-là ? Pourquoi ? demanda-t-il.

 

- Pain Tendō était le corps de Yahiko. Il avait beaucoup d’importance à nos yeux, répondit la kunoichi aux cheveux bleus.

 

- Je vois. C’était donc lui, Yahiko. Et donc, que vas-tu faire ? As-tu encore l’intention de faire partie d’Akatsuki ?   

 

Konan se retourna vers lui, et lui fit un sourire.

 

- Je quitte l’organisation. Nagato et Yahiko étaient tout ce qui comptait pour moi. Leur rêve. A Yahiko, Jiraiya-sensei, et Nagato… Il est maintenant sur tes épaules. Nagato t’a fait confiance. Il t’a donné sa propre âme. Tu peux donc compter sur moi. Moi et Amegakure te soutiendront quelque soit la situation, et nous poursuivront tous ce rêve à tes côtés.

 

Naruto eut un sourire triste, baissant les yeux. Il se rappelait encore les affres de sa vie, les difficultés qu’il avait eu, tout ce qu’il avait surmonté jusqu’à maintenant. Puis, les mots sages de Jiraiya, et la confiance aveugle que lui avait finalement donné Nagato. Il avait envie… De leur rendre hommage. De les remercier. Ce qu’ils lui avaient donné était un cadeau irremplaçable. Ils lui avaient donné leur vie.

 

- Ma volonté… Cette volonté de ne pas abandonner… Cette souffrance. C’est ce que j’ai hérité… De mon maître, et de son autre disciple !

 

Le sourire de Konan s’agrandit à ces paroles. Elle lui tendit la main, et ainsi, se forma un bouquet de fleur aux reflets blancs et bleus.

 

- Accepte alors ceci. Et devient la fleur de l’espoir qui ne fane jamais…

 

Naruto lui fit un sourire radieux, et posa les mains sur les siennes, serrant avec elle le bouquet. Peut-être était-ce le commencement d’un grand espoir. Et Konan était heureuse, car malgré la tristesse de la perte, elle voyait maintenant pour elle et son pays, un avenir radieux. Peut-être enfin, la pluie de larmes qui tuait chaque jour un peu plus Ame no Kuni, disparaîtrait. Peut-être pourrait-elle voir les premiers rayons de soleil perçant à travers ces sombres nuages.   

 

« Vous avez vu ça, Ero-sennin ?! »

 

***

 

 

         Et il était de nouveau seul. Konan partie, il se rendait compte qu’il n’avait tenu bon que par fierté de ne tomber devant personne. Il avait beaucoup marché, mais les blessures le faisaient maintenant trop souffrir. Il retira son blouson orange déchiré, et avec difficulté, passa une main sur sa poitrine maillée. Il la regarda, imbibée de sang. Il comprenait maintenant, la douleur. La blessure que Nagato lui avait infligé n’avait pas guéri. Il s’assit contre un arbre, essayant de reprendre son souffle. Après tout, il n’allait pas rester seul longtemps. Il regarda le ciel à travers la cime des arbres, et avala difficilement pour dégager sa gorge. Le goût métallique du sang bien sûr. Et bien, il ne s’était jamais autant battu de toute sa vie. Un combat à mort, peut-être son tout premier, véritable.

 

Forçant ses jambes à réagir, il se releva dans une grimace, et s’appuya d’une main sur l’arbre contre lequel il s’était assis. Et ainsi, il se remit à marcher en direction des ruines de son village. Il ne put s’empêcher de sourire, cette fois, à la simple pensée que Konohagakure, son précieux village, était sauf. Tous les morts qu’il avait sentis, parmi elles, Shizune, Kakashi, Fukasaku, étaient revenus à la vie. Savoir qu’ils étaient tous en vie lui arracha ensuite quelques larmes de soulagement. Il les essuya d’un revers de son bras nu, et reprit aussitôt la marche. Et il arriva alors proche de la sortie de la forêt, la lumière vive du soleil couchant filtrant à travers les imposants troncs d’arbres. Et pourtant, il n’avait plus la force. Il haleta bruyamment, essayant de canaliser la douleur de sa blessure et de ses membres douloureux, avant de simplement d’effondrer.

 

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu’à la place de rencontrer le sol dur et froid, il rencontra les bras d’une personne qu’il avait su mort, peu avant ; sa tête reposant sur l’épaule de l’ami mystérieux.

 

- Tu as été super, entendit-il.

 

Reconnaissant sa voix, les larmes ne purent s’empêcher de couler, alors qu’il ferma les yeux, sentant qu’il pouvait se laisser aller sur le dos de l’homme qui lui apportait son aide. Il releva alors la tête, et ce fut un homme masqué, l’œil souriant, qui l’accueilli.

                                                               

- Kakashi-sensei… Je n’ai vraiment plus de force…

 

- C’est rien, Naruto. Je vois que tu as subi un coup de croissance. Un peu plus, et je t’aurais pris pour un autre.

 

Naruto lui fit un sourire. Il manqua de s’écrouler, mais l’épouvantail le retint aussitôt, et prit son bras droit pour le poser sur ses épaules. « Tu as réussi, Naruto. Je suis fier de toi. » prononça-t-il, avant de commencer à marcher, lentement, vers Konoha, en soutenant fermement son jeune élève. Il regarda attentivement l’Uzumaki, cachant son étonnement. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi le jeune garçon avait pris de l’âge en si peu de temps. Lorsqu’il l’avait vu de loin, il avait tout d’abord cru voir le père du garçon, bien qu’il l’avait reconnu par les marques de moustaches sur ses joues. A bien y réfléchir, ça ne l’étonnait absolument pas, après le miracle qui venait de se produire. Tous les morts avaient ressuscité. Naruto avait une expression lasse, cependant, il ne dura que peu de temps, lorsque enfin, ils sortirent de la forêt.

 

La lumière les illumina, et relevant la tête pour regarder devant lui, l’héritage du quatrième resta ébahis devant le miracle accompli. Une immense foule s’étendait devant lui, et lui envoyaient une multitude d’éloge.  

 

- Naruto est revenu !

 

- Tu es notre héros Naruto !

 

- On a tous cru en toi !

 

Ils ne s’arrêtaient pas, et tous avaient des regards pleins d’admiration et de joie. Et tout ces cris de louanges, tous, furent gravés dans sa mémoire. Tous ces visages qui autrefois, ne lui avaient accordé que mépris ou tout simplement ignoré, étaient maintenant empli de bonheur et de joie de voir que leur sauveur était revenu sain et sauf. Les enfants, à qui ont avait appris à le fuir, l’approchaient maintenant, admiratifs, excités à l’idée d’approcher le ninja qui avait vaincu leur ennemi.

 

- Ils ont tous attendu ton retour, Naruto, rajouta Kakashi, constatant l’air d’incrédulité qui brillait dans les yeux de son élève.

 

- Je me suis permis de leur décrire en détail ce qui s’est passé, prononça Katsuyu, alors qu’elle reposait sur les épaules partiellement nues de Naruto.

 

- Naruto… Tu as très bien fait, dit-il en rassurant le blond, pour essayer de le faire sourire.

 

Il s’éloigna néanmoins rapidement, laissant place à un grand nombre de villageois et de shinobi qui vinrent entourer le jeune blond, pour le couvrir d’étreinte et d’éloge, le tout de façon très passionnée.

 

- Tu es blessé !

 

- Comment s’est déroulé le combat ?

 

- Cette blessure te fait-elle mal ?

 

Naruto hésita encore à toute cette attention qu’il reçut de la part des villageois. Jamais, jamais ses actions n’avaient reçut crédit de personne. Lorsqu’il avait vaincu Gaara, personne n’était venu le remercier. Lorsqu’il avait ramené Tsunade, rien non plus. Lorsqu’il avait plusieurs fois combattu Orochimaru, risqué sa vie contre l’Akatsuki, tous ses efforts n’avaient été récompensés que par le silence. Depuis lors, Naruto en était venu à douter que jamais ses réalisations ne seraient reconnues à leurs justes valeurs, qu’elles seraient ignorées et mises de côté par des simples « Le démon ».

 

Il n’avait jamais su que ses prouesses, ses victoires, aussi bien que ses échecs et défaites, étaient toujours des nouvelles et des commérages qui étaient les objets de nombreuses conversations parmi les villageois et shinobis.

 

Lorsqu’il avait échoué à ramener Sasuke, il lui arrivait de sentir littéralement la rancœur et le dégoût que lui donnaient les habitants de la feuille. Le mépris qu’on lui témoignait depuis toujours n’avait fait qu’augmenter, avec ce cuisant et décevant échec. Il avait été blâmé toute sa vie pour être le Jinchuuriki du Kyuubi, les habitants du village allant jusqu’à le prendre pour le Kyuubi lui-même… Et revenu de cette mission désastreuse de récupération du dernier détenteur du Sharingan, il était de nouveau injustement blâmé pour la désertion de Sasuke. De nouveau considéré comme un échec personnifié. Comme un perdant, comme un déchet.

 

Lorsque Hidan de Kawagakure, membre d’Akatsuki, avait tué Asuma Sarutobi, Naruto ne s’était jamais autant haï  de toute sa vie. Il se dégoûtait, ayant par son statut de Jinchuuriki, causé la mort indirectement à un ninja de Konoha. Le fils du Sandaime, et héritié des Sarutobi, pas moins. Il ne le connaissait pas autant que d’autres personnes, mais il savait qu’il avait une fiancée, il avait un enfant… Il avait une famille. Il était aimé par tous, et il était mort, d’une mort sanglante, seul, dans le froid.

 

Certains lui avaient dit qu’ils ne le blâmaient pas, qu’ils ne lui en avaient pas voulu… Mais il voyait dans leurs yeux ce mensonge. Ils lui en voulaient, beaucoup. Il aurait pu ne pas exister, ça aurait été pareil. Kurenai ne lui avait adressé jusque là qu’un seul regard, et ce seul regard n’avait été empli que d’amertume et scepticisme. Ino ne lui avait même pas reparlé.

 

Shikamaru ne lui en voulait pas, alors qu’il était tout à fait au courant de son rapport avec le Kyuubi et Akatsuki. Il ne lui en avait pas voulu, car il savait que ce n’était en rien sa faute. Mais, là non plus, ça n’empêcha en rien les ragots et paroles haineuses qui visaient à ternir sa réputation déjà peu fameuse.

 

Mais là. En ce moment, c’était… Son rêve. Son précieux rêve. Le rêve de toute sa vie, le rêve qu’il avait lorsqu’à cinq ans il était contraint de fouiller dans les poubelles pour survivre, son rêve lorsque le dix octobre, les villageois venaient le trouver et le frapper sans cesse et le battre jusqu’à chaque fois le laisser pour mort. Ce rêve qu’il pensait impossible. Il vivait son rêve, d’être aimé par les gens de son village. Il était finalement reconnu. Cette attention pour laquelle il avait lutté et souffert, juste pour en avoir ne serait-ce que l’illusion.

 

Et malgré cela… Ca lui semblait si faux. Il n’arrivait plus à comprendre. Ce sentiment d’apaisement. Cette aura de soucis, d’amour et de soin, tout autour de lui, juste pour lui. Ces mains qui se posaient sur lui, ces personnes qui l’étreignaient, qui lui souriaient. Ces dames qui embrassaient ses joues, ces enfants qui serraient ses jambes. Cette aura d’amour suffoquant.

 

Des petites larmes sillonnèrent sur ses joues, alors qu’un petit sourire se traça sur son visage.

 

Il était heureux. Vraiment heureux.

 

         Au loin, ressortant d’une branche d’arbre, Zetsu observait très contrarié les résultats du combat de Pain contre le Jinchuuriki Kyuubi. Devant lui, en contrebas, au loin, s’étendait le néant qui remplaçait maintenant Konoha. Et l’immense foule rassemblée. Il entendait les cris de joies des habitants de Konoha, tous vivants sans exception. Pain les avait irrémédiablement trahis.

 

- Franchement, qui aurait pu croire que Pain allait être battu ? Quelle déception, maugréa la moitié blanche.

 

- Allez. On doit prévenir Tobi. Allons-y, grogna son homologue noir.

 

Ils se renfoncèrent dans le bois, disparaissant totalement. Ce que Zetsu ne savait pas, c’était que Nagato avait fait plus que rendre la vie à ses victimes. Il avait offert beaucoup plus.

 

         Shikaku de son côté, observait avec un sourire, le garçon Uzumaki être choyé par les citoyens de Konoha. Il avait largement mérité tout cet amour, après avoir sauvé Konoha de la destruction totale. Il n’était d’ailleurs pas difficile pour le vieux chef des Jōnins de Konoha de savoir que l’ambition de l’ami de son fils était de devenir le Hokage. Le garçon, durant son enfance, avait hurlé à tue tête à qui voulait bien l’entendre, qu’il serait un jour le dirigeant de la feuille. Tous connaissaient l’objectif de l’Uzumaki.

 

De plus, Shikaku ne pouvait pas être plus fier de lui. Il était encore étonné à quel point le garçon avait progressé ces derniers temps, prenant les uns après les autres ses ennemis, persévérant sa formation de ninja, ses entraînements, sa carrière. Il était peut-être toujours un Genin, hiérarchiquement, mais il ne doutait pas que Naruto était… Le ninja le plus fort de Konoha actuellement.

 

Heureusement, le garçon avait aussi mûri considérablement, et sa maturité était très vite remarquable. Shikaku put y desceller les différences entre le blond d’autrefois, et celui de maintenant.

 

Naruto n’avait que dix-sept ans. Mais il ressemblait de plus en plus à son père. Personne n’avait besoin d’être un génie comme lui pour voir à qui ressemblait Naruto, surtout maintenant qu’il avait subit cette étrange transformation l’ayant fait vieillir de quelques années. Etant un ami proche de Inoichi, et de son clan, il savait que ces derniers étaient très connus pour leur couleur de cheveux unique. En effet, les cheveux blonds étaient très rares dans le monde ninja, encore plus dans le pays du feu, et les Yamanaka ont été avec Naruto et Tsunade les seuls blonds dans Hi no Kuni.

 

Il sourit de nouveau à sa vue. Nul doute que ce garçon serait un pilier sur lequel Konohagakure devrait essentiellement se reposer très prochainement. Il faisait d’immense progrès, se renforçant, et il avait certainement dépassé les générations précédentes. Il avait vu de loin le début du combat mené contre Pain, et savait que ce niveau était au-delà du simple niveau Jônin. Il avait eu vent de la défaite cuisante de Kakashi. Ce fut dire, ni Kakashi ni même Chōsa, où encore l’escouade ANBU personnelle de la cinquième, dirigée par Yugao Uzuki n’avait réussi ne serait-ce que toucher Pain. Et Naruto l’avait vaincu, à lui tout seul.

 

Il sentit alors une pointe de chakra juste derrière lui. Un ANBU apparut.

 

- Un problème ? demanda-t-il sans se retourner.

 

- Une assemblée extraordinaire vient d’être exigée. En tant que leader des Jōnins, votre présence est requise immédiatement au palais du Daimyo.

 

- Déjà… ? dit-il, sans vraiment attendre de réponse de l’ANBU.

 

Il soupira. Il sentait déjà les complications venir. Les prochains jours ne seraient pas de tout repos. Ils seraient galères, comme dirait son imbécile de fils. Il quitta discrètement sa place, se préparant aussitôt à partir pour le nord à quelques kilomètres, en direction du palais du roi, et ce sans prévenir son ami Inoichi se tenant à côté de lui. La victoire écrasante de Naruto et de ses progrès resta cependant profondément ancré dans ses pensées.

 

***

 

 

 

         Naruto se trouvait dans une des tentes érigées pour abriter les citoyens de la feuille, maintenant que plus un seul bâtiment n’existait. Debout, il regarda à ses pieds, la forme inerte de Tsunade, couchée sur un matelas. Sakura et Shizune étaient agenouillées à sa droite, alors que Kakashi se trouvait à sa gauche, debout. Le blond faisait un légère pause, alors que dehors les villageois fêtaient sa victoire, ne manquant pas de littéralement lui sauter dessus à chaque fois qu’ils l’apercevaient. Mais le moment n’était pas à la joie actuellement. Le blond portait un simple T-shirt blanc uniforme, et un pantalon noir, ainsi que des sandales shinobis. Il avait besoin de repos, mais par-dessus tout, d’assurance. Il s’inquiétait énormément pour Tsunade. Sa Baa-chan a lui seul… Qui était dans un piteux état…

 

- Elle a utilisé une technique avec Katsuyu pour protéger le village… Depuis, elle est inconsciente. Honnêtement, je ne sais pas quand elle ouvrira de nouveau les yeux, dit Sakura.

 

La jeune femme était inquiète. Elle ne ressentait cependant pas l’inquiétude de Naruto et Shizune. Elle était une disciple de Tsunade, certes, mais ne pouvait pas se vanter d’être aussi proche de la Hokage Godaime que ne l’étaient Naruto et Shizune. Elle leva les yeux vers Naruto, toujours aussi étonné par le physique du blond. Elle l’avait revu quelques heures auparavant, mais manqua de ne pas le reconnaître. Il avait beaucoup changé, il ne ressemblait plus vraiment à un garçon de seize ans, et si elle avait dû lui donner un âge sans le connaître, elle lui aurait facilement fixé vingt ans…

 

Elle avait sérieusement besoin de lui parler.

 

- Tsunade-chan… prononça calmement l’Uzumaki, en s’étant agenouillé devant la Godaime.

 

Il passa le dos de sa main contre la joue maintenant abîmée par la vieillesse de sa mère de substitution. Le jutsu qu’elle utilisait pour cacher son âge n’étant plus en fonction, elle avait l’air si… Fragile et faible. Si fatiguée. Cette vue lui fit presque mal au cœur. Sa Baa-chan souffrait, et il ne pouvait pas l’aider. Il soupira. Elle était vivante, et rien que cette pensée le rassura mille fois. Il avait déjà perdu Jiraiya. S’il perdait Tsunade, il ne pourrait jamais s’en remettre.

 

***

        

 

         La réunion du conseil était tout aussi déplaisante que Shikaku l’avait imaginé. Après une demi heure de route jusqu’aux palais du Daimyo, il avait aussitôt rejoins la salle du haut conseil… La salle, circulaire, était entièrement vide, si ce n’était pour la longue table de pierre rectangulaire. Cinq sièges étaient disposés sur les deux longueurs de la table, ainsi que le grand siège du Daimyo à son extrémité, arborant le kanji du pays du Feu.

 

D’un côté, les cinq hauts consultants du seigneur du pays du Feu étaient installés, alors que sur la table s’étalaient plusieurs documents et rapports sur l’attaque qui avait eu lieu, et diverses informations financières concernant Konohagakure.

 

De l’autre côté, en face des cinq hauts conseillers du Daimyo, étaient installés les cinq grands représentants de Konoha. Les deux doyens conservateurs, Homura Mikotado et Koharu Utatane, les deux anciens coéquipiers de Hiruzen Sarutobi, à côté d’eux, Danzō Shimura, un autre doyen, le leader de la section Ne, toujours en activité. Le leader de la section ANBU de Konoha, sur le dos de son manteau étant écrit « Kyaputen-Kommanda », démontrant par là son statut de Ansatsu numéro un. Et bien sûr, Shikaku Nara, le leader du contingent Jônin de Konohagakure.

 

Kōkei Shijimi, le daimyo, présidait la réunion et avait parole absolue. C’était lui qui prenait les décisions, et s’éventait de temps en temps de son éventail, de manière surfaite. Il ne semblait pas atteint par la tension naissante dans la salle, mais Shikaku savait qu’il en était tout autre.

 

La tension dans la salle était palpable.

 

- Nous avons l’intention de continuer notre combat contre l’organisation « Akatsuki » avec l’aide des nations alliées, prononça alors Homura, brisant le silence.

 

- Puisque le village est en ruine… Vous pouvez compter sur l’instance du pays du feu pour aider à sa complète reconstruction, répondit un jeune conseiller portant des lunettes. Nous devons d’abords estimer les coûts d’une telle initiative… Et surveiller les autres nations qui pourraient éventuellement…

 

- Je pense qu’il y a beaucoup plus important que cela…

 

Alors que le conseiller avaient saisit un document devant lui tout en parlant, il avait été coupé par Danzō. Le vieux faucon de guerre n’avait que faire des problèmes budgétaires, qu’il jugeait totalement insignifiant et sans importance. Il avait un objectif précis, et il était prêt à bondir dessus, envoyant au diable le reste. Dans ses yeux d’air impassible, se cachait cependant une véritable fourberie.

 

- Nous devons élire un nouvel Hokage, impérativement.

 

Le silence régna alors sur la salle.

 

- Ne ferait-on pas mieux d’attendre le bon rétablissement de Tsunade ? demanda, d’un œil suspicieux, le daimyo.

 

Danzō fronça les sourcils aussitôt, n’aimant pas laisser un imbécile tel que le daimyo dicter le court des évènements.

 

- Daimyo-sama, l’état comateux de Tsunade risque de durer longtemps. Vu l’état du village, nous nous devons de prendre des mesures nécessaires, et si elle n’ouvre pas les yeux... prononça alors Koharu Utatane.

 

Elle laissa le silence planer quelques secondes, avant de reprendre pour un seul argument que Shikaku jugea à ce moment très futile. « Elle est par ailleurs en grande partie responsable de ce qui vient d’arriver à Konoha. »

 

- Hmm… J’aurais bien choisi Jiraiya pour cette fois, mais maintenant qu’il n’est plus parmi nous… Dommage, je l’appréciais très particulièrement. D’autre suggestion ? demanda le daimyo, en interrogeant du regard les membres de la session.

 

Danzō masqua un sourire mauvais. Sa chance se présentait comme sur un plateau d’argent ! « Si je peux me permettre… » commença-t-il lentement.

 

- Je recommande Kakashi Hatake !

 

Danzō axa son regard menaçant sur le Jônin à sa gauche, extrêmement contrarié. Il savait que ce dernier tentait de détruire ses plans.

 

- Ah oui… ! Le fils du Croc Blanc, s’exclama le daimyo. C’est un bon choix. Qu’en pensez-vous, vous autres ? demanda-t-il à l’intention de ses conseillers.

 

- Et bien… Nul ne peut nier qu’il s’agit d’une personne forte et respectable.

 

- Cependant… ne pensez-vous pas qu’il soit trop jeune ?

 

- Minato était encore plus jeune…

 

- Qui était son sensei ? demanda le conseiller au lunette.

 

- Le Yondaime, s’empressa de répondre Homura, plutôt séduit par la possibilité de Kakashi sixième Hokage.

 

Le daimyo fut soudainement très amusé. Il rit légèrement en faisant le lien entre les ninjas. « Le Yondaime étant un disciple de Jiraiya qui était lui-même un disciple du Sandaime… Je n’y vois donc aucun… »

 

- Sauf que c’est l’enseignement du troisième… Qui a mené le village à sa propre destruction ! tonna Danzō en coupant littéralement la parole au daimyo.

 

Ce dernier, offensé par le comportement irrespectueux du vieux conseiller, avala. Les consultants du pays du feu étaient eux aussi contrarié par cette absence de respect envers leur roi et le Sandaime.

 

- Le leader de l’Akatsuki, celui qui a détruit le village, était un disciple de Jiraiya ! Voilà ce qui arrive lorsqu’on donne du pouvoir aux autres pays par pitié ! Vous êtes bien naïfs tous autant que vous êtes ! maugréa Danzō, ne se retenant absolument pas d’injurier les conseillers et le daimyo.

 

Il n’avait au départ pas imaginé procéder d’une telle façon, mais voyant que la balance semblait avoir penché en sa faveur, il continua sûr de lui.

 

- Ce genre de pensée naïve est faible ! Et c’est cette faiblesse qui est à l’origine de la trahison de nos alliés de Suna ! De la tentative de destruction de Konoha par Orochimaru ! De l’invasion d’Akatsuki !

 

Danzō fit une légère pause, avant de reprendre.

 

- C’est aussi de cette façon qu’on a laissé s’échapper Sasuke, le dernier des Uchiha, pour en faire un ninja déserteur !   

 

Aussitôt, il se leva brutalement, en sursaut, donnant un coup de canne au sol.

 

- De quel genre d’Hokage avons-nous besoin maintenant ! cria-t-il. D’un qui soit capable de nous sortir pleinement de cette crise, d’apporter la justice dans le monde des shinobis et de renforcer les lois qui nous gouvernent ! Et cet Hokage inespéré, c’est moi !

 

La salle fut silencieuse. Le seigneur du feu s’en retourna vers ses conseillers qui se mirent à converser silencieusement entre eux, soucieux d’un tel argumentaire de la part du vieux doyen, et essayer de déterminer les avantages et les conséquences de choisir comme Hokage Danzō Shimura. Après quelques minutes, un conseiller décida de parler pour les autres de leur décision. « Peut-être… devrions-nous laisser le poste à Danzō, daimyo-sama. »

 

Kōkei Shijimi décida que si ses conseillers approuvaient l’avènement de Danzō, alors il n’avait aucun problème à le laisser prendre le poste de Hokage. Après tout, Danzō était âgé, sa place ne serait que temporaire. Il ferma les yeux, et s’apprêta à parler.

 

- Ne soyez pas influencé par ses paroles fanatiques et aussi peu arbitraires ! prévint Shikaku.

 

- Très bien, c’est décidé, prononça le daimyo sans tenir compte des propos du cerf.

 

Le Nara réfléchissait à une façon contrer la stratégie de Danzō. Si Kakashi avait été jugé inacceptable en raison d’aspect aussi futile, il devait trouver une personne qui suscitait le respect et la consécration. Une personne forte, qui était respectée du peuple de Konoha et de ses ninjas. Son esprit porta alors aussitôt sur une personne en particulier. Naruto. Il était beaucoup plus puissant que Kakashi. Il était très respecté, et avait beaucoup de pouvoir. Bien qu’il était trop jeune, Shikaku le savait… Au mieux, le garçon lui servirait à distraire l’attention de la réunion, qu’il puisse trouver durant ce temps un ninja très bon candidat au titre.

 

- Je propose Naruto Uzumaki !

 

A contrario à la candidature de Kakashi qui n’était pas aussi sérieuse que celle-ci, il s’attendait là à ce que la moitié du conseil ne se mette à rire, si ce n’était pas pour la tension qui avait été de nouveau installée après le discours de Danzō. Ce ne fut pas le  cas cependant. Homura par contre, laissa s’échapper un rire moqueur, se demande quelle mouche avait donc piqué le chef des Jōnin. « S’il vous plait Nara… Expliquez moi comment Naruto ferait un meilleur  candidat que Danzō ? » questionna-t-il, avant de se remettre à rire. Danzō n’était en revanche pas si amusé, et au contraire, était étonnement calme après la mention de Naruto.

 

Le chef du clan Nara réfléchit, respirant profondément en réfléchissant à comment il pourrait défendre sa proposition contre Homura, qui semblait vraiment réticent à l’élection potentiel de Naruto. Naruto Uzumaki, sixième Hokage. L’idée devenait à ses yeux de plus en plus attrayante.

 

- Et bien, Shikaku, maintenant que vous en avez  fini, pourquoi ne pas passez à …

 

- Excusez moi, Homura, j’aimerais écouter Shikaku. J’ai beaucoup entendu parlé de ce jeune personnage, Naruto Uzumaki, depuis déjà quelques années, intervint Kōkei Shijimiétant plongé alors dans une  certaine réflexion, que les deux doyens, sans compter Danzō, prirent comme une menace potentielle de perte de leurs influences dans le village caché de la feuille.

 

- Seigneur du Feu ! Je proteste ! Il est beaucoup trop jeune ! répliqua aussitôt Homura, tenacement, et de par ce fait, intriguant le daimyo qui silencieux, se contenta d’observer les réactions d’Homura.

 

- Ah… Vous avez raison conseiller. Mais je pense que nous entrons dans un temps de changement, où l’âge et le pouvoir… Deviennent de moins en moins liés.

 

Les mots d’expériences du daimyo firent taire un instant le doyen. « Souvenez-vous. Itachi Uchiha était le Kyaputen-Kommanda de la section ANBU, à seulement douze ou treize ans… »

 

- Et regardez comment tout cela s’est terminé ! Il a cédé sous la pression, finissant par assassiner son clan ! déclara avec agressivité Danzō, en colère contre l’idiotie du daimyo.

 

- Il n’est d’ailleurs pas aussi émotionnellement préparé comme le prodige Uchiha. S’il vous plait, daimyo-sama, entendez raison. Il n’est qu’un simple Genin, s’exclama Koharu avec dédain, surtout sur le mot Genin.

 

- Sans parler qu’il était le dernier de sa classe à l’académie ! rajouta Homura.

 

Shikaku jura à ces arguments. Quelle hypocrisie.

 

- Passer de Genin à Kage est tout simplement inconcevable ! cria Koharu, renchérissant les protestations.

 

Le daimyo observa les autres membres de la réunion, et soupira, voyant que la situation ne semblait pas progresser le moins du monde.

 

- Il n’est pas prêt, vous avez peut-être raison. Toujours est-il que vous devez juger du jeune homme par sa maturité actuelle, et non pas par celle des autres enfants du même âge, dit-il, avant de rire. Après tout cela, nous n’avons même pas entendu les raisons de Shikaku d’une telle proposition, et je dois dire que je suis assez intéressé. Shikaku ? demanda-t-il en le regardant, à la fois avec amusement et respect.

 

Le Nara soupira, ennuyé légèrement par cette réunion. D’un soutient zéro sur lui, il avait renversé la situation.

 

- Mon seigneur, commença-t-il. Il semble que… Vous et vos conseillers, en tant que membres éminents de réunions extraordinaires, pouvez entendre des secrets de classe S ?

 

- En effet Nara-san, oui, nous sommes autorisés. Continuez.

 

- Naruto Uzumaki est un Genin, certes, dit-il en regardant les deux doyens avec amertume. Ce que Homura et Koharu ont omis de préciser, c’est qu’à l’époque des examens Chuunin, Naruto aurait obtenu son diplôme, si ce n’était pas pour l’invasion qui a clos l’évènement, bien entendu. Durant cette période, il a défait le réputé Jōnin actuel Neji Hyuuga, ainsi que le Godaime Kazekage Sabaku no Gaara, rajouta-t-il.

 

Il fit une pause, pour que le daimyo et ses conseillers puissent assimiler l’information.

 

- Lorsque nous avons examiné les détails de l’invasion, il est paru que Gaara était la carte maîtresse de l’attaque, étant donné son statut de Jinchuuriki de l’Ichibi no Shukaku. Et Naruto l’a vaincu à lui seul, prononça-t-il avec  fierté dans la voix. Il a aussi fait face à Orochimaru et Kabuto Yakushi, un Jōnin hautement qualifié, qu’il battu avec une technique classée au rang A. Il a aussi très récemment défait l’homme qui, avec une seule  technique, a réduit Konoha no satō à néant. Un homme que pas même Tsunade ou Jiraiya ne pouvaient vaincre. Un homme qui dirige le groupe de terroriste composé des plus puissants nuke-nin du monde ninja.

 

Il refit de nouveau une pause, avant de reprendre son argument.

 

- Et par-dessus tout, il montre une grande compassion et des soins pour chaque personne vivante, termina-t-il avec un grand sourire.

 

- Un ninja miséricordieux. Pff, qui pourrait suivre un ninja qui ne tuerait pas pour son pays ! railla Danzō avec un timbre de moquerie dans la voix.

 

Le daimyo s’exprima alors. « C’est vrai, un shinobi qui hésite à tuer quelqu’un qui tenterait de me tuer ou vous, dans un futur incertain… » Shikaku hocha la tête, donnant raison au daimyo sur ce point, mais le temps qu’avait passé son fils avec Naruto lui avait montré la subtilité du jeune Uzumaki.

 

- Mon fils Shikamaru, dit-il, a sentit la mort et le mal émaner de Gaara, le Kazekage, lorsqu’il était jeune. Il m’a dit que Gaara l’aurait tué sauvagement s’il avait simplement fait l’erreur de prononcer un mot de travers. Suite à leur combat, Naruto a eu la chance de le tuer. Gaara était aux portes de la mort, et pourtant, Naruto l’a épargné. Grâce à cela, Gaara vit maintenant une vie paisible en tant que Godaime Kazekage, et nos relations avec Sunagakure n’ont jamais été aussi fortes et fluctuantes ! Pain, le chef de l’Akatsuki. J’ai eu vent de fait que Naruto l’avait épargné lorsque celui-ci était à sa merci, et regardez ce qui est arrivé ? Shikaku demanda, à l’attention de tous dans la salle, en particulier les doyens et le daimyo.

 

Un silence plutôt serein s’installa, et Shikaku fit un sourire sûr de soi.

 

- Nagato ramena du monde des morts tout ceux qu’il avait tué, et si ce n’était pas pour Naruto et son cœur d’or, nous serions en ce moment en train de creuser des millier de tombes plutôt que de penser à la reconstruction du village.

 

Il s’enfonça dans son siège, et croisa alors les bras derrière la tête.

 

- Naruto a permis de très nombreuses relations à Konoha avec de nombreux villages et pays étrangers. Les oiseaux, les légumes, le printemps, la cascade, les vagues, pour ne citer qu’eux ! Je pourrais continuer, la liste est assez longue, mais mon point étant fait là-dessus : Naruto n’est pas qu’un ninja puissant de notre village en terme de ninjutsu. Il l’est aussi politiquement, pour la simple et bonne raison qu’il nous donne des alliés, s’exclama-t-il, avant de laisser un petit rire lubrique sortir, ce qui étonna les autres membres de la réunion. D’ailleurs, si je me souviens bien, il y a eu plusieurs contacts de pays étrangers désireux d’organiser des mariages politique, avec parfois les daimyos eux-mêmes, je retiendrais Shion du pays du démon et Koyuki du pays du printemps, impliquant uniquement Naruto. Apparemment, le garçon a laissé de fortes impressions sur les jeunes femmes de nos alliés.

 

Shikaku sentit alors à ce moment là tout les membres de la réunion, excepté Danzō, trouver en Naruto un dirigeant beaucoup plus séduisant que le vieux faucon de guerre.

 

- Juste à l’heure actuelle, la totalité de Konoha fête et célèbre sa victoire contre Pain. Ils sont en train de le féliciter et l’acclamer. Il a le respect de nos shinobis, contrairement à certains autres candidats, dit-il en ignorant le regard colérique que lui adressait un certain concerné. Il a été formé par Kakashi durant son temps Genin, puis est devenu l’apprenti de Jiraiya…

 

Il inspira alors fort, se préparant aux conséquences de révéler un tel secret, que même les deux coéquipiers de Hiruzen ignoraient.

 

- Et aussi longtemps que le secret de classe S existe, il n’est officiellement pas l’enfant de Minato Namikaze.

 

La salle a aussitôt cédé dans un brouhaha de protestations, très vite stoppé lorsque le daimyo leva la main pour calmer les membres choqués et indignés. Le daimyo resta cependant tout à fait silencieux, d’un sérieux à toute épreuve.

 

- Il a le patrimoine.

 

Il pensa au talent non feint du quatrième.

 

- Il a la puissance.

 

Il pensa à tous ces combats victorieux, contre Gaara, Orochimaru, Akatsuki.

 

- Il a le respect des shinobis et villageois de Konoha, sans compter de nombreux pays étrangers et dames de tout horizons.

 

Il repensait cette fois aux lueurs qui devait s’élever du ciel, là où une immense fête se déroulait, comme lors de l’avènement du quatrième. Danzō vit le regard dans les yeux du daimyo, et savait que Shikaku était en train de convaincre cet imbécile. «  Il a reçut les mêmes enseignements qui ont fait de ce village ce qu’il est aujourd’hui ! » accusa Danzō en soulignant bien sûr les dommages reçus.

 

- Les enseignements du premier Hokage ont été adoptés par le second qui enseigna à son tour au troisième, répondit Shikaku. Le troisième enseigna à Jiraiya et Tsunade, la cinquième, qui embrassèrent tout deux ses enseignements. Puis Jiraiya enseigna au quatrième, mais aussi à son fils, Naruto, termina-t-il.

 

Il en démontra ainsi les connexions au daimyo maintenant très convaincu.

 

- Danzō demande le changement ! Il dit que se sont ces enseignements qui ont détruit Konoha ! continua-t-il, avec l’attention total du daimyo. Mais pourtant, ces enseignements, cette compassion et cet altruisme, la volonté du feu… ! Ce sont des valeurs qui nous sont proches, qui font ce que nous sommes depuis toujours. Si on écoutait Danzō et toutes ses méthodes, alors il n’y aurait plus de paix, plus de pitié, ni de tolérance ! Il y aurait juste la guerre.

 

Si Shikaku avait pu mourir d’un regard à cet instant précis, alors il serait mort plus d’une fois, suite au regard que lui adressait Danzō. Il savait qu’il se mettait en défaveur du vieux doyen, mais il valait mieux avoir n’importe qui d’autre à la place du Hokage que lui, et Naruto lui paraissait à ce moment le candidat… Idéal.

 

- Naruto est à ce jour… Le seul shinobi qui suivra la voix qu’ont emprunté les précédents Hokage, cette voix qui nous a fait survivre à trois grandes guerres ninjas et qui nous a élevé dans le monde ninja comme la première grande puissance shinobi. Naruto Uzumaki mérite le titre plus que quiconque dans ce monde, et encore moins ce vieux faucon de guerre ! tonna-t-il en pointant ostensiblement du doigt le vieux leader des Ne.

 

Danzō fulmina alors, totalement indigné qu’on lui volait son objectif juste sous son nez. « Je prot-… ! »

 

Le seigneur du Feu leva aussitôt la main, coupant de suite les revendications naissantes, tandis que soulagé, Shikaku respira profondément.

 

- Vous avez expliqué votre avis Shikaku, dit Shijimi avec un sourire. ANBU-san, comment réagiriez-vous à devenir le subordonné de Uzumaki Naruto ?

 

L’ANBU masqué, d’un calme complet, ne bougea pas à la question du daimyo. Il croisa lentement ses bras, se préparant à répondre à son roi.

 

- J’ai déjà… Reçu pour mission de Sandaime-sama de surveiller étroitement le jeune Uzumaki plusieurs fois durant son enfance. Il m’est arrivé de le surveiller de nouveau après qu’il soit revenu de son voyage initiatique avec Jiraiya-sama. Naruto Uzumaki… En tant qu’individu, est d’un naturel maladroit, quelques fois, extrême. Le discernement est une notion, jusqu’à dernière nouvelle, qui lui est plus ou moins étrangère. Il éprouve des difficultés à exprimer ses sentiments et opinions au vues d’une enfance qui lui a été désastreuse.

 

Le shinobi masqué laissa quelques secondes de répit, semblant réfléchir à la formulation de ses propos. Son argumentaire avait laissé sourire Danzō, la description de son caractère n’étant pour le moins pas très méliorative.

 

- En tant que ninja… Naruto est très qualifié. Il est sans aucun doute un ninja beaucoup plus compétent que nous tous ici, et je ne m’abuserais pas en avançant le fait qu’il soit le plus fort ninja de Konoha à l’actuel. Il est persévérant, talentueux et très courageux. Je pense que si Tsunade-sama était ici, elle recommanderait également Naruto au titre.

 

- C’est ridicule, j’en ai assez enten- !

 

- Non ! C’est moi qui en aie assez entendu Danzō ! J’en ai assez de ce manque de respect de votre part, et je vous recommande de revoir impérativement vos manières sous risque de devoir quitter la salle, coupa aussitôt Kōkei. ANBU-san, continuez.

 

Le daimyo n’appréciait pas du tout lorsque le doyen se manifestait si irrespectueusement, ajouté à cela que ce jeune homme, Naruto, l’attrayait de plus en plus. Ses conseillers semblaient eux aussi très satisfait du jeune homme, et les deux doyens Homura et Koharu paraissaient eux aussi finalement assez  convaincu du mérite du jeune Uzumaki.

 

- Je parle pour moi… Et non pour les autres bien sûr. Mais pour mon temps d’observation du garçon, après analyse de sa carrière… Je donnerais sans hésitation ma vie pour lui, car je sais qu’il en ferait autant, sinon beaucoup plus pour moi, ou pour n’importe quel homme, femme, ou enfant de Konoha.

 

Il laissa échapper un rire attendrit derrière son masque.

 

- Pour moi, je pense que… pour obtenir et brandir le titre de Hokage de Konoha no satō, il n’y a pas meilleur que lui dans la mesure où… Il possède véritablement…

 

… La volonté du Feu.

 

Après ce discours, le daimyo, aussi bien que ses conseillers et les deux doyens coéquipiers de Hiruzen, restèrent silencieux. Finalement, le daimyo posa ses deux mains sur la table de pierre, et hocha la tête.

 

- Bien. J’en ai suffisamment entendu. C’est décidé.

 

Il se leva lentement, posant l’éventail - dont il se servait pour cacher la partie  inférieure de son visage- sur la table.

 

- En tant que Daimyo de Hi no Kuni, je nomme Naruto Uzumaki… Rokudaime Hokage.

 

La révélation fut frappante, et Kōkei Shijimi frappa finalement dans ses mains, un messager personnel du daimyo apparaissant instantanément à sa gauche.

 

- Faites quérir Uzumaki Naruto immédiatement, ordonna le roi, avec un petit sourire s’étendant sur ses lèvres.

 

- Ce sera fait mon seigneur.

 

Danzō serra les poings, se retenant d’attaquer ces personnes qui venaient de réduire à néant ses ambitions. Il aurait dû être le Rokudaime Hokage, pas cet imbécile de gamin Kyuubi sans valeur ! Il fixa le Kyaputen-Kommanda des ANBUs et le leader des Jōnins… C’était une victoire. Une simple victoire.

 

***

 

 

- P-Pardon ? demanda Naruto, complètement abasourdi par ce qu’on venait de lui dire.

 

- Nous, du haut conseil, t’avons nommer, Naruto Uzumaki, Rokudaime Hokage.

 

Naruto les regarda, choqué. Littéralement choqué. Il ne comprenait absolument pas pourquoi on l’avait choisi, lui, parmi des milliers d’autres. Il était pire que choqué ! Ses jambes tremblaient sous la déclaration.

 

- J-je… commença-t-il.

 

Cependant, il ne savait pas quoi dire. Il prit un siège, laissant ses jambes au repos dans un soupir, sous l’émotion oppressante. Le daimyo sourit à sa vue, assez satisfait de rencontrer le dénommé Naruto, et de voir ses réactions. Il ressemblait vraiment à son père. Identique, en fait, si ce n’était pas pour les étranges marques de moustaches sur ses joues.

 

- Vas-tu accepter ? demanda l’un des conseillers du daimyo, amusé par la façon dont avait réagis Naruto.

 

Le blond lui n’était pas aussi amusé. Bien sûr, il avait obtenu la reconnaissance totale des citoyens de Konoha, mais tout allait trop vite ! Pourquoi l’avait-on nommé LUI au poste de Hokage Rokudaime ? Comment étaient-ils sûrs qu’ils pourraient s’occuper du poste mieux que d’autres beaucoup plus qualifiés et expérimentés ! Il était trop jeune, beaucoup trop à son goût ! Il connaissait les enjeux d’être le leader d’un village.

 

Etre Kage demandait de la confiance. Cela demandait de la force, dans le ninjutsu, mais aussi dans le caractère. Il savait que le Kage était la figure du village. Lorsque l’on parlait d’un village, on pensait à son leader, et réciproquement. Naruto savait que le titre demandait un mental d’acier, et surtout, qu’il devait inspirer ses subordonnés. Il était secoué de la nouvelle admiration que lui portaient les villageois, mais c’était naturel pour un ancien paria.

 

Le seigneur du feu savait qu’il était fort. Une aura de puissance suivait le jeune homme lorsqu’il était entré dans la salle, et il n’était pas le seul à l’avoir senti. Le voir lui, Uzumaki Naruto, le ninja le plus puissant de Konohagakure. Il arborait au dessus d’un pantalon shinobi et d’un pull noir sa longue cape haori rouge à motifs de flammes noires. Ajouté à sa taille et sa ressemblance avec le quatrième, il était impressionnant. Il était impressionnant, et beau. En effet, le daimyo ne put nier un tel constat, Naruto Uzumaki était un très beau jeune homme, et il comprenait pourquoi la ravissante Koyuki Kazahana demandait à se marier au garçon. S’il était aussi idéaliste et doué qu’on lui avait dit, il ne faisait aucun doute pour Kōkei Shijimi que le garçon était tout indiqué pour être le Hokage sixième de Konoha.

 

Alors qu’il regardait le garçon pour le moins bouleversé, il commençait vraiment à sentir ses qualités, et il priait pour que ce dernier accepte de devenir le Hokage, auquel cas il serait contraint de choisir Danzō Shimura, et il n’était maintenant plus vraiment motivé par une telle perspective.

 

- Et bien… prononça le garçon, hésitant, alors que les occupants de la salle descellaient très facilement la confusion et l’affolement dans ses yeux bleus saphir. Je… Pourquoi moi ?

 

Le daimyo haussa un sourcil, intrigué de cette question pour le moins inattendue. Naruto demandait pourquoi l’aurait-on choisi lui, et non un autre. C’était une question idiote. On l’avait choisi lui, précisément, plutôt qu’un autre, la réponse était évidente. Un conseiller décida de répondre.

 

- Nous vous avons choisi, suite à l’opiniâtre discours de Danzō, qui souhaitait être à votre place, Naruto-san.

 

Naruto fronça les sourcils. Il n’était toujours pas convaincu du pourquoi l’avait-on choisi lui, même contre un doyen. De plus, le conseiller avait évité sa question. Il resta silencieux, ne levant pas le regard vers eux. Le daimyo soupira alors, à la fois amusé par la timidité du jeune ninja, mais aussi légèrement exaspéré par son état pour le moins oisif. Il gloussa. « S’il te plait Naruto, viens t’asseoir à côté de moi. » demanda-t-il, alors que toujours aussi introverti par cette situation, l’Uzumaki s’exécuta et vint s’asseoir à l’extrémité de la table, là où s’était auparavant assis Homura. Le daimyo leva son éventail en cachant son visage.

 

- Donc, Naruto-kun, explique-moi… Pourquoi pas toi ? questionna Kōkei, la taquinerie s’entendant dans sa voix.  

 

- Je… Je suis trop jeune… hésita-t-il.

 

- Quel âge as-tu ?

 

- S-Seize ans… répondit-il.

 

- Et donc ? Le Kazekage, un de tes amis de ce que l’on m’a dit, est à son poste depuis plus d’un an, et il est légèrement plus jeune que toi. Si l’âge n’est d’aucun inconvénient à Suna, pourquoi en serait-il différent à Konoha ?

 

Naruto le regarda, essayant de trouver dans les yeux de son roi ne serait-ce qu’un soupçon de mensonge, ou d’autre chose. Mais, tout ce qu’il arrivait à voir, était de la complaisance. Il ne savait pas comment réagir. Comment, de toute façon, était-il sensé réagir ? Pouvait-il seulement accepter ? Là, devant ce qui lui semblait être cinq hauts dignitaires de Hi no Kuni, les trois doyens qu’il apercevait quelque fois en compagnie du vieux Sarutobi – soit dit en passant, qui ne devaient pas particulièrement l’apprécier.- Mais aussi d’un ANBU qu’il savait important, et du père de Shikamaru… Il était totalement perdu. Il avait toujours désiré ardemment devenir Hokage, il n’avait juré que par ce rêve… Mais maintenant qu’il avait la possibilité de le réaliser, il avait peur.

 

- Mais… Je suis toujours Genin ! Je ne sais même pas comment diriger correctement u-une équipe ! Alors, comment p-pourrais-je diriger des milliers de ninjas ! Et… Je ne sais pas vraiment… Ce que vont penser les gens de moi… avoua-t-il, le dernier argument cependant murmuré.

 

- Ma, ma, Naruto-kun, tu t’inquiète pour beaucoup de choses. Corrige donc moi s’il m’arrivait de faire fausse route mais… Tu es le ninja le plus puissant de Konoha.

 

Naruto releva aussitôt la tête, une expression incrédule sur le visage.

 

- C’est vrai, Naruto-san, intervint alors l’ANBU. En maîtrisant totalement le Senjutsu, en développant plusieurs versions du Rasengan que pas même Yondaime-sama n’a put faire, et en battant plusieurs ninjas classés S, tu as prouvé ta place en tant que ninja le plus fort de Konoha. Pas un seul de nous n’aurait pu accomplir ce que tu as accompli. Saches-le.

 

- Mais… Je… Je manque de maturité… Comment pourrais-je gérer tout… Tous ces trucs politiques… Je n’ai jamais eu à faire à de telles affaires…

 

Le daimyo se mit à rire alors, attirant l’attention de Naruto, qui était toujours avec cet air attristé sur la figure. Le tourmenter était sans nul doute très amusant, mais maintenant il fallait qu’il cesse de penser aussi péjorativement de lui.

 

- Allons, cesse donc ces enfantillages Naruto. Tu as l’appuis de nous tous ici. ANBU-san a prouvé son point sur tes capacités de ninja, et tu omets que tu es admiré par ton village, mais pas seulement. Plusieurs pays étrangers vantent ta valeur, et appuieraient ta nomination au titre de sixième Hokage, crois moi. Tu as l’appui du commandant des ANBUs et de ses hommes ainsi que l’appui du leader des Jōnins, indiqua Kōkei, en montrant Shikaku et le  chef de la section ANBU.

 

Il soupira légèrement en voyant refléter la réflexion sur le visage de Naruto.

 

- Tu as l’appui de mes conseillers. Tu as aussi l’appui de plusieurs dirigeants et grandes figures étrangères. Je pense que Koyuki Kazahana, la reine de Haru no Kuni, ne t’est pas inconnue.

 

Cette fois, ce fut la surprise qui transparut sur le visage du blond. « Koyuki-chan ? » questionna Naruto, sans vraiment attendre de réponse de quiconque.

 

- Oui, Kazahana-san t’apporte son soutient, Naruto, dit-il, sans avouer que la reine Koyuki apportait beaucoup plus qu’un simple soutient au blond. Tu as le soutient de Sunagakure, étant donné que tu as la gratitude et le respect de Sabaku-san, mais tu as aussi le très vif soutient de Nami no Kuni, où tu sembles y être loué comme un grand héros.

 

Un sourire s’étira sur les lèvres du blond.

 

- Mais plus important encore, tu as le soutient de ton peuple. Ces personnes ne demandent qu’à te voir les guider en tant que Hokage, et en tant que tel, elles auront besoin de toi, termina-t-il en posant sa main sur l’épaule du potentiel Rokudaime. Alors, ninja. Vas-tu mener les tiens ? Vas-tu accepter cette offre que nous te faisons, comme récompense pour tous les sacrifices que tu as fais pour nous protéger ?

 

Naruto resta tout d’abord silencieux, regardant, immobile, le daimyo droit dans les yeux. Puis, petit à petit, un sentiment de joie enfla en lui, dans son ventre, ses poumons, son cœur. Sa bouche se fit légèrement sèche, puis, ses yeux s’humidifièrent. Il les essuya aussitôt, et attendit que les battements courroucés de son cœur ne s’arrêtent, que l’émotion ne s’apaise… Puis, la réponse lui vint, claire, précise… Lumineuse.

 

Il adressa un radieux sourire au daimyo.

 

- J’accepte votre proposition, daimyo-sama ! s’exclama-t-il, la joie palpitante dans son cœur.

 

La joie et la gratitude, mêlées à l’excitation, ainsi qu’un soupçon de mélancolie. Après toutes ces années, les gens désiraient son bien.

 

- J’accepte de devenir le Rokudaime Hokage, ‘ttebayo !