Laura

par tookuni

Cela devait être seulement pour Neji, mais finalement, Ils vont chanter pour leurs filles.

 

 

Laura

 

 

Laura, y a tant d'hommes que je ne suis pas.
Y a tant de phrases qu'on dit, que je ne dirais pas.

 

Lorsque Neji avait entendu de la bouche de Tenten qu’il allait être père, il avait cru s’évanouir. Lorsqu’il avait remarqué que son ventre gonflait, il avait décidé que cet enfant devrait être le plus heureux du monde. Lorsqu’il avait vu la petite fille pleurant qui était sortie des entrailles de sa femme, il était bel et bien tombé dans les pommes.

Naruto s’en serait moqué encore longtemps si, à son tour, il n’avait pas démontré son émotion lorsqu’étaient apparus ses propres enfants, quelques années plus tard.

Neji ne s’était jamais senti capable d’avoir un enfant. Il en était d’autant plus persuadé que les réformes au sein du clan Hyuuga prenaient un temps monstrueux et que Naruto n’avançait que trop lentement à leur goût à tous deux. Lorsque la petite Hitomi avait reçu son sceau, Naruto était entré dans une colère folle. Lorsque Neji était parvenu à le calmer, le conseil du clan, terrorisé, avait voté sans appel l’abandon de ce qui n’était déjà plus qu’une tradition. De toute façon, les seuls héritiers de la branche principale étaient les enfants de l’Hokage en personne.

Neji avait développé une affection sans bornes pour son unique et resplendissante fille. Elle était d’une douceur et d’une gentillesse sans égal. Elle lui rappelait sa merveilleuse cousine tout en étant beaucoup plus extravertie. Elle était également, en un temps record, devenue la plus puissante kunoichi de sa génération. Elle pouvait battre même ses coéquipiers Kagehiko et Haru. Elle ne montrait pourtant que rarement sa force destructrice.

Il aurait voulu lui dire à quel point il l’aimait et était heureux et fier qu’elle soit sa fille. Il aurait voulu lui demander pardon de ne pas avoir pu empêcher qu’on pose ce sceau sur son front. Il ne savait pas s’exprimer aussi clairement que Naruto. Il ne savait pas dire les choses comme sa mère savait le faire. Alors il s’était tu, et s’était contenté d’aimer sa fille de toutes ses forces, comme pour se faire pardonner d’être un peu distant et de ne pas pouvoir lui donner ce qu’elle pourrait attendre de lui. Il l’aimait sans le lui dire, mais le plus merveilleux était sans doute que la petite fille l’avait toujours compris.


Oh oh, Laura, j'aurais tant à apprendre de toi,
Tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas.

 

Neji n’aurait jamais cru autant s’épanouir à la naissance de son enfant. Le petit être lui avait appris à sourire plus sincèrement que jamais. Lui qui était si réservé s’était surpris à chahuter avec elle, à éclater de rire lorsqu’elle tentait un tourbillon divin et en sortait titubant d’un superbe tournis. Il se découvrait chaque jour un peu plus, partageant ses aventures paternelles avec un Naruto tout aussi émerveillé. L’homme lui avait dit fièrement que c’était parce qu’il admirait sa fille qu’il en avait aussi voulu une.

Etrangement, Naruto non plus ne trouvait pas les mots pour exprimer son affection à la petite Natsumi. Il avait l’air de croire qu’aucune de ses paroles n’était assez puissante pour dire à quel point il l’aimait. Neji l’avait compris. Il était d’accord.


J'ai poussé comme on respire,
Sans abri, ni foi, ni loi.

Ce qui m'a fait vivre était en moi.
Des caresses et des sourires,
J'ai souvent passé mon tour.
Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour.

 

Tous deux étaient semblables. Ils avaient souffert, n’avaient reçu que trop peu d’amour par rapport à ce qu’un enfant, même un futur ninja, devait recevoir. Ils avaient grandi en se battant, en lutant contre tous. Ils ne croyaient qu’en eux-mêmes et en leurs objectifs, chacun à leur manière. Neji avait inconsciemment, dès le début, voulu se battre contre son destin. Naruto n’en avait aucun de tracé et avait du lui-même imprimer ses pas dans la terre pour montrer la voie qu’il suivait. Tous deux avaient assez de volonté pour survivre avant même de se rendre compte qu’ils vivaient déjà. Neji avait perdu son père tout jeune, Naruto était orphelin. Ils n’avaient pas eu de parents pour leur montrer l’exemple. Ils ne savaient pas comment traiter leurs propres enfants, tout en souhaitant qu’ils soient heureux.


Laura, le temps passe et me remplit de toi.
Je n'avais besoin de personne et tant de place pour toi.
Oh oh, Laura, petit rien du tout mais tout pour moi,
Tous ces conseils qu'on donne, tu ne les entendras pas.

Hitomi allait finalement sur ses quinze ans. Pendant toute son enfance, elle avait été pour ses coéquipiers une grande sœur accomplie. A présent qu’eux-mêmes avaient grandi et s’étaient épanouis à leur tour, elle avait reporté sa tendresse sur la petite sœur de cœur qu’était devenue Natsumi. Natsumi, le Habanero Dansant, comme l’avaient appelée ses camarades. Naruto avait été ému de la chose jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que c’était parce qu’elle en avait parlé. Par la suite, il n’avait que trouvé sa fille plus merveilleuse encore d’être fière de sa famille et du nom qu’elle portait. Neji et lui s’étonnaient toujours de voir à quel point le bonheur de ces enfants les rendait entiers, matures. C’étaient ces deux petites filles qui semblaient leur avoir appris tout ce qu’ils ignoraient encore. Tous les conseils qu’ils avaient pu leur donner leurs revenaient, sublimés, et elles suivaient ceux qu’ils n’avaient jamais connus pour leur transmettre. Ils ne savaient ni l’un ni l’autre si leurs mères y étaient pour quelque chose. Ils en doutaient fort en matière de fierté, de volonté combative, de puissance. Ils ne savaient toujours pas d’où elles tenaient ces envies de force jusqu’à ce qu’un jour, ils assistent à l’un des plus beaux moments de leur vie. C’était Ino qui leur avait demandé gentiment ce qu’elles voulaient devenir plus tard. Elles avaient répondu en chœur un magistral :

 

« Je veux être comme papa. »


J'ai dépensé tant de forces
Pour des empires en papier,
Des rêves déjà presque oubliés,
Mais que le diable les emporte !
Tout me semble dérisoire,
Evaporé dans le bleu de ton regard.

Neji et Naruto, pères respectifs de deux filles magnifiques au grand avenir, se sentaient impuissants face à tant d’innocence. Elles savaient pourtant par quoi ils étaient passés. Peut-être même était-ce pour cela qu’elles voulaient tant leur ressembler. Ils étaient forts, finalement heureux, parfaits. Naruto, si puissant, Hokage de Konoha pendant ces dix ans, ne se sentait pas las de son poste, mais avait promis à Sasuke de s’occuper de son fils. En même temps, il avait dégagé un temps qu’il jugeait monstrueux pour se consacrer à ses propres enfants, et il ne regrettait sa démission pour rien au monde.


Laura, Laura,
Oh oh oh, Laura...

Je n'attendais rien de toi, qu'une raison d'être là,
Juste une trace avant de partir.
Oh oh, mais de tes rires et de tes bras,
Tu m'inventes un avenir, te regarder pousser me fera grandir.

Neji s’était demandé, avant qu’elle naisse, ce que pourrait représenter cette enfant pour lui. Naruto n’avait jamais pensé avoir une fille. Tous deux, éblouis, autrefois persuadés qu’elles ne constitueraient qu’une heureuse descendance, regardaient à présent leurs filles, la moitié de leur vie, grandir, rire, leur donner toute l’affection qu’ils pensaient ne jamais avoir pu leur exprimer. Naruto, qui croyait que sa vie s’était achevée lorsqu’il avait délaissé son poste, rêve accompli ; Neji, qui pensait avoir atteint sa liberté fantasmée et n’avait plus à se soucier de ce sceau maudit, rendant hommage à son père ; tous deux pouvaient encore vivre parce qu’ils avaient leurs filles. Neji l’avait remarqué pour lui-même comme pour Naruto : grâce à elles, ils continuaient tous deux de rayonner, d’apprendre, de grandir.

 

Haru, qui allait sur ses dix-sept ans, Kiba junior, même âge, se demandaient comment ils auraient le courage et pourraient faire l’affront à ces pères de leur voler leurs si précieuses filles. Elles, ne se posaient pas de question à ce sujet. Elles, quoi qu’il en soit, veillaient d’abord sur leurs géniteurs qui avaient encore tant de choses à apprendre d’elles. Elles, dix-sept ans, n’avaient encore qu’un seul et unique objectif : être comme leurs pères.

 

 

 

Fin

 

 

Non, pas encore =). Il en reste un. A la base, je comptais aussi écrire sur « Mon fils, ma bataille », en mettant encore en scène Shikamaru, Ino et leur fils. Mais je me suis dit que je ne pourrais jamais faire toute la chanson comme ça. De toute façon, Ino n’est pas ce genre de fille. Du coup, La dernière sera pour Kaze, celui que j’avais encore laissé tranquille, et il fera une belle fermeture.

Je ne sais pas trop quoi penser de cet OS ci, il est mignon, il exprime bien une évolution héréditaire, mais j’hésite quand à sa qualité émotionnelle… Surtout la fin, elle me déçoit beaucoup…