- Commencement

par lunik



« j'ai pas fermé l’œil, la putain de veille où tout est partit en couilles. »



L'école le rebutait, depuis toujours, et ça expliquais pourquoi, depuis toujours, il n'avait jamais su être attentif aux cours. Le travail, les leçons, les punitions, les heures de colle... tout l'énervait à souhait, toujours. Alors il passait son temps à sécher, justifier ses absences, et sécher encore. Aujourd'hui n'avait pas été une exception, il airait une nouvelle fois, sans but, dans le lycée, quand, ayant trouvé les cerisiers en fleur à son goût, il s'était affalé sur la balustrade des escaliers pour mieux les contempler de son regard las et énervé. Il bouillonnait de colère



« une promesse est une promesse... »





La blonde sourit faiblement devant l'air abattu et énervé de son cousin. Ils se taquinaient souvent pour mieux se parler, alors, voir son interlocuteur répondre de bien mauvaise grâce à leur coutume la troublait beaucoup trop.




« une putain de promesse est une une putain de promesse, merde ! »





La voilà la vérité, la raison pour laquelle le lycéen était de si mauvaise humeur. Il s'était fait rejeté par la belle Sakura, son amie d'enfance, celle qui occupait ses esprits depuis la primaire. La voilà la vérité, le malheureux souffrait d'une douleur à peine cachée. Il s'était ardemment accroché à cette promesse, et son bonheur tant espéré lui avait parut si proche qu'il lui était inconcevable de le manquer. Pourtant, voilà qu'elle le lui avait arraché, son bonheur si précieux. Et il saignait l'incompris, et il hurlait silencieusement sa rage, sa peur de la voir s'éloigner de lui peu à peu.



« et tu devras avaler mille aiguilles au moins si tu la romps. »





Il rendait l'air irrespirable.


Et ses fulminations semblaient grandement contagieuses.


Suite au départ de sa cousine, Naruto reporta son regard sur son initiale source d'attention : les cerisiers. Mais, rapidement, un tout autre spectacle vint titiller la concentration de l'adolescent. Un peu plus loin, un homme, à l’extérieur du lycée, semblait s'amuser à cogner contre le portail qui donnait accès au bâtiment scolaire. Le portail était fermé, et, on aurait cru que l’étranger avait, dans son geste puéril, l’objectif d'abattre son obstacle. Il faisait un tel chahut que, bientôt, le proviseur, suivit de deux de ses fidèles enseignants, vinrent à sa rencontre.




il n'eut pour seul réponse des grognements braques, les agissements de l'inconnu ne cessaient point.




C'était comme parler à un sourd. Excédé, l'un des deux professeurs, le professeur de sport, décida d'agir. Il se dirigea vers l'étranger, et, à travers les barreaux du portail, lui saisit le col en baragouinant quelques menaces. Ce contact électrisa l'inconnu qui semblait enfin prendre vie, il saisit violemment le bras de son assaillant avant de mordre impitoyablement dans sa chair. Le blessé se laissa tomber dans un cri épouvantable sous les regards horrifiés de ses collègues et de Naruto !


« Je fus, ainsi, témoin du début de la fin. »


Le professeur se figea pendant de longues minutes, assez longtemps pour que l'on commence à se demander s'il était toujours en vie, puis, il se remit machinalement sur ses pieds. Lentement, il observa ses confrères, lentement il les détailla. Plus rien ne se lisait dans ses iris qui étaient d'ores et déjà devenus grisâtres. Il aborda un sourire perturbateur, et, sans hésitation, il se jeta sauvagement sur quiconque étaient en mesure de respirer. Les cris de ses collègues mouraient entre ses dents, il ne les entendait pas, il ne les entendait plus !


« Les chemises blanches de mes profs qui se teintaient de sang, leurs hurlements, la mort dans leurs yeux, la mort qui me regardait, tout cela influençaient la vitesse de mon pouls et mon angoisse grandissante. »


Il avait assisté impuissant à cette scène sanglante. Fuir lui apparut alors comme une évidence. Il traversa escaliers et couloirs, courant à en perdre la tête, il lui semblait qu'il trébuchait à chaque pas, qu'il lui était impossible de courir droit. La phénoménale adrénaline que lui procurait la peur le bouscula jusque dans sa salle de classe où, il le savait bien, se déroulait le banal cours de géométrie auquel il avait fait faux bond.


« Sans que je ne réfléchisse, mes pas m'avaient entraîné jusqu'à elle. »


il traversa la pièce nerveusement. Sous les exclamations vaines du professeur, il rencontra les regards interrogatives de ses camarades, de son soit-disant ami, et, arrivé à sa hauteur, celui de Sakura. Il n’était pas question de se perdre dans ses beaux yeux vert anis, ni de rougir sur ses séduisantes lèvres pulpeuses, ou encore de fantasmer sur ses cuisses appétissantes. Non, dehors le danger grondait, et Naruto savait que le calme qui régnait en ces murs n’était qu'éphémère. Il se fit alors violence, résista à sa malveillante beauté, et lui saisit fermement le bras, la forçant ainsi à se tenir debout.





« Kiba, il avait l’agaçante habitude de toujours se sentir concerné dès qu'il s'agissait de Sakura. »


De quel droit se permettait-il d'intervenir, lui, ce prétendu ami qui s'était accaparé sa belle sous ses yeux ? Il ne la connaissait que depuis une année. Une année seulement ! Qu'était-il pour se croire digne de la projeter, de lui imposer son adoration ?

L'abjecte trahison ! Oh, Il osait, le félon, il osait encore le regarder dans les yeux, comme pour taire son affront. Méritait-il d'être sauvé le misérable ? Méritait-il sa clémence ? Sa sympathie à lui, Naruto ?

« Non, il ne méritait rien du tout ! »


Seulement, le souvenir d'une apocalypse nouvelle remit en question ses priorités. Quitte à sauver sa dulcinée, autant lui offrir le luxe d'emmener son petit ami aussi.



Intrigué par la détermination troublante de Naruto, Kiba se surpris à le croire sur parole. Il était près à obtempérer à chacun des ordres de l’adolescent. Pour la lycéenne aux cheveux roses, il n'en fut rien ! Et ce n'était pas les flamboyants iris bleus de son interlocuteur qui allaient mettre fin à son élan de rébellion.



« Pressé par le temps, je n'étais malheureusement pas en mesure d'écouter les insultes qu'elle m'envoyait en pleine gueule. À cet instant il était d'avantage question de la faire taire. »


Naruto lui asséna une gifle monumentale. Elle trébucha sous la douleur. Les plaintes du professeur amplifièrent.




« je mentirais si je disais que je n'ai pas ressenti un profond plaisir dans mon geste. Mon coup s'était révélé bien plus fort que prévu et, de ce fait, je me sentis plus léger ... j'avais apaisé ma colère. »



Elle porta sa main à sa joue tout en le foudroyant du regard.

Si le jeune homme, par sa violence, avait réussi à s'attirer les foudres de sa dame, il avait cependant réussi à la convaincre de la gravité de la situation : son agressivité n'était pas anodine.

Les trois étudiants se ruèrent en dehors de leur salle de classe. Ils traversaient les couloirs de l'établissement au pas de course, Naruto , bien évidemment, en tête de peloton, suivi de près par ses acolytes. Ces derniers, en dépit d’emboîter le pas de leur ami sans sourciller, ressentaient le besoin croissant d'avoir davantage d'explications à propos de la raison de leur fuite.




Un bruit rauque mis fin à son récit. C'était Kiba qui venait de casser la porte du casier des concierges. Il en extirpa deux manches à balai et le manche d'une serpillière.





Le jeune blond en fit de même, la solide impression qu'il tenait la chandelle au sein de ce trio ne le rendait que plus mécontent. Car oui, il n'était pas stupide, et les regards que se lançaient les deux amoureux trahissait l'atmosphère romantique qui empestait tout autour d'eux. Tandis que la mort sifflait son doux psaume à travers les murs, le couple se révélait être plus soudé que jamais.


« Ino avait su le deviner : j'étais mort de jalousie, et Kiba Inuzuka, je le detestais »


le bruit strident de la radio du bâtiment attira l'attention des lycéens. D'une voix tremblante, le CPE s'exprima. Il appela à la vigilance de chacun, prévenant un risque énorme mais demeurant flou sur sa nature et son origine, enfin, il ordonna à tout le monde de quitter l'établissement sur le champs. Après quelque secondes de silence, le fonctionnaire repris son discours sur un ton qui se voulait moins alarmant afin de calmer l'angoisse qui grandissait au sein de chacun. Il n'eut pas le temps d'articuler deux phrases, que ses mots, très vite, se perdirent dans une onomatopée bestiale suivi des hurlements de l'adulte. Il se fit dévorer en direct.





« Notre course reprit de plus belle. Nous étions tous déterminés à ne pas laisser place à la fatigue, pourtant, je voyais bien l'inquiétude gagner peu à peu ma fleur de cerisier. Elle était complètement effrayée, et j'étais le seul à m'en rendre compte . »


On pouvait entendre au loin le bruits d'une foule d'élèves apeurés se bousculant, se piétinant pour mieux avancer. Pour le trio qui avait déjà gagner le bâtiment voisin, ces bruits paraissaient bien lointain, aussi, ils avançaient sans donner importance au chaos qui se rependait derrière.


« On y échappa pas, la mort vint se mettre en travers de notre route »


Un homme apparut devant eux. Il tanguait à chaque pas, d’ailleurs, il avait cheville brisée. Il avançait toujours pourtant, piétinant sa blessure qui semblait indolore. À chaque pas un craquement terrifiant se faisait entendre, comme ci chacun de ses os se brisait au rythme de son avancé. Il grognait tel un animal sauvage, il en avait même l'odeur, et, dans ses balancements fiévreux, il laissait s'écouler de son corps du sang noirci.


Naruto n'en avait aucun doute, cette homme, qui faisait parti du personnel du lycée auparavant, représentait tous les symptômes de la folie qui s'entamait. Kiba et Sakura, au contraire, n'en savaient rien.





« Mon sang ne fit qu'un tour quand je la vis aller à la rencontre de ce monstre. Je tendis le bras pour l’en empêcher, mais je ne saisis que le vent. »





« Reviens ! Reviens vers moi ! »





Au son de la voix de l'adolescente, l'agressivité du mort se révéla. Il s’avança brutalement en direction de son interlocutrice, celle-ci, trouvant sa réaction étrange, para ses gestes à l'aide de son manche à balai. Il n'était plus nécessaire de prouver que les prévisions de leur adversaire étaient hostiles. Et sur cette juste déduction, la jeune fille mis en pratique son agilité au combat à la lance. Si la peur immobilisait une bonne partie de son esprit, elle avait, tout de même l'avantage d'être beaucoup plus rapide que son agresseur. Beauté sublime qu'est la vie et le dynamisme qu'elle nous confère. Le niveau de son antagoniste insultait le talent de Sakura, elle lui enfonça, alors, son arme dans la poitrine. L'homme ne pipa mot. Il n'en ressentit aucune douleur. Il se saisit de cette barre de fer que tenait fermement sa proie, et, faisant preuve d'une force incroyable, il balaya la lycéenne qui se retrouva très vite à terre.


« Toujours le cul au sol, elle rattrapa in extremis le bout du manche à balai. Elle pouvait maintenir ce zombie à distance, mais pour combien de temps ? »


L'adulte rogna de plus belle, sentant son repas à porter de main. Il se hâta comme un fou, imposant son poids sur le maigre bâton de la jeune fille. Dans cette position, elle ne tiendra pas longtemps et aura vite fait de se faire dévorer.


« Il était hors de question que je laisse cette enfoiré la tuer devant mes yeux ! »


C'était sans compter sur Kiba, qui, se rua vers l'agresseur en criant le nom de sa belle.





Le jeune Inuzuka immobilisa le corps de leur opposant, offrant à Sakura la possibilité de se défaire de sa situation délicate.





« Il était tellement satisfait d'avoir secouru Sakura qu'il oublia que son adversaire n'avait plus rien d'humain... »


L'adulte n'affichait toujours que la même expression : celle d'un être en proie à une faim ardente. Et sa nourriture était plus proche que jamais a présent ! En un craquement horrifiant, le mort tourna la tête dans des angles impossibles, il aurait même pu regarder Kiba dans le blanc des yeux si ce dernier n’essayait pas, tant bien que mal, de maîtriser ce geste répugnant. Ce fut inutile, La bête abattit ses crocs dans la chair du jeune homme qui hurla à la mort.




Elle s’élança à son aide , essayant d'éloigner son précieux ami de ce monstre barbare. Seulement, il ne voulait pas lâcher le coriace ! Il mordit le pauvre adolescent jusqu'au sang lui soutirant également d'autres cris d'horreurs.




« Moi ? »





« Je devrais donc sauver un mec que je déteste pour mieux le voir embrasser celle que j'aime par la suite ? Je n'étais vraiment pas de ceux qui se destinaient à une vie de souffrance pour le bonheur des autres. »





Elle lui obéit et se détacha de la confrontation. Il s'engagea dans le duel et, profitant de l'immobilité de sa cible, lui brisa le crâne à l'aide de son arme. Le mort cessa immédiatement toute action avant de s’effondrer lourdement à terre.



« Mais je n'étais pas non plus de ceux qui condamnaient les autres à une fin tragique. »





« Et l'apocalypse avait un talon d’Achille »





Que son traître d'ami soit blessé ? Bon sang, c'était le cadet de ses soucis ! A cet instant, le cerveau de Naruto était en ébullition. N'y avait-il que lui qui se rendait compte de l'enfer dans lequel ils plongeaient ? Cette homme était mort, pourtant ce détail n'avait pas entravé ses mouvements, ni sa violence. Il avait tenté de les tuer, de les dévorer, alors qu'hier encore, il les saluait joyeusement.


Tout s’effondrait.


Un diagnostique apparut : ce désastre était monstrueusement contagieux. C'était clair comme de l'eau de roche pour le beau blond. Bientôt, ils rencontreraient d'autres de ces monstres, et rien ne certifiait qu'ils s'en sortiraient vivant cette fois.

Le groupe repris son avancé de plus belle, encouragé par les hurlements de leurs camarades victimes du mauvais sorts. Très vite, leurs pas les guidèrent jusque sur le toit du lycée. Les adolescents avaient l'objectif de se barricader et d'attendre l'arrivé des secours perchés au plus haut sommet de l'établissement. Une bonne idée en soit. Mais que ne fut pas leur surprise lorsqu'ils découvrirent que l'espace concerné était déjà occupé par plusieurs de ces atroces bestioles. Elles vagabondaient aléatoirement et, à l'entente de l'arrivé du trio, s'élancèrent vers eux.


« Le choix ne s'imposa pas. Il fallait qu'on les défonce tous, jusqu'au dernier ! Et on savait, on savait que l'hésitation pouvait nous coûter la vie. »


C'était la peur le seul mobile de leur détermination. L’effroi ne les paralysait plus, au contraire, il semblait amplifier la vitesse de leurs gestes, la puissance de leurs coups, l'agilité de leurs attaques. Les trois lycéens avaient conscience qu'ils affrontaient en quelque sorte leur futur. Et ce futur s'exprimait de la plus primaire des façons : vivre ou mourir ?


« Je voulais vivre ! »


Sakura repoussait des remontés acides à chaque tête qu'elle écrabouillait, tous ces gens qu'elle connaissait, et qui, du jour au lendemain étaient devenus de monstrueuse bête assoiffées de sang ! C'était inconcevable, c’était impossible !

Kiba, lui, ressentait de plus en plus le poids de sa blessure. Si son mental était d'acier, son corps au contraire, se détériorait. Quand le terrain fut « nettoyé » et les portes condamnées, le jeune homme épuisé s'affala à terre. Il rata tout du spectacle qui était offert à ses deux coéquipiers.


Ils avaient une vue panoramique sur toute la ville de Konoha, et pouvaient, ainsi, constater de sa dégringolade. De chaque immeuble s'échappa une fumée noir et pesticide, des embouteillages et des klaxons rythmaient ce chaos dans lequel la cité était enivrée. Le malheur se rependait.





Du sang sombre s'écoulait lentement des narines du malheureux, et son état s'aggrava quand une quinte de toux vint le prendre en otage.





« Et au moment où l'on pensait enfin se défère de l'épuisement, du traumatisme, de la peur même, un tout autre danger semblait imposer son ombre sur nos âmes épuisés. »