Partie 2 - Chapitre 1

par Dream Theater

            Hiruzen Sarutobi porta sa pipe à ses lèvres et aspira une grande quantité de tabac, signe qu'il était particulièrement inquiet. Depuis quelques jours, un mauvais pressentiment n'avait cessé de croître en lui, l'empêchant de travailler correctement. Une terrible nouvelle s'était propagé comme une traînée de poudre : le Kazekage avait disparu depuis plusieurs semaines maintenant, d'aucuns affirmaient qu'il avait été assassiné… tout portait à croire que ses prédictions fussent véridiques. Il relâcha la fumée et se massa énergiquement les tempes comme pour se forcer à réfléchir. Il avait passé les dernières années à préparer son village pour la guerre, mais était-ce suffisant ? Bien sûr, ses informations avaient été précieuses, Hiruzen avait conclu un accord avec Sunagakure, mais en ces temps de crises, il redoutait que les shinobis du village du sable puissent faire confiance à qui que ce soit. Heureusement, il pouvait compter sur un allié de taille qui s'était fait une place parmi les grands de ce monde, un allié qui pouvait faire basculer le cours de la guerre en sa faveur en limitant les dégâts. Cela faisait longtemps que le Sandaïme Hokage n'avait pas eu de nouvelle, mais il le savait prêt, sur le qui-vive.

- Je me demande comment vous vous portez, Uzukage, murmura-t-il avant d'aspirer une nouvelle bouffé de fumée.

           

            Uzushio avait bien changé. Qui aurait pu croire que ce village, au bord de la destruction quelques années auparavant, puisse se relever et devenir la capitale d'une nation aussi prospère que crainte et respectée ? La reconstruction avait pris du temps mais encore une fois, la détermination du clan Uzumaki avait franchi tout les obstacles et porté le village des remous vers une nouvelle dimension. Désormais représenté par un Uzukage aussi jeune que talentueux, Uzushio était prêt à se lancer à corps perdu dans la guerre qui allait bientôt déferler sur le monde shinobi.

            Se tenant sur le toit de son palais, le plus haut et le plus imposant des bâtiments du village, ce dernier contemplait avec une certaine fierté le fruit de son travail acharné. Il se sentait un peu coupable de devoir bouleverser cette tranquillité qu'il aurait voulu figer à tout jamais, mais une vieille promesse qu'il avait faite le contraignait de prendre part à ce conflit qui s'annonçait déjà comme le plus meurtrier de l'histoire des shinobis. Il avait accompli son rêve, devenir un Kage respecté et aimé de tous : maintenant, il était l'heure de tenir ses engagements et d'apporter au monde la paix, comme son senseï l'aurait voulu – ou plutôt, le désirait encore, car il était toujours de ce monde.

            Naruto Uzumaki avait cessé de vivre dans le passé, et tournait maintenant son regard vers l'avenir. Bientôt, les premières tensions embraseraient le monde, il serait alors temps de partir en guerre. Une toute dernière fois, songea le blondinet qui était bien déterminé à faire de ce conflit le dernier. Ses citoyens comptaient sur lui, Hiruzen également et secrètement, il espérait encore que ses amis qu'il avait laissés à Konoha aient placé leur confiance entre ses mains. Et lorsque viendrait l'heure de l'affrontement final, quand il ferait face à Madara pour la toute dernière fois, il n'échouerait pas.

- Uzukage-sama, il y a quelqu'un qui aimerait s'entretenir avec vous, l'interrompit sa secrétaire. Il dit que c'est un vieil ami, et qu'il détient des informations de la plus haute importance à vous transmettre. Il se fait appeler Jiraya.

            Le sourire de Naruto s'étira.

- J'arrive, souffla l'Uzumaki tout en capturant une toute dernière fois l'image paisible de son village.

            Jiraya laissait courir son regard sur le bureau du jeune homme dont il avait été le mentor dans une autre vie. Il avait encore du mal à croire à l'histoire que lui avait raconté Naruto, deux ans auparavant et pourtant tout portait à croire que ce dernier avait voyagé dans le temps. Il avait noué une relation particulière avec cet élève dont il ne s'était jamais occupé mais dont il se sentait étonnamment proche, comme l'aurait été un père envers son fils. Quand Naruto pénétra dans son bureau, un trop rare sourire éclaira le visage du sannin.

- Tu sembles avoir encore grandi, à l'image de ton village. Combien de temps ne suis-je pas venu te rendre visite ? demanda-t-il en venant le serrer dans bras.

- Une éternité, Ero-sennin, répondit-il avec enthousiasme.

- Tu sais comment marchent les affaires n'est-ce pas, la collecte d'information est une entreprise lente et périlleuse qui demande beaucoup de finesse et de doigté.

- Vous êtes vraiment le roi des obsédés, dit l'Uzumaki en éclatant de rire après cette explication des plus déplacées.

- Aura-t-on jamais vu aussi peu de reconnaissance envers l'homme qui t'a tout appris ? Enfin, mon travail a porté ses fruits, j'ai de précieux renseignements pour toi.

- Pourquoi ne pas en discuter autour d'un bon bol de nouille ? demanda alors l'Uzukage en passant un bras autour de l'épaule de son senseï qui accueillit la proposition par un éclat de rire puissant, comme à l'accoutumé. Il n'y avait bien que Naruto pour traiter de sujets aussi sensibles autour de ramens.

            Alors qu'ils marchaient tout les deux en direction de la nouvelle échoppe favorite du Jinchuriki, Jiraya ne put s'empêcher de remarquer les regards que lui lançaient les passants.  Il n'y avait pas de doute là-dessus, son mètre quatre-vingt dix, ses cheveux en bataille étincelants comme la lumière du soleil et ses yeux bleus océans, pétillants comme jamais, avaient de quoi faire tourner la tête de toutes les femmes. De plus, il conservait toujours cette aura, cette prestance intimidante et incroyablement bienveillante. Tout le monde avait confiance en Naruto, et se sentait en sécurité lorsqu'il était dans les alentours, cela pouvait se ressentir dans tout les regards des habitants de Uzushio. Avec toutes les jolies prétendantes de l'Uzumaki, tout le monde semblait étonné quant au célibat de leur bien aimé Uzukage. Jiraya lui, savait que le cœur de son disciple spirituel n'appartenait qu'à une seule et unique femme, et qu'il souffrait de son absence. Il se sentait d'autant plus mal à cause de la culpabilité qui le rongeait : leurs adieux ne s'étaient pas passés dans les meilleures conditions. Il ne l'avouerait jamais, mais le shinobi inflexible qu'il était avait peur, peur d'avoir perdu la personne la plus chère à son cœur.

- La façon dont vous me dévisagez est assez embarrassante, Ero-sennin. Si j'avais été une femme, je vous aurais déjà crevé les yeux avec mes baguettes.

- Si tu avais été une femme, tu n'aurais pas résisté bien longtemps à mon pouvoir de séduction.

- Celui-là même qui vous a laissé avec de multiples fractures et une hémorragie interne ? Il n'a pas fonctionné sur Tsunade en tout cas, répondit Naruto en lui donnant un coup de coude entendu.

- Tss, moi qui pensais que cette histoire ne s'ébruiterait jamais, soupira Jiraya.

- Bon, et si nous en venions à ces fameuses informations ? Qu'est-ce que vous avez découvert que j'ignore ? demanda-t-il avant d'avaler une quantité monstrueuse de nouilles en une seule bouchée.

            Jiraya devint tout de suite plus sérieux.

- C'est exactement comme tu l'avais prédit : je tiens de source sûre qu'Iwagakure s'apprêtes à lancer son invasion de Kusa et ainsi pouvoir nous établir une tête de pont jusqu'au pays du feu. Avec Suna qui ne sait plus donner de la tête, Kirigakure qui ne sait toujours pas positionné et Kumo qui se trouve en territoire reculé, le village caché de la pierre tient là une occasion en or. Mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus : Suna aurait fait appel à un mystérieux allié qui détiendrait une véritable armée ; apparemment, tu ne seras pas la seule nouvelle pièce à te jeter sur l'échiquier.

- Ça ne peut être que lui, souffla Naruto. Madara est de la partie.

- C'est ce que je pense également. Il utilisera sûrement une version réduite de l'armée contre laquelle tu t'es battu dans le futur, même si ça paraît toujours aussi invraisemblable.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai plus d'un tour dans mon sac moi aussi, répondit Naruto en prenant la pause " nice guy " qui plaisait temps à Gaï et Lee, avec un peu plus de classe cependant. La dernière fois, je n'étais pas prêt et Madara m'a filé entre les doigts. Aujourd'hui, je ne le laisserai pas s'échapper.         

            Il n'y avait aucune colère dans son regard et dans sa voix, seulement une détermination sans limite qui fit sourire le sannin.

- Oh mais je ne suis pas inquiet, je sais que l'Uzukage met un point d'honneur à tenir ses promesses.

- Vous allez prendre part à la guerre, Ero-sennin ?

- Si l'Hokage m'y contraint, je ne pourrais pas m'y soustraire. Mais je préférerais garder un œil sur Danzô : si ce que tu m'as révélé est exact, alors mes petits protégés qui se battent actuellement contre Hanzô vont connaître un destin tragique. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour leur éviter ça.

- Et je suis sûr que vous y parviendrez, vous n'êtes pas du genre à baisser les bras, n'est-ce pas Jiraya-senseï ?

- Tu devrais continuer de m'appeler ainsi, j'y prendrais goût assez rapidement. 

            Les deux hommes partirent dans un nouvel éclat de rire.

- Je vais sûrement gagner Konoha dans les prochains jours qui viennent, pour m'entendre avec le vieil homme sur les événements à venir. Si vous voulez, je lui passerai le message, je suis convaincu qu'il comprendra votre choix.

- J'imagine que tu as déjà un plan en tête, fit Jiraya avec un sourire espiègle.

- Quelques propositions, mais rien de bien concret. Heureusement, nous pourrons toujours compter sur l'esprit tactique de Shikaku Nara et…

- Ne joue pas les idiots, tu sais très bien ou je veux en venir. La guerre n'est pas la simple raison de ton départ, n'est-ce pas ?

- Je ne peux rien vous cacher, hein Ero-sennin ? dit Naruto en baissant les yeux. C'est vrai, j'ai quelques trucs à faire, comme réparer les erreurs du passé.

- Tout ira bien, aucune femme ne peut te résister maintenant, même pas une Uchiha ! s'esclaffa le sannin en lui tapant sur l'épaule.

            Naruto espérait que ce fût vrai.  

 

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            Quelque chose se préparait, Minato Namikaze en était convaincu. Il n'était pas seulement le ninja le plus brillant de sa promotion, il était également le plus intelligent et donc, perspicace. Un Kage ne disparaissait pas comme cela sans raison, et cette agitation était propice à déclencher des conflits qui conduiraient inéluctablement à la guerre. Il devait donc devenir fort, plus fort que n'importe qui pour pouvoir protéger les gens qu'il aimait ; heureusement, un de ses vieux amis lui avait légué un grand pouvoir avant de disparaître. Ce cadeau s'appelait la technique de téléportassions du dieu de la foudre, ou l'Hiraishin. Il s'exerçait justement à perfectionner ce jutsu redoutable quand sa petite-amie, Kushina Uzumaki, vingt-et-un an, pénétra sur le terrain d'entraînement numéro sept, accompagné de sa meilleur amie Mikoto Uchiha. La jeune Uzumaki leva la main en sa direction, et sursauta de surprise en voyant Minato apparaître juste devant elle, kunai à la main et le front ruisselant de sueur.

- Qu'est ce qui vous amène ici ? demanda le jeune homme en étirant ses articulations.

- Tu t'entraînes depuis ce matin, il est déjà midi Minato-kun ! s'exclama Kushina. Tu passes ton temps ici à t'exercer comme un damné. C'est toujours la même chose quand tu es contrarié.

            Minato lança un regard à Mikoto : cette dernière leva les épaules. Comme toujours, le manque de perspicacité de Kushina dépassait toutes les limites.

- La guerre va bientôt éclater, lâcha-t-il après une grande inspiration.

- Hein ? fut la seule réponse de l'Uzumaki en arquant un sourcil. Qu'est ce que tu me chantes là ?

- Si tu tenais un peu au courant, tu aurais appris que le Kazekage a disparu de la circulation. Suna est totalement dépassé par la situation, et attire la convoitise des pays voisins, notamment Iwagakure. Nous allons entrer en guerre, c'est avéré.

- Tu étais au courant toi aussi, Mikoto-chan ?

- Tu dois bien être l'une des dernières à ne pas l'avoir compris, soupira cette dernière.

- Je dois devenir encore plus fort si je veux pouvoir protéger le village et la mère de mes futurs enfants, lui expliqua-t-il en posant une main sur son épaule avant de lui adresser un sourire étincelant qui fit rougir l'Uzumaki comme une tomate.     

- Ça commence à devenir vraiment sérieux entre vous, fit observer Mikoto avec un demi-sourire, avant que ses pensées ne dérivent vers son propre fiancé, Fugaku.

- J-je ne suis pas prête pour avoir des enfants…p-pas encore ! balbutia-t-elle, terriblement embarrassé.

- Rien ne presse Kushina-chan, je disais ça pour te taquiner.

- Toujours est-il que tu devrais faire une pause. Viens manger avec moi et Mikoto, ça te changeras les idées !

            Devant l'air implorant de sa bien-aimée, Minato dut se résoudre à les accompagner. Ils s'arrêtèrent à Ichiraku comme ils en avaient l'habitude et commencèrent à débattre sur les événements qui allaient survenir pendants les prochaines semaines.

- On ne s'en sortira pas indemne, fit Mikoto en passant une main dans ses cheveux brillants. Vous n'êtes pas sans connaître la puissance du village caché de la pierre, n'est-ce pas ?

- Sarutobi-sama était au courant depuis bien longtemps, répliqua Minato. Il a sûrement agi en conséquence.

- Comment pouvait-il le savoir ? demanda alors Kushina, toujours aussi peu dégourdie.

            Mikoto baissa les yeux, une expression indescriptible passa dans son regard qu'elle détourna sans perdre une seconde.

- Naruto le savais… avec cette histoire de voyage dans le temps. Je suis sûr que ces deux là se sont arrangés d'une manière ou d'une autre concernant les prochains mois qui vont suivre.

- " Celui qui sait tout hein " ? dit Kushina avant de croiser les bras, contrariée.

- Vous ne l'avez toujours pas pardonné, pas vrai ? fit le Namikaze en passant ses deux bras derrière sa nuque avec un demi-sourire. Ça ne m'étonne pas de la part de Kushina, têtue comme elle est… mais toi Mikoto, c'est assez surprenant.

- C'est un menteur qui est obsédé par son passé, personne n'a jamais vraiment compté pour lui, siffla-t-elle entre ses dents. Je déteste qu'on se moque de moi.

- Vous devriez témoigner un peu plus de respect au Shodaïme Uzukage, soupira le blond. De plus, il passera sûrement au village dans les jours qui viennent pour s'entretenir avec Sarutobi-sama. Ça fait quatre ans, si Naruto vivait effectivement dans le passé, il est maintenant l'un des six ninjas les plus puissants au monde et dirige un village entier. Je crois qu'il se soucie bien plus des personnes qui l'entourent que vous n'aimeriez le faire croire.

- Comment est-ce que tu peux le défendre, s'insurgea Kushina. Après ce qu'il nous a dit… après ce qu'il a fait à Mikoto-chan…

- Vous pensez qu'il a quitté le village de son plein gré ? Il n'avait pas d'autre choix, sachant ce qui allait advenir. La reconstruction de Uzushio, son ascension en tant que Uzukage… lui aussi va se jeter dans la bataille, et je ne pense pas que ce sera de trop vu les forces ennemies. Peut-être que cela vous a blessé, mais mettez-vous à la place de Naruto : il a tout abandonné pour être en mesure de nous protéger, c'est évident.

            Minato s'était levé tout en haussant le ton. Il ne pouvait pas laisser son ami se faire insulter de la sorte. Le lendemain de l'annonce de son départ par Mikoto, il était allé chez lui, conscient que l'Uzumaki n'aurait pas pu disparaître comme ça, sans aucune raison. Il trouva sur la table une seule et unique lettre, et ses soupçons se confirmèrent en lisant les quelques lignes.

           

            Minato, je suis sûr que c'est toi qui trouveras cette lettre en premier, tu es de loin le plus intelligent et le plus perspicace des shinobis qu'il m'ait été donné de rencontrer. Si ce n'est pas le cas, tant pis. Si tu lis ces lignes, c'est que j'ai déjà quitté le village pour rejoindre Uzu no Kuni. J'ai dans l'idée de renforcer le village d'Uzushio, et peut-être, qui sait, de hisser notre nation vers les hautes strates du monde ninja. Dans les années qui viendront, le monde se retrouvera chamboulé, tu peux en être sûr mon ami ( après tout, je viens du futur non ? ). Dans ma chambre, tu trouveras un parchemin, je t'en fais cadeau, à toi de découvrir et maîtriser son secret, je suis persuadé que tu sauras comment t'y prendre.

            Si je suis parti, c'est uniquement pour votre bien et celui de Konoha. Je sais bien qu'on ne s'est pas quitté en très bon terme, mais c'était nécessaire : je n'aurais sans doute jamais eu la force de partir sans cette dispute. De plus, cette histoire avec Mikoto-chan était loin d'être facile, nous n'étions manifestement pas faits l'un pour l'autre, même si elle me manque déjà en écrivant cette lettre.

            Nous nous reverrons bientôt mon ami, c'est une promesse, et je ne reviens jamais sur ma parole. Prend soin de Kushina et Mikoto pour moi.

Naruto

 

- Minato ? hésita Kushina en lui prenant la main.

- Je vais m'entraîner maintenant, dit-il en jetant quelques billets sur le comptoir avant de s'éclipser.

            Mikoto le regarda partir, les poings toujours serrés. Qu'importe qu'il soit devenu Uzukage, ou que ses motivations fussent nobles, elle ne lui pardonnerait pas aussi facilement. 

 

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            Une légère brise vint ébouriffer les cheveux de Naruto qui restait immobile, épousant de son regard bienveillant les villageois qui étaient venu lui dire au revoir. Setsunô, le patriarche du clan Uzumaki, lui tendit bientôt son couvre-chef de Kage. Ce dernier posa une main sur l'épaule du ninja :

- Setsunô-san, je vous confie le village en mon absence.

- Vous pouvez comptez sur moi, Uzukage-sama.

            Naruto n'avait jamais aimé les discours, mais il sentait dans le regard des citoyens d'Uzushio une peur grandissante. Il était de son devoir que de les rassurer.

- Mes amis, je ne vais pas vous mentir, les jours qui nous attendent n'auront jamais été aussi sombres. La guerre est une chose terrible que j'aurais aimé éviter, mais nous ne pourrons rester les bras croisés lorsque le monde se déchirera. J'ai fais une vielle promesse, celle de trouver la réponse à cette haine qui habite le cœur des hommes depuis des décennies maintenant. Je suis un homme qui tient parole, et il est temps pour moi de tenir mes engagements. Vous m'avez octroyé votre confiance, et je n'hésiterai pas à mettre ma vie en jeu pour vous protéger, chacun d'entre vous, tout comme je sais que vous ferez de même lorsque viendra le moment de se jeter dans la bataille. Vous pouvez avoir peur, vous pouvez souffrir… mais ne perdez jamais espoir, car c'est là que réside notre véritable force !

            La foule salua son Uzukage, quelques-uns laissèrent échapper une larme de fierté alors que des kunoichis plus ou moins âgées hurlaient son nom de toutes leurs forces. Naruto se tourna ensuite vers l'horizon : il était maintenant temps de se mettre en route vers Konoha et son destin… même s'il l'essence de ce mot sonnait toujours aussi faux pour le Jinchuriki.

- J'ai hâte de te revoir, Konoha.