Le don de Naomi

par Uchiwa-devil

- Sincèrement, Sasuke, dit-il, tu peux compter sur moi.

Le porteur du nom ferma les yeux un instant. Une bouffée de chaleur l'envahit soudainement. Pourquoi il était là, lui ? Pourquoi il lui tendait la main, comme ça, sans rien en échange ? C'était difficile à croire. Un court instant s'écoula dans lequel Sasuke avait toujours les yeux fermés, laissant croire qu'il était inconscient, et son interlocuteur soupira.

Réfléchissant à un tas de choses, Sasuke en oubliait presque la situation dans laquelle il était, mais il sursauta quand il se sentit soulevé de terre.

- Que... Qu'est-ce que tu fais ? murmura-t-il faiblement, bien malgré lui

- Tu es épuisé, laisse moi t'amener avec moi.

- J'ai pas besoin de ton aide, Juugo, grogna-t-il.

Ce dernier lâcha un rire.

- Dis, poursuivit-il, tu te souviens de ce que je t'ai dis la première fois qu'on s'est vu ?

- Non.

Ce n'était pas la réponse à laquelle s'attendait Juugo, et il soupira une nouvelle fois.

- Je t'avais dis que je n'avais pas besoin de ton aide.

- Pose moi par terre, s'impatienta l'Uchiwa

- Non.

- Tu te fous de ma gueule ou quoi ?!

- C'est un peu ça, dit-il d'un petit sourire.

Juugo avait changé. Il n'était pas comme ça il y a 3 ans. Il était plutôt silencieux, timide. Il était là tout le contraire. Sasuke en avait manqué un bout, semblait-il. Il ferma à nouveau les yeux, s'appuyant sur les larges épaules de Juugo. La fatigue allait bientôt avoir raison de lui, même s'il luttait pour rester éveillé. Puis il se rendit compte qu'il n'était plus en danger. Était-il en train de rêver, ou est-ce qu'il venait tout juste d'être sauvé d'Orochimaru ? Il finit par secouer la tête et de rouvrir les yeux.

- Hum, commença-t-il, tremblant, vous... qu'êtes-vous devenus ?

Juugo le regarda par dessus son épaule, alors qu'il continuait de marcher sans que Sasuke ne se rende compte qu'ils étaient dans les sous-terrains.

- Il ne reste plus que Karin et moi, marmonna Juugo à voix basse.

- Et Suigetsu ? Qu'est-il devenu ?

- Tu sais, Sasuke, on a cru que tu étais mort, poursuivit-il, et... ben Suigetsu nous a quittés. Tu te souviens ? Il avait un but, et c'était de partir en quête des septs épées, dont celle de Samehada... Tu te souviens de celui qui l'a possèdait ?

- Kisame.

- C'est exact. Suigetsu n'en ai pas venu à bout. Kisame était beaucoup trop fort pour lui, et tu le connais ! Pas question de perdre. Donc, tu imagines déjà comment ça c'est terminé ?

Sasuke ne dit rien, mais il était surpris que Suigetsu ne soit plus de ce monde. Il était tellement vivant et brillant de santé. Il ne cessait de se démarquer et il avait su se faire une place dans le monde des shinobis. Qu'il se soit fait tué... aussi facilement... Enfin.

- Tu es toujours là ? demanda Juugo

- Hmm...

Juugo marcha encore queques longues minutes, jusqu'à ce qu'il arrive à leur ''repaire''. Il déposa Sasuke sur un matelas au sol. Ce dernier, bien malgré lui, avait sombré dans un profond sommeil. Juugo prit place à ses côtés, le regardant quelques instants avant que la troisième arrive. Elle était de la même grandeur, ses yeux étaient noirs d'encre, tout comme ses longs cheveux.

- Juugo ? fit la jeune femme, où étais-tu... ? Oh mon dieu ! S'exclama-t-elle en s'approchant.

- Ça te surprend tant que ça ?

- Où l'as-tu trouvé ?

- Demande ça à Orochimaru, soupira Juugo

Karin fronça les sourcils en posant sa main sur le front de l'endormit. Ce dernier ne bougea même pas. Son visage était anormalement pâle, il ressemblait presque à un mort. Orochimaru était le seul pour cause de son état. Karin releva ses yeux sombres vers Juugo.

- Orochimaru ?!

- Semble-t-il.

- Mais... Et...

- Dur à croire, je sais.

- Orochimaru était mort, poursuivit la jeune femme, et j'ai cru que Sasuke l'était aussi !

- Il a besoin de notre aide, Karin, souffla Juugo à voix basse.

La jeune femme resta silencieuse en fixant son ancien coéquipier. Il avait tellement maigrit, mais en même temps, il était resté le même. L'Uchiwa qui se montre toujours plus fort qu'il l'est en réalité. Elle finit par s'asseoir au bord du lit, prenant les précautions nécéssaires pour ne pas le réveiller, quoiqu'elle était persuadée que ça n'allait pas arriver, et elle releva la tête en direction de Juugo.

- Qu'est-ce qu'on doit faire ? demanda-t-elle

Celui-ci la regarda, puis il alla droit au but :

- Éliminer Orochimaru.

***



C'est pas possible, mais qu'est-ce qui m'arrive ? Je ne peux pas passer plus d'une heure sans finir par avoir horriblement mal à la tête. Celle-ci entre mes mains, j'essaie du mieux que je peux de m'endormir, allongé dans la tente, mais les voix qui viennent de dehors me sont insupportables. C'était le tour de garde de Sakura, mais j'ai l'impression que Naomi n'avait pas envie de dormir puisqu'elle restait avec elle. Et elles parlaient toutes les deux. En riant. En faite, il n'y avait que Naomi qui trouvait la force de est-ce qu'elle faisait ? L'un des notres étaient peut-être même entre la vie et la mort à l'heure qu'il était et elle, elle rit ?! OK, calme, calmes toi Naruto, tu t'embrouilles l'esprit inutilement là...

- Naruto ?

Je me retournais vers le son de sa voix. Il était allongé à mes côtés, essayant sans doute de dormir lui aussi. C'est fou ce que ça rit fort, une femme. Je le regardais par dessus mon épaule, et aperçus qu'il s'était assit. Je lui tournais le dos en grognant.

- Je suis fatigué, Kiba, murmurais-je.

- Mouin, dit-il aussi fort que moi, je le suis aussi, mais Naomi rit trop fort.

Je me redressais, assis, et contemplais le sol. Les yeux perdus, je repensais à nos dernières caresses. C'était avant-hier et pourtant, je me sentais comme si une éternité s'était écoulée depuis. Il me l'avait pourtant dit. Il m'avait ''prévenu'' en quelque sorte. Je me souviens lui avoir demandé où il allait, et il m'avait tout bonnement répondu qu'il aimerait me le dire, et après, il me bombardait d'excuse... Il était vraiment, réellement bizarre, et le mot était juste.

Je me ''réveillais'' alors en voyant la main de Kiba s'agiter devant mes yeux. Je sursautais et me tournais vers lui, l'air endormit.

- Hum, marmonnais-je, Kiba...

- Quoi ?
Il était aussi endormit que moi. Un simple regard à l'extérieur me suffit pour comprendre que la nuit était bel et bien là, la lune reflettant sa lumière sur le campement. Je levais donc les yeux vers Kiba, qui me regardait, attendant que je parle.

- Est-ce que tu trouves que... que Sasuke était étrange.. dernièrement ?

Il fit les yeux ronds.

- Naruto, j'ai pas reparlé à Sasuke depuis l'académie !

- ...

Je restais silencieux un moment. Je regardais à nouveau le sol, là où j'étais assis. L'air me parut glacial durant un moment quand cette phrase me revint à l'esprit :


« Ne t'en fais pas, Naruto-kun, je trouverai un moyen d'attirer une nouvelle fois ton ami vers moi, mais cette fois, j'essairais de ne pas trop faire de dégâts »


Une nouvelle fois, Kiba agita son bras devant moi.

- Qu'est-ce que t'as, Naruto ? Insista-t-il

- Kiba, je vais être franc avec toi, déclarais-je sur un ton ferme, je sais où Sasuke est.

Il ne semblait pas comprendre. Il me regardait avec ces mêmes yeux ronds, un sourcil haussé, l'air de ne plus me suivre.

- Pourquoi tu t'inquiètes alors si tu sais où il est ?

- Tu réagirais comme moi si la personne que tu aimes est sans doute entre les mains d'Orochimaru !

Il semblait ne pas me croire. Je crus une seconde que ses yeux allaient sortirent de leurs orbites. Il était presque figé sur place, et ce fut à mon tour de secouer ma main devant son visage, histoire de le ramener à la réalité.

- Comment peux-tu en être aussi certain ? S'exclama-t-il. Et puis Orochimaru est mort ! Attend.. Ça veux dire que Sasuke nous trahis encore ?

Je le stoppais avant qu'il n'aille plus loin.

- Arrêtes, Kiba, m'exclamais-je en regardant brièvement dehors pour être sur que Sakura n'entende pas, Sasuke ne nous trahis pas ! Je pense plutôt que ce soit Orochimaru...

Il resta silencieux, incrédule.

- En faite, continuais-je alors que ma voix s'en allait vers le mutisme, j'ai peur que...

Je me tus. Mes émotions étaient incontrôlabes et je ne savais plus comment les exprimer. Je ne savais plus quoi dire, plus quoi penser, j'étais perdu et je ne savais pas si je devais me fâcher ou fondre en larmes. Depuis qu'il était partit, j'étais en proie à mes propres sentiments.

- Naruto, chuchota Kiba, est-ce que ça va aller ?

- Mouais...

- Sasuke est fort, dit-il malgré que je le savais déjà, et... et...

Orochimaru aussi. Je savais que c'était ce qu'il voulait dire, mais pas devant moi. Inutile de t'empêcher de dire les vrais choses devant moi, Kiba, je sais. Orochimaru est dangereux, et c'est pour ça que j'ai peur...

C'est à ce moment que Sakura - Naomi derrière - entra dans la tente.

- Naruto, c'est ton tour de garde, dit-elle simplement.

Je la regardais un instant, silencieux. Ses grands yeux verts pleins de courage et d'amour ne changeraient jamais. Puis, une question douloureuse - pour moi ou pour elle, peut importait - me vint à l'esprit... « Aimait-elle encore Sasuke ». Elle l'avait tellement aimé de toutes ses forces dans le passé qu'il m'était impossible d'imaginer qu'elle aie réussit à l'oublier.

Je finis par secouer la tête pour revenir au présent. Je souris à Sakura et me retourna vers Kiba.

- Je... hum... je vais y aller, marmonnais-je, encore gêné de notre conversation.

Je me levais et me dirigeais dehors. Sakura partit rejoindre Hinata qui dormait surment dans la tente des filles. Naomi, cependant, resta dehors avec moi.

- Tu ne dors pas ? demandais-je, comme de rien en m'installant au bord du lac, où je vis mon reflet dans l'eau.

Je me regardais un instant, tout en entendant vaguement Naomi m'expliquer sa réponse. Ma peau pâlissait anormalement, j'avais d'affreux cernes sous les yeux et ceux-ci, habituellement couleur océan, n'avaient presque plus d'éclats... Que m'arrivait-il ? Moi qui était - pour Sasuke - un rayon de soleil.

Un rayon de soleil... J'y repensais et ça me fit rire. Sasuke m'avait une fois dit que j'étais son rayon de soleil et que j'avais fait fondre la glace dans son coeur.

Je ris discrètement - de peine ou de joie, je n'en savais rien - et Naomi m'interrogea du regard.

- Puis-je savoir ce qui te fais rire, Naruto ? demanda-t-elle poliment. Pourquoi donc me parlait-elle si poliment ?

Je me retournais doucement vers elle en souriant faiblement. Tristement...

- Je repensais à... à...

Je fus surpris de ne pas arriver à prononcer son prénom. J'y étais tout simplement incapable, mais Naomi termina la phrase à ma place.

- Tu pensais à Sasuke, dit-elle, sérieuse, ce qui me fit plus de mal.

J'avais l'impression qu'elle parlait comme si Sasuke n'était plus de ce monde. Pourvu que ce ne soit pas le cas.

- Naruto, cesse de déprimer, continua-t-elle, on va le retrouver.

La même phrase prononcé deux fois en un jour. Je m'allongeais sur l'herbe, soupirant, en regardant la ciel couleur nuit. La même couleur que les yeux de mon ange.

- Je sais, soufflais-je, sur un ton qui laissait comprendre que je n'y croyais plus.

Je l'entendis soupirer, comme si elle en avait marre de ma déprime. Et qu'est-ce qu'elle en savait elle ? Comment elle pouvait comprendre ce que je ressentais ? Elle allait me rendre fou si elle continuait à me regarder comme ça, comme si de rien était, comme si PERSONNE n'était disparu... !

Je me retournais vers Naomi, sourcils froncés. Un peu plus, et je me mettais vraiment en colère.

- Tu devrais aller dormir, dis-je en gardant mon calme - j'essayais du moins - je peux monter la garde tout seul.

Elle ne dit rien et fixait intensément par terre. Elle semblait immobile. Je crus qu'elle s'était transformée en statue quand elle portait sa main à sa gorge. Mon coeur manqua un battement.

- Euh, Naomi ?

Elle ne disait rien, ne me regardait même pas. Puis, soudainement, elle tenta de respirer. Sans succès. Elle inspirait, expirait avec une grande difficulté. Son visage devint pâle et j'eus l'impression qu'elle n'allait pas du tout. S'étouffait-elle vraiment où c'était le fruit de mon imagination ?

- Na... Naruto ! Je... Je ne peux pas.. respirer...

Elle chuchotait presque. Sa voix cassait et je ne sus pas quoi faire. Je la pris par les épaules.

- Naomi ! Ça va ? M'exclamais-je tellement fort que Sakura apparut à la sortie de sa tente. Je la regardais derrière mon épaule, en tenant toujours Naomi qui lâchait des gémissement étouffés. Sakura s'affola et se précipita vers nous. Je me poussais avant que Sakura ne le fasse, et je regardais Sakura faire. Elle était médecin après tout.

Je reculais inconsciemment, jusqu'à être juste à côté de la tente, dans laquelle Kiba dormait sans doute. J'eus tord puisque la minute d'après, dans laquelle Naomi n'avait toujours pas retrouvé son air, Kiba apparut derrière moi, me questionnant du regard.

- Qu'est-ce qu'elle a ? murmura-t-il, encore endormit

- Je ne sais pas !

De loin, Naomi ne semblait pas calmée. Elle tentait de retrouver son aire, sans succès. Kiba ne dit rien, et Sakura réapparut devant moi, demandant à Kiba d'aller surveiller Naomi pour ne pas qu'elle s'étouffe mortellement. Lee était déjà avec elle et Kiba s'empressa d'aller le rejoindre. Sakura prit place à mes côtés en inspirant profondément.

- Que... Qu'est-ce qu'elle a ? marmonnais-je, mal à l'aise.

- Naruto, murmura Sakura, personne ne te l'a jamais dit mais...

- Mais quoi ?

- Naomi a... un don, en quelque sorte.

- Un don ? Quel genre de don ?!

Je m'énervais sans trop comprendre pourquoi moi-même. Sakura gardait son calme, les yeux fermés, comme si elle était exténuée.

- Sakura, continuais-je en murmurant, dit moi-le.

- On a découvert son don, une semaine avant ton retour.

Je fermais les yeux, replongeant inconsciemment dans mes douloureux souvenirs. Puis Sakura poursuivit son récit.

- Une semaine avant que tu ne reviennes, Naomi a fait une crise comme celle-là. Elle était avec Sasuke quand c'est arrivé. C'est d'ailleurs lui qui l'a conduite à l'hôpital, même si lui n'allait pas mieux. Ce n'est que le lendemain que Naomi avait reprit du mieux, que nous avions prit connaissance de son don, jusque là inconnue. Tsunade lui avait posé quelques questions mais la seule chose que Naomi a dit, c'était qu'elle t'avait vu.

Ébahis, je lançais un regard incrédule à Sakura. J'avais encore plus l'air d'un abrutis avec mes grands yeux ouverts. Sakura poursuivit sans même répondre à mes silencieuses questions.

- Elle a affirmé t'avoir vu marcher, vêtue d'une longue cape et d'un chapeau japonais.

Sakura arrêta, ayant aperçus un malaise chez moi. Je fermais les yeux, et après un petit moment, je me retournais pour regarder un peu plus loin. Lee et Kiba restaient avec Naomi qui elle avait retrouvé son air. Elle semblait inconsciente. Ce n'est seulement quand je regardais à nouveau Sakura que je me rendis compte de l'absence d'Hinata.

- Elle... elle vient d'avoir une... une vision ? réussis-je à articuler.

Sakura secoua tristement la tête, tandis que je compris qu'elle dit oui, mon sang ne fit qu'un tour. Mon coeur se mit à battre vite... drôlement vite. Tellement que j'en avais mal.

Puis après plus de cinq minutes, dans lesquelles Sakura m'avait laissé dans mon cruel silence mentale, Kiba revint vers nous.

- Ça va, elle s'est endormit, dit-il simplement en retournant à l'intérieur de la tente.

Je me retournais et aperçus Hinata entrée dans la tente des filles. Sans doute était-elle allée chercher de l'eau. Lee passa devant moi pour aller rejoindre Kiba à l'intérieur et je me tournais vers Sakura.

- Je vais me coucher, murmurais-je, sur un dur.

Sakura me lança un dernier regard inquièt.

Je me couchais, furieux. C'était stupide. Oui, stupide. Ce genre de chose, ça ne se peut pas. Quelqu'un qui voit l'avenir. Et puis quoi encore ? Si Naomi voit l'avenir, alors je suis le fils du Yon....

Mauvais exemple.

Je croisais mes bras derrière ma tête et fermais les yeux. Cependant, la curiosité grandit en moi, et ça m'en est presque désagréable de ne pas savoir ce que Naomi a vu cette fois. Elle a peut-être vu Sasuke, ou l'endroit où il se trouve.

Je reste là plusieurs minutes, avant de décidé à dormir. Un simple regard à ma droite m'indique que Lee dort ainsi que Kiba.

Je me retournais sur le côté, essayant en vain de trouver le sommeil. Je fermais à nouveau les yeux, et le visage de mon ange me revint, m'arrachant un gémissement. J'eus un pincement au coeur, et, essayant d'oublier ce qui venait juste d'arriver, je sombrais dans un profond sommeil.

À suivre