Nuit d'amour et choix d'avenir

par Uchiwa-devil

Chapitre 6 : Nuit d'amour et choix d'avenir

/!Attention, vous êtes prévenus ; mini lemon dans ce chapitre/!

Il était environ minuit lorsque j'arrivai enfin à ma chambre. Je n'avais pas la tête à dormir mais après tout, un peu de sommeil allait sûrment me faire du bien.

Je me laissais tomber de tout mon long sur le lit, en ne cessant de penser à ce qui était arrivé dans la cuisine, quelques heures plus tôt. Je l'avais peut-être trop brusqué.

Je regardais le plafond de ma chambre alors que dans ma tête, tout était à l'envers.

Ce serait tellement plus simple s'il n'y aurait pas ce mariage stupide... Ou encore si je m'étais rendu compte de mes vrais sentiments plus tôt.

Le sommeil m'avait finalement emporté et je m'étais endormis. Mais durant la nuit, un bruit de pas me réveillai. J'ouvris les yeux et regardai l'heure ; 23h34. Je n'avais pas dormis longtemps, finalement. Mais je me demande, à une heure pareil, qui est en train de marcher dans la maison. Puis la porte de ma chambre s'ouvris brusquement laissant entrer Sasuke qui trébucha et tomba à genoux devant mon lit. Il pleurait et me suppliait de ne pas le laisser seul.

Je clignai des yeux plusieurs fois. Je rêve ou Sasuke Uchiwa est agenouillé devant moi, en pleurs et effrayé ?

- Hé, dis-je doucement, qu'est-ce qui t'arrive ?

J'avais aggripé ses épaules et l'encourageait à monter s'asseoir près de moi, plutôt que de rester par terre. Il se blottit tout contre moi et je ramenais la couverture chaude sur nos deux corps.

- Il est là, chuchota-t-il, il est là...

Il tremblait et moi je n'avais aucune idée de quoi il parlait.

- Qui ? demandai-je. Qui est là ?

Je sentis ses bras entourés ma taille et sa tête se posée sur mon torse. Je compris qu'il avait vraiment peur.

- Nii-san... murmura-t-il.

- Nii-san ?

Alors que je caressais doucement ses cheveux pour le rassurer, mon regard tomba sur la table de chevet où était posée une photo. Une photo qui représentait Sasuke enfant, avec... Itachi. Je compris que la chambre que j'occupais avait été celle d'Itachi, dans une époque plus heureuse.

- Sasuke, tu as fais un cauchemare, murmurais-je, il n'y a personne.

Je laissai les minutes passer et il commençait à se calmer. J'ai une seconde pensé qu'il était endormit dans mes bras. Mais c'était trop beau pour être vrai ; il se redressa en essuyant ses yeux, avant de les plonger dans les miens.

- Désolé, tu dois me prendre pour un fou...

Il baissait la tête, embarassé. Il avait sûrment beaucoup de mal à dormir dans une maison où a eu lieu les meurtres des membres de sa famille.

- Ne sois pas désolé voyons, le rassurais-je, mais dit moi, tu fais toujours des cauchemars la nuit ?

- Ne ris pas de moi, dit-il toujours en regardant vers le bas.

- Je ne rierai pas de toi, mais dit moi la vérité.

- En faite, murmure-t-il, je suis insomniaque...

Je laissai échapper un cri de surprise. Je pensais, à la limite, qu'il avait des mauvais rêves, mais de la à ne pas pouvoir dormir, c'était... autre chose.

- Tu réussis à dormir quand même... pas vrai ? demandai-je, inquièt

Il ne répond pas immédiatement et moi je me demande ce qui me retiens de couper ces foutus mèches qui m'empèchent de voir son visage, ou à la limite, ses yeux.

- C'est un miracle si j'arrive à dormir plus de deux heures, dit-il enfin, toujours la tête baissée.

- Et... euh, marmonnais-je, ça fait combien de temps que ça dure ?

- ...Longtemps.

Je le regardai quelques instants avant de retourner à mes pensées. Je savais qu'être ici allait lui renvoyer des images horribles et des souvenirs qu'il avait tant essayé d'oublier. Je me levai alors, le prenais par la main et, sans lui demander son avis, je quittai la chambre en le tenant toujours. Il n'eut aucun autre choix que de me suivre. Rendu dehors, il me posa enfin la question.

- Où tu vas ?

Sa voix était calme laissant croire que même si je lui disait l'endroit où j'allais, il s'en préoccupait pas tant que ça. Autrement dit, il s'en fou, mais il demande quand même.

- Chez moi, dis-je, à mon appartement.

- Pourquoi faire ?

- Au manoir, tu n'arrives pas à dormir, déclarais-je, alors chez moi, peut-être que tu y arriveras...

Il ne parlait pas et le trajet jusqu'à chez moi se fit dans le silence, jusqu'à ce que je me rende compte que je lui tenais toujours la main...

- Euh, désolé, balbutiais-je en la lâchant

J'ouvris la porte et entrai, suivit par Sasuke. Il partit dans ma chambre et après quelques minutes dans lesquels j'avais pris une douche rapide, j'y retournais, et je fus soulagé de le retrouver là, endormis comme un ange. Je n'avais jamais vraiment prêté attention à ça, mais c'est vrai qu'il ressemblait énormément à son grand frère. Mon lit était assez grand pour deux alors je m'approchais mais, à peine eus-je posé un genoux sur le matelas qu'il sursauta. Je priai pour qu'il ne se réveille pas et ses yeux restèrent fermés. Je me félicitai intérieurement et entrepris de m'allonger en bougeant le moins. J'avais réussis ; il ne s'était pas réveillé. J'avais le regard fixé au plafond et quand je me retournais pour le regarder dormir, je me rendis compte à quel point j'étais proche de lui. Je détournais le regard. Mon coeur battait à vive allure et ce fut pire quand il me touchait le bras.

- Je n'arrive pas à dormir, chuchota-t-il, ayant peur de réveiller les morts.

J'osais un coup d'oeil en sa direction. Je crois que c'est mon imagination qui me joue des tours. J'étais trop confus pour pouvoir lui répondre. À la place, j'observais l'horloge, elle indiquait 00h46.

Sasuke se redressa alors, à genoux sur le lit. Je le regardai, essayant de comprendre pourquoi il essayait tant d'attirer mon attention, tout à coup.

- Naruto, murmura-t-il, j'ai réfléchis à... à nous deux...

Mes pupilles bleus se dirigeait vers lui, agenouiller sur le lit, à côté de moi, j'étais encore allongé par contre. Je ne dis rien et attendais qu'il en dise plus.

- Je... je crois que je ressens la même chose, dit-il, la tête baissée et les doigts nerveusement entre croisés.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demandai-je, en m'asseyant devant lui sur le lit.

- J'ai besoin de toi, avoua-t-il en me regardant enfin. Je me suis rendu compte que tu étais quelqu'un de bien et... quand je suis revenu tu n'as pas hésité à me remettre sur le droit chemin...

Je l'écoutais parler en analysant chacun des mots. C'était bien la première fois qu'il se confiait, qu'il s'ouvrait à moi, en quelque sorte, et ça me prouvait qu'il était sincère.

- À chaque jour je me dis que(il baisse la tête) sans toi je serais sans doute mort depuis bien longtemps...

- ...

- La solitude me tue à petit feu... Je brûle à l'intérieur et tu es le seul à t'en apercevoir... J'ai tellement besoin de sentir que tu es là... Et avec toi, je me sens réellement en sécurité. Je me sens bien avec toi...

Je le prend par les épaules et, un doigt sous son menton, je le fais relever la tête.

- Je t'aime, tu le sais ça ? dis-je en souriant à peine. Je t'aime de plus en plus chaque jour, chaque minute, chaque seconde... Tu me rends dingue ! Je ne penses qu'à toi, jour et nuit !

C'était à mon tour de me confier et il m'écoutait en souriant timidement, pendant que ses joues se teintaient de rouge. Nos yeux ne pouvant regarder ailleurs, je me risquais à faire quelque chose que j'avais échoué, les deux premières fois. Je me penchais vers ses lèvres et y déposais doucement les miennes. Il ne réagit pas. Mais au moins, il ne m'avait pas repoussé. Je pouvais enfin l'embrasser avec tout l'amour dont j'éprouvais pour lui. Qui aurais cru qu'un jour, je puisse être amoureux de celui qui avait faillit me tuer, trois ans auparavant ? Et surtout que cet amour était réciproque...

- Tu ne seras plus jamais seul, soufflais-je entre deux baisers. Je te protègerais de ma vie, plus personne ne te feras du mal. Je serais toujours là, je te le promet.

Je passais alors ma langue sur ses lèvres, attendant toujours qu'il réponde à ce baiser. Puis il ouvrit la bouche pour laisser ma langue y pénétrer. J'avais fermé les yeux pour savourer ce moment de pure tendresse, et je les ouvris en même temps que lui, après que nos lèvres se soient dit au revoir. Je souriais et pour la première fois, je pus voir un sourire sur son visage. Mais pas seulement un petit sourire, non ; un sourire dévoilant ses dents, blanches et droites.

- On devrait peut-être dormir, murmurais-je en effleurant ses lèvres, ayant peur de détruire ce moment magique.

- P...Pas maintenant, marmonna-t-il en m'attrapant la main.

Je le regardai et ouvris grands les yeux quand, dans une infinie lenteur, il retira son léger kimono de nuit blanc. Il avait les yeux fermés alors qu'il me laissait voir ses minces épaules nues. Je ne savais pas exactement où il venait en venir mais j'en profitais. Je me penchais une nouvelle fois et vint l'embrasser tendrement dans le cou. Il murmura une phrase à mon oreille, et j'ai une seconde cru que j'avais rêvé...

- Je veux... te sentir en moi...

Je me redressais et le regardai dans les yeux, après avoir mit ses mèches noirs derrière ses oreilles.

- Tu... tu es sérieux ? demandai-je, n'y croyant toujours pas.

Il acquiesça timidement en m'attirant une nouvelle fois à son cou, d'une main sur ma nuque. Je lui déposais pleins de baiser en remontant jusqu'à sa machoire, replaçant encore ses mèches qui n'arrêtaient pas de retomber, me gênant dans l'exploration de sa peau. Il se laissa faire et je fus heureux de savoir qu'il me faisait enfin confiance.

Tout à coup, il attrapait mon poignet et dirigea nerveusement ma main sur son ventre, là où je frissonais tellement sa peau était froide. J'étais surpris qu'il m'autorise à le toucher, mais je ne m'en plaignis pas.

- Fais-moi l'amour... murmura-t-il à mon oreil.

Je me redressais brusquement, me rendant compte de ce qu'il me demandait. Il avait toujours les yeux fermés, tenant son kimono sous ses bras, dévoilant que le haut de son corps. Je le regardai encore quelques instants. Sous la clareté de la lune, il ne m'avait jamais semblé aussi beau. Je passais alors mon pouce sur ses lèvres et il ouvrit les yeux. J'ai, à ce moment là, remarqué que son corps tremblait... un peu trop à mon gout.

- Je ne peux pas, murmurais-je.

Et c'était vrai. Je n'avais pas le droit de profiter de lui, la veille de mon mariage - avec une fille pour qui je n'éprouve que de l'amitié, soit dit en passant. Je n'avais pas le droit de lui voler sa virginité et d'ensuite me marier et de le laisser derrière. Je refusais.

Mais d'un autre côté, j'en avais envie...

- Je... Je veux être marqué... de ta présence en moi, répéta-t-il, je t'en pris...

Visiblement, il en avait envie lui aussi. Je passai alors doucement mes doigts sur son bras, remontant jusqu'à son cou, pour ensuite venir l'embrasser une deuxième fois.

Je sentais ses bras se nouer autour de mon cou et, tout en caressant sa langue avec la mienne, je m'allongeais sur lui. Mes lèvres restaient collés sur les siennes pendant que, de ma main libre je parcourais son corps - qui frissonais sous mes doigts - tandis que l'autre se perdait dans ses cheveux sombres. Sa main tremblante s'était placée derrière ma tête, de façon à m'attirer vers lui pour aprofondire le baiser. Ma main aussi tremblait ; j'avais peur de lui faire mal. Mais il désirait - tout comme moi - vivre ce moment, maintenant. Cette nuit. Ensemble.

Je décollais enfin mes lèvres et le regardai dans les yeux, pour m'assurer une dernière fois que c'était bien ce qu'il voulait. Je ne voulais pas faire une erreur qui risquerai de le blesser bien plus que moi.

- Tu en es bien certain ?

Il ne prit même pas la peine d'ouvrir les yeux.

- Je te fais confiance, dit-il, je te fais confiance.

Il ne cessait de répéter cette petite phrase jusqu'à ce que je le fasse taire en l'embrassant.

- Fais ce que tu veux de moi, murmura-t-il.

Je le regardai ; il avait toujours les yeux fermés. Je me rendis alors compte que la personne que j'aimais le plus était nue dans mon lit, sous moi, ne cessant de répéter sa confiance en moi, alors que le lendemain serait la veille de mon mariage. Il s'offrait à moi. Il m'offrait son coeur, son corps et son amour. Et moi je l'acceptais, inconscient des conséquences que ça pourrait amener...

Il était allongé sous moi, n'attendant que de pouvoir sentir ma présence en lui.

Pendant que mes mains découvraient son corps en entier, j'oubliais tout. Mon passé. Notre passé. J'oubliais tout et me concentrait sur ce qui est devra être le plus beau moment de toute ma vie. La plus belle nuit.

J'avais réellement envie de l'entendre crier mon nom, sous le plaisir que je lui donnerais en lui faisant l'amour. Je voulais que tout soit parfait. Que ça reste gravé dans nos mémoires. Que notre amour existe encore à travers ce souvenir. Pour qu'on se souvienne combien on s'aimait. Je désirais plus que tout de le voir sourire. De l'entendre rire. Je souhaitais le rendre heureux.

J'étais de plus en plus impatient. J'allais pouvoir goûter sa douceur de l'intérieur. J'allais le connaître par coeur, désormais.

Je l'embrassais toujours quand je sentis ses ongles dans ma peau. Je venais de le pénétrer. J'avais accumulé tout mes efforts pour que ce soit dans la plus grande douceur. J'ouvris les yeux et déposais un baiser sur son front en sueur, pour l'encourager à continuer.

- Ça va ? demandai-je.

Comme réponse, il se redressa, appuyé sur ses coudes pour venir attraper mes lèvres. Son bras entourait mon cou et il inclinait légèrement la tête pour mieux savourer ce baiser. Je glissais mon bras autour de son corps, et d'une main au milieu de son dos, je l'attirais encore plus vers moi, jusqu'à ce que nos ventres nus se touchent.

- Je t'aime, souffla-t-il, ne t'arrêtes surtout pas...

Je lui souriais et l'embrassais une nouvelle fois. Nous étions attirés l'un à l'autre. Puis j'entendis la pluie frapper sur la fenêtre. Seul témoin de notre amour.

- Si tu veux arrêter, dis-le moi, murmurais-je.

- Tais-toi.

Pour une fois, je décidais de l'écouter et de continuer ce que j'étais en train de faire.

Puis notre douce nuit s'écoulait beaucoup trop vite à mon goût. En tout cas, c'est ce que je m'étais dit, lorsque je m'étais réveillé le lendemain, après avoir longuement regardé mon ange dormir dans mes bras. Il dormait paisiblement et j'en étais ému.

Ma bonne humeur ne dura pas longtemps. Je me suis souvenu que je me mariais demain, et j'ai compris que - même si j'avais passé la plus belle nuit de toute ma vie - j'avais fait une erreure. Une grave erreure.

***

Je n'avais cessé de repenser à la précédente nuit durant le trajet jusqu'au palais Hokage. Tsunade m'avait appelé. Je savais pourquoi. Demain c'est le grand jour. Je n'avais ni l'envie, ni la force de parler de ça.

J'arrivais enfin au bureau de Tsunade. La tête complètement ailleurs, j'entrai.

Me dirigeant je ne sais où, j'aboutis enfin à son bureau.

- Vous m'aviez demandé ? dis-je d'une voix faible qui ne me ressemblait pas du tout.

- Oui, merci d'être venu, dit l'hokage.

Si ça ne serait que de moi, je serais resté chez moi, à dormir toute la journée aux côtés de Sasuke.

- Je te présente le Tsuchikage, poursuivit-elle.

Mon esprit était occupé à d'autre chose, et c'était pour ça aussi que je n'avais même pas remarqué la présence du Kage d'Iwa, debout aux côtés de Tsunade.

Je ne fis qu'un signe de tête en guise de salutation. Mais ce n'était pas assez ; Tsunade fronça les sourcils.

- Naruto, s'exclama-t-elle, ce n'est pas une manière de saluer un Kage !

Je ne répondis pas. J'en avais marre qu'on me dise quoi faire. Qu'on m'oblige à me marier, qu'on me dise comment je dois vivre... J'avais des limites, et ils étaient au bord de les atteindrent.

Le père de Naomi me regardait un instant, et j'ai une seconde pensé qu'il changerait d'avis. Qu'il décide de trouver mieux que moi.

- Je suis ravi de faire ta connaissance, Uzumaki-san, me dit le Tsuchikage en me présentant sa main.

Je le regardai un instant, sans trop comprendre le pourquoi il me parlait avec tant de respect. Moi, un pauvre adolescent orphelin qui vit dans un vieil appartement au fond d'un petit village.

- Euh, enchanté, marmonnai-je, mal à l'aise.

- Ton père était un grand ninja, me dit-il.

Je fronçai les sourcils. De quoi me parlait-il, là tout à coup.... et pourquoi ?

Je me tournai vers Tsunade, lui montrant du regard que je ne voyais pas où ce monsieur voulait en venir.

- Ton... père, ajouta-t-elle, était le quatrième hokage. C'est pourquoi on t'as choisis pour épouser Naomi.

Le mot «épouser» me rendait malade. J'en avais des frissons dans tout le corps. Je n'étais pas prêt. Et Naomi non plus d'ailleurs. Je n'avais que quinze ans. Je n'étais qu'un enfant...

Je baissais la tête, alors que le Kage retournait à sa place. J'entendais Tsunade manipuler des papiers et la seconde d'après, elle m'adressait à nouveau la parole.

- Tu pars ce soir, vers 17h.

Je relevai la tête, aussi brusquement que possible. Je croyais avoir mal entendu. J'espèrai avoir mal entendu.

- Qu'est-ce que vous dites ? M'exclamai-je, haut et fort.

Tsunade me reluqua de la tête au pied. Elle semblait s'adresser au dernier des idiots. Enfin, c'était peut-être ce que j'étais...

- Ben oui, lâcha-t-elle enfin, le mariage n'aura pas lieu à Konoha !

Elle éclate de rire. Je ne riais pas moi ; pas du tout. Je la regardai d'un oeil mauvais, attendant qu'on m'explique ce que je ne semblais pas savoir.

- Hiroshi Yukiye a déjà envoyé ses hommes chez toi, pour prendre tes affaires. Ils seront là bientôt.

- Quoi ?

C'était tout ce que j'étais capable de lâcher comme son. Je me retournais vers le Tsuchikage qui semblait être ce Hiroshi Yukiye. Toute cette histoire, cette masquarade, cette montagne russe d'émotion, c'était sa faute. C'était sa faute si Sasuke et moi n'avons pas le droit de nous aimer librement. C'était sa faute si j'étais obligé de me marier avec sa fille. C'était sa faute si j'étais de mauvaise humeur aujourd'hui... Sa faute...

- Demain, à Iwa, aura lieu votre union, à toi et Naomi, me dit Tsunade.

Je ravalai ma salive avec difficulté. Puis la nuit dernière me revint en mémoire.

Tout. Les caresses, les baisers... Ça me semblait soudainement tellement loin, qu'un sentiment de colère m'emporta.

- Tsunade ! Vous n'avez pas le droit ! M'exclamai-je

Elle semblait surprise par le ton que j'employais.

- Qu'est-ce que tu dis ?

Mon visage changea soudainement alors que je me rendis compte que je ne pouvais rien faire, devant ses deux personnes. L'Hokage et le Tsuchikage. Que pouvais-je faire ? C'est alors que je me suis demandé où était passé le Naruto qui n'abandonnait jamais. Celui qui fonçait dans le tas, la tête baissée. Celui qui était persévérant. Celui qui faisait tout à sa manière. Le Naruto que j'étais aujourd'hui, là maintenant, ne ressemblait en rien à celui que j'étais, juste avant que Naomi débarque dans ma vie.

Sans ajouter ne serait-ce qu'un mot, je tournais les talons, aussi lentement que possible et me dirigeait vers la porte.

- Sakura et Sasuke t'accompagneront, ce soir. Ils seront là aussi pour le mariage, dit Tsunade.

C'est à peine si je l'écoutais. Je tournais le dos aux deux adultes et me dirigeait vers la sortie. Je n'avais qu'une intention et c'était celle de retourner au manoir.

Une fois rendu là, j'ouvris la porte - qui n'était pas verrouillée - et me rendis au salon, là où je me laissais tomber en soupirant profondément. J'entendis du bruit venant d'en haut, mais je ne m'en préoccupais guère. Puis un bruit de pas se rapprochait de l'endroit où j'étais et je devinais que quelqu'un descendait les escaliers. Quelques secondes plus tard, Sasuke apparaît devant moi. Je ne pus m'empêcher de sourire, malgré qu'à l'intérieur, c'était tout le contraire.

- Tu es déjà là, demanda-t-il.

Dans sa voix qui tremblait, je devinais qu'il redoutait ce que j'allais lui dire. Ou ce que je n'allais peut-être pas lui dire...

Il portait le même kimono que la nuit dernière et ses cheveux mouillés laissaient croire qu'il sortait de la douche.

Je ne faisais que le regarder. Il prononçait mon nom mais je ne l'écoutais pas. Il attendait ma réaction, mais elle n'allait pas arriver. J'étais dans un état de semi-conscience. Je le regardai, alors que dans ma tête, je m'imaginais déjà le lendemain, devant Naomi, habillée d'une robe blanche et moi, lui passant l'anneau au doigt. J'en étais déjà malade.

- Naruto !

Il séparait chaque syllabe de mon nom, espèrant qu'un moment donné, je réagisse.

Je finis par secouer la tête. Je me levai ensuite et m'approchais de lui. Je le pris dans mes bras et il posait son front sur mon épaule.

- Naomi n'est pas là, murmurais-je, sachant qu'il allait poser la question

Notre étreinte était aussi douce que les caresses que nous avions partagées la nuit dernière.

- Est-ce qu'un jour on sera libres ? demanda-t-il dans un murmure

Je le serrais tout contre moi, ignorant complètement la réponse à sa question.

Je sentis alors une goutte d'eau glisser sur mon visage. Je l'enlevais et me redressais, regardant mon ange dans les yeux.

- Je ne sais pas, dis-je le plus sincèrement possible, mais je me batterais pour qu'on puisse s'aimer librement... Je te le promet.

Je resserais l'étreinte, ayant peur de le perdre, encore une fois. Je sais qu'il ne me quittera pas une deuxième fois. Ce n'était pas ce que je craignais. J'avais peur de devoir partir...

- Et si on passait la journée ensemble ? demandai-je en le regardant dans les yeux.

- Tu ne dois pas... rester avec ta... fiancée ? demanda-t-il timidement

C'était vrai. Je devais faire mes bagages, me préparer, mais rien ne me ferait plus plaisir que de rester avec lui.

- Non, murmurais-je en souriant.

Je n'avais pas la force de parler fort. Je sentis alors Sasuke déposer sa tête sur mon torse et moi je déposais mon menton sur sa tête. Nous restions assez longtemps comme ça, appuyé l'un sur l'autre.

La porte s'ouvrit brusquement et à la seconde où Naomi entra, nous nous séparions, à regret, faisant semblant de rien.

- Naruto ! S'exclama-t-elle.

Je gloussai. Sasuke lui tourna les talons et retourna à sa chambre, montant les escaliers d'un pas lent. Déçu sans doute. Je le regardai, jusqu'à ce qu'il soit rendu en haut et que je ne le vois plus. Naomi aboutis enfin au salon.

- Ah, tu es là, dit-elle.

Malheureusement.

- Des genins de mon village ont eu comme mission de faire tes bagages, explique-t-elle.

C'était à peine si je l'écoutais. Elle parlait en faisant de grands gestes juste sous mes yeux. Elle cherchait à attirer mon attention mais je semblais complètement ailleurs.

- Hé oh ! s'énervait-elle. Naruto ! Tu m'écoutes ?

Je secouais la tête et la regardais.

- Oh, euh, désolé, marmonnais-je, je pensais à autre chose.

- Ouais, bon, continua-t-elle, tu seras prêt pour 17h ?

Je tournais légèrement la tête, ignorant involontairement Naomi. J'avais entendu du bruit dans l'escalier et voilà que Sasuke ré-apparaît, faisant semblant de m'ignorer, se dirigeant vers la cuisine.

- Le seras-tu ? insista Naomi

Je me tournais vers elle.

- De quoi tu parles ?

- Oh ! Tu ne m'écoutes même pas ! J'en ai marre à la fin !

- Désolé, ajoutais-je, tu disais quoi ?

- Seras-tu prêt à partir ce soir ?

À l'entente du mot partir, j'entendis un bruit d'outils en métal tomber au sol, et un gémissement de douleur. Ça m'intriguait mais je m'efforçais à rester avec Naomi, cherchant une réponse à sa question.

Alors que j'allais répondre un oui - que je ne pensais pas réellement -, Sasuke traverse le salon, devant moi, un doigt ensanglanté dans la bouche. Il se dirigeait vers la porte mais moi je l'arrêtais.

- Tu t'es blessé ? demandais-je, ignorant Naomi qui devait commencer à perdre patience.

- C'est rien, lança-t-il d'une voix froide en menaçant subtilement Naomi du regard, vas plutôt te préparer pour ce soir.

Il me regarda d'un regard glacial qui me fit froid dans le dos. J'en conclus qu'il avait entendu notre conversation de la cuisine.

Je n'eus pas la force ni l'égoïsme suffisant pour lui répondre. À contre-coeur, je le laissais partir. J'ignorais où il voulait aller, mais le connaissant, il ne le dirait à personne. Si ce n'était que même lui ignorait où il allait.

Lorsque la porte fut fermée, je me tournais vers Naomi, essayant de cacher la colère que j'éprouvais envers elle, même si au fond, elle n'y était pour rien.

- Oui, je le serai, affirmais-je.

- Parfait ! Je vais prévenir mon père !

Elle me tourna le dos mais revint immédiatement sur ses pas.

- Au fait, y a-t-il des amis que tu désires inviter au mariage ? Si oui, dit le maintenant.

Je restais silencieux.

- La fille de l'autre jour, poursuivit-elle, tu te souviens, la fille qui s'était mise à pleurer. Ou bien, Sasuke peut-être. Il serait sûrment ravi de voir son meilleur ami se marier.

Je n'en suis pas si sûr, moi.

- Ou bien la fille aux cheveux roses, c'était quoi son nom déjà ?

Je priais intérieurement pour qu'elle arrête de parler. Je n'en pouvais plus. J'allais exploser, là, maintenant. Et c'était elle qui avait le malheure d'être à mes côtés à ce moment là.

- Au fait, dit-elle, Sasuke est-il vraiment ton meilleur ami ?

Elle posait la question innocemment, ignorant notre relation, un peu trop compliquée à mon goût. Elle demandait cela, comme ça, comme une fille qui se le demandait.

- Pourquoi tu... tu demandes ça ? réussis-je à dire.

- Parce qu'un jour il t'ignore, et l'autre, il te parle comme si de rien était.

Je me raclai la gorge avant de parler.

- En faite, c'est que... c'est assez compliqué à expliquer... euh...

- Tu ne l'aimes pas vraiment, hein ? dit-elle. Ne t'inquiète pas, je ne lui dirais pas que tu le détestes. De toute façon, après le mariage, il retournera à Konoha et nous, on vivra ensemble à Iwa, et on aura toute la vie pour s'aimer...

Elle se blottit contre moi, comme si j'étais son amant.

Puis, alors que les secondes s'écoulaient et qu'elle était toujours dans mes bras, je me rendis compte de ce qu'elle venait de dire. J'allais... vivre à Iwa.

Ce n'était pas déjà assez qu'on m'oblige à me marier, mais qu'on m'oblige à vivre dans un village, un pays qui n'est pas le mien. Qu'on me sépare d'un village que j'ai longuement protegé en me tuant presque. Un village possèdant mon passé, mon présent et mon avenir. Un village contenant mes souvenirs. Mes quinze années de vie. J'étais né là, et j'allais mourire là. Il n'y a rien ni personne qui décidera de ma vie. Et encore moins, de celle ou celui que j'étais sensé aimer.

J'en avais marre qu'on décide pour moi. Je n'étais peut-être qu'un gamin, mais assez mature pour dire non.

La journée s'était vite écoulée. Naomi était partie rejoindre son père, et moi, je m'étais réfugié chez Sakura. Elle était la seule personne que j'avais envie de voir à l'instant - Sasuke étant partit je ne sais où. Il était environ 16h12 quand j'arrivais chez elle, et que je sonnais. Mon coeur battait nerveusement quand la porte s'ouvrit. Elle était là. Ma meilleure amie. Celle qui m'avait soutenu autant que je l'avais soutenue, durant l'absence de... enfin. Elle me regardait d'un regard soulagée. Comme si elle m'attendait. Comme si elle se souvenait de ma dernière visite.

- Ah, Naruto, dit-elle, tu vas bien ?

Elle me fit entrer, sans même attendre de réponse. Elle s'empressa de prendre ma veste et de me servir quelque chose à boire, même si je lui avais répété que je n'avais pas la force d'avaler quoique ce soit.

Je m'assis sur le canapé, attendant qu'elle revienne, chargée de deux verres d'eau, remplit à moitié.

Elle s'assie à mes côtés.

- Alors, commença-t-elle, ça va ?

Je soupirais.

- Boff, lâchais-je, je vais me marier demain avec quelqu'un que je n'aime pas, mais... ça va ! Oui, je vais super !

Le son de ma voix trahissait mes paroles. Mais, je n'avais pas l'intention de mentir. J'avais volontairement prononcé ses mots, dans l'espoir qu'elle devine ma détresse.

- Oh, désolée, dit-elle.

Je ne dis rien et le silence s'installa - à mon grand malaise - dans la pièce. Le temps de finir mon verre d'eau, je repris la parole.

- Tu sais Sakura, commençais-je, ce soir je serais partis... Et ce qui me fait le plus peur, c'est que Sasuke ne s'en remette pas...

- Tu veux dire que... vous... vous êtes ensembles ?

- En cachette, lâchais-je dans un murmure.

Elle ne dit toujours rien.

- Tu te rends compte ? M'exclamai-je, surprenant Sakura dans le ton fort que je pris.

J'en étais moi-même surpris. La colère m'emportait et je ne m'en rendais même pas compte.

- Je me marierai demain, à Iwa, et après, je vivrai là-bas avec Naomi !!

- Tu es sérieux ?!

Elle semblait aussi perturbée que moi.

- Tsunade n'a pas le droit de t'imposer cela !

- Sasuke a... par accident, entendu pendant que j'en parlais avec Naomi... Il est partit et je ne sais pas où.

Sakura me regardait, étudiant ma tristesse, quand son visage rayonna soudainement.

- Ah ! Mais je sais où il est moi, s'exclama-t-elle.

Je relevai des yeux pleins d'espoirs vers elle.

- Il est en mission, expliqua-t-elle, il est passé me voir en début d'après midi. J'étais surprise qu'il me rende visite, mais je l'étais encore plus quand j'avais remarqué qu'il n'allait pas du tout. Il se retenait presque de pleurer. Je me demande ce qu'il avait.

Je baissais la tête suite aux propos de Sakura.

- Il a dit qu'il partait en mission, et qu'il serait sûrment absent au mariage, continua Sakura.

Je ne sais pas si je devrais être soulagé, content ou déçu. Sakura me fixait, et je me sentis soudainement très gêné.

- Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre vous ? demanda-t-elle.

J'hésitai, puis me dit que Sakura était bien la seule à qui je pouvais me confier.

- Cette nuit, marmonnais-je.

Elle semblait surprise mais pas autant que je ne l'aurais imaginé. Elle me regardait, puis je finis par tout lui expliquer en détail.

Une fois mon récit terminé, je me sentis tellement bien, et soulagé qu'elle m'ai écouté sans craquer. C'était dur pour elle d'écouter cela, sachant qu'elle avait encore des sentiments pour lui.

C'est à ce moment là que je me rendis compte de l'heure ; il était 16h47.

Je devais partir à 17h. Et je n'étais pas encore prêt. Pas du tout, en faite.

Je me levais en disant à Sakura que je devais partir, mais elle se leva en même temps. Je ne saurais dire si elle était fachée ou inquiète.

- Tu vas réellement épouser cette fille ? Après ce que tu as fait à Sasuke ?

Elle semblait réellement en colère. Je l'étais moi aussi. Enfin, une partie de moi l'était, alors que l'autre flottait dans une tristesse infini.

- Euh... je, balbutiais-je avec difficulté devant une Sakura qui ne tarderait pas à me remettre à ma place.

- Si Tsunade t'oblige à te marier, et à quitter Konoha pour vivre avec une fille pour qui tu n'éprouves que de l'amitié, alors que celui que tu aimes part se tuer en missions pour cacher sa douleur, ben moi, je vais t'empêcher de faire une bêtise que tu risques de regretter toute ta vie !

J'encaissais ses paroles comme des poignards dans le coeur. C'était vrai, et c'était pour ça que ça me faisait autant d'effet.

- Tu as raison, soufflais-je tout bas.

- Bien sûr que j'ai raison !

Je réfléchis à ce que Sakura m'avait dit, et j'en conclus que j'allais faire une bêtise. Une bêtise que j'allais regretter, si Sakura ne m'aura pas ouvert les yeux.

- Sakura, est-ce que Sasuke t'as dit où il devait aller pour sa mission ?

- Euh, non, dit-elle, juste que c'est une mission de rang S.

- Pardon ? Mais il est fou, ma parole ??

Je criais. Sakura semblait indifférente, sachant qu'elle n'était pas la cause de ma colère. Je lui dis vaguement au revoir et merci, et suis partis en courant. Je courais dans une direction qui menait sans doute nul part. Je m'en fichais. Je devais le retrouver avant qu'il ne se tue. Les missions de rang S sont souvent échoués, même par les ninja d'élite. Elles sont réellement difficiles, mortelles même. Sachant que Sasuke serait sans doute perdu dans ses pensées, blessé et complètement ailleurs, il n'engagerait pas de combat sérieusement, et il finirait par se tuer. Je devais empêcher cela. Je le retrouverais.

Je courais alors que dans ma tête, mes plans changeaient. J'allais passer la nuit s'il le faut, mais demain ne sera pas le jour de mon mariage. Ce sera le début de ma nouvelle vie. Celle que je vivrai avec Sasuke.

Je me fichais complètement qu'au moment même, j'étais supposé être avec Naomi et son père, en route pour Iwa. Le Naruto que j'étais et que je suis agissait comme il le devait le faire. J'avais décidé, alors que mes jambes se dirigeait vers les portes de Konoha pour ensuite s'aventurer dans la forêt, que j'allais vivre comme je le voulais. Personne n'allait me dire quoi faire.

Je retrouverai Sasuke, j'abandonnerais sa mission avec lui, j'irais à Iwa pour annuler moi-même ce foutu mariage, et j'avouerai à tout le monde que Sasuke et moi on s'aime, et que rien ne pourra nous séparer.

FIN du chapitre 6, À SUIVRE