Rapprochement

par Uchiwa-devil

Chapitre 5 : Rapprochement

J'entendis une lointaine voix prononcer mon nom. J'ouvris les yeux et voyais Sakura penchée vers moi, tenant une tasse qui avait l'air chaude puisque de la fumée sortait d'elle. Elle me souriait et je me rendis enfin compte d'où j'étais. J'étais allongé sur le canapé, et j'étais recouvert d'une couverture bien chaude. C'était celle de Sakura. C'était pas difficile à savoir ; elle est rose tout comme ses cheveux. Je me levais et m'assit. Elle aussi.

- Sakura, dis-je tout bas en me passant la main dans les cheveux, quel heure est-il ?

Elle me regardait en souriant.

- Tu as dormis comme un bébé ! S'exclame-t-elle, il est 23h45.

Je la regardais, les yeux grands ouverts. Je m'étais endormis ? Puis je regardais autour de moi, la pièce était plongée dans l'obscurité. Je me retournai à nouveau vers la jeune fille.

- Tu dois avoir faim, tu n'as pas manger, dit-elle, mais je t'ai gardé un restant pour demain. Si tu manges un repas là maintenant, tu risques de ne pas le garder toute la nuit.

Je la regardai, comme un petit garçon perdu.

- Mais comme tu dois être affamé, je t'ai fais un chocolat chaud, me dit-elle en me tendant la tasse qu'elle tenait depuis que je me suis réveillé. Je la prenais et la remerciais.

- Merci, dis-je.

Je commençais à boire et elle me regardait toujours en se pinçant les lèvres. Je souriais.

- Hm ! C'est délicieux, m'exclamai-je, vraiment, tu fais les meilleurs chocolats chauds!

Elle sourit alors qu'une couleur rose s'empare de ses pommettes.

- Contente que ça te plaises, dit-elle.

Elle se levait sous mon regard interrogateur.

- Je suis crevée, dit-elle en me prenant dans une étreinte, bonne nuit.

Je la resserais à mon tour.

- Bonne nuit à toi aussi, Sakura, dis-je.

Avant qu'elle ne parte, je lui demande :

- Au fait, je peux prendre une douche ?

- Oui, fais comme chez toi, dit-elle.

Elle montait se coucher. Moi je restais là à boire mon chocolat chaud qui était délicieux. Lorsque j'eus terminé, je le portais jusque dans le lave-vaisselle. Je regardais l'heure : 23h52. Je ne sais pas si c'était trop tard pour prendre une douche, mais Sakura m'en avais donné la permission et je sentais que j'en avais besoin d'une. Je me dirigeais vers la salle de bain, en passant devant la chambre de mon amie. Elle dormait à point fermé. Elle devait vraiment être fatiguée.

Je me rend à la salle de bain. Après avoir fermée la porte, je me laisse glisser sur celle-ci. Une larme coule sur ma joue. Lorsque je m'en rend compte, je l'enlève du revers de la main et me lève en ayant qu'une seule chose en tête : Il me manque...

Je me déshabille et entre dans la douche.

Je reste là pas mal de temps, sous l'eau, à repenser à ce qui s'est passé ce matin.

Puis quand il n'y a plus d'eau chaude, je décide à sortir. Le silence qui pèse pendant que je m'habille est plus que lourd. Je ne sais pas si je devrais rentrer ou plutôt de passer la nuit chez Sakura... Je ne sais pas, je ne sais plus...

Je marchais tranquillement, passant devant la chambre de Sakura là où je me permis d'entrer. Elle dormait toujours aussi profondément. Je m'accroupis devant son lit, et regardai longuement son visage. Elle était belle, magnifique. Mais à mes yeux, elle n'était pas plus qu'une petite soeur. Je passai doucement mon index sur sa joue avant d'y déposer un baiser. Elle ne s'était pas réveillée. Je me levai et quittai sa maison en me disant que ce serait mieux si je retournai au manoir. J'avais laissé un mot sur la table disant que j'avais décidé de rentrer chez moi.

Je marchais dans les rues sombres du quartier Uchiwa quand enfin j'arrivai. J'ouvris doucement la porte, essayant de ne pas trop faire de bruit. Je déposai ma veste sur le canapé et montais les escaliers. Je passai devant la chambre de Naomi ; elle lisait, assise sur son lit. J'entrai dans la chambre, au cadre de porte.

- Il n'est pas un peu tard pour lire, demandai-je.

Elle me regardait.

- Non, affirma-t-elle, et toi, il n'est pas un peu tard pour rentrer ?

Je ne répondis pas et lâcha un bref soupire. Je tournai ensuite les talons et m'en allait. Je passai devant la chambre de Sasuke mais la porte était fermé. Habituellement, elle ne l'est pas. Puis je me souvenait de ce que Naomi avait dit, à l'hôpital ce matin...

« Il est partit s'enfermer dans sa chambre... »

Et il n'est toujours pas resortit. Je me risquai à toquer. Pas de réponse. Mais bon, à voir l'heure, j'imagine qu'il dort. Je toquais quand même une deuxième fois.

- Il ne répondra pas, dit Naomi, apparue derrière moi.

- Sasuke, réponds, dis-je doucement, ignorant Naomi.

J'étais certain qu'il dormait mais j'insistais.

- Il ne répondra pas, insista Naomi, ce n'est pas la peine.

Je me retournai vers elle.

- Tu devrais aller dormir, soufflai-je sur un ton menaçant, mais pas trop.

Elle ne semblait pas brusquée. La porte s'ouvrit alors. Je restais immobile, ne sachant quoi dire.

- Qu'est-ce que tu veux, murmura-t-il, d'une voix à peine audible.

- Je vais vous laisser, souffla Naomi en retournant à sa chambre. Je la regardai partir et après je me retournai vers Sasuke. J'avais l'impression, en regardant dans ses yeux, que je retrouvai le Sasuke froid d'avant... Je ne voulais pas...

- J'attends.

Je soupirai après avoir longuement regarder dans ses yeux, pendant que lui regardais par terre, embarassé sans doute.

- Sasuke, je te présente mes excuses, déclarai-je, pour ce matin, je veux dire.

- Ce n'est pas des excuses que je veux, murmura-t-il, c'est...

Il ravale sa salive après avoir prit une bouffée d'air.

- J'aimerais que tu m'expliques...

Je ne l'avais jamais vu aussi déprimé avant, et c'était de ma faute. Il regardait toujours ses pieds.

- Euh, je ne peux pas... marmonnai-je, pour l'instant, tout ce que je peux te donner, ce sont mes excuses...

Il semblait déçu puisqu'il baissait encore plus la tête, si c'était possible. Je le pris par les épaules, histoire de le motiver un peu à me regarder.

- Sasuke, fais moi confiance, je t'en pris.

Il tournai encore la tête... Tout pour éviter de rencontrer mon regard.

- Tu me fais confiance ? demandai-je, inquièt.

Je maudissais ses mèches noirs qui m'empêchait de voir ses yeux. Plus je regardais son visage pâle, et plus j'avais envie de le serrer tout contre moi, d'oublier le reste du monde, d'oublier Naomi et de partir loin, très loin avec Sasuke et de refaire ma vie avec lui... Mais, rêver fais partit de la vie...

Je me rendis compte que je le tenait toujours par les épaules et qu'il devait avoir mal tellement je serrais.

- Je... Je suis fatigué, murmura-t-il.

Je le lâchai et ma main se dirigea dans mes cheveux nerveusement.

- Euh, ok, lâchai-je, dors bien.

- Si je réussis à dormir, dit-il à voix basse, pour lui même.

Il fermait la porte de sa chambre.

- Je t'aime, murmurai-je à mon tour.

J'espèrai qu'il m'ai entendu. Après quelques secondes dans lesquelles j'étais resté là, devant la porte à attendre je ne sais quoi, je décidai d'aller moi aussi m'enfermer dans ma chambre. Je m'endormis peu de temps après.

Plusieurs jours s'étaient écoulés et ça me rendais malade. Le mariage est dans deux jours et je ne suis pas prêt. Quand je me réveillais ce matin, j'avais tellement mal à la tête que je me suis demandé si ce serait bien de rester au lit toute la journée. Mais à peine eus-je finit de penser cela que Naomi apparut dans ma chambre. Elle n'était pas comme d'haitude cependant, elle avait l'air inquiète, effrayée... Je la regardais avant qu'elle ne parle.

- Na... Naruto ? Tu dors ? demanda-t-elle d'une toute petite voix

- Euh, non, dis-je, pourquoi ?

- Je peux te parler ?

- Oui.

Je lui fis signe de s'asseoir sur le lit à côté de moi et tout de suite elle vint. Elle restait silencieuse en jouant nerveusement avec ses ongles. Puis elle parlait enfin.

- Voilà, je ne dis rien à personne, mais j'ai peur, déclare-t-elle.

Je fus surpris. Moi qui croyais être le seul.

- Peur... de quoi ?

- De me marier, dit-elle. Je ne sais pas si je serais prête pour après demain.

Je fus extrêmement surpris. J'ai une seconde cru qu'elle voulait annuler le mariage et j'en étais presque heureux, mais cet instant de bonheure ne dura que quelques secondes :

- J'espère l'être, dit-elle, mais je voulais juste te le dire.

- Ah, fis-je simplement, d'accord.

- Toi, demanda-t-elle, ça ne te fais pas peur de te marier à quinze ans ?

- Boff, commençai-je, va savoir...

Ça me faisait peur, oui. J'étais jeune. À cet âge là, normalement, on ne se préoccupe pas de ce genre de chose. À quinze ans, on est encore un enfant...

Mais si je me marie un jour, ce serait avec la seul personne que j'ai jamais aimé, et la seul personne qui m'ai aimé en retour... Sasuke...

Elle me regarde puis elle secoue la tête, se rendant compte que la conversation n'avait pas de sens.

- Excuse moi, ria-t-elle, je te dérange je crois...

Elle riait bêtement. C'était bien la première qu'elle riait, et que je la trouvais belle et innocente.

- Mais non, dis-je.

Si on se serait rencontrés dans d'autres circonstances, je suis sûr qu'on aurait pu être amis.

Elle me regarde ensutie en se levant.

- Tu as faim ? Je vais préparer quelque chose.

- Oui, soupirai-je, merci.

Après être resté longtemps dans mon lit, Naomi revint en me disant que c'était prêt. Je me levai et marchais jusqu'à la cuisine, m'arrêtant devant la chambre de Sasuke dont la porte était ouverte. Je passai ma tête pour vérifié s'il y avait quelqu'un. Sa chambre était vide.

Arrivé à la cuisine, je m'installai à table. Sasuke était là et il mangeait tranquillement, m'ignorant comme les cinq derniers jours...

Oh, que t'ai-je fais, Kami-sama ?

- Bonne appétit, s'exclame Naomi.

- Bonne appétit, dis-je à mon tour.

Naomi et moi jetions un coup d'oeil du côté de Sasuke. Il était toujours là, mais silencieux. C'est dans ses habitudes de ne pas parler, mais là, muet comme une tombe, ça m'inquiète. Je l'ai vraiment touché profondément cette fois.

Le repas se déroule en silence. Jusqu'à ce que Naomi parle enfin.

- Mon père va arriver cet après-midi, dit-elle.

Je la regardai en la questionnant du regard.

- Il a dit qu'il viendrait aider la cinquième Hokage pour les derniers préparatifs.

Je me levai en disant que j'allais prendre l'air. Je lançai un dernier regard à Sasuke qui ne réagissait toujours pas, à croire qu'il s'était transformé en statue.

La journée avait passé vite quand même. Je me promenais dans le village sans trop savoir où aller. Je passai au stand ramen, prendre un ou deux bols juste pour passer le temps. J'étais ensuite aller voir Kakashi, où je saurais le trouver, sous son arbre habituel, au parc, en train de lire. Je lui avais, en quelque sorte, parler de mes histoires de coeurs. Il m'avait avoué être surpris qu'une si grande rivalité finisse par se transformer en amour aussi pur que celle que j'éprouvait mais il m'avait aussi dit de ne pas lâcher et qu'un jour, tout finira bien.

Je ne sais pas où j'ai trouvé la force de le croire.

Voilà que le soleil commence à se coucher et je ne sais toujours pas si je devrais rentrer. Demain, c'est la veille du mariage. Je marche depuis au moins une demi-heure et j'arrive à un endroit bourré de souvenirs, tout aussi joyeux que douloureux. Le terrain d'entraînement numéro 7. C'est là que je suis devenu ninja avec... l'équipe 7. Ça fait tellement longtemps. Tellement de choses sont arrivées depuis, tellement de temps...

Je m'allonge sur le dos et regarde le ciel qui est d'une magnifique couleur rose, annonçant encore du soleil demain. Il y a à peine de nuage et l'air est frais.

C'est là que j'entends...

- Naruto-kun ?

Une toute petite voix que je connais... trop. Je m'assis et regarde aux alentours. Je cherche encore et finis par la voir. Cachée derrière l'un des arbres tout près.

- Hinata ? appelai-je

Elle ne répondis pas et elle s'approchait de moi. Je lui souriais et lui fis signe de s'asseoir à mes côtés. Il fallait que je lui parle. Que j'arrange les choses.

- Hinata, euh, commençai-je, il faut que tu saches que...

- Je sais, dit-elle, je sais, Naruto-kun.

Je fus surpris. Comment l'avait-elle su... Su quoi au juste ?

- Qu'est-ce que tu... qu'est-ce que tu sais au juste ?

- Tout, souffla-t-elle.

- Tout ?

- Oui, dit-elle, je sais que c'est un mariage forcé et que tu n'aimes pas Naomi. Sakura m'en a vaguement parlé. Je sais aussi que... que tu...

- Que je ?

Elle semblait hésitée puis elle releva la tête vers moi.

- Que tu aimes... Sasuke-kun.

- C'est Sakura qui te l'as dit ?

- Ça non, avoua-t-elle, je l'ai deviné c'est tout.

- C'est si évident que ça, dis-je.

Elle ne dit rien.

- Je suis désolé, Hinata-chan, dis-je, sincère.

Elle semlait surprise par le suffixe ''chan'' que j'employais pour la première fois avec elle.

- Ne le sois pas, Naruto-kun. On ne peut pas empêcher un coeur d'aimer... Je le sais trop bien.

Elle semblait être sincère elle aussi. Tout à coup, ses joues devinrent rouges et je sentais qu'elle respirait vite.

- Hinata-chan, ça va ?

- Je tenais quand même à te le dire, même si tu dois t'en douter, murmura-t-elle.

- Dire quoi ? demandai-je en cherchant ses yeux, cachés sous ses cheveux.

- Je t'aime, avoua-t-elle en regardant dans mes yeux.

Sans savoir pourquoi, je la serrais dans mes bras. Elle devait être surprise et surtout, plus rouge qu'une tomate. Je la connais trop bien. Hinata, c'est la timide du groupe.

- Belle et gentille comme tu es, je suis sûr que quelqu'un saura t'aimer un jour, murmurai-je.

J'ai une seconde cru qu'elle allait s'évanouir. Mais non, elle se contenta de me sourire chaleureusement.

- Tu es quelqu'un de bien, Naruto-kun, dit-elle.

Je souriais toujours.

- Aller, va retrouver Sasuke, je suis certaine qu'il ne peut pas se passer de toi. C'est impossible de ne pas t'aimer !

Ce n'étais pas l'envie qui manquait, mais j'avais la forte impression que si je partais maintenant, Hinata n'allait pas s'en remettre. Elle m'aime. Elle m'aime depuis le temps à l'académie.

Je la regardais dans les yeux.

- Ça va aller ? demandai-je

- Oui, ne t'inquiète pas.

Je voyais des larmes naîtrent au bord de ses yeux blancs perçants. Après m'être assuré que tout allait bien aller, mais si ça serait le contraire une fois partit, je m'en allais enfin. Je courais jusqu'à chez moi, confiant et persévérant. J'allais lui dire. Lui avouer tout. J'allais lui dire que je l'aime plus que tout. Lui dire que je ferais n'importe quoi pour lui.

Lorsque j'arrivai, la nuit était tombée. Encore une journée de passée. Je poussai la porte et entrai. Il n'était pas très tard. Je regardai l'horloge posée sur le mur, et celle-ci indiquait : 20h56.

Je fis le tour du rez de chaussé. Personne. Je montai au premier. Naomi était dans sa chambre et elle lisait encore et toujours. Je pus en conclure qu'elle adorait la lecture. Je me dirigeait ensuite vers la chambre de Sasuke. Celle-ci était vide. Je retournai voir Naomi.

- Où est Sasuke ? demandai-je

Elle levait la tête de son livre et me regardait.

- Euh, aucune idée.

Je grognai et fit le tour du premier étage. Il ne devait pas être bien loin. Je passai par la salle de bain, jusqu'au salon. La cuisine jusqu'à la salle de lavage. Je sortais dehors pour voir s'il n'avait pas eu l'idée de s'entraîner. Mais non. Personne dehors non plus. Je fis le tour du manoir jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un endroit où je n'étais pas allé. Un endroit qui me donnait des frissons rien qu'à y penser : le donjon. Je ravalai ma salive et m'engagea dans l'allée dehors qui y menait. La lune rejetait sa lumière et mon ombre me suivait sur le mur à ma droite. Pieds nus sur le planchet froid, j'entrai dans le donjon. Il faisait noir mais je pus le voir, allongé au milieu de la pièce. Couché sur les contours des corps. Des corps de... de ses parents. Il avait les yeux fermés et je croyais qu'il dormait. Je me précipitais vers lui. Quel drôle d'endroit pour dormir ; le sol était gelé et sa peau aussi. Il n'était vêtu que d'un t-shirt noir et d'un pantacourt blanc.

Je posai ma main sur son épaule mais il ne réagit pas.

- Hé, Sasuke, dis-je, réveilles toi.

Toujours aucune réaction. Je n'avais jamais vu quelqu'un avec une peau aussi blanche. Ça me faisait frissoner.

- Sasuke !

Je paniquais. Pourquoi il ne me répondais pas ? Je ne me posais pas plus de question et je levai son bras autour de mon cou et m'engageai à le soulever. Je ne pouvais pas le laisser là, la pièce n'était pas chauffée et il faisait très froid. Une fois que je m'étais assuré que je le tenais bien et que je n'allais pas tomber, je me dirigeais vers le salon. Je dus m'arrêter pour ne pas l'échapper mais je réussis à arriver là où je le déposais sur le canapé. Je le regardai une dernière fois avant de me rendre à la cuisine ; j'avais entendu du bruit.

- Ah tiens Naruto, dit Naomi en me voyant arriver, qu'est-ce que tu fais ?

- Tu saurais pas quoi faire, toi, par hasard ? demandai-je. Sasuke ne veut pas se réveiller !

- Ben, laisse-le dormir, dit-elle sur un ton ferme en prenant un gorgée d'eau dans le verre qu'elle tenait.

C'était peut-être une bonne idée après tout. Je m'en faisait trop. Si ça se trouve, il dormait, rien de plus banale pour un humain de dormir ! Quel idiot tu es, mon pauvre Naruto.

Mais un détail m'échappait ; dormir dans le donjon, l'endroit où il avait vu ses parents mourirent sous ses yeux. J'avais du mal à y croire.

Une heure plus tard, alors que je regardais calmement la télé sur le fauteuil solitaire au milieu du salon, et que Naomi était partie dormir, je me surpris à entendre une petite voix. Je me retournai et vis que Sasuke commençait à se réveillé.

Je le regardai, sans pouvoir m'empêcher d'afficher un regard soulagé.

- Ça va ? demandai-je alors qu'il s'assisait sur le canapé en scruttant les alentours.

- Moi oui, dit-il d'une voix froide qui... lui ressemblait trop.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il osa enfin poser ses yeux sombres sur moi. J'eus un mouvement de recul dans mon fauteuil.

- Tu as l'air d'un mort vivant, dit-il tout bas.

Il venait de me dire que j'étais pâle. Après tout, c'était peut-être vrai. Qui le serais pas sans avoir manger de la journée ? Je lui rendis son regard froid, mais il ne semblait pas menacer puisqu'il me fixait comme si j'étais transparent. Pendant une seconde, j'eus peur de ne pas le reconnaître. Pourquoi avais-je l'impression qu'il était à des milliers de kilomètres alors qu'en faite, il était à moins d'un mètre ?

- Et toi, tu crois que t'es mieux ? dit-je en faisant référence à la pâleur inquiètante de sa peau.

Il restait silencieux quelques secondes, toujours en me regardant. Immobile, il me faisait presque peur. La pièce était dans l'obscurité et tout ce que je voyait, c'était le blanc de ses yeux. J'entendis le canapé grincé et je devinais qu'il se levait.

- Je suis toujours comme ça, souffla-t-il alors qu'il s'éloignait.

- Où vas-tu ?

- Faim.

Je soupirai et restai assit sur mon fauteuil. Je laissai les minutes passés et, à peine eus-je les yeux fermés que je sentis sa présence. Je les rouvris et l'aperçus au cadre de la porte. Immobile comme il savait si bien le faire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne peux pas te passer de moi ? marmonnai-je, tout en repensant à ce qu'Hinata avait dit.

Il semblait vexé par le ton moqueur que j'avais employé puisqu'il ne répondit que quelques instants après.

- Euh, je sais pas cuisiner, murmura-t-il, ayant presque peur que je l'entende.

Je souriai mais il ne me vit pas. Il était debout dans le cadrage de porte qui séparait la cuisine du salon, et moi j'étais avachi dans le fauteuil, au milieu du salon.

Je me levais et me dirigea tranquillement vers la cuisine. Lorsque je passai devant lui, il se recula jusqu'à ce que son dos touche le mur. Je m'arrêtai devant lui - faisant exprès - et je me penchais au dessus de son visage. J'étais si proche que j'entendais son coeur frapper contre sa poitrine. J'observais les traits qui formaient sa beauté tout en me rapprochant, jusqu'à ce que nos corps se frôlent. Puis, juste avant que je ne puisse me retenir et le plaquer complètement contre le mur, je reculais, tout en gardant un contact.

- Tu veux manger quoi ? demandai-je

Ses yeux fièvreux se fixaient sur mes lèvres et je me demandais ce qui me retenais de ne pas le violer, là, tout de suite. Peut-être parce que je savais qu'au fond, il était fragile. Plus qu'il ne voulait se l'admettre.

- Tout ce que tu voudras bien me faire, murmure-t-il en fixant toujours mes lèvres.

Je n'avais pas remarqué, mais j'étais penché vers lui et que je dus me redresser.

Et c'est avec regret que je reculais pour me diriger vers la cuisine.

- Des nouilles, dis-je, ça te va ?

J'attendais une réponse mais comme elle ne vint pas immédiatement, je me retournais. Il était toujours adossé contre le mur, les yeux fermés.

- Laisse moi deviner, dit-il enfin alors que j'ouvrai le frigo, c'est tout ce que tu sais faire.

Sa voix douce et basse se perdait dans le silence de la nuit mais je pus l'entendre quand même, et cette remarque me fit rire. J'avais l'impression de reculer trois ans en arrière, quand il passait son temps à me descendre. Chercher pourquoi, ça me fit du bien de l'entendre se moquer de moi.

Il prit place à table à attendre que je fasse les nouilles. Il était passé 21h mais s'il avait faim, il n'y a rien qui me ferait plus plaisir. Puis soudain, une image me vint en tête ; Sasuke qui dormait dans la pièce qui hantait ses cauchemars...

Je me retournais vers lui, il était appuyé sur ses coudes le visage bien caché dans ses mains. Peut-être que je devrais lui poser certaines questions.

Quand j'eus enfin terminé, je pris les bols dans mes mains et me retournai pour les posers sur la table, espèrant que Sasuke ne soit pas mort de faim.

- C'est prêt, dis-je.

Il releva la tête - qu'il avait posée sur la table - et, sans me regarder, pris ses baguettes et commença à manger.

- Bonne appétit, dis-je pour moi-même sachant qu'il ne me renverrai pas ses deux petits mots tellement simple à dire.

Je pris place à côté de lui et commença à manger. Après quelques nombreuses minutes dans lesquelles le silence ne m'avait jamais semblé aussi lourd, je me risquai à poser une question.

- Sasuke, qu'est-ce que tu faisais dans le donjon ?

Un bruit de baguettes qui tombent au sol dans le silence de la nuit n'aurait pas fait autant de bruits. Mon regard se faisait si intense qu'il ne prit même pas la peine de les ramasser.

- Euh, du... du ménage, admit-il, de sa voix tremblante.

Le sujet était trop lourd pour lui.

- Te moques pas de moi, dis-je d'un ton ferme.

- Qu'est-ce que t'en sais toi, d'abord ?

- C'est moi qui t'es ramassé, gisant sur le sol gelé du donjon. Ne me dis pas que tu faisait du ménage ; il n'y avait aucun balais, ni autre instrument pour laver. Et puis cette pièce là n'a pas été pénétrée depuis les sept dernières années, alors pourquoi vouloir la nettoyer, là, maintenant ?

Je lui avais cloué le bec, comme on dit. Il baissa la tête et ne dit rien. Pour une fois, il semblait avoir comprit que j'avais raison... et qu'il avait tort.

Mais je m'en voulais quand même de lui avoir parlé sur ce ton. Son mensonge n'était peut-être pas volontaire, il essayait sûrment de me cacher une vérité qui lui faisait mal. C'est à ce moment là qu'il se pencha pour récupérer ses baguettes.

Lorsque fais, il se dirigea vers l'évier pour les passer à l'eau. J'admirai inconsciemment son corps, vêtu que de léger vêtements de nuit. Pourquoi avait-il l'air si pâle et faible, alors qu'en mission, il se relevait des plus profondes blessures. Et surtout, pourquoi avais-je la forte envie de le prendre dans mes bras et de le protéger ? Je secouai la tête et regardai mes pieds quelques secondes, histoire de mes remettre de mes émotions. Puis je me levai aussi et m'approchai de lui, toujours devant l'évier à laisser couler l'eau sur des baguettes qui étaient propres depuis déjà un bont bout de temps. Je m'appuyais et le regardai. Il y avait une fenêtre juste devant lui et la lumière de la lune tombait directement sur lui, mais à cause - encore une fois - de ses cheveux, je ne voyais pas ses yeux.

- Bon, soufflai-je, si tu ne veux pas me le dire, ça va. Je ne vais pas te tordre un bras.

L'eau coulait sans cesse me rendant encore plus nerveux. Je lui prenais alors le bras.

- Sasuke, tes baguettes sont propres je crois, dis-je.

Il s'arrêtait sans même lever la tête. Pendant ce petit moment, je me rendis compte que sa peau était gelé. Toujours immobile, je ne le lâchai pas du regard alors que j'enlevai ma veste. Je me demande à quoi il pense pour rester là debout devant l'évier, sans bouger. Une fois ma veste enlevée, je la posai doucement sur ses épaules. Il sursauta et se tourna vers moi, m'interrogeant du regard. Je pus enfin tomber dans la profondeur de ses yeux.

- J'en ai pas besoin, murmura-t-il en essayant de l'enlever.

- Non, garde-la, j'insiste, chuchotai-je à mon tour en replaçant la veste.

Il rougit légèrement tout en me regardant. Je n'avais jamais vu autant de douceur dans son regard, depuis que je le connaissais.

J'étais - encore une fois - tellement proche que je sentais que j'allais craquer s'il continuait à me regarder avec ce regard suppliant. Comme s'il souffrait et que j'étais la seul personne qui pourrait le remettre sur pied. Inconsciemment, ma main se portait à sa joue, et à peine l'eus-je touchée que mon coeur se mit à battre d'une vitesse folle dans ma poitrine. Pendant une seconde, où je me régalais de sa peau sous mes doigts, je perdis conscience du monde autour de moi. Tout ce que je voyais était lui, celui que j'aimais plus que je ne m'aimais moi-même. L'être plus important que ma propre vie.

J'approchais encore plus, mais je sentis ses mains sur mon torse alors qu'il reculait.

- Je... je ne peux pas, souffla-t-il, tu es fiancé...

La pointe de tristesse dans sa voix me brisait le coeur. Je me rapprochais encore plus.

- Rien à faire, murmurai-je alors que je sentais son souffle dans mon cou.

Je me penchais encore plus pour atteindre ses lèvres si désirées par tout mon être, mais il recula encore.

- Je ne peux pas, continua-t-il de dire.

Je m'approchais encore, en lui souriant chaleureusement, jusqu'à ce que son dos touche encore une fois le mur derrière.

- J'ai envie de toi, chuchotai-je en effleurant ses lèvres.

C'est alors que je me rendis compte qu'il me repoussait vraiment. Je posais une main sur le mur sur lequel il était appuyé, en reculant un peu.

- Je t'en pris, marmonna-t-il, mal à l'aise, laisse moi passer...

Je fus surpris. Avait-il peur de moi ? J'avais cru un moment qu'il se laisserait faire comme la dernière fois, mais apparament il a peur que je lui refasse le même coup. Il a assez souffert durant sa vie qu'il sait se défendre maintenant. Mais la chose qu'il semble ignorer, c'est que je ne lui veux aucun mal, au contraire...

Je reculais et lui il partit en courant - presque - jusqu'à l'escalier où il montait s'enfermer dans sa chambre. Toujours avec ma veste. Moi je restais là à attendre je ne sais quoi.

Je finis tout de même par mettre la vaisselle dans l'évier et, après avoir réfléchis longuement à la situation dans laquelle j'allais devoir me retrouver, je suis partis me coucher, espèrant que la nuit porte conseil.

FIN du chapitre 5, À SUIVRE

Petite parenthèse : Si vous n'aimez pas le yaoi, ce n'est pas la peine de me tomber dessus dans un commentaire homophobe, je ne prendrais même pas la peine de le lire, alors si vous n'aimez pas, ne lisez pas, c'est aussi simple que ça !

Pour les autres, tout vos commentaires sont les bienvenus, merci encore de lire ma fic, ça me fait plaisir ! Et pour ceux qui me dises que la différence de publication des chapitres par rapport à FF.net, eh bien j'essairai de les poster plus vite à l'avenir, encore merci !