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par -naemi-

 

New York, mai 1876

 

   Sasuke Uchiha sorti de son bureau et demanda à son secrétaire, assis dans l’antichambre :

-        Mr. Mitokado, Il me manque le codicille au testament de Mrs. Utatane. Vous ne sauriez pas par hasard ou il se trouve ?

-         Je crois que votre père l’a encore, monsieur, répondit l’homme. Il voulait revoir lui-même les modifications.

 

    Dépité, Sasuke plissa le front.

-        Bon sang ! Comment suis-je supposé avancer dans mon travail si quelqu’un, que ce soit mon père ou l’un de mes frères, s’acharne à m’en empêcher ! Qu’ils soient tous plus anciens que moi dans ce cabinet d’avocats n’est pas une raison pour se permettre de vérifier tous mes dossiers, comme si j’étais un collégien en culottes courtes !

-        Voulez-vous que j’aille le chercher, monsieur ? Enfin, si Mr. Uchiha senior a terminé de le revoir.

-        Ce ne sera pas nécessaire, Mitokado, coupa une voix bourrue qui se retenait de rire. Je rapporte justement ces documents, tous annotés, contrôlés, et prêts à être signés.

     Sasuke jeta un regard courroucé à son père.

-        Et corrigés à ta guise, je suppose ? Franchement, papa, tu exagères ! Quand tu me confies un travail, ne pourrais-tu pas me faire confiance ? Après tout, j’ai eu mon diplôme avec mention, et on ne m’a pas accordé ma licence de juriste uniquement pour te faire plaisir. J’ai appris pas mal de choses pendant mes études.

-        Je l’espère bien, étant donné ce que cela m’a coûté ! déclara le vieil homme. Et inutile de te sentir offusqué, cher jeune chiot. Il m’arrive encore d’examiner le travail de tes frères de temps à autre…

Sasuke secoua la tête.

-        Pas étonnant que Sai ait choisi de faire médecin. Au moins, il est sur que tu ne seras pas sans cesse derrière lui à surveiller ses moindres gestes, comme tu  le fais avec nous autres !

Fugaku Uchiha eut un rire léger.

-        Peut-être, mais je me console en me disant que je vous ai encore, Itachi, Neji et toi, pour obéir à mes coups de sifflet. Et si je me retrouve avec un ulcère à cause de vous trois, ce dont je ne doute pas un instant, je pourrai aller me faire soigner par Sai. Et il me fera un prix !

-        Ah ! je savais bien qu’il y avait une raison pour que tu l’aies laissé faire ce qu’il voulait aussi facilement.

Les yeux bruns foncés du père scintillaient du même éclat que ceux de son fils.

-        Je ne suis pas idiot. Tache de t’en souvenir, et n’oublie pas non plus à qui tu dois ton intelligence.

Les sourcils de Sasuke se haussèrent d’un air ouvertement moqueur.

-        A Dieu ? S’enquit-il innocemment. Ou peut-être à maman ? A grand-père ?

Fugaku haussa les épaules.

-        J’imagine que Dieu y est en partie pour quelque chose. Quand à ta mère, c’est une femme charmante, mais elle n’a pas assez de bon sens pour remplir un dé à coudre. Pas plus que n’en avait son père. Et si tu lui répètes ce que je viens de te dire, je te botte les fesses. Tu as encore l’age que je te mette au coin.

Sasuke éclata de rire.

-        Tu me considères encore comme un gamin, mais c’est ridicule ! J’ai vingt-six ans !

-        J’en suis parfaitement conscient, d’autant plus que ta mère ne cesse de me rappeler que tu as atteint un age avancé et que tu n’as encore ramené aucune fiancée à la maison, et donc aucune épouse.

-        Que ferais-je d’une femme, alors que je t’ai au bureau pour m’aider à me faire des cheveux blancs ?

-        Ta mère veut d’autres petits-enfants, l’informa Fugaku avec un drôle de sourire. Les tiens. Et ça, je ne peut pas le lui donner. En revanche, je vais voir ce que je peux faire pour tes cheveux blancs. Dès que j’en verrai un sur ta tête, j’arrêterai de vérifier ton travail.

-         Merci, papa. C’est très généreux de ta part. Tu ne voudrais pas mettre ça par écrit ? plaisanta sèchement Sasuke, autre habitude qu’il avait héritée de son père.

-        Comment ? On dirait à t’entendre que tu n’as pas confiance en ton propre père ! lança Fugaku, feignant l’indignation.

-        Evidemment que non, papa. Tu es juriste !

-        Toi aussi, lui fit remarquer Fugaku en prenant un petit air supérieur. Ce qui, si l’on suit ton raisonnement, est la preuve que tu ne saurais te faire confiance à toi-même.

Sasuke se frappa la poitrine.

-        Tragique, non ? dit-il sur un ton dramatique. A propos, j’emmène Kin Tsuchi au théâtre ce soir, je ne serai donc pas là pour dîner. Pourrais-tu prévenir maman ?

-        Elle en sera ravie, j’en suis sur.

-        La cuisinière est-elle si économe ces jours-ci qu’une bouche de moins à nourrir soit une occasion de se réjouir ?

-        Très drôle. Tu sais très bien ce que je veux dire. Ta mère aime bien la petite Tsuchi. Puis-je lui donner quelques raisons d’espérer ?

-        Je crains que non. Kin est charmante, mais elle n’est pas celle qui me passera la corde au cou. Ni à qui je passerai la bague au doigt. Mais ne t’inquiète pas. Je suis certain qu’il existe quelque part une femme capable de voler mon cœur. Je ne l’ai pas encore rencontrée, c’est tout. Le jour au ça arrivera, par contre, je saurai qu’elle sera la femme que j’aurai attendue toute ma vie.

Fugaku hocha sagement la tête.

-        Il semble en être ainsi pour tous les Uchiha, enfin Uchiha et Hyuga (explication : Dans ma fiction, les Uchiha ont adopté Neji, Hinata et Hanabi. Ces derniers ont préféré garder leur vrai nom, mais, considèrent Fugaku et Mitoko comme leurs vrais parents). Nous menons une vie paisible, nous profitons pleinement de notre célibat et, brusquement, nous nous faisons descendre comme des canards à la chasse.

Sasuke fit une grimace.

-        Je ne peux pas dire que j’apprécie beaucoup la comparaison, mais, à partir de maintenant, je regarderai d’un autre œil le colvert empaillé qui est dans ton bureau : comme s’il était l’un des nôtres.

 

 

 

Washington, D.C., mai 1876

 

  Sakura se regardait dans le miroir du hall chez Chiyo et attachait les rubans de son chapeau en un nœud coquin, juste en dessous de son oreille gauche. Elle faisait cela d’un geste automatique, préoccupée qu’elle était par ses soucis bien plus sérieux que son apparence. Elle était sur le point d’effectuer sa troisième visite au Garden Hotel, ou elle devait laisser un petit paquet à la réception à l’intention de Pein Nagato, ainsi qu’elle l’avait fait les deux fois précédentes. A l’intérieur du colis, qui était enveloppé d’un simple papier de boucherie et adressé à «   Tobitake Tonbo » (tous les noms sont pris du manga)  se trouvait une petite fortune en argent et en bijoux volés. Mais, une fois les bijoux écoulés, la somme que Pein en tirerait ne couvrirait qu’une partie infime de la rançon exorbitante qu’il avait exigée pour rendre Yuki sain et sauf.

        Konan, soupira intérieurement Sakura, comment t’y es-tu prise pour nous mettre dans un pétrin pareil ? Qu’as-tu bien pu trouver à un type aussi méprisable ? Je te jure, si je t’avais sous la main, il u a des fois au je te secouerais volontiers comme un prunier ! Tout ceci est devenu une toile d’araignée inextricable. Tu es morte. Yuki est aux mains de Pein. Et moi, je vole les amies de Chiyo, en risquant à tout moment de me retrouver en prison. Et tout ça parce que tu as choisi l’amant qu’il ne fallait pas. Tu peux me croire, ma chère sœur, j’ai beaucoup appris de tes erreurs. Avant de m’engager dans une histoire avec un homme, je prendrai garde à m’assurer qu’il est digne de mon amour !

  Elle poussa un gros soupir tout en marmonnant entre ses dents.

-        Si je vis jusque-là ! Si je ne passe pas le restant de mes jours derrière les barreaux. Et si j’arrive à convaincre Pein de relâcher Yuki et nous laisser en paix.

Le cœur serré, Sakura fit volte-face et aperçut Chiyo qui l’observait avec curiosité.

-        Bonté divine ! Chiyo ! s’exclama-t-elle. Vous avez failli me faire mourir de peur !

Les yeux noisettes (comme ceux de Sasori) Chiyo scintillèrent, lui donnant l’air d’un elfe malicieux aux cheveux blancs, avec son mètre cinquante et son éternelle ombrelle qu’elle brandissait comme une massue.

-        J’essaierai d’annoncer mon arrivée à l’avenir, surtout si je vous vois avec un air aussi préoccupé. Loin de moi l’intention de vous pousser dans la tombe avant l’age. D’ailleurs, je ne trouverai jamais personne pour vous remplacer, vous savez.

Sakura esquissa un petit sourire.

-        C’est gentil de dire cela, Chiyo, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Je connais une dizaine de filles qui seraient prêtes à se couper un bras pour avoir ma place.

-        Eh bien, c’est vous que je veux, alors qu’elles gardent donc leur bras !

Chiyo indiqua la porte d’un signe de tête.

-        Dites-moi, ma chère, vous sortez ou vous entrez ?

-        Je sors. J’ai quelques petites courses à faire. A moins, que vous n’ayez besoin de moi tout de suite.

-        J’espérais que vous pourriez m’aider à retrouver mon aiguille à tricoter. J’en ai égaré une.

Malgré ses ennuis, Sakura éclata de rire.

-        Elle est piquée dans vos cheveux ! Comme un de ces bijoux décoratifs que portent les  Orientales.

-        Oh ! Fit Chiyo avec un sourire de gamine. Peut-être vais-je lancer une nouvelle mode. Ma pelote de laine n’est pas plantée dessus, par hasard ? J’ignore comment, mais je l’ai également perdue.

-        Ce n’est pas ça ? demanda Sakura en tendant la main vers l’ombrelle repliée d’où s’échappait une traînée mousseuse de laine rose.

-        Seigneur Jésus, mais oui ! Je vous assure, je ne sais pas ce que je deviendrais sans vous. Au fait, je me demande si vous pourriez me rendre un autre service et faire un saut à la boutique d’Uzuki… Elle a du finir de recoudre mes gants. Si vous pouviez passer les prendre aujourd’hui, cela m’éviterait de sortir.

-        Je vais essayer, mais si je ne peux pas, j’irai vous les chercher à la première heure demain matin.

-        Vous ne revenez pas ? Je sais que nous n’avons aucune sortie prévue ce soir…

Elle s’interrompit en fronçant les sourcils.

-        Nous n’avons rien de prévu, n’est ce pas ?

-        Pas ce soir, répondit gentiment Sakura.

-        Bon. Je pensais que nous aurions pu passer une soirée tranquille ensemble, comme nous le faisions avant que votre sœur ne tombe malade et que vous n’emménagiez chez elle. Vous pouvez amener Yuki, si vous voulez, et le faire dormir dans une des chambres inoccupées.

-        Yuki est en ce moment avec son père, rappela Sakura à la vieille dame.

Sans entrer dans les détails, elle avait tout de même dit cela à Chiyo. Ce qui lui avait permis de lui expliquer pourquoi elle n’amenait plus l’enfant à l’occasion et pourquoi elle pouvait rester plus longtemps avec elle  ces jours-ci, sans être obligée de se précipiter à la maison afin de libérer la nourrice qu’elle avait engagée pour s’occuper de Yuki pendant ses heures de travail.

-        Encore ? s’enquit Chiyo avec un froncement de sourcils. Yuki est parti vivre avec lui pour de bon ?

D’un seul coup, les yeux de Sakura se remplirent de larmes brûlantes.

-        J’espère que non. Il me manque tellement ! Je ne l’ai gardé que quelques mois depuis la mort de Konan. Je sais, mais je me suis follement attachée à cette petite crapule.

-        C’est tout à fait naturel, ma chère, compatit Chiyo. Qui ne le serait pas ? C’est un enfant adorable. Il a conquit mon cœur. Je ne vois toujours pas pourquoi vous avez décliné mon invitation à venir vous installer ici avec lui après le décès de votre sœur. Vous me manque, et ce n’est pas comme s’il n’y avait pas la place pour Yuki. C’est vrai, même avec les domestiques, mes pas résonnent dans cette vieille maison comme une bille dans une boite en fer !

-        Un jeune garçon est trop turbulent et fait beaucoup trop de bruit.

-        Je vous l’ai dit, ça ne me dérange pas du tout, rétorqua Chiyo. Je suis peut-être âgée, et mes idées s’embrouillent parfois, mais je ne dis jamais des choses que je ne pense pas. Je sais bien qu’un enfant de deux ans est débordant de vie. Si je n’avais pas voulu vous avoir tous les deux, je ne vous l’aurais pas suggéré. Mais ma proposition tient toujours. Quand son père vous le confiera à nouveau, je veux que vous abandonniez cet appartement miteux que louait votre sœur et veniez vous installer avec moi. Vous, Yuki et sa nourrice.

Emus, Sakura s’efforça de réprimer ses larmes.

-        Je vais y réfléchir. Je vous le promets.

Et elle s’empressa de sortir avant de céder à son chagrin.

 En fait, Sakura avait déjà considéré l’offre de Chiyo à plusieurs reprises. Et elle regrettait amèrement de ne pas avoir accepté. Si elle l’avait fait, peut-être les choses ne se seraient-elles pas passées ainsi. Pein n’aurait pu enlever Yuki aussi facilement. Alors qu’il lui avait suffi de monter chez Konan, de bousculer un peu la pauvre nourrice et d’emmener l’enfant. Les autres locataires avaient entendu l’altercation, mais personne n’avait cherché à s’en mêler. Dans ce quartier, aller fourrer son nez dans les affaires de quelqu’un s’autre entraînait souvent le risque de se le faire couper.

 En rentrant de son travail ce jour-là ; il y avait maintenant deux semaines, Sakura avait trouvé la nourrice hystérique qui ne faisait que répéter que ce n’était pas sa faute. Elle avait tenté d’empêcher cet homme horrible d’emmener Yuki : Une bosse sur la tête ainsi que quelques bleus le prouvaient. Elle était si bouleversée qu’il avait fallu plusieurs minutes à Sakura pour la calmer, et plus encore pour que la nourrice pense à lui remettre le mot que Pein avait laissé au sujet de la rançon.

 Sakura était restée stupéfaite, refusant de croire tout d’abord que quiconque, même Pein, puisse être aussi insensible, aussi vil. Mais l’absence de Yuki et la rançon exigée étaient là pour démontrer le contraire. Pensant se rendre directement à la police, Sakura avait aussitôt changé d’avis en lisant le mot : si elle parlait à qui que ce soit, et à plus forte raison aux autorités, elle mettrait alors la vie de Yuki en danger.

 Quand elle avait vu la somme que ce monstre exigeait pour relâcher Yuki, elle avait failli s’effondrer. Vingt-cinq mille dollars ! Il aurait tout aussi bien lui demandé un million, de toute façon, elle n’arriverait jamais à réunir une telle rançon. Comment espérait-il la voir rassembler pareille somme avec son salaire ? C’était ridicule !

 Certes, Chiyo était s’une extrême générosité. Outre des gains confortables, elle fournissait à Sakura la chambre et le couvert, ainsi que les tenues indispensables à sa position de dame de compagnie d’une des grandes dames de la bonne société de Washington. Elle veillait à l’éducation de sa jeune employé, non seulement en lui inculquant les bonnes manières qui lui manquaient, mais en lui faisant étudier le français, la littérature et la géographie, de façon que Sakura soit à l’aise pour converser avec l’élite que fréquentait Chiyo. Elle l’avait également initiée à l’univers de l’opéra, du théâtre et de la danse.

 Pour touts ces raisons, et bien d’autres encore, Sakura serait éternellement reconnaissante à la vieille dame. Cependant, parler français et avoir une armoire remplie de robes superbes ne l’aidait pas vraiment. Cela n’augmentait en rien ses maigres économie, qui avaient presque entièrement fondu après qu’elle eut payé le loyer de Konan, les honoraires du médecin et l’enterrement, sans parler de ce que lui coûtait la nourrice de Yuki.

 Bien sur, elle aurait pu gagner quelques dollars en vendant ses robes élégantes dans une boutique d’occasion, mais comment expliquerait-elle leur disparition à Chiyo ? La vieille dame ne manquerait pas de remarquer leur absence, car si elle donnait parfois l’impression d’avoir l’esprit confus, elle était aussi très perspicace.

 Finalement, Sakura avait mis en gage les quelques bijoux qu’elle possédait, dont aucun n’était de grande valeur, rassemblé jusqu’à son dernier centime et organisé une rencontre avec Pein dans le parc de la ville, bien que cette idée lui inspirât frayeur et répugnance. Cet homme était tout simplement révoltant ! Grand et imposant, il était extrêmement négligé : elle était sure qu’il ne s’était pas lavé, et qu’il portait ses vêtements depuis au moins un mois, si ce n’est plus (désolé fan de Pein, la suite ne va pas vous plaire). Avec ses petits yeux ambres diaboliques, son visage (euh je veux bien dire déformé ou bouffi, mais je suis vraiment perdu là désolé) plein de piercings … ses cheveux blonds, toujours sales, qui pendouillaient en longues mèches d’un presque orange, grasses, il ressemblait à un gros porc poilu (imaginez un peu !), quoique Sakura soupçonnât les cochons d’être plus propres et de faire preuve de plus de moralité ! De plus, ils étaient sans doute moins dangereux que cette brute toujours prête à brandir une arme, dont l’unique occupation semblait être de s’attaquer à plus petit et à plus faible que lui.

 Après lui avoir remis une somme misérable, Sakura avait supplié Pein de lui rendre l’enfant. Mais ses larmes et ses lamentations n’avaient servi à rien. Ce tyran sans cœur s’était contenté de rire en lui disant de trouver le reste de la rançon.

-        Et je vous conseille de faire vite, pour votre bien et celui du gosse. Ce petit bâtard commence vraiment à m’énerver.

Sakura avait été scandalisée.

-        Comment osez-vous parler de lui ainsi ? Yuki est votre fils ! Votre chair et votre sang ! Comment pouvez vous envisager une seconde de lui faire du mal ? Ou de le marchander comme ça, car vous ne faites finalement rien d’autre.

-        Ma parole, vous étés aussi stupide que l’était Konan ! avait reniflé Pein. Eh bien, laissez-moi vous dire une chose, ma petite. Ne me faites pas la morale, parce que ces sales riches que vous admirez ne valent pas mieux. Il y en a parmi eux qui vendraient leur femme sans sourciller. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font tous les jours. Ne me dites pas qu’un homme ne cherche pas à arrondir sa bourse quand il marie sa fille à un vieux plein de fric qui a un pied dans la tombe et l’autre sur un gros tas de pièces d’or.

-        Ce n’est pas pareil, avait protesté Sakura sans grande conviction, reconnaissant intérieurement qu’il y avait du vrai dans la remarque de Pein.

-        Et vous, vous étés trop tendre. Exactement comme votre sœur. Elle me rendait fou à toujours chercher ce qu’il y avait de bon chez les gens. Toujours à chercher le soleil alors qu’il tombe des cordes. Une idiote, voilà ce qu’elle était !

-        Vous n’arrêtez pas de dire ça. Je sais que, à sa façon, Konan était terriblement crédule, surtout en ce qui vous concerne. Je ne comprendrai jamais comment vous avez pu lui plaire. Et si vous aviez si peu de considération pour elle, qu’étés vous allé faire avec elle ?

-        Et voilà que vous recommencez à étaler votre ignorance, avait-il répliqué avec un sourire en coin. Mais aujourd’hui, je me sens d’humeur tolérante, alors je vais vous le dire.

Il s’était penché sur elle, et Sakura s’était crispée en sentant son haleine fétide.

-        Un homme ne cherche pas nécessairement une femme futée, quand il est d’humeur câline. Et votre sœur était plutôt jolie fille avant de se retrouver en cloque.

-        Espèce de sale type ! avait sifflé Sakura. Je vous rappelle que Konan ne s’est pas… euh… n’a pas fait cet enfant toute seule.

-        Ouais, nous avons passé de bons moments sous les draps, tous les deux. Jusqu’à ce qu’elle fiche tout en l’air. Mais il y a toujours d’autres petits poissons qui ne demandent pas mieux que d’être mangés.

Une lueur obscène animait les yeux de Pein tandis qu’il dévisageait Sakura. Son regard insistant lui avait donné la chair de poule, et elle s’était reculée légèrement, prête à s’enfuir.

-        Vous en faites pas, ma petite. Vous étés trop maigrichonne pour m’intéresser. Vous n’étés pas aussi bien rembourrée que Konan l’était (rire !). En plus, c’est pas votre corps qui m’intéresse, c’est votre argent.

Sakura avait eu du mal à avaler sa salive.

-        Je vous ai donné tout l’argent que j’avais. Je n’en ai plus.

-        Trouvez-en, avait-il ordonné sèchement en plissant les yeux d’un air mauvais.

-        Je ne peux pas. Je vous en prie, soyez raisonnable. Comment pourrais-je réunir la somme astronomique que vous me demandez ?

-        Pourquoi ne pas demander à la vieille toquée chez qui vous travailler de vous faire un prêt ? Elle n’aura jamais le temps de dépenser tout le fric qu’elle a. Autant que ça serve à une bonne cause avant que la vieille bique passe l’arme à gauche et en fasse don à un organisme de charité.

-        Non ! Je ne peux pas demander cela à Chiyo. Quelle raison lui donnerai-je pour avoir besoin s’autant d’argent ?

-        Inventez quelque chose. Ce que vous voudrez, à part la vérité. Vous savez ce que je vous ai dit si jamais vous en parlez à quelqu’un ou que vous me dénoncez à la police. Contrairement à certains, j’en ai rien à faire des momes. Alors, pas de bêtises. Faites quoi que ce soit contre moi, et c’est le petit qui paiera.

 Sakura n’avait pas essayé de le raisonner davantage, ses craintes pour Yuki augmentant chaque fois que cet homme odieux prononçait un mot.

-        Même si je lui demandais, je sais que Chiyo ne dispose pas d’une telle fortune. Elle n’est pas aussi riche que les gens le pensent. Croyez-moi, je n’ai aucun moyen de trouver la somme que vous me demandez.

-        Vous n’avez qu’à voler, suggéra tranquillement Pein. La vieille a un tas de copines bourrés de fric, et elle vous emmène partout avec elle. En faisant un petit effort, vous arriverez à dégoter de quoi récupérer le gosse en un rien de temps. Et si vous ne trouvez pas assez de liquide, j’ai un ami qui peut écoulé tous les bijoux que vous me rapporterez. Vous n’aurez qu’à les emballer soigneusement et à les déposer à la réception du Garden Hotel de Grand Street, au nom de  Tobitake Tonbo  

-        Je ne peux pas, je vous assure ! Je me ferai prendre !

Pein avait haussé les épaules et s’était éloigné, indifférent à la détresse de Sakura.

-        Ce serait vraiment pas de chance ! Surtout pour le mome. D’autant plus qu’il est pas trop âgé pour que je le vende à un atelier ou il sera exploité ou que j’en fasse un pickpocket pour qu’il rapporte quelque chose à son vieux père. Je trouverai bien un moyen de me débarrasser de ce petit boulet, alors si vous tenez à le revoir, vous feriez bien de vous activer un peu, parce que je ne vais pas le supporter encore longtemps.

-        Attendez !

Sakura l’avait rattrapé en courant.

-        Quand pourrais-je le voir ?

-        Quand vous aurez payé.

-        Il faut que je sache si Yuki va bien. Si on s’occupe de lui correctement…

-        Ce qu’il faut surtout, ma petite dame, c’est me remettre ce fric avant que ma patience soit à bout.

 

 

 

 

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Note de l’auteur : Ouf, enfin ! Je n’ai écrit de ma vie des chapitres aussi longs. Bref, comme vous l’avez remarqué, (enfin pour ceux qui ont lu mes anciennes fictions) Je fais un effort surhumain pour écriture saine et si possible sans fautes d’orthographe. J’espère que ça vous plaira ainsi !

  Parlons de Fiction. Dans la mienne, Pein est un vrai salaud. Pour ce qui est du Kiba/Ino, je  verrais ce que je peux faire. Ce n’était pas dans mes plans d’en parler encore. Mais je verrai.

  J’espère que ce chapitre vous a plu, et je vous dis à la prochaine !!