Nami no Kuni, changements importants

par T-twix

Quatre jours de marche. Voilà le temps que l’équipe onze de Konoha avait pris pour arriver près de l’océan. Désormais, ils profitaient du temps qu’ils avaient avant d’arriver au port le plus proche d’eux, en terrain ennemi. Menma s’était mis à la recherche de renseignements, et ce ne fut pas très fructueux. Il n’avait appris qu’une seule chose, que Nami n’était pas un endroit où les gens voulaient s’éterniser.

-          Sensei, qu’allons-nous faire une fois sur place ? demanda Kaito.

Le blond haussa un sourcil, et regarda le Hyûga. Celui-ci semblait être le seul à avoir des doutes sur la mission en elle-même. Et pour cela, Menma lui sourit, avant de lui expliquer leur situation.

-          Nous allons retrouver cette femme, Tsunami, pour avoir les détails de la mission. Ensuite, nous attendrons des informations supplémentaires pour savoir quand arriverons les marchandises à protéger.

-          D’accord, mais je trouve cette mission étrange.

-          Comment ça ? demanda le Jounin.

-          Je sais bien que la situation à Nami est désastreuse, mais pourquoi Gatô voudrait faire passer un bateau par-là ? demanda le jeune Hyûga.

Maintenant que Menma planchait sur ce mystère, il devait bien admettre que tout cela était louche. Pour une petite compagnie, avoir recours à des ninjas car elle ne peut se permettre de déroute ses navires marchands, mais Gatô Compagnie est une des plus grandes compagnies marchandes du monde. Pourquoi ne payer qu’une mission de rang C pour protéger un navire alors qu’il pourrait simplement le dérouter ? Ces questions se bousculèrent dans l’esprit du Jounin, tandis que Kaito s’excusa de lui donner des doutes, avant de commencer à s’éloigner.

-          Kaito ! l’interpela le sensei.

-          Oui Sensei ? demanda celui-ci en se tournant vers le blond.

-          Restes toujours sur tes gardes, on ne sait jamais.

Le blond regarda le jeune Hyûga rejoindre ses deux équipiers, qui s’extasiaient de la vue. Le blond créa un Rasengan d’une main. Il recouvrait déjà sa manipulation de forme, mais en cas d’adversaire puissant, cela ne suffirait pas, il devrait avoir recours à une technique encore plus puissante.

-          Je devrais me dépêcher de recouvrer toutes mes capacités, murmura le blond.

 

 

Port de Yakusha, capitale de Nami no Kuni. Un pays détruit par la pauvreté, la violence, la drogue, et toutes autres joyeusetés du genre. Pourtant, parmi les dix mille habitants de cette ville, une petite communauté s’était créée dans les quartiers les plus pauvres. Une communauté voulant faire de Nami no Kuni un pays à l’économie florissante.

-          Kaiza-san, êtes-vous sûrs de vouloir faire cela ? demanda un homme.

Un homme sorti de l’ombre, tenant un jeu de cartes en main. Cheveux noirs en pics, une cicatrice en forme de croix au niveau du menton, Kaiza, du haut de ses trente-cinq ans, était respecté par l’ensemble des pauvres du quartier. Pourquoi donc ? Il était le premier, oui, le tout premier à avoir eu cette idée de changer leur destin. Pourquoi vivre dans de telles conditions ? En tiraient-ils quelque chose ? Non. Et Kaiza fut le premier à vouloir réellement changer les choses.

-          Oui, nous devons le faire pour notre pays, décréta Kaiza.

-          Mais si jamais les rumeurs de Nobu-san sont vraies, alors Gatô aurait embauché des ninjas pour protéger sa marchandise en direction de Kiri, expliqua l’homme en face de Kaiza.

-          Et ? demanda le brun, nullement impressionné. Ces ninjas ne lui serviront à rien, nous sommes une meute, et tant que nous aurons des alliés tels qu’eux, nous ne craindrons pas une malheureuse équipe Shinobi.

La motivation de Kaiza était impressionnante, et les gens présents dans l’entrepôt applaudirent de toutes leurs forces, tandis que le rebelle sortit de l’entrepôt. Alors qu’il était seul, Kaiza tira une cigarette roulée et commença à la fumer après l’avoir allumée. Un applaudissement se fit alors entendre.

-          Impressionnant, Kaiza-san, comme d’habitude, déclara une voix.

-          Nobu-san, heureux de vous voir, sourit le rebelle.

Un homme était désormais en face de Kaiza. Des cheveux or rasés, un kimono brun, et un sabre attaché à la ceinture. Les yeux verts de l’homme étaient assez impressionnants, tant ils semblaient aguerris,  capable de repérer le moindre mouvement dans son champ de vision. Nobu ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Le sourire amusé du jeune homme rassura Kaiza.

-          Alors ? Gatô a-t-il appelé des renforts ? demanda le brun.

-          Oui, mais vous avez de la chance, j’ai également des renforts avec moi, et je me chargerai de cette équipe ninja, sourit-il.

-          Plus d’informations sur la cargaison qui doit passer ? demanda l’homme en lançant son mégot au loin.

-          Oui, il y a tout ce qu’il nous faut pour stopper la pauvreté de ce pays, sourit Nobu. J’estime le nombre d’hommes pour infiltrer le navire à quatre, en plus de moi.

-          D’accord, je m’occupe de tout ça, je trouverai quatre hommes assez forts et ayant assez de volonté pour nous aider, Nobu-san.

 

 

-          Enfin les pieds sur terre ! s’exclama Mifuyu.

La kunoichi sauta du bateau, pour poser pied sur des planches. C’était un port, et au vu du nombre de bateaux présents, ils arrivaient quand tout le monde était à l’extérieur. Les trois hommes de l’équipe descendirent, avant que Menma ne lâche le premier ordre.

-          Le premier qui désobéit, je lui apprendrai à souffrir, sourit de manière démoniaque le blond. Ne cherchez pas à faire les malins, c’est une ville très dangereuse.

-          Oui sensei, marmonnèrent les Genin.

-          Vous allez me suivre, déclara un homme encapuchonné.

L’homme agrippa sa main sur l’épaule de Mifuyu, et une demi-seconde plus tard, l’homme sentit une vibration au niveau de son foie. Menma avait posé sa main dessus avec un sourire mauvais sur son visage.

-          Fais gaffe où tu poses tes mains, prévint le Jounin. Rasengan, Seconde Etape.

L’homme se fit propulser cinq bons mètres en arrière, en tournant sur lui-même. Tout le monde regarda le quatuor de Shinobi, tandis que Menma fit signe pour avancer. Mais avant même qu’ils ne se mettent en marche, un applaudissement eut lieu. Menma, rapidement imité par ses élèves, tourna la tête en direction de ce son, pour voir, avec stupeur, qu’elle était similaire aux souvenirs de Menma.

-          Bienvenue à Yakusha, capitale de Nami no Kuni, Konoha-nin, salua Tsunami.

Menma l’observa quelques instants. Elle était tout simplement identique à ses souvenirs, hormis le fait qu’elle portait un kimono noir. Le blond put rapidement voir qu’à ses côtés se tenait un samouraï.

-          Merci, déclara Menma. Mesure de sécurité, je suppose ? demanda-t-il en pointant le samouraï d’un doigt.

-          En effet, les rues de Yakusha ne sont pas conseillées pour les femmes seules. Il vaut mieux avoir ce qu’il faut pour payer quelqu’un, le cas échéant.

-          Mieux vaut prévenir que guérir, déclara le Jounin sagement. Allons dans un endroit plus privé pour parler de cette mission, ordonna le Jounin. On ne sait jamais.

Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient tous dans une chambre d’un hôtel miteux d’un quartier commerçant. Tous étaient assis autour d’une table, observant la discussion pour certains, attendant avec impatience pour d’autres.

-          Parlons, maintenant, décréta le blond.

-          Bien, acquiesça Tsunami. Gatô-san souhaite que sa cargaison, qui doit passer par ici, soit intacte et que rien ne soit arrivé au bateau.

-          Que contient-il ? demanda Menma.

-          En majorité des médicaments pour soigner les nombreux blessés de Kiri no Kuni, déclara la brune, se servant un café. Il y a également de la nourriture et des matériaux de construction.

-          Gatô fait donc du bénévolat ? sourit le blond.

Tsunami explosa de rire. Si quelqu’un était bénévole pour aider les victimes de la guerre de Kiri, ce ne serait sans doute pas Gatô. Après s’être calmé, ce qui lui prit une bonne minute, Tsunami expliqua le pourquoi de son fou rire.

-          Kiri est une terre qui se remet difficilement de la guerre civile. Gatô-san vend à des prix plus élevés que la normale, pour pousser les gens à travailler plus qu’ils ne devraient, expliqua-t-elle.

-          Et cela coulera Kiri, j’espère que Gatô-san est au courant, répondit le Jounin. Empêcher l’import d’un pays en montant les prix mènera éventuellement à une guerre de grande échelle, commença le blond.

-          Shinobi-san, sans vouloir vous manquer de respect, coupa Tsunami. Je ne vous dis pas comment faire vos missions, alors ne nous dîtes pas comment la Gatô Compagnie doit fonctionner, décréta la femme.

-          Tsunami-san, vous ne me vexez pas, sourit Menma. La seule chose est, et je vous le dis directement, qu’en cas de guerre lancée par Kiri, par prétexte économique, je saurais qui je devrais convaincre pour arrêter cette guerre. Et soyez sûr d’une chose, cette guerre éclatera si Gatô-san ne remet pas en question son bénéfice.

-          La discussion est close, Shinobi-san. Le bateau passera dans quatre jours, au port, à midi. Vous serez chargé de la protection du bateau dès l’aube, point final.

Les Genin étaient encore choqués de la situation et surtout de comment leur sensei avait déclaré, implicitement, qu’il torturerai Gatô si jamais Kiri lançait une guerre contre les autres pays. Leur sensei ne plaisantait jamais avec le sujet de la guerre. C’était en quelque sorte un tabou, et les jeunes Genin l’avaient rapidement compris. Avant même que les élèves ne puissent dire quelque chose, le blond les interpela.

-          Où allez-vous, Shinobi-san ? demanda Tsunami.

-          Je vais les entraîner, pour qu’ils soient au sommet de leur puissance quand le moment sera venu.

Les élèves accoururent, même si Naruto sembla traîner des pattes pour rejoindre son aîné. Passés plusieurs minutes de courses dans Yakusha, le blond avait réussi à entraîner ses élèves là où il voulait. Une forêt de pins, idéal pour l’entraînement qu’il leur ferait subir.

-          Que faisons-nous ici, sensei ? demanda Mifuyu.

-          C’est ici que nous allons passer en phase d’entraînement supérieure, sourit le Namikaze.

-          Comment ça ? demanda Kaito, surpris.

-          Je vais tâcher de vous expliquer tout ça le plus simplement possible. Jusqu’ici, vous avez eu droit à l’entraînement basique de l’académie, avec un petit plus de par vos activités extérieures.

-          Un petit plus ? demanda Mifuyu.

-          Le Jyûken de Kaito, le Ninjutsu médical de Mifuyu et pour moi ? demanda Naruto, surprenant tout le monde.

-          Tu suis bien, Naruto, sourit Menma. Pour toi, c’est quelque chose que tu n’as pas eu la chance de terminer. Mais pour en revenir aux faits, nous allons donc passer à la vitesse supérieure. Vous allez, contrairement à votre enseignement habituel, devenir spécialisés dans votre meilleur domaine.

-          Et l’entraînement généraliste ? demanda Kaito.

-          Vous le ferez toujours, mais moins qu’avant, voilà tout. Je vais donner mes directives à chacun d’entre vous, et vous vous entraînerez, sourit Menma. Kaito, viens avec moi.

Les deux jeunes hommes s’éloignèrent, se postant à côté d’un arbre. Menma sourit à Kaito, avant de commencer son explication.

-          Kaito, je ne doute pas que ton Jyûken soit déjà bien au-delà de la normale, et je vais t’aider à faire quelque chose qu’on a jamais vu auparavant, sourit Menma.

-          Quoi donc, Menma-sensei ? demanda le brun, surpris.

-          Le Jyûken, c’est le poing souple, on est d’accord ? demanda le blond, et Kaito acquiesça. A ton avis, que deviendrais le Jyûken si tu ne te battais pas seulement avec les mains, mais avec tout ton corps ? demanda le Jounin, un sourire malicieux sur son visage.

-          C’est humainement impossible sensei, coupa Kaito. Le contrôle d’un ninja, aussi doué soit-il, sur son chakra ne peut pas atteindre un niveau aussi précis. De plus, même si c’est le cas, il faudrait créer un… s’arrêta Kaito, comprenant.

-          Je vois que tu as saisi. Perspicace, sourit le Jounin.

-          Un nouveau style, c’est ce à quoi vous pensez, sensei ? demanda le Hyûga.

-          Exactement, sourit Menma. Nous allons créer un style capable de bouleverser le clan Hyûga tout entier. Attention, tu ne dois pas le montrer à qui que ce soit, pas même la personne la plus proche de toi, et ce jusqu’à ce que ce style soit prêt.

-          Sur quoi vais-je m’entraîner, alors ? demanda Kaito.

-          Sur la concentration et manipulation du chakra. L’objectif est que tu maîtrises le Kaiten, la fameuse technique de ton clan. A partir de là, on pourra travailler de manière plus précise.

Kaito sourit, ayant compris en quoi une forêt serait utile. L’escalade d’arbres serait un premier bon exercice pour s’habituer à utiliser son chakra à travers autre chose que ses mains. Cet enfant était perspicace, s’en était presque effrayant pour Menma. Il fit un clone d’ombre pour surveiller le Hyûga, et s’éloigna. Une fois de retour auprès de Mifuyu et Naruto, le blond amena la jeune demoiselle aux cheveux bleus plus loin. Arrivé au milieu d’arbres, le blond décida de s’arrêter.

-          Bien, nous y sommes, décréta Menma. Mifuyu, connais-tu tes points forts et tes points faibles ? demanda Menma.

-          Je dirais que je suis faible physiquement, ma réserve de chakra n’est pas très élevée, tandis que je maîtrise bien mon chakra, tenta la bleue.

-          Exact, sourit le blond. C’est pourquoi nous allons équilibrer tout ceci. Dans un combat, l’ennemi te visera en permanence. Tu es le pilier de l’équipe, déclara le Sensei.

-          Mais Naruto-kun et Kaito-kun sont bien plus puissants que moi, et ils ont tous deux ce qu’il faut pour diriger l’équipe.

-          Justement, ils peuvent diriger l’équipe, mais sans toi, ils sont morts, tout simplement. Si tu n’es plus là, qui les soignera ? demanda le blond, ce qui suffit pour que Mifuyu comprenne. C’est pourquoi tu dois combler tes points faibles, pour être plus équilibrée que les deux autres et pour pouvoir te défendre avec efficacité.

-          Que dois-je faire pour arriver à ce résultat ? demanda-t-elle, légèrement perdue.

-          La vitesse est la chose la plus importante chez un ninja. En exercice physique, en dehors des gros entraînements, c’est ce que tu dois privilégier. Pour te spécialiser dans les jutsu de soin, je te trouverai un professeur spécialisé, mais avec moi, tu t’entraîneras à une chose.

-          Qui est ? demanda-t-elle.

-          Un coup décisif. Tu dois pouvoir le placer à n’importe quel moment, sourit Menma.

Le blond s’approcha d’un arbre, pour concentrer son chakra dans son poing, avant de frapper l’arbre. Celui-ci tomba directement au sol, à la limite d’être déraciné. Le blond se gratta la tête, il en avait sans doute trop montré à la jeune kunoichi. Il fit un clone pour surveiller la bleue à son tour. Celle-ci sourit en regardant son maître partir.

-          Merci sensei !

Le blond fit un signe de main à la jeune fille en réponse, avant de disparaître dans le vent. Il arriva rapidement auprès de Naruto. Celui-ci s’était assis en tailleur au sol, et s’amusait avec un kunai. L’arrivée du Jounin le fit s’arrêter et se lever pour fixer avec ennui profond l’instructeur.

-          Vous avez été long, sensei.

-          Pour toi, j’ai quelque chose de spécial, sourit Menma.

-          Et qui est ? demanda le blond. Je me rappelle que vous avez mentionné quelque chose que je n’ai pas eu le temps de maîtriser, qu’est-ce donc ? demanda le petit Namikaze.

-          Ca, c’est la seconde partie de l’entraînement, que nous ne pourrons faire qu’à Konoha, question de sécurité.

-          Et donc, que faisons-nous ? demanda Naruto.

-          Ton entraînement sera celui de la maîtrise, déclara énigmatiquement Menma.

-          De la maîtrise ? demanda Naruto, confus.

-          De la maîtrise du ninjutsu, bien sûr, sourit Menma.

Le ninjutsu ? Pourquoi Menma voulait-il donc entraîner son double uniquement au ninjutsu ? Y avait-il un objectif caché à travers cet entraînement ? Ces questions traversèrent l’esprit du jeune Genin, et qui s’empressa de les poser à son aîné.

-          A vrai dire, commença celui-ci, j’aurais aimé t’entraîner à des techniques plus, comment dire, spéciales, mais je n’ai pas le droit pour le moment, soupira Menma.

-          Des techniques spéciales, comme ? demanda Menma.

-          Comme ça, sourit le blond.

L’orbe tourbillonnant bleuté apparut dans sa main gauche, avant que le blond ne disparaisse pour apparaître derrière le jeune Genin. Celui-ci se retourna avant d’ouvrir les yeux ébahi. Son Sensei était donc si fort et rapide ? Il était impressionné, même si cela ne changeait pas grand-chose à leur relation.

-          Whao, murmura Naruto. Mais pourquoi vous ne pouvez pas me les enseigner ? demanda-t-il, intrigué.

-          Tu n’as pas le niveau requis dans certains domaines, voilà tout.

-          On ne pourrait pas travailler ces domaines plutôt ? demanda Naruto, pressé d’apprendre les fameuses techniques spéciales de son aîné.

-          Malheureusement non. Une fois le ninjutsu maîtrisé, on pourra s’attaquer à un entraînement plus poussé sans que tu ne sois gêné en mission. Mais je vais en profiter pour exploiter à fond ton potentiel dans ce domaine.

-          Comment ça ? demanda le blond.

-          Tu es du type Suiton, correct ? demanda le blond, et le jeune acquiesça. Bien, je suis un tri-élémentaire : Suiton, Fûton, Raiton. Nous sommes de la même famille, déclara-t-il. Nous sommes la même personne, pensa-t-il. Les probabilités que nous ayons les mêmes natures élémentaires sont élevées, enchaîna-t-il.

-          Ca veut dire que…

-          Je vais t’enseigner le Suiton sous ses formes les plus élémentaires, avant de te faire créer ton propre style. Pendant cette création de style, on passera à la vitesse supérieure en vérifiant que tu as bel et bien une seconde nature élémentaire, et on commencera l’entraînement de cette nature.

Naruto était surpris. Son Sensei semblait en connaître un bout sur le Ninjutsu, que ce soit dans la théorie que la pratique. Après tout, son aîné maîtrisait pas moins que trois natures élémentaires. Le jeune se fit couper dans ses réflexions par son maître.

-          Je vérifierai quelques points une fois que l’on sera à Konoha, histoire de savoir, si oui ou non, une de mes théories est véridique.

-          Laquelle ? demanda Naruto.

-          Secret pour le moment, je n’ai pas envie de te donner de faux espoirs, sourit-il. Bon, on attaque l’entraînement ? demanda-t-il avec un sourire amusé.

 

 

Le soir venu, le repas des ninjas fut beaucoup plus tard que celui de Tsunami et son garde du corps. Les Genin étaient complètement épuisés, et cela fit sourire Menma. Au moins, ils y allaient à fond, et l’entraînement payerait uniquement de cette manière. Il souhaita un bon repos aux jeunes enfants, avant d’aller prendre l’air sur un balcon. Etonnamment, il y trouva Tsunami. Les deux adultes s’ignorèrent pendant cinq bonnes minutes, avant que ce silence n’agace le blond.

-          C’est bon, je m’excuse pour ce matin, abdiqua le blond.

-          Je ne vois pas pourquoi vous vous excusez, Shinobi… commença Tsunami.

-          Arrêtez de m’appeler Shinobi-san, je trouve que ça me vieillit. Déjà que je suis avec des gamins pour lesquels je ne suis qu’un fossile, sourit-il. Appelez-moi Menma, sourit le blond.

-          D’accord Menma-san, sourit Tsunami en retour.

-          J’avoue avoir été agressif ce matin. Mais je ne change pas mon avis sur la question, j’espère que vous en avez conscience.

-          Bien sûr, et je comprends votre point de vue, Menma-san, répondit la brune. Mais le business est ce qu’il est, et même si je suis d’accord avec vous, ce n’est pas moi qui prend les décisions pour Gatô-Compagnie.

Un silence gênant s’installa. Après quelques dizaines de secondes, Tsunami s’accouda au balcon, observant les quelques lumières venant des différentes maisons. Cette ville était si pittoresque, c’en était impressionnant.

-          A la base, je viens de ce pays, de cette ville, commença Tsunami. A l’époque, c’était une ville florissante, comme le reste du pays. Mais l’économie nous a coulés. Nous étions si forts de nos échanges commerciaux que nous avons eu pour projet fou de bâtir un pont reliant Nami no Kuni à Hi no Kuni.

-          Projet fou ? C’est vrai que Tazuna était étrange, mais de là à qualifier un tel projet de fou, pensa Menma. Fou ? Je dirais ambitieux, répondit le blond, ce qui fit rire quelques secondes Tsunami.

-          C’était également ce que pensais mon père, Tazuna. Pour lui, l’essor de ce pays ne viendrait que lorsqu’il n’y aurait plus l’obligation de prendre un bateau pour venir chez nous. Malheureusement, le projet n’a pas abouti.

-          Pourquoi donc ? demanda Menma.

-          Vous devez bien vous douter que plus un pays est économiquement stable, moins cela arrange les mafias et autres malfrats travaillant dans l’ombre. Pour eux, l’instabilité est le signe d’une richesse plus grande que la stabilité. Un jour, ils ont fait une descente sur les travaux du pont, qui était à moitié terminé, et ils ont exterminé les constructeurs, ainsi que mon père, l’instigateur du projet, raconta tristement Tsunami.

-          Et depuis, le pays est devenu comme il est aujourd’hui, c’est cela ? demanda le blond.

-          Exact, soupira la brune.

-          Pourquoi travaillez-vous avec la Gatô-Compagnie ? De ce que vous m’avez dit implicitement, vous n’êtes pas très en accord avec la politique commerciale de Gatô-san.

-          Je, commença Tsunami. Je ne souhaite pas en parler, déclara-t-elle.

-          Pas de problème, sourit le blond.

-          Je pourrais vous poser une question, si elle n’est pas trop indiscrète, demanda Tsunami.

-          Bien sûr, acquiesça le blond.

-          Pourquoi être-vous devenu Shinobi ?

Cette question secoua Menma. Pourquoi avait-il décidé de devenir Shinobi, au final ? Etait-ce réellement ce sentiment de rejet qu’il avait depuis sa plus tendre enfance ? Avait-il réellement fait son choix librement ? N’avait-il pas été forcé, en quelque sorte, par les préconisations du Sandaime Hokage ? Non, c’était en quelque sorte inné chez lui, une accumulation de nombreuses raisons, certaines plus importantes que d’autres, qui l’avaient poussé à choisir la voie du ninja. Le blond, suite à sa réflexion, poussa un long soupir.

-          A vrai dire, il n’y a pas qu’une seule raison. Je n’avais aucune famille à proprement parler. Je n’y ai pas été poussé, mais par moment, lorsque j’y réfléchis, je me dis qu’on m’a légèrement indiqué la voie du ninja, tenta d’expliquer Menma.

-          Je pense comprendre légèrement ce que vous voulez dire, Menma-san.

-          Je sais que mon explication est confuse, mais je ne saurais pas mieux l’expliquer, je pense.

Un petit silence s’installa, avant que les deux adultes n’aillent se coucher, leurs esprits remplis de questions apparemment secondaires, tandis qu’en vérité, ces questions remettaient tout en question.

 

 

Les quatre jours passèrent en un éclair pour les Genin, mais également pour Menma. Celui-ci récupérait la majorité de ses capacités. Il ne pouvait pas encore être au maximum de ses capacités, mais il pouvait utiliser aux alentours de quatre-vingt pourcent de ses capacités. Tandis que l’aube pointait le bout de son nez, les ninjas sur le port purent constater que l’équipage en supplément pour le bateau était déjà avec eux, tandis que de nombreux pêcheurs de Yakusha lançait toutes sortes d’objets vers les ninjas, les insultants de tous les noms.

-          Ils ont besoin d’être aussi nerveux ? demanda Naruto, blasé.

Un poing rentra en collision avec son crâne, le faisant se plaindre. Le Jounin de l’équipe venait de le frapper. Un air sérieux était collé sur son visage, étonnant les jeunes Genin.

-          Si tu allais mourir de faim ou autre à cause du patron de cette entreprise, je pense que tu ferais de même, décrit Menma.

-          Comment on s’organise, Sensei ? demanda Mifuyu.

-          Une fois le bateau arrivé, vous montez. Je me charge d’assurer vos arrières, je sens qu’un truc n’est pas normal.

Le bateau arriva quelques dizaines de minutes plus tard. Le bateau était immense, et devait transporter une quantité non négligeable de matériel. Sur le pont, Tsunami fit signe aux ninjas de monter, ce que les trois Genin firent dans les secondes suivantes, tandis que l’équipage en supplément mis quelques dizaine de secondes pour être à bord du bateau.

-          Pourquoi Menma-san ne monte-t-il pas ? demanda la brune.

-          Il couvre nos arrières. Sensei se méfie, quelque chose semble ne pas être normal, déclara Kaito.

Quelques minutes plus tard, le bateau quitta le port, suivant la voie pour quitter les alentours de l’île. Les habitants hurlèrent et lancèrent des objets le plus loin possible, mais la plupart ne faisaient que tomber dans l’eau. A la fois énervé et ennuyé, Menma prit la parole.

-          C’est bon, tu peux arrêter, autorisa-t-il.

Aussitôt, le calme plat régna sur le port. Tous les habitants s’étaient tus, et avaient tous le même sourire, à la fois amusé et terrifiant. Menma concentra son chakra, dévoilant une partie de sa puissance. Un nuage de fumée plus tard, tous les habitants avaient disparus, tandis qu’une seule personne se tenait debout sur le port. Cette personne était un homme aux cheveux or rasés, une armure noire, avec une cape blanche sur laquelle était brodé un point d’interrogation.

-          Qui es-tu ? demanda Menma.

-          Je n’ai pas de nom, sourit l’inconnu.

Aussitôt, un kunai frôla la nuque de l’inconnu, étonnant celui-ci. Menma avait eu le temps d’agir, ou plutôt de lancer un avertissement, aussi rapidement ? Etonnant et effrayant, ce furent les deux mots auxquels l’homme pensa. Mais rapidement, un sourire arrogant apparut sur le visage de l’homme.

-          Trop tard, sourit-il.

Une énorme explosion eut lieu sur le bord, soulevant les bateaux entiers. Menma n’avait pas vu ça venir et posa rapidement pied sur la surface de l’eau. Son adversaire le rejoint sur l’eau, avant de faire signe au blond de venir.

-          Viens, je vais te donner une leçon, sourit l’inconnu.