Chapitre XXI

par edochan

Chapitre XXI

 

 

Après être resté au bureau de l’Hokage pendant plus d’une heure, Fugaku s’empressa de rentrer chez lui. La journée avait été longue, riche en événements.

Il avait dû gérer plusieurs enquêtes, dont une sur des mercenaires au Pays De La Pluie. Ceux-ci commençaient à causer beaucoup de problèmes aux quatre nations depuis quelques semaines maintenant ; ils étaient d’une force redoutable.

Soupirant pour la quatrième fois en quelques minutes, il regarda le ciel obscur dépourvu d’étoiles, les nuages nocturnes les masquant totalement.

Sa réunion avec l’Hokage et quelques autres personnalités du village lui annonçait un lendemain chargé. En effet, après avoir démasqué les trois « gamins », des décisions avaient dû être prises. Cependant, il sentait que le Yondaime  lui cachait quelques informations…bah ! Il ne devait pas trop chercher sinon son cher ami s’empresserait de faire de même de son côté, et il ne fallait surtout pas qu’il ait la moindre information sur ce qu’il allait faire dans quelques mois.

Mais, malgré ces quelques soucis, rien ne parvenait à entacher l’humeur de Fugaku. Aujourd’hui, son fil était né.  Sasuke Uchiwa était venu au monde, dans sa maison. L’accouchement s’était bien passé, malgré les circonstances. A cette pensée, il accéléra le pas, ne ses souciant pas de la personne qui le suivait. Il  courut jusque chez lui, puis, avant d’entrer, il fit volte face et lança un regard noir à Haru, qui se tenait derrière lui.

-L’Hokage a beau m’ordonner de te laisser vivre ici, tu n’en restes pas moins un danger potentiel. Tu vas dans ta chambre et tu n’en sors pas jusqu’à nouvel  ordre. Le Yondaime veut te voir demain matin  à huit heures.

Sasuke ne répondit pas, se contentant de fixer son père. Comme celui-ci ne bougea pas, il passa devant lui sans mot dire et rentra dans la maison. Il fut accueilli par Tsunade, qui le fixa un moment, un bébé dans les bras. Celui-ci se mit alors à pleurer, rompant ainsi le silence pesant qui s’était installé dans le hall.

Fugaku arriva, un de ses rares sourires aux lèvres, et prit son jeune fils des bras de Tsunade, ignorant Sasuke.

-Mikoto va bien ? demanda-t-il, ne lâchant pas le petit des yeux.

-Elle dort, répondit Tsunade. Itachi est avec elle.

-Bien. Va dans ta chambre, Haru.

Sasuke ne se fit pas prier et quitta de ce fait le petit hall. Arrivé  dans sa chambre seulement éclairée par les rayons lunaires, il ferma la porte, restant adossé à celle-ci quelques minutes. Puis, semblant se réveiller, il ôta un par un ses vêtements et pris sa douche dans la salle de bain adjacente à la pièce. Il y resta plus d’une demi-heure, puis sortit avec son kimono noir sur les épaules. Traversant sa chambre, il alla s’asseoir sur la terrasse, le regard dans le vide.

On pouvait dire qu’ils étaient dans un sacré pétrin, qu’il était dans un sacré pétrin. Comment avait-il pu se faire avoir aussi facilement ! Avant, il aurait déjoué le stratagème du Yondaime d’un seul mot. Mais, bien sûr, au contact de son ancienne équipe, de son ancienne vie en fait, il s’était considérablement ramolli. Et de plus, cela faisait quelques semaines qu’il n’avait pas touché à un kunai. Il ne pouvait même plus s’entraîner. Quelle merde.

Poussant un soupir, il quitta des yeux le petit jardin qui lui faisait face pour admirer la lune, cachée en partie par de fins nuages noirs.

Bien sûr, l’une des raisons principales de cette défait n’était pas dans la liste qu’il s’était faite. La raison principale, c’était simplement lui. Où plus exactement, sa naissance ; où plutôt d’avoir assisté à sa naissance. Et le stress en qui en résulta ; et les circonstances.

Sakura avait aidé sa mère à le mettre au monde. A le mettre au monde, lui. Elle lui avait, en quelque sorte, donné la vie. Cette idée le  révulsait au début ; il n’avait pas à avoir de dettes ; il n’avait jamais de comptes rendre à personne. Depuis le massacre de sa famille.

Mais, techniquement, s’ils n’avaient pas été là à cette époque, Sakura n’aurait jamais aidé sa mère à accoucher. Donc il ne lui devait rien. Mais elle avait quand même été présente…

Sasuke  sentit tout à coup la migraine lui venir. S’ils ne partaient pas d’ici, s’ils ne retournaient pas bientôt à leur époque, il allait devenir fou. Déjà qu’il traînait avec des faibles…il parvenait presque à supporter son frère. C’est dire.

Il était sur le point d’aimer la vie qu’il menait ici. Et ça, il ne le fallait surtout pas. Car tout cela n’était pas éternel. Dans huit ans, Itachi exterminera son clan sous les yeux de son petit frère. Dans quelques mois, le village  serait ravagé par Kyu…

A cette pensée, Sasuke se leva d’un bon. Il fallait absolument qu’li voie Naruto, qu’il lui parle ; qu’il confirme les soupçons qu’il portait sur lui depuis quelques temps et qui étaient devenus des quasi-certitudes aux vues de ses dernières pensées.

Il quitta la terrasse sur laquelle il était assis et traversa le petit jardin zen ;  il fléchit les jambes affin de sauter par-dessus la palissade qui entourait la propriété…

-On peut savoir ce que tu fais ? L’interpella une voix derrière lui.

Sasuke se remit droit, sans mouvements brusques, et se retourna pour rencontrer les yeux de jeune Kakashi qui lui lançaient un regard réprobateur.

-Alors ? Continua le shinobi.

-…j’ai besoin de faire un tour, répondit calmement Sasuke.

-Pourquoi ? réplique Kakashi. Un besoin soudain de rendre visite à quelqu’un ?

Le visage de Sasuke se ferma. Il n’avait vraiment pas besoin de ça maintenant.

-Et qu’est-ce que ça peur vous faire ? rétorqua-t-il. Vous n’avez pas à savoir mes moindres faits et gestes. Ça ne vous regarde pas.

- C’est justement là que tu te trompes. Etant donné tes soudains talents de shinobi, je suis sur mes gardes à ton sujet. Nous sommes sur nos gardes à vos sujets, malgré l’apparente nonchalance de l’Hokage.

Sasuke n’était pas surpris, c’était logique après tout. Mais il n’empêche que cela le contrariait amplement. Il devait absolument voir Naruto.

-Tu ne quitteras pas cette maison avant demain matin, lança Kakashi.

 À croire qu’il lisait dans ses pensées.

Sasuke contracta ses poings et, raide, retourna dans sa chambre.

-Parfait. A demain, continua Kakashi.

Celui-ci garda ses yeux rivés sur le jeune homme qui ferma brusquement la porte coulissante.

 

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Le soleil se leva sur le village de Konoha, inondant d’une  douce lumière bleutée les façades des maisons. Quelques personnes, profitant de l’air frais matinal, buvaient leur thé assis devant leur maison, avant que l’air estival ne se réchauffe.. le calme était relativement présent, entourant les piaillements des oiseaux qui, eux aussi, se réveillaient.

Dans ce silence matinal, de nombreux bruits de pas se firent soudain entendre. En effet, dans la rue principale, une jeune femme aux cheveux roses marchait en direction du palais de l’Hokage, entourée de six gardes Anbu. Elle paraissait tendue, sur ses gardes. Elle regardait anxieusement les gardes qui l’entouraient, contractant sa mâchoire.

Quand ils arrivèrent au palais, ils rencontrèrent un autre convoi d’Anbu, entourant un jeune homme aux cheveux noirs  l’expression indéchiffrable. Les deux groupes entrèrent dans le palais l’un à la suit de l’autre

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Sasuke s’affala à coté de Sakura. Ils étaient dans le couloir, en face du bureau du Yondaime, assis sur un banc. Les Anbus, qui les avaient accostés peu après leur sortie de maison, les avaient laissés là, sans explication, dans un silence pesant.

Après quelques minutes, Sasuke brisa le silence.

-Où est Na…Hiro ?

Sakura, plongée dans ses pensées, sembla se réveiller et regarda de part et d’autre du couloir.

-Je ne sais pas. Je ne l’ai pas vu depuis hier…il m’inquiète.

Le silence retomba aussitôt, encore plus pesant qu’auparavant.

-As-tu remarqué quelque chose d’étrange chez lui, ces derniers temps ? demanda Sasuke.

Son interlocutrice le regarda d’un air suspicieux.

-Quoi ? grogna l’Uchiwa.

-Depuis quand t’intéresses-tu à lui comme ça ?

-…

-Pas la peine de rouler des yeux, Sasuke. C’est bon, j’ai compris. C’est toujours comme ça avec vous deux, de toute façon.

Nouveau silence.

-Depuis quelques jours il est étrange, reprit Sakura, résignée. Depuis qu’on est arrivés ici en fait. Je pense que toi aussi, tu l’as remarqué. Tu as changé aussi, à propos.

-On ne parle pas de moi là.

-Au contraire ; je pense que ka cause de vos changements,, à toi et Hiro, est la même. Toi comme lui avez retrouvez des personnes…spéciales pour vous.

-Toi aussi je te signale ; rétorqua Sasuke. Cela ne servait à rien de nier.

-Tu sais bien que vous et moi, ce n’est pas pareil. Ça à toujours été comme ça, depuis le début.

-…Quoi qu’il en soit, c’est tout à fait normal que Hiro soit un peu chamboulé. Après la claque qu’il s’est prise l’autre jour…

-Hier ? Essaya de deviner Sasuke.

-Non, démentit Sakura. Il ne t’a rien dit ?

-On ne s’est pas trop parlé, depuis qu’on est arrivé ici –la seule fois ou j’ai essayé on a failli faire exploser les réserves d’eau de l’hôpital encore une fois. Alors, que s’est-il passé ?

-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de te le dire ; après tout, cela ne concerne que lui.

Une bouffée de rancœur inexplicable s’empara de Sasuke.

-Pourtant, dit-il en essayant de métriser sa voix. Toi, tu le sais.

-J’étais là quand c’est arrivé.

-Qu’est-ce qui est…tu sais quoi ? Lança Sasuke,  laisse tomber.

Il se leva pour s’éloigner de la jeune fille et se mit à faire les cent pas d’un pas rageur anse le couloir du palais. Sakura le regarda quelques secondes d’un air étonné.

- Dites-moi que je rêve, murmura-t-elle.

Sasuke s’éloigna encore un peu plus d’elle, ce qui la fit éclater de rire.

-Tu boudes ! S’exclama-t-elle entre deux rires. C’est d’un gamin…

-N’importe quoi ! rétorqua Sasuke, touché par sa réplique. Réfléchis un peu avant de sortir des bêtises pareilles, idiote !

-Je ne dis pas de bêtises, mon cher empoté, répliqua Skura, acide. Je décris ce que je vois, c’est tout affirma-t-elle. Ce n’est pas de ma faute si tu te comporte étrangement ces derniers temps.

-Tu interprètes ce que tu vois, nuance ! répondit Sasuke ;

Sakura sourit doucement avant de secouer la tête de dépit. L’Uchiwa eut une exclamation de dédain.

-Bon, lança-t-il, il se dépê…

A ce moment, la porte du bureau de l’Hokage s’ouvrit, coupant toute conversation. Tsunade en sortit lentement avant de ce poster devant eux, au milieu du couloir.

-Vous pouvez entrer.

-Il manque encore quelqu’un, dit Sasuke

-Je sais, nous avons envoyé quelqu’un le chercher.

Se demandant pourquoi Naruto n’avait pas eu besoin d’Anbus, Sakura se leva de sa chaise et entra dans le bureau, Sasuke et Tsunade à sa suite.

 

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A l’intérieur du bureau se  trouvaient le Yondaime, assis devant des piles de dossiers, ainsi que le Sandaime assis sur le canapé. Un Anbu se trouvait à côté de lui et se tenait sur ses gardes.

Sasuke et Sasuke avancèrent jusqu’au Yondaime et s’arrêtèrent, se tenant droit devant lui tandis que Tsunade allait rejoindre le Sandaime.

Minato lit un dossier pendant encore une minute ou deux, laissant une tension s’installer. Enfin, il referma le dossier d’un geste sec, fronçant un sourcil. IL croisa ses doigts sous son menton et examina les deux adolescents devant lui d’un regard perçant.

-je suppose que vous soupçonnez la raison de votre convocation.

Les deux shinobi ne répondirent rien, se contentant de regarder droit devant eux. Minato soupira, se leva de son fauteuil pour venir s’assoir sur son bureau, devant les deux adolescents, les forçant à le regarder.

-Je vois que vous avez renoncé à jouer la comédie. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est que vous n’ayez pas tenté de vous enfuir. Du moins, deux d’entre vous, termina-y-il en scrutant Sasuke de ses yeux bleus. Sakura, ne sachant rien de cette histoire, regarda l’Uchiwa d’un air étonné.

-Je n’ai pas tenté de m’échapper, Hokage-sama, répondit Sasuke. Je devais parler a Hiro.

-Puis-je savoir de quoi ?

-…non, Hokage-sama.

La tension augmenta d’un cran encore ; Sakura crut que son cœur allait sortir de sa poitrine d’un moment à l’autre. Minato et Sasuke s’affrontèrent du regard pendant quelques secondes, puis, contre toute attente, le Namikaze sourit.

-Au moins, vous n’avez pas la bêtise d’essayer de me faire croire à quelques salades supplémentaires.

Sasuke ne répondit pas, attendant la suite de la conversation.

-Bien, souffla Minato en avançant dans son bureau. Laissez-moi résumer la situation.  Hier, devant une situation que je qualifierais de dangereuse de votre point de vue, vous avez fait preuve de…je dirais d’aptitudes que peu de gens, de civils normaux diront-nous, auraient peu montré…

A cet instant, on entendit un toc à la porte, puis celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître Kakashi.

- Excusez-moi de mon retard, Hokage-sama, dit-il. Nous avons eu quelques…imprévus.

Minato haussa un sourcil envers Kakashi, puis tourna son regard vers Naruto qui venait de rentrer. Celui-ci était livide, les yeux fiévreux. Il rentra dans le bureau d’un as lent, puis se posta entre Sasuke et Sakura. Les deux blonds se regardèrent pendant quelques  secondes, puis Minato regarda de nouveau Kakashi.

-C’est bon, Kakashi. On en reparlera plus tard.

Le shinobi acquiesça, puis alla se poster à côté de l’Anbu à côté du canapé.

-Tu arrives à temps, Nakamura-kun. Je venais juste de terminer de résumer la situation. An allait rentrer dans le vif du sujet.

Naruto resta impassible, sous le regard intrigué de ses coéquipiers. Minato posa de nouveau son regard sur lui quelques secondes, puis il contourna son bureau afin de s’assoir dans son fauteuil et d’ouvrir un tiroir. De ce tiroir, il retira un parchemin qu’il posa devant lui, a la vue de tous, sur son bureau.

-Vous vous battez certes bien, jeunes gens, mais au niveau de la discrétion, vous aurez encore quelques progrès à faire.

A ces mots, la team 7 se tendit ; leur cœur battant la chamade. Naruto et Sasuke  froncèrent les sourcils tandis que Sakura eut du mal à déglutir.

-Vous auriez dû vous douter que vous étiez surveillés ; après tout, on ne vous connaît pas…bref, nous – Tsunade-sama, Sandaime-sama et moi-même avons réussi à obtenir quelques informations sur vous. Autre le fait que vous ne soyez pas de simples civils. Vous n’avez pas été attaqué par de simples bandits ; sinon vous auriez pu vous défendre.

L’Hokage prit une pose dans son discours afin de voir l’effet de ses paroles sur les trois adolescents. Ceux-ci tentaient de rester impassibles mais on devinait une grande tension chez eux. Naruto était le seul à dévisager le Yondaime avec une lueur de défi.

- Afin de commencer sur de bonnes bases, pourriez-vous au moins décliner votre véritable identité ?

-…

-Je vois. Souffla Minato.

Le Namikaze mordit son pouce jusqu’au sang et posa son doigt sur le parchemin. Après une légère détonation accompagnée de fumée blanche, apparurent divers objets : des armes, deux bandeaux de Konoha, ainsi qu’un bout de tissu. La team 7 écarquilla les yeux. Tsunade, eut un petit sourire à leur réaction.

-Bien ; commença Yondaime. Haru, approche-toi.

Sasuke s’avança devant le bureau de l’Hokage. Celui-ci prit le morceau de tissu entre ses mains et examina l’éventail qui y était représenté.

-Je sais que tu ne t’appelles pas Haru. Tu t’appelles Sasuke. Je dirais que c’est à toi qu’appartiens ce morceau de tissu, étant donné ton physique, et la tenue dans laquelle tu es venu ici le jour ou l’on vous a retrouvé dans la forêt. Prends ça ; continua-t-il en lui tendant le col. Sakura, toi aussi approches.

La jeune fille s’exécuta. Elle savait qu’il savait à peu près tout. Ils savaient les bases, à quoi bon leur cacher la vérité.

-Le bandeau rose est le mien, Hokage-sama, lui dit-elle avec un sourire timide.

Minato lui rendit son sourire  tandis que Naruto et Sasuke la fusillaient du regard.

-Je m’en serais douté. Sakura…dit il en examinant l’arrière du bandeau, Haruno.

Minato lui tandis le bandeau qu’elle prit avec une certaine véhémence. Elle essaya de fuir le regard meurtrier qui lui adressait Sasuke, sans succès.

-Hiro, appela Minato.

Naruto ne bougea pas. Minato pris le bandeau noir et se leva de son fauteuil. Il tandis le bandeau au jeune Uzumaki. Celui-ci le regarda sans agir pendant quelques secondes puis, en tremblant, s’empara du bout de métal accroché au tissu sombre. Minato examina le blond, puis les deux autres d’un air indescriptible. Il échangea ensuite un sourire avec le Sandaime et se vins s’assoir sur son bureau en croisant les bras.

-Vous ne voulez toujours pas parler ? demanda-t-il, s’adressant plus à Sakura qu’aux deux autres têtes de mule.

-Que voulez vous savoir ? rétorqua celle-ci.

-Eh bien…réfléchit Minato. Je dois avouer que la situation me dérange quelque peu. Vous avez des bandeaux de Konoha. Je ne vous connais pas et vous êtes trop peu habitué à l’espionnage pour appartenir à l’Anbu ou à la racine… et puis… le Sasuke Uchiwa que je connais est né hier. La Sakura Haruno que je connais est née il y a quelques mois. De plus, ajouta-il en dévisageant Naruto. Iruka ne te ressemble pas et il n’a pas encore passé l’examen Genin.

Sasuke et Sakura dévisagèrent Naruto, le même air d’incompréhension sur leur visage que les autres personnes non-masquées se trouvant dans le bureau. Naruto se félicita intérieurement avant de répondre.

-C’est Iruka-sensei qui m’a donné ce bandeau ; enfin, à l’origine, il était bleu. Suite aux divers entraînements que j’ai suivi, il a été abimé et j’ai du le changer. Néanmoins j’ai gardé le nom sur le bandeau pour me souvenir de la façon dont j’ai réussi mon examen.

-Mais…Iruka n’est même pas encore Chunin, insista Sandaime.

-Pas encore, répondit Sakura.

Si possible, l’incompréhension des adultes augmenta. Minato souffla un bon coup et déclara :

-Pourquoi ne pas expliquer la façon dont vous êtes arrivé ici ?

-A vrai dire, dit Sasuke à la surprise générale, même nous ne savons pas comment nous sommes arrivés. Sinon, croyez nous, on serait déjà repartis. Ajouta-t-il sous le regard indigné de Sakura. Quoi ? demanda-t-il à la fleur.

Celle-ci secoua la tête, en marmonnant des choses pas très gentilles sur la gente masculine qu’il serait incongru de publier ici, puis commença :

-Sasuke, Hiro et moi sommes des ninjas de Konoha, enfin pour deux d’entre nous, pensa-t-elle. Nous étions en mission lorsque nous tombâmes sur deux shinobis en train de se battre. Ces deux étaient des déserteurs de classe S. Nous avions été envoyés afin de les ramener au village. Dit-elle sous le regard étonné de Tsunade.

- Quel âge avez-vous ? demanda cette dernière.

-J’ai seize ans, Tsunade-sama.

-J’ai « fêté » les miens hier, marmonna Sasuke.

Tsunade regarda Naruto qui ne répondit pas de suite.

-Je…je vais avoir…Seize ans le…le 10 octobre, dit il avec difficulté en fuyant le regard interrogateur des adulte et celui, triste de Sakura et insensible de Sasuke.

Un silence lourd suivi cette déclaration, et Sakura suivit :

-euh…donc, les deux déserteurs nous aperçurent et retournèrent leur violence contre nous. Nous nous sommes donc battus. Ensuite…nous étions …ici.

-Ici ? demanda Minato.

-Hmmm…commença  Sakura. C’est assez difficile à croire…mais…

-Il semblerait que nous ayons effectué un voyage dans le temps, finit Naruto d’une voix morne. Nous sommes retournés quinze ans en arrière.

Un lourd silence s’abattit dans le bureau. Les adultes et Kakashi, n’osant croire à ces paroles. Le Sandaime fut le premier à se réveiller.

-…ceci explique cela. Murmura-t-il.

-Vous les croyez, sensei ? s’écria Tsunade

-Franchement, tu as d’autres explications à fournir ? Et puis, tu avoueras que comme mensonge, c’est un peu osé.

-C’est pas faux, admit Minato avec un air concentré. Mais vous ne savez vraiment pas comment vous êtes arrivés ici ?

-Non, répondit Sasuke, ne sachant pas s’il devait être soulagé ou non qu’ils les croient si facilement.

- Aviez-vous effectué des attaques spéciales avant d’arriver ici ? demanda le Sandaime.

Les trois adolescents échangèrent un regard.

-Vous feriez mieux de nous dire, dit Tsunade.

Après un nouveau silence, Sasuke se décida à parler.

-Un des déserteurs et moi-même avions enclenché nos…sharingans. J’avais de plus utilisé le Chidori. A ces mots, Kakashi et Minato écarquillèrent les yeux. L’autre déserteur était un des sept épéistes de Kiri. Il utilisait Samehada, une épée en peau de requin absorbant le chakra de ses adversaires. Cependant il était trop loin pour empêcher nos chakras de fonctionner. Hiro aussi utilisait une technique de rang S.

Les personnes présentes dans le bureau étaient abasourdies ; des enfants de quinze ans effectuant des techniques puissantes contre des criminels de classe S ? Impossible.

-Et toi ? demanda Minato à Naruto en reprenant contenance ; Quelle technique effectuais-tu ?

Naruto mit un certain temps avant de répondre. C’est avec un air de fierté mêlé de crainte qu’il dit :

-J’ai utilisé le Rasenshuriken.

-Le Rasenshuriken ? Quelle est donc cette technique ?

-C’est simple, répondit Naruto avec un petit air suffisant. Un rasengan mêlé de mon affinité : le futon.

-QUOI ? S’exclama Kakashi à la surprise de tous. C’est impossible ! Même le sensei n’a pu terminer sa technique, ce n’est pas toi, du haut de tes quinze ans, qui le surpassera !

-J’approuve, continua Sasuke. Tu es trop débile pour une telle attaque. Je suis sûr que Sakura t’a aidé en cachette pour la réussir.

-Quoi ? De quoi j’me mêle, crétin ! Je suis aussi fort que toi, sinon plus !

Sasuke eut une exclamation de dédain qui eut le don de mettre encore plus sur les nerfs Naruto qui perdit son air impassible pour laisser place à un masque fureur.

-J’te prend quand tu veux où, tu veux, Baka ! Maintenant, si t’as les tripes pour ça !

Naruto empoigna Sasuke par le col  sous le regard amusé des adultes et celui agacé de Sakura.

-Aucun problème ! Tsunade-san, réservez une place à l’hôpital, vous en aurez besoin pour réparer cet incapable.

-Espèce de…s’exclama Naruto en levant le poing.

- ÇA SUFFIT !! cria Sakura en levant ses poings et en les abattant sur les deux hommes en face d’elle.

Les deux adolescents firent un vol plane à travers le bureau, défoncèrent le mur et se retrouvèrent avachis dans le couloir du palais, au milieu de gravas. Sakura, furieuse, marcha vers eux d’un pas rageurs et se posta devant eux, les poings sur les hanches.

-Vous n’êtes que deux imbéciles ! Des têtes à claques ! Des têtes de mule ! Je n’ai jamais vu d’aussi grosses têtes de mules que vous ! Vous devez avoir des parents qui descendent de l’âne, ce n’est pas possible !!!  Maintenant vous arrêtez vos conneries et vous revenez dans le bureau ! Putain, à cause de vous j’ai défoncé le mur ! Ne comptez pas sur moi pour payer les dégâts, imbéciles !

Elle prit les oreilles des deux jeunes hommes dans chacune de ses mains, puis les souleva sous leur grimace et les traîna dans le bureau sous le regard étonné  de l’assistance. Après avoir dépoussiéré sa tenue, elle dit d’un ton abrupt :

-Excusez-moi, Hokage-sama. Ces deux mufles me tapent sur le système.

Contre toute attente, le Sandaime et le Yondaime éclatèrent de rire ; même l’Anbu avait les épaules qui se secouaient légèrement.

-Par le plus grands des hasards, demanda Minato entre deux rires. Vous ne feriez pas partie de l’équipe 7 ?

-Comment savez-vous ? demanda Naruto en se tenant l’oreille.

-Il y a d’étranges ressemblances entre les différentes équipes7 que j’ai vu au cours de ma vie… entre autre les fréquentes disputes entre les deux membres masculins de l’équipe réglées par la fille, d’une manière assez violente. Tu ressembles même un peu à Tsunade, jeune fille, finit-il sous les rougissements de la concernée et de Sakura.

Des rires continuèrent à se faire entendre dans le bureau pendant quelques secondes. Pui, retrouvant son sérieux, Minato se demanda :

-Qu’allons-nous bien faire de vous ?