Sandaime

par tookuni

Un peu de fiction dans celui-ci, je crains fort, de plus, que mon timing soit impossible au vu des enchainements des chapitres concernés…

 

 

One 20

 

 

Sandaime

 

 

Itachi n’avait jamais pensé éprouver de nouveau ce sentiment de nostalgie oppressant. Itachi pensait qu’à présent, Konoha pourrait vivre sans lui et qu’il n’aurait pas besoin de dire tout haut ce qu’il aurait pu penser. Un beau village malmené après l’attaque du serpent, avait-il murmuré. Le regrettait-il ? Un peu, peut-être, mais Sasuke était bien plus important que tout cela.

 

Lorsqu’Itachi avait appris la mort du Sandaime, il n’était pas autant surveillé par Madara. Il était parfaitement conscient que l’homme le laissait faire à sa guise parce qu’il était certain de sa suprématie. Itachi luttait contre cela et si lui ne serait peut-être jamais capable de le vaincre, ce ne serrait pas forcément pareil pour la génération dont faisait partie son stupide petit frère.

 

Sandaime était mort, alors il avait trainé Kisame jusqu’à Konoha, prétextant la capture du Kyuubi. Il avait vu les dégâts, dégouté. Il avait voulu réapparaitre pour menacer les hauts placés. Il se demandait qui prendrait la relève. Il ne s’était pas du tout attendu à ce que cette femme surprenante soit retrouvée.

 

Alors il était venu, et lorsque Kisame avait eu le dos tourné, il s’était éclipsé un bref instant, la nuit, pour se rendre sur la tombe du dernier homme à lui avoir fait un serment.

 

Silencieux, son air grave et neutre peint sur son visage, il avait songé à leur dernière entrevue, leur dernier pacte, et cette promesse que le vieil homme avait semblé parvenir à tenir jusqu’au bout.

 

« S’il vous plait, faites en sorte qu’il devienne fort. »

 

L’Hokage s’était retourné pour regarder l’Anbu agenouillé devant lui. Il avait souri d’un air triste et avait grommelé :

 

« Nous n’avons pas la même vision des choses Itachi. Je doute que la façon dont je puisse faire en sorte que Sasuke soit fort te convienne. »

 

Le brun n’avait pas relevé la tête. Il demandait cela du fond de son cœur, il voulait, par n’importe quel moyen, que Sasuke survive. Il n’avait jamais pensé que Sasuke pourrait ne pas être heureux en possédant tant de puissance.

 

« C’est justement pour cela que je vous le demande. Il sera complet et équilibré. Il deviendra une lame comme aucune autre. »

 

Le Sandaime avait jeté un coup d’œil au soleil qui se couchait, une brise un peu plus forte faisant claquer son manteau dans l’air, puis il avait soufflé d’un air résigné :

 

« Je suppose que nous n’avons pas le choix… Itachi, tu peux aller en paix. Je veillerais sur ton frère. »

 

Ce jour là, Itachi avait compris que c’était un adieu à vie. Il savait déjà qu’ils mourraient tous les deux bientôt. Sandaime savait tout. Il ne l’avait pas encore compris alors.

 

Itachi avait même pu avoir quelques nouvelles de son frère par le biais de deux ou trois invocations sur lesquelles il tombait au hasard, parfois des mois après qu’elles soient parties. Elles avaient d’autres buts mais toutes semblaient avoir pour instruction de l’informer si elles le croisaient.

 

Les petits singes qu’il nourrissait parfois de fruits lorsqu’il laissait Kisame chasser lui avaient tous signifié la même chose :

 

Sasuke allait bien. Sasuke était vivant. Mieux, même : Sasuke vivait.

 

Alors lorsque le vieil homme était mort, Itachi avait compris que désormais, Sasuke pouvait se perdre à tout moment. Itachi avait parfaitement saisi qu’au milieu de cette équipe que le brun arrivait à aimer, il sombrerait, devait sombrer, par lui.

 

Sandaime et lui avaient une vision différente de la façon dont on devient fort. C’était à lui de prendre le relai.

 

Encore aujourd’hui et jusqu’au dernier instant, Itachi pourrait bien remercier le vieil homme, parce que grâce à lui et aux valeurs qu’il a données à Konoha, son petit frère a encore un cœur, derrière sa muraille de haine.

 

C’est pourquoi, le lendemain de l’enterrement, sur la sépulture rayonnante au milieu du clan Sarutobi, on avait pu voir avec surprise une rose noire briller telle une pierre d’onyx au milieu des pétales blancs.

 

D’avoir fait grandir son frère, d’avoir fait de Konoha un village si prospère, c’était la reconnaissance d’Itachi Uchiha dans la couleur de sa future mort. Et au jeune homme Sandaime répondait silencieusement, à travers la pierre tombale rouge feu, énonçant la dernière fatalité de leurs vies :

 

« Tu peux mourir en paix. J’ai veillé sur ton frère. »

 

 

 

Fin

 

 

Hem… Je suppose que ces scans m’ont beaucoup inspirée, il y en a encore un à venir…

 

Avis ?