Chapitre 13

par crakers07

Kiba était sorti de l'ascenseur peu après Hinata. Elle aurait pu l'attendre quand même! Cette peste l'avait frappé dès le réveil, avait failli le rendre impuissant, et elle trouvait le moyen de l'ennuyer encore plus qu'il ne l'était déjà. Heureusement qu'elle n'avait que failli... de toute façon, jamais Inuzuka Kiba ne serait impuissant. Le taux exquis de testostérone qui habitait son corps était intarissable, ce qui faisait de lui une légende vivante, un dieu, une bête de sexe. Dans toute sa magnificence, il était évidemment hors de question qu’il se laisse dominer par une femelle autre part que dans son lit sans imposer une vengeance digne de ce nom.

Il pénétra dans sa maison, où Hana, sa soeur, lisait tranquillement un livre, pas le moins surprise du fait qu’il ne soit pas rentré la veille. Et oui, notre bête de sexe vivait avec sa chère et tendre soeur, la seule femelle étant autorisée à vivre sous le même toit que lui. Bon, effectivement, c’était plutôt lui qui vivait sous le toit de sa soeur, mais laissons les détails insignifiants de côté pour se concentrer sur ce bel homme.

-Va nourrir les chiens...

Hana avait parlé assez calmement, ne quittant pas son livre des yeux.

Kiba lâcha un soupir tout en se dirigeant vers ce qui semblait être une cuisine. Il prit un petit paquet dans le tiroir qu’il fourra dans sa poche, se baissa pour prendre un paquet de taille beaucoup plus conséquente et se dirigea vers le jardin. Le poids du colis ne semblait pas le déranger plus que ça. Une dizaine de chiens, sortant d’on ne sait où l’accueillirent en sautant et en aboyant. Il en caressa quelque uns, puis reprit sa route jusqu’au fond du jardin, où se trouvaient de grands récipients. Il versa le contenu du paquet puis s’en alla, grimpant les escaliers extérieurs quatre à quatre.

Une bonne douche s’imposait, mais c’était sans compter sur le chien au pied de son lit, piaillant et sautillant autour de son maître. Kiba soupira en souriant. Il s’accroupit et s’adressa au chiot.

-T’as faim, hein?

Il se releva, partit vers le balcon pour verser le contenu du paquet dans une écuelle au nom d’Akamaru. C’est quand le chiot s’attaqua à sa nourriture qu’il partit prendre sa douche, non sans penser à sa future vengeance. Et puis ne disait-on pas « la vengeance est un plat qui se mange froid » ?
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Iruka venait d'entrer dans l'appartement de Kin. Il venait chercher ses lunettes, qu'il oubliait comme toujours dans la salle de bain. Comme il savait qu'elle n'aimait pas qu'on fouille dans ses affaires, il se dépêcha. Elles étaient là, sur le rebord du lavabo. Elles venaient de tomber à côté de la corbeille. Pourtant, il n'y avait aucun vent, rien qui puisse les faire glisser... il haussa les épaules et se baissa pour les ramasser.

Et c'est à ce moment-là qu'il remarqua. Le test de grossesse dans la corbeille. Il stoppa net. Comment se faisait-il qu'il y ait un test de grossesse chez Kin? Il savait pourtant très bien la réponse à cette question. Il se pencha au-dessus de la corbeille, sachant que si Kin arrivait, il était mort. Il déglutit péniblement. Il avait tellement l'air stupide, là, agenouillé devant une poubelle pour regarder un objet qui, au final était...

Bleu. Il était bleu. Il avait vu ça des milliers de fois dans les films. Ça voulait dire qu'elle était... enceinte?

Il était venu chercher quelque chose de simple, sans grande importance. Il était reparti avec quelque chose de beaucoup plus important. Un sourire étirait ses lèvres. Cette famille qu'il avait tant voulue, il l'aurait bientôt...
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Kakashi s'était réveillé dans la chambre d'ami. Il s'y était habitué depuis quelques temps déjà. Qu'aurait-il pu faire? La chasser à coup de savate hors de la maison? Il n'avait ni le temps, ni la force. D'une, si elle criait, les voisins ainsi que les gens à l'autre bout de la ville l'entendraient, et ses tympans éclateraient lamentablement ; de deux - toujours si elle criait - les autorités auraient vite fait de l'embarquer pour violence conjugale. C'était en partie pour ces raisons qu'il adoptait une attitude passive. Ne lui parler que s'il le fallait vraiment, tout en faisant semblant de l'écouter -Yuki n'aimait pas parler aux murs - lui prêter de l’argent de temps en temps - Yuki aimait et abusait du shopping - mais JAMAIS la carte bancaire - Yuki avait la fièvre acheteuse.

Il se leva. Dix heures. Sa femme était réveillée. Elle devait certainement l’attendre pour lui réclamer sa dose habituelle d’argent. C’est donc avec un malin plaisir qu’il resta près d’une heure dans la salle de bain, cherchant des vêtements à mettre pendant une demi-heure avant de prendre son petit déjeuner pendant quarante-cinq minutes sous les cris de Yuki. Il était à présent affalé sur son canapé en cuir noir, les pieds sur la table basse en cristal, regardant un documentaire animalier sur son home cinéma.

-Je suis sûre que tu l’as fait exprès! S’exclama-t-elle, un agacement dans la voix.

-Qu’est-ce qui te fait dire ça? Lui répondit-il, le plus innocemment du monde.

-Mais grandis un peu Kakashi!

Ce qu’elle pouvait être exaspérante! Kakashi souffla pour évacuer toutes les pulsions meurtrières qui pouvaient émaner de lui. Rester calme en toute circonstance. Ne pas la chasser à coups de savate... un silence s’imposa. Il savait qu’elle n’aimait pas demander de l’argent, parce que ça la mettait en position de faiblesse. De toute façon, ce ne serait certainement pas lui qui briserait le silence, ça reviendrait à demander à se faire dépouiller.

-Je vais faire du shopping.

-Tu vas toujours faire du shopping...

Un ange passa. Puis un autre.

-J’ai besoin d’argent.

-Quoi? Tu n’en as pas, « chérie » ? Répliqua-t-il, une pointe d'ironie dans la voix.

Yuki fulminait. Il savait très bien que son salaire de comédienne ne faisait pas long feu face aux magasins de luxe qu’elle fréquentait.

-Non.

-Combien veux-tu mon amour? Demanda-t-il, sans omettre la pointe d'ironie.

-Combien as-tu?

Kakashi prit son portefeuille négligemment. Il fit mine de chercher deux minutes et sortit quelques billets. Quelques gros billets. Elle prit rapidement l’argent, sans remercier son ex-amant et mari. Kakashi soupira, soulagé. Enfin elle s’en allait!

Midi vingt-et-une. Il ne commençait pas à huit heures trente lui? Il haussa les épaules et partit. De toute façon, ils ne pouvaient pas le virer, il le savait très bien. Son père avait été l’un des fondateurs de Konoha.corp, et Kakashi lui-même rapportait trop de bénéfices pour qu’ils puissent le laisser aller voir la concurrence. Sa vie aurait pu être facile. Seulement, il y avait Yuki.
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Sakura soupira. Elle s’était assez bien débrouillée la veille pour éviter Gaara. Les trois jours de congés accordés par Anko seraient peut-être en trop finalement, mais elle ne les rendrait pas. Ah ça jamais! Pour une fois qu’elle en avait... peut-être ce surplus de congés était un signe du destin pour lui dire "Fais face à ce qui t'attend".... Sakura croyait au destin et faisait volontiers tous ces petits trucs sensés apporter la chance ; elle lançait par exemple du sel par-dessus son épaule droite, ne sortait pas les vendredi treize, gardait un trèfle à quatre feuilles dans son portefeuille...

Donc d'un côté, ça pouvait juste être le hasard, mais de l'autre, ça pouvait aussi être le destin... elle pencha naturellement pour le destin.

C'est ainsi qu'elle décida de faire face. Elle n'était pas vraiment décidée à le faire, mais elle essaierait au moins. Dans deux jours, elle affronterait Sabaku no Gaara. C'est avec cette nouvelle décision qu'elle arrêta un taxi, et partit en direction du quartier le plus chic de la ville. Objectif : chercher une robe de soirée.
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Tenten s'ennuyait à mort dans son bureau. Sakura était partie se chercher une robe de soirée pour ce soir, sous l'approbation d'Anko et elle était restée au bureau à se morfondre. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle finisse ses dossiers en avance?

Pour pallier à cet ennui, elle s'amusait depuis quelques temps déjà à faire tenir un crayon en équilibre sur son front, tout en faisant basculer sa chaise. Cette posture l'obligeait à une concentration sans faille, la faisant même loucher sur le crayon en question.

-Tenten?

-Aaaaah!

Sa concentration extrême venait d'être brisée, et cette maudite pesanteur l'entraîna vers le sol. Elle pria un instant pour que le crayon ornant autrefois son front ne lui crève pas malencontreusement l'oeil. Elle était pourtant toujours sur la chaise, renversée certes, mais elle était toujours dessus. La personne responsable de sa déconcentration subite se pencha sur elle...

Genma éclata de rire face à son amante.

-Tout ça c'est ta faute! S'insurgea-t-elle.

Cette phrase ne fit qu'accentuer le rire de Genma, qui à présent se tenait le ventre. Tenten sourit et se releva. Elle aimait son rire. Bon ok, ça la gênait un peu tout de même...

-Qu'est-ce que tu fais là? Interrogea-t-elle.

-Surprise ! Articula-t-il entre deux rires.

Elle le prit par la main et l'emmena plus loin, parce que si Anko arrivait...

Il se laissa entraîner, toujours en riant. Ses rires s'atténuèrent petit à petit et Tenten les arrêta dans un coin près d'une plante verte.

-T'es libre là? Avait demandé Genma.

-Peut-être... pourquoi? Demanda-t-elle en se serrant contre lui.

-Je t'emmène dîner! Annonça-t-il, enthousiaste.

-Dîner? Répéta-t-elle en arquant un sourcil.

Genma sourit. Il savait ce qu'elle voulait insinuer. Il se baissa et lui murmura ce qu'elle voulait entendre.

-Et après, on fera ce que tu veux...

Tenten se libéra bien vite de son étreinte, et fila jusqu'au bureau d'Anko pour faire sa requête. Ses dossiers étant déjà bouclés, elle put partir sans opposition de la part d'Anko. On vit donc une Tenten rayonnante sortir du bâtiment au bras de son aimé.
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Sakura avait enfin trouvé une robe de soirée digne de ce nom à un prix plus qu'élevé. Elle venait de finir de se préparer. En se regardant dans le miroir, elle ne put s'empêcher de penser qu'elle n'était pas comme d'habitude. C'était vrai.

Habituellement, elle choisissait des vêtements susceptibles de mettre en avant ses atouts. En gros, elle partait plus à la chasse qu'autre chose. Là, non. Elle était certes, classe comme promis à Anko, mais pas très aguicheuse. Enfin, pas très aguicheuse comparé à d'habitude...

Hinata avait fini par se réveiller pour téléphoner à son patron et prendre un jour de congé. Sakura, ayant remarqué ce fait, n'avait pas manqué de questionner sa colocataire. Elle avait conclu que Kiba était bien entreprenant ces temps-ci... de toute façon il avait toujours été entreprenant.

Lorsqu'ils avaient été ensemble, il y avait déjà quelques temps, elle avait été exaspérée par sa manie de loucher sur les décolletés aux alentours. Au début, elle s'était demandé s'il ne souffrait pas d'un strabisme quelconque. Elle s'en souvenait comme si c'était hier, Kiba n'était ni Casanova, ni Don Juan ; Kiba était... Kiba. C'est sur ces pensées qu'elle partit prendre son taxi.
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Iruka attendait Kin chez lui. Il était pressé de la voir, de la serrer dans ses bras, de lui dire à quel point il l'aimait... il n'y avait pas de doute à avoir : il savait à présent qu'elle était faite pour lui. Il sourit d'avance. Elle l'avait prévenu qu'elle rentrerait tard. Il était vingt-trois heures dix-sept lorsqu'elle passa le pas de la porte. Iruka lui fit un grand sourire et l'embrassa avec tout l'amour qu'il avait. Kin, étonnée par cet élan d'affection, se laissa faire avant de se libérer de l'étreinte.

-Que me vaut cet accueil? dit-elle avec malice.

-Quel accueil?

Elle fit un sourire complaisant.

-Bon d'accord je te le dis, mais promets-moi de ne pas te fâcher.

Kin ôta son manteau et s'affala sur le canapé.

-Trop fatiguée pour m'énerver... sourit-elle.

-Je sais que tu es enceinte.

Iruka faisait un sourire où Kin pouvait lire un amour sans faille. Il avait d'ailleurs eu beaucoup de mal à cacher la joie qui l'envahissait, pour preuve le manque de formulation. Elle, elle était abasourdie. Elle ne bougeait plus, comme choquée de la nouvelle. Les deux formaient un tableau exagérément contrasté.

-Qu... mais comment? Demanda-t-elle précipitamment.

Iruka, ayant vu le changement de comportement de son interlocutrice, se précipita pour la rassurer. Enfin rassurer n'était pas le mot approprié...

-Hey... ne t'inquiète pas! Ça va aller... avait-il dit aussi tendrement que possible.

Elle se dégagea subitement de l'étreinte.

-Je... tu n'aurais pas dû te rendre à mon appartement.

À cette réplique, il fronça les sourcils. Qu'avait-elle? Elle savait pourtant à quel point il était heureux à ce moment-là...

-Qu'est-ce qu'il y a?

Tandis qu'il s'inquiétait, elle fuyait son regard, cherchant un quelconque refuge dans le carrelage blanc et terne du salon.

-Qu'est-ce qu'il y a?!

Cette fois-ci, son ton n'était pas inquiet. Il était déterminé à savoir.

-J'ai... avorté.

Pour Iruka, ce fut un choc. Il se voyait déjà avec elle et leur enfant dans une maison, avec un jardin et un chien... le rêve de la famille parfaite venait de se briser, tout comme autre chose en lui. Il pouvait dire que les éclats faisaient mal...

-Quoi!? Quand !? S’écria-t-il.

-Je... aujourd'hui.

"Tu ne devais pas le savoir" ; avait-elle pensé.

Elle se sentait presque coupable de l'aveu qu'elle venait de faire. Coupable n'était pas le mot... gênée et peinée étaient plus appropriés. Iruka, lui, commençait à perdre le contrôle.

-Je crois que j'avais mon mot à dire! C'était aussi mon enfant! Cria-t-il presque.

À partir de là, la conversation n'en était plus vraiment une. Le ton avait beaucoup trop augmenté pour que c'en soit une.

-Tu parles de lui comme s'il avait existé! Comprends-moi... c'est mon corps merde! S'énerva-t-elle.

Mais il ne la regardait déjà plus. Il prit son manteau.

-Où tu vas?

-...

-Iruka!

Elle le retint par le bras, s'accrochant comme elle le pouvait au seul homme qui l'avait jamais aimée. Il se dégagea d'un mouvement d'épaule, ne se retournant même pas pour contempler le visage soucieux de celle qu'il appelait autrefois son amour.

-Je viendrai chercher mes affaires demain.

C'était la première fois que Kin entendait Iruka parler avec autant de froideur dans la voix. La porte claqua. Elle avait besoin d'hurler. Elle le fit. Ce moment marquait bel et bien la fin. Ces mots se répétaient dans sa tête. C'était fini...