Chapitre 1

par crakers07


14 février... Une date qui signifiait beaucoup pour beaucoup de couples, une date où l'amour se fêtait et se montrait. Si c'était le cas, alors pourquoi deux jeunes filles étaient dans leur salon en train de ruminer de tristes pensées entrecoupées de paroles qui donnaient à peu près : "La pourriture ! Moi qui lui avais donné la meilleure semaine de ma vie ! Je le hais, je le hais, JE LE HAIS ! ».

Non, vraiment, Hinata Hyuga et Sakura Haruno semblaient être déçues. Déçues ? Qui pouvait être déçu le jour de la St Valentin, le jour où tout était beau ? Qui, à part les traditionnelles célibataires qui haïssaient tous ces couples dans la rue qui se faisaient des papouilles et se câlinaient pour un oui ou pour un non ? C’est vrai quoi ! Ils étaient là, avec leurs sourires niais, leurs mains entrelacées, leurs lèvres collantes et collées... Écœurant. Est-ce que c’était vraiment ça l’amour ? Un sourire niais et des lèvres collantes ? L’amour... elles pensaient être en plein dedans, mais apparemment ce n'était qu'une gueule de bois qui s’était prolongée pour l’une et un voisin entreprenant à long terme pour l’autre.

Nos deux jeunes femmes étaient donc dans le salon de leur appartement en train de se gaver de chips en regardant une vieille, très vielle série traitant d’amour et de conspiration, plus communément appelée « Les feux de l’amour »... pathétique n’est-ce pas ? Mais que faire d’autre en ce jour de St Valentin pour des exclues de la St Valentin ? C’est ainsi qu’elles s’étaient retrouvées là, en train de débattre sur la moustache de Victor et sur l’originalité du nom de la fille de ce même moustachu. C’est vrai que les producteurs n’étaient pas allés chercher loin. En plus, si on énonçait les deux prénoms dans une même phrase, ça faisait moche. Victor a pour fille Victoria. C’est vrai que c’était moche.

Pour en revenir à nos héroïnes, l’une était affalée sur un fauteuil et l’autre assise en tailleur sur le canapé, les deux sur le point de se désintéresser de la série lorsque...

-Non Christine ! Pourquoi laisses-tu tomber ton fiancé beau et blond pour l’avocat véreux et brun ! Avait crié Sakura d’un air pseudo désespéré.

-Ça suffit. dit Hinata d’un air mi lasse, mi déterminé.

-De qu... Non! Pourquoi t’as fait ça!? S’était écriée Sakura lorsqu’elle s’était rendue compte que dans un excès de lucidité, sa colocataire avait éteint le poste.

-Calme-toi, dans dix ans, ils seront toujours là sur la même chaîne alors pas de quoi paniquer.

-Ça, je le sais, mais mon problème est que dans le moment présent, je n’ai riende plus intéressant à faire! répliqua Sakura.

-Justement! Est-ce que tu trouves normal que deux jeunes filles aussi belles, intelligentes et drôles que nous n’aient rien d’autre à faire que de regarder une vieille série en mangeant des chips? Moi je dis qu’on devrait sortir et nous trouver deux mâles à notre hauteur! Tu me suis!? Demanda Hinata en brandissant son bras vers la fenêtre, le regard dans le vague.

-Comment ça?

-On sort.

C’était une affirmation, donc pas de refus possibles. Sakura soupira donc, résignée. Elles se levèrent toutes deux avec un peu de mal, mais finirent par atteindre leurs buts respectifs, c’est à dire l'une des deux chambres de l’appartement pour l’une et la salle de bain pour l’autre.

Du côté de Sakura, pas de problème particulier rencontré : il restait du shampoing et du gel douche, alléluia ! Du côté d’Hinata, c’était autre chose, car qui disait "choix de vêtements" disait "armoire" et qui disait "armoire" disait "accumulation d’objets" pour certains non identifiés. C’est ainsi qu’elle retrouva un paquet de cigarettes datant de son époque « je me révolte contre la société » entre deux chaussettes. Elles eurent fini leurs différentes tâches et échangèrent les places assez vite. Même schéma sauf que pour Sakura, les trouvailles penchaient plus vers une boîte de préservatifs entre deux strings témoin de son époque « je me dévergonde ».

Passé un laps de temps pas très long mais pas très court non plus, les deux jeunes femmes étaient fraîches et dispos ; et encore, pour en arriver là, elles avaient fourni un grand labeur, un très très grand labeur, un très très très... bref elles étaient fraîches et dispos et c’était l’essentiel.
===================================================================

Il était environ dix-sept heures lorsqu’elles sortirent de leur petit appartement, emplies de ce sentiment si étrange, le sentiment qu’on ressent quand on affronte quelque chose, ce sentiment qui fait que vous êtes fière de vous lorsque vous y repensez : l’autosatisfaction.

Elles s’engagent toutes deux dans une grande allée lorsque...

-Hinata, où on va ? demanda Sakura.

- Je sais pas, là où le vent nous portera ! s’exclama notre brune préférée.

-Hinata ? Interrogea la rose.

-Quoi ?

-T’as recommencé à fumer depuis quand au juste ? dit Sakura, suspicieuse.

-Je ne fume plus c’est mauvais pour la santé, je ne fais que m’imprégner de cette
ambiance imbibée d’amour ! Lança la concernée, en roulant les « r ».

-Ouais bah c’est pas dit que l’amour c’est pas dangereux pour la santé mentale... et puis j’ai vu le paquet de cigarettes sur la commode...

Elle allait ajouter quelque chose lorsque son regard se posa sur les gens qui peuplaient cette si belle avenue.

-Pouah, regarde tous ces gens... pathétique j’te dis ! Lança Sakura, visiblement de mauvaise foi.

Notre brunette ne répondit pas, le regard dans l'horizon. Sakura, s’en étant aperçue, tourna elle aussi la tête vers l’horizon, qui se trouvait être une pancarte avec « Soirée spéciale St Valentin» inscrit en gros caractères.

-Oh regarde ! Si on allait en boîte?!? Je suis sûre qu’on s’amusera ! Quoi de
mieux qu’une boîte faire des rencontres ? C’est bien connu, si tu veux un
homme beau et viril, va en boîte ! S’était écriée Hinata, visiblement enthousiaste.

-C’est sûr que c’est vachement viril un homme qui se trémousse sur le dancefloor tout en essayant de choper tout ce qui bouge...

-Je croyais que t’aimais les hommes qui savaient bouger... lui adressa Hinata avec un clin d’oeil qui voulait tout dire.

-Je ne vois pas ce que tu veux dire. Tu crois qu’il faut payer ? dit Sakura,
détournant ainsi le sujet de conversation.

-La plupart du temps, c’est gratuit pour les belles filles! Annonça fièrement Hinata.

-On va pouvoir tester notre potentiel beauté ! Sourit Sakura.

===================================================================

Aussitôt, elles filèrent vers le videur qui se trouvait être excessivement... unique. Il n’était pas très laid, mais ne faisait rien, mais rien pour s’embellir... C’est comme si au lieu d’essayer de grimper vers les sommets de la beauté, il luttait pour descendre vers les profondeurs de la laideur. En effet, un costume vert, une paire de sourcils bien fournis et une coupe au bol étaient les traits physiques de cet Apollon à sa manière...

Hinata s’approcha, sûre d’elle et de sa beauté. Prête à entrer, elle stoppa net devant l’homme tout en muscle devant elle. Il y avait eu un bug où il était bigleux ? Il gênait le passage, c’était évident. Elle leva ses yeux nacrés, prête à faire son sourire le plus ravageur quand il annonça d’une voix claire :

-Pas de traînées ici, c’est un endroit chic.

Une traînée ? Elle, une traînée ? Elle n’avait pas dû bien entendre, aussi elle se retourna deux ou trois fois pour vérifier qu’il ne s’adressait pas à quelqu’un d’autre. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle se rendit compte qu’il n’adressait la parole à aucune autre personne qu’elle-même. Offusquée, elle s’apprêtait à faire un scandale lorsqu’une voix qu’elle connaissait pour être celle de sa colocataire s’éleva dans la foule :

-Hinata ? T’es où ?

-ICI SAKURA ! Cria-t-elle en explosant au passage les tympans de toutes les personnes présentes dans la file.

Sakura apparut enfin, elle et ses cheveux roses.

-Tu allais rentrer sans moi ? Quelle ingrate ! J’en suis indignée !

-Bah pour tout te dire, je n’allais pas rentrer du tout, le vigil ne v...

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que déjà une voix claironnait :

-Quelle classe mademoiselle ! Toutes les deux rentrez ! Moi c'est Lee. Mademoiselle à la chevelure rose, on se reverra ! Adressa le vigil très unique à Sakura-chan qui eut une grimace d’horreur lorsqu’elle aperçut le Lee en question.

Elle ne crachait généralement pas sur la viande fraîche mais là, la viande était avariée.

Une fois remises de leurs émotions, nos deux protagonistes s'engagèrent dans un long couloir pour arriver dans une salle où la décoration principale était faite d'urinoirs et de lavabos. Et oui, nos charmantes jeunes filles étaient tombées sur les toilettes pour hommes. Confuses, elles allaient s'éloigner en pensant que personnes ne les avait vues quand une voix familière à notre brune lança un "oh Hinata ! Ma cousine préférée ! Je ne te savais pas si perverse ! ». Les voyelles traînaient, signe de l’état d’ébriété avancée de la « voix ».

En effet, un homme grand avec de longs cheveux noirs, assez distingué et légèrement éméché pendait misérablement au sèche-mains.

-Tu le connais ? Chuchota Sakura à son acolyte.

-C’est mon cousin Neji et je crois qu’il est un peu... ivre. Murmura doucement Hinata.

-Pas moche... un joli p’tit cul ! dit-elle l’oeil lubrique.

La douce Hinata allait partir discrètement espérant que son cousin ne s’en rende pas compte, mais c’était sans compter le talent du dît cousin pour rester un minimum sobre même bourré.

-Tu pars déjà ? Je voudrai bien te présenter à mes associ...

Il n’eut pas le temps de finir qu’Hinata traînait déjà Sakura hors des toilettes.
Sakura se dégagea d’Hinata en la questionnant sur ce fameux Neji au doux postérieur.

-Alors, c’est ça ton cousin ? Pourquoi tu ne me l’as pas présenté ? C’est un dieu et tu ne me l’as pas présenté ! s’exclama Sakura, outrée.

-C’est mon COUSIN, j’allais pas te le présenter ! Ça craint d’entendre sa meilleure amie et son cousin le faire... dit-elle dans un rictus ironique en pensant au mur fin qui séparait sa chambre et celle de Sakura.

-T’as pas tort, mais on aurait très bien pu le faire chez lui !

-Sakura...

-C’est bon, j’ai compris, je toucherai pas...