Qui sème le vent...

par pouletfree

Bonjour à tous !

Désolé pour le petit cliffhanger à la fin du chapitre précédent, il était très long et au bout du moment il fallait que je m’arrête donc j’ai décidé de mettre la suite de la scène dans ce chapitre là. J’espère que ça ne vous choquera pas. En tout cas ce chapitre sera bien plus cours que le 10 (qui était pour sa part exceptionnellement long).

Nous voilà donc dans un chapitre consacré en grande partie aux proches de nos deux héros. Ce n’était pas prévu comme ça mais au final je trouve que ça sert la continuité de manière assez juste. J’espère que ça vous plaira ! Sur ce…

BONNE LECTURE ! (sinon je vous tape)

Précédemment dans Buddy or Not : Shikamaru et Temari en ont enfin terminé avec le meurtre du gardien de nuit de l’Université. Les trois coupables (Echizen, Ichiraku et la propre épouse de la victime) ont été arrêtés mais cette affaire a profondément chamboulé Shikamaru, qui rentre chez lui et s’effondre en larmes. Ayant besoin de parler à quelqu’un, il téléphone à son mentor, Asuma.



_Bien sûr que non, fit Asuma. Tu ne me déranges pas. Qu’y a-t-il ?

Shikamaru poussa un profond soupir, tentant de refouler les larmes qui menaçaient de couler de plus belle sur ses joues pâles. Alfred, comme si il était conscient du trouble qui emplissait le cœur de son maitre, vint se blottir sur ses genoux en le fixant de ses grands yeux curieux. Le brun eut un très léger sourire et lui gratouilla la tête du bout du doigt.

_Shikamaru ? Est-ce que ça va ? demanda Asuma qui commençait à sentir l’inquiétude.

_Non…pas vraiment..

A l’autre bout du fil, Asuma s’était assis dans le confortable fauteuil de cuir qu’il occupait en général quand il réfléchissait ou se reposait. Il trouvait étrange l’attitude de son protégé, qui l’appelait plutôt la journée en général, le midi souvent. Quelque chose ne devait pas aller, c’était la seule explication logique.

Sans crier gare, Shikamaru laissa échapper un sanglot, les mâchoires serrées de frustration et de colère. Les poings crispés appuyés sur son visage, il laissa à contrecœur les larmes inonder ses joues. Des larmes de rage, des larmes de déception, des larmes de défaite.

_Shikamaru, fit calmement Asuma, calme toi… Explique moi ce qu’il y a.

Le Lieutenant avait littéralement le souffle coupé, il avait l’impression de se noyer. Les larmes obstruaient sa vue et les sanglots étouffaient sa respiration.

_Calme-toi, murmura Asuma. Respire, Shikamaru.

Au bout de quelques minutes, sous l’effet de la voix calme et apaisante de son mentor, le brun parvint peu à peu à se calmer. Son rythme respiratoire se cala de nouveau sur la normale et il put essuyer les larmes de son visage.

_Maintenant explique-moi ce qui ne va pas, continua Asuma sur le même ton relaxant.

Shikamaru vida intégralement son sac, il raconta tout à son ami. La découverte du corps, le dégoût qu’il avait ressenti, la consternation. Les interrogatoires, la fureur qu’il avait du contenir face à Echizen. Mais la partie la plus dure à raconter fut sûrement quand Ichiraku leur avoua que sa deuxième complice n’était autre que la propre épouse de Fujimori, qui entretenait avec le cuisinier une relation extraconjugale depuis plusieurs années et qui avait décidé de faire disparaitre son mari simplement pour avoir le champs libre avec son amant. Le tremblement de rage et d’impuissance qui agitait la voix du jeune homme témoignait de son état émotionnel vacillant. Son mentor réfléchit quelques instants puis repris la parole.

_Je comprends ce que tu ressens, dit-il. Être confronté pour la première fois à la mort est quelque chose..de profondément effrayant.

Le jeune homme respirait lentement, s’efforçant de reprendre son calme, écoutant avec attention la voix calme et posée d’Asuma.

_On se sent impuissant, reprit ce dernier, on a l’impression d’avoir échoué. On se dit que faire ce métier ne sert à rien, on se dit que ce n’est rien d’autre que…mettre un pansement sur une plaie déjà infectée.

De nouveau, les larmes coulèrent silencieusement sur les joues de Shikamaru. Les paroles de son ami et modèle faisaient écho en tout point avec la foule d’émotions qui étreignait son cœur.

_Mais tu ne dois pas baisser les bras, Shika. Tu dois avoir confiance en toi, comme moi j’ai confiance en toi. Je t’ai connu quand tu n’étais encore qu’un gosse qui vivait constamment dans les jupes de sa grand-mère, et puis tu es devenu un jeune homme d’une intelligence et d’une détermination rare, même si tu t’obstines à le cacher.

Les souvenirs affluèrent en mémoire du jeune homme, qui les laissa défiler dans son esprit, bouleversé. Un kaléidoscope tournait dans sa tête, animé par la voix d’Asuma.

_Relève-toi, garde le courage que tu as toujours eu. Tu ne pourras jamais empêcher les salauds d’agir, mais tu peux les faire payer, tu peux les punir et leur faire regretter de l’avoir fait. C’est ça être policier. Tu sais…on est pas des Batman ni des surhommes, on ne peut pas empêcher les crimes avant qu’ils soient commis.

Shikamaru acquiesça lentement, essuyant ses larmes d’un revers de manche. Son mentor avait raison. Il devait se ressaisir, il devait se relever, ne pas se laisser abattre. Soufflant un grand coup, il caressa lentement le dos de son chat en lui souriant légèrement.

_Ne perds pas foi en ce pourquoi nous nous battons tous les jours. On se bat pour enfermer les salopards, pour leur rendre la monnaie de leur pièce. Si tu baisses les bras, ils gagnent. Et je sais que tu vaux bien plus que ça.

Le jeune lieutenant sortit son badge de sa poche, et le caressa d’un mouvement du pouce. L’insigne doré brilla dans l’obscurité.

_Si je baisse les bras, ils gagnent.

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Les écouteurs dans les oreilles et les mains enfoncées dans les poches de son blouson vert sombre, Shikamaru descendit du bus à l’arrêt qui se trouvait non loin du commissariat de Leafville. La fraicheur matinale effleura son visage, le faisant légèrement frissonner. Il n’était que sept heures cinquante mais déjà des dizaines de voitures passaient dans la rue, emmenant leur propriétaire au travail. Le soleil se faisait encore discret, ne dépassant pas encore la cîme des buildings, qui se dressaient face à lui pour obstruer ses rayons. Le brun traversa la grande rue et entra dans le commissariat, décidé à entamer une nouvelle journée de boulot.

Il fut salué par les deux officiers de garde, et leur rendit leur sourire avant de s’engouffrer dans l’ascenseur, qu’un agent retint pour lui permettre de monter. Shikamaru le remercia avant d’appuyer sur le bouton qui correspondait à l’étage où se trouvait le bureau qu’il partageait avec Temari. Il entra dans l’open space et salua quelques agents avant de se diriger vers la pièce où se trouvait déjà sa coéquipière. Il s’immobilisa à quelques mètres de la porte en constatant que cette dernière n’était pas seule.

En effet, la blonde était en train de discuter avec un jeune garçon. Elle était assis sur son bureau, tandis que son interlocuteur était installé dans la fauteuil qu’occupait habituellement Shikamaru, ses cheveux roux sombres en bataille tombant sur son front. Il avait les yeux baissé, et gardait le silence tandis que Temari lui parlait. Elle semblait légèrement agacée, mais tentait de le cacher. Shikamaru fut tenté un instant de lire sur ses lèvres mais il ne le fit pas. L’intimité de sa coéquipière était une chose qu’il se devait de respecter. Il s’assit donc sur un bureau proche et attendit tranquillement que la discussion entre la blonde et ce mystérieux rouquin se termine.

De l’autre côté de la fine paroi de verre, la jeune femme finit par apercevoir son équipier. Leurs regards se croisèrent. Elle le salua d’un signe de tête et lui demanda d’attendre avec un petit geste de la main. Il acquiesça sans un mot. Il ouvrit son blouson pour ne pas avoir trop chaud et darda un regard curieux vers l’écran de télévision accroché dans un coin. La chaine d’info diffusait en boucle les images d’une voiture de luxe noire accidentée qui, à en croire les sous-titres, appartenait à un parrain de la mafia qui s’était fait agresser par un individu que les médias avaient surnommé le « tueur au cerisier ». Shikamaru ne s’y était pas trop interessé, n’étant pas affecté à cette enquète, qui semblait d’ailleurs battre de l’aile.

Le jeune garçon roux se leva, attirant l’attention du Sergent Nara. Temari accompagna l’adolescent jusqu’à la porte et lui murmura un « vas en cours » que Shikamaru ne put s’empêcher de lire sur les lèvres de son équipière. Cette dernière ouvrit son bureau et laissa sortir son interlocuteur, qui lui fit un léger signe de la main avant de s’éloigner en direction de l’ascenseur. En passant devant le brun, le jeune garçon croisa son regard. Shikamaru se sentit destabilisé par ces yeux insondables.

_Désolée, fit sa coéquipière adossée au montant de sa porte. Tu peux entrer maintenant.

Il acquiesça et pénétra dans la pièce, posant son sac à dos sur son fauteuil. Il retira son blouson et le jeta négligeamment sur le dit siège avant de se tourner vers sa collègue. Elle hôcha négativement la tête.

_Mon petit frère, dit-elle simplement. Je préfère pas en parler.

_Ca marche, accepta-t’il en se laissant tomber dans son fauteuil.

Son petit frère. Cela expliquait l’attitude qu’elle avait eu avec ce garçon. D’ailleurs celui-ci avait un comportement et une façon de bouger étrange. Il semblait dans son monde. En le voyant, Shikamaru avait eu le sentiment de ne pas être sur le même plan d’existence que lui. Il y avait une détresse troublante dans le regard de ce gosse. Il était à part, c’était sûr. Mais de toute évidence, il n’obtiendrai aucune info de sa collègue et supérieure, qui semblait vouloir garder à juste titre sa vie privée dans un coffre fort indestructible.

_Bah après tout, mêle toi de ton cul, se dit le brun en se frottant les yeux.

_Au fait je..

Il tourna les yeux vers son équipière, qui semblait mal à l’aise. Il ne l’avait encore jamais vu faire la timide, ça ne lui allait pas du tout. C’était assez troublant.

_Je voulais te féliciter, dit-elle sincèrement. Tu as vraiment été balaise avec le meurtre du gardien de nuit et..enfin voilà quoi, je voulais juste te le dire.

Shikamaru en resta bouche bée. Elle le félicitait ? Ok, là il y avait un problème. Le monde était sur le point d’être détruit par un paradoxe temporel ou une anomalie astrale, ou quoique ce soit d’autre ! Il ne savait vraiment pas quoi répondre.

_Je..euh merci, balbutia-t’il.

Elle lui sourit timidement, puis désigna le bureau du commissaire d’un signe de tête.

_Le commissaire voulait me voir, dit-elle. Je reviens.

_A tout de suite.

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Gaara quitta le commissariat les mains dans les poches et la mine maussade. Les bruits de la rue le laissaient totalement indifférent, il était déconnecté de ce monde, plongé dans le sien. C’est ce qu’on lui avait souvent reproché au cours de sa vie, notamment à l’école. Ses professeurs ne cessaient de l’engueuler. « Elève invisible », « Ne participe jamais », « Avenir scolaire incertain », ses bulletins étaient remplis de ce genre de commentaires peu élogieux. A 17 ans, ses profs du lycée ne devaient même pas savoir quelle tête il avait tant il était absent. C’est d’ailleurs à ce sujet que lui et sa sœur Temari avaient eu une longue discussion ce matin. Elle lui en voulait de ne pas faire d’efforts pour réussir.

Bien sûr la jeune femme savait que son frère était loin d’être un adolescent comme les autres. Il avait toujours été dans la lune, en marge des autres. Au décès de leur père, il avait été le seul de la fratrie à n’exprimer aucune émotion, s’enfermant dans la forteresse de solitude qu’il gardait dans sa tête. Temari avait eu du mal à l’accepter, ayant presque l’impression qu’il se foutait de tout. Son deuxième frère, Kankuro, avait tenté de la convaincre que ce n’était que sa manière à lui de faire face. Elle était parvenue à l’accepter avec le temps, et faisait tout pour essayer d’adapter son plus petit frère au monde qui l’entourait. Le motiver pour aller au lycée était un bon objectif de départ, qu’elle avait cependant du mal à atteindre.

Gaara continua sa marche silencieuse dans les rues de la ville, plongé dans ses pensées. Il bifurqua à droite dans la petite ruelle qui constituait un raccourci entre deux grandes artères du centre ville. Le petit courant d’air frais qui la traversait le rafraichit agréablement. Le vent dansa dans ses cheveux roux. Le jeune garçon s’arrêta, savourant cette caresse.

_Salut Gaara, fit une voix grinçante devant lui.

Le roux ouvrit immédiatement les yeux, l’air inquiet. Se trouvant face à trois garçons plus âgés que lui, et plus imposants. Effrayé, il recula de quelques pas, mais se heurta à un autre individu, complice des trois premiers.

_On t’a vu sortir du commissariat, fit l’un d’eux. T’es allé balancer à ta sœur, hein petite pute ?

Avant que Gaara n’ait pu dire le moindre mot, il reçut un violent coup de poing dans la mâchoire, et sentit qu’on le saisissait par derrière. Une pluie de coups rageurs ne tarda pas à le faire sombrer dans le noir.



Voilà, j’espère que ce chapitre vous a plu. Essayez de prendre le temps de commenter, pour me permettre de connaitre votre ressenti par rapport au chapitre. C’est toujours motivant d’avoir des réactions, qu’elles soient positives ou négatives.

En tout cas merci d’avoir lu, et à la prochaine !

Tchao !