Butterfly

par pouletfree

Bonjour à tous !

Un chapitre très particulier aujourd’hui, plutôt sérieux par rapport aux précédents. La première version du chapitre 5 me plaisait, elle était plus légère que celle que vous allez lire là, mais ces derniers jours le thème dont parle ce chapitre m’a beaucoup trotté dans le crâne donc j’ai décidé de réécrire un chapitre totalement différent. Le chapitre qui était anciennement le 5 fera donc office de chapitre 6. J’espère qu’il vous plaira tout de même. Il a été écrit cette nuit entre 2 et 5 heures du matin alors je suis navré si il y a des fautes (a priori j’ai vérifié mais bon) 

Les passages en italique sont des flash-backs (non pas que je vous prenne pour des cons mais j’ai peur que vers la fin du chapitre ça s’embrouille un peu donc je préfère prévenir) ;)

Sur ce…

Bonne lecture !

Précédemment dans Buddy or Not : Après une séance d’entrainement plutôt musclée, Temari a eu une discussion avec le commissaire sur les bienfaits du travail d’équipe et la dangerosité de ne travailler que toute seule. Par ailleurs, elle a aussi appris que Shikamaru possédait un QI de 200, ce qui l’a beaucoup surprise.





15 ans auparavant :

Une petite fille bonde flanait dans les rues, le nez dans les nuages, un sourire serein fixé sur les lèvres. Elle ne devait pas avoir plus de dix ans. Son petit manteau rouge brillait au soleil, tout comme ses deux couettes couleur blé. Petite princesse de son propre royaume à la peau de pêche et aux cheveux d’or, elle tenait fermement un petit sac en papier dans ses deux mains, comme si il était son bien le plus précieux au monde. Sur ce trésor, qui lui semblait inestimable, on pouvait voir le logo de la meilleure confiserie de la ville, Butterfly Candies.

La petite s’arrêta, regarda autour d’elle d’un air soupçonneux, puis quand elle fut sûre que personne n’allait chercher à lui voler ses joyaux, elle piocha un bonbon dans le sac et le glissa dans sa bouche. Elle repartit d’un pas léger vers le parc, ravie de sentir le délicieux parfum fraise de la sucrerie. Ce parc était vraiment son endroit préféré de la ville. Les oiseaux y étaient nombreux, et gazouillaient paisiblement dans les arbres. Elle adorait les oiseaux, ils étaient tellement mignons qu’on pourrait les croire faibles…mais lorsqu’ils volaient, il n’y avait rien de plus majestueux qu’eux.

Alors qu’elle se dirigeait vers son banc préféré, elle s’interrompit brutalement, manquant de renverser son petit sac en papier. Une moue déçue apparut sur son visage. Son banc était déjà occupé ! Un jeune garçon était assis dessus, recroquevillé. Il avait la tête dans les genoux, et n’avait donc pas vu la petite approcher. Celle-ci avançait prudemment. Son papa lui avait toujours dit de ne pas parler aux inconnus, mais est-ce que s’asseoir à côté d’eux ça comptait aussi ? Pffff…les adultes et leurs règles compliquées…

En s’approchant de plus en plus, elle entendit distinctement des sanglots. Ses yeux s’écarquillèrent, ce garçon pleurait. Ses épaules étaient secouées de soubresauts incontrôlables. Bouleversée, la petite s’assit à côté de lui, ne le quittant pas des yeux. Il ne dut pas s’en rendre compte car il ne réagit pas. La fille n’aimait pas voir des gens pleurer, même à la télé. Quand elle avait vu E.T et que le petit garçon pleurait lors de la scène finale, elle avait éclaté en sanglots en balbutiant à son père que c’était trop triste et que ce film était nul. Le garçon du banc lui faisait vraiment de la peine, en plus il avait l’air de n’avoir que quelques années de plus qu’elle…

Finalement, elle se décida. Après avoir mangé un nounours en chocolat de son petit sac pour se donner du courage, elle tapota doucement l’épaule de son voisin, qui sursauta. Il releva brusquement les yeux vers elle, comme effrayé, avant de se détendre en constatant qu’il n’y avait là qu’une petite fille. Cette dernière avait d’ailleurs l’air d’avoir eu aussi peur que lui. Il sécha ses larmes d’un revers de manche, puis souffla un grand coup pour reprendre contenance.

D’une petite voix, elle lui demanda pourquoi il pleurait, ce qui parut beaucoup surprendre le garçon. On aurait dit qu’il ne s’était jamais imaginé que quelqu’un puisse s’intéresser à lui. Devant son absence de réponse, la petite crut qu’elle l’avait vexé, et voulut s’excuser mais il lui assura que ce n’était rien. Il lui demanda pourquoi elle voulait savoir. La réponse de la fille le fit sourire. Elle n’aimait juste pas voir les gens pleurer. Touché par l’air timide de sa voisine, il lui raconta sa vie. La petite blonde était bouleversée par la tristesse dans la voix du garçon. Elle aurait vraiment aimé l’aider…mais elle n’avait que 9 ans et demi ! Que pouvait faire une fillette face à de tels problèmes ?

Elle fit alors un geste que beaucoup de gens aurait trouvé anodin. Elle tendit ses deux petites mains vers lui et lui donna son sac de bonbons. Il leva vers elle des yeux où une myriade d’émotions se reflétait. Cette petite fille qu’il ne connaissait pas, venait de lui donner quelque chose auquel elle semblait vraiment tenir. Simplement parce qu’elle ne voulait plus qu’il verse de larmes. Il baissa les yeux vers le sac en papier marron sur lequel était représenté un magnifique papillon multicolore.

_Comme ça, quand tu auras envie de pleurer, tu en mangeras un et tu verras, après tout ira beaucoup mieux !



De nos jours :

Le commissaire de Leafville venait d’arriver sur le pont Piay. Plusieurs voitures de police étaient déjà là, notamment celle de Temari. La circulation avait été bloquée dans un sens pour permettre aux forces de l’ordre d’intervenir dans les meilleures conditions possibles. Il avait personnellement décidé de prendre cette affaire en charge, et avait confié la responsabilité de la zone au Sergent No Sabaku et au Lieutenant Nara jusqu’à ce qu’il arrive. Il leur avait demandé d’ordonner à l’unité psychologique de commencer à agir. Cependant, il ne vit pas Temari. Il aperçut tout de même Shikamaru à quelques dizaines de mètres de lui.

_Lieutenant Nara, le salua-t’il quand il fut à sa hauteur. Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Pourquoi l’unité psychologique n’intervient pas ? Et où est Temari ?

Le lieutenant se frotta l’arrière du crâne d’un air gêné, et le chef de la police eut soudain un mauvais pressentiment. Connaissant l’impétueuse jeune femme qu’était le coéquipier du Nara, il sentit sa mâchoire se contracter d’appréhension.

_Elle a dit, je cite « ces gars de la brigade psycho vont faire de la merde, je m’en charge », déclara le brun.

_Oh bordel Temari…, enragea son supérieur. Ca veut dire qu’elle est là-bas ?

_Oui, elle est sur la corniche avec le môme…

Temari ne se sentait pas fière, adossée à la rambarde du pont. Ses pieds dépassaient légèrement de la corniche mais, de toute façon, elle évitait de regarder ses pieds puisqu’ils se trouvaient au dessus de 90mètres de vide et d’un fleuve. A coté d’elle, le jeune garçon avait les yeux fermés et dégoulinants de larmes, perdu dans ses pensées. Cela faisait bientôt un quart d’heure qu’ils étaient côtes à côtes, et il n’avait toujours pas esquissé le moindre geste pour sauter. Cela rassurait quelque peu le Sergent.

Elle n’avait absolument pas réfléchi quand elle était arrivée sur les lieux. Elle avait vu le gamin, et s’était immédiatement décidé. Les hommes de l’unité psychologique avaient tenté de lui expliquer que c’était à eux d’y aller mais elle avait insisté. Le regard de Shikamaru l’avait surpris à ce moment là. Elle s’attendait à y lire de la moquerie ou une pincée de « Cette fille est complètement barge », mais étonnamment, elle n’y avait vu que de la compréhension. Il semblait comprendre qu’elle veuille s’en charger toute seule. Elle avait ressenti une certaine reconnaissance pour lui.

C’était également Shikamaru qui avait empêché l’unité psychologique de retenir Temari quand celle-ci avait couru vers la rambarde où se trouvait le petit. Il s’était interposé pour laisser assez de temps à la jeune femme pour enjamber la barrière et se mettre sur la corniche.

Pour une raison qu’il ignorait, Shikamaru avait senti que c’était la bonne chose à faire. Certes il était aussi tendu que tous les policiers présents de savoir l’une des leurs à quatre-vingt-dix mètres au dessus du sol, mais la jeune femme lui avait parue tellement sûre d’elle qu’il était convaincu qu’elle réussirait. Cette fille était une chieuse, pas de doute, mais une chieuse courageuse.

En un quart d’heure, Temari avait eu le temps de discuter un petit peu avec l’enfant. Il avait treize ans et s’appelait Alan Smithee. Ses parents étaient sourds-muets, et ils vivaient tous les trois dans les Nayrose, un quartier chaud. De par sa petite taille et son embonpoint, il était régulièrement raillé par ses camarades, qui s’amusaient également à imiter la manière de parler des sourds. L’évènement déclencheur s’était déroulé le matin-même, dans les vestiaires. Le caïd de sa classe était arrivé entouré de ses acolytes et, ensemble, ils s’en étaient pris physiquement au garçon. Allongé et sonné par les coups, ils l’avaient ensuite déshabillé pour prendre des photos de lui. Hilares, ils étaient repartis en scandant des slogans humiliants et en lui promettant qu’ils mettraient les photos sur Facebook.

Temari s’était sentie touchée par le récit du jeune garçon. Bien sûr elle savait que les jeunes étaient durs entre eux, mais ce garçon n’avait vraiment pas une vie facile. L’isolement au sein de sa propre famille à cause de l’handicap de ses parents lui pesait beaucoup. Et l’humiliation constante qu’il subissait au collège ne faisait que l’enterrer de plus en plus profond dans le désert de ses idées noires.

_Alan, fit Temari.

Il tourna vers elle un regard empli de chagrin.

_J’ai connu un garçon comme toi, déclara-t’elle en se remémorant ses souvenirs. C’était il y a longtemps…

Le commissariat de Leafville était déjà en effervescence lorsque la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur un homme blond aux yeux d’un noir profond. Capitaine dans la police, il était multi-médaillé et reconnu comme l’un des meilleurs enquêteurs de la ville. Il salua plusieurs personnes puis entra dans son bureau. Comme à chaque fois qu’il entrait dans cette pièce, il jeta un regard attendri vers la photo de sa fille qui trônait sur une étagère. Elle était si belle avec ses deux couettes dorées. Alors qu’il s’asseyait dans son fauteuil de cuir, il remarqua une lettre à son nom posée devant lui. L’écriture ne ressemblait pas à celle d’un adulte. Curieux, il l’ouvrit. C’était une feuille à carreaux comme celles qu’utilisent les élèves en cours. L’écriture était soignée, l’expéditeur avait du s’appliquer. Il commença à lire.

Monsieur le Capitaine,

On ne se connait pas, mais je tenais à vous faire parvenir cette lettre.

_Je l’ai rencontré dans un parc, reprit Temari. Je n’avais même pas encore dix ans à l’époque. J’avais un banc que j’adorais, mais quand je suis arrivé, j’ai vu qu’il était déjà occupé par ce garçon.

J’ai rencontré votre fille il y a quelques jours, dans le parc. Sans le savoir, j’étais assis sur son banc (même si ça m’étonnerait que la mairie l’ait fait construire pour elle). A vrai dire, je ne me rendais même plus compte de l’endroit où j’étais. Je pleurais.

_Il était recroquevillé sur lui-même, comme écrasé sous le poids de quelque chose que je ne pouvais pas voir.

Elle s’est approchée de moi, je ne l’ai même pas entendue arriver. Je ne pense pas qu’elle se soit rendue compte tout de suite que je pleurais. Elle a dû être sacrément étonnée ! Elle m’a tapé doucement sur l’épaule, et je pense qu’on a eu aussi peur l’un que l’autre quand j’ai fait un bond de surprise.

_Je crois… Je crois que ce qui m’a fait le plus de peine, c’était son regard… Si triste, si perdu. Jamais je n’avais vu quelqu’un aussi éteint. Il avait l’air détruit…

Un ange. C’est la première chose qui m’est venue à l’esprit quand j’ai croisé son regard. Elle ressemblait à un petit ange avec son visage de poupée et ses cheveux brillants. Elle était exactement comme la petite sœur que j’avais toujours rêvé d’avoir. J’étais mort de honte de m’être laissé aller à ce point devant quelqu’un.

_Il a essayé de me cacher sa tristesse et ses larmes, mais au fond de lui, je suis persuadée qu’il savait que c’était inutile. Je lui ai demandé pourquoi il pleurait…

Je n’arrivais pas à y croire. Quelqu’un s’intéressait réellement à moi, à ce que je ressentais, pas seulement à mon physique comme le faisaient toutes les autres filles de mon collège. Votre fille, elle, s’intéressait à ce qu’il y avait derrière, à mes souffrances, à ma peine, à mon chagrin.

_Il ne m’a pas répondu, j’ai cru l’avoir braqué. En réalité, avec le recul, je pense qu’il était juste désarçonné par ma question. Il semblait peu habitué à ce qu’on prenne la peine de lui demander ce qui n’allait pas.

Je lui ai tout raconté. Sans distinction. Toute ma vie, je lui ai déballée. La mort de mes parents, le suicide de mon frère, la solitude extrême, l’impression de n’être qu’une coquille vide pour les gens qui m’entourent. Je ne sais même pas combien de temps ça a duré, mais elle m’a écoutée, avec son petit nez froncé, comme si elle réfléchissait.

_J’étais au bord des larmes. Je faisais tout pour ne pas pleurer devant lui, je voulais être forte. Ou du moins en avoir l’air. Il semblait si faible que je voulais être forte pour deux. Sa vie était une succession d’épreuves et de souffrances. J’étais bouleversée et je me sentais impuissante. J’avais à peine dix ans, qu’est-ce que je pouvais faire ?

Elle a réfléchi pendant quelques instants, et puis ses yeux se sont illuminés.

_Une seule idée m’est venue…

Elle m’a tendu son petit sac rempli de bonbons.

_Ca parait stupide, mais je crois qu’à ce moment, c’était ce que j’avais de plus précieux.

Ce petit geste m’a touché bien au-delà des mots. Lorsqu’elle tenait ce sac, on aurait dit qu’elle tenait un trésor, la huitième merveille du monde. Jamais personne ne m’avait fait un aussi beau cadeau. Il venait vraiment du cœur. Elle m’a dit d’en manger un à chaque fois que j’aurai envie de pleurer. Je lui en ai fait la promesse.

_Nous sommes restés longtemps à discuter lui et moi. Des fois j’arrivais à le faire sourire, ça me rendait toute fière.

Elle m’a expliqué que vous étiez policier (c’est d’ailleurs grâce à cela que j’ai pu vous envoyer cette lettre), qu’elle était en cm2 et qu’elle appréhendait la rentrée en sixième. C’est drôle de parler de ça. Jamais je ne m’étais intéressé à la vie de quiconque, mais j’aimais l’entendre me raconter sa petite vie. Elle était vraiment adorable. Puis nous nous sommes séparés car il était l’heure pour elle de rentrer.

Je suis rentré chez moi et j’ai tenu ma promesse.

_J’étais triste de le quitter mais rassurée de savoir qu’il avait mes bonbons pour le consoler au cas où.

Chaque fois que j’avais envie d’éclater en sanglots, je mangeais un bonbon. Je suis arrivé rapidement au bout du paquet et, bien sûr, ça n’a pas arrangé mes problèmes. Mais malgré tout je tenais à tenir cette promesse que je lui avais faite.

_Je te demande de réfléchir Alan, dit Temari en s’adressant de nouveau au jeune garçon à côté d’elle.

Ce dont je vais vous parler sera du passé pour vous, mais au moment où j’écris cette lettre ça ne s’est pas encore produit.

_De réfléchir aux gens que ta mort anéantira, continua-t’elle. A tous les gens qui t’aiment, même ceux qui ne te le disent pas.

Je m’appelle Sasuke Uchiwa, et dans quelques heures je vais mettre fin à mes jours. Cette lettre est la dernière trace que je laisse en ce monde, et elle vous est adressée, à vous et à votre fille. Remerciez-la de tout mon cœur pour ce qu’elle a fait pour moi.

_Tes parents, ta famille, tes amis. Imaginent leur réaction si jamais tu venais à mourir…

Elle a réussi l’exploit de mettre à nouveau un sourire sur mon visage. Je ne l’ai vu qu’une fois, mais elle était mon amie, et elle m’a donnée bien plus qu’une amie. Je ne l’oublierai jamais.

_C’est quand on perd quelqu’un qu’on se rend compte à quel point on l’aime. Je sais que ta vie est loin d’être simple Alan. Je sais que la solution que tu as choisi est tentante, mais ne gâche pas ta jeune vie.

Au moment où vous lirez ceci, vous aurez certainement déjà repêché mon corps dans le fleuve sous le pont Piay.

_Tu as tant de choses à découvrir, tant d’amis à te faire, tant d’amour à donner et à recevoir…

Expliquez-lui bien qu’elle ne doit pas s’en vouloir. Dites lui que grâce à elle, je meure heureux et serein.

_Ce sont les difficultés qui font de nous ce que nous sommes, qui forgent notre personnalité. Ce sont elles qui font que les bons moments sont encore plus savoureux. Ce sont elles qui font qu’il est nécessaire de quitter le cocon dans lequel on s’enferme parfois…

Il reste un dernier bonbon dans le sac. Il sera le dernier que je mangerai avant de mourir. C’est un bonbon au citron. La couleur me rappelle Temari. Comme ça, elle sera avec moi jusqu’à la fin. Je ne l’oublierai jamais.

_C’est elles, indirectement, qui font que…la vie mérite d’être vécue…

Adieu Capitaine, prenez bien soin de votre petit ange. Que la petite chenille adorable devienne un magnifique papillon.

Shikamaru vit Temari aider le jeune garçon à enjamber la rambarde pour revenir du côté de la route. Elle fit de même. Aussitôt l’enfant se jeta dans les bras de la blonde. Elle resserra leur étreinte. Un policier à côté de Shikamaru voulut aller vers eux mais il sentit une main le retenir.

_Attendez, fit le Nara. Laissez-les un peu seuls.

Le policier obéit à son lieutenant, sans trop comprendre le pourquoi du comment. A vrai dire, même le brun ne savait pas trop pourquoi il avait fait ça. Il avait juste l’impression que les deux en avaient besoin. Il n’avait aucune idée de ce qu’ils avaient bien pu se dire mais, il sentait que ça n’était pas anodin, même pour la jeune femme.

Finalement, après quelques minutes durant lesquelles personne sur le pont ne parlait, Temari souleva Alan dans ses bras et s’avança vers les voitures de police stationnées.

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Shikamaru et Temari se trouvaient dans leur bureau. La blonde gardait les yeux rivés sur un morceau de papier qu’elle avait pris dans son tiroir. Le brun n’avait pas vu de quoi il s’agissait, il était assis sur une chaise et fumait tranquillement une Red Apple, en dardant quelque fois un regard discret vers son équipière.

_Ca va ? Lui demanda-t’il finalement.

Pas de « mêle toi de ton cul » ni de « ca te regarde pas blaireau ». Il s’y était attendu pourtant. Elle se contenta de lever les yeux de son morceau de papier et de le fixer. Son regard semblait triste et elle si fatiguée. Elle acquiesça finalement, ayant presque l’air incapable de parler.

_Mentez pas, il y a forcément une raison pour que vous disiez pas un mot depuis une heure et demie. Je crois pas au miracle.

Le petit tacle verbal eut le mérite de la faire sourire légèrement.

_Qu’est-ce qui va pas ? demanda-t’il avec curiosité. Depuis qu’on est revenus du pont, vous ne dites pas un mot. Pourtant le gamin a été sauvé, vous l’avez sauvé. Alors quoi ?

Encore sous le choc de la lettre qu’il venait de lire, le capitaine No Sabaku ne bougeait plus d’un pouce. Ses yeux ne cessaient de parcourir la lettre, semblant chercher à comprendre. Il vit ça et là des traces humides, comme si le garçon avait pleuré en écrivant. D’un geste inconscient, il posa la main sur l’enveloppe, et sentit quelque chose dedans. Il glissa ses doigts pour attraper ce qui s’y trouvait.

Temari baissa de nouveau les yeux vers son morceau de papier.

_Je me disais simplement que tous les enfants n’ont pas cette chance, murmura-t’elle en baissant de nouveau les yeux vers le morceau de papier.

Shikamaru tourna son attention vers ce mystérieux papier. Il ne vit pas tout de suite ce que c’était, puis finit par comprendre quand, dans un geste inconscient, Temari le retourna. Cela révéla un logo qu’il reconnut.

Dans l’enveloppe se trouvait un petit sac à bonbons vide replié, sur lequel était apposé le logo de la meilleure confiserie de la ville : Butterfly Candies.