Sale Connasse (ceci est un message personnel)

par pouletfree

Bonjour à tous,

Allez bim ! On est chaud sur les publications !

En vrai je le publie vite parce que c’est un chapitre dont je ne suis pas pleinement satisfait, et que vous faire attendre pour un chapitre comme ça m'aurait fait mal. Surtout comparé à la deuxième partie de Mauvaise Graine. Il est assez anecdotique, voilà pourquoi je laisse passer cette petite baisse de qualité. Je ne le désavoue pas mais je le trouve un peu simpliste dans sa forme et ce qu’il s’y passe. J’étais pas au sommet de mon inspi. J’ai déjà des idées pour le prochain, il devrait tabasser un peu plus. Sur ce…

Bonne lecture !



Naruto avait mal dormi, il avait mal au dos et son humeur était proportionnelle à l’élégance de sa tenue de prisonnier. Randy faillit éclater de rire en voyant le visage de son codétenu.

_ T’en fais pas petit, la première est toujours la pire, mais ça finit par s’arranger.

_ On en reparle dans un mois, grommela le blond.

_ T’en fais pas, le petit dej’ va te remettre d’applomb, beau gosse. Par contre je te préviens, ici le café est dégueu.

Naruto rit légèrement.

_ T’aurai fait fureur en maître d’hôtel, plaisanta-t-il.

Quelques minutes plus tard, devant son plateau, Naruto devait avouer que Randy avait eu raison sur toute la ligne. Premièrement le café était effectivement dégueulasse, et deuxièmement sa mauvaise humeur s’était malgré tout améliorée avec la sensation agréable d’avoir quelque chose de solide dans le ventre.

_ Petit conseil petit, ne prends jamais de lait au petit dej’. Une fois on a tous eu la chiasse pendant une semaine. Donc s’ils te proposent, tu refuses.

_ Je note.

Randy se pencha pour être plus discret.

_ Ne regarde pas, mais j’ai la sensation que les types à la table ne font pas partie de tes admirateurs, si tu vois ce que je veux dire.

_ Ils sont beaucoup ?

Le cinquantenaire haussa les épaules.

_ Suffisamment.

Naruto soupira, croquant dans son pain.

_ T’as un conseil là-dessus ? demanda-t’il à son codétenu.

Ce dernier passa ses mains caleuses dans sa barbe, l’air dubitatif.

_ C’est pas comme le lait, tu pourras pas refuser le passage à tabac. Le meilleur conseil que je puisse te donner, c’est de ne pas faire d’esclandre. Ils te défoncent une fois pour évacuer, et on en parle plus. Ce genre d’abrutis ça tape une fois pour montrer que c’est les patrons et puis c’est fini.

_ Alors selon toi je dois me laisser défoncer la gueule ?

_ Si tu veux pas d’histoire, oui.

***

_ « Notre envoyé spécial est sur les lieux pour suivre en direct le lancement du satellite américain Humanger. Les spécialistes ont prévu un temps couvert, mais rien qui ne devrait compliquer ou empêcher cette opération d’envergure internationale. »

_ Je sais pas toi Alfred, fit Temari en gratouillant le cou du chat de Shikamaru, mais moi je m’en bats les reins de ce satellite.

Ne recevant aucune objection de la part du félin, Temari changea de chaîne pour tomber sur un match de foot.

_ De mieux en mieux…

Elle passa à la chaîne suivante et atterrit sur l’émission Criminels qui racontait des faits divers et des procès célèbres. Déformation professionnelle peut-être, mais Temari adorait ce genre d’émission. Tellement racoleur et à la fois tellement captivant. Peut-être qu’un jour l’une de ses propres affaires se verrait abordée à la télévision, qui sait ? Celle d’aujourd’hui avait pour titre Le Tueur Fou de Tree City. Elle fit directement le rapprochement avec la ville natale de Shikamaru. Elle ne savait pas qu’il y avait eu des meurtres là-bas…

Bien sûr que si !

La discussion qu’elle avait eu avec Asuma des mois auparavant lui revint en mémoire. Un tueur en série avait sévit à Treecity durant quelques mois avant que l’Inspecteur Sarutobi ne l’arrête. L’une des nombreuses victimes de cet assassin sanguinaire avait été la regrettée grand-mère de Shikamaru…Tandis qu’elle allait précipitamment changer de chaîne, la voix de son petit ami l’arrêta. Il venait de sortir de la douche.

_ Tu peux laisser si tu veux.

Leurs regards se croisèrent.

_ Je ne veux pas te rappeler ce genre de souvenirs, répondit-elle avec douceur.

_ Ce genre de souvenirs fait partie de moi, la télé n’y changera pas grand-chose, tu sais, objecta-il en se séchant les cheveux dans une serviette.

Il s’assit près d’elle, et ils regardèrent en silence le reportage durant de longues minutes. La main délicate de Temari s’insinua dans la sienne, et il la serra, assailli par des réminiscences douloureuses des événements qu’il avait vécu trop tôt. Les plans d’illustration des quartiers pavillonnaires où avaient eu lieu les meurtres lui rappelèrent immédiatement les heures qu’il passait dans ces rues à jouer au ballon avec Naruto, à lire sous les arbres ou les courses de vélo avec les gamins du voisinage. Ce paisible panorama fut interrompu par une photo sur l’écran. Un homme aux cheveux argentés, qui fixait l’objectif de ses yeux noirs inhumains. Hidan. Pas de nom de famille.

_ Jamais je n’oublierai ce visage, murmura-t-il sans trop savoir pourquoi.

Le pouce de Temari caressait avec douceur le dos de sa main.

_ C’est cette nuit-là qui m’a donné envie d’être policier. C’est apparu comme une évidence.

Elle le savait, Asuma lui avait dit, mais elle ne voulait pas couper le brun.

_ Ma grand-mère était la plus douce des femmes de cette terre. Elle aidait les enfants défavorisés, elle leur donnait des cours, elle aidait toux ceux qu’elle pouvait aider. C’était une sainte. Elle n’avait jamais rien fait pour mériter que qui que ce soit lui fasse du mal. Et cet enfoiré est arrivé.

Il déglutit.

_ Asuma n’a jamais voulu me dire ce qu’Hidan lui a fait. A ma grand-mère.

D’un geste sûr, Temari éteignit la télévision.

_ Je ne veux pas que tu l’apprennes aujourd’hui, dit-elle en embrassant délicatement la joue de son homme.

Il posa son front dans le creux du cou de la jeune femme, se nourrissant de sa chaleur et se berçant sur sa respiration.

_ Au fond de moi, je sais que c’est lui qui a tué Asuma, murmura-t-il. Je le sens.

Temari embrassa les cheveux de son petit ami.

_ C’est lui que vous traquiez avant que Naruto ne se fasse arrêter ? devina-t-elle.

Il acquiesça en silence. Au fond d’elle, Temari fut surprise et frappée de voir à quel point elle avait influencé les choix de Shikamaru. Par amour pour elle il avait renoncé à se venger d’un démon qui lui avait pris les deux êtres qui avaient le plus comptés pour lui. Elle avait tant exigé de lui…

_ Je sais que je t’ai demandé beaucoup de sacrifices, Shika, et je…

Il releva la tête et la fit taire d’un baiser. Ses yeux d’habitude si rêveurs étaient emplis d’un sérieux auquel elle n’était pas habituée. Il y avait tant d’amour dans ce regard qu’elle se sentit défaillir.

_ Je ne vais pas passer ma vie à rêver de vengeance. Asuma ne l’aurait pas voulu, et ma grand-mère non plus. C’est toi qui compte. Toi et cet enfant, dit-il en posant sa main sur le ventre de la jeune femme. Vous êtes des cadeaux du ciel. Lui n’est qu’un croque-mitaine dans un placard.

Alfred miaula, comme pour valider les paroles de son maître.

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_ « Tout à fait, je vous confirme que le lancement du satellite Humanger est prévu pour dans exactement deux heures trente-sept minutes. Nous avons eu l’occasion d’assister à la conférence de presse pré-lancement, et les dirigeants de la NASA s’estiment totalement confiants quant au déroulé des opérations. Nous pouvons donc être certains qu’il y aura du grand spectacle tout à l’heure. »

La salle de télévision de la prison avait comme singularité d’être le seul endroit du pénitencier où les gangs pouvaient cohabiter sans s’écharper, de peur de se voir interdire l’accès à leur seule et unique distraction. Elle avait pour seconde particularité de ne jamais être vide. Naruto l’aurait su s’il vivait ici depuis plus longtemps. Il se serait méfié en voyant qu’il n’y avait personne. Seulement voilà, Naruto ne connaissait pas encore les coutumes de la prison. Il s’était donc installé tout naturellement devant la télévision qui passait en boucle les images de la station de lancement américaine. Rien de passionnant, mais cela avait le mérite de faire passer le temps.

Seulement il comprit que quelque chose ne tournait pas rond lorsqu’il entendit la porte de la salle se fermer dans son dos. Il se retourna et vit qu’une dizaine d’hommes étaient entrés et s’étaient enfermés avec lui. L’un d’eux était collé à la porte, certainement pour la tenir jusqu’à ce qu’ils aient fini ce qu’ils étaient venus faire. Ce qui n’était pas bien dur à deviner, par ailleurs.

Les choses se déroulèrent très vite. Sans réfléchir, Naruto se saisit de l’une des chaises et la lança au visage de son assaillant le plus proche. Le pauvre fut assommé par le choc et s’écroula contre une rangée de sièges tandis que les huit autres se ruaient sur le blond. Celui-ci se défendit tant bien que mal, frappant de toutes ses forces et dans toutes les directions, mais il fut submergé par le nombre. Un coup au visage lui ouvrit l’arcade. Il sentit un genou lui casser une dent. L’une de ses côtes émit un craquement inquiétant en entrant en collision avec une chaussure. Sa tête heurta violemment une chaise et il s’écroula sur le sol, sonné et abasourdi.

_ On se casse, les gars. On va laisser la fleur se reposer.

Naruto ne savait pas s’il était en train de s’endormir ou de s’évanouir, mais il sombra vite dans le noir complet.

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Itachi fumait en regardant par la fenêtre du penthouse. La grande baie vitrée donnait sur un parfait panorama de la ville. La tour où il se trouvait dominait la plupart des buildings alentours, et les rues en contre-bas n’étaient plus que de petits quadrillages sur lesquels se déplaçaient d’insignifiants points de lumière. C’était l’un des anciens appartements d’Ino Yamanaka, la dirigeante décédée de l’une des trois familles. L’Hôte y séjournait parfois, seul ou accompagné de jeunes gens échaudés par une soirée agitée. C’est ici qu’il avait conduit Hidan après sa crise dans la grange. Itachi et lui-même étaient restés sur place pour éviter un nouveau débordement de violence de la part de leur ami.

_ Tu as vu, ils lancent un satellite aujourd’hui, dit l’Hôte.

Itachi étouffa un juron et se tourna en jetant à son interlocuteur un regard contrarié.

_ J’aimerai enfin comprendre ce que c’est que ce Jashin, lâcha-t-il sans répondre à son patron.

_ Tu es de mauvaise humeur, observa l’Hôte.

_ Evidemment ! s’emporta Itachi. Tu aurais pu mourir dans cette grange ! Et tout ça pour une saute d’humeur d’Hidan ! Alors j’aimerai au moins comprendre ce qui peut le foutre dans cet état.

L’hôte attacha ses longs cheveux bruns en une queue de cheval détendue.

_ Je pense que ni toi ni moi ne pouvons réellement comprendre ce qu’est Jashin pour Hidan.

_ Une voix dans sa tête ?

_ Oui, mais pas seulement. C’est le sens donné à sa vie. Pour lui, Jashin est tout. Les règles qui régissent sa vie, le jugement auquel il doit se soumettre, l’amour qu’il pense mériter. Tout ne se résume qu’à Jashin.

Itachi secoua la tête avec incrédulité.

_ C’est complétement dingue.

_ Oui, comme nous tous.

_ Comment peut-on sérieusement se reposer sur un mec aussi instable ? Il est efficace, je ne dirai jamais le contraire. Pour massacrer les gens ou foutre les jetons à quelqu’un, il est le meilleur. Mais il est totalement imprévisible.

_ Il était là avant toi, Itachi.

_ Ça veut dire quoi ? se vexa le jeune homme. Que c’est l’ancienneté qui fait tout ? Donc il peut te trahir encore et encore sous prétexte qu’il est là depuis le début ?

Il était rare qu’une émotion trouve son chemin jusqu’au visage impassible d’Itachi. Ce soir, ses traits étaient tirés par la colère.

_ Ne me parle pas comme ça, Itachi, ordonna l’Hôte.

_ Je vais être franc, Orochimaru. Je n’ai jamais douté de toi, je n’ai jamais eu la moindre baisse de foi en notre combat. Je suis prêt à me jeter dans la gueule du loup pour l’Akatsuki, mais je me suis toujours méfié de ce type, et l’incident d’hier me confirme qu’il est impossible de travailler avec lui.

_ Il m’a toujours été fidèle.

_ Il a tué quatre de nos hommes à la hache, Orochimaru ! tonna Itachi en donnant un coup de poing sur la table.

L’Hôte se jeta d’un bond et attrapa Itachi à la gorge. Ses yeux s’étaient rétrécis dans un éclat menaçant, et lorsqu’il parla à son subordonné, sa voix vibrait de colère.

_ Je ne te permets pas d’élever la voix dans ma maison, Itachi. Si je te reprends à me parler sur ce ton, je t’égorge. Est-ce que c’est bien clair ?

Le souffle coupé par la prise de son chef, Itachi ne put qu’acquiescer fébrilement. Il tomba en arrière lorsque l’Hôte le lâcha.

_ Sors d’ici, siffla ce dernier. Vite.

Itachi se leva dignement, le regard noir, et quitta la pièce d’un pas décidé. La porte claqua quelques secondes plus tard, puis il n’y eut plus que le silence. Les mains encore tremblantes de rage, il se servit un verre de whisky et le but d’un trait. Puis un second. Jamais il ne s’était emporté ainsi sur Itachi, qui avait toujours été un employé modèle. Il n’aurait pas dû sortir de ses gonds ainsi, c’était l’acte d’un homme à cran. Et il ne pouvait pas se permettre d’être à cran ! Il était l’Hôte, bon sang ! Le chef des familles unifiées de Leafville !

Itachi n’avait pas tort sur l’imprévisibilité d’Hidan, mais Orochimaru ne pouvait faire abstraction de tout ce qu’il avait vécu avec ce dernier. Un ami, un frère d’armes. Un frère tout court. Ils s’étaient hissé ensemble jusqu’au sommet, malgré les années de vache maigre et les excès en tout genre qui auraient pu les détruire plus d’une fois. Hidan avait cruellement manqué à Orochimaru lors de son long séjour en prison.

Maintenant qu’il était libre, l’Hôte ne voulait plus le laisser tomber, même si pour ça il devait l’imposer au reste de l’équipe.

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_ Tu t’es pas loupé, hein ? fit une voix douce où transparaissait un soupçon de reproche.

Il voulut ouvrir les yeux mais la luminosité agressive l’en dissuada rapidement. Il comprit qu’il était allongé sur l’un des lits de l’infirmerie.

_ Tu verrais la tronche de l’autre, parvint-il à articuler.

_ C’est pas drôle, Naruto. Tu es salement amoché.

_ Mon codétenu m’avait prévenu, répondit-il. Il paraît qu’il faut se faire défoncer une fois, et qu’après ça va mieux.

_ C’est un succès, ironisa-t’elle. Regarde-moi ça, tu te portes comme un charme.

_ J’ai pas dit que ça allait mieux directement après, se justifia-t-il. Forcément là je douille, mais il paraît que je ne devrai plus avoir d’ennuis par la suite. Mais attends, depuis quand tu as de l’humour toi ?

_ Depuis que je dois relativiser tous les jours sur le genre humain, répondit-elle avec lassitude. Donc laisse-moi t’annoncer, avec humour, que tu as une côte fêlée, l’arcade et le crâne ouverts et pour couronner le tout, une dent en moins.

Il y eut quelques secondes de silence.

_ Ta dernière phrase, c’était un jeu de mot sur les couronnes dentaires ? lâcha finalement Naruto.

_ Tu es désespérant.

Il éclata d’un rire sonore et déclencha une vive douleur dans sa côte, ce qui aggrava évidemment son fou rire. Bientôt, la jeune femme le rejoignit dans cette hilarité aussi salvatrice que fugace. Loin de la prison, loin de l’infirmerie, ils n’étaient pour l’instant plus que deux jeunes gens qui avaient un cruel besoin de bonne humeur.



Voilà !

N’hésitez pas à commenter.

Ciao

J-133