Le Fantasme de l'Infirmière?

par pouletfree

Bonjour à tous !

Ce chapitre arrive peu de temps après le dernier, et c’est une cadence qui s’était perdue sur les dernières publications. J’avoue que j’ai des projets autres que Buddy qui accaparent beaucoup de mon attention, et qu’il n’est du coup pas évident pour moi d’être aussi rapide sur les publications que d’habitude. Je bosse sur des romans et tout, mais je ne lâcherai pas cette fic, je la finirai à la sueur de mon front !

J’ai lancé le plan 180 jours dans la dernière note que j’ai publié en annexe, je vous y renvoie pour plus d’infos.

J’ai des idées sur la suite, et je ne raccourcirai rien, je finirai cette fic telle que je l’ai imaginé et je vous donnerai une fin. Sur ce…

Bonne Lecture !

Précédemment : Procès ->Naruto condamné -> caca

_ Et là je lui ai dit « viens sur mes genoux je vais te faire la conversation ! ».

Le rire gras des policiers retentit dans le fourgon pénitentiaire. Naruto était seul entouré de ses gardiens. On avait affrété un fourgon entier pour conduire le Tueur au Cerisier au pénitencier de Leafville, où il allait purger sa peine. A croire qu’il était une bombe nucléaire prête à éclater au moindre coup de vent. Six policiers en armes étaient installés autour de lui, plus deux au poste de conduite, et ils se racontaient des blagues de mauvais goût depuis environ dix minutes. Et vas-y que je te raconte une blague sur deux putes dans un parc, et vas-y que je parle de la pipe que m’a fait la fille de la compta… Naruto aurait préféré mourir que de devoir subir ça.

Cela lui rappelait les joueurs de l’équipe de foot à la cantine du lycée. Lui et Shikamaru s’esclaffaient devant la platitude et la bêtise de leurs discussions. Mais aujourd’hui, les choses étaient moins drôles.

_ Arrêtez moi si vous la connaissez, fit Naruto esquissant un rictus. Un homme pense à s'engager dans la police. Le Sergent qui le reçoit lui dit: « Vos qualifications semblent bonnes, mais il reste un test d'attitude pertinente que vous devez passer avant de pouvoir être accepté. »

Interloqués par la soudaine prise de parole du prisonnier, les gardiens n’eurent même pas le réflexe de l’interrompre. Naruto poursuivit de sa voix calme et posée.

_ Le Sergent pose alors un pistolet sur la table, et dit à l’aspirant : « Prenez ce pistolet, sortez et tuez six immigrés clandestins, six vendeurs de drogue, six noirs et un lapin »
- « Pourquoi le lapin ? »,
répond le candidat.
- « Bonne attitude,
dit le sergent; Quand pouvez vous commencer ? »

Si la plaisanterie ne fit pas rire les policiers, elle eut au moins le mérite de les faire taire. Et au vu de leur expression décontenancée, tous n’avaient pas dû saisir la chute. Naruto put au moins profiter d’une fin de trajet dans le calme. Perdu dans ses pensées, il repensa à son procès, durant lequel son avocat lui avait évité une peine trop lourde, malgré les consignes de Naruto qui lui avait interdit de parler de Sakura.

« C'est pour sauver des êtres ou de choses qu'on déclenche des conflits... Tant que l'amour existera, la haine le suivra, c'est indissociable... »

Il avait entendu cette phrase il y a longtemps, et il pouvait à présent affirmer plus que quiconque qu’elle était vraie. La haine qui l’avait consumée était proportionnelle à l’amour qu’il éprouvait pour elle, et l’avait conduit sur un chemin pavé de chair humaine à vif et maculé de sang. Maintenant il ne voulait que la paix.

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Shikamaru reprenait peu à peu du poil de la bête, en grande partie grâce à la présence réconfortante de Temari. Après avoir passé une journée sous la couette à regarder l’intégrale de la saga Alien avec sa petite amie, le brun s’extirpa du lit et s’étira.

_ Ca te dit qu’on sorte ?

Temari eut l’air étonné.

_ Tu me proposes de sortir ? Mais on n’a pas encore fini la saga, il reste Prometheus et Alien Covenant.

Devant le regard scandalisé qu’il lui lança, elle éclata de rire. Comprenant qu’elle plaisantait, il se recoiffa d’un air faussement contrit.

_ Tu devrais pas me faire des frayeurs comme ça, protesta-t’il. Y a des choses à pas dire à son mec quand on l’aime.

Elle se dressa sur le lit et attira Shikamaru à elle.

_ Moi je peux tout te dire, et tout te faire.

Elle le tira en arrière et ils replongèrent dans les vagues drapées de leur plaisir amoureux.

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_ Ouverture des portes !

Les deux battants arrière du fourgon s’ouvrirent dans un long grincement métallique, laissant Naruto en proie à la morsure des rayons du soleil auxquels ses yeux s’étaient déshabitués. On le fit descendre du véhicule et parcourir l’allée ensoleillée qui menait à la prison. Chaque pas semblait durer plusieurs minutes, chaque respiration donnait l’impression de ne pas avoir de fin.

Les menottes à ses poignets et ses chevilles produisaient des tintements de carillon, sonnant l’arrivée du Tueur au Cerisier dans ce qui allait être sa demeure pour de longues années. Mais loin d’avoir peur, Naruto avait surtout l’impression de s’approcher des portes de sa tranquillité et de la paix qu’il cherchait à atteindre.

La bouche du bâtiment s’ouvrit pour avaler le nouvel arrivant. Puis les Portes du Pénitencier se fermèrent.

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Shikamaru se releva, recoiffant ses cheveux en son éternelle queue de cheval. Temari le toisa avec une moue boudeuse.

_ Pourquoi est-ce que tu as l’air aussi pressé qu’on sorte ? Tu veux pas qu’on reste ici, à profiter ?

_ Crois moi, répondit Shikamaru avec un sourire énigmatique, tu as autant envie que moi d’aller où je t’emmène. Mais tu ne le sais pas encore.

_ Qu’est-ce que tu me prépares encore ? sourit-elle avec une petite pointe d’appréhension. C’est pas un truc qui fait peur au moins ?

_ Non, mais ça peut faire pleurer.

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Après la fouille approfondie de sécurité, on donna à Naruto ce qui allait être sa deuxième peau durant les années qu’il allait passer ici. Une magnifique combinaison orange, avec son matricule de détenu et une grande inscription dans le dos qui rappelait « Pénitencier de Leafville », au cas où les détenus oubliaient où ils étaient. Une paire de chaussures noires trop grandes enfilées aux pieds, et il était paré pour la suite. On le guida à travers les couloirs, l’emmenant vers l’aile de détention où se trouvait son futur « home sweet home ».

Les corridors étaient relativement calmes, mais lorsqu’il entra dans le bloc des cellules, des cris retentirent de tout côté. Certains détenus tapaient sur les barreaux, d’autres lançaient des torrents d’insultes et de menaces et d’autres sifflaient à en faire vriller des tympans. Trois étages de cellules qui semblaient devenir enragés en même temps. Malgré son calme, cette vision impressionna Naruto. Mais il fut encore plus surpris de voir des détenus lui sourire, et même l’applaudir pour certains.

_ Tiens, on dirait que t’es déjà une célébrité, remarqua ironiquement l’un des gardes.

Naruto ne put s’empêcher de se demander si cet état de fait était une bonne ou une mauvaise chose. Il aurait préféré pouvoir faire profil bas, mais c’était chose impossible lorsqu’on est le Tueur au Cerisier.

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Une douche plus tard, Shikamaru et Temari se préparaient dans le salon de l’appartement du brun. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de réfléchir à ce que son petit ami lui avait dit.

_Ca peut faire pleurer.

De quoi pouvait-il bien s’agir ? Une surprise, mais de quel genre ? Shikamaru lui avait demandé de bien s’habiller, aussi décida-t’elle de mettre une belle robe bleu nuit pailletée, tandis que lui avait opté pour une veste assortie à sa petite amie, une chemise blanche et un jeans noir. Il s’approcha de Temari et l’embrassa sur le front.

_ Tu es magnifique, lui dit-il. Tu es prête à y aller ?

Elle acquiesça, et ils quittèrent l’appartement. La Triumph de Shikamaru les attendait sagement sur le parking, prête à les emmener à destination. Le brun aida sa belle à monter, et enfourcha à son tour la selle. Dans un vrombissement de moteur, la moto se mit en route vers une destination inconnue de Temari.

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_ Alors voilà ta suite de luxe, fit ironiquement l’un des gardes en amenant Naruto devant sa cellule. Prends tes aises, tu es là pour rester.

C’était une pièce exigüe, avec une seule fenêtre étroite. Deux maigres couchettes superposées et des toilettes délabrées. Un homme était déjà allongé sur le lit du bas, les mains en guise d’oreiller. Il ne bougea même pas pour accueillir son nouveau compagnon de cellule. Naruto s’avança dans son nouveau chez lui, et jeta un œil au matelas rachitique qui allait lui servir de lit. Tout ici était aussi austère que ce à quoi il s’était attendu. On lui donna sa brosse à dent et sa serviette, puis les gardes quittèrent la cellule tandis que la porte coulissait et se verrouillait derrière eux.

_ On viendra te chercher tout à l’heure pour la visite médicale. D’ici là, reste tranquille.

_ Vous savez les gars je suis un meurtrier, pas un magicien. Je ne sais pas encore passer à travers les murs.

Le gardien le gratifia d’un regard noir avant de partir.

_ Tu gagneras rien à les provoquer, fit l’homme sur la couchette du bas. Même si c’est drôle au début, tu verras qu’ils gagneront toujours.

Naruto se tourna vers son co-détenu, surpris. C’était un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux et la barbe grisonnantes. Lorsqu’il ouvrit ses yeux verts, Naruto fut étonné de n’y voir que de la bienveillance. Epais et musclé, son physique impressionnant était en contraste total avec l’étonnante douceur de son regard. Il tendit la main au blond, qui la serra avec un hochement de tête.

_ Je m’appelle Randy.

Il était étranger, certainement américain.

_ Naruto.

Randy eut un léger sourire.

_ Je sais, gamin. T’es un petit peu connu ici, figure toi. Je pense que tout le pays connait ton nom, et on a la télé ici aussi.

Un sourire las sur les lèvres, Naruto s’adossa au mur, les bras croisés.

_ Tu parles d’une célébrité.

Environ deux heures plus tard, trois gardiens vinrent chercher Naruto pour le faire sortir de sa cellule. Il passa les mains à travers l'ouverture des barreaux afin qu'on puisse lui mettre les menottes et sortit de sa cage en suivant les hommes en uniforme. Ils passèrent devant de nombreuses cellules, et chaque fois Naruto sentait les regards sur lui. Hostiles ou admiratives, les réactions qu'il déclenchait n'étaient jamais neutres. Il pouvait sentir l'allégeance d'un prisonnier rien qu'en croisant son regard. Il était facile d'identifier ceux qui faisaient partie des Trois Familles désormais détruites, et ils étaient nombreux. Le Tueur au Cerisier leur avait pris des amis, peut-être même de la famille, et il aurait été totalement naïf pour Naruto de croire que ça n'allait pas impacter son séjour ici, il le savait. Cette prison était une jungle où chaque feuillage peut dissimuler un serpent mortel prêt à mordre une jambe imprudente.

Il quitta le bâtiment principal et traversa une petite cour déserte pour se rendre dans des baraquements séparés du reste. Il comprit que c'était ici que le personnel administratif travaillait, à l'écart des prisonniers. Rien de très étonnant à ce que le pauvre employé de bureau chargé de la comptabilité et du budget n'ait pas envie de rester dans le même bâtiment que des tueurs en série et des gangsters. Tu parles d'une ambiance de travail.

L'un des gardiens sonna à la porte et leva les yeux vers la caméra de surveillance qui ornait le coin du porche. Quelques secondes plus tard il y eut un "clic!" et l'agent poussa la porte déverrouillée.

Naruto observa autour de lui d'un oeil curieux. L'endroit le fit immédiatement penser à un bâtiment russe période Guerre Froide. Le blanc des murs, des sols et des plafonds avait laissé sa place à un gris délavé, et une odeur de produits de nettoyages bon marché donnait à ce hall une ambiance de maison de retraite. Avec les vieux en moins.

On le fit traverser le bâtiment jusqu'à une porte vitrée surplombée d'une croix rouge: sans aucun doute l'infirmerie de la prison.

_ J'espère que vous avez pas prévu de me faire subir un toucher rectal, j'ai la peau fragile, provoqua-t'il.

Il sentit qu'on lui agrippait le bras et le forçait à se retourner. Il croisa le regard de l'agent qui l'escortait depuis ce matin.

_ Fais le malin, vas-y, mais n'oublie pas que dans cette prison les règles c'est nous qui les faisons. Et on aime pas des masses les comiques.

_ C'est une menace? s'enquit Naruto dont le ton s'était fait plus sérieux.

L'agent sourit, un éclair de violence contenue passa dans ses yeux.

_ Disons que tu risques de souvent venir ici si tu continue à jouer au con, répondit le garde en pointant l'infirmerie du doigt. C'est clair pour toi, la Cerise?

Naruto serra les dents, contractant sa machoire pour s'empêcher de répondre sous le coup de la colère. Il inspira profondément.

_ Très clair, lâcha-t'il finalement.

Le garde acquiesça, et fit ouvrir la porte de l'infirmerie. Naruto entra, toujours escorté par les gorilles de service.

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Shikamaru gara sa moto sur le parking d'un petit restaurant français à l'allure rustique. La façade avait été décorée de façon à évoquer un chalet, et l'enseigne indiquait "Le Boeuf pour Mignon". Shikamaru, qui avait quelques rudiments de français, tenta d'expliquer le jeu de mot à Temari en l'aidant à descendre de la moto, mais la jeune fille se contenta d'un haussement de sourcils dubitatif.

_ Bizarres ces français.

_ Mais non, répondit Shikamaru. Tu vas voir, je suis sûr que tu vas adorer les cuisses de grenouilles et les escargots.

L'air horrifié de sa petite amie le fit éclater de rire.

_ Je déconne, je t'infligerai pas ça. Allez viens.

_ Tu vas finir par me dire ce tu as prévu? Je n'aime pas les surprises Shika...

_ Crois moi, celle-là tu vas l'aimer, répondit il d'un air malicieux.

Ils entrèrent dans l'établissement, immédiatement accueillis par une jolie jeune femme avec un fort accent europpéen. Shikamaru donna son nom, et le visage de la serveuse s'illumina lorsqu'elle comprit pourquoi il venait. Avec un sourire complice envers Shikamaru, elle leur demanda de la suivre. Quelques tables étaient déjà occupées mais la majorité d'entre elles était vide. Cependant, la serveuse ne semblait pas les guider vers une table, elle les conduisit jusqu'au fond de la salle, devant un rideau rouge.

_ Voici le petit salon, comme vous le souhaitiez Monsieur Nara.

_ Merci beaucoup.

La jeune femme tira le rideau et Shikamaru fit signe à Temari d'entrer en premier. Curieuse, celle-ci s'exécuta, avide de réponses. Ses yeux s'écarquillèrent quand elle vit que sa mère et Gaara étaient déjà assis dans un canapé confortable, faisant face à un jeune homme brun qui lui tournait le dos. Lorsque les yeux se tournèrent vers elle, ce dernier se leva et tourna les talons pour observer la nouvelle arrivante.

Temari eut le souffle coupé l'espace d'un instant. Elle sentit Shikamaru poser une main rassurante dans le creux de ses reins. La belle blonde dut s'y reprendre plusieurs fois pour arriver à sortir un son.

_ Kan...Kankuro? bégaya t'elle.

Il lui sourit timidement.

_ Salut grande soeur...

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Il attendit une dizaine de minutes sur une chaise en plastique, entouré de sa garde rapprochée. Presque comme un président. En moins classe. Les yeux baissés, il était perdu dans ses pensées lorsque l'infirmière entra finalement dans la pièce. Il ne leva même pas le regard vers elle.

_ Merci Messieurs, je vais le prendre.

_ Vous voulez que je mette un homme à l'intérieur avec vous?

_ Ce ne sera pas la peine, restez ici. Je vous appelle s'il y a le moindre soucis.

Le garde qui avait pris Naruto en grippe parut hésiter, mais soupira de résignation.

_ Comme vous voudrez.

Naruto se leva et emboita le pas de l'infirmière, qui referma la porte derrière eux.

_ Bienvenue dans mon modeste cabinet, dit-elle avec un sourire aimable. Mettez vous ici, je vous prie. Je vais commencer par vous poser quelques questions. On m'a prévenu de votre arrivée il y a à peine une heure de ça, je n'ai même pas eu le temps d'étudier votre dossier.

_ Oh vous savez, il n'y a rien de bien intéressant. La télé a déjà tout raconté.

_ Je ne regarde pas la télé, répondit elle gentiment. Les émissions débiles ou les infos déprimantes, très peu pour moi.

Leurs regards se croisèrent enfin, et Naruto fut saisi d'une étrange sensation de déja vu. Elle parut également troublée et ne parvint pas à laisser sortir la phrase qu'elle s'était apprêtée à prononcer.

_ Je...on s'est déjà vus? balbutia Naruto. J'ai l'impression que je vous connais.

_ Je pense que je m'en souviendrai si...hum, non je ne pense pas qu'on se connaisse Monsieur...(elle fouilla dans son dossier) Uzumaki.

Elle releva la tête avant de la baisser à nouveau précipitamment vers les documents posés devant elle.

_ Uzumaki??

Etonné par la réaction de la jeune femme, le prisonnier ne trouva rien à répondre. La jolie brune planta son regard dans le sien, un air totalement déboussolé imprimé sur le visage.

_ Naruto?

Un camion en pleine face, voilà ce à quoi ressemblait l'évidence qui frappa Naruto à cet instant. Sa mâchoire faillit tomber sur ses genoux lorsque ses lèvres s'ouvrirent malgré lui pour répondre un simple:

_ Hinata?



Voilà !

A plus tard pour la suite

J-178