A Picture of a Face

par pouletfree

Bonjour à tous, et avant toute chose je tiens à m’excuser (on ne s’excuse pas soi même je sais) d’avoir mis autant de temps à pondre ce chapitre.

Comme je vous l’ai dit j’ai eu de gros soucis de pc, puisqu’il est officiellement décédé à cause de cette PUTAIN de mise à jour obligatoire de Windows fuckin’ 10. Mais j’ai heureusement retrouvé sur mon disque dur externe une version (très très) peu entamée de ce chapitre. Mais avec la longue interruption de flux, je vous avoue que j’ai eu du mal à me remettre dans le bain mais finalement le voilà.

Ce n’est pas le plus palpitant des chapitres, mais en même temps Shika est en déprime et Naruto attend son procès donc forcément niveau action…De plus il est assez court.

Je vais réellement essayer que ce genre de conneries ne se reproduisent plus et sur ce…

Bonne Lecture !

Précédemment : Naruto s’est dénoncé, et a avoué tous les crimes du Tueur au Cerisier. Il a demandé à Shikamaru de mentir et de prétendre que Naruto s’était servi de lui depuis le début, reniant ainsi leur amitié. Temari a pardonné à Shikamaru de lui avoir caché que Naruto était le Tueur, et Naruto attend son procès.



Un vinyle de Wagner tournait paresseusement sur sa platine tandis que l’Hôte observait le Pink Dawn via la mosaïque d’écrans de surveillance dont disposait son bureau, son éternel cigare se consumant entre ses lèvres fines.

_ Allez-y, murmura-t’il avec un rictus en observant les clients du club. Dépensez..

Ils étaient nombreux à encercler le podium, véritable horde de mâles en rut prêts à jeter des liasses entières pour que la danseuse cocaïnée se trémousse de plus belle. Les énormes seins plastifiés de la strip-teaseuse se balançaient, récoltant les cris et les sifflets appréciateurs. Saouls, riches et pervers, ils étaient les parfaits rouages de cette économie crasseuse et puante dont se repaissait l’Hôte pour s’enrichir. Tel un diable régnant sur son royaume, il avait vue sur tout. De l’ambiance enfumée du bar à la moiteur des box privés, où les danseuses déployaient tout leur éventail de compétences en l’échange d’un extra. Personne ne parlait de prostitution, bien sûr. Mais tout ce petit monde savait, et ce microcosme dépravé se complaisait dans la débauche et la décadence.

_ Dépensez, régalez-vous bande de petits cafards lubriques...

Il fut coupé dans sa contemplation par la sonnerie de son téléphone, et son rictus s’estompa. Agacé, il décrocha.

_ Itachi ? fit-il dans le combiné. Bien sûr que oui, faites le rentrer espèce de con !

Il raccrocha d’un geste rageur. Il n’aimait pas qu’on le dérange pour des questions stupides. Itachi était son bras droit, son employé le plus important. Un allié fidèle et loyal, qui était souvent de bon conseil. Et plus important encore, un homme qui ne venait jamais déranger son patron lorsque c’était inutile. Une qualité rare. Trop rare au goût de l’Hôte.

La bonne main d’œuvre était si dure à trouver de nos jours.

On frappa à la porte.

_ Entre Itachi, installe-toi.

L’intéressé ouvrit et entra dans la pièce. Vêtu de son impeccable costume noir, il avait attaché ses cheveux en queue de cheval. De stature haute et de posture digne, il avait ce genre de charisme empreint d’aristocratie qui pouvait faire changer l’ambiance d’un endroit rien qu’en y entrant. Orochimaru appréciait cela. Itachi serra la main de son patron et s’assit face à lui. Il refusa poliment le cigare que lui proposa ce dernier.

_ Alors, engagea l’Hôte. Que me vaut ce plaisir ? Une bonne nouvelle, j’espère.

Toujours plein de flegme, Itachi n’eut pas de réaction. C’était toujours difficile de lire quoi que ce soit sur ce visage impassible. Même un œil aussi averti que celui d’Orochimaru ne parvenait à percer cette armure.

_ Cela dépend de votre point de vue, tempéra Itachi. Je pencherai pour une bonne nouvelle qui peut malgré tout avoir des conséquences.

Intrigué, l’Hôte se reposa sur le dossier de son fauteuil.

_ Je t’écoute.

_ Il y a deux jours, en pleine soirée, j’ai reçu un appel de l’un de mes hommes. Je l’avais chargé de prendre en filature Shikamaru Nara, le policier qu’on suspectait d’être le Tueur au Cerisier.

Orochimaru acquiesça, attentif.

_ Lorsque j’ai décroché, ce n’était pas l’homme que j’avais envoyé qui m’a répondu. Quelqu’un que je ne connaissais pas lui avait pris son téléphone.

_ Attends comment ça ? demanda l’Hôte. On lui a volé ?

_ Non, quelqu’un était dans la voiture avec lui, et lui a pris son téléphone sous la menace. Il lui a ordonné d’appeler son supérieur : moi.

_ Qui était ce gars ?

_ Selon toute vraisemblance, il s’agirait du Tueur au Cerisier.

L’Hôte laissa clairement transparaitre sa surprise. Pas besoin de jouer son imperturbable avec Itachi.

_ Qu’est-ce qu’il t’a dit cet enfoiré ?

_ Il m’a ordonné d’arrêter de le traquer. Il m’a dit que nous étions sur une mauvaise piste, et qu’il en avait marre de se cacher.

_ Alors quoi ? s’enquit l’Hôte avec impatience.

_ Il m’a dit qu’il allait se rendre à la police.

Cette phrase sonna étrangement dans l’esprit de l’Hôte. Celui qui avait fait trembler les trois familles durant plus d’un an allait se rendre ? Simplement comme ça, aller dans un commissariat et tendre les poignets ? Comment un homme ayant tué autant d’hommes de main de la pègre, au point d’en devenir une légende urbaine pouvait baisser les armes de manière aussi minable. Au-delà de la bonne nouvelle que cela représentait, Orochimaru ne pouvait s’empêcher de sentir une pointe de déception.

Il expulsa la fumée de son cigare, l’air pensif. Itachi laissa son patron digérer l’information qu’il venait de lui donner.

_ Tu penses que c’est du flan ? le questionna l’Hôte.

_ Non, justement. C’est pour ça que je venais vous voir. J’ai eu la confirmation qu’un homme s’est bel et bien rendu et a avoué tous les meurtres du Tueur au Cerisier. A priori il s’appelle Naruto Uzumaki.

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Les yeux perdus à l’horizon, les épaules voutées et les cheveux détachés, Shikamaru laissait sa cigarette se consumer entre ses lèvres, l’air peu décidé à en aspirer la fumée. A des kilomètres de là, son meilleur ami, son frère, celui avec qui il avait grandit, était en prison en l’attente d’être jugé. Un escalator avançant inexorablement jusqu’aux portes de la justice implacable. Et Naruto lui avait demandé de nier leur amitié, de faire comme ci elle n’avait été qu’un mensonge. Comme si le blond avait utilisé Shikamaru comme un pion, comme si tout n’était que des mirages d’un passé monté de toutes pièces. Désormais la vie de Shikamaru était frappée à jamais du sceau du mensonge.

Temari s’approcha de son homme, consciente des tourments dans lequel son cerveau si actif était plongé, et passa un bras au dessus de l’épaule de ce dernier pour lui présenter une tasse de café fumant. L’odeur du breuvage le sortit de sa morne contemplation, et il saisit le mug avant de se tourner vers celle qui l’avait pardonné. A elle aussi il avait menti.

Elle l’embrassa, comme pour lui dire de ne plus y penser.

_ Viens, je vais effacer cette expression triste de ton visage, murmura Temari.

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La première nuit en cellule fut loin d’être très agréable. Allongé sur un matelas raide dans une odeur de renfermé et de transpiration, Naruto eut un mal fou à trouver le sommeil. Il ne s’était pas attendu à un palace, mais le retour à la réalité s’était tout de même montré rude. Il savait que dès ce matin, il allait recevoir la visite de son empoté d’avocat commis d’office, afin de préparer sa défense durant le procès à venir. Rendez-vous qui allait certainement se révéler parfaitement inutile. Naruto allait plaider coupable, c’était prévu et cela ne changerait pas. Plus question de se cacher ou de fuir.

Lorsque le surveillant vint le chercher, Naruto le suivit sans faire d’histoires. Tout le monde semblait tendu de se trouver dans le même périmètre que le célèbre Tueur au Cerisier, alors que celui-ci n’avait absolument aucune intention de faire la moindre esbroufe. Quitte à être là, autant se faire apprécier du voisinage et des concierges. Mais loin d’être dupe, Naruto savait que lorsqu’il serait réellement emprisonné après le jugement, les conditions seraient certainement moins clémentes. Les malfrats n’allaient certainement pas aimer partager leur domicile de fortune avec un homme qui avait tué certains des leurs. Nul doute que les anciens membres des trois familles qui se trouvaient en prison n’allaient pas lui faire un accueil chaleureux.

Il fut mené dans une salle où ne se trouvait qu’une large table en métal et deux chaises. Son avocat l’attendait, dégageant toujours cette horrible odeur d’after-shave que Naruto ne pouvait plus supporter. Le surveillant installa le blond sur sa chaise et referma la porte avant de se placer dans un coin de la pièce.

_ Bonjour Monsieur Uzumaki, fit l’avocat. Je suis ravi...enfin content de vous voir.

_ Et moi donc.

Le magistrat (même si Naruto avait du mal à croire qu’on pouvait appeler ce tocard comme ça) sortit un épais dossier de son attaché-case. Naruto devina qu’il s’agissait de documents et archives sur l’affaire du Tueur au Cerisisier.

_ Ne vous fatiguez pas, trancha le blond. Je vais plaider coupable. J’aurai la peine que je mérite et je la purgerai, c’est tout.

_ Mais attendez, il faut vous préparer une défense ! On ne peut pas arriver au procès les mains vides, il nous faut des atouts.

Le teint de Naruto se fit plus sombre.

_ Je n’ai pas les mains vides, elles sont pleines de sang. Personne ne sera dupe, je ne le suis pas. L’honnêteté sera mon seul atout.

L’avocat soupira, se massant la tempe du bout des doigts. Il n’arrivait pas à croire qu’un client dans une telle situation se montre aussi réfractaire à être défendu.

_ Monsieur Uzumaki, êtes-vous bien conscient des actes dont vous êtes accusé ?

_ Vous savez, répondit Naruto avec un sourire agacé, j’étais là lorsqu’ils ont été commis. Je suis plutôt conscient, oui.

_ Très bien, alors laissez moi être totalement franc avec vous.

Naruto fut malgré lui surpris par le regain d’assurance de son défenseur. L’avait-il sous-estimé ?

_ Si vous n’érigez aucune défense, et si vous êtes aussi arrogant durant le procès que dans cette pièce, vous prendrez perpétuité et vous pourrez vous asseoir sur tout espoir de libération conditionnelle.

Le ton de l’avocat avait changé du tout au tout, il avait clairement été piqué au vif par le mépris manifeste de son client.

_ Je ne prétends pas être le meilleur avocat de la ville, et croyez bien que vous ne m’inspirez aucune forme de sympathie, mais mon métier est de vous défendre. Et hors de question que je le fasse à moitié.

Il semblait n’avoir qu’une trentaine d’années, malgré la calvitie qui avait étendu son territoire sur son crâne. Des lunettes à montures épaisses lui donnaient l’air d’un informaticien, au sens péjoratif du mot informaticien. Mais à cet instant, Naruto dut reconnaitre qu’il était soufflé. Il soupira et se frotta le visage.

_ Ecoutez, vous avez raison, dit-il avec sincérité. J’ai été un peu injuste avec vous, je n’ai pas été très aimable. C’est juste que…

Il s’interrompit quelques instants, cherchant les bons mots.

_ Je veux juste que tout cela s’arrête, poursuivit-il. J’ai tué tous ces gens, et je persisterai toute ma vie à penser qu’ils le méritaient, mais je les ai assassinés. C’est un fait. Ma culpabilité est aussi claire pour moi qu’elle ne le sera pour le jury.

_ Je n’ai jamais prétendu pouvoir vous éviter la prison, Monsieur Uzumaki. Vous êtes coupable, certes. Mais dans ce pays même les coupables ont le droit d’être défendus.

Face au silence de son client, l’avocat fouilla dans ses dossiers, et en sortit une photo. Il la posa devant son client, qui n’eut pas besoin de baisser les yeux pour deviner à qui appartenait ce portrait.

_ Je sais pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait. Ce n’est pas une excuse, mais c’est une explication, et ça pourrait aider le jury à vous comprendre, et à vous juger réellement, en ayant toutes les cartes en main.

_ Non.

L’avocat haussa les sourcils. Naruto planta son regard dans celui de son interlocuteur.

_ Il est hors de question que le nom de Sakura soit mêlé à ce procès. Je ne veux pas salir sa mémoire.

_ C’est le seul moyen que nous avons pour invoquer les circonstances atténuantes.

_ Alors on invoquera rien du tout, répondit Naruto d’un ton sans appel. Désolé que vous ayez du vous déplacer pour rien.

L’avocat resta interdit quelques instants, puis soupira. Il rassembla ses affaires et les rangea dans son attaché case élimé. Il ajusta son nœud de cravate et se leva de sa chaise, non sans avoir pris soin de laisser la photo de Sakura sur la table métallique.

_ Je vous la laisse, je pense que vous en avez plus besoin que moi.

_ Merci.

L’avocat poussa sa chaise et se dirigea vers la porte, que le gardien déverrouilla pour le laisser sortir. Avant de disparaitre dans le couloir, le magistrat se retourna vers sont client.

_ Je ferai du mieux que je peux. C’est tout ce que je peux vous garantir à présent.

Naruto hocha la tête, et l’avocat disparut. Le Tueur au Cerisier laisse enfin ses yeux descendre vers le visage imprimé de sa belle, conscient qu’il venait de réduire sa défense à néant.