Le Grand Séquoia dans les Nuages

par pouletfree

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, deux choses à vous dire :

La première, je suis désolé de ne pas avoir publié pendant tout ce temps. J’ai réfléchi et je me suis rendu compte que c’était le bon moment pour une pause, au vu de tout ce qu’il reste à écrire dans cette fic. En plus j’étais en vacances, en Amérique et du coup j’avais tellement de truc à visiter que j’avais pas du tout le temps. Mais me revoilà, frais comme un gardon, prêt à tout niquer !

Deuxième chose : Je suis un peu dégoûté. Je vous avais annoncé que j’allais faire une fic sur une prison après Buddy, mais en fait il s’est passé un drame. Je suis fan de Jean-Claude Van Damme. Vous pensez sûrement comme tout le monde qu’il est un débile incompréhensible doublé d’un égocentrique, mais si vous avez vu ne serait-ce que son film « JCVD » vous savez que ce n’est pas le cas. Il est simplement victime du syndrome qui veut qu’on juge le mec à travers le prisme de ses films, comme Stallone. On le voit comme un demeuré qui fait des films de débiles. Je défendrai toujours corps et âme ces mecs-là. M’enfin bref. Il a fait un film réalisé par son pote Ringo Lam, qui s’appelle « In Hell ». Et ce film dépeint tout ce que j’aurai voulu faire dans ma fic. Pas en terme d’histoire, parce que moi je voulais faire un truc d’horreur, mais en terme d’ambiance, de décor, ils m’ont tout piqué ! Evidemment le film est sorti en 2000 et quelques donc tant pis. Du coup ça m’a gavé je ferai pas ma fic, ou alors pas comme je voulais la faire, je verrai. Regardez-le ce film il est vraiment bon et si ça peut vous faire perdre quelques a priori sur Van Damme (du style « il est incapable de jouer » et « ses films sont bourrins »), et ça vous donnera un aperçu de ce qu’aurait été ma fic en terme d’ambiance et de décors. Sur ce...

A la prochaine !

Précédemment dans Buddy or More : Shino, l’indic de Naruto l’a prévenu que l’Akatsuki était toujours à la recherche du Tueur au Cerisier, et que l’un de leurs principaux suspects n’est autre que Shikamaru. Ce dernier, qui a décidé de renoncer à sa vengeance, n’est pas au courant. Naruto décide de prendre les devants et tue un homme de main qui avait pris Shikamaru en filature. Avant de le tuer, Naruto l’utilise pour contacter Itachi et lui dire que cette chasse à l’homme doit prendre fin. Il se rend ensuite au commissariat le plus proche et se rend à la police.



C’était l’effervescence dans l’open-space. Des journalistes appelés par on ne sait qui essayait de s’infiltrer afin de prendre la moindre petite photo de cet homme qui s’était rendu en prétendant être le Tueur au Cerisier. Bien sûr il pouvait tout aussi bien s’agir d’un canular, mais la police l’avait emprisonné depuis plus de quatre heures, et ne semblait pas envisager de le relâcher. Chaque journal à sensation et chaine d’information voulait faire ses gros titres avec cette histoire.

Shikamaru, prostré sur sa chaise de bureau, avait les yeux rivé sur le sol, comme si le revêtement était soudainement devenu son centre d’intérêt principal. Mais en réalité, il essayait surtout d’éviter le regard accusateur qui lui lançait des éclairs de rage vert émeraude. Temari tremblait, de colère et d’angoisse.

_ Dis moi que tout ça c’est des conneries, gronda-t’elle. Dis moi que Naruto a juste pété un câble et qu’il se prend pour quelqu’un d’autre.

Il aurait aimé pouvoir lui dire ça. Mais il ne voulait pas lui mentir davantage. Cependant lui avouer la vérité était encore plus douloureux. Bien sûr qu’elle avait déjà compris, mais il avait peur. S’il avouait avoir couvert Naruto, allait-elle le quitter ? Allait-elle être dégoûtée de lui, le voir comme un Bryan bis ?

_ Dis moi que tu l’ignorais. Dis moi que tu as vraiment cru abattre le Tueur au Cerisier cette nuit-là. Dis moi que Naruto t’a manipulé.

La colère de Temari n’était qu’une façade pour cacher sa tristesse, il le sentait. Il entendait le léger tremblement dans sa voix. Elle était déçue de lui. Il s’était juré de rendre Temari heureuse comme jamais Bryan ne l’avait fait, et voilà qu’il prenait le même chemin que cet homme qu’il détestait tant.

_ Dis le moi !

_ Non.

Le mot fit tomber le silence comme une chape de plomb. Temari accusa le coup.

_ Je ne veux pas te mentir encore, termina-t’il.

Il osa enfin lever la tête vers elle, pour constater avec désespoir que les yeux de sa belle s’étaient embués de larmes. Son regard exprimait autant de chagrin que de dégoût. Jamais elle n’avait posé des yeux comme ça sur lui. Il sentit une fine lame chauffée à blanc se faufiler jusqu’à son cœur.

_ Temari...je...

_ Non, ne dis plus rien. Je vais prendre l’air. Et je t’interdis de me suivre, lui ordonna-t’elle alors qu’il allait se lever. Ne me suis surtout pas.

Elle ouvrit la porte et la referma derrière elle. Sans un regard vers lui, elle quitta l’open-space, laissant Shikamaru seul. Pour la première fois ce bureau parut hostile au brun. Entièrement vitré comme pour exposer Shikamaru au jugement de tous. Comme pour le mettre à nu face à ses erreurs. Faisant taire d’un revers de main ses idées noires, il se leva d’un air déterminé. Il devait parler à Naruto.

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Naruto était assis dans une salle d’interrogatoire depuis déjà plusieurs heures. Trois agents s’étaient succédés pour lui poser les mêmes questions sur son identité, la raison de sa venue, de sa reddition et de ses aveux, ainsi que d’autres questions bateaux. Sûrement afin de déterminer s’il était sain d’esprit ou pas. Rien d’étonnant. Un tueur en série qui a passé plus d’un an à jouer à cache-cache avec la police se rend subitement à la police et avoue tout. Il y avait de quoi trouver ça bizarre.

La porte s’ouvrit à nouveau, et Naruto se prépara à répondre à une énième salve de questions, mais ce fut Shikamaru qui entra. Le visage du brun était grave. Naruto parut surpris, mais trop peu pour qu’il ne s’y soit pas attendu du tout.

_ C’est toi qu’ils envoient m’interroger ?

_ Non.

_ Ne t’incrimine pas, prévint Naruto à voix basse. Ils sont sûrement derrière la vitre teintée.

_ Non, j’ai verrouillé la pièce de surveillance et j’ai coupé les micros. On est seuls.

_ Ah, fit Naruto qui paraissait vraiment surpris cette fois. Je t’écoute alors.

_ Tu peux m’expliquer ce qui t’a pris de te rendre comme ça ? S’emporta Shika.

Naruto soupira, n’ayant aucune envie de se justifier.

_ Je voulais pas passer le reste de ma vie à mentir et à fuir la justice, répondit-il.

_ Mais pourquoi tu parles de fuir ? T’étais pas obligé d’en arriver là ! Tu vas gâcher ta vie !

_ Sois pas con, Sakura est morte, j’ai assassiné des dizaines de gens. Ma vie, elle est déjà gâchée. Aujourd’hui je veux juste me reposer.

La détresse dans la voix de Naruto était presque palpable, et la tristesse étreignit les deux amis. Dans quoi avait-il fallu qu’ils s’embarquent ?

_ J’arriverai à les convaincre que je t’ai piégé pour que tu crois m’avoir abattu. Je leur dirai que c’était pour orchestrer ma disparition. Et s’ils découvrent qu’on est amis, je leur dirai que c’était pour te manipuler et me tenir au courant de l’avancée de l’enquête. Tiens t’en à cette version et tout passera comme une lettre à la poste.

_ Une fausse déposition ? C’est ça ta solution ?

_ C’est la seule qui permette que tu ne plonges pas avec moi.

_ Je suis coupable aussi.

_ Mais toi tu m’as déjà couvert, rétorqua Naruto en fronçant les sourcils. Tu as maquillé un meurtre pour m’éviter la taule. Aujourd’hui c’est à mon tour.

_ C’est hors de question. Si tu plonges, moi aussi.

_ Arrêtes tes conneries ! s’énerva le blond. Toi tu as Temari ! Tu la laisserai seule et enceinte ? Tu tiens tant que ça à ce qu’elle t’échappe pour aller élever son gosse avec n’importe quel connard ?

Shikamaru baissa les yeux, laissant à Naruto le temps de reprendre son calme. Le silence se lova dans la pièce quelques instants avant d’être délogé par un murmure de Shikamaru.

_ De toute manière elle me déteste. Je lui ai menti.

Le regard que lui avait lancé sa petite amie avant de partir était encore imprimé sur sa rétine. Elle lui en voulait tellement, ça lui avait sauté au visage comme une mine.

_ Elle t’en veut de m’avoir couvert ou de lui avoir menti ?

La question était anodine en apparence, mais elle apparut comme une révélation aux oreilles de Shikamaru. A aucun moment elle n’avait fait allusion au fait qu’il ait couvert son ami, simplement au mensonge.

_ De lui avoir menti, je crois.

_ Et tu as l’impression de lui avoir menti pour de mauvaises raisons ? demanda Naruto.

_ Non, je voulais la protéger.

_ Alors explique-lui. Cette fille t’aime Shika. Ca sauterait aux yeux d’un aveugle. Elle finira par comprendre que tu ne voulais pas la blesser.

Shikamaru ne pouvait qu’en douter, mais il n’était pas là pour embêter Naruto avec ses remords de menteur repenti. La situation de son ami était bien pire que la sienne, il serait déplacé de se morfondre devant lui.

_ Je veux pas que ça se passe comme ça, reprit Shikamaru. Je veux pas te laisser aller en taule pour ce qu’on a tous les deux fait. Et je veux pas être obligé de mentir sur notre amitié pour couvrir mon cul.

_ Tu es intelligent Shika. Plus que je ne le serai jamais. Tu as un bon taf, une femme qui t’aime et bientôt un bébé. Moi en prison c’est l’occasion de mettre fin à la guerre que j’ai déclenché, et l’opportunité pour toi de profiter de ce que tu as. Si tu révèles tout, ça ne fera que nous faire plonger tous les deux, et tu perdras tout.

_ Tu ne changeras pas d’avis hein ?

_ Aucune chance. Tu devrais partir maintenant, ou tu vas te faire choper.

Après de longues secondes de silence, Shikamaru se leva, le cœur lourd. Les deux hommes se regardèrent, revivant en un éclair tous les moments de cette longue amitié qui les liait depuis leur enfance. Voilà où ils en étaient arrivés. Obligés de nier leur lien pour se couvrir. Obligé de prétendre que Naruto s’était servi de leur amitié pour le manipuler. Obligé de tout salir et de trainer leur relation dans la boue et le mensonge. Une larme de rage coula sur la joue du brun. Lentement, il tendit la main vers son ami. Ce dernier leva son poignet menotté, et ils se serrèrent la main avec force.

_ Ce fut un honneur, déclara Shikamaru.

_ Pour moi aussi, répondit son frère d’armes.

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Naruto n’eut aucun mal à étoffer ses déclarations. Il avait des détails que personne ne pouvait avoir, connaissait chaque victime et pouvait dire avec précision à quel endroit il leur avait tiré dessus, dans quelles circonstances il les avait tués ou encore comment elles étaient habillées au moment de leur mort. Il se souvenait de tout. Les deux meurtres perpétrés avec Shikamaru faisaient partie du lot. Il venait de sceller son destin.

Le Tueur au Cerisier n’était plus en liberté. La Police avait son coupable. L’Akatsuki aussi. La chasse prenait fin, et Shikamaru pourrait enfin être libéré de toute pression. Seule la conscience du brun et son couple avaient encore à être soignés, mais ça Naruto ne pouvait le faire à sa place.

On lui amena des tonnes et des tonnes de papiers à signer, on lui présenta son avocat commis d’office, un homme bedonnant qui dégageait une forte odeur d’after-shave bon marché. Ce dernier lui conseilla de plaider coupable.

_Merci Einstein, ne put s’empêcher de songer Naruto.

On le mena à la cellule où il allait passer la nuit avant d’être transféré en prison jusqu’à l’attente de son jugement. Dans le couloir, tandis que deux policiers le tenaient solidement par les bras et que les chaines qui liaient ses pieds trainaient par terre, il laissa son esprit s’envoler loin du béton et du métal.

Il creva le plafond, ainsi que le sol de tous les étages, jusqu’à faire exploser le toit en passant à travers. Fusant comme une torpille à travers le ciel, il s’éleva loin des buildings, dépassant les plus hauts et frôlant une troupe d’oiseaux au passage. Il transperça le dernier plafond du monde des hommes, l’épaisse couche de nuages qui faisait tant rêver son ami Shikamaru. Les gouttelettes de condensation glissait sur sa peau comme sur le plumage d’un aigle, et enfin il se retrouva de l’autre côté, transformant le toit du monde en plancher blanc et cotonneux sur lequel il posa les pieds sans aucune appréhension. Il était chez lui.

Il marcha jusqu’à un gigantesque séquoia, qui étendait sur des dizaines de mètres ses immenses branches immaculées et molletonnées. Il connaissait cet arbre, ou du moins son jumeau planté sur terre. Une silhouette était assise au pied de l’arbre de nuages. Une silhouette féminine qu’il avait trop vue pour ne pas la reconnaitre même à des années lumière de distance. Sans un mot, la jeune femme aux cheveux roses se leva et le prit par la main, délicatement comme si les doigts de Naruto étaient du papier qu’elle aurait peur de voir prendre feu au moindre contact. Le blond n’en était pas loin, tant son cœur brûlait de revoir celle qu’il avait tant aimée et juré de venger. Celle pour qui il avait plongé ses mains dans des rivières de sang. Son Eurydice.

Lentement, très lentement. Ils s’enlacèrent à l’ombre du grand séquoia, et y firent l’amour comme s’ils n’étaient que désir. L’amour s’entre lassait avec la mort. Eros et Thanatos se mêlaient dans cette étreinte passionnée qui mena Naruto aux portes du sommeil. Un sommeil serein dans sa triste cellule obscure.

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Shikamaru roula plusieurs heures sans s’arrêter sous la pluie battante. Il était sorti de la ville sur sa moto, et fonçait sur les routes extérieures à toute allure. Les pensées bouillonnaient dans sa tête, déversant leur magma dans les veines et les artères de son cerveau. Temari. C’était toujours Temari. Elle obnubilait son esprit, entourée d’une aura de colère. Elle lui en voulait tellement, elle était tellement déçue de lui. Ce qu’il avait vu dans ses yeux l’avait lacéré de toute part. Il avait tellement peur de se présenter à nouveau devant elle. Tant de choses à lui avouer. Elle savait qu’il avait couvert Naruto, mais il avait tué un homme, et avait commandité le meurtre d’un autre par Naruto. Il avait du sang sur les mains, il était un meurtrier. Le genre d’hommes que Temari arrêtait. Le genre d’hommes que lui-même était censé arrêter.

Le genre d’hommes qui avaient emporté sa grand-mère et Asuma.

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Hidan croisa une moto sur la route qui menait à Leafville. Il entra dans la ville sous la pluie battante.

_ On a beau être habitué, cette ville a quand même de la gueule. Belle de jour, aguichante de nuit, dit-il à sa voisine sur le siège passager.

Elle ne lui répondit pas.

_ Je me sens libéré depuis que j’ai repris le goût de tuer, j’ai l’impression que Jashin est satisfait, et Orochimaru a l’air de l’être aussi alors ça me va. Je suis un homme de goûts simples, tu sais. Tuer et rendre service aux amis, c’est nickel. J’ai eu une petite baisse de foi ces derniers temps.

Elle ne lui répondit pas.

_ J’avais du mal à savoir quoi faire, à quel saint me vouer. Mais j’ai compris que je pouvais concilier les deux. Tuer pour Jashin et pour l’Hôte. Savourer chaque instant, chaque goutte de sang. Je sais que je suis de taille. Et tu sais pourquoi je le sais ?

Aucune réponse.

_ Jashin me le dis.

La tête sciée posée sur le siège passager ne semblait guère écouter le monologue d’Hidan, ses yeux vitreux tournés vers les étoiles.



Voilà !

A la prochaine. Comme d’hab n’hésitez pas à commenter ! Et bonne rentrée à ceux qui sont encore à l’école ! Pis aux autres aussi soyons fous.

Ciao