Tantale

par pouletfree

Bonjour à tous,

Ce chapitre est certainement le plus déprimant que j’ai écrit dans cet fic, je préfère vous prévenir. Si vous êtes en dépression ou que vous venez de vous faire larguer, ne le lisez pas ! Nan je plaisante bien sûr mais je préfère prévenir. Bon, je crois que j’ai rien à rajouter, alors sur ce…

BONNE LECTURE ! ET BONNE DEPRIME !

Précédemment dans Buddy or Not..euh non What…merde More : Après s’être débarrassé intelligemment du Capitaine Yamato, Shikamaru a le champ libre pour continuer sa vendetta contre les meurtriers d’Asuma. Pendant une sortie avec son frère Gaara, Temari est tombé sur Bryan, qui l’a invité à dîner. Le hasard faisant parfois très mal les choses, ils se sont retrouvés dans le restaurant de Naruto, qui a appelé Shikamaru pour lui décrire la situation. Finalement, Bryan a proposé à Temari de revenir vivre avec lui, pour qu’il reprenne leur histoire, et lui a caressé tendrement la joue. Naruto l’ayant dit à Shikamaru, ce dernier a raccroché, déçu et blessé. Temari n’est pas rentrée ensuite, laissant Shikamaru à sa solitude.



Ce fut le lever le plus pénible et douloureux que Shikamaru ait jamais connu, du moins c’est l’impression qu’il avait à travers la brume et la migraine que la nuit blanche avait brutalement enfoncé dans son crâne. Il n’avait réussi à fermer l’œil qu’à quatre heures du matin, et la sonnerie stridente du réveil de son téléphone trois heures plus tard avait été comme une bombe H lâchée dans son canapé lit. En fait la comparaison ne s’arrêtait pas là.

Toute la soirée d’hier avait été comme une bombe H lâchée sur sa vie.

Comment un simple repas et une caresse sur la joue entre deux personnes pouvait à ce point avoir une incidence et un écho douloureux sur une troisième ? Toute la nuit il avait eu des images de Temari, sa Temari, dans les bras de cet enfoiré de Bryan. Des images qui lui avaient donné envie de vomir. Il les avait vu s’unir, ne faire plus qu’un. Il les avait vu comme s’il était aux premières loges, comme s’il le vivait avec eux.

Alfred vint se blottir contre lui, comme conscient que son maître avait besoin de réconfort. Mais malgré les efforts du félin, ce fut l’œil vide et l’air maussade que Shikamaru prit lentement le chemin du travail. Son téléphone affichait une tripotée d’appels en absence, mais il s’en foutait royalement. Le monde ne l’intéressait pas ce matin.

Même les sensations de sa moto lui parurent insipides. Le monde semblait tourner à une vitesse grotesque, comme les premiers films en noir et blanc. Le relief du décor s’était comme effacé, se contentant de défilé comme une rétroprojection hideuse. Quelque chose s’était brisé en lui, et dans sa relation avec Temari.

C’était ce genre de moment au cinéma, où la voix off disait :

« Plus rien ne serait jamais comme avant. »

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La chambre d’hôtel où se réveilla Temari avait de quoi faire rêver, mais le premier réflexe qu’elle eut ne fut pas de contempler le décor. Elle se leva précipitamment, courut vers les toilettes et ouvrit la porte à la volée. Elle eut tout juste le temps de s’agenouiller avant que le contenu de son estomac douloureux ne se déverse dans la cuvette.

La tête posée sur la lunette, la blonde sentait un pivert essayer de percer son crâne de l’intérieur. Elle était simplement vêtue d’une culotte et d’un débardeur, le même que celui qu’elle portait la veille. Impossible de se rappeler ce qu’il s’était passé hier soir après le dîner avec Bryan. Et impossible de se rappeler pourquoi elle était dans une chambre d’hôtel. Etait-elle seule ? Elle sentit une boule d’angoisse grossir dans sa gorge à l’idée d’avoir passé la nuit avec Bryan. Elle n’arrivait même pas à se souvenir si elle avait senti quelqu’un à côté d’elle en se levant. C’était plutôt angoissant de se réveiller sans savoir ce qu’on a fait la veille, comme si on se réveillait dans la peau de quelqu’un d’autre.

Elle se releva avec difficulté et se dirigea vers le lit. Quel ne fut pas son soulagement de n’y voir personne. Elle s’assit et attrapa le téléphone, composant le numéro du room service.

_ Room Service j’écoute, fit une voix féminine désagréable.

_Euh oui bonjour, je m’appelle Temari No Sabaku et ça va vous paraître bizarre mais je ne sais pas du tout ce que je fais dans votre hôtel. Je m’y suis réveillée ce matin.

_ Ah oui, quittez pas… NARUTO ! LA BELLE AU BOIS DORMANT S’EST REVEILLEE ! hurla-t’elle de son horrible voix grinçante.

Naruto ? L’ami de Shikamaru ? Temari n’y comprenait plus rien.

_ Il monte vous voir, reprit la réceptionniste. Au revoir.

Elle raccrocha sans plus de manière, laissant Temari pantoise. Elle remit son jean de la veille et se passa de l’eau fraîche sur le visage, histoire de remettre ses méninges à la bonne place. Pourquoi l’ami de Shikamaru l’aurait emmené dans un hôtel, et surtout que c’était-il passé avec Bryan ?

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Shikamaru traversa l’open-space du commissariat sans même un regard à ses collègues. Le brouhaha quotidien des voix et des sonneries de téléphone ne l’avait jamais dérangé auparavant, mais aujourd’hui cela sonnait comme un tintamarre strident, comme la sirène d’entrée dans un monde dégueulasse à la Silent Hill. Il ferma brutalement la porte et se laissa tomber dans son fauteuil de bureau.

Cette journée puait la merde.

Ce qu’il ignorait, c’est que s’il avait simplement pris le temps de répondre au téléphone quand Naruto l’avait rappelé cette nuit, ou s’il avait simplement écouté ses messages, la situation aurait été bien différente.

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Temari entendit toquer à la porte de la chambre et alla ouvrir. Elle reconnut Naruto et son cœur manqua un battement. C’était lui qui leur avait amené leurs plats la veille au restaurant ! Elle avait mangé avec Bryan sous les yeux du meilleur ami de Shikamaru !

_ Salut, fit Naruto apparemment aussi mal à l’aise qu’elle. Je peux entrer ?

Elle perçut dans le regard du blond un certain ressentiment, comme s’il lui en voulait. Cette situation était de plus en plus étrange.

_ Euh..oui bien sûr, répondit-elle malgré tout.

_ T’as refait un peu le fil de ta soirée ? demanda Naruto en s’adossant à l’un des murs du petit salon attenant à la chambre.

_ J’ai un trou noir. Je me rappelle avoir mangé au restaurant, je me rappelle t’avoir vu, même si sur le moment je t’avais pas reconnu, avoua-t’elle gênée.

_ Tu as fait un malaise, expliqua Naruto. En plein milieu du resto. Mon cuistot Lee a des notions de secourisme, alors il m’a aidé à te faire émerger, mais t’étais un peu dans les vapes, alors je t’ai amené dans l’hôtel d’une amie.

La blonde regarda autour d’elle. C’était le genre d’hôtel plutôt chic de la fin des années trente, qui respirait le luxe de par sa simplicité.

_ Pourquoi vous ne m’avez pas ramené chez Shikamaru ? demanda-t’elle un peu perdue. Ça aurait été plus simple pour vous, non ?

Naruto fronça les sourcils d’un air songeur. Le ressentiment qu’il semblait avoir pour la jeune femme se précisa.

_ J’étais pas sûr que ce soit une bonne idée, lâcha-t’il avec amertume. J’étais même sûr du contraire.

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Incapable de rester à son bureau le nez plongé dans la paperasse, Shikamaru s’était dit que le stand de tir l’aiderait peut-être à se détendre et à se vider la tête. Son étui de poitrine solidement harnaché à son torse, il ferma les yeux et respira un grand coup. Le temps ralentit au rythme de ses battements de cœur, et il dégaina. Les déflagrations résonnaient dans la salle au rythme des coup de butoir du canon. Chaque tir atteignait la cible à la tête, mais ce n’était pas elle qu’il visait. Sa cible à lui avec une tête faite d’os et de sang, un visage tracé et identifié. Sa cible a lui avec des yeux et un regard méprisant. Celui de Bryan. Celui des meurtriers d’Asuma. Celui qu’il voyait le matin dans le miroir. Il transperçait du papier mais chaque tir lui donnait l’impression qu’il se tirait lui-même dessus.

Le cliquetis caractéristique du chargeur vide remplaça bientôt les coups de feu, et Shikamaru rangea son arme sans un mot.

_ Mais c’est qu’il a l’air en colère notre super-flic, fit moqueusement une voix derrière lui.

_ Dégage Kiba, c’est pas le moment.

_ Au contraire, j’ai l’impression qu’il ne pourrait pas y avoir meilleur moment pour qu’on ait une petite discussion.

_ Si c’est encore pour me gonfler avec cette connerie de Tueur au Cerisier, je vois pas l’intérêt d’en discuter, rétorqua Shikamaru. On l’a déjà fait.

_ T’appelles ça une connerie, moi j’appelle ça un an de ma vie !

_ On est flics, Kiba, répondit Shikamaru en lui tournant toujours le dos. Notre boulot c’est d’arrêter des criminels, pas de faire des concours de « qui a la plus grosse ». J’ai eu une occasion d’arrêter ce mec, je l’ai fait. Fin de l’histoire.

_ Elle est pas finie l’histoire, sale con, s’emporta Kiba. C’est impossible que ce mec ait fait une erreur pareille, c’est impossible qu’il se soit fait prendre par un gars comme toi. Un minable qu’est dans la police depuis même pas un an !

_ Ferma ta gueule Kiba, et casse toi.

_ Tu m’as volé un an de ma vie !

_ Dégage Kiba.

_ T’es qu’un opportuniste de merde, et un imposteur ! Jamais t’aurai pu arrêté le Tueur au Cerisier !

_ Kiba…

_ Comment tu peux penser une seule seconde que Temari va s’intéresser à une merde comme toi !

Les mains de Shikamaru fusèrent vers le col de Kiba, comme les serres d’un aigle sur un rongeur. Il empoigna son collègue et autrefois ami et le plaqua contre le mur, le soulevant presque de terre. Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, et Kiba vit quelque chose qu’il n’avait jamais vu dans les yeux de Shikamaru. De la haine, une profonde colère brûlante de rage et de violence.

_ Tu le sens pas l’appel du large, là ? Gronda Shikamaru.

_ Lâche moi putain !

_ Alors dégage ! s’écria l’équipier de Temari en le poussant.

Kiba lâcha un dernier regard noir et quitta le stand de tir d’un pas furieux. Shikamaru avait un ennemi de plus.

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_ Comment ça ? Shikamaru m’en veut ? demanda Temari avec étonnement. Mais pourquoi ?

Naruto et elle s’était fait monter du café, et discutaient assis à la table du petit salon. Le malaise initial s’était dissipé, et la discussion était moins pesante que de prime-abord.

_ Je sais pas par quel hasard il a fallu que vous veniez manger dans mon restaurant, mais tu te doutes bien que j’ai prévenu Shika quand je t’ai vu.

_ Pourquoi ? C’est fréquent entre vous d’espionner les gens ?

_ Non, mais moi je ne te connais pas en soi. Et je sais ce que Shikamaru ressent pour toi. Et je sais que tu le sais aussi, même si on dirait que tu fais tout pour oublier. Du coup forcément, je te vois arriver dans mon resto au bras de ton ex…

_ J’étais pas à son bras ! le reprit Temari. C’est lui qui m’a invitée, et j’étais trop surprise pour dire non.

_ Ouais mais ça je pouvais pas le deviner, c’était pas marqué sur vos tronches. Et puis bon l’excuse de « j’étais trop surprise »…

_ Je commence à comprendre pourquoi toi et Shika êtes amis, murmura Temari. Aussi agaçant l’un que l’autre…

_ T’es en droit de me détester, mais il faut bien que quelqu’un te dises la vérité, répondit Naruto avec un sérieux qui l’étonnait lui-même. Tes actes n’engagent pas que toi, encore moins maintenant que tu attends un heureux événement. Je n’ai pas la prétention de dire que je te connais, mais Shikamaru m’a beaucoup parlé de toi, et je sais qu’il tient vraiment énormément à toi. Il…t’aime en gros.

La maladresse du discours aurait pu faire sourire Temari s’il elle n’avait pas été aussi suspendue aux lèvres du blond. Elle avait tout fait pour essayer d’oublier l’aveu que Shikamaru lui avait fait, mais au fond d’elle, chaque mot que Naruto pourrait lui dire sur les sentiments du brun valait des millions.

_ Tu travailles avec lui tous les jours. Chaque jour il te voit en espérant qu’un jour vous serez plus que collègues. C’est comme le supplice de Tantale.

Au fond de lui, Naruto se demandait d’où lui venait cette soudaine culture.

_ Et maintenant vous habitez même ensemble ! Il est avec toi en permanence ! Jamais de répit, toujours proche de la fille qu’il aime en se disant que jamais elle ne le verra différemment. Sérieux t’imagines le truc ? Je deviendrai taré moi !

Temari réalisa alors l’égoïsme dont elle avait fait preuve. Shikamaru lui avait fait part de ses sentiments, auxquels elle n’avait pas donné de retour, et pourtant elle n’avait marqué aucune distance avec lui. Elle avait continué à se reposer de plus en plus sur lui, au point de vivre sous son toit. Un supplice de Tantale. C’était exactement ça.

_ Mais alors qu’est-ce que je dois faire ? demanda Temari.

Naruto fronça les sourcils, et sembla la sonder. Finalement il lâcha :

_ Un choix.

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Toujours pas. Un tour de moto, une heure de stand de tir, quatorze cigarettes, cinq cafés. Ca persistait. Pas moyen d’enlever les images immondes qui défilaient devant ses yeux. Impossible de travailler au vu de l’état de nerfs dans lequel il était. Il avait presque failli emplafonner Kiba, il était passé à deux doigts de détruire la photocopieuse à coups de pieds. Alors il était descendu, déterminé à rouer deux coups la seule chose conçue pour l’encaisser. Le bon vieux sac de frappe de la salle d’entraînement.

Ses gants de boxe frappaient le cuir du sac comme un burin inlassable, chaque coup était au moins aussi violent que le précédent. Il frappait à s’en rompre les os. Mais il se foutait de la douleur, il voulait arrêter de penser, il voulait oublier. Oublier cette foutue blonde. Oublier cette femme magnifique. Oublier Temari. Oublier qu’il l’aimait.

Un craquement retentit sur l’un de ses coups, et il resta quelques instants là, le bras tendu, son gant toujours collé au sac. Ce fut alors qu’il sentit une petite main glisser le long de son bras jusqu’à son poignet, pour le décoller du sac. Une petite main douce qu’il aurait reconnu entre mille. Un second bras vint s’enrouler autour de son torse, et un visage vint se blottir au creux de sa nuque. Un souffle chaud chatouillait doucement son cou.

Après quelques instants, elle le fit délicatement se retourner, et leurs regards se croisèrent enfin, comme si cela faisait une éternité. Jamais il n’avait trouvé une femme aussi belle que Temari à cet instant. Il voulut ouvrir la bouche, mais elle apposa son index sur ses lèvres pour l’en empêcher. Les yeux émeraudes de la blonde brillaient tellement qu’il pouvait y lire ce qu’il avait tant espéré y voir un jour. Ce n’était plus de l’amitié.

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_ Vivre avec toi ? répéta-t’elle surprise. C’est ça ta proposition ? Tu te pointes après m’avoir mise enceinte et t’être barré et tu me proposes de vivre avec toi comme s’il s’était rien passé ?!

_ Tema..

_ Ne m’appelle pas comme ça ! Y a que les gens que j’aime qui peuvent m’appeler comme ça et tu n’en fais plus partie ! Tu n’en feras plus jamais partie ! Aujourd’hui je suis heureuse, il n’y a plus personne pour penser à ma place ou pour me diriger ! Il n’y a que des gens qui me soutiennent, pas des gens qui m’enfoncent ! Tu te pointes comme si rien n’avait changé, comme si tout était pardonné ! Mais trop tard, dans mon cœur y a plus de place !

Bryan se leva, furieux.

_ Arrête de crier ! Tu te donnes en spectacle !

_ Je m’en fous ! s’écria-t’elle. Dégage de ma vie ! T’as perdu ! Tu m’as perdu ! Shika est peut-être pas le père de mon enfant mais il a fait bien plus pour moi que toi dans toute notre histoire ! Cet enfant est le tien génétiquement, tu auras le droit de le voir si l’envie te prend, mais jamais je te considérerai comme son père.

Quelques minutes plus tard, Bryan quittait le restaurant, furieux. Temari faisait un malaise quelques minutes plus tard, les nerfs bouillonnant de stress. Naruto n’avait rien manqué de la discussion…

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Les lèvres de Temari se substituèrent à son index, timidement, lentement. Aucun des deux ne voulait précipiter les choses. Leurs corps se rapprochèrent doucement, s’enlaçant avec tendresse. La main de Temari remonta sur la nuque du jeune homme, comme un appel à approfondir le baiser. Shikamaru s’exécuta avec obéissance, et avec plaisir.

Il n’avait plus envie de détruire la photocopieuse, ni d’emplafonner Kiba. Il ne trouvait plus que le monde tournait comme un vieux noir et blanc. Il n’avait plus du tout l’impression que le relief du monde avait disparu. Et cette journée sentait enfin bon.

Alors que leurs lèvres se touchaient encore, la jeune femme murmura.

_ C’est toi que je choisis…



Voilà !

Après 52 chapitres et 2 ans de Buddy, ils ont enfin fini par conclure ! Pour l’occasion, pensez à commenter, y compris la majorité silencieuse !

Je vous l’ai publié vite parce que je me suis dit que je vous avais déjà fait poireauter 2 ans pour ça, alors 2 semaines de plus ça aurait été mesquin. Prenez ça comme un cadeau de remerciement pour me lire depuis le début (dédicace à Lorely, Line Mayu, Black Shamrock, Kimikokoi, Sangtae, Malt, K Lindemann, Yawnek qui est parti trop tôt, Sicachu et à ceux que j’oublie sorry)

Comme j’écris pendant ma journée de taf je pense pouvoir retrouver mon rythme des deux premières saisons. Sur ce…
A la prochaine !