Keyser Söze

par pouletfree

Bonjour à tous !

Ce chapitre a mis moins longtemps que les autres à sortir, je ne sais pas si c’est un regain d’efficacité ou une fulgurance, mais dans tous les cas, considérez que je vais essayer de sortir un chapitre toutes les trois semaines. Histoire que vous n’ayiez pas trop à attendre, et que moi j’ai le temps de vous faire des trucs propres.

J’en profite pour vous donner ça : https://www.youtube.com/watch?v=hFFY-mD7qxE
C’est une petite surprise, un genre de court-métrage conceptuel réalisé avec l’aide d’un pote. Rien de fou mais on s’est fait plaisir à le faire. La musique est signée Strato (dont la chaine est ici : https://www.youtube.com/channel/UC5WTTbJflP9ZvIWuon86EFA ) et contient un bout d’un morceau de John Carpenter (il faut rendre à César ce qui est à César).

Je sais pas si je referai des « clips » comme ça pour étoffer un peu la fic. A voir si ça vous plait ou pas, donnez moi votre avis. Sur ce...



BONNE LECTURE !



Tout avait semblé se passer au ralenti pour Temari. De son réveil à son arrivée au commissariat, sur le trajet durant lequel sa Mustang avait suivi à la trace la voiture de patrouille qui emmenait Shikamaru menotté, la jeune femme n’était pas parvenue à faire cesser les tremblements qui parcouraient tout son corps. Les choses avaient basculé si soudainement. Elle et Shikamaru dormaient paisiblement, et tout à coup on menottait son coéquipier sur le perron de son propre appartement, en l’accusant de meurtre. Comment quelqu’un de sensé pouvait accuser quelqu’un comme Shikamaru d’une telle chose ? Ce Yamato devait être complètement stupide, ou malhonnète.

Elle sentait ses mains moites trembler comme des feuilles autour du volant. Elle ne s’expliquait pas l’état dans lequel elle était. L’idée que Shikamaru soit accusé d’un tel crime et qu’elle puisse être séparée de lui l’angoissait et la meurtrissait plus qu’elle n’aurait jamais voulu se l’avouer.

Yamato n’avait rien voulu lui expliquer, pas même lui préciser de quoi était accusé son ami. Un meurtre, certes, mais qui pouvait bien être la victime ? Qu’est-ce que c’était que ce délire ?

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Shikamaru fut conduit dans l’une des salles d’interrogatoire du commissariat. Tous les regards se tournèrent vers lui lors de sa traversée de l’open space. Les mains menottées devant lui, escorté par deux agents de police en uniformes, c’était assez étrange pour Shikamaru de se retrouver dans la peau de ceux qu’il était censé traquer. Réduit à l’état de vulgaire criminel. Cependant son visage demeurait étonnamment impassible. Le Commissaire observa la scène à travers les stores à lamelles de son bureau. Yamato l’avait prévenu une demie-heure avant l’interpellation. L’un de ses meilleurs hommes venait d’être arrêté pour meurtre. L’affaire dépendait de la Police des Polices, le Commissaire avait les mains liées. Evidemment, il aurait aimé s’interposer, mais en tant que responsable du commissariat, il ne pouvait se permettre de trop s’impliquer dans une telle affaire.

Temari fit irruption dans son bureau sans même frapper, les yeux brillants de colère.

_ Vous allez les laisser faire ? Vous allez les laisser trainer Shika dans la boue sans rien dire ? Dans votre propre commissariat !

_ Temari...

_ Ils l’accusent de meurtre ! Pour qui ils se prennent, ces enfoi...

_ Temari ! la coupa le Commissaire. Cette affaire ne dépend pas de moi. Yamato a l’aval de son supérieur, il est dans son droit.

_ Alors quoi ? Vous pensez qu’ils ont raison ?

_ Non, je pense qu’il y a simplement un malentendu. Je suis sûr que Shikamaru n’a rien à se reprocher. Je suis certain que ça va se résoudre tout seul.

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_ Navré pour ce réveil quelque peu mouvementé, lança Yamato en s’asseyant.

Le policier des affaires internes avait du mal à cacher son sourire triomphal. Il était empli de fierté, ce qui pouvait être imperceptible, mais Shikamaru commençait à connaitre son adversaire, et n’était pas dupe. Yamato déposa une photo devant lui.

_ Voici Misao Ayaki. Remarquez, vous le connaissez déjà. Il a été retrouvé mort sur son canapé, une balle dans le crâne. On l’a frappé et menotté, comme si on l’avait interrogé.

Shikamaru pencha la tête vers la photo, imitant à la perfection l’impassibilité propre à l’innocence.

_ C’est lui que vous voudriez que j’ai tué ?

_ En tout cas vous le connaissiez, certaines blessures sur son visage sont dues à votre petit match amical de boxe au Pink Dawn il y a quelques jours.

_ Oui, je suis au courant, j’étais là.

_ Vous ne semblez pas surpris outre mesure par sa mort.

_ Je suis policier, rétorqua Shikamaru, la mort ne me surprend plus.

_ Je comprends cela parfaitement. Mais étant donné que vous vous êtes battu avec cet homme à peine trois jours avant son assassinat, votre manque de surprise prend une toute autre signification.

_ Toujours votre fameuse théorie fumeuse selon laquelle je serai le Tueur au Cerisier.

_ Avouez que les circonstances ne sont pas pour vous innocenter. Bien au contraire.

_ Mais à force d’entendre parler de ce Tueur au Cerisier dans votre bouche, je ne peux pas m’empêcher de me poser une question.

_ Dites-moi, répondit Yamato.

Il était tellement certain d’avoir son coupable et d’être le vainqueur de ce duel qu’il semblait regarder Shikamaru du haut de son podium, comme un dieu du haut de son Olympe.

_ J’ai la sensation que vous m’avez tellement dans le nez que vous ne voyez que ce que vous voulez voir pour m’inculper. En tant qu’enquêteur, n’êtes vous pas censé vous concentrer sur des faits objectifs, en mettant de côté votre avis et votre ressenti personnel ?

La pique sembla atteindre Yamato, et égratigner la médaille du mérite qu’il se voyait déjà attribuée. Il se redressa légèrement sur son siège, son visage ayant changé d’expression. Sa fierté était atteinte.

_ Vous sous-entendez que je fais mal mon travail ? grinça-t’il entre ses dents.

_ Je ne sous-entends rien du tout, je vous le dis très honnêtement. Je pense que vous n’avez pas l’objectivité nécessaire sur cette affaire. De flic à flic.

Yamato ne pouvait à présent plus cacher que les remarques l’atteignaient. Les muscles de sa mâchoire tressaillaient au rythme irrégulier du flot d’insultes assassines qu’il s’imaginait cracher au visage de Shikamaru. Il soupira en tentant de reprendre sa contenance et son air supérieur. Il ne voulait pas laisser le rapport de force s’inverser.

_ Vous savez Nara, je ne pense pas que vous soyiez en position de me contrarier pour le moment. Simple conseil d’ami.

Shikamaru se pencha légèrement en avant, un sourire effronté étirant légèrement ses lèvres.

_ Pourquoi donc ? Un enquêteur tel que vous n’est-il pas censé faire parfaitement abstraction de ses sentiments personnels lors d’une enquête ?

Les agents qui observaient l’interrogatoire à travers la vitre fumée sentaient de manière presque palpable la tension s’accroitre à l’intérieur de la pièce. Yamato semblait de plus en plus en colère contre le suspect, tandis que Shikamaru restait d’un calme olympien. Les rôles semblaient étrangement s’être inversés.

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D’un mouvement du torse, Hidan esquiva le crochet de son adversaire, et riposta d’un jab bien placé au milieu du visage. Il sentit le nez craquer son adversaire chancela en arrière, du sang coulant abondamment de ses narines. N’ayant aucune considération pour la douleur de son opposant, Hidan ne lui laissa pas une seconde pour reprendre son souffle. Ses chaussures crissèrent sur le tapis du ring tandis qu’il se ruait vers l’avant. D’une volée de coups au corps, il poussa son adversaire dans les cordes. Ce dernier regroupa sa garde sur son corps pour faire face à l’assaut ravageur et aux impacts qui pleuvaient sur lui à une cadence infernale. Mais son visage était à découvert. Profitant de l’ouverture, Hidan lança son crochet comme un hameçon géant.

Le gant rembourré frappa avec une telle violence que sa victime tomba sur le coup, comme un pantin dont on aurait coupé les fils. Hidan s’essuya le front d’un revers de gant et cracha son protège-dents sur le sol.

_ Occupez-vous de lui, ordonna-t’il à ses hommes autour du ring. Et la prochaine fois, trouvez m’en un meilleur, celui-là était vraiment naze. Filez lui un pauvre billet et jetez le.

Les sbires acquiescèrent, mais tout à coup des applaudissements se firent entendre à l’autre bout du gymnase. Tous tournèrent la tête vers la source du bruit, et retinrent une remarque de surprise. Orochimaru s’avançait vers le ring, applaudissant lentement de ses mains gantées de cuir.

_ Quel talent ! lança-t’il à Hidan avec un sourire profondément ironique. Tu t’amuses bien à tabasser des tocards ?

Hidan soupira. Si l’Hôte venait en personne, ce n’était certainement pas pour le regarder boxer. Et vu l’expression sur le visage de son patron, ce n’était pas une visite amicale.

_ Peignoir, ordonna-t’il.

L’un de ses hommes s’exécuta sur le champ et lui posa un peignoir blanc sur les épaules. Hidan descendit du ring, passant entre les cordes que son homme de main écartait pour lui.

_ Je suppose que si tu es là, c’est que j’ai fait une connerie, supposa l’homme aux cheveux argentés.

_ Et comment. Tu te rappelles de Misao Ayaki ?

_ Ben oui c’est l’un de nos gars, pourquoi ?

_ C’était l’un de nos gars, rectifia l’Hôte. Quelqu’un a fait du sauté de veau avec sa cervelle hier.

_ Ah, fit Hidan en haussant les épaules. Et qu’est-ce que tu veux que ça me foute ? Je dois envoyer des fleurs ?

_ Il se trouve qu’on l’a interrogé avant de le descendre. Quelqu’un sait que c’est toi qui a engagé l’équipe qui a buté Sarutobi, et ce quelqu’un m’a laissé la vidéo de l’interrogatoire au Pink Dawn, comme une déclaration de guerre. Et cette personne en a sûrement après toi aussi.

_ Comment on peut être assez con pour nous déclarer la guerre ?

_ D’après ce que j’en ai vu sur la vidéo, je pense que ce gars est déterminé, et s’il nous provoque c’est qu’il en a les moyens.

_ C’est qui ce type ?

_ D’après la vidéo, c’est le Tueur au Cerisier.

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_ Vous êtes le principal suspect d’une affaire de meurtre, et vous osez insulter le seul homme qui a le pouvoir de vous éviter la prison ?

Shikamaru haussa les épaules avec indifférence. Sa provocation commençait à porter ses fruits, Yamato était de plus en plus en colère.

_ C’est marrant que vous disiez ça, répondit l’équipier de Temari. J’ai l’impression que vous êtes plutôt le seul qui veut m’y envoyer.

_ Je ne fais que suivre les faits, objecta un Yamato de plus en plus sur la défensive.

_ Alors comment expliquez-vous que vous ne m’ayiez toujours pas poser la moindre question ? Vous êtes là à vous pavaner comme si vous aviez gagné la plus grande partie d’échecs de votre existence, mais les faits sont où dans tout ça ? Vous voulez me forcer à avouer un meurtre pour vous épargner d’enquêter ? Mais enquêter c’est votre boulot.

_ Nous avons trouvé de l’ADN sur la scène de crime ! Nous aurons les résultats d’ici peu de temps, alors épargnez-moi vos leçons sur mon travail ! Si l’ADN est dans nos fichiers on aura notre coupable. Et en tant que policier vous êtes obligatoirement dans nos fichiers. Ce serait dans votre intérêt d’avouer avant que les circonstances ne vous y forcent. C’est vous le perdant.

_ Alors c’est un jeu pour vous ? Une compétition ? Sourit Shikamaru. En m’envoyant en prison vous voulez vous prouver quelque chose ? Prouver que vous êtes meilleur que moi ?

_ Je me concentre sur les faits ! s’emporta Yamato.

_ Et mon alibi dans tout ça ? N’est-ce pas un fait important ? demanda Shikamaru avec un sourire provocateur.

_ Quel alibi ?

_ Eh bien il me semble que c’est la procédure de demander à un suspect ce qu’il faisait à l’heure du décès établie par le médecin légiste. L’aviez vous oublié ?

Yamato esquissa un rictus nerveux. Un filet de sueur perlait sur sa tempe, où une grosse veine battait la mesure. De l’autre côté de la vitre, les policiers des affaires internes se regardèrent avec embarras, conscient que leur collègue était mis à mal par Shikamaru.

_ Très bien alors, acquiesça Yamato. Que faisiez-vous hier dans la soirée aux alentours de dix-neuf...

Il s’interrompit de lui-même, et son expression se figea comme si son cerveau s’était soudainement arrêté. Son visage perdit sa couleur de façon presque instantanée. Il avait compris. Il s’était fait avoir comme un bleu. Il leva un regard sidéré vers son suspect.

_ Aux alentours de dix-neuf heures, c’est ça ? répéta Shikamaru en faisant semblant de réfléchir. Hmmm...ah ! Et bien j’étais avec vous ! De dix-neuf heures à vingt heures j’étais avec vous au commissariat à discuter. Alors je ne sais pas où a eu lieu le meurtre, mais étant donné mon incapacité à me dédoubler... Mon alibi c’est vous, en fait.

Les policiers derrière la vitre soupirèrent d’embarras. Yamato s’était ridiculisé, accusant un collègue au mépris des procédures les plus élémentaires. Ce fut ce moment que choisit un autre agent pour entrer dans la pièce, une enveloppe kraft à la main.

_ On a les résultats ADN, dit-il. Mais on a pas de correspondance dans nos fichiers donc on sait pas qui sait. En tout cas c’est pas Nara.

_ On le sait, répondirent les autres d’un ton las. Arrêtons cette mascarade, Yamato s’est salement planté.

Shikamaru ne lâchait pas Yamato des yeux, savourant la honte mêlée de déception qu’il y lisait.

_ Vous m’aviez tellement dans le collimateur que vous en avez oublié les faits, alors qu’ils sont la base de notre métier. Vous vous êtes concentré sur ce que vous vouliez voir. Même si je suis touché de toute cette attention, le fait que vous me souhaitiez à ce point la prison me chagrine. J’espère que vous arriverez à convaincre vos collègues derrière la vitre de ne pas parler de ce fiasco à vos supérieurs. Dans l’intérêt de votre carrière et de la crédibilité de votre service.

Un agent des affaires internes ouvrit la porte. Il jeta un œil gêné à Shikamaru et se tourna vers Yamato.

_ L’ADN n’est pas celle du Sergent Nara.

_ A la bonne heure, s’exclama Shikamaru. Vous m’enlevez ça, s’il vous plait ?

Il tendit ses poignets menottés vers Yamato, mais ce dernier était trop sonné pour réagir. L’autre agent s’en chargea.

_ Nous sommes désolés pour toute cette histoire, dit-il. Vous pouvez partir, Sergent.

_ Merci beaucoup. Ce n’est pas grave ne vous en faites pas, vous n’y êtes pour rien.

Shikamaru se leva pour partir mais au moment de franchir la porte, il se tourna vers Yamato.

_ Lâchez moi la chemise maintenant.

Il disparut dans le couloir, victorieux. Le cas Yamato était rêglé.



Voilà !

J’espère que ce chapitre vous aura plu ! N’hésitez pas à commenter.

A la prochaine !