Heat Partie II

par pouletfree

Bonjour à tous !

De retour pour vous jouer un mauvais tour, mais surtout pour m’excuser d’avoir mis autant de temps à publier ce chapitre. J’ai vraiment eu deux mois chargés et j’avais vraiment pas le temps, ni la tête à écrire. Ou si je l’avais fait, rien de bon n’en serait sorti. J’étais vraiment pas dans une bonne optique pour créer des trucs cohérents et intéressants.

Mais là ça revient petit à petit, je me suis fais un petit plan de la suite des évènements en tête, j’ai regardé pas mal de films, j’ai imaginé pas mal de scènes. Bref, mon usine à idées a re-commencé à produire. Ca repart comme en 40.

J’aimerai pouvoir vous dire que je n’aurai plus jamais de retard dans ma publication, mais je peux rien promettre. Mais je peux vous assurer que je ferai tout pour que la suite sorte le plus rapidement possible, et soit la meilleure possible.

J’en profite pour faire un peu de pub pour la chaine youtube d’un ami : Strato Productions. C’est une chaîne de rap, où il publie ses sons. J’ai également un projet conjoint avec lui, et si ça sort, ça se passera sur youtube. On partirai sur une audio fic dont il ferait la voix et les musiques, et dont j’écrirai le texte. Mais rien n’est définitif encore, mais je vous informerai de toute manière. Sur ce...

Bonne lecture !

Précédemment dans Buddy : En interrogeant un sbire d’Hidan, Shikamaru a obtenu un nom : Misao Ayaki, qui serait lié à Hidan. En voulant en apprendre un peu plus sur les habitudes de Ayaki, Shikamaru a fait la rencontre de l’Hôte, qui l’a invité à boire un verre.



_ Alors vous me disiez que vous étiez policier, c’est bien ça ? Reprit l’Hôte en reposant son verre.

Shikamaru faisait tout pour masquer son stress, avec plus ou moins de succès. Son attitude parvenait à donner l’illusion d’être décontractée, mais le petit filet de sueur coulant sur sa tempe la contredisait. Le brun priait pour que son interlocuteur ne s’en rende pas compte.

_ Oui, même si dans mon cas, policier est un terme un peu pompeux, répondit Shikamaru. Je travaille au service administratif. La paperasse, les contraventions… rien de très romanesque.

L’Hôte esquissa un sourire amusé, et tira une taffe de son cigare, comme repensant à une anecdote.

_ J’avais un ami qui était assistant juridique. Il avait l’habitude de dire qu’il naviguait sur un océan de papier, et qu’il ne pêchait jamais les poissons de la vie. Je trouvais cette phrase particulièrement stupide. Il travaillait pour un énorme groupe pharmaceutique et gagnait un salaire mirobolant simplement pour organiser de la paperasse. Il avait réussi à donner l’impression à ses employeurs qu’il était indispensable. Et il se plaignait tout le temps…

Shikamaru avait du mal à croire qu’il était en train de parler à un patron de boite de nuit, certainement affilié à la pègre. Ils étaient assis sur un canapé, à discuter de tout et de rien, comme deux connaissances. C’était assez déroutant.

_ Il aurait pu juste se taire, amasser du pognon et partir, mais non il se complaisait dans ses plaintes, il se morfondait comme un con. Et au bout du compte, il s’est jeté d’un pont…. C’est pas incroyable ça sans déconner ? C’est sa salope de bonne femme et ses mômes débiles qui ont hérité de tout le blé qu’il a gagné. Lui il en a jamais profité. Il a simplement passé son temps à se plaindre, quand il n’en avait pas la queue d’une raison. C’est ironique quand on y pense, parce que maintenant qu’il aurait des raisons de se plaindre, il ne peut plus le faire. Qu’est-ce que vous en pensez ?

_ J’en pense que dans une certaine mesure, la vie de famille ça a vraiment pas l’air d’être votre truc. Et que ce mec était un peu stupide.

_ Ah tu l’as dit ! Rit l’Hôte en expulsant la fumée. Un vrai con ! M’enfin il est sûrement mieux là où il est maintenant ! En enfer, entouré de putes, d’alcool et de péché…

_ C’est comme ça que vous voyez l’enfer ? demanda Shikamaru, qui ne savait pas pourquoi il continuait à discuter avec cet homme.

Quelque chose chez l’Hôte était captivant, on avait envie de l’écouter, c’était inéxorable. Ce dernier prit quelques secondes pour réfléchir avant de donner sa réponse à Shikamaru.

_ L’enfer je le vois comme un endroit où se réfugient ceux qui ont voulu choisir, finit par dire le patron du Pink Dawn.

_ Ceux qui ont voulu choisir ?

_ Le choix n’est qu’une connerie, personne ne l’a. On vous donne l’illusion que vous pouvez choisir votre destin, choisir où vos pas vont vous mener, mais c’est de la merde en barre. Le monde pilote, et vous vous suivez en priant pour avoir votre place là-haut. Mais l’enfer, c’est là que sont les gens qui ont eu les couilles de choisir. De faire un vrai choix. Pas un choix pourri genre « à point votre steak ou bien cuit ? ». Ils ont choisi de balancer les règles du jeu à la poubelle, et de se la jouer comme il le voulait. Ca a pas plu au grand barbu, et il les a balancé en bas. Tous les tyrans, les Hitler, les tarés à travers les âges… c’était des enculés, mais ils ont fait leur choix. Je cautionne pas ce qu’ils ont fait, mais à un moment dans leur vie, ils se sont dit qu’ils n’allaient pas suivre l’ordre établi et qu’ils allaient baiser le système. Ca, ça me plait.

Shikamaru ne savait pas où se placer, il avait la sensation d’être face à quelqu’un de dangereux, mais celui-ci déclamait sa philosophie avec tant de foi et de logique qu’on ne pouvait qu’écouter.

_ Personnellement, repris l’Hôte, j’ai choisi mon camp. De toute façon j’ai le vertige alors le Paradis, très peu pour moi.

Cette phrase avait des airs d’aveu déguisé, mais Shikamaru ne donna pas l’air de la relever, il ne devait pas avoir l’attitude d’un enquêteur, il n’était qu’un employé administratif du commissariat de Leafville après tout.

_ Et vous, comment voyez-vous l’enfer ? demanda l’Hôte.

Shikamaru but une gorgée de whisky, la première depuis que le barman avait amené les verres. Il prit le temps de réfléchir.

_ Je ne vois pas l’enfer, ni le paradis d’ailleurs. Ce sont des visions religieuses de la mort. Pour moi il n’y a rien après la mort. Peu importe les choix, peu importe la vie qu’on a mené…c’est une remise à zéro. Riche, pauvre, moche, beau, chanceux, malchanceux, gentil ou méchant, on revient tous au même point. La mort est aveugle, elle loge tout le monde à la même enseigne. Elle n’accable personne plus qu’un autre, mais elle n’épargne personne non plus.

_ Intéressant…mais pessimiste.

_ La mort n’est pas faite pour être optimiste.

L’Hôte sentit la rancœur dans la voix du brun, et s’en étonna. Il aspira la fumée de son cigare et prit une gorgée de whisky.

_ J’ai la sensation que vous avez côtoyé la mort récemment, dit-il avec compassion. Je me trompe ? Ou cette question est indiscrète et dans ce cas, pardonnez-moi.

_ Non, c’est exact. J’ai perdu un proche. Plusieurs même.

_ Vous m’en voyez sincèrement désolé. J’ai perdu énormément d’amis et de proches dans ma vie, et à chaque fois c’est un réel déchirement. Etaient-ce des membres de votre famille ?

_ On peut dire ça comme ça.

_ Je suis vraiment navré.

_ Peu importe. C’est pas à vous que je le dois alors pourquoi s’excuser ? C’est comme ça, c’est tout. Les coupables paieront, c’est le plus important.

Shikamaru sentait sa tête commencer à tourner, comme gagnée par le vertige. Les néons commencèrent à se tordre, et leur halo se faisait de plus en plus flou. Il ressentait les battements de son cœur dans ses tempes, comme un métronome. Même le visage de l’Hôte n’était plus net, comme tordu dans une expression ridicule.

_ Ca va ? questionna l’Hôte en voyant son invité faire une drôle de tête. Vous vous sentez bien ?

_ Je... je sais pas trop...je crois que...que je vais m’en aller...

Il essaya de se lever, mais le monde tangua autour de lui, et il chancela jusqu’à retomber mollement sur son fauteuil. L’Hôte émit un petit rire satisfait et se leva, réajustant sa veste de costume.

_ Vous..mon verre...vous avez mis quelque-chose dans mon..verre..

_ Je suis désolé, Monsieur Nara, je n’ai pas pu résister. Votre tête vaut toutes les comédies hollywoodiennes. Bonne soirée, et ne faites pas de bêtises. Cette drogue a la mauvaise manie de déclencher de vives réactions. Sur ce...

Il s’en alla, laissant là le pauvre Shikamaru, dont l’esprit était de plus en plus loin de son enveloppe charnelle.

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_ Shikamaru. Réveille-toi, fit une voix dans l’obscurité. Ca t’amuse de me faire peur comme ça ?

La voix semblait tellement loin...

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Shikamaru réussit enfin à se lever du fauteuil, titubant comme un ivrogne. Il chancela jusqu’au comptoir et s’y tint pour ne pas tomber sur le sol.

_ Ca va, monsieur ? demanda l’un des employés.

_ De...l’eau..s’il vous plait...

Le barman s’exécute, et le policier avale l’eau d’un trait, espérant que cela aiderait à rétablir son équilibre et sa vue, mais rien à faire. Ce fut à ce moment là qu’il le vit. L’homme pour lequel il était venu avant de se faire happer par l’Hôte. Misao Ayaki, buvant tranquillement un cocktail au bar, en tentant de draguer une jeune femme peu vêtue. Shikamaru ne sut pas vraiment ce qu’il se passa précisément, mais en un éclair il se retrouva sur l’homme. Ses poings frappèrent plusieurs fois le visage de sa victime, et il sentit craquer son nez. Un vigile enserra le brun par derrière pour essayer de le retenir, mais le policier se jeta en arrière et cogna son assaillant contre le comptoir. La prise se desserra sous l’impact. Shikamaru en profita pour frapper à l’aveugle. Son coup atteint le vigile à la mâchoir, et celui-ci tomba à la renverse, emportant avec lui plusieurs tabourets. Un second garde de sécurité voulut attraper Shikamaru, mais ce dernier lui asséna un violent coup de tête dans le nez. Un flot de sang jaillissant des narines, le vigile reçut un coup de pied dans les côtes, qui craquèrent sous l’impact. Deuxième assaillant à terre.

Shikamaru allait reporter son attention sur Ayaki, mais il reçut un coup à l’arrière du crâne et tomba en avant. Un troisième vigile lui avait mis un coup de matraque par derrière. Un filet de liquide coulait dans la nuque de Shikamaru, mais il s’en fichait. Plus rien n’avait d’importance il voulait simplement frapper. Il se releva d’un bond et fonça vers l’agent de sécurité. Ce dernier voulut frapper à nouveau, mais Shikamaru agrippa le bras qui tenait la matraque, et le tordit violemment. L’homme poussa un cri de douleur, immédiatement interrompu par un coup de poing dans la tempe, qui l’assomma sur le coup.

_ Qui en veut encore ?! Cria Shikamaru.

_ Ca suffit maintenant, fit une voix derrière lui.

Shikamaru se retourna juste à temps pour entendre le grésillement du tazer. Le coup partit et l’atteint en plein dans le front. Puis plus rien.

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_ Shikamaru, réveilles-toi ! S’impatienta la voix.

Il finit par émerger, son pouls tambourinant dans son crâne comme un marteau piqueur. Une main vint se poser sur son torse, l’empêchant de se redresser.

_ Reste allongé, t’as dégusté, fit Temari d’une petite voix. Tu peux m’expliquer ce qui t’a pris, Shika ? Tu te bats dans les bars maintenant ? Tu m’as fait une de ces peurs, quand le commissaire m’a appelée j’ai cru que j’allais m’évanouir...

Shikamaru, dont la vue avait fini par se rétablir, put enfin regarder autour de lui, et se rendit compte qu’il était allongé sur la couche d’une cellule de garde à vue.

_ Je... qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que je fous là ?

_ Tu te rappelles pas ? demanda Temari.

Il se redressa légèrement, appuyant sa tête contre le mur. Il avait tellement mal au crâne, comme si un diable à ressort essayait à tout prix de se frayer un chemin hors de sa boîte crânienne en martelant les parois de coups violents.

_ Me rappeler de quoi ?

Le récit de Temari était plus fou que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Il parvint tant bien que mal à l’écouter malgré son esprit vacillant. Il s’était battu au Pink Dawn ? Mais que faisait-il là-bas ? Il avait la sensation que quelqu’un avait pris possession de son corps pour faire mumuse avec, et l’avait ensuite jeté sans ménagement dans une cellule quand ce jouet ne l’amusait plus. Quand elle eut fini de lui raconter sa folle nuit, Temari poussa un long soupir.

_ Le commissaire t’as à la bonne, t’as vraiment de la chance. Il sait que ce que tu as vécu récemment est dur, donc il s’est arrangé pour que tu n’aies pas de problèmes par rapport à ce que tu as fait hier. Mais Shikamaru...

Le reste de sa phrase se bloqua dans sa gorge. Elle semblait en colère, et au bord des larmes, prête à évacuer tout le stress et la pression qu’elle avait accumulé cette nuit. Shikamaru se sentait coupable. Quand elle reprit, Temari parla d’une voix furieuse.

_ Tu te bats dans les bars, puis ça va être quoi après ? Pense à ceux qui sont autour de toi, pense à moi ! Tu crois qu’on a envie de te voir t’enfoncer vers le bas, devenir un ivrogne autodestructeur ? Laisse toi aider ! Y a rien qui pourra atténuer ta douleur, à part le temps. Alors n’empire pas les choses. La prochaine fois, viens me parler, ou pleure, mais ne refais plus jamais ce genre de conneries.

Des larmes commencèrent à couler lentement sur le visage du brun. L’évocation de son deuil lui avait fait remonter une boule de chagrin à travers la gorge. Elle avait escaladé sa trachée pour se frayer un chemin jusqu’à ses yeux et retomber en petites gouttes le long de ses joues. La jeune femme le prit dans ses bras avec délicatesse, posant son menton sur la tête de Shikamaru. Elle le sentit se cramponner à elle comme un désespéré, et cela lui fendit le cœur. Jamais elle ne l’avait vu dans un tel état de faiblesse. Mais une petite lueur égoïste et culpabilisante se ravissait aussi de sentir la présence aussi proche de son ami.

Shikamaru savait que Temari avait raison. Rien ne pouvait atténuer sa douleur, pas même la vengeance. Elle lui avait dit de ne rien faire pour empirer les choses. Shikamaru s’en voulait déjà, en prévision de ce qu’il comptait faire à ceux qui avaient tué Asuma et sa famille. Temari allait le haïr.

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_ Pourquoi ? Mais parce que c’était drôle. Voir un policier dans une baston de bar ça m’a fait ma soirée.

Hidan darda un regard sombre vers l’enregistrement de la caméra de surveillance, sur lequel on voyait Shikamaru passer Ayaki à tabac et se battre contre les vigiles du Pink Dawn.

_ J’ai l’impression de connaitre ce mec, dit-il plus pour lui-même que pour réellement engager la discussion.

_ Je t’ai pas convoqué pour parler de ça. Tu peux m’expliquer ce qui s’est passé dans ta tête quand t’as décidé d’aller trucider un flic et sa famille ?

Hidan rejeta son attention sur l’Hôte, ne semblant cependant pas plus impressionné que ça par le ton autoritaire de son patron.

_ Il m’avait mis en tôle.

_ Et moi je t’en ai sorti, ce qui fait de moi ton supérieur. Donc évite ce genre de fantaisies à l’avenir, ou je te renvoie en tôle, morceau par morceau.

_ Tout doux, Orochimaru, les menaces ça marche pas avec moi. J’ai eu une coup de sang, une pulsion. Ca m’est passé. Maintenant, si tu permets, j’ai du taf. Du taf que tu m’as confié.

Il se leva et tourna les talons, quittant la pièce sans un regard en arrière. Orochimaru le savait, Hidan était le seul à pouvoir lui parler comme ça. Ca avait toujours marché comme ça entre eux. L’Hôte tira une bouffée de fumée sur son cigare, et décrocha le combiné de son téléphone.

_ Demandez à Hitachi de me récolter des informations sur un flic. Il s’appelle Shikamaru Nara.



Voilà !