Heat Partie I

par pouletfree

Bonjour à tous !

Petit chapitre, qui sera d’ailleurs en 2 parties. J’espère qu'il vous plaira je me suis un peu inspiré d'un épisode de Kaamelott pour la dernière partie.

Je l'ai entièrement écrit sur mon téléphone donc, même si je l'ai relu, il y a peut-être des fautes de frappe. Sur ce…

A la prochaine !





Shikamaru stoppa sa moto devant le Nine Tailed Fox, le restaurant de Naruto, et coupa le contact. Il descendit de selle et retira son casque, libérant ses longs cheveux bruns. Il noua ceux-ci avec son habituelle queue de cheval, et marcha jusqu’à la porte. Le service du soit était fini et il pouvait voir à travers les vitres que les chaises avaient été mises sur les tables, et que l’établissement était désert. Il toqua à la porte, et son ami vint lui ouvrir quelques secondes plus tard.

_ Ca va ? Demanda ce dernier.

_ Oui et toi ?

_ Oui, j'ai les infos que tu voulais.

Naruto fit entrer son ami et ferma la porte derrière lui. Ils se dirigèrent tous les deux vers la cuisine, elle aussi déserte, sans remarquer la berline banalisée dont l'occupant les observait dans ses jumelles, semblant attendre quelque-chose.

Un ordinateur portable était posé sur l’un des plans de travail en inox de la cuisine.

_ Tu veux boire un truc ? Un client régulier m'a offert une bouteille de Cognac. Il parait qu'il est loin d’être dégueu.

_ Va pour le Cognac alors.

_ Ca tombe bien, je t'attendais pour l'ouvrir.

Naruto quitta la pièce pour se rendre au bar. Il fouilla sous le comptoir et en sortit la fameuse bouteille ainsi que deux verres aux motifs élégamment quadrillés. Lorsqu'il revint dans la cuisine, il vit Shikamaru mettre une cigarette entre ses lèvres et s’apprêter à l'enflammer.

_ On fume pas dans ma cuisine, le coupa immédiatement Naruto avant de poser la bouteille et les verres. Dans ma cuisine, on boit.

Il servit une mesure de cognac à chacun d'eux et tendit son verre à Shikamaru. Ce dernier le remercia, puis ils trinquèrent et burent une gorgée. La sensation de chaleur et le léger arrière goût sucré dégagés par l’alcool leur fit beaucoup de bien, surtout à Shikamaru. L'histoire de Saeba lui revenait encore en mémoire, et le visage de Temari ne cessait de s'imposer à son esprit, effaçant toute autre pensée cohérente. Il s'en voulait tellement de lui mentir. Elle vivait avec un assassin, son bébé grandissait en elle au coté d'un meurtrier… il se haïssait d'avoir à lui faire subir ça.

Il avait la sensation d’être dans la voiture de Thelma et Louise, fonçant dans le désert avec la police aux trousses, Temari assise en passagère. Il entendait les sirènes derrière lui. Il savait qu'il n'y avait plus d'options hormis se rendre, mais s’arrêter était hors de question. Il devait aller jusqu'au bout. Pas de compromis.

_ Alors ces infos ? Demanda-t'il une fois que l’arrière goût de la première gorgée s’était dissipé.

_ Ouaip, c'est mon informateur qui les a eu.

_ Tu veux toujours pas me dire qui c'est ?

_ Il est un peu tendu depuis qu'il sait que je fais équipe avec un flic. Il fait partie des gens qui préfèrent rester loin de la police.

_ Je vois, encore un individu peu recommandable.

Shikamaru but à nouveau une gorgée, plus amère que la première.

_ De toute façon on est tous peu recommandables maintenant, termina-t'il.

Naruto, qui pianotait sur son ordinateur à la recherche des dites informations, leva les yeux vers son ami. Shikamaru avait la mine beaucoup plus sombre qu'avant. Il avait changé. Mais pas en s'améliorant. Il fit mine de rien et trouva le dossier qu'il cherchait. Il retourna l'ordinateur vers le brun pour lui montrer, soucieux de son ami.

_ Voilà. Le Pink Dawn. Mon informateur a découvert que ce bar était lié à la pègre, mais il a pas réussi à en savoir plus. Par contre, il a trouvé le mec qu'on cherche.

Une photo de l'homme en question devant le Pink Dawn s'afficha. Shikamaru sentit inconsciemment sa mâchoire se serrer. Différentes informations sur leur cible étaient affichées sur l'écran. Âge, casier judiciaire, habitudes, lieux favoris. Tout ce dont Shikamaru et Naruto avaient besoin pour passer à l'acte.

_ Tu veux faire ça quand ? Et où ? Demanda le blond.

_ Je prends tout ça et je vais voir ce que je peux en faire, répondit son ami en sortant une clef usb. Je te dirai ça dans la semaine.

Il récupéra toutes les données et rangea la clef dans sa veste.

_ Tu sais qu'on peut encore tout arrêter Shika.

Le brun, dont les yeux étaient cachés dans l'ombre, marqua un temps d'arrêt. Tout arrêter ? Abandonner sa vengeance stérile et revenir dans le droit chemin ? Avouer le premier meurtre, payer sa dette et vivre une petite vie tranquille ? Ou cacher le meurtre et vivre dans l'insouciance et le mensonge ? Il sortit sa tête de l'ombre et jeta un regard à Naruto que ce dernier n'avait jamais vu sur le visage de son ami.

_ Je n’arrêterai pas.

Naruto n'avait jamais été du genre froussard, mais les yeux du bruns le firent tressaillir.

Ce dernier se leva et après un signe de tête dénué de toute chaleur amicale, il quitta la pièce et le restaurant, laissant Naruto avec l'étrange impression que quelque chose s’était brisé entre eux.

**********************************************************************************

La berline noire était toujours garée devant le restaurant. Son occupant observait dans ses jumelles Shikamaru sortir et se diriger vers sa moto. Il posa ses jumelles et prit quelques notes sur un calepin avant de replonger son regard dans le verre des lentilles. Mais Shikamaru avait disparu. Sa moto était toujours là, avec le casque posé sur la selle, mais aucune trace du policier. L'occupant de la berline balaya son champ de vision de ses jumelles, et tomba nez à nez avec le canon d'un quarante-cinq. Shikamaru. De sa main libre, il ouvrit la portière sans baisser son arme.

_ Sors de là et montre moi ton visage, ordonna-t'il.

_ Vous braquez votre arme de service sur un policier Sergent Nara ? De mieux en mieux.

Shikamaru reconnut immédiatement la voix, avant même de voir le visage. Yamato des affaires internes. Il détendit le chien de son arme et la rengaina dans son jean.

_ Vous me suspectez de quelque chose, Yamato ?

_ C'est Capitaine Yamato pour vous Sergent. Et non, je ne vois suspecte de rien pour l'instant, j’enquête simplement sur la mort du Tueur au Cerisier. Vous savez que sortir son arme sans raison en dehors de votre service est illégal ?

_ Comme votre petite filature nocturne je suppose. Quelqu'un est au courant ou vous êtes dans une totale clandestinité ?

Le silence de Yamato fut plus qu'évocateur.

_ C'est bien ce que je pensais. Donc arrêtez tout de suite de me suivre comme si j'étais un vulgaire suspect. Je ne sais pas à quoi vous jouer mais ca ne m'amusera pas longtemps.

_ Vous avez quelque chose à cacher Sergent ?

_ La seule chose que j'essaye de cacher c'est mon mépris pour vous et votre fonction, Capitaine, rétorqua Shikamaru en forçant sur ce dernier mot. Bonne soirée.

Il tourna les talons sans un mot de plus, et alla enfourcher sa moto. Il mit son casque et jeta un dernier coup d'œil à Yamato à travers sa visière. Cet enfoiré des affaires internes commençait à devenir gênant. Il donna un coup d’accélérateur et disparut du champ de vision de Yamato. Une partie d’échecs venait de s'engager, les deux joueurs allaient bientôt avancer leurs pions.

**********************************************************************************

Les flammes jaillissent des fenêtres. Quelque part, une femme crie le nom de l'homme qu'elle aime mais son hurlement de désespoir ne trouve aucune oreille, ni aucune réponse. La fumée et l'odeur de chair brûlée l’asphyxient et lui brûlent la gorge en y apposant un goût âpre et écœurant. La chaleur manque de la faire s'évanouir, mais elle tient bon. Il faut qu'elle reste en vie, il faut qu'elle le retrouve.

**********************************************************************************

L'air semblait vicié dès qu'on entrait au Pink Dawn. Les néons roses et rouges apposés sur les murs, pendant du plafond ou ornant la scène donnait à l’endroit des airs d'enfer sur terre. Des jeunes femmes se succédaient sur la scène, toutes plus dénudées les unes que les dieu autres, aguichant les dizaines de spectateurs présents pour que ces derniers, sous l'effet de l'alcool et de l'excitation daignent leur coincer un billet dans la ficelle du string. Ou ailleurs.

Le plafond était recouvert de fumée de cigarettes, ce qui donnait aux néons un halo vaporeux et diffus, comme des phares dans le brouillard. Un endroit parfait pour oublier ses soucis et se laisser aller à tous les vices possibles et inimaginables.

Un homme était assis dans le fond de la salle, dans un fauteuil en cuir noir. Une cigarette se consumait entre l'index et le majeur de sa main gauche, et il ne semblait pas disposé à y toucher. Un verre de scotch à peine entamé dans la main droite, il avait les yeux fixés sur la porte, semblant attendre que quelque chose de précis fasse son entrée. Ou quelqu'un plutôt.

Les armes étaient prohibées au Pink Dawn, mais il savait que le barman avait un fusil à pompe sous le comptoir en zinc, et que tous les vigiles avaient mes micro Uzi sous leur veste, qu'ils cachaient à peine pour dissuader tout individu qui aurait eu l’idée saugrenue de faire du grabuge. L'homme avait été fouillé à son entrée dans le club, mais comme il s'y était attendu, le videur ne s’était pas attardé jusqu’à ses chaussures. Des chaussures montantes dans lequel un petit neuf millimètres avait été glissé. Et tandis qu'il faisait tourner son scotch, il se repassait mentalement la liste des choses à faire si les évènements venaient à mal tourner. Mais si tout se passait bien, son arme lui serait inutile.

Un homme en costume bleu entra dans la boîte de nuit, et l'homme dans le fauteuil de cuir se crispa. Il se redressa sur son assise et, alors qu'il se penchait pour poser son verre toujours plein sur la table, un homme s’approcha de lui.

_ Ce scotch n'est pas à votre goût ?

_ Pardon ?

_ Vous n'avez pas touché votre verre.

Shikamaru baissa les yeux sur le dit verre. Il haussa les épaules. L’autre homme s'assit sur le fauteuil à sa droite et siffla entre son pouce et son index pour appeler le barman. Ce dernier arriva en quelques secondes avec l'attitude d'un esclave appelé par son maître.

_ 2 scotchs de notre cuvée spécial invités, commanda l'homme.

Le barman tourna le regard vers le dit invité , semblant vouloir déterminer si oui ou non il méritait un verre de cette « cuvée spéciale ». Mais un second claquement de doigt le ramena à son interlocuteur initial.

_ Ne me faites pas attendre. Je ne souhaite pas boire ces verres la semaine prochaine.

Le barman afficha un air désolé et s’éclipsa le plus vite possible. Devant le regard interrogatif que l'autre lui jeta, l'homme qui avait commandé les verres se mit à sourire.

_ Je suis un habitué.

L'autre homme doutait qu'un simple habitué pouvait parler ainsi au barman mais il ne dit rien. Le regard des deux hommes se croisa à nouveau, et le premier sentit une vive douleur à l'index gauche. Sa cigarette était terminée et lui avait brûlé le doigt. Il la lâcha de surprise.

Son hôte la ramassa et l'écrasa dans le cendrier qui se trouvait sur la table.

_ Désolé, s'excusa le fumeur.

_ Pas de soucis. Mais vous ne m'avez pas dit ce que vous faisiez au Pink Dawn.

_ Comme tout le monde je suppose.

_ Non. Tout le monde vient ici pour boire, fumer et se rincer l'œil. Vous ne buvez pas et les danseuses n'ont pas l'air de vous faire le moindre effet.

_ Je fume.

L'habitué resta sourd à l'ironie de son interlocuteur.

_Que faites-vous dans la vie ? Lui demanda-t'il.

_ Pourquoi cette question ?

_ Je m’intéresse beaucoup aux gens, les écouter, les comprendre. Et je viens de vous inviter à boire un verre. Quel genre d'hôte serai-je si je ne m’intéressais pas à mes invités ?

_ Vous me croiriez si je vous disais que j’étais dans la police ?

_ Certes les policiers ne sont pas les plus représentés dans la clientèle de ce club, mais je suppose que je vous croirai.

Le barman revint avec un plateau en argent sur lequel étaient perchés 2 verres quadrillés.

_ Voilà vos verres, patron.

Le fumeur tourna les yeux vers son hôte. Ce dernier eut un sourire amusé.

_ Me voilà démasqué, plaisanta-t'il. Je suis le propriétaire du Pink Dawn.

Son interlocuteur fit le rapprochement. Si le Pink Dawn était lié à la Mafia, alors cet homme n’était sûrement pas qu'un gérant de boîte de nuit. Il était en présence d’un notable de la pègre de Leafville.

Shikamaru déglutit avec difficulté, se demandant où allait le mener cette soirée. En priant pour que ce ne soit pas dans une bâche au fond de l’eau.

A suivre…



Voilà !

A la prochaine ! Prenez le temps de commenter !