Chapitre 16

par Bandit

Chapitre 16

 

 

 

Hiashi avance calmement dans le large couloir. Le parquet craque sous ses pas. Quelques mètres derrière, Gaara le suit. Il se tient bien droit et s’applique à organiser ses idées pour mieux s’exprimer face au chef de clan. Hiashi ouvre une porte coulissante et précède Gaara dans une petite pièce, il s’installe à genoux devant une grande table basse au centre, recouverte d’une large couverture. Les murs sont d’un blanc immaculé, aucune décoration ne les pare.

 

Gaara imite son aîné et s’agenouille face à lui après avoir refermé la porte. Il incline la tête respectueusement. Le silence les enveloppe et Gaara impatient entame la discussion.

 

« Vous ne semblez pas vraiment surpris de me voir ici. »

 

Hiashi sourit. « Vous vous trompez Kazekage Sama, je suis étonné que ce soit vous. Toutefois je m’attendais à une visite en effet. » Il regarde le jeune homme avec insistance. « En tant que père, je m’efforce d’enseigner à mes enfants qu’ils doivent être forts et résistants pour survivre dans notre monde. C’est sans doute pour ces mêmes raisons que je ne suis pas véritablement proche d’eux…Mais il est inutile d’être devin pour voir dans le regard de ma fille qu’elle ne se sent plus chez elle dans sa propre maison. »

 

Gaara l’écoute avec attention, il attend le moment propice pour soumettre son projet.

 

« Hinata ressemble beaucoup à sa mère vous savez ? Elle est de ces créatures fragiles et poétiques qui semblent toujours flotter dans un monde à part du nôtre… »

 

« Vous vous trompez. » Interrompt le jeune Kazekage un peu brusquement. « Hinata a une vision bien plus élaborée que nous de notre monde. Elle est réaliste et perspicace. Elle diffère simplement en cela. Elle sait encore voir ce que nous avons perdu de vue depuis longtemps : la beauté des choses simples. »

 

« C’est très romantique. » Sourit Hiashi. Sans animosité il questionne Gaara. « Ainsi vous êtes venu demander la main de ma fille ? Vous savez pourtant quelles responsabilités lui incombent ? »

 

« Il est trop tôt pour envisager une union maritale. »

 

« Gaara vous ne pouvez avoir le beurre et l’argent du beurre. Je ne laisserais pas ternir l’honneur de ma fille. »

 

« Il n’en ai pas question. Je souhaite simplement m’assurer que votre fille s’intègre à la vie dans mon pays. Suna est un village sauvage et bien qu’Hinata se soit particulièrement bien intégrée en peu de temps, la vie à long terme y est plus difficile. »

 

Hiashi effectue un petit mouvement de tête pour indiquer à son invité qu’il a toute son attention.

 

« Je vous offre une alliance avec le village caché du sable. Les relations diplomatiques entre nos deux pays sont excellentes et l’échange de connaissances que nous avons mis en place pour faire venir Hinata à Suna, est une réussite. Ainsi je suggère qu’une partie de votre famille suive Hinata dans le désert et  s’y installe…définitivement… »

 

« Quel intérêt pour les miens ? » La voix du patriarche s’est faite plus grave, gage du sérieux qu’il attache à cette discussion.

Gaara racle sa gorge et continue, ses grands yeux turquoises plongés dans ceux de Hiashi. « Hinata jouira d’un poste à responsabilité au sein de mon état major. Votre influence s’étendra à deux villages cachés. Ce qui, il me semble, est tout à fait inédit. »

 

Le silence envahit la pièce de longues minutes. Hiashi réfléchit, le regard perdu sur le côté tandis que Gaara le scrute. Son visage est tendu et ses traits sévères. Il sait que de cette négociation dépend leur vie future. Finalement Hiashi l’interroge.

 

« Hinata est mon héritière. Sa présence à Konoha est nécessaire. Qu’avez-vous prévu sur ce chapitre ? Hinata doit-elle renoncer à son hérédité ? »

 

Gaara sourit, satisfait. « Je suis d’avis que vous êtes en pleine force de l’âge et que vous dirigerez ce clan pendant de nombreuses années. Bien entendu Hinata assistera à tous les conseils de famille pour lesquels sa présence sera requise. Néanmoins je crois savoir que vous avez d’autres éléments au sein de votre famille sur lesquels vous pouvez compter au quotidien. »

 

« Un jour elle devra prendre ma place. »

 

« Un jour oui. Mais vous savez comme je le sais que grâce à l’opportunité que je vous offre, Hinata pourra accomplir de grandes choses pour votre clan. Avec votre soutien, elle peut faire évoluer les choses. Elle peut aussi avoir sa propre vie. »

 

Le chef du clan Hyuuga lisse le col de son kimono avec élégance. Il acquiesce évasivement. « Certes… »

 

Gaara attend patiemment, il croise les bras sur son torse pour se donner un peu plus de contenance.

 

« D’un point de vue purement politique, j’admets que vous avez su choisir vos arguments. Mais j’aimerais connaître vos aspirations plus… personnelles… »

 

Le Kazekage respire profondément. « Si Hinata trouve sa place à mes côtés et qu’elle y consent alors nous envisagerons une union moins politique. »

 

Hiashi rigole doucement. « Oui je me doutais bien de cela mais…pourquoi ? Pourquoi Hinata ? Vous êtes Kazekage de votre village, on attend de vous des héritiers puissants… »

 

Gaara tente de cacher les légers signes d’agacement qui menacent son attitude mesurée. Il coupe immédiatement son aîné. « Outre son évidente hérédité et ses qualités de combattante exceptionnelles, Hinata me permet de voir le monde selon sa vision. »

 

« Et alors ? »

 

« Elle me rend plus humain. »

 

« Dans notre monde c’est une faiblesse, Kazekage Sama. » Assène Hiashi.

 

« Avec elle, c’est une force, Hiashi Sama. » réplique aussitôt Gaara.

 

Le chef de clan sourit avec nostalgie. Après quelques instants il se relève lentement, aussitôt imité par Gaara. « Quand repartez-vous ? »

 

« Au  plus tôt. »

 

Le vieil homme tourne le dos et ouvre la porte coulissante.

 

« Les affaires de ma fille seront prêtes dès demain. Concernant nos arrangements, je vous laisse d’abord le soin d’organiser les choses dans votre pays. Ayez l’amabilité de choisir une maison où les miens sauront jouir de leur indépendance. »

 

Gaara sourit franchement avant de mordre doucement l’intérieur de sa joue et de reprendre son sérieux. « Bien entendu Hiashi Sama. »

 

 

Le lendemain, au petit matin, Gaara discute tranquillement avec Naruto et d’autres shinobis de Konoha. La nouvelle s’est répandue dans le village comme une traînée de poudre. Kankuro attend un peu plus loin, adossé au tronc d’un large chêne.

 

A la vue de la frêle silhouette qui s’approche de lui timidement il s’avance en souriant.

 

« Ohayo Princesse ! »

 

« Bonjour Kankuro Kun ! »

 

« Je t’avais bien dit qu’on se reverrait vite. » S’exclame-t-il triomphalement. 

 

Hinata rigole en rougissant. « Tu connais donc l’avenir ? » Questionne-t-elle.

 

« Non…J’avais simplement compris avant lui que tu étais devenu une petite femme de Suna. »

 

Hinata sourit franchement et spontanément saute au cou de Kankuro en murmurant. « Arigato. »

 

Gêné, le grand shinobi du village caché du sable tapote gauchement le dos de la kunoichi. Ses joues se sont empourprées autant qu’elle.

 

 

 

 

« Hanataru, il est l’heure d’aller au lit. »

 

Temari entre dans la grande chambre et s’approche des deux enfants assis sur le grand lit à côté de Kankuro.

 

« Oh non, l’histoire n’est pas finie, encore cinq minutes s’il te plait. »

 

« Il est tard et les autres enfants de cinq ans sont couchés depuis longtemps. Dis bonne nuit à ton oncle et à ta cousine. »

 

Le garçonnet secoue la tête avec une mine boudeuse. Ses cheveux bruns en épis sont secoués frénétiquement de gauche à droite.

 

Kankuro parle avec tendresse. « Allons les enfants, vous connaissez l’histoire par cœur, il n’y a plus rien à raconter. Au lit maintenant. »

 

Hanataru reprend vivement. « Tu ne nous a pas dit ce qui était arrivé à Hajima et à sa fille ! »

 

Temari et Kankuro échange un regard rapide. L’homme au visage peint sourit, embarrassé. « Hinata Chan a une âme généreuse, Elle a convaincu Gaara de les bannir du pays. Konoha et Suna ont fait savoir au pays des vagues que quiconque leur donnerait asile serait considéré comme un ennemi et Hajima a été déchu de sa fortune et de son rang... Maintenant file. »

 

Le petit garçon fronce les sourcils et embrasse à contrecœur son oncle puis sa cousine avant de rejoindre sa mère.

 

« Maman ? »

 

« Oui Hanataru ? »

 

« Est-ce-que papa est passé à l’acte ? »

 

Kankuro pouffe de rire  avant de reprendre son sérieux devant le regard assassin que lui lance sa sœur.

 

« Kankuro j’en ai plus que marre de tes âneries. »

 

La voix grave de Gaara interrompt l’éventuelle querelle. Il entre à son tour dans la grande chambre, un enfant d’une dizaine de mois dans ses bras.

 

« Hanataru, tu devrais savoir que lorsque ton oncle raconte une historie, il prend un malin plaisir à refaire les choses pour se donner le meilleur rôle. A présent va te coucher, il est tard. »

 

L’enfant s’exécute immédiatement. Lui et sa mère sortent et referme la porte derrière eux.

 

Gaara s’enfonce vers la gauche de la pièce et dépose le petit être endormi dans un lit à barreau. Il caresse doucement la tête fragile, couverte d’un fin duvet de cheveux d’un noir bleuté.

 

« Dors bien mon fils. »

 

De l’autre côté, Kankuro se lève du grand lit et embrasse sa nièce sur le front. « L’histoire t’a plu ? »

 

« Oui ! » S’exclame-t-elle d’un timbre fluet. « J’aime surtout quand maman embrasse papa dans le manoir de grand-père ! »

 

Gaara intervient. « Kasaï tu crois vraiment que ta mère ou moi, nous nous serions permis une telle légèreté devant ton grand père ? »

 

La petite fille fronce les sourcils et une petite crevasse se forme entre ses yeux.

 

« Elle n’a que six ans Gaara, tu es obligé de gâcher mon histoire ? » Critique Kankuro en s’éloignant.

 

Gaara tire sur la fine couverture en patchwork et Kasaï se glisse dessous. Elle s’appuie confortablement sur le coussin moelleux et croise les bras sur sa poitrine, le front toujours ridé, visiblement fâchée. Gaara repose délicatement les draps sur elle et s’assied à ses côtés.

 

« Nous nous sommes rattrapés ensuite. » Avoue-t-il sur le ton de la confidence en posant le doigt sur la fossette entre ses deux grands yeux blancs. La petite sourit.

 

Elle redevient sérieuse et questionne.

 

« Papa ? »

 

« Oui Kasaï ? »

 

« Pourquoi as-tu laissé maman décidé pour Hajima ? Il pourrait se venger et nous attaquer. »

 

Gaara tourne la tête vers l’encadrement de la porte et regarde son frère aîné lui sourire puis faire un signe de tête avant de disparaître dans le couloir. Il ferme les yeux un bref instant et porte à nouveau son attention sur son enfant. 

 

Il passe la main dans la longue chevelure flamboyante et désordonnée de Kasaï et lui explique avec douceur.

 

« Les histoires de Kankuro sont toujours plus merveilleuses que la réalité ma puce. » Il cherche ses mots. « Tu n’as pas de soucis à te faire, Hajima ne reviendra jamais. Le monde entier sait ce qu’il en coûte de s’attaquer à la famille du Kazekage de Suna. »

 

La fillette semble se satisfaire de cette réponse. Aussitôt elle passe à une autre question. « C’est vrai que pour les villageois, maman était une princesse ? »

 

Gaara laisse un large sourire marquer son visage. « Pour les villageois je ne sais pas, mais elle a toujours été une princesse pour moi. »

 

Le visage de l’enfant s’illumine et il s’émerveille de l’innocence pure qui rayonne des yeux que sa fille a hérité d’Hinata.

 

« Il est tard, tu dois dormir à présent. »

 

« Je veux attendre maman. »

 

« Elle rentrera sûrement très tard dans la nuit. Dors tranquillement, tu la verras dès demain matin. »

 

« Je veux lui montrer la technique que tu m’as appris hier ! » Kasaï baille à s’en décrocher la mâchoire et se frotte les yeux.

 

« Tu as besoin de beaucoup de chakra pour la réussir. Dors ! Demain tu seras en forme et tu l’impressionneras. » Lui ordonne-t-il fermement.

 

Kasaï se pelotonne dans son lit, Gaara embrasse sa joue ronde en se relevant. Il éteint la lumière en sortant de la pièce. Il fait quelques pas dans le couloir pour rejoindre son frère adossé au mur.

 

« Tu arranges toujours les évènements à ta manière. »

 

« Ce sont des histoires…ils ont bien le temps d’apprendre la réalité du monde dans lequel nous vivons. » Sourit Kankuro.

 

« Merci. »

 

Kankuro pose sa main sur l’épaule de Gaara et incline la tête. « De toute façon, votre histoire est bien mieux comme je la raconte. Tu es bien plus héroïque dans ma version. »

 

Gaara rigole. « C’est surtout ton personnage que tu améliores. »

 

« Je m’insurge ! » S’exclame Kankuro indigné. « J’ai toujours joué un rôle majeur dans votre idylle. »

 

« Bonne nuit Kankuro. »

 

« Bonne nuit Kazekage Sama. » Ajoute Kankuro avec complicité.

 

Gaara arpente les couloirs de la tour principale. Tout est calme, la ville dort paisiblement. Il pénètre dans sa chambre et délaisse sa gourde au pied du lit avant de se diriger vers la salle de bain.

 

 

 

La ville de Suna est déserte. La nuit froide recouvre tous les bâtiments de son silence. Le groupe se dissout et Hinata marche seule dans les ruelles. Même sans la chaleur du jour qui fait habituellement exploser dans ses narines les odeurs d’épices, elle reconnaît les parfums si particuliers de son pays d’adoption. Au dessus d’elle les étoiles brillent, étincelantes.

 

Elle pénètre la grande tour principale du village et traverse les longs couloirs jusqu’à une porte. Hinata avance à peu feutrée dans la grande chambre. La lumière du couloir éclaire faiblement la pièce. Elle se penche sur  le petit lit et sourit à  la vue de son garçon paisiblement assoupi. Elle le contemple quelques instant puis s’éloigne mais un fin filet de sable s’enroule autour de son poignet. Elle s’arrête et regarde à nouveau le petit corps qui gigote, ses grands yeux blancs cerclés de noir bien ouverts.

 

« Tu ne dors pas toi ? » Chuchote-t-elle joyeusement.

 

Le sable retombe sans bruit sur le sol. Hinata pose sa main gauche sur le ventre rebondi de l’enfant. Un autre filet de sable vient serpenter sur la couverture jusqu’au pied du lit et agrippe la peluche d’un chien au pelage élimé. Le sable ondule autour de l’une de ses paluches et l’entraîne jusque vers le petit garçon qui empoigne vivement l’animal.

 

« Tu sais ce que tu veux toi n’est ce pas ? »

 

L’enfant gazouille en agitant ses jambes.

 

« Non, non, non. Kiba t’a donné Aka pour que vous fassiez de jolis rêves ensemble, pas pour jouer au beau milieu de la nuit. Il n’est pas encore l’heure de se lever. » Gronde-t-elle sans sévérité.

 

« Bonne nuit mon petit ange. »

 

Hinata s’éloigne du petit lit à barreau et s’approche cette fois du grand lit. Kasaï la regarde à moitié endormie.

 

« Toi non plus tu ne dors pas encore ? »

 

« Je voulais t’attendre maman. Tu sais j’ai appris une nouvelle technique avec papa. »

 

« C’est très bien. Tu pourras me montrer ça demain. Nous nous entraînerons ensemble. Mais pour le moment tu dois dormir et prendre des forces. »

 

Hinata se penche sur sa fille et embrasse son front.

 

« Maman ? »

 

« Oui Kasaï ? »

 

« Tu crois que plus tard mon mari sera fort et courageux comme papa ? »

 

L’héritière du clan Hyuuga pouffe silencieusement et s’assied sur le lit. Elle glisse sa main dans les cheveux d’un rouge éclatant de sa petite fille. « Ma puce…l’homme qui osera affronter ton père pour demander ta main sera obligatoirement un homme très fort et très très courageux. »

 

Les yeux de Kasaï s’ouvrent puis se ferment à plusieurs reprises. « Et je serais sa princesse comme toi pour papa. »

 

« Oui ma puce. Maintenant dors et fais de jolis rêves. »

 

« Bonne nuit maman. »

 

Hinata se relève. Elle rejoint le couloir et observe une dernière fois sa fille déjà endormie et son fils qui gigote tranquillement dans son lit. Elle referme la porte et s’enfonce à nouveau dans les couloirs.

 

Elle monte un escalier, masque son chakra et sans bruit avance jusqu’à la porte de sa chambre. Elle prend bien soin de n’émettre aucun son en ouvrant la porte avant de se faufiler à l’intérieur. Gaara est allongé sur le dos sur le lit. Les yeux fermés, il respire profondément. Il ne porte qu’un fin pantalon de toile noire. Elle peut voir son torse se bomber puis se relâcher doucement à chaque respiration. Sur la pointe des pieds, Hinata approche. Elle se penche au dessus de lui et tend doucement sa main pour caresser son visage. A quelques centimètres de lui, elle sursaute quand il lui demande.

 

« Tu as fait bon voyage ? »

 

Hinata se redresse tandis qu’il ouvre les yeux pour la fixer. Elle boude et la petite crevasse qu’il connaît si bien se forme entre ses yeux. Elle croise les bras sur sa poitrine et répond.

 

« C’était long. »

 

Gaara s’assied et l’attire vers elle. Elle s’assied sur ses genoux, il l’embrasse avec douceur. « Depuis toutes ces années tu devrais pourtant bien savoir que je ne dors jamais si tu n’es pas à mes côtés. » 

 

« Je n’ai pas fait de bruit pourtant. »

 

« Tu préfèrerais que je fasse semblant de ne pas sentir ta présence ? »

 

Hinata fait une grimace puis sourit avant de passer ses bras autour de son cou. « Non, je t’aurai un jour. » Elle pose ses lèvres sur les siennes. Les bras de Gaara encerclent sa taille et la serre contre lui. Il se laisse retomber en arrière, Hinata dans ses bras. Leurs bouchent se séparent, Hinata pose sa tête sur le torse de Gaara, son corps presque entièrement allongé sur le sien. Il passe la main dans ses cheveux courts puis laisse glisser sa main le long de son dos.

 

« Ta fille se pose des questions sur son futur mari. »

 

Gaara lève les yeux au ciel. « Kankuro leur a une fois de plus raconté notre histoire à sa manière et voilà le résultat. »

 

Hinata sourit. « Elle voulait savoir s’il sera fort et courageux. »

 

Gaara demande suspicieux. « Que lui as-tu répondu ? »

 

« Que pour t’affronter il le sera nécessairement. »

 

« Il sera surtout suicidaire. »

 

Hinata rigole de plus belle. « Il n’attendra pas ton approbation, tu le sais non ? »

 

« Alors là, j’aimerais bien voir ça. »

 

« Que feras-tu si comme moi elle rencontre un homme comme toi qui viendra la rejoindre la nuit dans sa chambre. »

 

Un grognement rauque s’échappe de la gorge du Kazekage. « C’était différent. »

 

« Absolument pas. » Sourit Hinata en relevant le menton vers lui.

 

Gaara pose ses lèvres sur les siennes fugitivement puis se plonge dans ses souvenirs. Il desserre son étreinte. Hinata se relève et se dégage de sa cape de voyage qu’elle pose sur une chaise à côté d’une commode.

 

Gaara l’interroge sans grand intérêt. « Comment vont-ils à Konoha ? » Il la regarde se déshabiller.

 

« Bien ! Néji Nii te salue. »

 

Il grimace. « Tu pense vraiment que je vais croire ça ? »

 

Hinata rigole. « Il va bien falloir que tu fasses des efforts car il viendra bientôt rejoindre la maison Hyuuga de Suna.

 

Gaara s’affale dans les oreillers. « Oh joie. Que nous vaut cet honneur ? » Il se redresse et regarde sa femme très sérieusement quand il sent son hésitation. « Que se passe-t-il ? Pourquoi le conseil voulait-il te voir ? »

 

Hinata a laissé ses habits en désordre sur le sol, elle s’enroule dans une grande serviette qu’elle va chercher dans la salle de bain et lui explique en revenant dans la chambre.

 

« Tout le monde s’émerveille des aptitudes dont Takeo fait preuve. Il est si petit et sa maîtrise du sable est exceptionnelle. S’il parvient à développer le Byakugan aussi bien que Kasaï, alors il deviendra un combattant très puissant. »

 

Le regard de Gaara s’assombrit. « Et alors ? »

 

« Le conseil souhaite que Takeo soit pris en charge par le clan pour qu’il puisse développer ses capacités… »

 

« C’est hors de question. Moi vivant personne ne fera de mon fils son instrument. »

 

Hinata s’assied à côté de Gaara et pose sa main sur son bras. Tous les muscles de son corps sont tendus. Elle sourit avec tendresse. « C’est ce que j’ai répondu. »

 

Hinata sent Gaara se détendre légèrement. « En échange j’ai proposé que Néji Nii soit son maître d’apprentissage. Il viendra s’installer ici, comme ça tu pourras surveiller tout ça de près. »

 

Elle peut voir que Gaara n’apprécie guère la nouvelle. Elle tente subtilement de changer de discussion.

 

« J’ai besoin d’une bonne douche après tout ce chemin. Et j’aimerais aussi un peu de compagnie. » Sourit elle suggestivement.

 

Elle se lève et déambule jusqu’à la porte de la salle de bain puis regarde séductivement Gaara avant de faire tomber sa serviette sur le sol.

 

Le Kazekage de Suna sourit et cède facilement. Il se lève et part rejoindre Hinata qui a disparu derrière la porte.

 

« Tu ne t’en tireras pas comme ça…nous en rediscuterons… »

 

Il entre dans la salle de bain et détaille sa femme entièrement nue dans la douche. Elle desserre et tourne le pommeau et l’eau tombe sur ses cheveux courts avant de glisser sur sa peau de porcelaine.

 

« Peut-être mais une autre fois… » Lui lance-t-elle avec espièglerie.

 

Gaara retire son pantalon et se glisse sous l’eau chaude avant de se presser contre elle.

 

« Tu m’as manqué. »