Chapitre quinzième

par Tite_elfe

Bonjour à tous.

 

En premier lieu, et avant de vous souhaiter une très bonne lecture, j’aimerais sincèrement m’excuser auprès de vous pour cette absence de quelques mois. Il y a eu diverses raisons à ce silence qui a dû sembler long à certains. Je m’en excuse encore. Je tiens à expliquer plus ou moins cette absence, sans rentrer dans les détails. Après tout je ne suis pas là pour raconter ma vie. Mais au moins pour que vous compreniez mieux.

 

Première cause de cette absence, j’ai eu d’importants problèmes de santé. Alors j’étais plus occupée à rattraper les cours ô combien nombreux que j’ai loupé qu’à écrire. En second lieu, je suis en terminale, aussi sont arrivés en même temps le BAC blanc, les inscriptions aux écoles d’arts etc. A présent, c’est le vrai BAC qui approche, ainsi que mon projet d’arts plastiques à faire.

Dernière raison : je suppose que certains moments ne sont pas propices à l’écriture d’une telle fiction. Lorsque j’écris quelque chose de chaleureux, et surtout drôle il faut que je sois dans un état d’esprit similaire. En général c’est le cas, je suis quelqu’un d’enjoué de nature qui rit tout le temps. Cependant, ça n’a vraiment pas été le cas ces derniers temps. En plus du stress des exams (oh…si je prenais du bifidus actif ?) se sont ajoutées de mauvaises nouvelles, dont une dont vous avez certainement entendu parler sur ce site.

 

Voilà, encore désolée.

 

Ensuite et pour partir sur un terrain plus joyeux, j’annonce pour ceux qui ne l’auraient pas vu que cette fiction a dépassé les 400 commentaires (oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu !!! *apoplexie générale*) !!! Sans parler des 224 suivis et 170 favoris. Quant au nombre de lecture, il va bientôt atteindre les 30 000…*nouvel AVC* 

 

Rien que pour le chapitre 13, j’ai eu 50 commentaires…*se suicide avec sa cuillère en plastique*

Vraiment, j’aimerais tous vous remercier. Je ne suis jamais partie du principe que mon but lorsque j’écrivais était d’avoir le plus de favoris, de suivis et de commentaires, bien au contraire. Cependant vos avis sont si gentils et positifs que je ne fais que rougir dès que j’arrive sur la page de ma fiction. Hum…Bref. Merci, merci, merci !

*Petite larme nostalgique*

 

Ah et puis un autre merci pour vos déclarations enflammées dans les commentaires, l’ego de Saku-chou n’en est que plus flatté (…le mien surtout !)

 

Enfin, un petit clin d’œil à Storine et Chin-Chin : je vous ai mis pleins de fougères dans ce chapitre. Maintenant il faudrait juste m’expliquer le gros délire, parce que même si je rigolais toute seule dès que j’écrivais ce mot, je ne comprenais même pas pourquoi…*sourire désabusé*

 

Pour terminer (et ensuite, promis je vous laisse tranquille). Certains me demandent pourquoi je n’écris pas vite, que je ne poste que très peu. Bien sûr, j’ai une vie en dehors de tout ça. Eh oui difficile à croire XD Et il y a deux autres raisons.

 Tout d’abord, sachez que vous me voyez peu car j’écris en parallèle de mes fictions un roman d’heroic-fantasy plutôt pour adultes qui fera cinq ou six tomes…^^’ Si cela intéresse certain, j’ai créé un blog consacré à ce projet car je ne l’éditerai pas sur internet. Vous y retrouverez cependant toutes les infos possibles imaginables, des dessins, des bonus, quelques extraits etc…

http://studio-sudia.blogspot.com

Et j’ai également pour vocation d’être scénariste et illustratrice de bande dessiné plus tard. L’année prochaine j’entre en école d’art (Yes, examen réussi d’office !)Donc je dessine beaucoup. Si cela vous intéresse, vous pouvez me retrouver ici :

http://felindra.deviantart.com

Vous aurez de mes nouvelles bien plus régulièrement ^^.

 

 

Encore merci à tous, je vous aime ! *Câlin général*

 

Très bonne lecture, j’espère que ce chapitre vous plaira ^^ Il est trèèès long.

 

 

Elfy-chan, pour vous servir et qui vous aime !

 

 

Remerciements :

-         Nympha-chan, encore et toujours ! (Tes chevilles rattraperont bientôt les miennes à ce train là ma puce ! o_o) Merci pour ton soutien quotidien, tes idées grotesques et ta présence. Je t’aime fort <3

-         Tsuky d’amour : Pour ta gentillesse, ton soutien, tes gentils messages et tes adorables commentaires ! Ah et puis pour nos gros débats existentiels sur BBF ! ^o^ Merci ! Merci mille fois.   

-         Baidy-n’à-moi : Pour ton suivi régulier, tes drôles de dons de voyance (d’ailleurs, t’as vu dans tes super vision que j’étais reçue à mon école d’art ? ^w^), ton humour et ta répartie. Meurrcciii <3 (Au fait…mon commentaire !! Je le veux XD !)

-         Harumi-chan : Merci pour tous tes messages, ton soutien permanent et tes commentaires =D. Et également ta bonne humeur et ton empressement à avoir de nouveaux chapitres ! *rire de demeurée*  

 

 

 

 

La toute première fois de ma vie où je vis Temari Sabaku, je crus un instant qu’elle était la descendante directe d’Hannibal Lecter. Et je crois que je ne fus pas la seule.

Je pense que ce jour-là, notre rentrée en seconde était passée depuis quelques semaines. J’étais dans un nouveau lycée, en internat, loin de toute forme de normalité, et surtout seule prolétaire parmi toutes ces filles de riches. Je ne dirai pas que mes anciennes amies de collège me manquaient…à vrai dire je traînais souvent seule, préférant de loin le silence aux histoires si peu matures de mes « connaissances ». Et puis en tout franchise, j’étais bien trop grande gueule pour être classée dans la catégorie des personnes populaires. De toute manière, tous ces détails insignifiants me passaient littéralement par dessus la tête.

Pour en revenir à ce nouveau lycée où je venais mystérieusement d’atterrir, rien n’avait changé en comparaison avec le collège. A quelques détails près bien sûr !

-         C’était un lycée exclusivement pour filles et surtout, un internat !

-         Elles se connaissaient toutes, pour avoir toutes été dans le même bac à sable (remplacez juste le sable dégoûtant infesté de bêtes par celui venant tout droit de Hawaï et changé tous les jours !) ; à la même crèche pour marmots de têtes couronnées ; à la même maternelle où on mangeait non pas de la purée mais des pommes de terres aux truffes (truffes de provenance française…bien évidemment) à midi ; à la même primaire privée où l’uniforme avait été dessiné par Karl Lagerfeld lui-même ; et au même collège de bourges pédantes.

-         J’étais la seule dont l’argent de poche était inférieur à quinze mille euros la semaine.

-         Bizarrement, elles étaient encore plus pestes que je n’aurais pu l’imaginer.

Dès mon arrivée, j’avais été observé comme un animal dans un zoo. Il faut dire que je ne portais pas de Gucci et que je devais leur faire peur avec mes converses un peu usées.

Quand j’étais entrée dans ma chambre de dortoir, j’avais fait la connaissance de deux pestes-blondasses-et-j’en-passe qui me servaient de colocataires. A peine avais-je passé la porte qu’elles m’avaient fusillée du regard et avaient ricané avant de sortir en me bousculant. La deuxième m’avait carrément marché sur le pied. Et lorsque je découvris l’état du seul lit libre –le mien – je compris qu’ici les coups bas étaient de mises. Le matelas était trempé, l’oreiller défoncé et le drap blanc découpé en petits carrés. J’avais laissé tombé mes sacs au sol, les yeux révulsés et délibérant au fond de moi : qu’est-ce qui était le mieux pour leur régler leur compte…le fusil à pompe ou la mitraillette ?

 

Mais passons. Les semaines qui avaient suivi s’étaient déroulées comme les précédentes. Lentement. Je passais le plus de temps en-dehors de ma chambre, seule à lire tout ce que j’arrivais à dénicher à la bibliothèque sordide du lycée, ou à écouter ma musique de bourin tchérnobilisé (Autrement dit du metal et hard rock). Le lycée d’ailleurs, n’avait vraiment rien des superbes bâtiments auxquels j’avais droit à présent. Tout semblait froid, métallique. L’image typique qu’on peut se faire des internats je suppose. Un endroit qui semble-t-il n’était pas au goût des autres filles. Mais d’un coté, je jubilais en les voyant se plaindre.

 

Le jour où j’ai donc rencontré celle qui à présent me servait de meilleure amie, il faisait froid. Je me rappelle distinctement les rafales glacées qui s’engouffraient dans mon manteau tandis que j’entrai dans le dortoir des secondes. Il avait plu par averses espacées tout l’après-midi et les couloirs étaient trempés. Je faillis bien m’y étaler par trois fois à force de glisser. Par chance, il n’y avait presque personne. Le couloir du premier étage – où je vivais – était désert.

Alors que j’approchai de ma chambre, j’entendis un hurlement qui me fit me plaquer contre le mur le plus proche (un bien étrange réflexe me direz-vous !). Pas loin, il y eut des bruits de verres brisés puis quelqu’un ouvrit une porte à la volée et déboula comme une lionne dans le couloir. Une blonde. Temari.

Je ne connaissais pas encore son nom mais j’étais déjà certaine d’une chose : elle était dingue. Complètement dingue.

Elle venait de bondir hors de sa chambre, seulement vêtue d’une serviette de bain, les yeux révulsés et les dents en avant comme si elle allait me mordre. Le pire était sans doute sa tignasse. Ou plutôt sa crinière qui la faisait ressembler à Simba ayant tenté de se coiffer à l’aide d’un pétard. A sa main elle tenait un sèche-cheveux.

-         OU EST PASSEE CETTE SALOPE QUE JE LUI REFASSE LE NEZ ??? hurla-t-elle.

Je cru que les murs allaient carrément dire « laissez-nous tranquille !» tant elle se cassait les cordes vocales. Le pire est qu’elle continua au moins dix minutes à insulter une personne qui visiblement n’était pas là. Sans bouger d’un poil, je l’écoutais mugir les pires injures pouvant bien exister. Une bonne sœur en aurait fait trois infarctus de suite si elle l’avait entendu.

-         CETTE ESPECE DE CONNE A EXPLOSE MON SECHE-CHEVEUX !! LE SEUL POUVANT BIEN DOMPTER MES CHEVEUX !! JE VAIS LA MASSACRER !! termina-t-elle en me fixant.

Genre…elle voulait me prendre à parti ou quoi ?

-         Je peux pas sortir avec cette tête quand même ! Oh mais quelle conne je vous jure ! cria-t-elle encore.

Je me demandais quand elle arriverait à se stopper. Vu comment elle était partie, pas de sitôt ! Cependant, même si je n’avais pas ouvert la bouche de peur de finir étêtée, je ne pus m’empêcher de dire en riant jaune :

-         C’est clair qu’avec ta gueule vaudrait mieux pas que tu sortes ! Tu pourrais effrayer n’importe qui !

Je crois que c’est à ce moment qu’elle me remarqua et m’assimila à une personne faite de chair et d’os…Ses deux sourcils parfaitement épilés se haussèrent lentement, tandis qu’elle me regardait avec des yeux en mode litchis au sirop.

En contre attente, elle éclata de rire.

Comme je le disais donc, ma première rencontre avec Temari Sabaku m’assura d’une chose, et d’une seule : elle était folle. Désespérément folle…

 

 

*

*    *

 

-         Tema…pose ce briquet…, répéta Tenten complètement désabusée.

-         Maieuuuuh je VEUX manger de l’ananas flambé.

-         Tema ! Le briquet ! s’horrifia Hinata lorsque l’objet susnommé vacilla vers le pauvre Shikamaru. 

Je vous jure qu’à ce moment-là, tout le monde crut qu’il allait la massacrer. …Quoi qu’on peut le comprendre : il était carrément menacé par une flamme, flamme quand même tenue par une blonde aussi défoncée que si elle s’était enfilée vingt traînées de coke. Et le tout – s’il vous plait – à cause d’une branche de sapin de dix centimètres de diamètre qui avait eu la bonne idée de tomber sur la tête de Temari. Hum. Parfois le destin a tendance à abuser un peu.

-         A votre avis, si on l’assomme de nouveau, elle redeviendra normale ? lançai-je à la cantonade – et ce toujours aussi égale à moi-même. 

Aussitôt, cette chère Hinata – également égale à elle-même – me lança un regard lourd de sous-entendus. J’haussai les épaules, l’air de dire « Bah quoi …? » Le pire c’est que les frères Sabaku semblaient très enclins à s’occuper personnellement du cas de leur sœur. (Pour vous illustrer mon propos, Gaara regardait avec des yeux brillants une grosse branche de pin, tandis que Kankuro paraissait avoir jeté son dévolu sur une pierre…)

-         On va plutôt espérer qu’elle redevienne elle-même sans risquer de lui causer une commotion cérébrale. Sinon elle pourrait avoir des séquelles, pourrait perdre quelques neurones dans l’affaire, et risquer ainsi de ne plus pouvoir nous passer ses cours de physique, nota Tenten.

Etrangement je ne décelai dans son ton aucune teinte d’ironie…

-         Ouais t’as raison. Déjà que je me suis farcie un neuf au dernier devoir…, marmonnai-je pensive.

En fait, mieux valait que Temari garde les rares neurones que son cerveau contenait. La seule matière où elle arrivait à avoir la moyenne était la physique. Cette même matière où personnellement j’avais le niveau d’un troll…enfin Tenten était tout de même pire : elle avait – elle – le niveau d’un asticot à qui on aurait sadiquement arraché la tête.

Tandis que les mecs nous jetaient de drôles de regards, je faillis mourir de rire en pensant à un truc : Quatre filles, seules dans la forêt avec des mecs…tout ça prêtait à confusion, non ? (Genre vous aviez pas pensez à ça hein ? ‘Spèce de petits coquins…) Autant vous le dire tout de suite, j’étais sûre que ça allait trèèès mal finir. Et puis le comportement de Tema n’aidant pas, la conclusion de cet épisode forestier ne pouvait qu’être dramatique.  

 

Quelques secondes plus tard cette chère blondinette – à qui nous avions tout de même confisqué son arme de fortune – regardait le ciel avec la bouche en rond, assise en tailleur, et avec les yeux de quelqu’un qui planait totalement.

-         Au fait…qu’est-ce que vous faites là ? intervint Neji.

Sa question tout à fait compréhensible nous arracha toutes trois à notre contemplation de la blondinette. Un instant je me demandai si le cher cousin hypra protecteur d’Hinata allait nous tuer pour l’avoir entraîner dans un truc pareil.

-         Oh rien, on admirait la flore, répondit Tenten – sarcastique. Parait qu’il y a des espèces intéressantes par ici !

Ouah…pour quelqu’un qui avait un faible pour le glaçon aux cheveux longs, elle semblait vachement sur la défensive.

-         En fait on voulait sortir à Oto, expliquai-je sereinement en lui donnant un coup de coude absolument pas discret.

-         Sortir à Oto ? répéta-t-il. Le soir… ?

Visiblement l’idée n’était pas à son goût. Enfin c’est pas comme si je m’en préoccupai. A dire vrai, je m’en tamponnais la coquille. Nous étions presque toutes majeurs (Temari l’était déjà d’ailleurs) et faisions bien ce que nous voulions.

-         On pourrait vous poser la même question, grogna Ten. Sept mecs en pleine forêt, et ce en pleine nuit !

-         Ils vont peut-être dans des bars de travesties, lui glissai-je à demi sérieuse.

Immédiatement, nous nous mîmes à glousser en leur lançant des regards lourds de sens. Cependant je faillis m’étrangler lorsque je reçus une claque à l’arrière de la tête.

-         Eh !!!

-         Arrête de dire des conneries pareilles, marmonna Ducon en réponse.

Les yeux en mode vache morte, je ne pus aligner le moindre mot, bouche ouverte. Mais avant même qu’il n’ait compris qu’il ne fallait JAMAIS me faire ça (surtout lui…), je lui sautai dessus (mais pas dans le sens que vous espériez !) et me mis à le frapper de mes poings.

Accrochée dans son dos comme un singe (ah…le singe violet de Dora !), je martelais son dos et sa tête de mes mains en vociférant des injures.

-         De quel droit tu me touches espèce de dégénéré !!! Non mais tu te prends pour qui ??

Tout en tentant de me détacher, il se mit étrangement à rire.

-         Tu crois vraiment que tes poings me font mal, Charlotte ? me nargua-t-il.  

Clair que je me faisais plus mal qu’autre chose mais bref. Là n’est pas le sujet ! Je détestais qu’on me fasse ça. Et puis lui en plus ! Là ça frisait l’envie de mourir de suite !

J’allais répondre avec acidité lorsqu’il me fit brutalement descendre et plaqua sa main sur ma bouche. Son expression avait changé, tout comme celles de Naruto.

-         Quoi ? interrogea Tenten de mauvaise humeur.

C’est après qu’elle ait dis ça qu’on entendit de nouvelles voix. Assez proches.

-         Vous attendez d’autres potes ? murmura Hinata.

-         Nan…mince les gardiens ! jura Kiba.

En effet, les voix se rapprochaient et nous voyions nettement les raies de lumières de leurs torches à travers les branches. Quelques aboiements s’ajoutèrent au tableau, nous faisant flipper encore un peu plus. Je ne crois pas à avoir à préciser que cela nous rappela un petit incident avec des chiens, quelques minutes auparavant. Ou lycanthropes d’ailleurs, on était pas allé vérifier.   

-         On se sépare ! ordonna Neji.

-         Beuh…et nous ? fit Tenten.

Je pense sincèrement qu’elle n’avait même pas à poser la question car elle se retrouva courant avec Kiba et Kankuro ; Hinata se contenta de son cousin ; Temari se fit presque traîner par Shikamaru et Gaara : quant à moi la main de Sasukette me tira à la suite de Naruto qui cavalait déjà comme une chèvre devant nous.      

Nos groupes avaient pris des directions différentes, toutes opposées aux gardiens bien sûr ! (Parfois je me demande pourquoi je précise ce genre de chose. Bouarf, il faut ce mettre au niveau des lecteurs pas vrai ! Huhuhu !) 

 

*

*    *

 

        

-         C’est encore loin ?? réussi-je à articuler en chancelant.

Petite note pour plus tard : ne plus jamais faire ce genre de sortie nocturne si c’est pour finir dans cet état. Pour plus d’explications, mes vêtements étaient encore plus trempés qu’avant cette nouvelle course ; je transpirais dessous mais avais étrangement très froid (je rappelle tout de même que nous étions en novembre) ; mes pieds devaient être à l’heure actuelle en sang, que ce soit au niveau des talons ou de chaque orteils ; et puis je ne sentais plus mes jambes.

Ce pour plusieurs raisons qui m’auraient presque faite exploser en sanglot. Nan sérieux : j’avais l’air pitoyable.

Pour échapper aux gardiens, Naruto, Dora et moi-même avions sprinté pendant presque trois minutes à travers les arbres. Pour moi qui avais déjà fait une course improvisée un peu avant et surtout qui m’étais atomisée le derrière en tombant d’un sapin (Faut le faire quand même…!), je dois dire que j’avais failli hurler « BORDEL » à plusieurs reprises et m’arrêter pour attendre la mort sous un arbre. Enfin ça, c’était sans compter sur Ducon-poil-au-saucisson qui exerçait une prise de fer sur ma main pour m’obliger à les suivre dans la forêt. Il courait devant moi, me traînant solidement. S’ajoutait donc à tous mes symptômes celui d’un affreux mal à la main. J’avais l’impression qu’elle allait se détacher !

-         Encore un peu de patience ! s’énerva-t-il.

-         Bon, on peut au moins s’arrêter de courir comme ça ? suppliai-je à bout de forces. Vous êtes peut-être fait d’acier ou alors vous mangez de la cryptonite au ptit-déj’, mais moi non. En plus j’ai déjà couru tout à l’heure pour échapper à je ne sais quelle bête à grandes dents.

Aussitôt Naruto se tourna vers moi, surpris. Le truc c’est qu’il courait toujours et donc…se prit un arbre. Le « SPONG » qu’on entendit alors me fit grimacer encore plus. Si la situation avait été différente, j’aurais sans doute hurlé de rire en le voyant atterrir sur les fesses et tenant son nez comme s’il avait été sur le point de tomber.

-         Aiiiiiie, gémit-il à la mort. J’ai endendu grag ! C’est glair gu’il est gassé, pleurnicha-t-il comme s’il avait un rhume. (Traduction pour les sous-doués : « J’ai entendu crac ! C’est clair qu’il est cassé ! ».)

Le truc positif dans cet incident, c’est que Dora se stoppa pour aller constater l’ampleur des dégâts. Je pus donc souffler quelques secondes, accroupie dans les fougères et tentant de reprendre mon souffle. Ma tête tournait et j’avais un drôle de goût métallique dans la bouche. Contrairement à Tenten, je n’étais pas une grande sprinteuse. Surtout de nuit, dans une forêt emplie de racines glissantes et sinueuses.

Bref. Tête baissée, j’essayais en même temps d’empêcher la nausée de débarquer. Je devais être verte…au sens propre.

-         Ca va ?

La voix aux tonalités de basses de l’Uchiwa coula sur moi comme une caresse. Je détestais ça. Même dans un tel état mes hormones se faisaient une joie de danser la java.

-         Ferme-la, maugréai-je plus énervée par mes oestrogènes que par autre chose.

Je l’entendis soupirer. M’en fout, j’en pouvais plus. Buttée, je ne relevai pas la tête et ne bougeai pas. Le froid s’infiltra encore plus en moi, coulant dans mon dos à la façon d’un serpent. C’était sûr, j’allais attraper la crève.

-         Allez viens Sagu, du vas bas resder là ? fit la voix de Naruto. (Besoin d’une traduction là aussi … ?)

-         Aaah, t’y mets pas aussi Pinocchio ! grimaçai-je en inspirant une grande bouffée d’air.

Je ressemblais presque à une asthmatique n’aillant pas pris sa ventoline…génial. Non vraiment, on aurait pas pu faire mieux un samedi soir ! D’ailleurs…où étaient passées les filles maintenant ? J’espérais muettement que les gardiens ne les avaient pas chopées. J’imaginais mal la tête de Tsunade si on lui avait ramené Tema dans un état pareil…

Soudain un frisson me parcouru violemment de la tête au pied, et je me retins difficilement d’éternuer…J’avais vachement l’air d’une quiche…Parfait ! Coupant court à mon apitoiement personnel, un téléphone sonna. Presque réaction de ma part : la sonnerie déchire ! Qui avait eu la bonne idée de mettre Rammstein ?

Je relevai la tête – manquant en même temps de me prendre celle de Naruto qui était à deux centimètres de la mienne – et découvrit le saligot de première en grande conversation téléphonique. Merde. Bon, j’aimais tout de suite moins le concept. Et pourtant Rammstein était une sorte de Bible pour ma petite personne. Bref, on s’en fout…

-         …ok. Bon on arrive, marmotta-t-il avant de raccrocher le joli joujou noir.

Violemment, il tourna ses yeux ténébreux vers moi, et je faillis jouer à l’autruche en plantant ma tête dans la terre. Il m’aurait presque fait peur !

-         Quoi ? grommelai-je sur la défensive. T’as un problème ?

-         Vous êtes vraiment les filles les plus débiles que j’ai vu ! soupira ducon en se passant la main dans les cheveux.

Nouvelle agitation dans les rangs de progestérones. Il pouvait pas arrêter de faire ça nan ???

-         Hein ? Répète, face de céphalopode ? éructai-je en lui lançant un regard à faire fuir un ours blanc. (Essayez de répéter cette insulte quinze fois de suite, et ce le plus vite possible. Vous verrez c’est marrant ! Hum bref…)

Naruto qui visiblement ne captait rien à notre conversation se contenta de loucher comme un débile pour admirer son nez en sang.

-         Neji vient de me dire que vous pouviez plus rentrer dans votre dortoir…vous êtes demeurées ou quoi ?

-         Oh tais-toi ! fis-je vexée. C’est déjà bien qu’on s’en soit rendu compte ! D’ailleurs je suis certaine que seules Hinata et moi avons fait cette conclusion.

-         Ouais, et vous allez faire quoi maintenant ? Dormir dans le parc de notre école ? me nargua cet abruti profond.

Le sourire qu’il affichait me sortit tellement de mes gonds que j’arrachai violemment un morceau de mousse pourri et lui envoyai en plein visage. Il l’évita sans problème. Quel salaud !                   

Le visage en feu, je fis mine de bouder et baragouinai un instant dans ma barbe.

-         Au pire on aurait dormi dans un hôtel de Oto, fini-je par ronchonner.

-         Bah bien sûr…irrécupérable !

Et un nouveau morceau de mousse pour boulet-boy ! Il allait finir par en manger s’il continuait à m’échauffer autant les oreilles.

-         Neji en a parlé avec les autres. Pour l’instant vous venez avec nous.

-         Quooiii ? Et où ? m’égosillai-je tandis que je m’imaginais toutes sortes de scénarios catastrophes.

-         Dans notre lycée, répondit-il. On verra ensuite ce qu’on fait de vous.

-         Il est hors de question que j’aille dans un antre plein de mecs ! sifflai-je. T’es complètement malade ou quoi ? Et si on nous voit ?

Le regard noir qu’il m’adressa flatta étrangement l’ego de mes hormones…enfin le mien quoi !

-         Si des mecs nous voient, ils ne verront même pas que t’es une fille. T’as vu ta gueule récemment ?  

Je manquai de lui sauter à la gorge.

-         Bin boi, j’ai bobo o dez, geignit Naruto.

Il stoppa le meurtrier échange de regards que je pratiquais avec Sasuke, me forçant à me tourner vers lui. En effet, son nez commençait à devenir un peu bleu…

-         Evite de nous faire une hémorragie quand même, l’avertis-je.

-         Du bense gue je vais bourir ??? gémit-il avec une mine épouvantée.

Je crus qu’il allait éclater en sanglot comme un gamin lorsqu’il saisit mes mains et les secoua comme on secoue un pommier. Ce mec était vraiment intenable, même s’il était carrément mignon.

-         Parfois je me dis que ce serait mieux que tu meurs…, laissa échapper Sasucon.

-         EH ! J’ai endendu esbèce d’abrudi !

L’entendre vociférer sur l’imbécile avec sa voix complètement anéantie me fit presque hurler de rire. A la renverse dans les fougères je dus leur faire peur. Il y avait de quoi !

 

 

 

*

*     *

 

 

         Vivre à la Kunoichi’s School était déjà très éprouvant pour moi. Il y avait déjà trop de blondes, d’ongles manucurés, de vêtements griffés et de chaussures à talons hauts. Et le pire était le luxe de l’école. D’accord, il était grisant que d’étudier dans un lieu tout droit sorti d’un roman, avec des bâtiments étincelants, des roses plantées un peu partout, de la pelouse verte taillée au centimètre près, et d’arbres centenaires qui ne faisaient même pas leur âge ! (Blague à part, autant que les arbres n’aient pas de rides, comme ça ils étaient bien en accord avec notre dirlo)…

Tout ça pour dire, que même si c’était bien jouli bow, une prolétaire comme moi se sentait très vite très mal à l’aise. 

Alors lorsque je vis le bâtiment où dormaient les terminales de Shinoby’s Academy, je manquai d’avoir un AVC. De m’étrangler avec ma salive. De m’exploser les vaisseaux sanguins oculaires. D’aller rejoindre mes ancêtres complètement gagas au paradis des népaliens (et pas népalais, attention) empli de lamas roses et de Yétis verts à taches violettes amateurs de Whisky. (Oh la phrase ! …)

 

Même si j’étais à présent habituée à tant de classe, d’étalage de luxe, là…j’eu une nouvelle vision de la chose.

 

Le bâtiment sur trois étages était immense. A lui seul, il faisait au moins la taille de deux terrains de football et ressemblait à s’y méprendre à un ancien château de la renaissance. Comme quoi, y-en a qui s’en font pas…

La pierre qui le composait avait dû voir passer beaucoup d’âges ; du lierre grimpait jusqu’au toit sur tout un mur, s’enroulant autour des colonnes et s’épanouissant délicatement le long des grandes fenêtres de verres ; et une immense porte en bois ouvragé en gardait l’entrée.

-         Bon magnez-vous tous les deux, grogna Dora. Les autres doivent déjà être en haut.

Sortant des buissons où nous étions dissimulés (Prise dans mon gros délire, j’avais pensé à ces dessins animés où les héros se cachent très mal avec des branches d’arbustes. Bin moi j’avais carrément mis deux branches de persil dans le nez de Bobby…pour faire plus vrai !), nous nous dirigeâmes rapidement vers l’arrière du bâtiment (Bobby avait toujours les herbes plantées dans le pif…). Là, au niveau du mur couvert de lierre, une petite porte à peine visible se découpa à ma grande surprise.

Aussi, avec une ironie non feinte, je secouai vivement des mains :

-         Ooooh trop bien. Et je dois m’attendre à voir le lapin blanc ou pas ? susurrai-je à Blanche-neige.

…Tiens, encore un surnom ! Op, quand y-en a plus, y-en a encore ! Bienvenu à Saku-chou Land Msieurs Dames ! (Vous inquiétez pas, c’est mon petit pétage de plomb quotidien, il faut bien ça !).

-         Ferme là par pitié, ou je t’étrangle, siffla-t-il entre ses dents tout en ouvrant la porte.

Non sans me mettre à glousser comme un chacal sujet à la folie, je m’introduisis dans le bâtiment à sa suite. Première constatation : il faisait noir. Deuxième constatation : il faisait toujours noir... Troisième constatation : Bordel, l’était où la lumière ???! (Vous l’aurez remarquez, je n’étais guère patiente…et avec le temps ça allait de mal en pis.)

-         Je dédèsde basser là, grogna Naruto derrière moi.

Je ne prêtai guère attention à ses paroles, pour la bonne raison que je tentai par tous les moyens de ne pas m’étaler de tout mon long dans ce couloir. Enfin couloir, j’extrapolai un tantinet mais d’après la proximité des murs…Bref. Je me tais. L’endroit était humide, comme une cave, et sentait exactement pareil. 

Etant donné que je ne savais absolument pas où je devais aller, je m’étais – par réflexe – accrochée à la veste en cuir de Dora. Aussi lorsqu’il s’arrêta brusquement, je lui rentrai dedans. Mon nez devint immédiatement douloureux et je gémi.

-         Chut ! m’intima t-il en me donnant un coup dans l’épaule.

-         Maieuh…ça fait vachement mal ! protestai-je avec une voix de gamine.

-         Si tu continues, je t’assure que ça fera vraiment mal ! siffla-t-il comme seule réponse.

Si la situation avait été différente, et surtout si j’avais été Ino (je vous autorise à vomir) j’aurais sans aucun doute pensé : « Ouuuh oui fais-moi mal ! J’adore ça ! » (Je vous autorise encore à vomir)…

Mais évidemment comme je n’étais pas cette blondasse (je me demande combien de fois il faudra que je le précise), je me contentai que grogner de mauvaise foi.               

Pendant un petit moment, nous restâmes tout trois silencieux. Je pouvais donc entendre des gouttes tomber non loin de moi, et quelques éclats de voix en fond sonore. On aurait dit que quelqu’un regardait un match de foot.

-         Je crois que la voie est libre, marmonna finalement Ducon. Le gardien est occupé.

Tandis qu’il chuchotait ça, j’entendis un déclic et une nouvelle petite porte s’ouvrit. L’obscurité disparut aussitôt.

-         Et la lumière fut !

Je n’avais pas pu m’empêcher de sortir une connerie. Aussitôt Naruto éclata de rire.

-         Nom de nom Naruto ! La ferme ! jura l’autre en le bâillonnant immédiatement.

-         Désolé. J’ai ba bu m’en embêcher, sourit-t-il bêtement.

Et un regard tueur pour ma poire ! Les yeux noirs de Sasuke me fusillèrent sur place. M’enfin même si mes hormones s’en donnèrent à cœur joie, je ne laissai rien paraître et lui adressai un sourire de crâneuse.

-         Vous êtes autant insortables l’un que l’autre. Allez, dégageons de là avant que le gardien vienne voir ce qui se passe.

Il me poussa devant lui, m’expédiant hors de l’étroit couloir sombre et m’envoyant au passage m’étaler sur une moquette rouge.

-         Sale poulpe de mes deux ! Explosai-je silencieusement en m’empêchant à grande peine de lui arracher les yeux. 

Pendant qu’il m’adressait un regard proche du dédain, je regardai autour de moi. J’avais atterri dans un long et large couloir tout recouvert de moquette rouge ponceau et empli de vieilles armures, de blasons épinglés aux murs ainsi que de grandes tapisseries médiévales accrochées à leurs cotés. Bref, j’avais l’impression d’être tombée à Poudlard et m’attendais presque à voir surgir Dumby (Dumbledore pour ceux n’ayant pas compris…désolée, je l’appelle comme ça) me hurlant « C’est la catastrophe : il y a une pénurie de sorbets au citron »… Enfin après, chacun ses références, hein !

-         Sympa votre déco…, laissai-je échapper tout bas en me relevant difficilement. Vous avez des fantômes aussi ? Ou des elfes de maison. Parce que faudrait que je parle à Dobby de son fils : Gollum veut partir à Hawaï pour se marier avec Frodon, vous vous rendez compte ? Ah ces gosses, ils sont intenables ! achevai-je avec une mine faussement concernée.

Dora me lança un regard tant emprunt de dépit que je faillis en rire. Quant à ce cher Bobby, il s’en roulait sur la moquette au risque d’ameuter le gardien. Au fait, chers lecteurs savez-vous ce qui est jaune et rouge…Non ? Réponse basique : une éponge débile qui s’est prise un arbre. Là je vous autorise à détruire vos abdos en lisant un truc pareil. Vous inquiétez pas pour mon état mental, c’est mon allergie aux fougères…   

 

 

         Outre le premier couloir aperçu, le reste du bâtiment était identique. Tout était ancien, monstrueusement luxueux et encadré d’immenses fenêtres de cristal. Lorsqu’on emprunta un premier escalier pour monter dans les étages, j’échappai de peu à un AVC. Tout fait de marbre blanc, il était recouvert au milieu d’un tapis bleu roi surpiqué de fils d’or. Sûr, j’allais pas m’en remettre !

M’empêchant donc de repartir en hurlant comme une démente à cause de cet amassement de luxe, je suivis les deux autres. Nous montâmes au deuxième étage de l’aile Sud et tandis que nous passions le palier, j’aperçu un grand panneau d’affichage où était épinglé le plan des chambres. En voyant la disposition, je fronçai les sourcils. Non c’était quand même pas possible…

-         Me dites pas que vous avez carrément un appart’ complet, geignis-je dépitée.

-         Bah si, bourguoi ?

Naruto semblait tellement étonné par ma question que je failli lui en mettre une en plein nez, juste pour m’assurer qu’il était bien cassé.

-         Nan pour rien…c’est vrai, c’est tellement commun, ironisai-je en prenant une voix haut perchée et en levant les yeux au ciel dans un fol élan de snobisme.

-         Dites…ça vous direz de vous taire ? marmonna  Ducon.

J’allais répliquer hargneusement lorsque des voix se firent entendre. Plus loin dans le couloir où nous étions, une porte venait de s’ouvrir et quatre garçons en sortirent.

-         Merde ! pesta aussitôt Sasuke tandis que les nouveaux venus avançaient dans notre direction.

Un filet de sueur froide coula dans mon dos. Si des mecs me voyaient ici, j’étais morte. Tsunade ne tarderait pas à tout découvrir et j’allais passer un sale quart d’heure.

-         Bouge pas et laisse-moi faire, me glissa Sasuke.

En une seconde, je me retrouvai affublée de sa veste en cuir. Elle était tiède et son odeur semblait incrustée dans chaque fibre. Inconsciemment, j’inspirai avec délice les doux relents de parfum masculin et d’After shave.

Mais brusquement je fus sortie de mes pensées pas très en accord avec moi-même. Dora venait de remonter le col de la veste sur mon cou.

-         Manquerait plus qu’ils te voient trempée comme ça, marmonna-t-il pour lui.

Je ne relevai pas et me contentai de rester derrière lui, yeux baissés.

Sans même regarder les mecs qui approchaient, je les écoutais arriver vers nous. Ils parlaient avec animation, l’un éclata même de rire.

-         … nan tu rigoles ? Franchement je sais pas comment elle s’en est rendu compte, s’esclaffa l’un d’entre eux.

Les autres suivirent le mouvement, leur hilarité ne me rassurant guère. Mon anxiété dut mettre la mouche à l’oreille d’un certain brun. En un instant, il s’était rapproché et m’avait murmuré :

-         T’inquiète pas. Respire et reste à coté de moi.     

Bizarrement, cette situation me laissait faible. C’était bien la première fois. A peine rassurée, j’hochai mécaniquement du chef.

Nous commençâmes à marcher, moi à sa gauche, Naruto à la mienne. Ainsi entourée, j’aurais pu me sentir mieux. Et pourtant j’avais l’impression d’être une souris découverte par un gros matou.

-         Tiens, Uchiwa ! T’es bien tardif, s’exclama l’un des garçons lorsqu’on atteint leur hauteur.

Ses amis tournèrent aussitôt les yeux vers nous et s’arrêtèrent. Celui qui avait parlé était blond, grand et bien foutu (du moins ce que je voyais), à classer dans la catégorie des tombeurs incontestés. Si je n’avais pas été dans un tel pétrin, j’aurais sans doute pensé qu’il rentrait parfaitement dans mon style de mec.           

-         Izumi, salua le brun.

Son ton fut encore plus glacial que lorsqu’il s’adressait à moi. Vous imaginez le niveau. Même un beluga se serait gelé les miches en entendant ça. Tandis que je déblatérais dans ma tête sur la température d’une parole de Dora – visez un peu l’importance de la chose … – le regard brun du dénommé Izumi se tourna vers moi. 

Oups…

Oups…

OUPS !

Moi qui n’étais pas du genre à rougir, je piquai un fard monstre, et pas parce qu’il avait des yeux à faire fondre une none. (Et pour une fois, je ne racontais pas des salades !) Simplement, je venais d’être légèrement découverte…Merdouille.

-         Oh oh oh…mais qu’avons-nous là, Uchiwa ! murmura-t-il.

Il semblait réellement surpris. Mais le sourire qui commençait à illuminer son visage quasi parfait ne me disait rien qui vaille. Et d’après les sourcils de Sasucon qui se fronçaient imperceptiblement avec les secondes, cela ne lui plaisait pas non plus.

-         Sasuke Uchiwa, le meilleur, le plus populaire et le plus adulé élève de l’académie ramène une fille avec lui un samedi soir, dit le jeune homme. Et une fille pas des plus désagréables à regarder d’ailleurs…, acheva-t-il de susurrer. 

Fronçant dédaigneusement du nez, je lui adressai un regard méprisant. Sasuke – lui – ne réagit même pas.

-         Ce que je fais ne te regarde pas, Izumi. Ni toi, ni ta bande de copains. C’est clair ? avertit-il néanmoins.

Pas de réaction de la part du blond. Son regard ne m’avait pas quitté, me détaillant sans vergogne. Eh oh ! Ca va ? Ce mec se croyait chez mémé ou quoi ?

-         Tu veux peut-être que j’t’aide ? sifflai-je finalement – furieuse.

-         Oulah, mais elle mordrait presque ! rit un autre.

Lèvres retroussées sur mes dents, je manquai de lui arracher un doigt, simplement pour lui préciser que je mordais tout court. Pas presque. Mais avant d’avoir pu passer à l’action, je me retrouvai à deux centimètres du visage du blond, son index relevant mon menton.

-         Vraiment très belle, me sourit-il.

En moins de temps qu’il faut pour cligner des paupières, j’étais revenue auprès de Naruto et Dora tordait le poignet d’Izumi. Je ne voyais pas son visage, aussi m’était-il difficile de connaître son humeur.

-         Refais ça et ta carcasse nourrira mes chiens avant que tu comprennes ce qui t’arrive, gronda-t-il.  

Je vous autorise à cet instant précis à hurler comme des démones hystériques ; faire la danse des ananas autour de votre chaise ; faire la halo quitte à blesser quelqu’un ; me maudire parce que c’est à moi que ça arrive et pas à vous…Huhuhu.

Bon, d’accord, sur le coup je fus plus sous le choc que flattée qu’il réagisse ainsi. Je détestais ce gars je vous le rappelle.

-         C’est bon, du calme, rit le blond. Je ne vais pas te voler ta copine.

-         Il serait préférable que vous tous oubliez nous avoir vu ce soir. Je ne pense pas devoir vous rappeler qui je suis…, ironisa sadiquement Sasuke. Un seul mot de votre part sur le sujet, et votre vie tournera au cauchemar. Compris ?

Les trois autres garçons devinrent aussi blancs que McGonagall si le professeur Flitwick lui avait avoué un amour ardent. (Enfin…comme je le disais précédemment, chacun ses références…) Ils détalèrent comme des lapins, vite suivis par un Izumi apparemment très en rogne de s’être fait rabattre le caquet par Blanche-neige.   

-         Allez, on y va ! Ordonna brutalement ce dernier (ou plutôt cette dernière d’ailleurs !) en repartant furieux(se) dans le couloir.

Je n’avais pas compris son comportement. Mais je l’apprendrai plus tard : Sasuke Uchiwa n’était pas un homme ordinaire. Loin de là.

 

 

*

*    *

 

              

-         Appartement Bonaparte…, lis-je pour la deuxième fois. Nan vous rigolez ? Sérieux : les mecs qui lui ont attribué ce nom avait vraiment un humour à chier.

Sans perdre de temps, je me mise à rire comme un baleineau. (Vous avez un problème avec mes expressions ??)

Nous venions enfin d’arriver à destination : une grande porte à double battants tout au fond du couloir. Et dessus était écrit ce que je venais de lire. Non sans soupirer, Ducon frappa par deux fois.

Après un instant, la porte s’ouvrit, laissant apparaître la tête visiblement atterrée de Gaara.

-         Enfin ! On a cru que vous arriveriez jamais, grogna-t-il en nous laissant passer.

-         Quelques petits problèmes sur le chemin…, marmonna Dora.

D’humeur noire, il entra dans l’appartement sans m’attendre une seconde de plus. A croire qu’il n’attendait qu’une chose depuis le début : partir le plus loin possible de moi.

Sympa. Très sympa. M’enfin il avait pris là une très bonne initiative, car je n’aurais pas pu le supporter une minute de plus. Tandis que j’entrai enfin, j’entendis une porte claquer. Ouais, bah il devait vraiment m’avoir en horreur.

-         SAKUUU !!!

BOUM. Nous dûmes ce bruit à Tenten qui me rentra littéralement dans le choux et me serra contre elle – au risque de me déplacer quelques cervicales au passage.

-         Arrête de m’étrangler espèce de grande perche décérbrée, maugréai-je.

Elle me lâcha de mauvaise grâce. Un instant je lui jetai un regard en biais. Elle était toute pimpante, sèche et propre, et… vêtue d’une immense maillot de Basket-ball et d’un short kaki trois fois trop grand pour elle.

-         Eeeuuuuh…, fis-je en désignant du doigt son accoutrement pour le moins suspect.

-         A Kankuro. Enfin je crois…, rigola-t-elle. Bref, les mecs nous ont laissé utiliser les douches. On avait un peu des têtes de chiens mouillés.

Même son rire cristallin ne me rassura pas beaucoup. Enfin, c’est à ce moment que je me rappelai le contact humide de mes vêtements sur ma peau, de leur affreuse texture trempée (et de la veste de Sasucette poil aux andouillettes aussi…).

-         Mouais…t’as vraiment une sale tête, finit-elle par avouer.

-         Je te remercie pour ta franchise…, m’étouffai-je.

Elle haussa les épaules, l’air de dire « Bah quoi ? C’est vrai ! ». Lui adressant une grimace ô combien imagée (qui consistait à loucher, écraser mon nez avec un doigt et mettre la bouche en cul de poule – si jamais vous voulez essayer…) je regardai autour de moi.

Je venais d’atterrir dans un petit hall bleu turquin tout droit sorti d’un roman situé sous l’Empire napoléonien. Il donnait lui-même sur un immense salon blanc où étaient disposés trois canapés en cuir noir, une longue table basse, un home cinéma, une chaîne hi-fi, et devant l’une des immenses fenêtres cinq bureaux visiblement très anciens. 

-         Putain de bordel de merde, laissai-je échapper bien malgré moi.

-         Je te le fais pas dire, me glissa Tenten.

Me yeux se posèrent sur le reste de la bande. Chacun semblait très affairé… Shikamaru somnolait (c’était le plus affairé de tous, lui. Pas de doute) ; Neji regardait par la fenêtre, planté devant comme une statue grecque (sauf que lui – au grand regret de Tenten sans doute – n’était pas en tenue d’Adam…) ; Kankuro jouait à la x-box (et poussait constamment des hurlements de bêtes sauvages…sûrement les séquelles de notre passé d’homme des cavernes !) ; Kiba tentait – ne me demandez pas pourquoi – de s’enlever un cil à la pince à épiler (imaginez-le la langue entre les lèvres et avec un air trèès concentré et…la pince à épiler à un millimètre de l’œil gauche) ; quant à Hinata, dès qu’elle me vit, elle se leva du canapé avec un grand sourire.

-         Ah tu es là. On se demandait ce qui vous était arrivé.

-         Rien de bien passionnant, marmonnai-je en tentant de supprimer toutes les données concernant la dernière demi-heure que contenait mon cerveau. Où est Tema ?

Les deux autres m’adressèrent des moues pas très encourageantes.

-         Là.

Tenten me désigna du doigt ce qui restait de notre très chère blonde complètement barge et enjouée…Pour être plus précise, Temari gisait comme une morte, assise sur un canapé et yeux fixés au plafond. Et…

-         Attend, elle fais quoi ?? m’horrifiai-je soudain. Ne me dis pas que…

-         Si…Des bulles. Temari fait des bulles de salive avec sa bouche. Ca fait presque vingt minutes que ça dure, approuva ma macaronée.

-         Temari…fait…des bulles…comme un gosse de six mois… ? répétai-je hébétée.

-         Ouais, ma grande. Flippant hein ?

Je jetai un nouveau regard à la blondinette. Un rire complètement débile s’échappa de ses lèvres lorsqu’une petite bulle de salive éclata. Oh…my…gooood. C’était l’effet branche de sapin qui la rendait comme ça ? Elle ressemblait à une shootée à l’héroïne ayant pris plus de grammes qu’elle n’aurait dû.

-         Saku !! m’appela soudain Naruto.

Je me tournai vers lui, remarquant au passage qu’il s’était nettoyé le visage et avait du coton dans les narines (plus de percil…dommage ça lui donnait un petit air de cochon de lait. Manquait juste la pomme dans la bouche.)

-         Yes ?

-         Si du veux, tu beux brendre la troisième salle de bain, elle est lib’e, me proposa-t-il. Diens, voilà des vêdements.

Il me fourra dans les bras un large T-shirt gris anthracite de DeLacroix (je faillis défaillir…) ainsi qu’un short noir que je pouvais resserrer à la taille.

-         Il lui est arrivé quoi à Bobby, me glissa aussitôt Tenten – complètement paumée.

-         Oh…pas grand-chose. Disons simplement qu’un sapin a oublié de s’écarter de son chemin.

-         Ah…Je vois.

Il ne lui en fallut pas plus pour qu’elle se mette à rire, charriant sans vergogne le pauvre blondinet.

-         Viens Sakura, je vais te montrer la salle de bain, intervint Gaara.

Visiblement Naruto était à présent bien trop occupé avec ma macaronée. C’est donc – non sans me demander à qui étaient les fringues qu’on m’avait passées –  que je le suivis vers une porte à l’autre bout de la pièce.

Celle-ci donnait sur une large galerie munie de cinq hautes portes blanches.

-         Ce sont nos chambres. Elles donnent toutes sur une des trois salles de bain de l’appart’, m’expliqua-t-il.

J’hochai mécaniquement de la tête, tout en pensant que ce corridor ressemblait à celui du manoir de Cendrillon. Je me demandais presque quand Lucifer allait surgir, juste pour pouvoir l’envoyer valdinguer plus loin (Bah quoi…sale matou ! Il ressemblait à s’y méprendre à ma grand-mère).

Il ouvrit la quatrième porte. C’était une chambre aussi grande que mon dortoir, avec – par contre – un seul lit… Elle était verte, d’un vert tendre et non pas agressif qui s’accordait très bien avec le reste de l’appartement. Le seul hic : les sous-vêtements et autres tenues qui traînaient partout, le reste d’une pizza qui s’étalait sur la belle moquette blanche, les livres éparpillés de droite à gauche… 

-         Bon, ici c’est la chambre de Naruto, d’où le bordel qui y règne, se moqua Gaara en désignant un tas d’immondices que j’assimilai à des boxers et chaussettes sales. Il a accès à deux salles de bains, donc fais comme tu veux.

Et il me laissa là…Dans cet océan macabre. Lorsque mes yeux tombèrent sur un slip qui traînait à un mètre de moi, je mimais une soudaine envie de vomir, index et majeur pointés vers mon gosier.

Quelle horreur. Nom de nom Naruto, quel cas désespéré.

C’est donc comme une Lara Croft en mission dans la forêt amazonienne (mais sans les flingues et les herbages mammaires…) que j’évoluai vers la porte de la salle de bain de droite. J’essayai de ne pas regarder vers le sol, quitte à rentrer dans quelques meubles et m’éclater un pied.    

 

Lorsqu’enfin j’eu refermé la porte derrière moi, faisant ainsi disparaître la vision d’horreur de la chambre de Bobby, je m’appuyai dessus, paupières closes et respirai un bon coup.

-         Mon dieu mais quel boulet celui-là, laissai-je échapper.

M’ébrouant comme un chien mouillé afin d’oublier ce que j’avais vu, je rouvris les yeux, sereine.

 

 

 

-         WwwWHhHhAAAAAAAAAaAAAAAAAAAAAAAAAaaAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !!!!!!!

Mon propre hurlement m’éclata les tympans, tandis que mon visage se décomposait et que mes yeux passaient en mode boules de billard. Après le choc subi, je me tournai brusquement nez contre porte.

-         Bordel, mais qu’est-ce que tu fous LA ???? hurla Dora.

Dora qui soit dit en passant sortait tout juste de la douche et n’avait qu’une serviette de bain autour des reins… (Attention aux hémorragie nasales les filles !) Ce même Dora qui était torse nu, fraîchement lavé et encore tout trempé au niveau des pectoraux que j’avais eu le temps d’apercevoir.

-         C’est à toi que je devrais poser la question, Ducon !!! m’égosillai-je. T’as pas honte de me faire subir ça ?? A moi ? Ca-y-est je suis passée du coté obscur de la force, mimai-je ensuite de pleurer.

-         Je t’ai jamais demandé d’entrer, espèce d’imbécile !

Son hurlement fit trembler les murs. Quant à moi, toujours le nez enfoncé dans la porte, je ne bougeai pas. Mon cœur battait la chamade et j’avais pris de très jolies couleurs d’un rouge carmin au niveau des joues. Visage en feu comme si j’avais eu une soudaine envie de me la jouer à la Jeanne d’Arc, j’essayai de contrôler un minimum mes hormones qui jouaient à puce en folie. Les traîtresses ! 

-         Naruto m’a dit que cette salle de bain était libre !! protestai-je.

J’avais comme l’impression que nous ne pouvions pas avoir une conversation sans nous hurler dessus comme deux poissonniers. Enfin d’une certain façon j’aimais assez la relation pour le moins étrange que nous entretenions.

-         Bah visiblement non ! cria-t-il en approchant.

Je poussai un petit cri d’animal apeuré (imaginez ce genre de chose sortant de ma bouche…) lorsqu’une main se plaqua soudainement sur la porte, à deux centimètres de moi.

Je sentis très bien son souffle sur le haut de ma tête, ce même souffle dont la caresse descendait sournoisement le long de ma nuque, atteignant ensuite ma mâchoire. Quant à mon cœur, il était à deux doigts de sortir de ma poitrine, et le sang battait sourdement dans mes oreilles.

Narines pincées, je tentai par tous les moyens de penser à autre chose. Et pourtant, même le fait d’imaginer Ino au lit avec Lee le mutant ne me fit changer de cap. Nom d’un dragon végétarien, je ressemblai à une ado en pleine puberté !

Enfin bref. Non sans jeter un regard à sa main et son avant bras monstrueusement séduisants (ce mec était tellement bien fait que même le plus minuscule centimètre de chair me semblait à tomber dans les haricots, c’est pour dire !), je fini par me résoudre à sortir de là vite fait bien fait.

-         Bon bin comme c’est occupé, je vais aller dans l’autre salle de bain, hein ! rigolai-je très mal à l’aise. A plus !!!

La voix partant dans les aigus, j’ouvris brutalement la porte.

-         Eh !

Même son exclamation furieuse ne m’arrêta pas. J’entrai dans la chambre de mes pires cauchemars en deux temps trois mouvements et fermai brutalement la porte. J’entendis nettement un BAM, ce son pour le moins étrange m’indiquant qu’il avait tenté de me suivre et se l’était prise en pleine face.

-         Sale GARCE !! hurla-t-il.

Lorsqu’il rouvrit la porte et traversa la chambre – hors de lui – j’avais déjà fermé celle de la salle de bain où j’étais entrée. Sans oublier de fermer à clé (il tambourinait dessus comme un échappé d’asile) je poussai un long soupir. Oh mon dieu.

 

 

*

*    *

 

 

-         Bon on fait quoi ? questionna Kiba.

Après trente minutes à me noyer sous l’eau chaude, je me trouvais dans le salon avec tous les autres. Tous vautrés dans les canapés, nous cherchions comment s’organiser pour la soirée. Il était tout de même déjà 1h du matin.

Sortant un instant de son état de légume, Temari nous sourit comme une abrutie.

-         Et si on jouait aux petits chevaux ? Ah nan, à papa et à maman ! s’extasia-t-elle toute seule en regardant étonnement Shikamaru.

-         Rendors-toi, marmonna Tenten en la repoussant violemment vers l’arrière du sofa.

Je pouffai, vite suivie par la majorité d’entre nous. Même après autant de temps, la blondinette ressemblait toujours autant à une shootée aux herbes hilarantes.      

-         Nous, faudrait qu’on retourne dans notre chambre, intervint Kankuro.

-         Ouais. Sinon les autres vont débarquer ici, ajouta Kiba. Allez à demain ! Bonne nuit les filles.

Il adressa un clin d’œil à Tenten (qui lui envoya au passage un coussin – elle semblait totalement mortifiée –) puis partit, embarquant avec lui Kankuro.

-         Moi je veux que Saku dorme avec moi !! fit Naruto lorsque la porte se fut refermée.

-         Hors de question ! T’as vu ta chambre ?? explosai-je dégoûtée. Je risque pas de dormir dans un taudis pareil ! Plutôt mourir.

Ses yeux devinrent brillants et ronds comme ceux d’une grenouille, et sa lèvre inférieure tremblota.

-         Me regarde pas comme ça, Bobby. Ma décision est sans appel, rouspétai-je en lui pinçant une joue.  

-         Mais…mais…, balbutia le blondinet.

Il jouait très bien la comédie, c’est vrai ! Mais je ne risquais pas de me laisser embobiner. J’étais quasiment certaine que sa chambre était le repère de quelques millions de bestioles.

-         Bon on s’organise rapidement hein ! Parce que moi j’ai sommeil, bailla Oasis.

-         Pour changer…

Shikamaru fusilla Neji du regard. Tiens, le baby phoque du cercle arctique avait de l’humour ? Je jetais un regard moqueur à Tenten. Mais étrangement, la demoiselle cachait bien son jeu, admirant ses ongles avec intérêt.   

-         Ok. Alors voilà ce que je propose…, intervint Arielichou.

J’écoutai distraitement les explications de Gaara – préférant largement passer ma main devant les yeux éteints de Temari. Soudain, une donnée atteint mon cerveau de mollusque et je me figeai.

-         HORS DE QUESTION QUE JE DORME AVEC LUI/ELLE !!! hurlai-je en totale synchronisation avec Dora.

Nous nous étions levés d’un même mouvement, faisant reculer le pauvre rouquin qui alla se réfugier derrière Tenten.

-         Plutôt crever que de dormir avec ça !! m’horrifiai-je en désignant la chose du doigt. Je l’ai bien assez vu de toute la journée !

-         Eh ! Comme si j’avais été content de voir ta gueule, s’énerva-t-il.

Ce mec faisait carrément flipper lorsqu’il était dans un tel état de rage. Mais qu’importe, je devais faire le même effet à cet instant précis. Tout ça pour dire qu’Hinata dut me retenir de ne pas sauter par-dessus la table basse pour l’étrangler.   

 

 

        

         Je jetai à nouveau un regard aux boiseries du plafond que j’apercevais à travers les voiles vaporeux qui tombaient autour du lit. Quelle idée d’avoir mis un ciel de lit ici …        

-         Rappelle-moi comment on en est arrivé là ? demandai-je sourdement.

Ma voix résonna dans la chambre et je l’entendis maugréer. A cinq mètres de moi, mal allongé sur le canapé de sa chambre, il poussa un soupir furieux.

-         Je sais pas. Le fait est que tu dors dans MA chambre et que MOI je dois me contenter du canapé ! répondit Ducon en insistant bien.

Un sourire de garce apparut aussitôt sur mes lèvres. Même dans le noir qui régnait dans la pièce, j’imaginai très facilement la gueule qu’il devait tirer. Huhuhu ! Le pied !

Finalement contente de moi, je me tournai et enfonçai mon visage dans l’un des énormes oreillers gris en soie.

                                                                           Ce soir là, je m’endormis très bien, l’odeur masculine de Sasuke imprégnant les draps du lit. Un sourire aux lèvres, je sombrai dire bonjour à Morphée.

 

 

*

*    *

 

 

         Je sentais une douce chaleur caresser ma jambe découverte. Le baiser du soleil était si agréable que je n’avais aucune envie d’ouvrir les yeux et de me réveiller pleinement. Tandis que mes quelques neurones se branchaient difficilement (très trèèèès difficilement d’ailleurs…), je poussai un soupir d’aise et commençai à reprendre possession de mon corps.

Soudain, mon cœur manqua quelques battements et j’ouvris brutalement les yeux. Toujours la tête sur l’oreiller, j’écarquillai les yeux. En face de moi, à moins de quelques centimètres Sasuke dormait paisiblement. Euuuh… !

Sous le choc, j’observai son air moins renfrogné et taciturne que d’habitude ; ses lèvres charnues légèrement entrouvertes ; ses longs cils (on aurait presque dit ceux d’une vache…Mouhahaha. Ok je me tais !) ; ses cheveux en pagaille ; et l’un de ses bras glissé sous sa tête. Mais ce n’était pas le plus choquant…en effet Blanche-Neige était sur le dos et son second bras enserrait ma taille, sa main juste dans mes reins. Quant à moi, ma tête était nichée dans son cou et ma main droite était innocemment posée sur l’un de ses pectoraux (cet imbécile était carrément torse nu ! Mais quel boulet, non mais quel BOULET !).

 

Le sang battait dans mes oreilles, me rendant ainsi à moitié sourde. Je n’entendais même plus le gazouillis des oiseaux. Mon cœur semblait vouloir dire bonjour au reste du monde en s’arrachant de ma cage thoracique. Gneuuuuh ???

Lorsqu’enfin tous les câbles furent branchés dans ma tête (et dieu sait qu’ils étaient peu nombreux…Comme quoi l’autodérision m’allait bien !), je réagi. Non sans manquer de hurler, je m’arrachai à son étreinte, rampait en arrière comme une malade pour sortir du lit, finis par en tomber comme une masse en me prenant les pieds dans les draps, courais à travers la pièce, me cognais le pied contre un meuble (j’en aurais hurler de douleur) avant de me plaquer dos contre le mur, yeux exorbités et fixant l’endormi. Le tout en deux secondes.

Le souffle court, je respirai aussi vite que si je venais de faire un marathon tandis que mon cœur allait de plus en plus vite. Il allait vraiment finir par sortir ! Je ne bougeai plus.

Statufiée, je le vis finalement bailler, ouvrir les yeux et relever la tête. Ses prunelles maléfiques rencontrèrent les miennes, et ses propres câbles durent se connecter.

Pendant au moins une minute, nous nous fixâmes comme deux idiots. Sans bouger. Sans parler. Et puis comme toute bonne chose à une fin…

-         ESPECE D’ORDURE !!!

Mon hurlement aurait fait fuir trois Nazguls. Après le choc, la rage avait pris la place. Sans réfléchir deux secondes je me précipitai sur lui (après avoir exécuté un superbe saut de l’ange…) et me mise à le frapper férocement avec un oreiller.

 

Je ne sais pas exactement combien de temps nous luttâmes. J’essayai de l’étouffer, de le griffer, de le mordre. Et de son coté, il tentait de m’arrêter, sans évidemment oublier de m’envoyer quelques oreillers en pleine face.

Finalement, il me plaqua sur le dos, maintenant solidement mes poignets des deux cotés de ma tête. J’essayai de me dégager mais à coté de lui, j’étais une larve (Le premier qui rigole finira en orbite autour de Pluton !). Aussi fini-je par m’arrêter, sans pour autant oublier de le fusiller du regard.

-         Espèce de salop !! sifflai-je comme un serpent. T’as osé !

A quatre pattes au-dessus de ma pauvre personne, il m’adressa un regard glacial.

-         T’as quand même pas cru que j’allais dormir dans le canapé à cause de toi ! fulmina-t-il. Le lit est bien assez grand !

-         Et comment t’expliques le fait que j’ai fini par me réveiller dans tes bras ???

Mes yeux brûlaient de rage. J’étais humiliée et complètement hors de moi. Cependant il fut presque surpris par ma question. Les prunelles noires me clouèrent sur place.

-         Répète ?? rugit-il, son visage à dix centimètres du mien.

-         T’as très bien entendu !!! Espèce de pervers ! Quand je pense que…, tempêtai-je. AIE !

Ses mains venaient de se resserrer autour de mes bras. On aurait dit deux étaux de fer. Je grimaçai.

Le silence s’installa, simplement troublé par nos respirations saccadées. La bataille avait eu de quoi nous laisser complètement morts. Les traits haineux, nous nous regardions avec tant de mépris que c’en était effrayant.

Mais au fur et à mesure que se calmaient nos souffles, je laissai mes yeux admirer les moindres détails de son visage. Je ne l’avais jamais vu d’aussi prêt. Nombre de fois mes prunelles dévièrent vers ses lèvres entrouvertes. Je trouvais étrange que mes pensées changent totalement de domaine – et ce en si peu de temps. Alors que quelques secondes avant je pensais simplement à le dépecer vivant, à présent je mourrais d’envie de l’embrasser.

Doucement, nos expressions s’adoucir. Nos sourcils se défroncèrent.

Il ne me quittait pas des yeux. Sous son regard envoûtant, je me sentais rougir furieusement et mon cœur repartit dans une course effrénée.

Son visage se rapprocha du mien. Etonnement, il avait le comportement de quelqu’un désirant quelque chose par-dessus tout mais qui tentait par tous les moyens de ne pas le faire.

Lorsqu’il fut à trois centimètres de moi, nos souffles étaient à nouveau courts. Nous nous jaugions, sans savoir si l’un de nous finirait par tenter cette chose que chacun s’était défendu de faire.

-         Face de poulpe, fini-je par murmurer essoufflée.     

Il ne sourit pas. Je sentais son haleine fraîche caresser mon nez et mes lèvres.

-         Vipère, souffla-t-il finalement.

Mon cœur fit un bond si important que j’en eu mal à la poitrine. Mais ce fut pire lorsque ses lèvres frôlèrent les miennes. Il ne chercha même pas à m’embrasser. C’était tel un jeu. Mais leur caresse éveilla en moi des sensations peu connues. Plusieurs fois nos lèvres se touchèrent, s’effleurèrent.

Yeux grands ouverts, nous ne nous lâchions pas du regard. J’aurais voulu lui dire d’arrêter mais j’étais devenue muette. Mon corps ne me répondait plus.

 

Au moment où je reprenais un minimum mes esprits, ses lèvres se posèrent sur les miennes.

Connaissez-vous cette sensation ? Ce petit quelque chose qui vous fait comprendre que vous n’accepterez plus jamais les lèvres d’une autre personne sur les vôtres ? Eh bien moi, je le vécu à cet instant précis.

Mon corps sembla crépiter entièrement, mes mains arrêtèrent de lutter contre les siennes. Mon esprit – lui – se retrouva encore plus vide que d’ordinaire. J’étais partie.

Au début son baiser était doux. Comme le meilleur bonbon que je n’avais jamais mangé. Il jouait avec moi, insistant sur ma lèvre inférieure et la mordillant à la moindre occasion.

Mes dernières barrières lâchèrent lorsque j’entrouvris enfin les lèvres. A partir de là, ce ne fut plus un jeu. C’était un désir inassouvi, un désir un peu trop contenu qui se déversa sur moi en une vague dévastatrice.

Nous échangeâmes un baiser brûlant. Et même lorsque nous étions à bout de souffle, il ne nous fallait qu’une seconde avant de replonger dans ce tourbillon incontrôlable. Ma tête tournait.

Ses mains lâchèrent lentement mes bras. Elles glissèrent sournoisement jusque dans mon cou et dans ma nuque. Quant aux miennes, elles trouvèrent très vite refuge dans ses cheveux puis dans son dos.

 

Jamais je n’étais allée aussi loin avec un garçon. Jusqu’à présent, j’enchaînais des relations bien anodines qui se finissaient très vite et n’allaient pas plus loin que quelques câlins et baisers.

Mais là, c’était sensiblement différent. Il me semblait vital de me coller contre lui, de caresser son visage et son cou.

 

Lorsque l’une de ses mains passa sous mon T-shirt pour caresser mes hanches, je perdis complètement pied. Je sombrai. Nous étions totalement en dehors du monde réel. Pourtant nous ne faisions rien de prohibé, tout ça était même bien léger. Après tout, ce n’était que de fiévreux baisers…     

 

Je ne pourrais pas dire combien de temps nous continuâmes. J’avais perdu toute notion du temps et de l’espace. Je sentais seulement ses mains, ses baisers et la douceur des draps sous moi.

J’étais à califourchon sur lui (je ne savais même pas par quel miracle j’en étais arrivée là…Ahem) lorsque la porte s’ouvrit brutalement.

-         Allez on se dépêche ! J’ai faiim moi !! beugla Naruto.

Joyeux comme un pinçon, il venait de débouler au milieu de la chambre, nous arrachant instantanément à notre activité.

Mes neurones reprirent le contrôle. Oh mon dieu !

Les yeux de Bobby n’avaient sans doute jamais été aussi énormes. Ils ressemblaient à deux pommes d’amour tout juste achetées à la foire. Ses prunelles bleues allèrent de Sasuke à moi, en passant incontestablement par mes mains sur son torse et les siennes sous mon large T-shirt.

-         Euh…ah. Bah je crois que je dérange, balbutia-t-il complètement traumatisé. Donc je vais y aller, termina-t-il à la hâte.

Je le vis se carapater comme une fusée, si vite qu’il rentra dans le mur avant de comprendre où était la porte. J’aurais sans doute dû rire comme une hyène, mais au vu de la situation…

 

Lentement, mes yeux se tournèrent vers Dora. Il était encore plus mortifié que moi en sachant ce que nous venions de faire. Non sans devenir rouge-tomato-ketchup, je sautai hors du lit. Faut bien le dire, j’étais nauséeuse.

Je n’arrivais pas à m’y faire : ce mec avait osé m’embrasser. Et pas qu’un peu ! Sans parler de ses mains baladeuses !!!

A deux doigts de vomir, je m’enfuie dans la salle de bain.

 

 

*

*     *

 

 

-         Temari, arrête de vouloir l’étrangler ! marmonnai-je blasée.

La blondinette grogna comme un phacochère, lançant à l’ananas un coup d’œil meurtrier. Visiblement, ce n’était pas son jour. En ce dimanche matin, je n’avais pas été la seule à subir un choc matinal.

En effet, Tenten et elle avaient dormi la nuit dernière dans le lit de Gaara – celui-ci se contentant d’un canapé du séjour. Le seul problème c’est qu’au petit matin, Tema – qui avait au passage retrouvé son état normal (enfin avec elle, la normalité n’existait pas, quoi qu’il en soit) – ne s’était non pas retrouvée avec la brune, mais avec un brun nommé Shikamaru. Aucun de nous n’avait compris comment elle était arrivée dans sa chambre et dans son lit.

Le fait est qu’en voyant Oasis à deux centimètres d’elle, elle avait poussé un hurlement strident, était sortie en courant de la chambre sans comprendre où elle était (en fait elle ne se rappelait pas de la soirée d’hier) et avait tenté d’ouvrir toutes les portes du corridor toujours en beuglant comme un cochon qu’on égorge. Sauf que ses cris avaient alertés Hinata et Neji (qui avaient dormi dans la même pièce (Je précise que Neji en bon gentleman avait dormi dans son canapé)). Et ceux-ci avaient eu la bonne idée d’ouvrir la porte en même temps que Tema, qui donc se l’était prise en plein museau…

Bref, la blondinette avait au final une jolie marque rouge sur le menton !

 

Je regardai le contenu de mon assiette : des crêpes toutes chaudes ainsi que du miel dont on voyait encore les rayons.

Nous étions au self du lycée des mecs, déjeunant tous ensemble à une table. Notre arrivée n’était vraiment pas passée inaperçu mais nous avions trouvé un beau mensonge pour les profs : nous venions d’arriver pour passer la journée avec les garçons et ils nous avaient au passage invitées à manger. Ce n’était en aucun cas interdit par le règlement (contrairement à ce que nous avions réellement fait…).

-         Alors, vous avez passé une bonne nuit sinon ? demanda Kankuro qui était juste en face de moi.

Tenten et Hinata répondirent par l’affirmative. Alors que j’allais ouvrir la bouche pour ajouter mon opinion, Bobby ricana comme un boulet :

-         Et tout cas le réveil a été très agréable pour certains, susurra-t-il.

En deux temps trois mouvements, Sasuke lui avait envoyé un gigantesque coup de pied dans les parties sensibles (Il était en face de lui) et je lui avais abattu la tête dans son assiette de porridge.

Personne ne comprit notre geste.

Moi j’étais honteuse, complètement anéantie et blasée. Comment avais-je pu laisser libre cours à mes pulsions. Avec cet imbécile de Blanche-Neige qui plus est !

 

Une chose était sûre, j’allais devoir surveiller les paroles de l’éponge, quitte à le menacer de l’émasculer sur le champ.

 

 

 

A cette époque je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait, mettant tout ça sur le compte de l’attraction physique due à mon âge. Et pourtant, maintenant je sais qu’il n’en était rien. Sasuke Uchiwa était la seule personne que je haïssais autant que j’aimais. Un paradoxe qui n’était pas prêt de s’arrêter.

 

 

 

         

 

A suivre…

 

 

 

 

Et voilà ^^ Il était long hein ? M’enfin c’était pour me faire pardonner mon absence ! =)

J’espère qu’il vous aura plu, j’attends vos avis avec impatience ! Et j’espère aussi qu’il n’y avait pas trop de fautes…hum.

 

Quant à la suite, elle arrivera vite, promis ! 

 

A très bientôt !!