L'espace d'un instant je te rencontre

par totaly38

 

Au Jardin des maîtresses

 

Chapitre I : L’espace d’un instant, je te rencontre

 

 

 

            La vie n’est pas toute belle toute rose, hein? Un bon nombre de personnes le savent. En effet, n’attendons rien d’autrui. La bonté n’existe plus. Du moins, a-t-elle déjà existé? Je ne préfère pas y répondre. Beaucoup s’échappe de la solitude comme ils le peuvent, quitte à jeter d’autre personne dedans. Chacun pour soi, oui, le plus faible se doit de souffrir. Cela, cette jungle, la dure loi, on la remarque entouré de jeunes adultes. Qui sont-ils? Des lycéens. Oui, la fausse aux lions n’est-ce pas. Ne me dites que votre séjours au lycée fut la plus belle expérience de votre vie, pardonnez-moi mais je vous rirez au nez. Ah, si c’est pour vous préparer à la vie, là je vous dis que c’est un bon entrainement. Mais que d’hypocrisie ! L’entourage n’est que factice, les sourires, ah! Parlons en des sourires, des regards, ne vous y fiez pas ! Oh non, cela pourrait vous être fatal. Ne jamais baisser sa garde, c’est l’une des règles primordiales. Le lycée, aah … Le lycée, je crois que je pourrais déblatérer tellement de choses, je crois que … Oui, je crois que le lycée est une étape dans la vie qu’on se doit de passer. C’est très important vous savez, c’est un passage à la vie d’adulte. On y trouve toute sorte d’énergumène là-bas. Absolument de tout.

 

 

 

            « Ah! Mais fait attention !! … Tu sais quoi? Tu commences à me taper sur les nerfs Miki !! Tu fais tout de travers !! Tu me soules grave là !! »

Une lumière argentée éclaire le gymnase. Des drapeaux sont accrochés à des poutres suspendus au plafond. De beaux drapeaux d’un vert foret, avec en son centre une feuille dorée. Sur un terrain de basket, un groupe de pom-pom girl s’entrainait. La capitaine, une grande blonde aux formes voluptueuses, crachait ses poumons.

« Ino-san…

- La ferme !! »

Elle fit volteface sèchement et lança un regard dur à sa coéquipière.

« J’ai dit … La ferme. »

Elle s’affala par terre, exténuée, et se prit la tête dans un mouvement désespéré.

« Miki … Combien de fois ne t’ai-je pas répété : Droite, gauche, saut, levé de jambe !!? C’est pas compliqué. »

Elle se releva avec souplesse. Et tout en grâce, se mit dos aux filles.

« Un, deux … Un, deux, trois !! »

Sans musique, à croire qu’elle l’avait dans la peau, elle se mit à danser d’un pas entrainant. Elle n’avait pas ses gestes secs de pom-pom girls, non, tout chez elle était fluide. C’était de la danse. Pas de pompons verts et dorés entre ses poings. Rien que son corps pour laisser couler le rythme. Sa chevelure dorée volait, attachée en une épaisse et haute queue de cheval. Son regard bleu brillait d’une joie que peu ne lui connaissait. Elle s’arrêta, essoufflée.

« Ce n’est pas si dure?! » S’écria-t-elle avec le peu de souffle qu’il lui restait.

Les filles ne pipèrent mot. Il y eu un toussotement. La blonde se retourna en grognant un : « Quoi encore? ». Mais elle se calma, prit même une teinte rosée.

« Sai-kun ? »

Stupéfaite, réalisait-elle seulement ce qu’il se passait ?

« Une pause les filles ! »

Ino se jeta dans les bras de l’arrivant. Elle l’embrassa passionnément, tout en glissant contre ses lèvres un :

« Tu m’as manqué. »

Des larmes de joies dans le coin des yeux, Ino était heureuse de retrouver l’homme qui l’avait laissé pendant deux mois.

« Deux mois sans te voir … Ca fait du bien de te retrouver, murmura-t-il

- Tu m’as tellement manqué, souffla-t-elle

- Viens, allons ailleurs.

- Oui … »

Elle jeta un coup d’œil vers ses filles, jacassant discrètement sur leur couple.

« On arrête là ! » Déclara-t-elle d’une voix brisée par l’émotion.

            Il faisait beau ce jour-là. Le parc qui se trouvait à côté du lycée était sublime. Posé dans un coin d’ombre, protégé d’un arbre, le jeune couple s’admirait, s’imprégnant des traits de l’autre.

« Qu’as-tu fait pendant notre séparation ? »

Devant les autres, la capitaine des pom-pom girls était exubérante, c’est ce côté-là qui avait repoussé Sai au tout début. Puis, à force de confiance lorsqu’ils s’étaient trouvés en tête à tête, elle s’était montrée douce et réconfortante. Il avait alors connu une toute autre jeune femme. Une Ino qui aimait les fleurs, qui aimait parler philosophie et culture. Qui aimait rire, bien sûr. Une belle Ino, qu’il avait alors apprécié. Car Sai est ce genre de garçon calme, souriant, poli mais mystérieux. Qui aurait cru que la sulfureuse, seconde année, Ino, capitaine des pom-pom girls, se retrouverait avec le terminal et si beau poète,  Sai ? Leur histoire était l’une des préférés des lycéens. Il y a de ça maintenant deux mois, Sai était parti en voyage, qu’il aimait appeler son pèlerinage. Il avait voyagé à travers le monde, apprenant l’art. Ino avait un peu boudé en l’apprenant, cependant … Elle ne pouvait qu’être heureuse pour lui. Mais deux mois … Deux mois c’est …

« C’est long. » Murmura Ino

Ce fut le premier mot d’Ino.

« Ino?

- Ah ! Pardon, j’étais dans mes pensées ! »

Elle éclata d’un beau rire. Sai l’admira. Un sourire doux s’étira sur ses lèvres.

« Ino … Tu me laisseras te peindre un jour? »

La blonde rougit, baissant brutalement son minois. Le garçon rit, aimant cette Ino là. La blonde releva son visage.

« Je … Bien sûr. »

Il attrapa son menton fragile et l’embrassa.

« Tu m’as … Vraiment manqué, murmura-t-il

- Je t’aime Sai. »

 

 

 

            Le vent s’engouffre dans ses cheveux, et sa longue écharpe en laine noire suit la cadence. Son regard vert brille. Elle transpire la bonne humeur. Elle pédale, pédale le plus rapidement possible. Elle bifurque dans une rue en pente, fait la danseuse. Habillée d’un jeans classique, d’une tunique émeraude, allant de pair avec ses yeux, tout ça rehaussé d’un gros gilet de laine brun et de bottine en daim. Son sac, coincé sous son bras, se ballote contre son flanc droit. Elle secoue sa chevelure avec vivacité. Arrivée devant le lycée, elle attache ses cheveux, puis son vélo. Elle place sur son nez, de petites lunettes grises. Haruno Sakura est arrivée. Son sac est lourd, c’est bien normal, s’y trouve une tonne de livres. D’ailleurs elle arrive à la bibliothèque. Saluant poliment la responsable du CDI, elle dépose son sac et sort une pile de livre.

« C’est la commande que vous avez faite à ma mère.

- Ah, merci Sakura. C’est pratique d’avoir la fille de la directrice de la bibliothèque centrale dans ce lycée » Soupire la responsable

Sakura sourit, elle referme son sac et fait malencontreusement tomber ses clefs, elle se baisse et les attrape avec grâce.

« C’est vrai que cela doit vous enlevez un poids considérable.

- Oui, mais au point où nous en sommes, tu n’auras bientôt plus de dos, ma pauvre Sakura.

- Ne vous inquiétez pas pour moi ! Je suis robuste ! Bien, je vais y aller, sinon je vais être en retard.

- Et que serait Sakura Haruno en retard?

- Sûrement un imposteur. » Marmonne Sakura

Elle sourit poliment, puis sort du CDI. C’est bien ça qui embêtait Sakura, cette image de fille modèle qui lui collait, si bien, à la peau. Parce qu’elle était fille de bibliothécaire, parce qu’elle décrochait bon nombre de bonnes notes, que sa tenue était toujours correcte, elle était Sakura Haruno. Et elle se devait de ne jamais rien faire de travers. Sakura était presque parfaite. A l’angle d’un couloir, elle bouscule quelqu’un.

« Oh ! Pardon !! » S’exclame-t-elle

Elle relève vivement les yeux vers l’inconnu, prête à s’excuser de nouveau. Sakura rougit. Oui, elle presque bon partout, sauf en amour ...
« Uchiha. »

Il lui jette un bref regard en coin, puis part. Figée, elle reste là, pétrifiée.

« J’ai touché Sasuke … Oh ! Non, je l’ai bousculé je …, pense-t-elle

- Sakura?

- Neh? … Oui Shizune ?

- Tu sais que cela va faire plus de cinq minutes que ça a sonné ?

- Hein ?! Oh ! Oh!! J‘y vais ! »

Courant à en perdre haleine, elle dévala escaliers comme personne. Elle pensait : Inspiration, expiration. Arrivée devant sa salle de cours, elle reprit son souffle et toqua doucement. Elle n’entendit qu’un grognement pour réponse :

« Hn ? »

Ouvrant lentement la porte, elle croise le regard las de son professeur. Un homme bedonnant et aigri.

« Et bien Horuna ? On s’est perdue dans les couloirs ? Pourtant Vous êtes connue pour être la plus collante des élèves ? »

Bien sûr la classe éclate de rire et très vite Sakura est mal à l’aise. Alors que se niche au creux de son estomac de l’inquiétude, elle sent ses doigts bouger nerveusement.

« Moi ? Collante ? Mais pour qui vous prenez-vous ? Essuyez-vous la bouche sale espèce de dégoûtant et arrêtez de nous postillonner dessus !! Et au passage, vous avez de la bave dans votre moustache !! Monsieur … Inki* … oups, je voulais dire … Kibaki !! »

Ça par contre elle ne le dit pas, mais le pensa très fort. Si fort qu’elle en rougit. Une colère sourde la faisait trembler. Elle se cacha derrière sa frange.

« Euh … Euh … Je suis … Vraiment désolée.

- Je ne vous accepte pas. Vous pouvez aller en permanence … Haruna !

- Je … C’est Haruno.

- Pardon?

- Mon nom de fam…

- Déguerpissez !! »

            Jetée comme une malpropre, elle aire désormais dans les couloirs. Son sac sous son bras, quelques livres entre ses mains. Elle allait tourner dans une des nombreuses ailes du couloir lorsqu’elle surprit une conversation.

« Tu l’as?

- Ouais, tiens. C’est 800 yens.

- Quoi?! Mais … J’ai presque rien pris !

- C’est le prix. »

Sakura s’arrêta, elle entendit un grognement.

« Je me demande si je ne devrais pas chercher des tazes autre part ! Pff.

- Fais ce que tu veux, je m’en fous. En tout cas, si tu te fais balancer par cet autre type, ne viens pas te plaindre. »

L’acheteur grogna. Interloquée, elle se plaqua contre le mur. De la vente … De drogue? Elle reconnaissait cette voix, pour l’avoir écouter de nombreuses fois. Elle se plaqua les mains sur la bouche. C’était impossible ! Sasuke était si beau, si intelligent, si …
« Qu’est-ce que tu fous là? »

Prise sur le fait, elle sursauta violemment. Rouge de confusion, mais surtout de panique elle ne put s’empêcher de begayer :

« U… Uchiha ! »

Il haussa un sourcil et lui jeta un regard noir et soupçonneux.

« Ca ne te dérange pas à ce que je vois d’écouter les conversations.

- Je … Je n’ai pas fait exprès !

- Donc tu l’as bien entendu » Soupira-t-il

Qu’importait la situation gênante dans laquelle elle était, elle avait l’occasion de l’admirer de près. Elle ne put s’empêcher de rougir, réalisant qu’elle se comportait comme une groupie. Imprimant chacun de ses traits, dessinant les courbes de son visage. Sans rien ajouter de plus, il la quitta. Droite comme une statue de sel, Sakura n’osa bouger.

« Si tu dis quoique ce soit à quelqu’un… »

Il se tourna, et elle eut le malheur de croiser son regard. De la chaire de poule sur les bras, elle trembla de peur. Son cœur se décrocha de sa poitrine pour tomber dans son ventre.

« Hn … Oui ! »

Elle avait compris la sentence, pas besoin de mots, ça la ferait s’évanouir. Oui, Sasuke était beau, oui il avait de la prestance et quel personnage ! Mais il était horriblement froid et effrayant et Sakura se dit alors qu’en amour c’était mal barré pour elle. Lorsqu’elle releva les yeux, le couloir était vide, elle était seule. Elle eut un regard paniquée et s’exclama à voix haute :

« Oh Kami-sama !! Il doit me prendre pour une petite fouineuse ! Il ne me connait pas que déjà il se fait une mauvaise idée de moi !!! Aaah !! J’suis qu’une imbécile !! »

 

*Inki : Triste, sombre, grisonnant, glauque.

 

 

 

            Le sport était une de ses activités favorites. Mais surtout, cette matière maintenait sa moyenne. C’est pourquoi Tenten se devait de mettre un point d’honneur à toutes ses aptitudes physiques. Pourtant, elle était très féminine, et beaucoup de garçons la trouvaient très jolie. Bon, certes, Ino Yamanaka était plus appréciée, mais Tenten étant plus âgée qu’elle, elle se trouvait automatiquement en première position ! Et paf ! Son court short vert et doré mettait ses cuisses bronzées et fines en valeurs. Elle s’étire, démontrant un décolleté plus qu’attrayant. Oh oui, Tenten avait un charme fou et faisait des ravages certains. Elle en était d’ailleurs très fière. Après tout, sa mère lui avait toujours fait comprendre que la beauté était un avantage certain dans la vie. Elle attache ses longs cheveux bouclés en chignon pendouillant.

« Bien l’heure est fini ! Allez tous vous changer ! 

- Oui ! » Crient les élèves

Au pas de course Tenten part dans les vestiaires, elle se lave et se change. Il lui semblait important pour elle d’être toujours d’une hygiène impeccable. Elle sort, habillée d’un bermuda vert kaki, d’un débardeur gris foncé, d’un gilet simple vert et de basket rose et kaki. Elle lâche ses longs cheveux bruns, qui cascadent le long de son dos. Son sac à dos noir en main, elle débarque dans les toilettes, s’applique une couche de gloss, seul effet illusoire qu’elle ne désire mettre. Rien d’autre. Selon Tenten, la bouche est le premier atout d’une femme. Posséder de belles lèvres, fermes et douces est chose importante. C’est la pause déjeuné, et Tenten court pour aller à la cafétéria. Servie, elle cherche une place. Sourire aux lèvres, elle se dirige vers une table.

« Lee-kun ! »

Un garçon pas très beau et aux grands yeux se tourne vers elle. Un grand sourire aux lèvres, il agite les bras.

 « Ça va Tenten ?

- Absolument bien ! J’ai commencé avec deux heures de sport ce matin, à neuf heures ! »

Le brun sourit.

« D’où tiens-tu cette vivacité? Demande-t-il malicieux

- C’est toi qui me l’as transmise, baka-aa ! »

Elle enfourna dans sa bouche une brochette de tsukuné.

« Ils se sont surpassés aujourd’hui !!

- Tu ne le sais pas?

- De quoi ?

- Les représentants de Suna débarquent ici !

- Neeh?! Pour quoi faire?? »

Baguettes en main, elle engloutit alors du curry au bœuf et au champignon.

« C’est bizarre ! 

- Soit plus propre quand tu manges. On ne t’a pas appris qu’on ne parlait pas la bouche pleine? » Dénonce une voix hautaine qui n’est pas celle de Lee, pour sûr.

Tenten rougit, la bouche encore pleine de curry. Ses lèvres brillantes de sauces en une petite moue mignonne.

« Hy… Hyûga-san !

- En personne. »

Tenten avale sa bouchée, se redresse du mieux qu’elle peut. Un peu rougissante, elle grogne avec embarras :

« Qu’est-ce que tu veux encore? »

Il sourit, et se penche sur la table. Ses longs cheveux bruns glissent sur son épaule gauche.

« Gênée?

- Pas du tout !! »

Elle se mit à bouder. Il se redressa, satisfait.

« Fait attention, vu au train où tu vas … Tu risques de grossir. »

Puis il partit. La jeune femme le suivit du regard, toujours sa petite moue sur le visage. Elle repose ses yeux sur son assiette, puis soupire un:

« Je n’ai plus faim. »

Lee sourit, puis du bout des doigts attira l’assiette vers lui, tout un jetant un regard en biais à Tenten, il déclare fièrement:

« Ainsi, j’imagine que ça ne t’embêtera pas si je te finis ton assiette?

- Que? Pas question !! Passe-moi ça, baka ! »

Elle reprit sauvagement son assiette puis mangea goulument. Tenten était peut-être féminine, sensible sur son poids, et, indéniablement amoureuse d’un petit arrogant efféminé, elle ne restait pas moins un ventre sur patte !

 

 

 

            Calme et sérénité. Rien de mieux qu’un antre de paix. Dès qu’Hinata Hyûga était arrivée en ces lieux qu’est le lycée, elle avait dès lors cherché un petit coin tranquille dans lequel se reposer les heures où elle n’aurait pas cours. Un endroit où lire et écouter de la musique. Un endroit où composer. Oui, Hinata écrivait bon nombre de poème et de musique. Ecrire était sa passion, la seule qu’elle n’ait trouvée pour aller mieux. Elle posa délicatement sa tête sur un tronc d’arbre, ferma les yeux, et savoura la faible lueur qui d’entre les feuilles éclairait son visage. Un soupire de contentement s’échappa de ses lèvres. Du bout des doigts elle caressa la page de son carnet. Un carnet bleu ciel, aux pages noircies par des sentiments. Les siens, les leurs. La belle brune aimait écrire ce qu’elle voyait, ou même ce qu’elle semblait percevoir. Jusqu’ici, tout allait bien, mais depuis un certain temps, une tâche perturbait son petit monde tranquille. Une tâche commençant par « N ». Elle entonne une de ses compositions :

 

 

Petite, je n’ai jamais su ce que je deviendrais.

Je n’avais pas de grand rêve. M’attachant à tout.

Non, je ne savais pas que je te rencontrerais.

Et même maintenant, je ne m’attends pas à un « nous ».

Je ne sais pas ce que toi et moi donnerons.

Ni si nous nous en contenterons.

 

 

            Elle rouvrit ses yeux d’un bleu pâle. Un sourire s’étala sur ses lèvres roses. Oui et c’était une très belle tâche par ailleurs. Mais, malheureusement, une tâche inapprochable. Elle inspira une grande bouffée d’air et se releva avec énergie, elle rangea son carnet dans son sac en bandoulière. Hinata était très commune. Habillée d’un jean, d’un pull col roulé gris et d’un gilet large et épais bleu foncé, elle avait ce matin-ci opté pour des bottes grises. Elle restait pourtant ce qu’on s’entêtait à répéter : « La fille invisible ». Entre deux buissons, elle sort, et se retrouve dans un petit chemin de terre. La tête dans les nuages. Elle continue sa composition :

 

 

Je sais une chose, c’est qu’à tes côtés j’apprends.

Je t’aime. Tu m’entends?

Non, tu préfères voire ailleurs, me faire mal.

Et mon cœur? Est-il si banal?

 

 

            Alors qu’elle tourne la tête, elle voit assit sur un banc un couple. Rêvassant elle les regarde avec discrétion. Elle aimerait leur ressembler. Elle soupire. Serrant avec énergie sa pochette en carton, elle balaye d’un coup sec sa frange. Elle arrive devant son lycée. Un immense bâtiment, arborant fièrement le drapeau de l’équipe de basket. Elle le contourne, toujours rêveuse. Un peu curieuse, elle jette quelque coup d’œil dans les salles de classes. Les élèves présents essaient d’écouter, mais cela semble dur. Hinata sourit, après tout elle les comprenait.

 

 

Je te donne la clef.

C’est à toi d’actionner.

De découvrir ce que cache mon cœur.

Tu sais, tu n’as pas à avoir peur.

Il est un peu comme tous les autres.

Avec quelques fautes.

 

 

            Elle arrive devant un stade en plein air où s’entraînait des joueurs. La jeune Hinata s’arrête. Le souffle coupé par la scène. Son cœur bat si vite, qu’il l’entraine. Elle l’admire, profite de sa solitude. Son regard pétillant va de pair avec son rire. Son sourire est le plus beau des trésors. La joie, la plus belle de ses qualités. Hinata l’aime. Elle l’admire. Elle sait qu’elle n’est pas la seule, mais elle sait qu’elle seule l’aime pour sa vraie nature. Elle sourit. Il fait un panier, et tape dans la main d’un de ses coéquipiers. Il prend une serviette et essuie son visage. Alors qu’il fait une passe, il s’arrête. Et se tourne dans sa direction, ses sourcils, blonds, sont froncés. Hinata s’est cachée. Il était pourtant sûr d’avoir vu quelqu’un … Tant pis. Il se retourne et continu de jouer.

 

 

Je te donne la clef.

Celle de mon cœur.

C’est à toi d’actionner.

Tu n’as pas à avoir peur.

Il est comme les autres.

Avec de petites … Fautes.

 

 

            Se cacher, toujours se cacher. Hinata sait que s’il lui venait un jour la stupide envie de se dévoiler, la charge sur ses épaules, la pression des rumeurs, la ferait s’évanouir. Elle contourna lentement le terrain, le plus discrètement possible. Après tout, elle était transparente, personne ne la voyait jamais. Ca ne la blessait pas, elle les comprenait entre autre. Elle était ce qu’elle était.

« La vie est faite ainsi … Le changement n’existe pas chez les gens comme moi. »

C’est triste à dire, mais Hinata avait perdu espoir depuis longtemps. Telle l’âme errante qu’elle est, elle s’aventure en terrain glissant. Oui, Naruto Uzumaki était connue, pas elle.