Chapitre 5 : Découvertes

par CookieKandy

Un silence s’installa tranquillement entre eux, avant que Tenten le brise avec une question inattendue.

 

- Pourquoi tu as dis excepté les succubes ?

 

Le blond fut pris de court par cette question. Puisqu’il l’observait sans rien dire, Tenten décida de reformuler sa question.

 

- Je me demande juste pourquoi il n’y a que les succubes qui n’ont pas les yeux et les cheveux rouges ou foncés.

- Ben, ce sont des succubes. Les succubes sont des démons femelles qui ont pour mission de corrompre l’homme, expliqua-t-il en voyant que la brune ne comprenait toujours pas. Alors pour ça, elles ont le pouvoir de changer leurs apparences selon les fantasmes de leur victime.

 

La brune comprit finalement et acquiesça de la tête. Lorsqu’elle se leva dans l’intension de rentrer, son portable se mit à sonner et elle se dépêcha à répondre.

 

- Allo, Temari ? Comment ça va ?

* Super. Hum, j’appelle pour savoir si on pouvait se voir. Genre là, toute suite.

- Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta Tenten.

* En quelque sorte. Est-ce que tu es chez toi ?

- Non, je suis chez un ami, mais je…

* Oh non, l’interrompit son amie. Donnes-moi juste l’adresse et j’arrive.

 

La brune s’exécuta, un peu perturbée par l’attitude de son amie blonde. Lorsqu’elle eut raccroché, elle se tourna vers Naruto, qui s’était déplacé en cuisine pour préparer deux verres d’eau.

 

- Une amie à toi ? s’enquit-il.

- Oui et ça semblait assez important pour qu’elle préfère me rejoindre ici, souffla Tenten, soucieuse pour son amie.

 

Au paradis, Neji sentit son cœur se serrer en voyant cet air soucieux sur le visage de la jeune femme. Alors sur un coup de tête, il changea de personne cible et demanda au lac de lui montrer Temari. Le voyant faire, sa cousine le regarda avec curiosité.

 

- Tu connais cette fille ? demanda-t-elle pendant que l’image se stabilisait.

- Je l’ai rencontré le jour où…

 

Les yeux rivés sur la surface du lac, l’ange vit apparaître Temari et Gaara qui marchaient en direction de l’appartement de Naruto. Et ce qu’il vit le fit taire. Le roux empoignait le bras de sa sœur pour la faire éviter un objet invisible et le refit à quelques reprises, et la blonde le remerciait à chaque fois. Mais elle le remerciait de quoi ? se demanda Neji. Il ne voyait absolument rien qui puisse justifier ce geste. Mais leur arrivé dans le couloir du demi-démon sembla répondre en partie à cette interrogation. Le jeune homme s’était arrêté et fixait un point à côté de la porte, gardant un bras levé devant sa sœur. Celle-ci semblait chercher ce qui préoccupait son cadet.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ? lui souffla-t-elle.

 

Sans lui répondre, son frère avança doucement vers la porte, les yeux toujours fixés sur un point à côté de la porte.

 

- Qui êtes-vous ? demanda-t-il soudainement.

- À qui tu parles ? fit Temari.

- Ne faites pas comme si de rien n’était, poursuivit le roux en ignorant sa sœur. Je peux vous voir écouter à cette porte.

 

Au paradis, les yeux de Neji et Hanabi s’écarquillèrent de surprise, se souvenant que Naruto avait dit qu’Haku restait derrière la porte, n’osant pas entrer à cause de sa moitié démoniaque. Déstabilisé, l’ange gardien se matérialisa à la vue de tous et regarda le roux avec méfiance.

 

- Et vous, vous êtes qui ? rétorqua-t-il.

- Mon frère a posé la question en premier, attaqua Temari.

- Des amis de ceux qui se trouvent dans cet appartement, répondit tout de même le roux. Maintenant à votre tour.

- Je suis chargé de surveiller l’humaine.

- Il est passé où Neji ? s’exclama la blonde.

 

Cette fois-ci, se fut le nouvel ange gardien qui écarquilla les yeux sous la surprise.

 

- D’où le connaissez-vous ?

- Selon vous ? s’impatienta la jeune femme. Je suis une amie de Tenten et Neji ne se cachait pas comme vous.

- C’est l’ordre qu’on m’a donné, s’offusqua Haku, pour éviter qu’il ne se reproduise…

 

L’ange s’arrêta net et plaqua une main sur sa bouche, signe qu’il en avait trop dit. Au ciel, Neji secoua la tête, découragé par ce manque de retenu.

 

- Mais comment cela se fait-il, que vous ayez pu me voir, alors que j’étais invisible aux yeux de tous ? se reprit l’ange gardien. Et ce même pour les autres anges.

- Ce serait trop long à expliquer, soupira Temari.

- Ce n’est pas tout, mais on doit prévenir Tenten et le demi-démon avec qui elle est, coupa Gaara.

- Ce n’est pas un demi-démon que je sens d’ici, rétorqua Haku.

- Bien sûr que non, sa moitié angélique commence à peine à ressortir, maintenant qu’il ne vit plus aux enfers.

- Attendez ! s’exclama le brun, perdu à cette énonciation. Vous avez dit… Mais c’est impossible ! Jamais un ange n’aurait…

- C’est bien la preuve que les hauts dirigeants cachent des choses à leurs subalternes, ricana la jeune femme.

- Je vous conseille d’entrer avec nous, si vous voulez comprendre ce qui se trame sur la terre à cause d’eux, déclara le roux en prenant doucement le bras de sa sœur.

 

Temari s’avança pour frapper, pendant que les deux cousins se regardaient au paradis. Ce qui se tramait sur terre ? Cela faisait un moment qu’ils se trouvaient devant le lac de l’Humanité, mais ce qu’ils allaient entendre dans les prochaines minutes pouvaient devenir capital pour leur survie à tous. Dans l’appartement du blond, Tenten se redressa au bruit et le démon se leva pour aller ouvrir. Il s’arrêta un moment à la vue du trio.

 

- Hum, rafraîchis-moi la mémoire, Tenten, l’interpella-t-il sans quitter le trio des yeux. Tu attendais combien de personne ?

 

Intriguée, la brune le rejoignit.

 

- Oh, Gaara ! J’ignorais que tu devais venir aussi.

- C’est en quelque sorte de ma part, que Temari t’a contacté. Et celui-là semble être ton nouvel ange gardien, ajouta-t-il devant le regard interrogateur qu’elle jetait à Haku.

- Il est où Neji ? redemanda Temari.

 

Prise de court, la seule vraie humaine du lot ouvrit la bouche, mais le referma rapidement. Elle préféra leur faire signe d’entrer et retourna s’asseoir sur le canapé, rapidement rejoint par la blonde. Naruto alla chercher deux chaises dans la cuisine et les plaça de l’autre côté de la table basse. Voyant qu’Haku ne voulait pas se rapprocher plus du demi-démon, Gaara prit la seconde chaise et lui emmena, avant d’aller prendre place à côté de sa sœur aînée.

 

- Bon, qu’est-ce qui pressait tant pour que vous préfériez me rejoindre ici ? demanda finalement Tenten.

- Parce que ça aurait été trop dangereux d’aller chez toi, confia Gaara.

- Gaara ! le réprimanda sa sœur devant son manque de tact.

- Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Naruto.

 

La blonde se massa les tempes en fermant les yeux.

 

- Il n’y avait pourtant rien d’alarmant quand on est parti il y a deux heures, déclara Haku.

- Et vous êtes qui d’abord ? se braqua Tenten.

- Comme l’a dit votre ami, je suis votre nouvel ange gardien. Je m’appelle Haku et on m’avait demandé de ne jamais me montrer. Mais votre ami est quand même arrivé à me voir, conclu-t-il en regardant le roux.

 

Étonnés, Naruto et Tenten se retournèrent vers celui-ci, qui resta stoïque devant leurs regards.

 

- L’un de vos parents était un ange, comprit le blond.

- Notre père était un ange gardien, jusqu’au jour où il est tombé amoureux de la sœur de son protégé, confirma Gaara.

- Et que les hauts dirigeants ont appris qu’elle était enceinte, crut bon d’ajoute la blonde.

- Pourtant, aucun ange n’a jamais…, tenta Haku.

- Arrêtez de dire jamais, s’emporta Temari, car on peut vous jurer que vos supérieurs vous mentent et vous cachent bien des choses.

- Et que lui est-il arrivé ? demanda Tenten pour calmer le jeu.

- Il a été destitué de ses ailes, répondit son amie.

- Avant ou après sa naissance ? demanda Haku en regardant le roux.

 

Ce dernier garda le silence et se tourna vers sa sœur. Celle-ci soupira bruyamment pour se donenr un peu de courage et enchaîna :

 

- Avant même ma naissance.

- Alors comment cela se fait-il qu’il ait pu me voir, mais pas vous ? demanda l’ange en se tournant vers elle.

- Une longue, très longue histoire, déclara-t-elle tristement. Au départ, il n’y avait que moi qui avais des pouvoirs.

- Jusqu’au jour de la mort de Kankuro, souffla son cadet.

- C’est qui Kankuro ? demanda Naruto en redoutant la réponse.

 

Les deux demi-anges gardèrent le silence un moment, la tête baissée.

 

- Notre frère, confia finalement la blonde. C’était celui du milieu et tout comme Gaara, il n’avait pas aucun don. Mais…

- Des démons s’en sont pris à nous, alors qu’on se promenait tous les deux, poursuivit Gaara. Se doutant que c’était à cause de notre ascendance céleste, il m’a ordonné de courir et de rentrer. Mais je me suis plutôt caché et appeler notre père. Avec l’aide de Temari, il pourrait faire disparaître ces démons et nous sauver.

- Mais à notre arrivée, il baignait déjà dans une large flaque de sang et Gaara tentait en vain d’arrêter l’hémorragie, enchaîna Temari.

- Je les ai vus lui arracher le cœur et le manger, reprit le jeune homme. Et à ce moment-là, c’est comme si je voyais au-travers des yeux d’un autre. J’arrivais à voir des choses que les autres ne pouvaient voir. Même ceux qui sont entièrement mythiques ne peuvent en voir un autre qui se cache délibérément. Comme vous.

- Notre père en a déduit que ses dons se sont en quelque sorte réveillés, lorsqu’il a assisté à la mort de notre frère, conclut la blonde.

 

Un silence s’installa et ce fut Tenten qui le cassa.

 

- Pour en revenir à mon appartement. Qu’est-ce qu’il y a de si dangereux ?

- Une horde de démon le surveille, mais ils se camouflent, confia Gaara.

- Oh mon dieu, Lee ! s’écria-t-elle en se levant d’un bond.

- T’inquiète, la rassura son amie en posant une main sur son avant-bras. Il n’était pas là quand on est passé et en l’appelant, il nous a dit qu’il était chez ses parents pour la fin de semaine.

 

La brune se laissa retomber sur le sofa en soupirant de soulagement, mais elle se redressa rapidement, de nouveau inquiète.

 

- Pourquoi ne m’ont-ils pas attaqué tantôt ?

- Ils attendent surement que tu sois seule, suggéra le roux en regardant Haku. Après tout, Neji n’était pas avec toi vingt-quatre heures sur vingt-quatre, puisqu’il devait devenir ton ami et se rapprocher de toi discrètement.

- C’est nettement plus facile d’intervenir quand on n’a pas à se cacher, marmonna Haku. Mais comme il l’a dit, ils doivent attendre de ne plus sentir ma présence, reprit-il plus fort.

- Ils peuvent donc te sentir, mais pas te voir, répéta Tenten.

- Tout comme moi ou Naruto j’imagine, acquiesça Temari. Même si je ne ressens pas tellement la présence de ceux qui se cachent. Si j’ai toute suite su pour Neji, c’est seulement parce qu’il était visible.

 

La brune comprenait plus ou moins leurs explications, n’étant pas encore habitué à cette nouvelle réalité. Mais découvrir du jour au lendemain que deux de ses meilleurs amis étaient d’ascendance céleste la perturbait énormément. Cela faisait quand même plus de cinq ans qu’elle connaissait Temari et presque autant pour Gaara. Les voir autrement lui était vraiment difficile. Elle se sentait un peu toute seule avec toutes ces créatures mythiques qui se dévoilaient autour d’elle ces derniers jours.

 

- Ça va Tenten ? demanda soudainement Naruto.

 

Tout le monde se retourna vers elle en entendant cette question et la jeune femme sentit le rouge lui monter au visage.

 

- Ça peut aller. Je suis juste peu prise de court par tout ça, avoua-t-elle.

- T’inquiète, je m’habitue doucement à l’idée que mon père n’était pas un démon, sourit le blond. Ça fait tout étrange dans mon ventre, confia-t-il avec une face comique.

 

Ce commentaire fit rire tout le monde, même les anges au paradis, bien qu’il fut de courte durée. Neji se crispa, lorsqu’il sentit une présence derrière eux et en se retournant, il découvrit Kô, le bras de droit de son oncle. Ressentant la tension de son cousin, Hanabi suivit son regard et blanchit à vue d’œil. Si son père apprenait qu’elle venait régulièrement ici, il l’enfermerait dans sa chambre comme il le faisait déjà avec sa sœur.

 

- Vous savez que vous n’avez pas le droit d’être ici, les réprimanda Kô. Et plus particulièrement toi, Neji. Tu devrais être en train de méditer sur tes tords. Et vous, mademoiselle Hanabi, ce lieu n’est pas fait pour une personne de votre rang.

- Qu’est-ce que le rang vient faire là-dedans ? s’emporta Neji. Dîtes-le toute suite, que c’est parce qu’elle est restée de son plein gré sur terre.

- Neji ! gémit la jeune fille, apeurée.

- Non je ne me tairai pas ! On nous ment, on nous lave le cerveau pour qu’on prenne les humains de haut, alors qu’il y en a des bien plus purs que nous.

 

Sa cadette le regarda avec des yeux écarquillés par la peur, mais aussi sous la surprise. Jamais son cousin ne s’était emporté de la sorte avant aujourd’hui. Cette mission sur terre les avait complètement changés et la vie au paradis n’en était devenue que plus difficile. Même Kô semblait abasourdit par cette révolte et ne savait plus vraiment quoi dire après.

 

- Vous mentez quand vous dîtes qu’aucun ange n’a abandonné ses ailes par amour, poursuivit Neji. J’en ai eu la preuve ! J’ai rencontré deux demi-anges quand j’étais sur terre et je suis persuadé qu’ils ne sont pas les seuls sur cette planète. Et vous mentez aussi quand vous dîtes qu’il n’y a aucune amitié possible avec les démons. Il existe un demi-ange-démon. Qu’ait-il arrivé à l’ange gardien Minato ? Pourquoi Naruto a-t-il été élevé aux enfers par un certain Jiraiya et non ici ou sur terre ?

 

Les yeux de son interlocuteur s’écarquillèrent devant toutes ces accusations et ces questions. En tant que bras droit, il savait bien des choses que les autres ignoraient, mais il ne s’attendait pas à autant de savoir acquis sur terre en moins d’une semaine. Et l’attaque de Neji était bien précise. Alors qu’ils se défiaient du regard, Hanabi se retourna vers le lac et vit Gaara sortir un petit bloc-notes de sa poche et le tendre à Naruto.

 

- Neji, regarde ! s’exclama-t-elle.

 

Déstabilisé, le jeune homme coupa l’échange visuel et porta ses yeux sur la surface. Ses sourcils se froncèrent en découvrant la scène.

 

- Je crois que ce carnet pourrait t’intéresser, déclara le roux.

- Qu’est-ce que c’est ? l’interrogea Naruto prenant le carnet.

 

Tous remarquèrent le regard étonné de Temari.

 

- C’est mon père qui me l’a donné, quand j’ai commencé à voir ce que les autres ne pouvaient. Et maintenant que je t’ai rencontré, je sais qu’il te revient.

 

Le blond fronça les sourcils et l’ouvrit avec méfiance. En découvrant les premiers mots, Naruto se leva d’un bond, les yeux grands ouverts.

 

- Comment l’a-t-il obtenu ?

- Il semblerait que nos pères aient été amis avant que le tien soit exécuté.

 

Soudainement, la question de Neji fut répondue. Minato n’avait pas seulement été banni comme celui de Temari et Gaara, mais exécuté. Jamais il n’avait entendu parler d’une exécution. Un autre mensonge, sourit dédaigneusement le jeune homme. Et son oncle y avait assisté. La mâchoire serrée, le brun se concentra sur le lac, où Naruto s’était rassis encore sous le choc des premières lignes écrites par son père.

 

- Notre père n’a pas voulu s’épancher sur le sujet, poursuivit le roux. Ce que je sais, c’est qu’il n’a jamais pu le lire. Ce doit être votre lien de sang qui le permet et…

- Non, c’est clairement écrit, l’arrêta le demi-démon. Il l’a écrit à mon intension. Il se savait condamner et il a voulu me confier certaines choses.

- Vraiment ? Pourtant je n’ai rien lu de spécial.

 

Étonné, le blond relu une nouvelle fois les premières lignes, mais à voix haute cette fois-ci.

 

« Naruto, si tu lis ces mots, c’est que mon journal t’aura enfin trouvé. Sachant que je ne pourrai te montrer à utiliser tes pouvoirs d’ange gardien, j’ai rédigé ce journal pour te les enseigner malgré tout. Et si j’ai bien compris ta mère, elle ne doit plus être de ce monde non plus. Mais je suis persuadé que maître Jiraiya t’aura enseigné tout ce que tu dois savoir dans son domaine… »

 

- Ce n’est pas ce que j’ai lu ! s’exclama Gaara en se levant.

 

Devant son incompréhension, Naruto lui tendit le carnet, pour qu’il puisse le relire.

 

- Ce n’est pourtant pas ce que je vois, souffla le roux en relisant rapidement les premières lignes.

- Qu’est-ce que tu lis ? demanda sa sœur.

- « Moi, Minato Namikaze, écrit ce journal pour laisser une trace de mon passage sur cette terre et ouvrir les yeux des gens qui la protège. Mon fils viendra un jour à découvrir ses origines et j’espère qu’il pourra lire ces mots que je m’apprête à écrire. »

- Le cryptage, marmonne Haku pour lui-même.

- Le quoi ? se retourne Gaara.

 

L’ange gardien redressa la tête vers lui, le visage surpris, mais aussi ébahi.

 

- Le cryptage est un pouvoir que certains anges de haut niveau maîtrisent, expliqua-t-il. Ils l’utilisent pour que seuls ceux qui y sont autorisés puissent le lire. Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y ait eu un second message que seul Gaara ait pu lire. Comment Minato pouvait savoir que quelqu’un avec ton don allait être en possession de son journal ?

- Tu es le seul vrai ange de la pièce, à toi de nous éclairer, fit remarquer Naruto sans aucune méchanceté.

 

Celui-ci les regarda à tour de rôle, ne connaissant pas plus la réponse. Au paradis, Neji s’était de nouveau retourné vers le bras droit de son oncle, qui regardait lui aussi les images sur le lac. Il semblait étonné, remarqua le jeune homme.

 

- Que sais-tu de ce Minato Namikaze ? l’attaqua Neji.

- Je n’ai pas le droit de…

- Il y a tellement de chose à dire, fit une voix derrière eux.

 

Surpris, les trois Hyuuga se retournèrent d’un bond vers cette voix et découvrirent une jeune femme blonde aux yeux rose pâle. Neji l’avait déjà rencontré à quelques reprises lors de sa formation, alors que celle-ci étudiait pour devenir l’assistante d’un haut fonctionnaire du paradis. Shion Toya, héritière de la seconde plus ancienne famille du paradis.

 

-Que veux-tu dire ? demanda Neji.

- Et bien, je peux déjà vous dire qu’il était issu des Toya de par sa mère.

- Mademoiselle Toya ! s’exclama Kô, scandalisé.

- N’étant pas issu de votre famille, je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous, déclara calmement la blonde. Et puis, c’est à cause du père de maître Hiashi, que mon grand-oncle a été exécuté. Il refusait qu’un ange puisse concrétiser des sentiments pour un démon. Les humains peuvent passer, mais une succube s’était trop.

- C’est mon grand-père qui a demandé son exécution ? répéta Hanabi.

- Ça et l’interdiction de parler de cet écart de conduite, acquiesça Shion. Tous les anges de l’époque ont dû faire le vœu de silence, confia-t-elle.

- Alors comment l’as-tu découvert ? demanda Neji.

- Un cryptage que seuls les membres de notre famille pourrait lire, révéla-t-elle en sortant un journal de sa poche. C’était un homme brillant, prévenant, mais aussi méfiant. Quand il s’est su condamner, il a écrit deux livres, un pour sa famille et un autre pour son fils. Précision qu’il a faite dans le notre. Il savait que nous serions surveillés après sa mort, alors il ne nous a pas laissé le second et on n’a jamais su qui en avait hérité.

- Maintenant on le sait, fit le jeune homme en reportant son attention sur le lac.

 

La blonde les rejoignit et regarda elle aussi la scène qui s’y déroulait.

 

- Voilà donc mon cousin, souffla-t-elle, émue.

- Dis m’en plus, quémanda Neji en se retournant de nouveau vers elle.

- Non ! s’opposa Kô.

- L’endoctrinement de la famille Hyuuga est tel, que lorsque vous allez sur terre pour la première fois, vous ne voyez que le mal et jamais…

- Silence ! lui intima le bras droit d’Hiashi.

- Minato a découvert que les hauts dirigeants amplifiaient les actions des démons, pour qu’on soit immanquablement dégoûté d’eux et…

- Taisez-vous, petite sotte ! s’emporta l’aîné.

 

Les trois plus jeune se retournèrent vers lui, apeurés pour les deux Hyuuga et attristée pour la Toya. En tremblant, Kô tourna les yeux vers ses épaules et il découvrit des tâches grises qui apparaissaient sur ses ailes. Animé par la colère pour la première fois, le bras droit d’Hiashi tressaillit et tomba à genoux au sol.

 

- Voyez comment il est facile de se corrompre soi-même, commença Shion sur un ton hautain et presque sans vie. Un mot de trop et on se laisse emporter par la colère. C’est le deuxième plus gros péché au paradis, juste après la luxure. Le plus petit, la gourmandise. Si faible qu’elle n’endommage presque pas les ailes. Pareil pour la paresse. Puis on arrive à l’envie, l’orgueil et l’avidité, qui assombrissent quelques plumes, mais sans trop dommage. Mais en ce qui concerne la colère et la luxure, elles teintent près de la moitié de nos plus et pis si l’une mène à la violence et si l’autre a été consommée.

 

Les deux cousins se regardèrent, étonnés par cette façon que Shion avait de décrire ce précepte. C’était bien différent de celui qu’on leur avait enseigné depuis leur plus jeune âge. Sa façon de le dire sonnait moins péjorative et incitait à accepter ces sentiments et non de les dramatiser. Ce que faisait Kô à l’instant.

 

- Si on acceptait tous notre personnalité multiple, qu’elle n’est ni blanche, ni noir, on pourrait enfin protéger convenablement les humains et les comprendre. Et puis cette guerre qu’on livre aux démons ne leur inflige que plus de dommage. Si on pouvait avoir un accord avec eux, avoir des règles bien définis entre nos deux univers, tout serait plus « vivable ». Moins contraignant. Et c’est une des choses qu’à découvert Minato.

- Découvert quoi ? demanda Hanabi, poussée par la curiosité.

- Que les trois chefs du paradis qui ont gouverné avant maître Hiashi, ont catégoriquement refusé toutes les demandes de pourparler avec le démon supérieur Jiraiya.

 

Les deux anges ne purent retenir leur cri de surprise, découvrant que l’homme qu’ils avaient rencontré au bar avait plusieurs millénaires. La jeune Hyuuga avait cru qu’il avait l’âge de son grand-père, mais au final, il vivait depuis bien plus longtemps. Comme les anges, les démons vivaient plusieurs siècles, mais ils n’étaient pas immortels pour autant. Lentement, Neji reporta son regard sur le lac. Naruto regardait le carnet de son père avec émotion, prêtant une oreille distraite à la conversation qui animait le trio d’ange. De son côté, Tenten s’était éloignée pour passer un coup de fil à son meilleur ami et lui poser quelques questions sans éveiller ses soupçons. La tâche sembla ardue, constata Neji, puisque Lee se montrer très perspicace, se souvint-il d’avoir entendu la jeune femme lui dire. Voyant qu’il ne récolterait plus d’informations intéressantes, le jeune ange tourna les yeux vers le bras droit de son oncle. Celui-ci ne semblait pas se remettre de sa soudaine colère et d’était recroquevillé au sol.

 

- Je dois voir mon oncle, déclara Neji en s’accroupissant devant Kô. Toute suite, insista-t-il.

 

En même temps que leur aîné, les deux jeunes femmes levèrent les yeux vers Neji, surprise par cette demande. Qu’allait-il dire à Hiashi ?

 

Au même moment, Konohamaru rentrait de son cours de la journée. Il aimait son programme, mais certains de ces cours laissaient à désirer. Par réflexe, il glissa sa main gauche dans la poche de son blouson pour toucher la lettre que Neji lui avait envoyée. Repenser à Hanabi le rendait toujours un peu triste, mais il gardait espoir de la revoir. Neji disait qu’elle l’aimait et qu’elle faisait tout pour se faire oublié de son père, alors il allait être patient. Dieu seul savait combien s’était difficile pour l’hyperactif qu’il était. Mais comme lui répétait constamment Naruto, il ne fallait pas perdre espoir. S’arrêtant devant une ruelle, il soupira bruyamment en fermant les yeux et au moment de les rouvrir, il se sentit tiré vers la droite. Retenant un cri de stupeur, le jeune homme tenta de se libérer, croyant être attaqué par des voyous incapable de travailler pour se trouver de l’argent. Sauf que lorsqu’il se retrouva plaqué au mur, le brun découvrit que son assaillant avait les yeux rouges. Pas injectés de sang comme les drogués, mais bien la couleur de ses iris. Sans pourvoir se l’expliquer, la peur monta en Konohamaru et il craignit de ne plus revoir Hanabi.

 

- Mais tu n’es pas un ange, grogna de mécontentement son assaillant.

- Hein ?

- Tu empestes l’ange, mais tu n’en es pas un.

- Je ne comprends pas, mais si c’est de l’argent que vous voulez, je n’en ai pas beaucoup sur moi.

- Mais je n’en veux pas de ton argent ! Je veux un ange, pas un humain qui en côtoie.

- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, tenta Konohamaru.

- Tu sens l’ange, répéta son agresseur. Tu sais ces êtres mythiques qui vivent au paradis et qui possèdent de grandes ailes blanches. Des prétentieux qui disent protéger les humains.

- Je ne sais pas ce que vous avez fumé, mais…

 

Il fut arrêté dans sa phrase, quand son agresseur le frappa contre le mur, une aura dangereuse se dégageant de chaque centimètre de l’homme devant lui. Konohamaru se sentit écrasé par cette force invisible et son estomac se souleva, mais il n’arriva pas à vomir son dîner.

 

- Vos petites gâteries d’humain ne m’intéressent pas, cracha son assaillant. Tu ne sembles pas comprendre qui je suis, poursuivit-il en rapprochant son visage du sien. Tu ne crois pas aux anges et aux démons ? Alors tes amis ne t’ont pas révélé leur vraie nature ? sourit-il.

 

Le jeune homme se crispa quand le dit démon lui lécha la joue, tel un prédateur avec sa proie. Si cet homme était un démon, comptait-il le manger comme on le voyait dans les films ? se demanda Konohamaru.

 

- Tu n’es peut-être pas un ange, mais tu vas peut-être le devenir avec cette âme presque immaculée.

 

Konohamaru préféra garder le silence, tentant de trouver une solution. Il ne sut pourquoi, mais la seule chose qui lui venait à l’esprit était de contacter Naruto. Il ignorait comment son ami pourrait lui venir en aide, mais au moins il ne serait pas seul. Alors le plus discrètement possible, il glissa sa main droite dans sa poche et ouvrit son téléphone. Lui qui se plaignait de ne pas avoir de téléphone tactile, s’en réjouissait aujourd’hui. Connaissant les touches par cœur, il réussit à le faire sans que le démon, qui continuait de « s’extasier » de son âme pure, ne le remarque. Dans son appartement, Naruto répondit à son cellulaire sans se douter de ce qui arrivait à son ami, mais lorsqu’il n’eut aucune réponse et perçut des murmures, il s’inquiéta. Le brun n’avait pas beaucoup de minutes de téléphone, préférant de toute façon discuter par message texte. Un mauvais pressentiment le prit aux trippes et il se leva d’un bond, faisant sursauter tout le monde. Sans donner d’explication, il leur dit qu’il revenait et sortit de l’appartement en courant. La chance lui sourit, puisque l’odeur de son ami se trouvait à peine deux rues plus loin. Mais son sang bouillonna, lorsqu’il vit un démon s’amuser avec Konohamaru. Que des démons s’en prennent à lui, il s’en fichait, mais qu’ils ne viennent pas embêter ses amis. Sans hésitation, Naruto traversa les mètres qui le séparaient d’eux, ses yeux tournèrent au rouge pour faire comprendre à qui il avait affaire. Mais finalement, c’était une vieille connaissance qu’il aurait préféré ne jamais revoir. Le blond attrapa l’agresseur de son ami par la gorge et le plaqua au mur opposé.

 

- Tiens, si ce n’est pas ce cher Naruto, sourit le démon. Ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vu aux enfers.

- T’aurais-je manqué, Yue ? grimaça le blond.

- Maintenant tu sauves les âmes pures ?

- Ça ne regarde pas. Maintenant dégage !

- Est-ce que je t’ai déjà obéit ? le provoqua Yue. Mais puisque la vie de cet humain t’importe, tu dois savoir pourquoi il sent autant l’ange sans connaître leurs existences.

 

Naruto contracta la mâchoire, ses doigts se resserrant autour de la gorge du démon devant lui. Maintenant qu’il le mentionnait, le blond reconnut l’odeur de la lettre de Neji. S’il avait su que Konohamaru la porterait avec lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il l’aurait mis dans la confidence plus tôt pour éviter cette situation. Son ami tremblait toujours de peur, remarqua-t-il en tournant légèrement la tête par-dessus son épaule. En plus, Yue l’avait appelé par son prénom et avait mentionné les enfers… Quelle plaie cet incube de bas étage, jura mentalement Naruto.

 

- On s’en fiche de son odeur, grogna-t-il en reportant son attention sur le démon. Ce que moi je veux savoir, c’est ce que tu fais ici.

- Si tu ne t’étais pas absenté aussi longtemps des enfers, tu saurais qu’il y a une chasse aux anges.  Celui qui rapporte le plus puissant aura une belle récompense.

- De qui ?

- Selon toi ? sourit moqueusement Yue. Le big boss des enfers, maître Orochimaru.

- Jiraiya ne l’aurait jamais laissé faire, rétorqua Naruto.

- On pari combien ? contrat l’incube en faisant apparaître un parchemin.

 

Le maintenant au niveau du visage du blond, Yue le regarda moqueusement. Les yeux de Naruto parcoururent rapidement l’annonce, s’écarquillant un peu plus à chaque mot. Ce serait l’apocalypse sur terre ! paniqua-t-il. Puis il repensa aux quatre personnes dans son salon. Un ange, deux demi et une humaine que plusieurs démons semblaient avoir pris pour cible. Aucun n’était en sécurité à l’extérieur de son appartement, comprit-il.

 

- Si Jiraiya l’apprend…

- Ce n’est pas Jiraiya le patron, fit remarquer Yue avec un sourire moqueur.

 

D’un coup de bras, l’incube profita du trouble du demi-ange pour se libérer de son emprise.

 

- Et maintenant que j’y porte plus d’attention, ton odeur semble différente, ajouta-t-il avant de disparaître dans un nuage de fumée.

 

Naruto se détendit d’un coup, lorsqu’il constata que Yue était vraiment parti, mais le bruit de la chute de Konohamaru le fit se retourner d’un coup. Celui-ci le regardait avec des yeux effrayés, les mains plaquées au sol comme s’il pouvait le garder à distance ainsi.

 

- S’il te plaît, ne me regarde pas avec ces yeux, s’attrista le blond.

- T’es aussi un démon ? arriva à demander son ami.

- Seulement à moitié.

- Que voulait-il dire par « ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vu aux enfers » ?

- Peut-on aller en discuter ailleurs ? C’est dangereux de rester ici, tenta Naruto.

- Je ne bougerai pas d’ici avant que tu m’ais tout expliqué ! s’emporta le brun.

 

Naruto soupira devant son entêtement, puis regarda autour d’eux pour s’assurer qu’ils ne seraient pas surpris par un autre démon.

 

- Quand j’ai dit que j’arrivais de Kumo, c’était un mensonge, avoua-t-il. J’arrivais des enfers. La vie là-bas m’ennuyait, alors je suis venu sur terre pour découvrir la vie des humains.

- Tu n’es pas ici pour tuer ou prendre nos âmes ?

- Bien sûr que non ! s’offusqua Naruto. Et puis ce que tu viens de dire revient au même. Je suis tombé sur l’annonce des « Black Devil », alors j’ai auditionné et ils m’ont pris. Comme toi, j’ai un travail et je sors parfois au club. Même si depuis le départ d’Hinata, je n’ai plus trop la tête à ça.

- Et Hinata ? Est-ce qu’elle était au courant ?

- En fait… Oui, puisqu’elle est un ange, avoua Naruto en se frottant la nuque.

 

Il observa en silence son ami écarquiller les yeux sous la surprise. Tenten le comprendrait tellement, sourit le blond en repensant à la déclaration de la brune. Découvrir tout ça d’un coup provoquait tout un choc.

 

- Un… Un ange ? répéta le brun. Comme ceux avec de grandes ailes blanches ?

- Sommairement, oui.

- Ça veut dire qu’Hanabi…

- En est un aussi, acquiesça Naruto.

- Je dois avoir pris un trop grand coup à la tête et maintenant je suis dans le coma, déclara Konohamaru.

- S’il te plaît, Konohamaru, rentrons, le supplia le blond. La lettre de Neji va finir par rameuter d’autres démons.

 

Soudainement, la lumière se fit dans l’esprit du brun, qui porta machinalement une main au niveau de la lettre. Il sentait comme un ange, se répéta-t-il. C’était à cause de cette lettre, que ce Yue l’avait attaqué, croyant qu’il en était un. Il ne rêvait donc pas. En reportant les yeux sur le blond, il repensa à leur rencontre lors de son emménagement avec Hinata et des regards qu’ils se jetaient continuellement. S’il était dangereux, jamais la jeune femme ne l’aurait fréquenté. Et puis, Hanabi avait fini par bien s’entendre avec lui malgré leur début désastreux. Surement à cause des origines démoniaques du blond, comprit le jeune homme. Rassuré, Konohamaru se releva et fit un petit sourire à son ami.

 

- Va falloir qu’on discute de tout ça plus en profondeur.

- Bien sûr, sourit le blond. Mais avant, j’ai quatre invités qui doivent se demander où je suis et que je dois prévenir du danger qu’ils courent en sortant du bloc.

- Comment ça ?

- Prépares-toi à rencontrer deux demi-anges et le nouvel ange gardien de Tenten, se contenta de dire Naruto.